29 10 12

On a tous un "Bobo" en nous...

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Première expérience dans le monde des livres pour Myriam Leroy. La jeune femme bien connue pour ses chroniques sur Pure FM "Myriam Leroy n'aime pas" mais aussi dans la presse écrite, sort son premier bouquin, "Les Bobos, la révolution sans effort". Une compilation de ses chroniques sur La Première concernant le phénomène "Bourgeois Bohème".

 Un livre drôle à l'image de son auteur, qui dresse le portrait de ces personnes hors du commun. Au fil des chapitres, on apprend à les connaître en vacances, dans leur quotidien, leurs relations avec les autres... Des traits de caractère parfois absurdes, des situations abracadabrantes qui nous rappellent qu'au fond, on est tous un peu "bobo" dans l'âme...

Pour la jeune femme, le Bobo est principalement bruxellois, aime aller bruncher le dimanche, mange local, s'habille au marché Vintage de la Place Sainte-Catherine... et j'en passe... Si tout au long des pages, vous vous sentez proche de la description, c'est certainement que vous êtes un tant soit peu, un peu des leurs... Mais attention, ce n'est pas une tare!

Un livre amusant avec une description sarcastique, piquante mais très tendre... Bref, un livre qui vaut le détour et qu'il faut lire...

MyriamLeroy nous en parle...

Pourquoi avoir décidé d'écrire un livre?

Ce livre est une compilation de mes chroniques dans l'émission On n'est pas rentré sur la Première. En fait, un jour, NicolasVadot qui est chroniqueur dans l'émission m'a dit: "si tu décides de publier tes chroniques, je serais ravi de les illustrer". C'était très flatteur de sa part. C'est ainsi que l'aventure a commencé. Je n'avais pas de contact dans les maisons d'édition et il a fait en sorte que le livre soit publié.

Vous dressez un portrait peu flatteur des "Bobos"...

Je pense justement que non. Ce bouquin est très tendre, je les aime beaucoup. Et puis, je m'inspire beaucoup de moi et de ma petite sœur. C'est la "Bobo" par excellence, authentique. Je pense que c'est un clin d'œil malicieux! Mieux vaut être bourgeois et bohème que pauvre et polluant! 

Myriam Leroy, un peu "Bobo"?

Oui... Je n'aime pas la télévision, je fais attention dans mon alimentation à manger local, bio, je ne mets pas le chauffage... Mais dès que j'en ai l'occasion, je prends le premier avion pour partir loin... C'est hyper-cliché! Il m'est déjà arrivé de taper sur Google "dictature+jolis paysages" pour savoir dans quel pays j'allais partir pour découvrir de jolis paysages... (Rires).

Vous avez d'autres projets dans l'écriture?

Rien de très concret... J'ai écrit un roman mais il est dans le fond d'un tiroir et une pièce de théâtre... Il faut voir si elle plaira au commanditaire... Le projet qui me tient à cœur pour l'instant, ce sont les nouveaux podcasts développés par le Focus Vif... (Focus Store) Nous prenons des sujets culturels d'actualité et nous en débattons avec les autres journalistes du magazine.

Pour vous donner un petit avant-goût du livre de MyriamLeroy, regardez le teaser...


 

"Les Bobos, la révolution sans effort", Myriam Leroy, Ed. Renaissance du Livre, Octobre 2012, 128pp, 9,99€.

A noter: le bouquin ne se trouve pas dans les supermarchés car les supermarchés, ça n'est pas "Bobo"!

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Humour, Littérature générale, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 10 12

J'ai eu bon !

 

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humour marlière.jpgCela fait plusieurs soirs que ce livre m’accompagne avant que je ne sombre avec le sourire dans le sommeil… Déjà le titre m’avait amusé : « Anthologie de l’humour belge », mais plus encore le sous-titre : « Du Prince de Ligne à Philippe Geluck » ! J’avais déjà lu un beau livre sur le thème écrit par Bernard Marlière et sa charmante fille, Corinne, journaliste de talent à l’Avenir ! Avec confiance, je me suis donc lancé dans la lecture : photo, courte biographie et extraits de textes pour chaque personnalité évoquée. Dans l’introduction, l’auteur déclare, ce que nous savons nous les Belges : « Le Belge vit en Absurdie » et « L’ironie, dans ce pays longtemps occupé, n’est autre qu’une arme de défense et de subversion« …

Cela commence par le Prince de Ligne (1735-1814), dont on oublie souvent, il est vrai, ses magnifiques pensées : « Il vaut bien mieux avoir de l’imagination que de la mémoire », par exemple. Et cela se poursuit avec une galerie impressionnante et drôle de ce qu’on a écrit en Belgique ! Charles de Coster, Mademoiselle Beulemans, Arthur Masson, Virgile et ses fables, Pitje Schramouille, Toone, Tchantès… mais aussi Achille Chavée : « Dieu ne va jamais au secours des gens qui savent nager. » Jean-Pierre Verheggen ou Louis Scutenaire, chez qui sans honte j’aime le « L’Autriche. L’homme aussi. », mais bien sûr aussi : « C’est toujours dans le désert qu’on casse sa bouteille d’eau » et « Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées » ! On passe en revue les grands de la BD, Hergé, Franquin, Tibet… On aborde les grands de l’humour : Raymond Devos (et Bruno Coppens), Stéphane Steeman… Mais aussi Manu Thoreau, Marc Moulin, Richard Ruben, Albert Cougnet, Marc Herman, François Pirette, Jannin et Liberski, Jean-Luc Fonck, Pïerre Kroll… tous mes amis de la Semaine Infernale… Philippe Geluck a sa place d’honneur ! Et mes rires plusieurs fois m’ont secoué, avec « échange et change » de Laurence Bibot, que j’avais adoré dans le « Jeu des Dictionnaires » ainsi qu’avec Thomas Gunzig  (J’ajoute qu’il est Prix Rossel pour le faire rire !) Il écrit par exemple : « A-t-on déjà calculé l’empreinte écologique de la Saint-Nicolas ? » J’adore ! Mais ses moments d’anthologie, c’est le cas de le dire, sont aussi repris dans les « Fondamentaux », où l’auteur a la gentillesse de me placer (pas pour moi, mais pour tous ceux et celles qui m’ont entouré dans mes émissions), comme « Les élections », qui reste dans les mémoires et commençait ainsi : « Bande de cons ! Pas vous, cher public ! Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupes, présidents de partis flamands, présidents de partis francophones, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, etc. (… Bande cons, vous n’avez rien gagné du tout … etc. ) ». Et puis son « billet du matin, accueil de Monseigneur Léonard » est une merveille aussi de liberté et d’humour, chers à notre pays. Enfin hier soir, j’ai réveillé la maisonnée en pleurant de rire à la lecture de : « Les Wallonnes… Elles m’excitent ! » Cette lecture fait partie de mes grands moments d’abandon dans le rire, comme les fous rires à Forts en Tête, ceux que je partage encore et encore avec Philippe Geluck ! Mais je vous renvoie au livre superbe de Marlière pour en découvrir le texte sublime !Je peux vous dire, et vous pouvez me croire, que « j’ai eu bon !«

Jacques MERCIER

"Anthologie de l'humour belge" (du Prince de Ligne à Philippe Geluck), Bernard Marlière, Editions Jourdan, 544 pages, 21,90 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Biographies, Humour, Jacques Mercier, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 09 12

Trois ombres au soleil...

troisombresrecto.jpgUn drôle de rendez-vous, des coïncidences, trois vies bien différentes qui se rencontrent... Un homme, deux femmes, qui vivent ensemble des aventures extraordinaires...

Il y a Loïc, un jeune homme à la recherche d'un boulot "qui fait n'importe quoi". Il y aussi Sofia, une belle étudiante blonde qui travaille pour payer ses études et, enfin, Marie, une vieille dame qui a bien vécu... Bref, trois personnalités opposées, discrètes qui se rencontrent au coeur du quartier bruxellois du Châtelain... La vieille dame joue tantôt le rôle de maman avec ses deux compères, tantôt, les rôles s'inversent et c'est elle qui revit une seconde jeunesse...  "Nous étions faits pour nous rencontrer lui et moi." Sofia, la jolie blonde, joue une fois le jeu d'amante, une autre fois le jeu de la bonne copine... Et enfin, Loïc a le coeur qui balance entre ces deux femmes. Avec la première il (re)vit des moments manqués, avec la seconde, une belle histoire... 

Ensemble, ils vont partager un quotidien différent, VIVRE pleinement ces moments qui ne sont qu'à eux. 

Bref, Trois ombres au soleil, c'est une histoire drôle, touchante, parlante, mystérieuse et surtout vraie... Le manque de description des personnages laisse place à l'imaginaire du lecteur. On vit, on partage un peu la vie de ces trois amis! L'intrigue tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page...

Oeuvre d'un jeune auteur bruxellois, Trois ombres au soleil  est le premier roman de John.Henry.

Rencontre.

Qu'est ce qui vous a poussé à vous lancer dans l'écriture?

J'ai eu une révélation en voyant Stromae. Il était en cours avec moi et j'ai vu qu'il arrivait à percDSC_0434.JPGer. J'ai toujours eu l'impression qu'on venait chercher les gens en leur disant qu'ils allaient devenir des stars mais pas du tout. Alors je me suis dit, s'il y arrive pourquoi pas moi, et je me suis lancé! Je cherchais du travail et j'avais du temps donc j'ai commencé à écrire.

D'où vous vient l'inspiration?

Il y a beaucoup de vécu par exemple pour les lieux, je n'habitais pas loin, il y a aussi des histoires entendues. Au début, ça partait dans tous les sens, j'avais du mal à canaliser l'histoire car j'avais beaucoup de choses à raconter! Rien n'était programmé, j'écrivais au fur et à mesure.

Il y aussi des liens avec l'actualité?

Oui notamment avec la Tunisie... Mais j'ai écrit mon livre avant le printemps arabe.

Une anecdote, un souvenir particulier?

Il y a quelque chose de drôle... Dans mon livre, je parle par exemple des initiations à l'informatique pour les personnes âgées. Quand j'ai travaillé en tant que journaliste après avoir écrit mon livre, j'ai fait un reportage là-dessus. Autre coïncidence, le restaurant tunisien dont je parle dans mon livre existe bien. J'ai présenté le patron comme un militant mais sans vraiment le connaître... Et puis, j'ai croisé le vrai patron dans une manifestation... Il y a des choses qui se sont révélées après, la réalité qui revenait par rapport au roman... Souvent c'est l'inverse!

Au début du roman, vous conseillez à vos lecteurs de le partager, de le prêter...

Oui c'est un concept un peu différent. Ce n'est pas un bouquin comme les autres, il est publié dans une petite maison d'édition et je voulais le faire exister. Je propose aux lecteurs de le partager avec les autres, je pense que pour exister, il faut être lu et c'est ce que je veux, je veux qu'il soit lu un maximum.  J'ai envie de montrer aux lecteurs que c'est plus compliqué pour un jeune auteur de se faire connaître. J'ai d'ailleurs abandonné deux romans dans des lieux publics de Bruxelles et j'espère que les gens se le donneront.

Trois ombres au soleil, John.Henry, éditions Cholé des Lys, 2012, 274pp, 25€.

Intéréssé? Contactez l'auteur par mail à l'adresse: jhbrichart@gmail.com.

A noter: L'auteur sera en séance de dédicace lors du salon du livre de Marchienne (Charleroi) les 12 et 13 octobre prochains.

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Romans | Commentaires (2) |  Facebook | |

22 08 12

Un regard désarmant sur la vie !

 

Paul.jpgLa notation au verso du recueil de nouvelles de Florence Paul est juste : Nous sommes invités dans « En vie de bonne heure » (ou Envie de bonheur) à partager le regard désarmant de l'auteure. Ce petit livre a déjà quelques mois d'existence, faite d'amitié, de rencontres et même du « prix ex-libris » accordé par les bibliothèques du Brabant Wallon, mais je vous le conseille vivement si vous aimez la belle écriture, simple, naturelle, avec les mots qui conviennent. Si vous aimez les courtes histoires aux retournements ou aux coups de théâtre inattendus ! Si vous aimez notre vie quotidienne, souvent, mais avec ce zeste d'imaginaire propre à notre culture aussi ! Cette Nivelloise peut attiser avec talent notre curiosité d'une nouvelle à l'autre. Mais d'entrée de jeu dans la première nouvelle « Réception au château », elle se joue de nous et nous en sourions, confiants dans la suite des récits ! J'aime qu'elle soit divers personnages, comme cette personne de 88 ans dans « Le ruffian du cimetière » ! « Un âge où l'on parle à soi-même (...) la dernière personne qui peut vous comprendre et même peut-être vous aimer »... superbe ! Ce « ruffian », terme littéraire un peu sorti du langage courant et qui désigne un grand voyou, utilise des sms et écoute de la musique avec des oreillettes sur le banc public ! Les descriptions de la nature dans « Le jardin d'Helena » sont magnifiques ! Belle aussi la description des mineurs dans « la dernière chaise », de ces chaises qu'au bon temps, on remet sur le trottoir devant la maison pour bavarder avec les voisins et les passants ! Et puis nous avons onze ans avec Célestine, et nous avons du chagrin avec elle, car les parents... C'est un peu la suite dans la nouvelle suivante avec « Le psy ». J'ai un faible pour « Chute » qui décrit si bien le point de vue de la personne qui tombe en VTT, comme au ralenti. Et enfin, ce bijou de conclusion : « La petite dernière », dont je vous laisse la surprise. Florence Paul a un style, un ton, une écriture et surtout une talentueuse manière de nous faire partager son texte, ce qui est le propre des vrai(e)s écrivain(e)s !

 

Jacques MERCIER

 

« En vie de bonne heure », nouvelles, Florence Paul, EME Editions (www.intercommunications.be), 80 pp. 15/21,5 cm, couverture et illustrations : Maryse Cheron, 9 euros.(6 euros en version Pdf)

17 08 12

Un grand bonheur de lecture : Amélie !

 

nothomb.jpgLe bonheur de lecture ne s'est pas émoussé, il est resté le même depuis son premier roman. Chaqué été, je ressens le même plaisir fou à découvrir le nouvel ouvrage d'Amélie Nothomb ! « Barbe bleue » m'a accroché dès la première ligne ! On comprend le sens du titre dès qu'on rencontre le propriétaire des lieux : « don Elemirio Nibal y Milcar », un nom à la Nothomb, mais qui fait aussi songer à Hergé. C'est un conte, c'est le bonheur de l'enfance, mais sublimés par l'écriture et le talent de l'auteure. Sans dévoiler quoi que ce soit (oh, que je déteste ces critiques en télé qui passent leur temps – comme pour les films d'ailleurs – à nous raconter l'histoire ; je ne sais si c'est pour prouver qu'ils ont vu et lu ou pour nous gâcher le plaisir de la découverte !), je vous dirai par exemple que le personnage s'appelle Saturnine, qu'elle est belle et belge ! Les allusions parsèment l'ouvrage : l'athénée, « faits divers » de la télé belge, Walibi, les « oiseaux sans tête »... J'ajoute que j'adore l'humour que saupoudre toujours avec volupté, j'imagine, Amélie en écrivant : « nous avons « fait » les chutes du Niagara »... « Par où l'on voir que » à la manière des anciens romans français, etc. On retrouve bien sûr l'univers de Nothomb, comme le champagne ou les noms magiques (ceux des huit femmes). Quelques extraits picorés pour vous : « La cuisine est un art et un pouvoir : il est hors de question que je me soumette à celui de qui que ce soit » (P.14), « Je me méfie de ceux qui se déclarent secrets. Ce sont les mêmes qui, cinq minutes plus tard, vous révèlent les moindres détails de leur vie privée. » (P.41), « A chaque fois, l'amour est neuf. Il faudrait un verbe nouveau à chaque fois. » (P.105), « La béatitude de l'amour ressemble à celle que chacun éprouve en présence de sa couleur préférée. » Mais enfin et surtout une des choses les plus belles qu'il m'ait été donné de lire sur l'amour : « Aimer, c'est accepter d'être Dieu ».

 

Jacques MERCIER

 

« Barbe bleue », Amélie Nothomb, roman. Edition Albin Michel. 174 pp. 16,50 euros.

08 08 12

Le péché originel !

de duve.jpgChristian de Duve est prix Nobel de médecine. Il a cette particularité d'être à la fois un grand biologiste et un moraliste. C'est en le voyant en discussion il y a quelques mois sur un plateau de télévision que j'ai eu envie d'acheter et de replonger dans cet essai, qui date déjà de 2010, mais dont on n'a pas encore parlé sur ce site. Le titre et le sous-titre de l'ouvrage sont évocateurs : "Génétique du péché originel" et "Le poids du passé sur l'avenir de la vie"... Le livre nous offre un panorama magnifique et compréhensible de toute l'histoire de la vie sur notre Terre. Surtout, l'auteur nous initie aux récentes découvertes de la science et c'est à cette lumière qu'on peut encore mieux réfléchir à notre destin. "L'humanité est, de fait, entachée d'un défaut intrinsèque, d'un "péché originel" génétique, qui risque d'entraîner sa perte", lit-on. Ce péché originel n'est sans doute pas celui qu'on soupçonne d'après Christian de Duve ! C'est la sélection naturelle... et la seule possibilité de rédemption à l'égard du péché originel génétique serait dans le pouvoir humain d'agir contre la sélection naturelle. Car nous avons assez d'intelligence et d'adresse pour conquérir le monde, mais "pas assez de sagesse pour gérer les fruits de nos victoires" ! Parmi les solutions : les Eglises, qui sont qualifiées pour sauver l'humanité, la sauvegarde de l'environnement et les femmes ! "Les femmes sont la source principale des stimuli qui façonnent le câblage des cerveaux des bébés. Ainsi sont-elles particulièrement bien placées pour améliorer le monde". Mais leur problème, poursuit l'auteur, est de conquérir le pouvoir sans se conduire comme des hommes. Un essai passionnant pour ceux qui s'intéressent à l'évolution du genre humain, nous !

Jacques MERCIER

 

"Génétique du péché originel", Christian de Duve, Edition Odile Jacob, sciences, 2010, 242 pps. 24 euros.

10 07 12

Un superbe "beau-livre" poétique !

matieres grises.jpgTout est beau et poétique dans ce "beau-livre" !Jusqu'à l'idée même de réunir un père et son fils. "Matières grises" ce sont deux cents pages de photographies de la Mer du Nord, des poèmes courts qui correspondent si bien ! Le poète est Michel Joiret, qui avoue devoir beaucoup à la "mère-mer" : "Si les Hommes du Nord se taisent plus souvent que leurs voisins du Sud, c'est peut-être que la mer leur a coupé la parole et que les mots du quotidien pèsent plus lourdement leur poids de sel", écrit-il dans une des préfaces. Les photos ont été faites (comme un artiste) par le fils de Michel, Thomas Joiret et par Romain Mallet. Werner Lambersy, dans un autre texte d'introduction explique : "... il est temps de dire combien Michel et Thomas Joiret ont, dans cette (ré) partition à deux entre poèmes et photos, entre échos croisés du dedans et du dehors l'un vers l'autre, pris le risque et gagné le pari de faire entendre, voir et découvrir ce que chacun croyait connaître et savoir de soi, et des paysages en soi, souvent si familiers, que d'habitude notre confort et la peur de le perdre nous les font parcourir aveugles, sourds et muets".Dès les premières pages, la magie opère. Les mots et les paysages se répondent. Nous sommes en effet plongés dans des profondeurs insoupçonnées. Des textes concis, gorgés d'émotion et de réflexion, de sensibilité et de sens. Les plus courts ne sont pas les moins "évidents" : "Lacéré de mer comme / Fouetté / De mon eau de naissance." Mais comme est forte aussi cette image qui nous ressemble tous à un moment de notre propre vie, et c'est là le miracle de l'oeuvre poétique : "Sur la table grasse du sable un enfant triste assemble / Les pièces du ciel et celles de la mer // L'ouvrage sans cesse recommencé finit par effacer les figures // Les toutes dernières diluent la table grasse et l'enfant triste / N'a rien pu retenir." Ajoutons que c'est le premier livre de la maison d'édition Opium.

Jacques MERCIER

"Matières grises" Textes de Michel Joiret et photographies de Thomas Joiret et Romain Mallet. Préface de Werner Lambersy. Opium éditions. Beau-Livre cartonné. 53cm/53cm. 200 pp. 34,90 euros. www.opium-editions.com

Écrit par Jacques Mercier dans Beaux Livres, Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 05 12

Feu vert à Jacques Careuil

Careuil bio.jpgC'est une biographie remarquable - et on le doit aussi au talent et à la plume de Claude Rappé ! - que celle de Jacques Careuil, qui enchanta des générations d'enfants (dont Frédéric Jannin ou Franco Dragone cités) dans son émission télé "Feu vert", en duo avec André Rémy. Parce que tout y est (sans la lourdeur ni la longueur habituellement dévolues au genre) : l'émotion, les informations, les détails de cette vie partagée en sept ! L'amour, son homosexualité, y est évoquée sans détours; le métier et ses aléas (il a cette liberté de pointer du doigt ceux qui l'ont trahi); mais aussi ses souvenirs - et il est temps de garder tout cela en mémoire avant que le bonheur ne s'évapore dans les brumes du temps. Le théâtre, les premières émissions de télévision en noir et blanc, la voix de Tintin et les rencontres avec Hergé... Existent, vous le découvrirez, des passages en italiques qui sont d'une grande émotion personnelle et le partage avec l'autre auteur même : une belle façon de rendre cette autobiographie émouvante. Je dois à Jacques Careuil mes premières émissions radio, dont "Entrée Libre" et ses conseils, son amitié me restent précieux et m'ont aidé de façon évidente dans mon propre parcours ; je lui dois aussi le partenariat avec Stéphane Steeman dans "Dimanche Musique" (il ne voulait pas assumer ce duo en même temps que le lancement de "Feu vert" en télé - et me proposa à la direction qui ne songeait bien sûr pas à moi, assistant jeune et débutant). Dans la préface, Jacqueline Bir dit, avec raison, qu'il est le précurseur des animateurs d'aujourd'hui et que c'est la raison de sa présence dans notre mémoire. Je pense aussi que c'est quelqu'un qui a pu gérer sa vie : sentimentale, personnelle, publique. J'aime aussi cette réflexion juste et belle : "qu'il a rendu au public tout l'amour reçu de sa mère !"

Jacques MERCIER

 

Feu vert à Jacques Careuil - avec Claude Rappé. Edition Jourdan. 240 pp. Deux cahiers de photos. 15,90 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Biographies, Jacques Mercier | Commentaires (1) |  Facebook | |

31 03 12

Petites histoires extraordinaires du quotidien...

image13521.jpg"Soignez-moi", un premier recueil de nouvelles pour une jeune écrivain belge, Aurélia Demarlier. Diplômée en philosophie, elle se définit très justement comme "la fille qui avait une plume à la place du coeur." Lauréate du Prix Jeune Ecrivain en 2011 pour sa première nouvelle "la tartine", elle s'est lancée dans l'écriture d'un recueil plus complet et à juste titre!

"Soignez-moi" n'est pas un livre ordinaire... Malgré son titre, il ne nous raconte pas ces petites histoires d'hôpitaux mais nous parle de personnes... à priori "normales" qui un jour se trouvent confrontées à des situations farfelues...

Au fil des pages et de ces neuf nouvelles, on suit les histoires de Juliette, Iris, Hortense et bien d'autres... Des histoires étranges, mystérieuses mais très drôles et touchantes... Peut-on imaginer un jour que votre chaine Hi-Fi vous donne des ordres, que vous ne voyez que la vie non pas en rose mais en mauve? Vous avez une meilleure amie qui nourrit son ego par le reflet de votre visage? Tant d'histoires qui poussent à la réflexion et à l'affection pour ces personnages...

 Ma préférée? "Increvable". Une histoire assez banale en somme mais qui nous rapproche de la réalité.. Avec cette jeune maman qui pour faire plaisir à sa fille lui achète un hamster... Une durée de vie de 2-3 ans à priori... Mais... comme les choses ne tournent pas rond, ce hamster est "increvable". Un récit amusant, drôle et même touchant... On sourit, on rit et on s'identifie... "Cela fait huit ans que Désiré (nom ingénieusement choisi par ma fille) parcourt deux kilomètres de steppes toutes les nuits, faisant grincer sa roue dans un tintamarre criminel. Ma fille ayant besoin de sommeil, je me suis sacrifiée pour accueillir Désiré dans ma chambre. En effet, il s'agissait du seul lieu de résidence jugé salubre à la lumière des critères dictatoriaux établis par la Biblie du Hamster..."

 Bref, "Soignez-moi" est un recueil de nouvelles passionnant dont on a beaucoup de mal à décrocher une fois commencé... Je le conseille vivement à tous ceux qui veulent passer un excellent moment de détente...

Soignez-moi, Aurélia Demarlier, éd.Kiroraphaires, 2012, 223pp, 22,45€.

 N"hésitez pas à jeter un oeil sur le blog de l'écrivain: http://www.lesmotsdaurelia.net

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