01 08 13

Un très beau portrait

 

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Tandis que de la Belgique entière convergent, le 21 juillet,  regards et émotion envers un souverain affable, aimé, en passe d'abdiquer, paraît  aux Editions Racine, un ouvrage richement illustré de photographies de famille, portraits ..soutenu du récit de sa vie et du rythme alerte et agréable que lui imprime Patrick Weber.

" L'histoire est friande de paradoxes. Le souverain qui était censé ne faire qu'un passage éclair dans l'histoire de la Belgique l'a profondément marquée, au point d'incarner parfaitement une fonction qui a priori, ne llui était pas destinée. Albert II est vraiment l'homme qui a balayé toutes les idées reçues."

D'une prime jeunesse marquée par la perte  de sa Maman, la Reine Astrid, décédée accidentellement à Küssnacht (Suisse), la guerre,  la séquestration, l'exil suisse et la constitution d'une nouvelle famille, le futur souverain ne veut retenir que la force positive qui unit les membres de la famille royale. Toujours, il restera proche de son frère ainé, le Roi Baudouin.

Sa rencontre avec Paola Ruffo di Calabria scelle le mariage d'un couple dont l'amour résistera aux tempêtes et velléités séparatrices.

Abordant sans tabou ni curiosité déplacée, les vies conjugale, de famille et politique du souverain  Patrick Weber propulse au devant de la scène la saisissante faculté d'écoute du souverain et l'intuition qui à coup sûr, guide le train de ses décisions.

Bon vivant, pétillant d'humour et de judicieuses réparties, le Roi semblait faire de l'ombre à son fils aîné, le nouveau Roi Philippe. Depuis le 21 juillet, la Belgique sait qu'il n'en est rien : un nouveau Roi est né  - une Reine, aussi - ferme et déterminé, qui épouse le peuple belge avec une même bienvellance.

AE

 Albert II, Le roi & L'homme, Patrick Weber, essai, beau livre, éditons Racine, juillet 2013, 144 pp, 24,95 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres, Belge | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 06 13

Le Stendhal belge

Tempo di Roma.jpgLe texte ci-dessous a paru dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne datée du 1er juin 2013 :

Auteur (avec Jean Hubaux) en 1937 de Bourg-le-Rond, une sorte de Chaminadour en Wallonie, Alexis Curvers (Liège 1906-1992) est l'un de nos plus grands écrivains, à qui l'on doit Printemps chez des ombres paru en1939, mais surtout le remarquable et célébrissime Tempo di Roma qui obtint le prix Sainte-Beuve en 1957, fut adapté au cinéma en 1963, a été traduit dans nombre de langues et est sans cesse réimprimé depuis 1991 dans la collection « Espace Nord » rassemblant les fleurons du patrimoine littéraire belge francophone (la dernière date de décembre 2012).

Ce roman, rédigé dans une langue magnifique, est une sorte de city-movie entraînant le lecteur à travers les méandres de la Cité éternelle, tout en contrastes de pauvreté et de richesse, dans un tourbillon de fêtes et d'aventures façon Dolce vita de Fellini mâtinée de Mamma Roma de Pasolini.

En voici le pitch : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jimmy, un jeune homme sans fortune et sans relations arrive à Rome. Vivant d'expédients, il découvre peu à peu la ville tout en ayant des démêlés avec les milieux louches, les cercles mondains et le monde ecclésiastique. Il connaît en même temps une histoire d'amour avec une femme et une amitié à la fois intellectuelle, passionnée et ambigüe avec un homme brillant et mystérieux, Sir Craven.

Un bijou littéraire !

Bernard DELCORD

Tempo di Roma par Alexis Curvers, Bruxelles, Fédération Wallonie Bruxelles, collection « Espace Nord », décembre 2012, 509 pp en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,50 €

15 05 13

Ils sont fous ces Belges

Fous, Belges, Julien, Oeuillet, Philippe, DutilleulLeur dernier reportage "Bienvenue chez les p'tits" vient d'être diffusé en télévision. Julien Oeuillet et Philippe Dutilleul, un des pilliers de l'émission Strip Tease, publient "Ils sont fous ces Belges", un ouvrage qui vous propose un grand tour de la belgitude.

Des valeureux Liégeois aux francophones de Flandre, des castors wallons aux rockers bruxellois en virée, Philippe Dutilleul et Julien Oeuillet vous offrent un voyage inédit dans une Belgique atemporelle, multiculturelle et excentrique. Ils sont fous ces Belges ! vous apprendra la meilleure façon de marcher droit dans ce pays de petites chapelles et de perpétuelles désunions. Vous suivrez le pas cadencé d'une procession wallonne arborant les uniformes d'antan ou la course entre deux trains des infortunés «navetteurs» qui rallient Bruxelles chaque matin. Un tableau impressionniste agrémenté d'un énorme sourire malgré les magouilles et les querelles en tous genres. De quoi vous transformer en fin connaisseur de la Belgique ! Les deux plumes déjantées d'un Wallon de souche et d'un Bruxellois cosmopolite racontent leurs périples dans ce pays si proche de la France et si différent, où une foule de personnages bigarrés jouent, sur une scène bien réelle, la folle comédie humaine made in Belgium.

 Entretien réalisé par Brice à la librairie Filigranes le 26 avril.

Écrit par Nicky Depasse dans Belge, Brice Depasse, Vidéos | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 03 13

Une fresque fantastique et magnifique !

 

d_un-certain_fevrier.jpgEnfin ! Avec quelle impatience nous attendions l'écrivain(e) qui poursuivrait cette merveilleuse lignée des « Maîtres de l'Imaginaire » ! Nancy Vilbajo non seulement s'inscrit dans ce réalisme poétique, qu'illustrent bien des auteurs (Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Jean Muno, André-Marcel Adamek, pour ne citer qu'eux), mais elle rejoint aussi le cercle fermé du « Fantastique féminin », qualifié par Anne Richter, fine analyste, d'art sauvage !

 

« Tout ce dont je suis sûr » dit un des personnages « c'est que parfois, il faut accepter de traverser cet impossible univers, celui qui n'est pas soumis aux servitudes du début et de la fin ».

 

C'est une fresque magnifique qui commence avant l'humanité et qui se poursuit dans l'épopée d'une ville, jamais nommée – il n'en est nul besoin, vous la connaissez ! -, mais qui est révélée ici dans toute sa beauté, son histoire, sa violence et son mystère, ses amours, ses traditions, son architecture et sa musique. « Nous sommes tous à la recherche d'un endroit, qui pour y bâtir son foyer, qui pour s'y recueillir, qui pour y mourir » dit d'emblée l'auteure. Mais la ville de ce livre « D'un certain février » est vivante, les veines gonflées du sang de la musique...

Une superbe phrase décrit ce rapport ville-musique-histoire... : « A chaque fois, c'était pareil, elle avait l'impression que ses racines lui sortaient des jambes et l'envoyaient puiser toutes ses forces dans une mystérieuse mémoire collective ».

 

Nous suivons ainsi l'histoire des personnages, des « élus » liés au-delà des générations et qui nous emmènent dans un fantastique flamboyant, poétique, lyrique, dont on peut difficilement se détacher une fois la lecture entamée. Et je vous rassure déjà : la finale est grandiose !

Les récits de Nancy Vilbajo nous font entrer dans une multitude d'émotions palpables par le miracle de ses mots et de son style : la peur, par exemple, comme dans « La nuit des goules », où le naturel des dialogues contraste avec l'effroi.

La mort est aussi un des sujets principaux du livre. « La mort nous fascine alors que nous habitons un monde qui ne tourne que pour ce qui vit », observe l'auteure. Ou ailleurs cette si juste ntotation : « Une nuit sans rêve c'est l'apéritif de la mort ».

La mort et son corollaire la guerre : « Sans prévoir, la guerre se dénuda sous mes yeux. Comme elle était laide sans son masque de bravoure ! »

Mais dans ce tableau de la vie et de la mort, on trouve aussi l'enfance et ses « contes de fée », la nature et ses jardins, le sourire de l'humour et les secrets. Le secret ! On trouve aussi comme nom propre d'un personnage « Secret ». Mais secret est un mot magique, qui parcourt comme une vibration invisible toute la lecture.

 

C'est un livre original, qui comporte par exemple en son sein une courte nouvelle de Gérard Prévot, sans doute un des plus grands et des plus méconnus Maîtres de l'Imaginaire belge, un de nos grands auteurs fantastiques. Ce n'est pas un hasard puisqu'il est né dans cette même ville. Avec quel talent Nancy Vilbajo parvient à l'intégrer dans sa propre odyssée !

 

N'en doutez pas, nous sommes ici en présence d'une grande écrivaine et d'un grand livre ! Un de ceux qu'appelait de ses vœux Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir » : « Qu'importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? » Ou comme ceux définis par Jean d'Ormesson dans « C'est une chose étrange à la fin que le monde » : « Les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs. » Croyez-moi, vous ne serez plus les mêmes après avoir lu cet ouvrage aux résonnances infinies, comme l'écho des tambours...

 

Jacques Mercier

"D"un certain février". Nancy Vilbajo. Editions Murmures des soirs. Collection "Fantastique", 20X15. broché. 338p. 20 euros. 

           

 

02 02 13

Les mystères de Bruxelles ! Un régal !

 

dulle griet.jpgDéjà le pseudonyme « Dulle Griet » choisi par cet auteur bruxellois me plaît beaucoup. Dulle Griet c'est Margot la Folle qu'on trouve au milieu du tableau de Bruegel. Elle est l'incarnation de l'avidité furieuse et se dirige vers l'enfer pour y mettre son butin en sécurité ! Sous ce joli pseudonyme se cache un lauréat de plusieurs prix littéraires et surtout un excellent auteur de polars. Il nous a déjà livré « Petits meurtres chez ces gens-là » et cette fois, il s'agit de « Les fenêtres murmurent » dans la collection « Les Mystères de Bruxelles ». Étrangement sur la couverture on découvre le célèbre Gille de Binche et son masque et pas une vue de Bruxelles, mais bien entendu le récit nous en donnera la raison. Le livre commence par « Vé van Boma, patate mè saucisse », qu'on se doit de renvoyer en note en bas de page pour traduire « Vive Bonne-Maman... » ! Outre le bonheur pour nous de découvrir les décors typiques de la capitale de l'Europe, ainsi que son patois, l'histoire elle-même nous tient en haleine : Que s'est-il passé dans la rue Porselein, à Anderlecht ? L'inspecteur Lilas Klaus et son partenaire Serge Zwanze (en bruxellois, c'est la blague typique du coin !) vont essayer d'élucider les énigmes en cette période de carnaval 2012, car on suit de jour en jour, avec la mention des dates, l'avancée palpitante de l'histoire. Une petite interrogation à l'auteur : il parle de « brise-lames », d'Ostende, de James Ensor dans les premières pages, dans un souffle magique ; mais le « brise-larmes » qui apparaît tout-à-coup est-il conscient ou une jolie faute typographique ? Je penche pour la volonté de glisser ce néologisme poétique ! Pour vous donner le ton, quelques phrases cueillies dans le feu de l'action : « Elle songe qu'il n'existe pas meilleure protection contre la tentation que la conviction de n'être soi-même une tentation pour personne » C'est à propos d'une femme qui ne se trouve pas belle. Et un peu plus loin : « Aussi, il faut bien l'avouer, parce que la réalité a beau être une sacrée garce, les rêves et les illusions ont la vie dure et ne meurent jamais tout à fait. » Ici on a le ton « policier » si particulier au genre et la réflexion qui en fait un grand roman, au-delà des anecdotes. C'est Érasme que Dulle Griet a choisi de mettre en exergue avec cette phrase : « La perversité des méchants a plus d'effet que la sympathie des bons » !

 

Jacques MERCIER

 

« Les fenêtres murmurent », par Dulle Griet, Collection « Les Mystères de Bruxelles », Éditions Presses de la cité, 2013, 308 pp. 20,50 euros.

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24 12 12

Les couleurs de la poésie

 

thomassettie.jpgA 12 ans déjà, Monique Thomassettie écrit une première pièce de théâtre ! A 16 ans, un de ses poèmes est publié dans Le Soir ! Bien plus tard, en 1995 son poème si joliment intitulé « De blancs oiseaux boivent la lumière » est un Grand Prix International de la Société des Poètes et Artistes en France... Mais l'auteure est aussi une artiste-peintre. Elle explique que la tension est la même dans ces deux activités de création. Elle veut créer une harmonie, un équilibre dans sa vie comme dans ses oeuvres. « Au rythme de l'équilibre », ce nouveau recueil, est une proposition de moments de poésie et de couleurs, de formes, de tableaux. On s'y plonge avec un grand bonheur. Le but est atteint : nous emmener dans un ailleurs ! « Telle mon ombre / lorsque me pousse au dos / ma lumière, / ma vision me précède. » ou « Si les sorcières sèment l'épreuve, / je serai ma propre sorcière// Dans mes roues / je mets les bâtons / de mes points d'exclamation !// Et pourtant / ma terre / roule en mon univers. » On se laisse porter par les mots, par les images qu'ils suscitent, par l'émotion qu'ils suggèrent et font naître en nous. Les mots sont simples et pourtant ils recèlent mille harmoniques. « La tristesse / est l'ombre portée / du poème » écrit Monique Thomassetie. Mais l'auteure parle surtout de joie de vivre, d'espérance, de renouvellement. Elle a cette joie, cet amour qui seuls peuvent nous emporter plus loin dans l'existence, sans nous immobiliser ! J'aime ces deux vers en particulier : « Qui rêve de clair et tendre matin / attend encor de naître » J'aime aussi l'orthographe poétique (ah, la licence !) d'encor !

 

« Au rythme d'un équilibre », de Monique Thomassetie. Poèmes. Editions M.E.O. 2012. 100 pp. 16 euros. www.meo-edition.eu

 

 

 

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04 11 12

Le nouveau Chat (Erectus), un nouveau bonheur !

 

ERECTUS-COFFRET.pngComment fait-il, mon ami Philippe Geluck ? Il a du talent depuis toujours, il est doué, il a un humour fabuleux... mais comment fait-il pour garder un tel niveau de qualité et d'intelligence au fil des années, sans fléchir, en rebondissant sur l'actualité, l'évolution des mœurs, des aléas de notre existence sur terre et dans la société ? C'est un grand sujet d'admiration pour moi ! Le nouvel album « Le chat Erectus » ne peut échapper à mes applaudissements (ni le supplément « le chat sapiens » ajouté dans un coffret spécial, ni les DVD avec ses « minutes du Chat » et des magnifique « making off » ...).

 

Pas besoin de longues analyses, mais simplement quelques exemples « picorés » dans ce jardin d'humour, simplement pour vous donner envie de partager ce plaisir rare ! Par exemple, ce décalage surprenant et drôle entre les images tirées de vieilles encyclopédies et le dialogue que Philippe inscrit dans les bulles. On voit Vercingétorix avec son casque à cornes... Un soldat dit : « Vous avez inventé le chapeau et le porte-manteau ». Vercingétorix répond : « Oui, mon vieux et je t'emmerde ! »....

 

Évidemment, toute la philosophie du Chat se révèle partout : « Pourquoi on allonge la vie seulement en prolongeant la vieillesse ? C'est au milieu qu'on devrait ajouter du temps ! » Ou aussi profond : « Pourquoi on n'a pas le droit de représenter Dieu ? Parce qu'on a peur d'être déçus ! ».

J'aime aussi : « Il est aussi difficile de nouer les lacets de celui qui court, que de serrer la main à celui qui applaudit ! »....

 

On peut se retrouver aussi dans la vie réelle, dans la société, comme ce dessin des deux frères Bogdanov et ce texte : « Les frères Bogdanov ont trop joué à tu me tiens par la barbichette ! » Sur la politique belge : « On m'a proposé le rôle de « superbelge »au cinéma, mais je voulais être sûr que le pays existerait toujours à la sortie du film ! »

 

Des basiques, comme des brèves de comptoir parsèment aussi l'album : « Les frères Lumière attiraient les moustiques » ou « Seule au zoo, la girafe croit qu'elle n'est pas en cage » ou « Pourquoi le pessimiste évoque-t-il toujours la fin des haricots et l'optimiste jamais le début ? » ...

 

J'aime aussi les séries sur les vers de terre, les vaches...

J'aime le surréalisme de Philippe qui joue avec le véhicule du dessin lui-même en étirant les cloisons des cases, etc.

J'aime qu'il dépasse aussi parfois les limites, vous découvrirez aisément quelques cases politiquement incorrectes « soft », mais qui mènent à une belle réflexion !

 

Bref, une excellente sortie, une de plus ! A savourer et à offrir pour les fêtes !

 

Jacques MERCIER

 

« Le chat erectus » Album cartonné. 48 pages. Édition Casterman. 10,5 euros. Coffret de luxe « Le chat Erectus » et « Le Chat Sapiens » ainsi que « La semaine du Chat » 2 DVD regroupant 6 heures de programme.

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 10 12

On a tous un "Bobo" en nous...

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Première expérience dans le monde des livres pour Myriam Leroy. La jeune femme bien connue pour ses chroniques sur Pure FM "Myriam Leroy n'aime pas" mais aussi dans la presse écrite, sort son premier bouquin, "Les Bobos, la révolution sans effort". Une compilation de ses chroniques sur La Première concernant le phénomène "Bourgeois Bohème".

 Un livre drôle à l'image de son auteur, qui dresse le portrait de ces personnes hors du commun. Au fil des chapitres, on apprend à les connaître en vacances, dans leur quotidien, leurs relations avec les autres... Des traits de caractère parfois absurdes, des situations abracadabrantes qui nous rappellent qu'au fond, on est tous un peu "bobo" dans l'âme...

Pour la jeune femme, le Bobo est principalement bruxellois, aime aller bruncher le dimanche, mange local, s'habille au marché Vintage de la Place Sainte-Catherine... et j'en passe... Si tout au long des pages, vous vous sentez proche de la description, c'est certainement que vous êtes un tant soit peu, un peu des leurs... Mais attention, ce n'est pas une tare!

Un livre amusant avec une description sarcastique, piquante mais très tendre... Bref, un livre qui vaut le détour et qu'il faut lire...

MyriamLeroy nous en parle...

Pourquoi avoir décidé d'écrire un livre?

Ce livre est une compilation de mes chroniques dans l'émission On n'est pas rentré sur la Première. En fait, un jour, NicolasVadot qui est chroniqueur dans l'émission m'a dit: "si tu décides de publier tes chroniques, je serais ravi de les illustrer". C'était très flatteur de sa part. C'est ainsi que l'aventure a commencé. Je n'avais pas de contact dans les maisons d'édition et il a fait en sorte que le livre soit publié.

Vous dressez un portrait peu flatteur des "Bobos"...

Je pense justement que non. Ce bouquin est très tendre, je les aime beaucoup. Et puis, je m'inspire beaucoup de moi et de ma petite sœur. C'est la "Bobo" par excellence, authentique. Je pense que c'est un clin d'œil malicieux! Mieux vaut être bourgeois et bohème que pauvre et polluant! 

Myriam Leroy, un peu "Bobo"?

Oui... Je n'aime pas la télévision, je fais attention dans mon alimentation à manger local, bio, je ne mets pas le chauffage... Mais dès que j'en ai l'occasion, je prends le premier avion pour partir loin... C'est hyper-cliché! Il m'est déjà arrivé de taper sur Google "dictature+jolis paysages" pour savoir dans quel pays j'allais partir pour découvrir de jolis paysages... (Rires).

Vous avez d'autres projets dans l'écriture?

Rien de très concret... J'ai écrit un roman mais il est dans le fond d'un tiroir et une pièce de théâtre... Il faut voir si elle plaira au commanditaire... Le projet qui me tient à cœur pour l'instant, ce sont les nouveaux podcasts développés par le Focus Vif... (Focus Store) Nous prenons des sujets culturels d'actualité et nous en débattons avec les autres journalistes du magazine.

Pour vous donner un petit avant-goût du livre de MyriamLeroy, regardez le teaser...


 

"Les Bobos, la révolution sans effort", Myriam Leroy, Ed. Renaissance du Livre, Octobre 2012, 128pp, 9,99€.

A noter: le bouquin ne se trouve pas dans les supermarchés car les supermarchés, ça n'est pas "Bobo"!

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Humour, Littérature générale, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 10 12

J'ai eu bon !

 

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humour marlière.jpgCela fait plusieurs soirs que ce livre m’accompagne avant que je ne sombre avec le sourire dans le sommeil… Déjà le titre m’avait amusé : « Anthologie de l’humour belge », mais plus encore le sous-titre : « Du Prince de Ligne à Philippe Geluck » ! J’avais déjà lu un beau livre sur le thème écrit par Bernard Marlière et sa charmante fille, Corinne, journaliste de talent à l’Avenir ! Avec confiance, je me suis donc lancé dans la lecture : photo, courte biographie et extraits de textes pour chaque personnalité évoquée. Dans l’introduction, l’auteur déclare, ce que nous savons nous les Belges : « Le Belge vit en Absurdie » et « L’ironie, dans ce pays longtemps occupé, n’est autre qu’une arme de défense et de subversion« …

Cela commence par le Prince de Ligne (1735-1814), dont on oublie souvent, il est vrai, ses magnifiques pensées : « Il vaut bien mieux avoir de l’imagination que de la mémoire », par exemple. Et cela se poursuit avec une galerie impressionnante et drôle de ce qu’on a écrit en Belgique ! Charles de Coster, Mademoiselle Beulemans, Arthur Masson, Virgile et ses fables, Pitje Schramouille, Toone, Tchantès… mais aussi Achille Chavée : « Dieu ne va jamais au secours des gens qui savent nager. » Jean-Pierre Verheggen ou Louis Scutenaire, chez qui sans honte j’aime le « L’Autriche. L’homme aussi. », mais bien sûr aussi : « C’est toujours dans le désert qu’on casse sa bouteille d’eau » et « Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées » ! On passe en revue les grands de la BD, Hergé, Franquin, Tibet… On aborde les grands de l’humour : Raymond Devos (et Bruno Coppens), Stéphane Steeman… Mais aussi Manu Thoreau, Marc Moulin, Richard Ruben, Albert Cougnet, Marc Herman, François Pirette, Jannin et Liberski, Jean-Luc Fonck, Pïerre Kroll… tous mes amis de la Semaine Infernale… Philippe Geluck a sa place d’honneur ! Et mes rires plusieurs fois m’ont secoué, avec « échange et change » de Laurence Bibot, que j’avais adoré dans le « Jeu des Dictionnaires » ainsi qu’avec Thomas Gunzig  (J’ajoute qu’il est Prix Rossel pour le faire rire !) Il écrit par exemple : « A-t-on déjà calculé l’empreinte écologique de la Saint-Nicolas ? » J’adore ! Mais ses moments d’anthologie, c’est le cas de le dire, sont aussi repris dans les « Fondamentaux », où l’auteur a la gentillesse de me placer (pas pour moi, mais pour tous ceux et celles qui m’ont entouré dans mes émissions), comme « Les élections », qui reste dans les mémoires et commençait ainsi : « Bande de cons ! Pas vous, cher public ! Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupes, présidents de partis flamands, présidents de partis francophones, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, etc. (… Bande cons, vous n’avez rien gagné du tout … etc. ) ». Et puis son « billet du matin, accueil de Monseigneur Léonard » est une merveille aussi de liberté et d’humour, chers à notre pays. Enfin hier soir, j’ai réveillé la maisonnée en pleurant de rire à la lecture de : « Les Wallonnes… Elles m’excitent ! » Cette lecture fait partie de mes grands moments d’abandon dans le rire, comme les fous rires à Forts en Tête, ceux que je partage encore et encore avec Philippe Geluck ! Mais je vous renvoie au livre superbe de Marlière pour en découvrir le texte sublime !Je peux vous dire, et vous pouvez me croire, que « j’ai eu bon !«

Jacques MERCIER

"Anthologie de l'humour belge" (du Prince de Ligne à Philippe Geluck), Bernard Marlière, Editions Jourdan, 544 pages, 21,90 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Biographies, Humour, Jacques Mercier, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 09 12

Trois ombres au soleil...

troisombresrecto.jpgUn drôle de rendez-vous, des coïncidences, trois vies bien différentes qui se rencontrent... Un homme, deux femmes, qui vivent ensemble des aventures extraordinaires...

Il y a Loïc, un jeune homme à la recherche d'un boulot "qui fait n'importe quoi". Il y aussi Sofia, une belle étudiante blonde qui travaille pour payer ses études et, enfin, Marie, une vieille dame qui a bien vécu... Bref, trois personnalités opposées, discrètes qui se rencontrent au coeur du quartier bruxellois du Châtelain... La vieille dame joue tantôt le rôle de maman avec ses deux compères, tantôt, les rôles s'inversent et c'est elle qui revit une seconde jeunesse...  "Nous étions faits pour nous rencontrer lui et moi." Sofia, la jolie blonde, joue une fois le jeu d'amante, une autre fois le jeu de la bonne copine... Et enfin, Loïc a le coeur qui balance entre ces deux femmes. Avec la première il (re)vit des moments manqués, avec la seconde, une belle histoire... 

Ensemble, ils vont partager un quotidien différent, VIVRE pleinement ces moments qui ne sont qu'à eux. 

Bref, Trois ombres au soleil, c'est une histoire drôle, touchante, parlante, mystérieuse et surtout vraie... Le manque de description des personnages laisse place à l'imaginaire du lecteur. On vit, on partage un peu la vie de ces trois amis! L'intrigue tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page...

Oeuvre d'un jeune auteur bruxellois, Trois ombres au soleil  est le premier roman de John.Henry.

Rencontre.

Qu'est ce qui vous a poussé à vous lancer dans l'écriture?

J'ai eu une révélation en voyant Stromae. Il était en cours avec moi et j'ai vu qu'il arrivait à percDSC_0434.JPGer. J'ai toujours eu l'impression qu'on venait chercher les gens en leur disant qu'ils allaient devenir des stars mais pas du tout. Alors je me suis dit, s'il y arrive pourquoi pas moi, et je me suis lancé! Je cherchais du travail et j'avais du temps donc j'ai commencé à écrire.

D'où vous vient l'inspiration?

Il y a beaucoup de vécu par exemple pour les lieux, je n'habitais pas loin, il y a aussi des histoires entendues. Au début, ça partait dans tous les sens, j'avais du mal à canaliser l'histoire car j'avais beaucoup de choses à raconter! Rien n'était programmé, j'écrivais au fur et à mesure.

Il y aussi des liens avec l'actualité?

Oui notamment avec la Tunisie... Mais j'ai écrit mon livre avant le printemps arabe.

Une anecdote, un souvenir particulier?

Il y a quelque chose de drôle... Dans mon livre, je parle par exemple des initiations à l'informatique pour les personnes âgées. Quand j'ai travaillé en tant que journaliste après avoir écrit mon livre, j'ai fait un reportage là-dessus. Autre coïncidence, le restaurant tunisien dont je parle dans mon livre existe bien. J'ai présenté le patron comme un militant mais sans vraiment le connaître... Et puis, j'ai croisé le vrai patron dans une manifestation... Il y a des choses qui se sont révélées après, la réalité qui revenait par rapport au roman... Souvent c'est l'inverse!

Au début du roman, vous conseillez à vos lecteurs de le partager, de le prêter...

Oui c'est un concept un peu différent. Ce n'est pas un bouquin comme les autres, il est publié dans une petite maison d'édition et je voulais le faire exister. Je propose aux lecteurs de le partager avec les autres, je pense que pour exister, il faut être lu et c'est ce que je veux, je veux qu'il soit lu un maximum.  J'ai envie de montrer aux lecteurs que c'est plus compliqué pour un jeune auteur de se faire connaître. J'ai d'ailleurs abandonné deux romans dans des lieux publics de Bruxelles et j'espère que les gens se le donneront.

Trois ombres au soleil, John.Henry, éditions Cholé des Lys, 2012, 274pp, 25€.

Intéréssé? Contactez l'auteur par mail à l'adresse: jhbrichart@gmail.com.

A noter: L'auteur sera en séance de dédicace lors du salon du livre de Marchienne (Charleroi) les 12 et 13 octobre prochains.

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Romans | Commentaires (2) |  Facebook | |