28 02 16

En voiture, Simone…

Les petites âneries du permis de conduire.jpgDans Les petites âneries du permis de conduire publié à Paris chez François Bourin Éditeur, un petit livre illustré fort amusant, Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, tous trois moniteurs d’auto-école en France, ont tressé un collier des meilleures perles entendues dans l’exercice de leurs fonctions.

Florilège :

Position R comme rapide :

– Est-ce que les limitations de vitesse sont valables aussi pour les marches arrière ?

C’est mieux ainsi :

– Pour freiner, je suis obligé d’arrêter d’accélérer ?

Café du commerce :

– On m’a dit qu’à un stop, il faut que les quatre roues soient arrêtées et qu’à un cédez-le-passage, deux seulement.

La charrue avant les bœufs :

– Je me dis que, comme je n’arrive pas à apprendre à conduire, je devrais devenir moniteur. Peut-être que ça m’aiderait.

Ça passe ou ça casse :

Est-ce qu’on peut passer de la deuxième à la troisième sans reculer ?

C’est pas moi, c’est elle :

Dans une rue étroite, la roue avant droite frotte la bordure. L’élève questionne son moniteur :

– C’est moi qui ai fait ça ?

– Non, non, c’est la bordure qui a bougé…

– Ouf, tu me rassures !

Sage précaution :

Le moniteur :

– Dans quelles conditions doit-on contrôler la pression des pneus ?

L’élève :

– À l’arrêt !

Un petit bouquin qui consolera bien des profs de lycée, qui se sentiront moins seuls dans l’adversité !

Bernard DELCORD

Les petites âneries du permis de conduire par Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, Paris, Éditions François Bourin, collection « Humour », février 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)

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28 02 16

L’État, c’était lui…

Louis XIV, roi de la démesure .jpgJournaliste, écrivain, chroniqueur à la télévision et à la radio, Henri-Jean Servat excelle à raconter la petite et la grande Histoire.

Avec l’aide du journaliste Mathieu Banq, dans Louis XIV, roi de la démesure, un beau livre-objet publié chez Larousse à Paris, il partage avec le lecteur, dans de brèves notices alertes et bien informées, sa passion pour le Roi-Soleil, le Grand-Siècle et les coulisses de Versailles.

Écoutons leur invitation :

« Vous pensez tout savoir de Louis XIV ? Ses innombrables maîtresses, son goût pour les arts, la guerre contre l'Espagne, la révocation de l'Édit de Nantes, etc. Mais connaissez-vous l'existence de Marie Mancini, le premier et seul véritable amour de Louis ? Saviez-vous qu'il a dû s'exiler enfant, pendant trois ans sur les routes de France, ou qu'à l'âge de cinquante ans, il a épousé en secret Madame de Maintenon ? Auriez-vous deviné que Versailles avait été bâti et détruit plusieurs fois pour répondre aux exigences changeantes du souverain ? Et que dans les couloirs de ce fastueux palais régnait une odeur épouvantable ?

Ouvrez [avec nous] les grilles de ce château splendide pour découvrir les arcanes de la cour et suivez toute l'histoire du règne du Roi-Soleil [1], des événements politiques, économiques et culturels aux plus secrètes préoccupations du souverain. Entrez dans l'intimité de Louis XIV et découvrez comment il se lavait, s'habillait, ce qu'il mangeait, comment il se soignait… »

Leur ouvrage somptueux contient en outre plus de 300 illustrations, parmi lesquelles des documents inédits et des fac-similés exceptionnels comme des plans du château de Versailles et de ses jardins à l'époque de sa construction, une lettre de d'Artagnan à Colbert sur l'arrestation de Nicolas Fouquet, un ordre signé du Louis XIV pour payer les poètes Racine et Boileau, le dessin de la table d'un festin donné par le roi en mars 1680, une lettre de Madame de Maintenon sur la conception de l'école de Saint-Cyr...

Louis XIV roi de la démesure (portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan).jpg 

Portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan.

Craie noire sur papier, 1644.

Un magnifique voyage dans le temps, à la rencontre du fameux monarque absolu qui assurait avec un peu de désabusement que « quand on peut tout ce que l'on veut, il n'est pas aisé de ne vouloir que ce que l'on doit… »

Bernard DELCORD

Louis XIV, roi de la démesure par Henri-Jean Servat et Mathieu Banq, préface de LL. AA. RR. les princesses Béatrice et Anne de Bourbon des Deux-Siciles, Paris, Éditions Larousse, collection « Les documents de l’Histoire », octobre 2015, 127 pp. en quadrichromie au format 26 x 31 cm accompagnées de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 € (prix France)

 

[1] Louis XIV est né le 5 septembre 1638 au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et il est mort le 1er septembre 1715 à Versailles.

28 02 16

« Jamais le soleil ne voit l’ombre. » (Léonard de Vinci)

Ombres portées.jpgLes Éditions Gallimard à Paris ont ressorti, dans leur fameuse collection « Art et artistes », Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental, un essai d’Ernst Hans Gombrich (Vienne, 1909-Londres, 2001) qui dirigea le Wartburg Institute [1] de 1959 à 1976 tout en occupant à l'Université de Londres la chaire d'Histoire de la tradition classique.

Il demeure à ce jour l’un des historiens d’art les plus lus dans le monde, notamment avec deux ouvrages devenus classiques, The Story of Art (Histoire de l’art, 1950) et Art and illusion (L’art et l’illusion, 1960).

Dans cette nouvelle édition d’Ombres portées – la première date de 1996–, toutes les illustrations des plus célèbres peintures montrant des ombres sont reproduites en couleurs et 18 illustrations supplémentaires (ce qui en fait 73 en tout) accompagnent la préface de Neil MacGregor, directeur du British Museum et l'introduction de Nicholas Penny, directeur de la National Gallery de Londres.

« Il suffit de regarder autour de soi, écrit Gombrich, pour remarquer les ombres projetées par les objets sur les surfaces environnantes, aussi bien en plein jour qu'à la lumière artificielle. Ces ombres peuvent s'estomper, mais elles ne disparaissent jamais tout à fait, sauf dans la majorité des peintures. Les artistes se servent des ombres portées pour attirer l'attention sur l'éclairage du tableau et pour donner plus de solidité aux objets qui interceptent la lumière.

Ces ombres peuvent contribuer au climat d'une peinture. Elles peuvent révéler la présence de quelqu'un ou de quelque chose en dehors de l'espace représenté. Pourtant, elles n'apparaissent que çà et là dans l'art occidental, qui a plutôt tendance à les oublier ou à les éliminer. »

Et Gombrich de les sortir de l’ombre !

Bernard DELCORD

Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental par Ernst Hans Gombrich, traduit de l’anglais par Jeanne Bouniort, préface de Neil Mac Gregor, introduction par Nicholas Penny, Paris, Éditions Gallimard, collection « Art et artistes », février 2016, 101 pp. en quadrichromie au format 16 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 39,90 € (prix France)

 

[1] L'institut Warburg est un centre de recherche qui fait partie de l'Université de Londres, School of Advanced Study ; il est spécialisé dans l'étude des influences de l'Antiquité classique sur la civilisation occidentale.

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25 02 16

La tentation totalitaire de l’écologie

L’idéologie du réchauffement.jpgFormé à HEC et à Harvard, Rémy Prud’homme est devenu professeur d’économie à l’Institut d’Urbanisme de Paris, à l’Université Paris XII et au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a occupé ensuite le poste de directeur adjoint de l’Environnement à l’OCDE.

Il a fait paraître aux Éditions du Toucan à Paris L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure, un ouvrage solidement documenté dans lequel, sans nier le réchauffement de la planète – l’auteur affirme même qu’au cours du XXe siècle, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6 à 0,8 degré –, il s’en prend vertement aux tenants du « réchauffisme » (un mot-valise mariant réchauffement et alarmisme) qui tiennent pour une certitude absolue que la hausse des températures est anthropique.

Après le démontage de quatre catastrophismes qui ont laissé, en dépit de leurs erreurs techniques et de leur inanité dans les faits, une trace indélébile dans les esprits contemporains, sans doute parce que leurs auteurs étaient considérés comme des « savants » alors qu’ils n’étaient que de simples prophètes de malheur quelque peu illuminés à la manière du professeur Philippulus annonçant le châtiment dans Tintin et l’étoile mystérieuse (Thomas Malthus et son Essai sur le principe de population [1798], Stanley Jevons et Sur la question du charbon [1865], Rachel Carson et Le printemps silencieux [1962], Dennis et Dorabella Meadows et The Limits of Growth [1972]), Rémy Prud’homme dénonce la dérive idéologique du « réchauffisme » qui, comme toute idéologie, porte en lui une tendance dangereusement totalitaire.

Écoutons-le :

« Ce mouvement d’idées présente les 5 caractéristiques d’une idéologie, selon les critères établis par Hannah Arendt :

– il est monocausal : les rejets de CO2 causés par l’homme expliquent à eux seuls le réchauffement dramatique de la planète.

– il est scientifiste : il prétend s’appuyer sur une science unique, irréfutable.

– il est étatique : à la différence des religions, les idéologies sont toujours capturées, instrumentalisées par des États.

– il est révolutionnaire : il faut tout changer pour « sauver » la Terre.

– il est populaire : l’adhésion des peuples est forte. »

Rémy Prud’homme décrit aussi le catéchisme « réchauffiste » et montre ses nombreuses failles, basées notamment sur des approximations méthodologiques, des contre-vérités scientifiques et une récupération politique autant qu’affairiste.

Enfin, il détaille par le menu les causes et les conséquences du réchauffement climatique, ainsi que l’aspect chimérique, voire dangereux, des solutions préconisées par le GIEC, par les ONG, par les médias et par les églises de tout poil, tous et toutes peu ou prou stipendiés, qui se sont emparés de la question pour en faire une véritable religion inquisitoriale…

À l'en croire, vivement la révolution des idées, l’abolition de la religion bobo, l’abandon de ses privilèges et le renversement de ses ayatollahs !

Bernard DELCORD

L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure par Rémy Prud’homme, Paris, Éditions du Toucan, collection « L’Artilleur », novembre 2015, 282 pp. en noir et blanc au format 14 x 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 € (prix France)

Sommaire :

I. INTRODUCTION

Quatre catastrophismes

Le réchauffisme comme idéologie

Contenu de l'essai

II. LE CATÉCHISME RÉCHAUFFISTE

La notion de catéchisme

Le contenu du catéchisme

Une version médiatique du catéchisme

III. LES GARDIENS DU TEMPLE

Les organisations internationales

Les hommes politiques

Les chercheurs

Les ONG, les médias et les églises

Le GIEC

Le système réchauffiste

IV. LE RÉCHAUFFEMENT ANTHROPIQUE

Les fondements scientifiques de la doctrine

Les mesures de la température

Les températures avant le XIXe siècle.

La faible corrélation C02-températures

La stagnation des températures au XXIe siècle

Les réactions réchauffistes

V. LES CONSÉQUENCES DU RÉCHAUFFEMENT

Mise en perspective

Glaces et niveaux des mers

Précipitations et inondations

Évènements extrêmes

Bienfaits du C02

Dommages aux pays pauvres

VI. LE PAYS DES CHIMÈRES

La chimère de la planification intégrale

La chimère des réductions massives

La chimère de l'électricité sans C02

La chimère de la croissance verte

VII. LA TENTATION TOTALITAIRE

La propagande réchauffiste

L'endoctrinement réchauffiste

L'intolérance réchauffiste

Le colonialisme réchauffiste ?

VIII. CONCLUSION

Une science fragile

Une idéologie dangereuse

RÉFÉRENCES

SITES

SIGLES

23 02 16

Un Internet de papier…

Le livre sur le livre.jpgLe juriste, bibliographe, pacifiste et utopiste belge Paul Otlet (1868-1944), dont l’ambition était de permettre aux hommes de mieux se connaître, de ne plus avoir peur les uns des autres et de vivre en paix, est l’inventeur en 1905 de la CDU (Classification décimale universelle), toujours en usage aujourd'hui, et il est aussi le père du fameux standard de 12,5 x 7,5 cm pour les fiches bibliographiques.

Après avoir créé le Palais Mondial-Mundaneum de Bruxelles, situé dans l'aile sud de ce qui est devenu ensuite le « Cinquantenaire », il a développé dans l’entre-deux-guerres le projet d'une Cité mondiale, entièrement dédiée à la connaissance, avec, entre autres, la collaboration de Le Corbusier.

Son objectif était de réunir les peuples par une civilisation universelle, considérée métaphoriquement comme un « pont mondial » (1937). Il rejoignait en cela les projets d'encyclopédie universelle élaborés à la même époque par H. G. Wells dans World Brain et par le philosophe et sociologue Otto Neurath.

Souhaitant établir un réseau et une coopération internationale entre les bibliothèques et les bibliothécaires, il avait créé en 1895, avec Henri La Fontaine (1854-1942), l’Office international de bibliographie et mis en place un « répertoire bibliographique universel » (RBU), rassemblant tous les ouvrages publiés dans le monde, quels que soient le sujet et l'époque. Cet Office visait également à faire reconnaître l'information comme discipline scientifique.

Il a aussi travaillé avec La Fontaine à l'établissement d'une Bibliographica sociologica, qui visait à répertorier l'ensemble des « faits » et des « écrits » concernant la société. En 1895, celle-ci comprenait 400 000 notices.

En 1910, il a mis au point avec son collègue Robert Goldschmidt la Bibliophoto, sorte de bibliothèque portable de microfiches [1].

L'intérêt pour Paul Otlet, considéré comme le père des sciences de l'information, n'a cessé de grandir ces dernières années, particulièrement aux États-Unis, où son œuvre a été comparée dans le New York Times à un « Web oublié du temps ».

Son Traité de documentation – Le livre sur le livre (1934), ouvrage fondateur et fondamental récemment reparu en fac-similé aux Impressions nouvelles à Bruxelles avec des préfaces de l’écrivain Benoît Peeters, de l’universitaire Sylvie Fayet-Scribe, maître de conférences à Paris I, Panthéon-Sorbonne, et d’Alex Wright, collaborateur du New York Times, est l'aboutissement de son travail inlassable pour rassembler, classer et partager les connaissances.

Paul Otlet y propose une remarquable synthèse du savoir sur le livre et le document, en même temps qu'il anticipe Internet et l'hypertexte. La réédition du Traité de documentation, 70 ans après la disparition de son auteur, coïncide avec la réouverture du Mundaneum à Mons [2], capitale européenne de la Culture en 2015, ville où le fabuleux héritage documentaire légué par Paul Otlet et Henri La Fontaine est conservé.

Un ouvrage visionnaire qu’il faut voir… et avoir !

Bernard DELCORD

Le livre sur le livre – Traité de documentation par Paul Otlet, préfaces de Benoît Peeters, Sylvie Fayet-Scribe et Alex Wright, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, août 2015, 431 pp. en noir et blanc au format 20,5 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 38 €

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Otlet

[2] 76, rue de Nimy à B- 7000 Mons. Téléphone : 0032 65 31 53 43 Fax : 0032 65 39 54 86 Email : info@mundaneum.be

22 02 16

Inhumains, trop inhumains...

Le vampire de Clichy.jpgAinsi que nous l’avons attesté dans M… Belgique, notre compatriote Véronique Janzyk excelle dans les histoires courtes, comme le montrait son recueil de nouvelles intitulé Les fées penchées, paru chez Onlit Books à Bruxelles en 2014.

Elle est récemment revenue sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel opus très réussi, Le vampire de Clichy, publié chez le même éditeur, une succession de short stories qui versent cette fois dans le fantastique, avec une approche très personnalisée :

« La dernière nuit de l'an dernier, j'ai été mordue à la gorge par un vampire. Les mois qui ont suivi ont été émaillés de rencontres particulières. Les objets eux-mêmes semblaient dotés de vie. J'ai tenté d'en rendre compte ici. Je me dois d'ajouter que le vampire appartenait à une lignée dont je compris plus tard qu'elle n'attendait pas le coup fatal porté avec un pieu. Les vampires de sa trempe devançaient la mort. Ce ne sont pas, malheureusement, les moins cruels. »

Depuis cette morsure, la narratrice multiplie les rencontres de personnages étranges, dont certains sont morts ou croient l'être : un bouquiniste, un directeur de festival littéraire, un acteur, une personne déprimée par l’affaire Dutroux, une femme qui change de voix, une strip-teaseuse, un homme qui se filme, un type qui regarde un film porno, un autre qui réalise qu’il a 44 ans, l’utilisatrice d’un GSM « tombé du camion », un couple d’esthètes, un gars qui va à la foire, une cycliste dans un tunnel et bien d’autres encore…

Une galerie des glaçants…

Bernard DELCORD

Le vampire de Clichy par Véronique Janzyk, Bruxelles, Éditions Onlit Books, octobre 2015, 141 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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22 02 16

Au cœur des pierres…

Romantisme – Mélancolie des pierres .jpgProfesseur d'histoire de l'art, journaliste, conférencier et, depuis 2011, directeur scientifique de la Fondation Pierre Arnaud [1], Christophe Flubacher a dirigé la réalisation de l’ouvrage collectif intitulé Romantisme – Mélancolie des pierres paru chez Fabre à Lausanne, splendide catalogue de la magnifique exposition éponyme organisée sous sa houlette par cette Fondation à Lens, sur le plateau de Crans-Montana, en Suisse.

Écoutons sa présentation :

« La vague romantique déferle sur l'Europe dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. Venue d'Allemagne et d'Angleterre, elle bouleverse fondamentalement les conceptions artistiques, tant littéraires que musicales et picturales. Aux canons classiques, le romantisme oppose la liberté individuelle de l'artiste. À la primauté de la raison, il substitue l'expression des passions et des sentiments.

Cette nouvelle approche s'accompagne d'une conscience aigüe de la destinée humaine et de la condition éphémère de toute chose, y compris la nature dans ce qu'elle a de plus indestructible de prime abord : la pierre. Hommes et pierres sont ainsi liés par un même destin, celui qui conduit à la ruine et ramène tout à la poussière.

Cette exposition et cet ouvrage mettent en scène ce double drame, en deux actes.

L'histoire s'ouvre sur les cimes rocheuses et les flèches des cathédrales. L'homme y apparaît sous les traits du héros. Il gravit les sommets, domine la nature et élève des monuments spectaculaires. La seconde partie raconte la lente, mais inéluctable dégradation : montagnes érodées par les intempéries, bâtiments tombés en ruines. Première victime de l'œuvre du temps, l'homme, héros déchu, repose désormais sous une pierre devenue sa tombe.

Autour de cette thématique originale et inédite, sont rassemblées des œuvres de grands artistes romantiques européens : Théodore Géricault, Francisco Goya, Gustave Doré, Johann Heinrich Füssli, Victor Hugo, Johann Wolfgang von Goethe, Philips James Loutherbourg, John Ruskin, Carl Friedrich Lessing, Caspar Wolf, Giambattista Piranèse, Alexandre Calame, Carl Gustav Carus, François Diday... »

Tant il est vrai que, comme l’a écrit Garcia Lorca, que « la pierre est un dos fait pour porter le temps… »

Bernard DELCORD

Romantisme – Mélancolie des pierres par Christophe Flubacher, Cäsar Menz et Maïlis Favre, préface de Daniel Salzmann Lausanne, Éditions Favre, février 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 18,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 € (prix France)

Informations sur l’exposition :

Jusqu’au 17 avril 2016

Adresse :

Fondation Pierre Arnaud

1, route de Crans

1978 Lens, Suisse

Case Postale 39

Tél. + 41 (0)27 483 46 10

info@fondationpa.ch

Horaires :

Centre d’art (durant les expositions)

Du mercredi au dimanche de 10h00 à 19h00

Fermeture le lundi et le mardi.

 

[1] Cette Fondation d’utilité publique, établie en 2007 en mémoire du collectionneur et mécène Pierre Arnaud, a pour objectif de promouvoir les beaux-arts tout en mettant spécifiquement en relief la peinture suisse qu’elle présente dans un contexte européen. Elle a construit, gère et finance un Centre d’art à Lens afin d’y organiser un programme international d’expositions temporaires et de divers événements culturels.

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20 02 16

Un message chrétien inscrit dans la pierre…

Poitou roman .jpgPassionnée d’iconographie médiévale, Laurence Brugger a commencé ses études à l’Université de Genève, auprès du professeur Yves Christe, avant d’élargir son champ de recherches d’abord à l’Italie, puis à la France, où elle a officié en qualité de directeur d’études invité à l’École Pratique des Hautes Études. Comme professeur de recherches auprès de l’Université de Fribourg, elle a poursuivi des recherches sur l’Espagne romane et se consacre aujourd’hui à l’élaboration d’un vaste corpus iconographique des voussures romanes et gothiques.

Elle est l’auteure, aux fameuses Éditions Zodiaque qui ont eu le bonheur de ressusciter naguère, d’une nouvelle (et troisième) version de Poitou roman renouant avec la première, parue en 1957 et rédigée par Yvonne Labande-Mailfert [1], qui recouvrait l’ensemble des monuments de l’ancien diocèse de Poitiers, sans distinguer le Haut du Bas Poitou.

Une sélection plus étroite des églises bénéficiant de notices particulières a donc paru nécessaire à Laurence Brugger, même si, concurremment, des monuments délaissés ont regagné le devant de la scène artistique.

C’est que, dit-elle, « si l’image que l’on doit du Poitou roman au milieu du siècle dernier était celle qu’avait peu à peu sculptée René Crozet [2], celle, renouvelée, qui est aujourd’hui la nôtre a été patiemment redessinée ces trente dernières années par Marie-Thérèse Camus [3] ».

Une actualisation particulièrement bienvenue, donc, qui ouvre sur de nouvelles perspectives de compréhension des œuvres architecturales d’un des berceaux de l’Occident chrétien.

Ajoutons que, grâce à un découpage et à un regroupement des édifices en itinéraires, l’ensemble de l’ouvrage permet un survol exhaustif de l’expression romane en Poitou.

Poitou roman (Faye-la-Vineuse).jpg

Faye-la-Vineuse, collégiale Saint-Georges (Indre-et-Loire)

Élévation droite du chœur.

Un magnifique vade-mecum à emporter en vacances dans une région riche de magnifiques découvertes !

Bernard DELCORD

Poitou roman par Laurence Brugger, Paris, Éditions Zodiaque, mai 2014, 396 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Les voies de la recherche

Carte « Nord » Poitou roman

Introduction historique

Carte « Sud » Poitou roman

Chapitre 1 : Survols thématiques

Plans au sol

Élévations

Façades et portails historiés

Chapiteaux

Modillons à drôleries

Le cavalier « poitevin »

Chapitre 2 : Quelques monuments « préromans »

Le baptistère Saint-Jean de Poitiers

Saint-Pierre-les-Églises de Chauvigny

Saint-Gervais et Saint-Protais de Civaux

Saint-Généroux

Chapitre 3 : Quelques grands monuments en ruines

Saint-Sauveur de Charroux

Saint-Pierre de Maillezais

Saint-Maixent

Saint-Martin de Ligugé

Chapitre 4 : Les principaux monuments du XIe siècle

Saint-Savin-sur-Gartempe

Poitiers : Saint-Hilaire-le-Grand, Sainte-Radegonde, Notre-Dame-la -Grande, Saint-Jean -de-Montierneuf

Itinéraire 1 : Autour de Poitiers

Saint-Junien de Nouallié-Maupertuis, Saint-Maurice-la-Clouère, Notre-Dame de Lusignan, Saint-Jean-Baptiste de Jazeneuil

Itinéraire 2 : Autour de Chauvigny

Chauvigny, Le prieuré de Villesalem, Montmorillon, La chapelle prieurale de Saulgé

Itinéraire 3 : Autour de Saint-Jouin-de-Marnes

Saint-Jouin-de-Marnes, Saint-Pierre d'Airvault, Saint-Gilles d 'Argenton-les-Vallées, Saint-Médard de Thouars, l'abbatiale Sainte-Marie de Fontevraud, Saint-Georges de Faye-la-Vineuse

Itinéraire 4 : Autour de Melle et d’Aulnay

Melle, Saint-Maixent de Verrines, Saint-Pierre d 'Aulnay

Itinéraire 5 : Autour de Civray

Saint-Nicolas de Civray, Notre- Dame de Genouillé, Saint-Michel de Champagne-Mouton

Itinéraire 6 : Autour de Niort

Sainte-Eulalie de Benet, Saint-Pierre de Maillé, Saint-Vincent de Nieul-sur-l'Autise, Notre-Dame de Vouvant, Sainte-Hilaire Sainte Madeleine de Foussais, Parthenay

Itinéraire 7 : Autour de La-Roche-sur-Yon

Saint-Nicolas de la Chaize-le-Vicomte, Saint-Nicolas-de-Brem, Notre-Dame de la Chaize-Giraud

Index et bibliographie

 

[1] Yvonne Labande-Mailfert (1906-1997), entrée à l’École des Chartes en 1928, y a soutenu en 1931 une thèse sur Le premier cartulaire du monastère bénédictin de Saint-Nicolas d’Angers. Elle fut longtemps la secrétaire de rédaction des Cahiers de Civilisation médiévale.

[2] René Crozet (1896-1972) enseigna l’histoire de l’art médiéval à la Faculté de lettres de l’Université de Poitiers (où il fonda le Centre d'Études supérieures de Civilisation médiévale) et à l’université de Yale.

[3] L’historienne Marie-Thérèse Camus (1934-), docteur ès-lettres, fut directrice-adjointe du Centre d'Études supérieures de Civilisation médiévale et est professeur honoraire de l'Université de Poitiers.

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19 02 16

« L’autorité d’un seul, c’est un crime. » (Louise Michel, anarchiste féministe, 1830-1905)

La bible des anars.jpgChristophe Verselle, professeur de philosophie et d’éducation civique, déjà auteur d’un Dico de la philo chez Flammarion dans la collection « Librio », y a fait aussi paraître – sous un titre joyeusement provocateur – La bible des anars – Anthologie des grands textes de l'anarchisme rassemblant vingt-deux textes fondamentaux de la pensée anarchiste, irrévérents et parfois incendiaires, né sous la plume d’auteurs aussi divers que Diogène Laërce, La Boétie, Diderot, Rousseau, d’Holbach, Goethe, Lacenaire, Tocqueville, Stirner, Proudhon, Bakounine, Lafargue, Pottier, Rousseau, Zola, Nietzsche, Ravachol ou Mirbeau, qui furent des tenants de l’anarchisme, des penseurs de l’égalitarisme ou des contradicteurs des totalitaristes.

Court florilège :

– Voter, c’est se choisir un maître.

– C’est permettre à certains hommes de se sentir au-dessus des lois puisque ce sont les élus qui les font.

– C’est succomber à l’illusion d’une omniscience des politiciens.

– Enfin, c’est oublier que les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent.

(Élisée RECLUS, 1830-1905)

Nous repoussons toute législation, toute autorité et toute influence, privilégiée, patentée, officielle et légale, même sortie du suffrage universel, convaincus qu’elle ne pourrait jamais tourner qu’au profit d’une minorité dominante et exploitante, contre les intérêts de l’immense majorité asservie.

(Mikhaïl Aleksandrovitch BAKOUNINE, 1814-1876)

Des analyses encore bien actuelles, non ?

Bernard DELCORD

La bible des anars – Anthologie des grands textes de l'anarchisme, textes rassemblés par Christophe Verselle, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio idées », octobre 2015, 94 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

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17 02 16

« Le temps est maître en tous arts. » (Proverbe espagnol)

Grammaire de l'espagnol contemporain.jpgAgrégé de l’université Paris IV Sorbonne, diplômé de Sciences Po Paris et ancien élève de l’ENA, Éric Freysselinard a été membre de jurys de concours d’espagnol et est l’auteur de plusieurs titres aux Éditions Ophrys [1] chez qui il a fait paraître récemment une Grammaire de l'espagnol contemporain du Niveau B2 – C1 du cadre européen.

Claire, novatrice et complète, elle est centrée sur les usages académiques et fournit plus de 1300 exemples traduits, classiques et contemporains, tirés des grands auteurs et de la presse, qui permettront à l’étudiant de mémoriser plus facilement les explications.

Reprenant les principales règles, cette grammaire les renouvelle, en développe les points les plus difficiles (l’accent tonique, les diphtongues, ser-estar, por-para, cuanto-tanto, le subjonctif, l’usage des prépositions de lieu, después de ti ou después que tú, l’usage de doble que, etc.) et présente de nombreuses autres constructions souvent absentes des grammaires classiques (arder-quemar, tirar [de], fundir-derretirse, atañer-concernir, poner-meter, caer-caerse, en general-por lo general, etc.) ; elle propose aussi de nombreuses traductions (à force de, qui plus est, plutôt, pour un peu, le fait que, faillir, manquer, soit… soit, loin de, encore moins, etc.) et elle développe certaines thématiques comme le temps et l’espace.

Un Grevisse du castillan, en quelque sorte…

Bernard DELCORD

Grammaire de l'espagnol contemporain par Éric Freysselinard, Paris, Éditions Ophrys, janvier 2016, 256 pp. en noir et blanc au format 16,5 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

Table des matières :

La langue espagnole. Les articles et indéfinis. Les pronoms. Les prépositions. Les conjonctions de coordination, adverbes et mots de liaison. La phrase. Le superlatif et le comparatif. La quantité. Le temps. L’espace. Suffixes et préfixes. Les verbes. Bibliographie. Index.

 

[1] Ser y Estar (2013), L'espagnol par la presse (2013), Le mot et l'idée n°2 Espagnol (2007), Grammaire et vocabulaire du catalan (2005) et Les 3500 mots essentiels : espagnol (2000).