03 12 13

Comment devenir Belge ?

dal verlant belge.jpgDieu, que j'ai ri ! Comme c'est bon de se redécouvrir tels que nous sommes et tels que les autres nous voient ; les Français en particulier ! Le livre est fort bien construit, à la manière d'un guide ou d'un manuel d'histoire scolaire, avec des récapitulatifs et des questionnaires géniaux à la fin de chaque chapitre. "Comment devenir Belge" ! On y voit la patte de Gilles Verlant, qui hélas nous a quittés entretemps et à qui l'auteur, Gilles Dal, dédie l'ouvrage. Gilles fit partie de ma dernière équipe du Jeu des Dictionnaires, brillant par ses billets sur les poncifs, les mots convenus, etc. Il est ici dans son élément ! La préface est de Philippe Geluck qui ne croit plus trop à l'avenir de la Belgique et écrit : "Nous lirons cet ouvrage comme l'orchestre du Titanic  continuait à jouer pendant le naufrage, pour la beauté du geste" !!! Tout serait à souligner, mais cela prendrait beaucoup de temps, car tout est génial et savoureux ! Vraiment au hasard, cet extrait du chapitre "Sachez quoi dire et comment vous comporter en toute circonstance" : "Il y a plusieurs manières de se suicider, en Belgique. Tenter de rouler à vélo sur les pistes cyclables, par exemple. Ou respecter les limitations de vitesse sur la bande de gauche de l'autoroute" ! Gilles Dal n'évite pas, car c'est complet, mais passe rapidement sur les habituels chapitres : qui est Belge ou pas (Devos, Hallyday...) ou sur les recettes traditionnelles, pour s'attacher à ce qui est notre façon de fonctionner. Cela prend, écrit ainsi noir sur blanc, et dans l'accumulation, des proportions délirantes ! On passe du Sénat à la sauce andalouse, du Te Deum au bilinguisme des noms de rue, des chants patriotiques aux problèmes politiques et linguistiques (qui feraient finalement le ciment du pays !). N'hésitez pas offrir ce manuel drôle et qui deviendra indispensable pour répondre aux questions sur nous ! Car s'il y a quelques années le Belge était encore un ringard, il est "devenu aujourd'hui non seulement "tendance" aux yeux des contribuables français, mais il incarne la classe ultime." Tout ce qui est belge suscite désormais le plus vif intérêt !

 

Jacques MERCIER

"Comment devenir Belge - en dix leçons" par Gilles Dal, préface de Philippe Geluck. Edition Michel Lafon, 294 pages. (Couverture avec passeport belge à découper - de Johan de Moor. Illustrations intérieures de Frédéric Jannin) 14,95 euros (Ah ! ce 95 !)

20 10 13

La poésie contre la frénésie !

_noullet couve.jpgComment dire ? Comment vous transmettre ce frémissement de l'âme que j'ai en lisant les poèmes de Lucien Noullez ? Je ne peux que vous inciter vous-mêmes à sauter le pas : osez la poésie !

 

La démarche de « Sur un cahier perdu » est fort bien expliquée par le poète en avant-propos : « Vivre entouré de torpeur, voilà sans doute aussi la condition des lecteurs de poésie aujourd'hui. Autour d'eux on pousse sur des claviers, on tripote des téléphones, on plonge dans des gros livres ou on s'endort. Les poèmes qui suivent sont souvent nés dune révolte contre la frénésie à laquelle les obligations de ces derniers mois m'entrainaient et pas seulement... »

 

Pour moi, j'ai dessiné des sigles, comme d'habitude, à côté des mots lumineux, en haut des pages que je veux relire...

Voici quelques-uns de ces vers, qui enrichissent nos êtres et illuminent un moment notre existence ; histoire de mieux la vivre ensuite.

Oh ce début de poème ! :

« Un jour

une petite symphonie sur ton épaule

te fera basculer.

Tu entendra le nom des choses... »

 

Ou ce sublime court poème :

« On va se déposer.

Poser le papillon,

poser les nerfs

dans les palais d'un parc

où des enfants heureux

jettent le sable à la barbe du monde. »

 

Laissez infuser en vous les mots, n'essayez pas d'être logiques, rationnels, mais laissez-vous porter, bercer par le coeur des mots, sa racine, son histoire inconsciente... remonteront alors à la surface de votre conscience des images, des sensations, des idées et tout cela vous nourrit, vous enrichit, vous embellit ! Les poètes nous sont indispensables, vous ne le savez pas encore ?  

 

Jacques MERCIER

 

« Sur un cahier perdu », de Lucien Noullez, poèmes, « La petite Belgique », édition L'Age d'homme », 80 pp. 15 euros. Www.lagedhomme.com

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 09 13

Nostalgique, mais heureuse !

index.jpgVous êtes déjà nombreux à avoir lu les avis sur le nouveau roman d'Amélie Nothomb, mais laissez-moi y ajouter quelques phrases extraites d'une lettre que je lui ai envoyée au moment de la lecture de l'avant-première du roman "La nostalgie heureuse" en juillet...

"Cette fois, comme toujours, le livre me surprend par le thème et le récit. Un roman sur le reportage d'une équipe de télévision. Tu dois deviner combien j'y retrouve les défauts, les tics, les envahissements, mais aussi l'invention que cela représente.

L'air de rien, tu déculpabilises les nostalgiques en faisant la part des choses : Proust et les romantiques, par exemple. Tu joues avec cette re-visitation du passé, qui est le grand moteur de nos vies. Le cerveau recycle et efface en permanence nos souvenirs : c'est la désormais fameuse résilience de Boris Cyrulnik...

J'aime tout : De la première phrase que tu mets en exergue et qui explique ta démarche littéraire jusqu'aux descriptions subtiles de l'air et du silence !

Picorées dans le livre, comme je le fais sur Radio-Judaïca avec Nicky Depasse, voici quelques phrases :

"Qu'est-ce qu'une caméra peut percevoir de ce qui se passe en moi ?"

"Nos villes européennes, où le temps s'est arrêté"

"Cette stèle qui annonçait le tsunami, il y a mille ans !

"Il n'y a pas d'avenir pour ce qui n'est que poétique ?"

Et j'adore cette définition de la ville de Paris : une armoire mal rangée dont on reçoit le contenu sur la tête !"

Bonne lecture ! Fan absolu d'Amélie, je suis toujours ravi de pouvoir témoigner que mon bonheur de découvrir son roman ne s'érode pas et n'est jamais déçu !

 

Jacques MERCIER

 

"La nostalgie heureuse" roman, Amélie Nothomb, Edition Albin Michel, 158 pp.16,5 Euros.

 

01 08 13

Un très beau portrait

 

images.jpg

Tandis que de la Belgique entière convergent, le 21 juillet,  regards et émotion envers un souverain affable, aimé, en passe d'abdiquer, paraît  aux Editions Racine, un ouvrage richement illustré de photographies de famille, portraits ..soutenu du récit de sa vie et du rythme alerte et agréable que lui imprime Patrick Weber.

" L'histoire est friande de paradoxes. Le souverain qui était censé ne faire qu'un passage éclair dans l'histoire de la Belgique l'a profondément marquée, au point d'incarner parfaitement une fonction qui a priori, ne llui était pas destinée. Albert II est vraiment l'homme qui a balayé toutes les idées reçues."

D'une prime jeunesse marquée par la perte  de sa Maman, la Reine Astrid, décédée accidentellement à Küssnacht (Suisse), la guerre,  la séquestration, l'exil suisse et la constitution d'une nouvelle famille, le futur souverain ne veut retenir que la force positive qui unit les membres de la famille royale. Toujours, il restera proche de son frère ainé, le Roi Baudouin.

Sa rencontre avec Paola Ruffo di Calabria scelle le mariage d'un couple dont l'amour résistera aux tempêtes et velléités séparatrices.

Abordant sans tabou ni curiosité déplacée, les vies conjugale, de famille et politique du souverain  Patrick Weber propulse au devant de la scène la saisissante faculté d'écoute du souverain et l'intuition qui à coup sûr, guide le train de ses décisions.

Bon vivant, pétillant d'humour et de judicieuses réparties, le Roi semblait faire de l'ombre à son fils aîné, le nouveau Roi Philippe. Depuis le 21 juillet, la Belgique sait qu'il n'en est rien : un nouveau Roi est né  - une Reine, aussi - ferme et déterminé, qui épouse le peuple belge avec une même bienvellance.

AE

 Albert II, Le roi & L'homme, Patrick Weber, essai, beau livre, éditons Racine, juillet 2013, 144 pp, 24,95 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres, Belge | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 06 13

Le Stendhal belge

Tempo di Roma.jpgLe texte ci-dessous a paru dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne datée du 1er juin 2013 :

Auteur (avec Jean Hubaux) en 1937 de Bourg-le-Rond, une sorte de Chaminadour en Wallonie, Alexis Curvers (Liège 1906-1992) est l'un de nos plus grands écrivains, à qui l'on doit Printemps chez des ombres paru en1939, mais surtout le remarquable et célébrissime Tempo di Roma qui obtint le prix Sainte-Beuve en 1957, fut adapté au cinéma en 1963, a été traduit dans nombre de langues et est sans cesse réimprimé depuis 1991 dans la collection « Espace Nord » rassemblant les fleurons du patrimoine littéraire belge francophone (la dernière date de décembre 2012).

Ce roman, rédigé dans une langue magnifique, est une sorte de city-movie entraînant le lecteur à travers les méandres de la Cité éternelle, tout en contrastes de pauvreté et de richesse, dans un tourbillon de fêtes et d'aventures façon Dolce vita de Fellini mâtinée de Mamma Roma de Pasolini.

En voici le pitch : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jimmy, un jeune homme sans fortune et sans relations arrive à Rome. Vivant d'expédients, il découvre peu à peu la ville tout en ayant des démêlés avec les milieux louches, les cercles mondains et le monde ecclésiastique. Il connaît en même temps une histoire d'amour avec une femme et une amitié à la fois intellectuelle, passionnée et ambigüe avec un homme brillant et mystérieux, Sir Craven.

Un bijou littéraire !

Bernard DELCORD

Tempo di Roma par Alexis Curvers, Bruxelles, Fédération Wallonie Bruxelles, collection « Espace Nord », décembre 2012, 509 pp en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,50 €

15 05 13

Ils sont fous ces Belges

Fous, Belges, Julien, Oeuillet, Philippe, DutilleulLeur dernier reportage "Bienvenue chez les p'tits" vient d'être diffusé en télévision. Julien Oeuillet et Philippe Dutilleul, un des pilliers de l'émission Strip Tease, publient "Ils sont fous ces Belges", un ouvrage qui vous propose un grand tour de la belgitude.

Des valeureux Liégeois aux francophones de Flandre, des castors wallons aux rockers bruxellois en virée, Philippe Dutilleul et Julien Oeuillet vous offrent un voyage inédit dans une Belgique atemporelle, multiculturelle et excentrique. Ils sont fous ces Belges ! vous apprendra la meilleure façon de marcher droit dans ce pays de petites chapelles et de perpétuelles désunions. Vous suivrez le pas cadencé d'une procession wallonne arborant les uniformes d'antan ou la course entre deux trains des infortunés «navetteurs» qui rallient Bruxelles chaque matin. Un tableau impressionniste agrémenté d'un énorme sourire malgré les magouilles et les querelles en tous genres. De quoi vous transformer en fin connaisseur de la Belgique ! Les deux plumes déjantées d'un Wallon de souche et d'un Bruxellois cosmopolite racontent leurs périples dans ce pays si proche de la France et si différent, où une foule de personnages bigarrés jouent, sur une scène bien réelle, la folle comédie humaine made in Belgium.

 Entretien réalisé par Brice à la librairie Filigranes le 26 avril.

Écrit par Nicky Depasse dans Belge, Brice Depasse, Vidéos | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 03 13

Une fresque fantastique et magnifique !

 

d_un-certain_fevrier.jpgEnfin ! Avec quelle impatience nous attendions l'écrivain(e) qui poursuivrait cette merveilleuse lignée des « Maîtres de l'Imaginaire » ! Nancy Vilbajo non seulement s'inscrit dans ce réalisme poétique, qu'illustrent bien des auteurs (Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Jean Muno, André-Marcel Adamek, pour ne citer qu'eux), mais elle rejoint aussi le cercle fermé du « Fantastique féminin », qualifié par Anne Richter, fine analyste, d'art sauvage !

 

« Tout ce dont je suis sûr » dit un des personnages « c'est que parfois, il faut accepter de traverser cet impossible univers, celui qui n'est pas soumis aux servitudes du début et de la fin ».

 

C'est une fresque magnifique qui commence avant l'humanité et qui se poursuit dans l'épopée d'une ville, jamais nommée – il n'en est nul besoin, vous la connaissez ! -, mais qui est révélée ici dans toute sa beauté, son histoire, sa violence et son mystère, ses amours, ses traditions, son architecture et sa musique. « Nous sommes tous à la recherche d'un endroit, qui pour y bâtir son foyer, qui pour s'y recueillir, qui pour y mourir » dit d'emblée l'auteure. Mais la ville de ce livre « D'un certain février » est vivante, les veines gonflées du sang de la musique...

Une superbe phrase décrit ce rapport ville-musique-histoire... : « A chaque fois, c'était pareil, elle avait l'impression que ses racines lui sortaient des jambes et l'envoyaient puiser toutes ses forces dans une mystérieuse mémoire collective ».

 

Nous suivons ainsi l'histoire des personnages, des « élus » liés au-delà des générations et qui nous emmènent dans un fantastique flamboyant, poétique, lyrique, dont on peut difficilement se détacher une fois la lecture entamée. Et je vous rassure déjà : la finale est grandiose !

Les récits de Nancy Vilbajo nous font entrer dans une multitude d'émotions palpables par le miracle de ses mots et de son style : la peur, par exemple, comme dans « La nuit des goules », où le naturel des dialogues contraste avec l'effroi.

La mort est aussi un des sujets principaux du livre. « La mort nous fascine alors que nous habitons un monde qui ne tourne que pour ce qui vit », observe l'auteure. Ou ailleurs cette si juste ntotation : « Une nuit sans rêve c'est l'apéritif de la mort ».

La mort et son corollaire la guerre : « Sans prévoir, la guerre se dénuda sous mes yeux. Comme elle était laide sans son masque de bravoure ! »

Mais dans ce tableau de la vie et de la mort, on trouve aussi l'enfance et ses « contes de fée », la nature et ses jardins, le sourire de l'humour et les secrets. Le secret ! On trouve aussi comme nom propre d'un personnage « Secret ». Mais secret est un mot magique, qui parcourt comme une vibration invisible toute la lecture.

 

C'est un livre original, qui comporte par exemple en son sein une courte nouvelle de Gérard Prévot, sans doute un des plus grands et des plus méconnus Maîtres de l'Imaginaire belge, un de nos grands auteurs fantastiques. Ce n'est pas un hasard puisqu'il est né dans cette même ville. Avec quel talent Nancy Vilbajo parvient à l'intégrer dans sa propre odyssée !

 

N'en doutez pas, nous sommes ici en présence d'une grande écrivaine et d'un grand livre ! Un de ceux qu'appelait de ses vœux Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir » : « Qu'importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? » Ou comme ceux définis par Jean d'Ormesson dans « C'est une chose étrange à la fin que le monde » : « Les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs. » Croyez-moi, vous ne serez plus les mêmes après avoir lu cet ouvrage aux résonnances infinies, comme l'écho des tambours...

 

Jacques Mercier

"D"un certain février". Nancy Vilbajo. Editions Murmures des soirs. Collection "Fantastique", 20X15. broché. 338p. 20 euros. 

           

 

02 02 13

Les mystères de Bruxelles ! Un régal !

 

dulle griet.jpgDéjà le pseudonyme « Dulle Griet » choisi par cet auteur bruxellois me plaît beaucoup. Dulle Griet c'est Margot la Folle qu'on trouve au milieu du tableau de Bruegel. Elle est l'incarnation de l'avidité furieuse et se dirige vers l'enfer pour y mettre son butin en sécurité ! Sous ce joli pseudonyme se cache un lauréat de plusieurs prix littéraires et surtout un excellent auteur de polars. Il nous a déjà livré « Petits meurtres chez ces gens-là » et cette fois, il s'agit de « Les fenêtres murmurent » dans la collection « Les Mystères de Bruxelles ». Étrangement sur la couverture on découvre le célèbre Gille de Binche et son masque et pas une vue de Bruxelles, mais bien entendu le récit nous en donnera la raison. Le livre commence par « Vé van Boma, patate mè saucisse », qu'on se doit de renvoyer en note en bas de page pour traduire « Vive Bonne-Maman... » ! Outre le bonheur pour nous de découvrir les décors typiques de la capitale de l'Europe, ainsi que son patois, l'histoire elle-même nous tient en haleine : Que s'est-il passé dans la rue Porselein, à Anderlecht ? L'inspecteur Lilas Klaus et son partenaire Serge Zwanze (en bruxellois, c'est la blague typique du coin !) vont essayer d'élucider les énigmes en cette période de carnaval 2012, car on suit de jour en jour, avec la mention des dates, l'avancée palpitante de l'histoire. Une petite interrogation à l'auteur : il parle de « brise-lames », d'Ostende, de James Ensor dans les premières pages, dans un souffle magique ; mais le « brise-larmes » qui apparaît tout-à-coup est-il conscient ou une jolie faute typographique ? Je penche pour la volonté de glisser ce néologisme poétique ! Pour vous donner le ton, quelques phrases cueillies dans le feu de l'action : « Elle songe qu'il n'existe pas meilleure protection contre la tentation que la conviction de n'être soi-même une tentation pour personne » C'est à propos d'une femme qui ne se trouve pas belle. Et un peu plus loin : « Aussi, il faut bien l'avouer, parce que la réalité a beau être une sacrée garce, les rêves et les illusions ont la vie dure et ne meurent jamais tout à fait. » Ici on a le ton « policier » si particulier au genre et la réflexion qui en fait un grand roman, au-delà des anecdotes. C'est Érasme que Dulle Griet a choisi de mettre en exergue avec cette phrase : « La perversité des méchants a plus d'effet que la sympathie des bons » !

 

Jacques MERCIER

 

« Les fenêtres murmurent », par Dulle Griet, Collection « Les Mystères de Bruxelles », Éditions Presses de la cité, 2013, 308 pp. 20,50 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Romans, Thriller, Polar | Commentaires (2) |  Facebook | |

24 12 12

Les couleurs de la poésie

 

thomassettie.jpgA 12 ans déjà, Monique Thomassettie écrit une première pièce de théâtre ! A 16 ans, un de ses poèmes est publié dans Le Soir ! Bien plus tard, en 1995 son poème si joliment intitulé « De blancs oiseaux boivent la lumière » est un Grand Prix International de la Société des Poètes et Artistes en France... Mais l'auteure est aussi une artiste-peintre. Elle explique que la tension est la même dans ces deux activités de création. Elle veut créer une harmonie, un équilibre dans sa vie comme dans ses oeuvres. « Au rythme de l'équilibre », ce nouveau recueil, est une proposition de moments de poésie et de couleurs, de formes, de tableaux. On s'y plonge avec un grand bonheur. Le but est atteint : nous emmener dans un ailleurs ! « Telle mon ombre / lorsque me pousse au dos / ma lumière, / ma vision me précède. » ou « Si les sorcières sèment l'épreuve, / je serai ma propre sorcière// Dans mes roues / je mets les bâtons / de mes points d'exclamation !// Et pourtant / ma terre / roule en mon univers. » On se laisse porter par les mots, par les images qu'ils suscitent, par l'émotion qu'ils suggèrent et font naître en nous. Les mots sont simples et pourtant ils recèlent mille harmoniques. « La tristesse / est l'ombre portée / du poème » écrit Monique Thomassetie. Mais l'auteure parle surtout de joie de vivre, d'espérance, de renouvellement. Elle a cette joie, cet amour qui seuls peuvent nous emporter plus loin dans l'existence, sans nous immobiliser ! J'aime ces deux vers en particulier : « Qui rêve de clair et tendre matin / attend encor de naître » J'aime aussi l'orthographe poétique (ah, la licence !) d'encor !

 

« Au rythme d'un équilibre », de Monique Thomassetie. Poèmes. Editions M.E.O. 2012. 100 pp. 16 euros. www.meo-edition.eu

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 11 12

Le nouveau Chat (Erectus), un nouveau bonheur !

 

ERECTUS-COFFRET.pngComment fait-il, mon ami Philippe Geluck ? Il a du talent depuis toujours, il est doué, il a un humour fabuleux... mais comment fait-il pour garder un tel niveau de qualité et d'intelligence au fil des années, sans fléchir, en rebondissant sur l'actualité, l'évolution des mœurs, des aléas de notre existence sur terre et dans la société ? C'est un grand sujet d'admiration pour moi ! Le nouvel album « Le chat Erectus » ne peut échapper à mes applaudissements (ni le supplément « le chat sapiens » ajouté dans un coffret spécial, ni les DVD avec ses « minutes du Chat » et des magnifique « making off » ...).

 

Pas besoin de longues analyses, mais simplement quelques exemples « picorés » dans ce jardin d'humour, simplement pour vous donner envie de partager ce plaisir rare ! Par exemple, ce décalage surprenant et drôle entre les images tirées de vieilles encyclopédies et le dialogue que Philippe inscrit dans les bulles. On voit Vercingétorix avec son casque à cornes... Un soldat dit : « Vous avez inventé le chapeau et le porte-manteau ». Vercingétorix répond : « Oui, mon vieux et je t'emmerde ! »....

 

Évidemment, toute la philosophie du Chat se révèle partout : « Pourquoi on allonge la vie seulement en prolongeant la vieillesse ? C'est au milieu qu'on devrait ajouter du temps ! » Ou aussi profond : « Pourquoi on n'a pas le droit de représenter Dieu ? Parce qu'on a peur d'être déçus ! ».

J'aime aussi : « Il est aussi difficile de nouer les lacets de celui qui court, que de serrer la main à celui qui applaudit ! »....

 

On peut se retrouver aussi dans la vie réelle, dans la société, comme ce dessin des deux frères Bogdanov et ce texte : « Les frères Bogdanov ont trop joué à tu me tiens par la barbichette ! » Sur la politique belge : « On m'a proposé le rôle de « superbelge »au cinéma, mais je voulais être sûr que le pays existerait toujours à la sortie du film ! »

 

Des basiques, comme des brèves de comptoir parsèment aussi l'album : « Les frères Lumière attiraient les moustiques » ou « Seule au zoo, la girafe croit qu'elle n'est pas en cage » ou « Pourquoi le pessimiste évoque-t-il toujours la fin des haricots et l'optimiste jamais le début ? » ...

 

J'aime aussi les séries sur les vers de terre, les vaches...

J'aime le surréalisme de Philippe qui joue avec le véhicule du dessin lui-même en étirant les cloisons des cases, etc.

J'aime qu'il dépasse aussi parfois les limites, vous découvrirez aisément quelques cases politiquement incorrectes « soft », mais qui mènent à une belle réflexion !

 

Bref, une excellente sortie, une de plus ! A savourer et à offrir pour les fêtes !

 

Jacques MERCIER

 

« Le chat erectus » Album cartonné. 48 pages. Édition Casterman. 10,5 euros. Coffret de luxe « Le chat Erectus » et « Le Chat Sapiens » ainsi que « La semaine du Chat » 2 DVD regroupant 6 heures de programme.

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier | Commentaires (0) |  Facebook | |