18 05 15

L'heure de la Renarde

_renarde.jpgIsabelle Grenez rêve depuis toujours d'écrire. Aujourd'hui, cette Bruxelloise sort son premier roman "L'heure de la renarde".

Le décor est une ville de province, où se situe une moutarderie, une propriété où des renards ont élu domicile. C'est d'ailleurs Fabienne Bister qui signe la préface.

On assiste ici à un retour, un retour à la terre et à ses origines, un rendez-vous mère-fille... Un seul court extrait pour vous donner le ton et le style d'Isabelle : "Je retrouvais la maison, enfin, comme on pose son pied dans l'empreinte qu'on a laissée sur la terre molle lors de son précédent passage, comme on revient dans un refuge dont la cheminée crépite encore, comme on revit le goût sucré des fraises des bois qui fondent dans la bouche".

Un roman à découvrir pour l'été !

Jacques MERCIER

"L'heure de la renarde", roman d'Isabelle Grenez, Editions Jacques Flament, 240 pp. 15 euros. Photo de couverture C: Florence Baecke.

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20 03 15

Une ex, un chat... un réel et grand plaisir de lecture !

 

onlit_45_chat_2D_V4.pngBenoit D essaie tant bien que mal de se reconstruire une vie sentimentale. Voilà bientôt deux ans que Patricia l’a quitté, lui laissant son chat pour solde de tout compte. Le narrateur était loin d’imaginer que ce félin l’emporterait dans une série de situations plus improbables les unes que les autres : filatures nocturnes, courses-poursuites à travers les rues de la ville et rencontres insolites qui le mèneront droit en enfer !

 

Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat , le dernier roman de Edgar Kosma, vous emmène dans un univers loufoque où la mécanique de l’absurde, tel un tramway lancé à folle allure, écrase tout sur son passage. Dans un style direct et contemporain, ce roman traite avec une double dose d’humour des sujets les plus essentiels de l’existence : les femmes et les chats.

 

Cette présentation sur le site de OnLit éditions est parfaite ! Ajoutons-y la critique de «Le Carnet les Instants » : « L’humour de l’auteur, mêlant drôlerie cynique et comique de situation, est pour beaucoup dans la réussite de ce livre. La lecture de ce récit sera d’autant plus savoureuse pour les Bruxellois car Edgar Kosma entraîne son lecteur dans une ville dont celui-ci reconnaîtra avec plaisir les lieux et l’ambiance. Un roman urbain, dans lequel l’environnement joue un rôle actif. Un livre à conseiller à tous les usagers de la STIB célibataires qui n’aiment pas les chats. Et à tous les autres."

Puisque ce site s'appelle « Lire est un plaisir », laissez-moi témoigner de mon plaisir fou dans la découverte de ce roman. J'en avais le loisir lors d'un long voyage en train vers Luxemourg (pour « la Langue française en fête » chez les traducteurs de la Cour des Comptes européenne!). Et c'est alors qu'on se rend compte du bienfait de la lecture numérique ! D'ailleurs on trouve un joli dialogue sur la Toile, alors qu'ils communiquent via un site de rencontre :

 Ego_239 : Salut Tristana78 !

Tristana78 : Hello Ego_239 !

La manière d'écrire, de décrire, de nous plonger dans le rêve, dans la vie, est jouissive ! Voici quelques extraits : « Le souvenir d'un rêve toujours présent lui remonte sans détour des entrailles jusqu'aux extrémités de son cerveau. » Ou «Les pires abrutis peuvent parfois, par chance ou malentendu, avoir raison. Le plus important est qu'il ne le sache jamais. »  

La description du chat est incroyable et vous donne une bonne idée du style du livre : « Un animal au pelage noir comme un écran de télévision éteint et brillant comme un écran de télévision allumé fait alors son entrée dans la pièce. »

Edgar Kosma s'amuse à multiplier les façons d'écrire, par exemple, de longues périodes proustiennes : « Et à peine le gardien a-t-il raccroché que Benoit D se met à courir à toute vitesse dans la direction opposée d'où il est arrivé dans un noir presque absolu qui ne le garantit d'aucune manière de ne pas se fracasser contre le tronc d'un de ces grands arbres dont il n'a jamais pris le temps d'apprendre le nom alors qu'il connaissait par coeur les noms de toutes les équipes de foot. »

Et la poésie ? Elle est aussi présente. Un livre complet, je vous dis !

 « De l'autre côté de la vitre, une lune incomplète éclaire la rue déserte. »

Jacques MERCIER

 « Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat », roman, Edgar Kosma. Editions OnLit 130 pp. Numérique 5,99 euros – Papier 12 euros.

 

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03 03 15

SNCB Mon amour !

_sncb nancy.jpg

 Voilà un livre qui nous change les idées dans ce monde un peu embrumé ! Voilà un rayon de soleil jubilatoire !

Nancy Vilbajo nous fait vivre sa vie de « navetteuse » (un terme bien belge, par ailleurs!), celle qui fait aller-retour tous les jours en train entre Binche, sa ville, et Bruxelles, où elle travaille. « SNCB, mon amour », ce sont les mémoires d'une navetteuse avec des illustrations remarquables et drôles de François Bouton.

Cela commence par une joyeuse nomenclature des passagers habituels de tels trains : le narcoleptique, le bio-bobo-antidéo, etc. Avec chaque fois « Mon conseil » à mourir de rire !

Cela continue avec, comme les statuts sur Face Book (qu'on retrouve parfois d'ailleurs), sous une forme quotidienne de petit rapport, suivi du « Hashtag »... Le tout illustré, entrecoupé de réflexions, d'explications, de digressions les plus insolites et amusantes les unes que les autres.

Quelques exemples :

JUL 8 : Nancy V : le train est arrivé avec une minute D'AVANCE ! Ca annonce une invasion extra-terrestre, croyez-moi ! H : fermezlesvolets.

JUL 11 : Nancy V : Entendu à l'instant même dans le train : « Terminus... La température au sol est de 28 degrés centigrades ! » Malin, va... H : KennedyAirPort

AUG 5 : Nancy V : va rimer, attention... « Tous ces trains à l'heure, c'est comme au bon vieux temps de la vapeur ! » H : çarimeçarame

OCT 17 : Nancy V : Nous avions la Bataille de l'Yser. Nous avions Sarajevo. Nous avions le Darfour. Aujourd'hui, nous avons la ligne Bruxelles-Binche ! Pour mes compagnons de combat et moi : courage et abnégation. H : commeen14

NOV 27 : Nancy V : La SNCB est très consciencieuse : elle s'entraîne déjà pour les perturbations de demain : H : admiration

NOV 28 : Nancy V : A la SNCB, c'est déjà Noël ! Tu arrives à l'avance pour ne pas rater ton train et tu sautes in extremis dans le train précédent qui vient d'arriver très en retard. H : espacetemps

Et puis, j'aime cette émotion décrite quand, changeant de boulot et se servant dorénavant de sa voiture, Nancy se trompe et se rend à la gare, l'émotion !

Un excellent petit livre à lire dans le train et partout !

 

Jacques MERCIER

 

« SNCB mon amour », « Mémoires d'une navetteuse », Nancy Vilbajo, illustrations Fraçois Bouton, Editions du Basson, 6001 Marcinelle. Www.editionsdubasson.com 14X20,5. 120 pp. 18 euros.

 

 

 

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02 03 15

Légitime démence, pas qu'un joli titre !

_marly démence.jpg

 

C'est passionnant quand dans un roman, on découvre de telles phrases : « Donc l'amour n'est pas juste une histoire de sentiments, mais bien un incident qui doit tomber à un moment précis dans la vie. Le coup de foudre, d'accord, mais pas n'importe quand ! » ou celle-ci : « Je ne crée pas pour pouvoir me dire que je suis génial, mais parce que je suis satisfait qu'à chaque intervention une chose nouvelle naisse. Transporté de bonheur à l'idée d'accoucher une oeuvre ! »

Elles se trouvent dans « Légitime démence » de Nathalie Marly.

On se souvient du charisme de l'auteur lorsqu'elle présentait « Appel à témoins » sur la RTBF. Depuis, elle est spécialiste dans la transmission des entreprises familiales et en communication d'entreprise et dirige sa propre société. Mais Nathalie écrit aussi... et bien ! J'avais aimé « Au nom du père » en 99 et « Instants frivoles » en 2010. J'aime le langage vrai, vivant, de ce nouveau roman.

Et même parfois un dialogue comme celui-ci : « Hé, Msieur Loïc, ça ba ? / ! Todo bien Juanito ! Y tu qué tal ? »

Une relation d'amour qui tourne mal : Loïc et Julie. Trois jours de tsunami conjugal et pour nous, lecteurs, des questions, des plongées dans nos propres existences !

Isabelle Lemaire dans « La Libre » comparait ce roman à « Lune de fiel » de Pascal Bruckner. « En moins trash ! » Un beau compliment !

 

Jacques MERCIER

 « Légitime démence », Nathalie Marly, roman,. Editions Dricot. 226 pp. 15 euros.

 

 

 

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07 01 15

Légendes... vivantes !

_brice legendes.jpg"La vie de chacun de nous est un roman", lit-on sur la couverture de "Légendes" de Brice Depasse... Soit ! Encore faut-il la raconter avec talent et la transmettre. Brice s'y entend comme personne pour nous faire vivre et revivre des "légendes" comme il le fait depuis des années sur Nostalgie !

L'intérêt est multiple : il y mêle avec émotion sa propre vie, et cela permet d'entrer dans le récit comme dans un roman autobiograhique; il y mêle des notes biographiques, des interviews, des photos. Bref, comment ne pas se plonger avec délice dans ce courant de notre propre existence. Car la chanson, la musique sont les bandes sonores de nos existences. Et leur souvenir c'est notre mémoire.

La chronologie nous permet de se resituer, de 1962 à aujourd'hui ! Avec les Stones, les Beatles, mais aussi le Grand Jojo, Jean-Luc Fonck. Avec deux jolis textes en préface et en postface de Joël Habay et de Marc Vossem, de sa radio préfére ! La caricature de la couverture est due à Frédéric Jannin ! Que des amis et des gens de qualité !

C'est un petit chocolat à déguster ! Brice est un maître-chocolatier !

Jacques Mercier

"Légendes" Brice De passe, essai, Edition Eric Lamiroy, 180 pages, 20 euros. www.lamiroy.be

01 12 14

Caricoles, bloempanch et Cie

Sociologie de la bruxellitude.jpgInventoriant les « chochetés » [1] si chères au folklore de la capitale belge, l’ouvrage de l’historienne Louise-Marie Libert paru chez 180° éditions sous le titre Sociologie de la bruxellitude est tout bonnement réjouissant, parce qu’il ranime la flamme d’institutions aussi vénérables que

– L’Ordre du Faro

– La Confrérie des Compagnons du Witloof

– La Confrérie des Kuulkappers de Saint-Gilles

– Les Confrères d’Eggevoort-en-Etterbeek

– L’Ordre de la Caricole de Bruxelles

– La Confrérie des Chevaliers de Saint-Michel

– La Confrérie de la Gaufre de Bruxelles

– L’Ordre du Bloempanch

– La Confrérie des Kiekefretters

– La Confrérie des Hommes-Oiseaux

– L’Ordre de la Griotte de Schaerbeek

– L’Ordre du Pavé du Comté de Jette

– Ettekeisfretters B.O.E.F

– Les Amis de Manneken-Pis

– Les Communes libres

– Le Meyboom

– L’Ommegang

– Les Arbalétriers

– Les Neuf Nations 1421

– La Confrérie des Compagnons de Saint-Guidon et de Notre-Dame de Grâce

– Les Volontaires de 1830

– Orde van de Brusselse Moestaje

– Les Joyeux adeptes de la Mijole

– Les Chasseurs de Prinkères d’Uccle

– Le Conservatoire Africain

– Le Théâtre Royal de Toone.

« Modestement, écrit l’auteure, notre but est de tenter de cerner la “bruxellitude”, la spécificité de la ville, par le biais et l’approche de la vie des “chochetés”, ces sociétés, associations et confréries qui font vivre Bruxelles.

Les unes, gastronomiques, tentent de remettre au goût du jour des produits du terroir en passe d’être oubliés ; les autres, folkloriques, rappellent à nos mémoires des coutumes et des traditions que le monde moderne menace d’obsolescence. Il y a aussi celles, héritières de faits historiques ou légendaires, dont le but est d’animer les rues de Bruxelles par des manifestations ressuscitant les fastes d’une ville riche de petites histoires et de grande Histoire. »

Chacune d’entre elles est décrite avec science, précision, enthousiasme…

Et un zeste de « zwanze », bien entendu !

Bernard DELCORD

Sociologie de la bruxellitude par Louise-Marie Libert, Bruxelles, 180° éditions, novembre 2014, 236 pp. en noir et blanc au format 13 x 22 cm sous couverture brochée en bichromie, 17 €


[1] Prononciation populaire bruxelloise du mot « sociétés »…

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18 03 14

La femme et ses mystères !

LONA-50MYSTERES-C1(1000) (1).jpgEn lisant "Les 50 mystères de la femme" de Murielle Lona, j'ai pris ces notes. Je vous les livre.
 
J’adore les mots “j’ai une âme en voyage”, telle est notre évolution, tel est notre sort.
J’ai un faible, je suis l’ordre de lecture, pour “désirs virtuels” avec ces mots “Entendre cette femme en espérance” ! Sublime...
 
Les larmes des femmes qui coulent dans la mer !
Ta couverture de caresses !
Nue, là, patiemment, je t’attends !
Être celle qui vit ses rêves !
 
Un des plus beaux est pour moi “La motivation” avec ce vers parfait : “Mon prénom que tu murmures” ! Je ne l’avais jamais entendu exprimer de cette façon. Si juste !
 
La prison d’une passion passée !
La scène de l’amour, et les rideaux !
 
J’aime aussi énormément “J’ai faim, j’ai soif”, tout ce que l'on n'ose pas dire et cette conclusion si romantique “Je vis avec, comme amie, la tristesse”
 
Oser être aimée !
Partir à la recherche de mon âme !
 
Dans le poème “Si j’étais”, le dialogue est sublime.
 
Une caresse d’amour redonne vie !
 
J'apprécie aussi "Effervescence" où les regards sont déplacés et les fantasmes réels !
 
Celui qui te chuchotait !
 
“N’être” est court et d’une efficace beauté. “Juste envie” aussi, et le rendez-vous donné dans un coin perdu du paradis ! 
“Plus de” est dans mes préférés : La magie du destin, naissant des regards, le futur rendez-vous ? Peut-être le meilleur ?
 
J’adore aussi “Tabous” et le sublime “surprends-moi !” 
 
Bref, on parcourt tout le livre avec gourmandise et bonheur !
 
Jacques MERCIER
 
"Les 50 mystères de la femme", Murielle Lona, poèmes, édition Avant-Propos, 120 x 210 mm - 64 pages - 9,95 €

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29 12 13

L'année dernière à Saint-Idesbald !

jauniaux 2.pngQuelle douce plongée dans ses souvenirs, qui rejoignent, complètent, embellissent les nôtres ! Le talent du créateur est de nous faire sortir de nous, de donner à voir à notre esprit, à notre émotion ! Jean Jauniaux y parvient dans l'excellence avec "L'année dernière à Saint-Idesbald" (dont le nom résonne à la manière d'Alain Resnais). On peut penser qu'il s'agit de nouvelles, d'un roman, d'histoires reliées par Idesbald, le SDF; on peut croire que c'est autobiographique pour tout ce qui concerne la station de la mer du Nord; on peut... Mais cela n'a aucune importance, on se laisse tout de suite emporter par la douceur des phrases, même si le tableau est prosaïque, par l'intérêt de l'histoire, des idées. Dans la préface, Jacques De Decker explique bien cela en une courte phrase : "Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré forfait, il reste l'imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l'altitude et libérer l'esprit". Il écrit aussi : "Ses histoires sont simples et tangibles, et cependant elles nous entraînent ailleurs, par-delà les apparences, à la rencontre de questions vitales". On ne peut mieux traduire ce qu'on ressent à la lecture de cette œuvre !

Combien de moments si bien partagés avec nous, lecteurs : "Sur des toboggans improvisés dans le sable les enfants dévalaient dans des cris de bonheur effrayé." Ou cette découverte  dans l'enfance de la lecture : "Je poursuis ma lecture. De page en page, je me rends compte que les personnages du roman vivent, parlent, bougent. Les paysages sont vrais. Les odeurs, les bruits, les couleurs naissent au fil des phrases." Et cette phrase magnifique de beauté poétique : "Les toits d'ardoise luisants se confondaient avec le deuil de l'horizon"...

Une dernière réflexion, parmi tant d'autres, qui plaît à "Monsieur Dictionnaire" : "Un point d'exclamation sanctionne chaque version linguistique, comme une épée de l'alphabet" ! Superbe !

Jacques MERCIER

"L'Année dernière à Saint-Idesbald" par Jean Jauniaux, édition Avant-propos, 174 pp, 17,95 euros.

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14 12 13

Verba volant...

100 ans de radio en Belgique.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 14/12/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

On apprend dans 100 ans de radio en Belgique, un magnifique album paru à La Renaissance du Livre, que c'est dans notre pays que fut diffusé en date du 28 mars 1914 le premier programme radiophonique européen, un concert d'airs d'opérettes et d'opéras ainsi que de morceaux à la mode, bien entendu ponctués par La Brabançonne et La Marseillaise.

Une grande aventure commençait, dont Philippe Caufriez, Brice Depasse et Nicolas Gaspard, éminents spécialistes du micro s'il en est (ils œuvrent à la RTBF et sur Nostalgie), retracent l'histoire en détail avec force documents rares et passionnants.

L'occasion de se souvenir, entre autres, du fait que Théo Fleischman fut le premier speaker au monde à s'entourer d'une équipe de journalistes pour son journal parlé émis à partir du 1er novembre 1926, qu'avant d'être devenue la Casa Kafka chère à feu Alidor, la RTB(F) tint ses assises dans le superbe « bateau Flagey » conçu par Joseph Diongre, ou que bien des gens « allumaient le poste » pour les communiqués destinés à la batellerie ou aux colombophiles...

Et de ne pas oublier les noms de Luc Varenne, Armand Bachelier, Jean-Pierre Hautier, Gérard Valet, Jacques Mercier, Stéphane Steeman, Jean-Claude Menessier, Claude Delacroix, Marc Moulin, Marc Ysaye qui, avant Barbara Mertens, Pascal Vrebos ou Stéphane Pauwels, eurent aussi leurs auditeurs inconditionnels...

Bernard DELCORD

100 ans de radio en Belgique par Philippe Caufriez, Brice Depasse & Nicolas Gaspard, Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre, novembre 2013, 255 pp., 29,90 €

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03 12 13

Comment devenir Belge ?

dal verlant belge.jpgDieu, que j'ai ri ! Comme c'est bon de se redécouvrir tels que nous sommes et tels que les autres nous voient ; les Français en particulier ! Le livre est fort bien construit, à la manière d'un guide ou d'un manuel d'histoire scolaire, avec des récapitulatifs et des questionnaires géniaux à la fin de chaque chapitre. "Comment devenir Belge" ! On y voit la patte de Gilles Verlant, qui hélas nous a quittés entretemps et à qui l'auteur, Gilles Dal, dédie l'ouvrage. Gilles fit partie de ma dernière équipe du Jeu des Dictionnaires, brillant par ses billets sur les poncifs, les mots convenus, etc. Il est ici dans son élément ! La préface est de Philippe Geluck qui ne croit plus trop à l'avenir de la Belgique et écrit : "Nous lirons cet ouvrage comme l'orchestre du Titanic  continuait à jouer pendant le naufrage, pour la beauté du geste" !!! Tout serait à souligner, mais cela prendrait beaucoup de temps, car tout est génial et savoureux ! Vraiment au hasard, cet extrait du chapitre "Sachez quoi dire et comment vous comporter en toute circonstance" : "Il y a plusieurs manières de se suicider, en Belgique. Tenter de rouler à vélo sur les pistes cyclables, par exemple. Ou respecter les limitations de vitesse sur la bande de gauche de l'autoroute" ! Gilles Dal n'évite pas, car c'est complet, mais passe rapidement sur les habituels chapitres : qui est Belge ou pas (Devos, Hallyday...) ou sur les recettes traditionnelles, pour s'attacher à ce qui est notre façon de fonctionner. Cela prend, écrit ainsi noir sur blanc, et dans l'accumulation, des proportions délirantes ! On passe du Sénat à la sauce andalouse, du Te Deum au bilinguisme des noms de rue, des chants patriotiques aux problèmes politiques et linguistiques (qui feraient finalement le ciment du pays !). N'hésitez pas offrir ce manuel drôle et qui deviendra indispensable pour répondre aux questions sur nous ! Car s'il y a quelques années le Belge était encore un ringard, il est "devenu aujourd'hui non seulement "tendance" aux yeux des contribuables français, mais il incarne la classe ultime." Tout ce qui est belge suscite désormais le plus vif intérêt !

 

Jacques MERCIER

"Comment devenir Belge - en dix leçons" par Gilles Dal, préface de Philippe Geluck. Edition Michel Lafon, 294 pages. (Couverture avec passeport belge à découper - de Johan de Moor. Illustrations intérieures de Frédéric Jannin) 14,95 euros (Ah ! ce 95 !)