11 04 16

Éloge de la trahison…

Degrelle Qui suis-je.jpgSe qualifiant lui-même de militant de divers groupuscules « solidaristes », dans sa jeunesse, après un séjour dans les prisons de Moscou (1975) et dans les troupes phalangistes chrétiennes du Liban (1976), Francis Bergeron s’est essentiellement consacré depuis lors à l’action culturelle et à l’écriture. Il préside l’association littéraire des Amis d’Henri Béraud (500 adhérents). Auteur de livres pour enfants, il a vendu 300 000 exemplaires de la série du « Clan des Bordesoule ». Sur un plan purement professionnel, il participe à la direction d’un groupe industriel international de premier plan.

Il a fait paraître récemment aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing un petit essai intitulé Degrelle Qui suis-je ?

Voici la présentation qu’il en donne :

« Degrelle a été un vrai héros de roman à la Alexandre Dumas, un personnage fascinant, digne des plus grandes épopées, avec sa part de faconde, de farce, de grandiloquence, d’auto- justifications, d’aveuglement, d’échecs, mais aussi d’héroïsme, de grandeur, de tragédie.

Écrivain précoce, curieux de tout, Léon Degrelle a effectué son premier reportage au Mexique à 23 ans. Puis, ce militant catholique, ami d’Hergé, polémiste dans l’âme, s’est lancé bruyamment dans la politique en faisant de Rex, journal et maison d’édition de l’Action catholique belge, un parti qui obtiendra vingt et un députés et onze sénateurs en mai 1936. Député de Bruxelles en avril 1939, son immunité parlementaire est bafouée par une arrestation arbitraire en mai 1940.

Méprisé par les autorités allemandes d’occupation de la Belgique, il prendra sa revanche sur le front de l’Est : engagé comme simple soldat sous uniforme allemand, en août 1941, il terminera la guerre, à 38 ans, avec le titre de commandeur de la division SS Wallonie. Par sa force de conviction, sa lecture de l’Histoire et son talent d’écrivain (La Campagne de Russie 1941-1945), il s’efforcera de nous convaincre que la croisade antibolchevique était une guerre juste, faite d’esprit de sacrifice et de don de soi.

Ce Degrelle Qui suis-je ? retrace la vie tumultueuse de cet ancien militant de la jeunesse catholique belge, personnage à multiples facettes et au destin exceptionnel, qui, après 1945, de son exil en Espagne, se fera le metteur en scène de sa propre gloire. »

Si tous ces faits sont globalement exacts et leur interprétation plus ou moins discutable (dans son ouvrage, Francis Bergeron qualifie Pierre Daye de « Bainville belge », comparaison qui ne nous a pas sauté aux yeux à la lecture de ses reportages à la Tintin dans le vaste monde ou de sa biographie de Rubens…), mais fort bien rédigée, on regrettera surtout la perspective adoptée par l’auteur, et son silence plutôt grand – voire total – sur ce qui entraîna la condamnation à mort de Léon Degrelle (par contumace), à savoir :

– Son implication directe ou indirecte dans de nombreux crimes de sang, comme la déportation et la mort en Allemagne de son ancien ami rexiste Robert du Bois de Vroylande [1], l’assassinat du bourgmestre de Namur, François Bovesse, le 1er février 1944, avant celui d’Alexandre Galopin, gouverneur de la Société Générale de Belgique – le 28 février 1944 à Etterbeek –, la désignation (par Léon Degrelle himself) d’une centaine d’otages dont certains seront abattus par la police allemande le 21 juillet 1944 ou encore la tuerie de Courcelles les 17 et 18 août 1944 qui fit 27 victimes et, à Bruxelles, l’assassinat de Louis Braffort, bâtonnier de l'ordre des avocats, le 24 août 1944.

Pour notre part, nous considérons avec l’historien Jean-Michel Étienne que « Degrelle qui, même lorsqu'il est au front de l'Est, ne peut ignorer ce que font les rexistes en Belgique, n'aura jamais un mot de blâme pour leur activité. [...] Il couvrira de son autorité tous les meurtres et tous les sévices perpétrés par les rexistes. Certes, Degrelle n'est pas un criminel de guerre [...], il n'en reste pas moins qu'il a laissé se faire en son nom et au nom de son mouvement une politique passablement immonde » [2].

– Sa trahison de la Belgique, amorcée par son discours du 17 janvier 1943 au Palais des Sports de Bruxelles, une diatribe dans laquelle il affirmait la germanité des Wallons en vue d’intégrer la Légion Wallonie à la Waffen SS (ce qui sera chose faite le 1er juin 1943), mais aussi moyen de s’ouvrir la voie au poste de Gauleiter des Wallons au sein du Reich après la victoire des nazis et une probable partition de la Belgique. Le simple fait de fournir en temps de guerre des hommes à l’ennemi constitue d’ailleurs, partout dans le monde, un cas de haute trahison.

Bien sûr, le « Beau Léon » avait une « grande et belle gueule [3] » et l’art de tourner l’Histoire à son avantage, mais ce n’est pas une raison suffisante pour donner foi à ses imprécations ou d’en faire un modèle de vertu, fût-elle guerrière !

Bernard DELCORD

Degrelle Qui suis-je ? par Francis Bergeron, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », février 2016, 126 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

Sommaire :

Introduction : Pourquoi Degrelle ?

I. Léon de Bouillon
 
II. Le farceur de Louvain

III. Au pays des Cristeros

IV. Tintin mon copain
 
V. Lisez Rex !
 
VI. Votez Rex !

VII. Pierre Daye, le Bainville belge

VIII. Le coup de crosse de Malines

IX. La guerre en prison
 
X. La Légion Wallonie
 
XI.Hitler pour 1000 ans

XII. Front de l’Est

XIII. Arriba España !

XIV. Exil et tentatives d’enlèvement

XV. La persécution des témoins

XVI. Paix à ses cendres !

Conclusion : au panthéon des très grands soldats

ANNEXES

  1. Chronologie
  2. Citations de Léon Degrelle
  3. Opinions sur Léon Degrelle
  4. Une bibliographie de Léon Degrelle
  5. Études sur Léon Degrelle et le rexisme
  6. Le grand Léon a toujours la cote
  7. Les compagnons de Léon Degrelle

 

[1] Après avoir quitté le mouvement rexiste (dont il était un compagnon de la première heure à Louvain) après le « coup de crosse de Malines » en 1936, Robert du Bois de Vroylande publia la même année Quand Rex était petit, dans lequel il se moquait des combines et de la vanité de Léon Degrelle qualifié de « Monsieur Bluff, » ce que celui-ci ne pardonna jamais…

[2] Jean-Michel Étienne, Le mouvement rexiste jusqu'en 1940, Paris, Armand Colin, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques, n°195, 1968, p. 171

[3] On parlait même de son Rex appeal durant la campagne électorale de 1936…

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11 04 16

Moonlight Serenades…

Jazz sous la lune.jpgAprès le succès des Plus Belles Berceuses jazz, le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel [1] propose, toujours chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album illustré accompagné d’un CD intitulé Jazz sous la lune, berceuses et standards jazz réunissant 14 autres morceaux des années 1950 et 1960, à savoir des ballades, des chansons d'amour et des chants de Noël.

On y retrouve notamment les voix magnifiques d’Ella Fitzgerald, de Billie Holiday, de Nina Simone, d’Eartha Kitt, d’Audrey Hepburn, du Golden Gate Quartet, de Louis Armstrong ou encore de Ray Charles pour un moment d'écoute [2] inoubliable.

Liste des chansons et des interprètes :

Winter Wonderland par Louis Armstrong, Willow Weep for Me par Billie Holiday, Come Rain, or Come Shine par Sarah Vaughan, It Might As Well Be Spring par Nina Simone, Winter Weather par Fats Waller, Let It Snow! par Vaughn Monroe, Moon River par Audrey Hepburn, Stormy Weather par The Golden Gate Quartet, Santa Baby par Eartha Kitt, Blue Moon par Mel Tormé, Snow Is Falling par Ray Charles, What Are You Doing New Year’s Eve par Ella Fitzgerald, Gone With the Wind par Julie London, December par Kay Starr

Bernard DELCORD

 azz sous la lune, berceuses et standards jazz sélectionnés par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2015, 47 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Né en 1973, Misja Fitzgerald Michel a été élève de la classe de jazz de François Jeanneau au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a ensuite étudié en 1993 à la New School (New York) auprès de Jim Hall, Billy Harper et Kenny Werner. C’est aujourd'hui l'un des meilleurs compositeurs de guitare du jazz actuel dans la lignée de Pat Metheny et Jim Hall. Il a été nominé aux Djangos d'or de la guitare 2006 pour le disque Encounter ainsi qu'aux Victoires du jazz 2012 pour son album Time of No Reply.

[2] 43,27 minutes.

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11 04 16

Naissance du romantisme…

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016).jpgL’année 2016 est marquée par le bicentenaire de la publication d’Adolphe, l’œuvre littéraire la plus célèbre de l’écrivain et homme politique lausannois Benjamin Constant (1767-1830), un roman qui lance le romantisme et évoque la liaison orageuse de son auteur avec l’écrivaine et philosophe française d'origine genevoise Germaine de Staël (1766-1817) qu’il avait rencontrée en 1794.

À l’occasion de ce grand anniversaire, un ouvrage collectif richement illustré paru chez Slatkine à Genève sous le titre Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016) propose de mettre en lumière la longue et foisonnante postérité d’Adolphe : il s’agit de faire découvrir aux lecteurs les multiples éditions, traductions (y compris en japonais ou en persan), réécritures (de Balzac à Camille Laurens, en passant par Jacques Chessex) et adaptations (théâtre, cinéma, bandes dessinées) auxquelles le chef-d’œuvre de Benjamin Constant a donné lieu, de 1816 à nos jours.

Une vingtaine de spécialistes, issus d’une dizaine de pays, ont rédigé les textes qui composent ce volume interdisciplinaire consacré à l’héritage d’un roman qui, deux siècles après sa parution, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

Bernard DELCORD

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016), ouvrage collectif sous la direction de Léonardo Burnand et Guillaume Poisson, Genève, Éditions Slatkine, février 2016, 157 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 35 € (prix France)

10 04 16

Un vade-mecum remarquable !

Grands courants de la littérature française (2e édition).jpgLa nouvelle édition (88 pp. au lieu de 64) désormais tout en couleurs des Grands courants de la littérature française par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel s’avère, comme la précédente – parue en 2007 – et ainsi que nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, d'une belle pertinence et d'une grande clarté.

C'est qu'en quelques pages, les auteurs vont à l'essentiel de l'Humanisme, du Baroque, du Classicisme, des Lumières, du Romantisme, de la Modernité, du Réalisme, du Symbolisme, du Surréalisme ainsi que de la culture contemporaine – avec, pour celle-ci, un contenu plus complet et détaillé – dans ses expériences et ses contradictions (Existentialisme, Théâtre de l'absurde, Nouveau Roman, Oulipo, Francophonie littéraire, Postmodernité...) dont ils remettent les idées en place avec une maestria digne de tous les éloges.

Rappelons au passage que ces 10 courants figurent en Belgique francophone parmi les savoirs requis dans le cadre des compétences terminales de français aux 2e et 3e degrés (tous réseaux, enseignement général et technique de transition).

L’ouvrage, rédigé dans respect de l’orthographe réformée, se fonde sur une structuration claire des contenus et des explications, ainsi que sur de nombreux extraits littéraires représentatifs et sur des illustrations significatives (portraits, peintures, architecture…) en lien avec une ligne chronologique illustrée et actualisée présente au centre de l’ouvrage, une frise qui permet une meilleure mémorisation des grands repères culturels et littéraires.

Un outil indispensable !

Bernard DELCORD

Grands courants de la littérature française, nouvelle édition, par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel, Éditions Érasme, juillet 2015, 88 pp. en quadrichromie au format 20,8 x 29,3 cm (accompagnées d'une frise de 4 pages) sous couverture brochée en couleurs, 15 €

10 04 16

Le printemps du Moyen Âge...

Mahomet et Charlemagne.jpgMédiéviste belge de grande réputation, Henri Pirenne (Verviers, 1862 – Uccle, 1935), qui a inspiré l'École des Annales [1], est l'une des grandes figures de la résistance non violente à l'occupation allemande de la Belgique durant la Première Guerre mondiale.

En 1886, il est désigné professeur extraordinaire à l'Université de Gand et chargé d'y enseigner l'histoire du Moyen Âge et l'histoire de Belgique. Il le restera jusqu'en 1930, à l'exception de 1916 à 1918, où il fut captif en Allemagne.

Lors de la flamandisation de l'Université de Gand en 1930, Henri Pirenne, ne parlant pas le flamand, dut céder son poste de professeur d'histoire. En 1933, il fut le premier lauréat du prix Francqui.

Il est notamment l'auteur de l'Histoire de l'Europe, des invasions au XVIe siècle [2] et de l'Histoire de Belgique [3].

Sa réputation repose sur trois grandes contributions à l'histoire européenne.

La première concerne les origines du Moyen Âge par la formation de nouveaux États et le déplacement du commerce vers le Nord.

La deuxième est une vue distincte de l'histoire médiévale de la Belgique et, finalement, un modèle pour le développement de la cité médiévale.

Quant à la troisième, rappelons que c’est en 1922 qu’Henri Pirenne avait fait paraître dans la Revue belge de philologie et d'histoire un article de grand retentissement intitulé « Mahomet et Charlemagne ». Le texte se conclut par : « Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable ».

Dès lors, Henri Pirenne enchaîna articles, colloques et conférences pour appuyer sa thèse, mais il ne rédigera que tardivement, peu avant sa mort en 1935, son ouvrage synthétisant toutes ses recherches et portant le titre de son premier article, Mahomet et Charlemagne.

Le livre aura une publication posthume, en 1937 [4], et il vient d’être réédité à Paris, aux Éditions Perrin, dans la fameuse collection de poche « Tempus ».

Dans cette thèse sur les origines, l’auteur développe deux idées principales :

– Une continuation de la civilisation méditerranéenne après les invasions germaniques ; les peuples dits « barbares » se romanisent tant que la Méditerranée a pu jouer son rôle d'unité politico-économique et culturelle. L'empire romain fondé sur une structure de cités et dont le commerce est centré sur la Méditerranée est donc peu touché par les invasions barbares du Ve siècle. La culture romaine peut se maintenir au bord de la Méditerranée, le rayonnement de Constantinople prenant le relais de Rome [5].

– La conquête musulmane en Afrique du Nord, en Occident (Espagne, Corse, Sardaigne et sud de l'Italie) et en Orient rompt l'unité méditerranéenne, sépare l'Orient de l'Occident. La Méditerranée occidentale n'est plus le lieu d'échange entre Europe, Afrique et Orient, mais est devenue un lac musulman. L'Occident est alors obligé de vivre en vase clos, le pouvoir politique remonte vers le nord de l'Europe occidentale, l'État franc va se développer et une économie purement terrienne va naître.

Selon Henri Pirenne, l'avancée de l'Islam serait donc à l'origine de la rupture avec l'Antiquité. Séparant définitivement l'Orient et l'Occident, elle aurait mis fin à l'unité méditerranéenne et repoussé l'axe de la civilisation du Sud vers le Nord. L'État franc, confiné au Nord, aurait donné naissance à un monde nouveau : le royaume mérovingien, dans lequel la dynastie des Carolingiens s'imposait. Le Moyen Âge commençait.

Cette thèse, qui aujourd'hui encore suscite de nombreux débats, occupa Henri Pirenne durant les vingt dernières années de sa vie. Elle compte désormais parmi les classiques.

Et ne manque pas d’actualité !

Bernard DELCORD

Mahomet et Charlemagne par Henri Pirenne, préface de Jacques Pirenne, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », janvier 2016, 312 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 € (prix France)

Sommaire :

L'EUROPE OCCIDENTALE AVANT L'ISLAM

Continuation de la civilisation méditerranéenne en Occident après les invasions germaniques

La « Romania » avant les Germains

Les invasions

Les Germains dans la « Romania »

Les États germaniques en Occident

Justinien (527-565)

La situation économique et sociale après les invasions et la navigation méditerranéenne

Les personnes et les terres

La navigation orientale, Syriens et Juifs

Le commerce intérieur

La monnaie et la circulation monétaire

La vie intellectuelle après les invasions

La tradition antique

L’Église

L’Art

Caractère laïque de la société

Conclusion

L'ISLAM ET LES CAROLINGIENS

L'expansion de l'Islam dans la Méditerranée

L’invasion de l’Islam

La fermeture de la Méditerranée occidentale

Venise et Byzance

Le coup d'État carolingien et la volte-face du pape

La décadence mérovingienne

Les Maires du palais carolingiens

L’Italie, le pape et Byzance. La volte-face de la papauté

Le nouvel empire

Les débuts du Moyen Âge

L’organisation économique et sociale

L’organisation politique

La civilisation intellectuelle

Conclusion

Notes (56 pp.)

 

[1] Jacques Le Goff a écrit : « Pour les fondateurs des Annales, il s'agissait de retrouver la synthèse historique et la perspective comparatiste, admirant la façon dont Henri Pirenne en avait parlé dans sa Méthode comparative en histoire au Ve congrès international des sciences historiques, le 9 avril 1923 » in La Nouvelle Histoire, rééd. Éditions Complexe, 1988, Retz CEPL, Paris, 1978, p. 40.

[2] Paris, Alcan, 1936.

[3] Bruxelles, Éditions Maurice Lamertin, 1900-1948, 7 volumes, 3560 pp.

[4] Paris, Alcan et Bruxelles, Nouvelle Société d’Éditions.

[5] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Pirenne

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10 04 16

Trésor pharaonique…

Découvrir Toutankhamon.jpgRédigé par Zahi Hawass, un grand égyptologue égyptien personnellement impliqué dans les recherches autour du jeune pharaon énigmatique, Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN paru à Monaco aux Éditions du Rocher constitue une nouvelle étude complète et entièrement illustrée relative à l'état actuel des connaissances sur la vie, la mort et l'enterrement de Toutankhamon (né vers -1345 et mort vers -1327) à la lumière des dernières enquêtes archéologiques et des technologies de pointe.

Zahi Hawass y replace le pharaon dans le contexte plus large de l'histoire égyptienne, démêle la relation complexe entre les différents membres de la famille royale et les circonstances entourant la vie de Toutankhamon.

Il explique également succinctement le contexte religieux et les croyances complexes dans l'au-delà qui ont défini les nombreuses caractéristiques de la tombe de Toutankhamon et de son fabuleux trésor, découverts par l'archéologue britannique Howard Carter le 4 novembre 1922.

L'histoire de l'exploration de la Vallée des Rois est évoquée. Le tombeau et les découvertes les plus importantes sont décrits et illustrés, et la momie du roi est présentée en détail.

La description du dernier examen de l'ADN des momies de Toutankhamon et des membres de sa famille est l'une des parties les plus étonnantes du livre et elle démontre que les méthodes scientifiques peuvent produire des résultats inédits, comme la preuve que le pharaon avait un pied bot et souffrait de la malaria.

Bernard DELCORD

Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN par Zahi Hawass, préface de Jaromir Malek, traduit de l’anglais par Thomas Bauduret, Monaco, Éditions du Rocher, novembre 2015, 264 pp. en quadrichromie au format 23 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

06 04 16

Un ouvrage pionnier...

L'automne de Moyen Âge.jpgL’historien néerlandais Johan Huizinga (1872-1945), l'un des fondateurs de l'histoire culturelle dans la lignée de Jacob Burckhardt (1818-1897), est également l'auteur de L’automne du Moyen Âge (paru en 1919), un essai aussi novateur que magistral.

Huizinga a fait ses études de lettres à Groningue et a passé ensuite quelques mois à Leipzig, où il a suivi les cours du linguiste allemand Karl Brugmann (1849-1919). Durant ses études, il s'intéresse à l'Inde et apprend le sanskrit. Il soutient en 1897 une thèse sur le rôle du bouffon dans la dramaturgie indienne.

Ensuite, il enseigne pendant huit ans l'histoire dans un collège de la ville d'Haarlem. En même temps, il donne des cours à l'université d'Amsterdam en études orientales. En 1905, il devient professeur d'histoire générale et néerlandaise à l'université de Groningue, poste qu'il quitte en 1915 pour une chaire d'histoire à l'université de Leyde où il enseigne jusqu’en 1942. À cette date, il est emprisonné par les nazis à Sint-Michielsgestel. Il est décédé en février 1945, sans avoir pu vivre la libération de son pays.

À partir de 1905, Johan Huizinga effectue des recherches en histoire du Moyen Âge et de la Renaissance. Il s’intéresse beaucoup à l’art et au spectacle. Dans L'Automne du Moyen Âge, son approche diffère de l’interprétation alors dominante, entre autres, de celle de Jules Michelet.

Huizinga remet en cause la définition de la frontière qui sépare le Moyen Âge de la Renaissance. Il décrit également le Moyen Âge tardif non comme une période de renaissance, mais comme une période pessimiste et décadente, notamment du point de vue démographique. Cette lecture du Moyen Âge va être développée plus tard par de nombreux historiens médiévistes et par son « vieil ami », José Ortega y Gasset.

Pour ce faire, Huizinga analyse les idées, les rêves (l’idéal chevaleresque ou l’idéal courtois), les émotions, les images produites durant cette période. Cet ouvrage, qui lui apporte une renommée importante, est largement reconnu comme une contribution de première importance à l’histoire de cette période, et comparable à l'autre classique, Civilisation de la Renaissance en Italie (1860), de Jacob Burckhardt.

Le livre se distingue également par la présentation de la vie culturelle dans une langue riche aux qualités littéraires, et traite principalement l’histoire de la France et de la partie sud des Pays-Bas de la période du bas Moyen Âge, (XIVe et XVe siècles) jusqu’à la Réforme et à la période de la Renaissance [1].

Un essai majeur, salué par Marc Bloch et Lucien Febvre, où Johan Huizinga révèle les nouveaux domaines de l'histoire : le corps, les saveurs, les sens, les rêves, les idées, les émotions et l'imaginaire.

Bernard DELCORD

L'automne du Moyen Âge par Johan Huizinga, précédé d’un entretien de Claude Mettra avec Jacques Le Goff, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite biblio Payot Histoire », juin 2015, 494 pp. en noir et blanc au format 11 x 17 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 10,70 € (prix France)

Table des matières :

Chapitre I – L’âpre saveur de la vie

Chapitre II – L’aspiration vers une vie plus belle

Chapitre III– La conception hiérarchique de la société

Chapitre IV – L’idée de chevalerie

Chapitre V – Le rêve d’héroïsme et d’amour

Chapitre VI – Ordres de chevalerie et vœux

Chapitre VII – Importance de l’idéal chevaleresque dans l’art militaire et dans la politique

Chapitre VIII – L’amour stylisé

Chapitre IX – Les conventions amoureuses

Chapitre X – Le rêve de vie idyllique

Chapitre XI – La vision de la mort

Chapitre XII – La pensée religieuse se cristallise en images

Chapitre XIII – Types de vies religieuses

Chapitre XIV – Émotions et phantasmes religieux

Chapitre XV – Le symbolisme à son déclin

Chapitre XVI – Vers l’abandon des images

Chapitre XII – Les formes de la pensée reflétées dans la vie pratique

Chapitre XVIII – L’art et la vie

Chapitre XIX – Le sentiment esthétique

Chapitre XX – Le verbe et l’image (1)

Chapitre XXI – Le verbe et l’image (2)

Chapitre XXII – L’avènement de la forme nouvelle

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Huizinga

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06 04 16

Une étoile filante de la peinture et de la sculpture…

Amedeo Modigliani – L'œil intérieur (cover).jpgEn collaboration avec la Réunion des musées nationaux, le LaM (Lille Métropole musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut) présente jusqu’au 6 juin 2016 une rétrospective exceptionnelle consacrée à l’œuvre d’Amedeo Modigliani (1884-1920).

Rédigé par un collectif d’auteurs (Sophie Lévy, Jeanne-Bathilde Lacourt et Marie-Amélie Sénot qui sont respectivement directrice-conservatrice, conservatrice et attachée de conservation au LaM, avec des essais de Kenneth Wayne, Béatrice Joyeux-Prunel, Marc Décimo et Sophie Krebs), le magnifique catalogue de cet événement exceptionnel s’intitule Amedeo Modigliani – L'œil intérieur et il est publié chez Gallimard à Paris.

Peintre figuratif et sculpteur italien de l'École de Paris, Amedeo Modigliani connut une carrière tout à la fois brève et féconde.

Se considérant initialement comme un sculpteur à la suite de sa rencontre avec Constantin Brancusi, ce n'est qu'à partir de 1914 qu'il se consacre exclusivement au dessin et à la peinture de nus et de portraits. Ses œuvres, aux formes étirées et aux visages sans regard ressemblant à des masques, demeurent emblématiques de l'art moderne naissant [1].

Le LaM conserve l’une des plus belles collections publiques françaises du célèbre artiste de Montparnasse : pas moins de 6 peintures, 8 dessins et une rare sculpture en marbre réunis par Roger Dutilleul et Jean Masurel, fondateurs de la collection d’art moderne du musée.

Plusieurs approches passionnantes sont proposées au lecteur : par exemple, la découverte du dialogue entretenu par l’artiste avec la sculpture antique et extra-occidentale, ou sa pratique du portrait d'artiste, autre dimension centrale dans son œuvre, qui occupera une place prépondérante dans le parcours. C'est également l’occasion de mieux comprendre la relation singulière qui lie l’œuvre de Modigliani au collectionneur Roger Dutilleul, qui croisa la route de l’artiste en 1918, moins de deux ans avant sa mort prématurée.

Une centaine de peintures et dessins de l’artiste sont reproduites au côté d’œuvres de Constantin Brancusi, Pablo Picasso, Jacques Lipchitz, Chaïm Soutine, Moïse Kisling, Henri Laurens…

Les essais sont complétés d’une chronologie de la vie et des expositions du peintre, ainsi que par 35 biographies de ses principaux modèles.

Une exposition à voir et un ouvrage à lire et à relire !

Bernard DELCORD

Amedeo Modigliani – L'œil intérieur, ouvrage collectif sous la direction de Sophie Lévy, Paris, coédition Gallimard & Lille Métropole Musée d’art moderne (LaM), février 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 35 € (prix France)

Amedeo Modigliani – L'œil intérieur (photo de l'artiste).jpg 

Amedeo Modigliani photographié en 1915 ou 1916

dans son atelier parisien par Paul Guillaume.

 

Informations pratiques :

LaM

1 allée du Musée

59650 Villeneuve d’Ascq

France

L’exposition est ouverte au public individuel du mardi au vendredi de 11 h à 18 h et les samedi et dimanche de 10 h à 18 h, et accessible aux groupes (sur réservation) le lundi de 9 h à 16 h et du mardi au dimanche de 9 h à 18 h.

Pour rappel, le musée est fermé le 1er mai 2016.

Tarifs :

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2015/07/info-p...

Informations : info@musee-lam.fr 

Tél. : +33 (0)3 20 19 68 68

Accueil :  +33 (0)3 20 19 68 51

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Amedeo_Modigliani...

05 04 16

Quand les historiettes font la grande histoire…

La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde.jpgProfesseur d’histoire-géographie dans un collège du nord de la France, Didier Chirat a de toute évidence le tour pour captiver ses élèves avec des historiettes aussi frappantes que révélatrices de la mentalité de leur époque.

Nous en voulons pour preuve celles qu’il a rassemblées dans La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde paru chez Flammarion au sein de la collection de poche « Librio », des anecdotes savoureuses qu’il expose en deux pages et un encadré.

À quelle colère doit-on l'invention du pneu ? Pourquoi n'existe-t-il pas de prix Nobel en maths ? Pour quelle raison triviale le premier animal à aller dans l'espace était-il une chienne ? D'où vient l'appellation « cocktail Molotov » ? Et la marque Nike ? Comment Raspoutine a-t-il fait pour sembler « ressusciter » lors de son assassinat ? Quelle est l'origine de la pâtisserie qu'on appelle « croissant » ? Pourquoi la devise anglaise “God save the King” est-elle d'origine française ? Comment a-t-on découvert l'anesthésie ?

Vous le saurez, et d’autres choses encore, en dévorant son petit ouvrage grâce auquel, en prime, vous rirez aux meilleures facéties d'Albert Einstein !

Bernard DELCORD

La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde par Didier Chirat, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », avril 2016, 93 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

Sommaire :

Un roi perse fait fouetter la mer

Rome sauvée par des oies

Une impératrice chinoise fait d'un portrait deux coups

Clotaire serial killer

Un cadavre au banc des accusés : le pape Formose

Le fantôme d'Anne Boleyn

Une sainte qui meurt dans la nuit du 4 au 15 octobre

La guerre contre les Turcs donne naissance au croissant

Une ville de la Somme doit son nom à un courtisan

Un mari cocu défie le Roi-Soleil

Un postérieur royal béni par les Anglais

Louis XVI, un « mari à deux tiers »

Les premiers trains terrifiaient les hommes

L'anesthésie, née des soirées étudiantes

Le pneu est né d'une colère

Pourquoi il n'existe pas de Nobel en maths

Plus increvable que Raspoutine, tu meurs !

Un cocktail explosif pour le ministre de Staline

Des avions de bois et des chars en caoutchouc pour tromper Hitler

Deux équipementiers sportifs nés d'une brouille entre frères

Pourquoi le premier animal de l'espace fut une chienne

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L’art occidental pour tous...

Bescherelle Chronologie de l’histoire de l’art.jpgRédigée par une équipe de spécialistes de haut niveau, mais parfaitement accessible au lecteur profane, la Chronologie de l’histoire de l’art de la Renaissance à nos jours parue aux Éditions Hatier à Paris dans la fameuse collection « Bescherelle » dessine un panorama vivant et remarquablement illustré où sont mis en lumière les moments clés de l’art visuel occidental à travers des œuvres, des artistes et des contextes.

Au début de chaque siècle, une grande frise chronologique permet de situer les œuvres, puis, au fil de doubles pages, l’ouvrage les présente en fournissant un éclairage sur les mutations artistiques en jeu. À intervalles réguliers, des dossiers thématiques mettent le focus sur des genres ou des courants, tandis qu’en fin d’ouvrage, un glossaire précise le vocabulaire usuel en histoire de l’art et un index détaillé permet de s’orienter aisément.

Du concours lancé en 1401 à Florence pour l’exécution des portes nord du baptistère de San Giovanni jusqu’à la réalisation en 2006 du film Zidane, un portrait du XXIe siècle par Douglas Gordon et Philippe Parreno, les auteurs dressent ainsi l’inventaire de mille et une merveilles issues du génie d’un nombre impressionnant de créateurs inspirés.

Un livre de toute(s) beauté(s) !

Bernard DELCORD

Bescherelle Chronologie de l'histoire de l'art de la Renaissance à nos jours, par Gutemie Maldonado, Marie-Paule Martin, Natacha Pernac & Neville Rowley, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », octobre 2015, 432 pp. en couleurs au format 15 x 22,5 cm sous couverture Integra en quadrichromie, 19,50 € (prix France)

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