15 04 16

Un pastiche impayable à 8 euros…

Un humour impossible.jpgExemple parfait de l’imposture littéraire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une « œuvre » à la fois lamentable, horripilante et involontairement désopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-même (Sujet Angot, 1998, L'Inceste, 1999, Pourquoi le Brésil ?, 2002, Rendez-vous [1], 2006, Une semaine de vacances, 2012 ou encore Un amour impossible, 2015), des textes mal fichus et sans grand intérêt dont le succès commercial – indéniable, celui-là – résulte essentiellement de l’agressivité et de la morgue dont leur auteure fait régulièrement preuve dans la presse et sur les plateaux de télévision.

De leur côté, les Éditions Onlit à Bruxelles ont fait paraître, sous la plume de « Christine Anglot » et sous le titre Un humour impossible, un pastiche admirable et en tout point réussi de son dernier factum, dans lequel on retrouve le « style » chaotique et laborieux, les tics d’écriture, la ponctuation indigente, la logorrhée monomaniaque et le vide intellectuel abyssal caractéristiques des productions de la fée Carabosse qui se prend pour Cendrillon.

Un intense moment de franche rigolade !

Bernard DELCORD

Un humour impossible par Christine Anglot, Bruxelles, Éditions Onlit, mars 2016, 52 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

Extrait :

Sans mon père, je serais pas été devenu un écrivain. UNE aigrie vaine. Je serais été à la sécurité sociale comme ma mère qui y était. Et mon père se moquait d’elle. Il faisait des blagues pas très fines sur le trou de la sécu. Le trou de la sécu c’est cochon disait-il. Quand ma mère me l’avait raconté, sur le moment j’avais pas compris l’alluvion.

Mais là, à ce moment du livre, je suis encore la petite fille. La narratrice c’est Christine, la petite fille c’est Moi. Quand je dis je, c’est la narratrice qui parle mais moi c’est la petite fille. Elle s’appelle Christine aussi. C’est compliqué. On se mélange. C’est rapport à l’imagination, j’en ai aucune alors je donne toujours les noms des gens vrais. Et quand je, la narratrice, parle de la petite fille, je dis elle pour pas confondre. Avec Moi qui est je. Mais elle pourrait dire je puisque elle, c’est moi. Et le pire c’est quand je dis Christine. Personne comprend si je parle d’elle, de moi, de je ou de la narratrice. Ou de Christine !

J’aurais pu appeler la narratrice Charlotte, Christelle ou Sophie. Parce que je peux pas changer le nom de moi. Moi c’est Christine. J’aurais dit la narratrice c’est Charlotte (ou Christelle ou Sophie ou Elisabeth ou Albert, non pas Albert, Albert ça pourrait être un narrateur mais pas une narratrice) mais là pour faire plus simple je dis la narratrice c’est Christine, mais c’est pas plus simple parce que tout le monde confond la narratrice avec Moi qui est je et la petite fille. C’est grave ? Non, c’est pas grave parce que tout le monde s’en fout.

En plus c’est de plus en plus compliqué parce que le temps passe et que la petite fille est plus si petite, elle grandit et elle devient chiante, comme moi, c’est normal puisque c’est je que je suis moi Christine la narratrice.

Mais la petite fille est plus petite mais elle est restée une fille. Heureusement, si elle avait changé de sexe, je, elle, moi, Christine, la narratrice et nous, personne y comprendrait encore moins que rien si c’est possible.

Donc quand je dis je, moi, la narratrice, Christine c’est la petite fille mais c’est plus la petite fille parce qu’elle, je, moi, en fait est devenue moins petite, elle est une préadolescente, parce qu’elle va bientôt avoir mes règles. Pas mes règles de français, bien sûr, celles-là je les ai jamais eues. Mais les autres, là, je les ai. Comme le temps pax !

 

[1] Nous avons à l’époque rendu compte de la parution de cet ouvrage en intitulant notre chronique : N’y allez pas !

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15 04 16

« Mon rêve : être joué n'importe où, mais pas à l'Opéra. » (Erik Satie)

Erik Satie.jpgRomaric Gergorin est critique littéraire et musical. Il a collaboré à de nombreuses publications, notamment Le Monde des livres, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Paris Match, L'Événement du jeudi et Classica.

Il a fait paraître récemment chez Actes Sud une biographie d’Erik Satie (né il y a 150 ans) d’une belle originalité et d’une grande profondeur, mettant en lumière le génie provocateur d’un compositeur hors normes, alliant maestria et sens de la modernité, ironie féroce et douceur musicale, inventivité et alcoolisme, engagement politique et dandysme, lumière et misère…

Écoutons Romaric Gergorin :

« Erik Satie (1866-1925) demeure à jamais l'auteur d'une poignée d'œuvres phares, les Gnossiennes, les Gymnopédies ou Parade. Après avoir trouvé dans de courtes pièces pour piano une simplicité radicale qui annonce l'épure d'un certain XXe siècle, Satie s'enfonce dans les mystères de l'ésotérisme, vu comme un terrain d'expérimentation, puis s'éclipse à Arcueil. Relancé par Ravel, cherchant une esthétique hors de l'influence de son ami Debussy, il devient progressivement, à partir des années 1910 et jusqu'à sa mort, un chef de file de la modernité, inventeur de la musique d'ameublement, compagnon de route de Picasso, Picabia, Cocteau, Tzara ou Duchamp. »

Et voici la conclusion de son ouvrage :

« [Satie] avait vécu de nombreuses vies, de Honfleur à Arcueil. Il avait connu la bohème de Montmartre, le symbolisme, les Arts incohérents, les barbichus fin de siècle, l'ésotérisme, les rosicruciens, l'alchimie, l'impressionnisme, la Belle Époque, la guerre de 1914, l'humorisme, le communisme, le fauvisme, le music-hall, le jazz, le dodécaphonisme, le cubisme, Montparnasse, les Ballets russes, les Années folles, les Ballets suédois, le dadaïsme, le cinéma.

Du Chat Noir au Bœuf Sur le Toit, il avait traversé bien des époques et connu toutes les modes, mais n'avait jamais inscrit sa musique dans celles de son temps, et c'est peut-être ce qui la fait ne pas vieillir. Toujours il était reparti de zéro, et avait su trouver par un renouvellement complet de son écriture à chaque fois de nouvelles formes musicales inattendues.

Après avoir connu l'échec, l'indifférence, déchaîné les haines, les sarcasmes, les passions démesurées, après être tombé dans l'oubli, le mépris, être redevenu à la mode, après avoir été sous-évalué, surévalué, ignoré, adoré, récupéré, Satie est aujourd'hui devenu un mythe errant, sans identité propre. Ayant cherché à pénétrer l'épaisseur du temps comme sa surface, ayant construit des durées pour le déboîter, le diffracter, il a réussi à sortir sa musique de l'histoire ; et, le temps retrouvé, il était parti. »

Ajoutons que bien des titres du catalogue de ses œuvres, que nous reproduisons ci-dessous, sont extrêmement parlants…

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie passionnante est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Erik Satie par Romaric Gergorin, Arles, Actes Sud, collection « Classica », mars 2016, 171 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € (prix France)

Catalogue des œuvres d’Erik Satie [1]

Musique pour piano :

Allegro (1884)

Fantaisie-valse (1884)

Valse-ballet (1884)

Ogives I, II, III, IV pour piano (1886)

Trois sarabandes I, II, III (1887)

Gymnopédies (en grec « fêtes des enfants nus ») I, II et III (1888)

Gnossiennes I, II, III, IV, V, VI, VII (1890)

Fête donnée par des chevaliers normands en l’honneur d’une jeune demoiselle (1892)

Prélude d’Éginhard (1892)

Préludes du Fils des étoiles (1892)

Danses gothiques (1893)

Prière (1893)

Vexations (1893)

Pièces froides – trois airs à fuir (1897)

Pièces froides – trois danses de travers (1897)

Prélude de la porte héroïque du ciel (1897)

Jack in the Box (1899)

Rêverie du pauvre (1900)

The Angora Ox (1901)

The Dreamy Fisch (1901)

Poudre d’or (1902)

Trois morceaux en forme de poire, pour piano à quatre mains (1903)

Le Piccadilly (1904)

Prélude en tapisserie (1906)

Nouvelles pièces froides (1907)

Aperçus désagréables (Pastorale, Choral, Fugue), pour piano à 4 mains (1908-1912)

Deux rêveries nocturnes (1910)

En habits de cheval, pour piano à 4 mains (1911)

Véritables préludes flasques (pour un chien) (1912)

Croquis et agaceries d’un gros bonhomme en bois (1913)

Vieux Sequins et Vieilles Cuirasses (1913)

Embryons desséchés (1913)

Descriptions automatiques (1913)

Enfantines (1913)

Les pantins dansent (1913)

Sports et Divertissements (1914)

Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) (1914)

Heures séculaires (1914)

Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté (1914)

Avant-dernières Pensées (1915)

Sonatine bureaucratique (1917)

Trois petites pièces montées, pour piano à quatre mains (1919)

Nocturnes I, II, III, IV, V (1919)

Verset laïque et somptueux (1920)

Musique vocale :

Le Fils des étoiles, drame symphonique (1891)

Messe des pauvres, pour grand orgue et chœur (1895)

Socrate, drame symphonique pour soliste et orchestre (1918)

Mélodies :

Trois mélodies : Les Anges, Élégie, Sylvie (1886-1887)

Trois autres mélodies : Chanson, Chanson médiévale, Les Fleurs (1886-1887)

Je te veux, valse chantée (1897)

Tendrement (1902)

La Diva de l'Empire. Intermezzo américain (1904)

Allons-y Chochotte (1905)

L'omnibus automobile (1905)

Chez le docteur (1905)

Trois mélodies sans paroles : Rambouillet, Les Oiseaux, Marienbad (1905)

Trois poèmes d'amour : Ne suis que grain de sable, Suis chauve de naissance, Ta parure est secrète (1914)

Trois mélodies : La Statue de bronze, Daphénéo, Le Chapelier (1916)

Quatre petites mélodies : Élégie, Danseuse, Chanson, Adieu (1920)

Les Ludions : Air du rat, Spleen, La Grenouille américaine, Air du poète, Chanson du chat (1923)

Musique de scène :

Parade, ballet de Léonide Massine pour les Ballets russes (1917)

Le Piège de Méduse, théâtre (1914)

Mercure, ballet (1924)

Relâche, ballet de Jean Börlin pour les Ballets suédois, incluant le film de René Clair Entr’acte dont la musique a été composée par Satie (1924)

Jack in the Box, ballet (1926)

Musique d'ameublement :

Chez le bistrot (1920)

Un salon (1920)

Carrelage phonique (1923)

Tapisserie en fer forgé (1923)

Tenture de cabinet préfectoral (1923)

Autres :

Sonneries de la Rose + Croix, pour harpes et trompettes (1892)

Upsud, ballet chrétien pour théâtre d’ombres (1892)

Geneviève de Brabant, musique pour théâtre d’ombres (1899)

La Belle Excentrique (1920-1921)

Sonnerie pour réveiller le bon gros Roi des Singes (lequel ne dort toujours que d’un œil pour deux trompettes (1921)

La Statue retrouvée, divertissement pour orgue et trompette (1923)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie#.C3.89crits... et l’ouvrage de Romaric Gerorin.

13 04 16

Retour aux sources...

Lire et relire les classiques.jpgSous la direction de Geneviève Simon, Éric de Bellefroid, Guy Duplat, Jacques Franck, Francis Matthys et Monique Verdussen, tous journalistes ou collaborateurs de La Libre Belgique, signent des critiques dans le cahier « Lire » publié chaque semaine dans le quotidien bruxellois.

Depuis 2011, chaque été, ils ont rédigé des articles de fond sur les grands textes de la littérature occidentale et, après cinq saisons, ils les ont rassemblés dans un ouvrage intitulé Lire et relire les classiques, paru aux Éditions Avant-Propos à Waterloo.

Au total, trente titres sont présentés en profondeur pour donner à chacun l’envie de les (re)découvrir.

Une belle synthèse !

Bernard DELCORD

Lire et relire les classiques, ouvrage collectif sous la direction de Geneviève Simon, Waterloo, Éditions Avant-Propos en collaboration avec La Libre Belgique, mars 2016, 221 pp. en couleurs au format 22 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 24,95 €

 

Liste des ouvrages présentés :

Un des Baumugnes par Jean Giono

Illusions perdues par Honoré de Balzac

Tendre est la nuit par Francis Scott Fitzgerald

Les Trois Mousquetaires par Alexandre Dumas

À la recherche du temps perdu par Marcel Proust

 

Lettres de Madame de Sévigné

L’Homme sans qualités par Robert Musil

Homme invisible, pour qui chantes-tu ? par Ralph Ellison

La Duchesse de Langeais par Honoré de Balzac

Belle du Seigneur par Albert Cohen

 

Les Réprouvés par Ernst von Salomon

La Lettre écarlate par Nathaniel Hawthorne

La Chartreuse de Parme par Stendhal

Le Misanthrope de Molière

Crime et châtiment par Fédor Dostoïevski

 

Childe Harold par Lord Byron

Les Grandes Espérances par Charles Dickens

Bel-Ami par Guy de Maupassant

Thérèse Desqueyroux par François Mauriac

Voyage au bout de la nuit par Louis-Ferdinand Céline

 

Mémoires d’outre-tombe par François-René de Châteaubriand

Le cœur est un chasseur solitaire par Carson McCullers

Climats par André Maurois

Aurélien par Louis Aragon

La Promesse de l’aube par Romain Gary

 

Le Ravissement de Lol V. Stein par Marguerite Duras

Le Docteur Faustus par Thomas Mann

Le Portrait de Dorian Gray par Oscar Wilde

Le Dernier jour d’un condamné par Victor Hugo

Lettres à son Frère Théo par Vincent van Gogh

13 04 16

Des hommes et des mots…

Vous avez dit kafkaïen.jpgGilles Vervisch, agrégé de philosophie et professeur en lycée, ancien chroniqueur radio dans la matinale du Mouv’, est l'auteur, notamment, de Comment ai-je pu croire au Père Noël ? Quelques grammes de philo dans un monde de pub et Puis-je vraiment rire de tout ?

Docteur en chimie, Olivier Talon est chercheur spécialisé dans les bioplastiques et les études d'impact environnemental. Ils sont tous deux auteurs du Dico des mots qui n'existent pas (Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », 2014).

Ils ont fait paraître, chez le même éditeur et dans la même collection un autre petit essai philologique amusant intitulé Vous avez dit kafkaïen ? – Dictionnaire des mots tirés de noms propres (réels ou fictifs, célèbres ou un peu moins) dans lequel ils se penchent sur 173 mots usuels (noms communs et adjectifs) de la langue française issus de personnages réels ou fictifs, célèbres ou un peu moins.

Si l'on sait communément que les adjectifs « cartésien » et « kafkaïen » nous viennent respectivement du philosophe René Descartes et du romancier tchèque Franz Kafka tandis que le mot « sadisme » résulte des turpitudes du marquis de Sade, il est moins connu que la poubelle tient son nom d'un préfet de la Seine qui, pour des raisons d'hygiène, imposa son usage en 1884 ou que le jeu de colin-maillard se réfère à un chevalier du XIe siècle originaire de Huy (en Belgique) nommé Colin qui combattait armé d’un maillet.

Et personne ou presque ne s’est entendu expliquer que le mot rustine est dû à son inventeur, un certain Louis Rustin, que jacuzzi était le nom de son inventeur, que les magnolias sont un hommage rendu au botaniste français Pierre Magnol (1638-1715), que le verbe turlupiner évoque le nom de scène d’un comédien du XVIIe siècle, que le doberman doit son nom à l’éleveur qui a mis au point sa race en procédant à des croisements judicieux ou encore que Bluetooth était le surnom d'un Viking du Xe siècle…

Une belle infirmation de la phrase d’Alphonse Allais qui disait « qu’il vaut mieux aller hériter à la poste qu’aller à la postérité » !

Bernard DELCORD

Vous avez dit kafkaïen ? – Dictionnaire des mots tirés de noms propres (réels ou fictifs, célèbres ou un peu moins) par Gilles Vervisch & Olivier Talon, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », mars 2016, 196 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12 € (prix France)

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11 04 16

Éloge de la trahison…

Degrelle Qui suis-je.jpgSe qualifiant lui-même de militant de divers groupuscules « solidaristes », dans sa jeunesse, après un séjour dans les prisons de Moscou (1975) et dans les troupes phalangistes chrétiennes du Liban (1976), Francis Bergeron s’est essentiellement consacré depuis lors à l’action culturelle et à l’écriture. Il préside l’association littéraire des Amis d’Henri Béraud (500 adhérents). Auteur de livres pour enfants, il a vendu 300 000 exemplaires de la série du « Clan des Bordesoule ». Sur un plan purement professionnel, il participe à la direction d’un groupe industriel international de premier plan.

Il a fait paraître récemment aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing un petit essai intitulé Degrelle Qui suis-je ?

Voici la présentation qu’il en donne :

« Degrelle a été un vrai héros de roman à la Alexandre Dumas, un personnage fascinant, digne des plus grandes épopées, avec sa part de faconde, de farce, de grandiloquence, d’auto- justifications, d’aveuglement, d’échecs, mais aussi d’héroïsme, de grandeur, de tragédie.

Écrivain précoce, curieux de tout, Léon Degrelle a effectué son premier reportage au Mexique à 23 ans. Puis, ce militant catholique, ami d’Hergé, polémiste dans l’âme, s’est lancé bruyamment dans la politique en faisant de Rex, journal et maison d’édition de l’Action catholique belge, un parti qui obtiendra vingt et un députés et onze sénateurs en mai 1936. Député de Bruxelles en avril 1939, son immunité parlementaire est bafouée par une arrestation arbitraire en mai 1940.

Méprisé par les autorités allemandes d’occupation de la Belgique, il prendra sa revanche sur le front de l’Est : engagé comme simple soldat sous uniforme allemand, en août 1941, il terminera la guerre, à 38 ans, avec le titre de commandeur de la division SS Wallonie. Par sa force de conviction, sa lecture de l’Histoire et son talent d’écrivain (La Campagne de Russie 1941-1945), il s’efforcera de nous convaincre que la croisade antibolchevique était une guerre juste, faite d’esprit de sacrifice et de don de soi.

Ce Degrelle Qui suis-je ? retrace la vie tumultueuse de cet ancien militant de la jeunesse catholique belge, personnage à multiples facettes et au destin exceptionnel, qui, après 1945, de son exil en Espagne, se fera le metteur en scène de sa propre gloire. »

Si tous ces faits sont globalement exacts et leur interprétation plus ou moins discutable (dans son ouvrage, Francis Bergeron qualifie Pierre Daye de « Bainville belge », comparaison qui ne nous a pas sauté aux yeux à la lecture de ses reportages à la Tintin dans le vaste monde ou de sa biographie de Rubens…), mais fort bien rédigée, on regrettera surtout la perspective adoptée par l’auteur, et son silence plutôt grand – voire total – sur ce qui entraîna la condamnation à mort de Léon Degrelle (par contumace), à savoir :

– Son implication directe ou indirecte dans de nombreux crimes de sang, comme la déportation et la mort en Allemagne de son ancien ami rexiste Robert du Bois de Vroylande [1], l’assassinat du bourgmestre de Namur, François Bovesse, le 1er février 1944, avant celui d’Alexandre Galopin, gouverneur de la Société Générale de Belgique – le 28 février 1944 à Etterbeek –, la désignation (par Léon Degrelle himself) d’une centaine d’otages dont certains seront abattus par la police allemande le 21 juillet 1944 ou encore la tuerie de Courcelles les 17 et 18 août 1944 qui fit 27 victimes et, à Bruxelles, l’assassinat de Louis Braffort, bâtonnier de l'ordre des avocats, le 24 août 1944.

Pour notre part, nous considérons avec l’historien Jean-Michel Étienne que « Degrelle qui, même lorsqu'il est au front de l'Est, ne peut ignorer ce que font les rexistes en Belgique, n'aura jamais un mot de blâme pour leur activité. [...] Il couvrira de son autorité tous les meurtres et tous les sévices perpétrés par les rexistes. Certes, Degrelle n'est pas un criminel de guerre [...], il n'en reste pas moins qu'il a laissé se faire en son nom et au nom de son mouvement une politique passablement immonde » [2].

– Sa trahison de la Belgique, amorcée par son discours du 17 janvier 1943 au Palais des Sports de Bruxelles, une diatribe dans laquelle il affirmait la germanité des Wallons en vue d’intégrer la Légion Wallonie à la Waffen SS (ce qui sera chose faite le 1er juin 1943), mais aussi moyen de s’ouvrir la voie au poste de Gauleiter des Wallons au sein du Reich après la victoire des nazis et une probable partition de la Belgique. Le simple fait de fournir en temps de guerre des hommes à l’ennemi constitue d’ailleurs, partout dans le monde, un cas de haute trahison.

Bien sûr, le « Beau Léon » avait une « grande et belle gueule [3] » et l’art de tourner l’Histoire à son avantage, mais ce n’est pas une raison suffisante pour donner foi à ses imprécations ou d’en faire un modèle de vertu, fût-elle guerrière !

Bernard DELCORD

Degrelle Qui suis-je ? par Francis Bergeron, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », février 2016, 126 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

Sommaire :

Introduction : Pourquoi Degrelle ?

I. Léon de Bouillon
 
II. Le farceur de Louvain

III. Au pays des Cristeros

IV. Tintin mon copain
 
V. Lisez Rex !
 
VI. Votez Rex !

VII. Pierre Daye, le Bainville belge

VIII. Le coup de crosse de Malines

IX. La guerre en prison
 
X. La Légion Wallonie
 
XI.Hitler pour 1000 ans

XII. Front de l’Est

XIII. Arriba España !

XIV. Exil et tentatives d’enlèvement

XV. La persécution des témoins

XVI. Paix à ses cendres !

Conclusion : au panthéon des très grands soldats

ANNEXES

  1. Chronologie
  2. Citations de Léon Degrelle
  3. Opinions sur Léon Degrelle
  4. Une bibliographie de Léon Degrelle
  5. Études sur Léon Degrelle et le rexisme
  6. Le grand Léon a toujours la cote
  7. Les compagnons de Léon Degrelle

 

[1] Après avoir quitté le mouvement rexiste (dont il était un compagnon de la première heure à Louvain) après le « coup de crosse de Malines » en 1936, Robert du Bois de Vroylande publia la même année Quand Rex était petit, dans lequel il se moquait des combines et de la vanité de Léon Degrelle qualifié de « Monsieur Bluff, » ce que celui-ci ne pardonna jamais…

[2] Jean-Michel Étienne, Le mouvement rexiste jusqu'en 1940, Paris, Armand Colin, Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques, n°195, 1968, p. 171

[3] On parlait même de son Rex appeal durant la campagne électorale de 1936…

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11 04 16

Moonlight Serenades…

Jazz sous la lune.jpgAprès le succès des Plus Belles Berceuses jazz, le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel [1] propose, toujours chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album illustré accompagné d’un CD intitulé Jazz sous la lune, berceuses et standards jazz réunissant 14 autres morceaux des années 1950 et 1960, à savoir des ballades, des chansons d'amour et des chants de Noël.

On y retrouve notamment les voix magnifiques d’Ella Fitzgerald, de Billie Holiday, de Nina Simone, d’Eartha Kitt, d’Audrey Hepburn, du Golden Gate Quartet, de Louis Armstrong ou encore de Ray Charles pour un moment d'écoute [2] inoubliable.

Liste des chansons et des interprètes :

Winter Wonderland par Louis Armstrong, Willow Weep for Me par Billie Holiday, Come Rain, or Come Shine par Sarah Vaughan, It Might As Well Be Spring par Nina Simone, Winter Weather par Fats Waller, Let It Snow! par Vaughn Monroe, Moon River par Audrey Hepburn, Stormy Weather par The Golden Gate Quartet, Santa Baby par Eartha Kitt, Blue Moon par Mel Tormé, Snow Is Falling par Ray Charles, What Are You Doing New Year’s Eve par Ella Fitzgerald, Gone With the Wind par Julie London, December par Kay Starr

Bernard DELCORD

 azz sous la lune, berceuses et standards jazz sélectionnés par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2015, 47 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Né en 1973, Misja Fitzgerald Michel a été élève de la classe de jazz de François Jeanneau au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a ensuite étudié en 1993 à la New School (New York) auprès de Jim Hall, Billy Harper et Kenny Werner. C’est aujourd'hui l'un des meilleurs compositeurs de guitare du jazz actuel dans la lignée de Pat Metheny et Jim Hall. Il a été nominé aux Djangos d'or de la guitare 2006 pour le disque Encounter ainsi qu'aux Victoires du jazz 2012 pour son album Time of No Reply.

[2] 43,27 minutes.

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11 04 16

Naissance du romantisme…

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016).jpgL’année 2016 est marquée par le bicentenaire de la publication d’Adolphe, l’œuvre littéraire la plus célèbre de l’écrivain et homme politique lausannois Benjamin Constant (1767-1830), un roman qui lance le romantisme et évoque la liaison orageuse de son auteur avec l’écrivaine et philosophe française d'origine genevoise Germaine de Staël (1766-1817) qu’il avait rencontrée en 1794.

À l’occasion de ce grand anniversaire, un ouvrage collectif richement illustré paru chez Slatkine à Genève sous le titre Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016) propose de mettre en lumière la longue et foisonnante postérité d’Adolphe : il s’agit de faire découvrir aux lecteurs les multiples éditions, traductions (y compris en japonais ou en persan), réécritures (de Balzac à Camille Laurens, en passant par Jacques Chessex) et adaptations (théâtre, cinéma, bandes dessinées) auxquelles le chef-d’œuvre de Benjamin Constant a donné lieu, de 1816 à nos jours.

Une vingtaine de spécialistes, issus d’une dizaine de pays, ont rédigé les textes qui composent ce volume interdisciplinaire consacré à l’héritage d’un roman qui, deux siècles après sa parution, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

Bernard DELCORD

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016), ouvrage collectif sous la direction de Léonardo Burnand et Guillaume Poisson, Genève, Éditions Slatkine, février 2016, 157 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 35 € (prix France)

10 04 16

Un vade-mecum remarquable !

Grands courants de la littérature française (2e édition).jpgLa nouvelle édition (88 pp. au lieu de 64) désormais tout en couleurs des Grands courants de la littérature française par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel s’avère, comme la précédente – parue en 2007 – et ainsi que nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, d'une belle pertinence et d'une grande clarté.

C'est qu'en quelques pages, les auteurs vont à l'essentiel de l'Humanisme, du Baroque, du Classicisme, des Lumières, du Romantisme, de la Modernité, du Réalisme, du Symbolisme, du Surréalisme ainsi que de la culture contemporaine – avec, pour celle-ci, un contenu plus complet et détaillé – dans ses expériences et ses contradictions (Existentialisme, Théâtre de l'absurde, Nouveau Roman, Oulipo, Francophonie littéraire, Postmodernité...) dont ils remettent les idées en place avec une maestria digne de tous les éloges.

Rappelons au passage que ces 10 courants figurent en Belgique francophone parmi les savoirs requis dans le cadre des compétences terminales de français aux 2e et 3e degrés (tous réseaux, enseignement général et technique de transition).

L’ouvrage, rédigé dans respect de l’orthographe réformée, se fonde sur une structuration claire des contenus et des explications, ainsi que sur de nombreux extraits littéraires représentatifs et sur des illustrations significatives (portraits, peintures, architecture…) en lien avec une ligne chronologique illustrée et actualisée présente au centre de l’ouvrage, une frise qui permet une meilleure mémorisation des grands repères culturels et littéraires.

Un outil indispensable !

Bernard DELCORD

Grands courants de la littérature française, nouvelle édition, par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel, Éditions Érasme, juillet 2015, 88 pp. en quadrichromie au format 20,8 x 29,3 cm (accompagnées d'une frise de 4 pages) sous couverture brochée en couleurs, 15 €

10 04 16

Le printemps du Moyen Âge...

Mahomet et Charlemagne.jpgMédiéviste belge de grande réputation, Henri Pirenne (Verviers, 1862 – Uccle, 1935), qui a inspiré l'École des Annales [1], est l'une des grandes figures de la résistance non violente à l'occupation allemande de la Belgique durant la Première Guerre mondiale.

En 1886, il est désigné professeur extraordinaire à l'Université de Gand et chargé d'y enseigner l'histoire du Moyen Âge et l'histoire de Belgique. Il le restera jusqu'en 1930, à l'exception de 1916 à 1918, où il fut captif en Allemagne.

Lors de la flamandisation de l'Université de Gand en 1930, Henri Pirenne, ne parlant pas le flamand, dut céder son poste de professeur d'histoire. En 1933, il fut le premier lauréat du prix Francqui.

Il est notamment l'auteur de l'Histoire de l'Europe, des invasions au XVIe siècle [2] et de l'Histoire de Belgique [3].

Sa réputation repose sur trois grandes contributions à l'histoire européenne.

La première concerne les origines du Moyen Âge par la formation de nouveaux États et le déplacement du commerce vers le Nord.

La deuxième est une vue distincte de l'histoire médiévale de la Belgique et, finalement, un modèle pour le développement de la cité médiévale.

Quant à la troisième, rappelons que c’est en 1922 qu’Henri Pirenne avait fait paraître dans la Revue belge de philologie et d'histoire un article de grand retentissement intitulé « Mahomet et Charlemagne ». Le texte se conclut par : « Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable ».

Dès lors, Henri Pirenne enchaîna articles, colloques et conférences pour appuyer sa thèse, mais il ne rédigera que tardivement, peu avant sa mort en 1935, son ouvrage synthétisant toutes ses recherches et portant le titre de son premier article, Mahomet et Charlemagne.

Le livre aura une publication posthume, en 1937 [4], et il vient d’être réédité à Paris, aux Éditions Perrin, dans la fameuse collection de poche « Tempus ».

Dans cette thèse sur les origines, l’auteur développe deux idées principales :

– Une continuation de la civilisation méditerranéenne après les invasions germaniques ; les peuples dits « barbares » se romanisent tant que la Méditerranée a pu jouer son rôle d'unité politico-économique et culturelle. L'empire romain fondé sur une structure de cités et dont le commerce est centré sur la Méditerranée est donc peu touché par les invasions barbares du Ve siècle. La culture romaine peut se maintenir au bord de la Méditerranée, le rayonnement de Constantinople prenant le relais de Rome [5].

– La conquête musulmane en Afrique du Nord, en Occident (Espagne, Corse, Sardaigne et sud de l'Italie) et en Orient rompt l'unité méditerranéenne, sépare l'Orient de l'Occident. La Méditerranée occidentale n'est plus le lieu d'échange entre Europe, Afrique et Orient, mais est devenue un lac musulman. L'Occident est alors obligé de vivre en vase clos, le pouvoir politique remonte vers le nord de l'Europe occidentale, l'État franc va se développer et une économie purement terrienne va naître.

Selon Henri Pirenne, l'avancée de l'Islam serait donc à l'origine de la rupture avec l'Antiquité. Séparant définitivement l'Orient et l'Occident, elle aurait mis fin à l'unité méditerranéenne et repoussé l'axe de la civilisation du Sud vers le Nord. L'État franc, confiné au Nord, aurait donné naissance à un monde nouveau : le royaume mérovingien, dans lequel la dynastie des Carolingiens s'imposait. Le Moyen Âge commençait.

Cette thèse, qui aujourd'hui encore suscite de nombreux débats, occupa Henri Pirenne durant les vingt dernières années de sa vie. Elle compte désormais parmi les classiques.

Et ne manque pas d’actualité !

Bernard DELCORD

Mahomet et Charlemagne par Henri Pirenne, préface de Jacques Pirenne, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », janvier 2016, 312 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 € (prix France)

Sommaire :

L'EUROPE OCCIDENTALE AVANT L'ISLAM

Continuation de la civilisation méditerranéenne en Occident après les invasions germaniques

La « Romania » avant les Germains

Les invasions

Les Germains dans la « Romania »

Les États germaniques en Occident

Justinien (527-565)

La situation économique et sociale après les invasions et la navigation méditerranéenne

Les personnes et les terres

La navigation orientale, Syriens et Juifs

Le commerce intérieur

La monnaie et la circulation monétaire

La vie intellectuelle après les invasions

La tradition antique

L’Église

L’Art

Caractère laïque de la société

Conclusion

L'ISLAM ET LES CAROLINGIENS

L'expansion de l'Islam dans la Méditerranée

L’invasion de l’Islam

La fermeture de la Méditerranée occidentale

Venise et Byzance

Le coup d'État carolingien et la volte-face du pape

La décadence mérovingienne

Les Maires du palais carolingiens

L’Italie, le pape et Byzance. La volte-face de la papauté

Le nouvel empire

Les débuts du Moyen Âge

L’organisation économique et sociale

L’organisation politique

La civilisation intellectuelle

Conclusion

Notes (56 pp.)

 

[1] Jacques Le Goff a écrit : « Pour les fondateurs des Annales, il s'agissait de retrouver la synthèse historique et la perspective comparatiste, admirant la façon dont Henri Pirenne en avait parlé dans sa Méthode comparative en histoire au Ve congrès international des sciences historiques, le 9 avril 1923 » in La Nouvelle Histoire, rééd. Éditions Complexe, 1988, Retz CEPL, Paris, 1978, p. 40.

[2] Paris, Alcan, 1936.

[3] Bruxelles, Éditions Maurice Lamertin, 1900-1948, 7 volumes, 3560 pp.

[4] Paris, Alcan et Bruxelles, Nouvelle Société d’Éditions.

[5] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Pirenne

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10 04 16

Trésor pharaonique…

Découvrir Toutankhamon.jpgRédigé par Zahi Hawass, un grand égyptologue égyptien personnellement impliqué dans les recherches autour du jeune pharaon énigmatique, Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN paru à Monaco aux Éditions du Rocher constitue une nouvelle étude complète et entièrement illustrée relative à l'état actuel des connaissances sur la vie, la mort et l'enterrement de Toutankhamon (né vers -1345 et mort vers -1327) à la lumière des dernières enquêtes archéologiques et des technologies de pointe.

Zahi Hawass y replace le pharaon dans le contexte plus large de l'histoire égyptienne, démêle la relation complexe entre les différents membres de la famille royale et les circonstances entourant la vie de Toutankhamon.

Il explique également succinctement le contexte religieux et les croyances complexes dans l'au-delà qui ont défini les nombreuses caractéristiques de la tombe de Toutankhamon et de son fabuleux trésor, découverts par l'archéologue britannique Howard Carter le 4 novembre 1922.

L'histoire de l'exploration de la Vallée des Rois est évoquée. Le tombeau et les découvertes les plus importantes sont décrits et illustrés, et la momie du roi est présentée en détail.

La description du dernier examen de l'ADN des momies de Toutankhamon et des membres de sa famille est l'une des parties les plus étonnantes du livre et elle démontre que les méthodes scientifiques peuvent produire des résultats inédits, comme la preuve que le pharaon avait un pied bot et souffrait de la malaria.

Bernard DELCORD

Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN par Zahi Hawass, préface de Jaromir Malek, traduit de l’anglais par Thomas Bauduret, Monaco, Éditions du Rocher, novembre 2015, 264 pp. en quadrichromie au format 23 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)