01 04 16

« Lorsque je rêve de la vie après la mort, l’action se passe toujours au Ritz. » (Ernest Hemingway)

Tout sur le Ritz.jpgErnest Hemingway affectionnait l’hôtel de la place Vendôme, qui ouvre à nouveau ses portes après quatre ans et 140 millions d’euros de travaux. Si le romancier américain se vantait d’avoir été le premier à en franchir le seuil à la Libération, l’Histoire retient que le Ritz fut, après le Trocadéro, le deuxième bâtiment parisien sur lequel flotta à nouveau le drapeau tricolore.

Inauguré en 1898, dirigé d’abord par César Ritz (1850-1918), le génial créateur suisse, avec son ami le chef cuisinier, restaurateur et auteur culinaire français Auguste Escoffier (1846-1935), de l’hôtellerie moderne et de luxe, puis présidé par son fils Charles Ritz (1891-1976) avant d’être revendu, en 1979 à Mohammed Al-Fayed, l’établissement parisien qui porte haut le nom de son créateur est devenu mythique à travers le monde.

Riche d’anecdotes, de petites et de grandes histoires, ce palace très prestigieux doit en effet d’être entré dans la légende aux stars qui y séjournèrent.

C’est, entre autres, ce que rappelle l’écrivain suisse Claude Roulet (né en 1951) qui fut assistant du président du Ritz pendant un quart de siècle – de 1980 à 2004 – et qui a pu rencontrer d’anciens clients et employés pour recueillir leurs souvenirs dans Tout sur le Ritz !, le récit passionnant d’une épopée originale et vivante de l’hôtellerie, de la gastronomie, de la mondanité et de la fête qui vient de ressortir aux Éditions de La Table Ronde à Paris (l’ouvrage avait paru en 1998, chez le même éditeur, à l’occasion du centenaire de l’hôtel).

Ainsi, Marcel Proust, habitué des lieux, y fêta son prix Goncourt en 1920. Un soir, au bar, Francis Scott Fitzgerald, évincé par une jeune femme, mangea pétale après pétale le bouquet d’orchidées qu’il lui destinait. Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors d’une alerte, Coco Chanel se glissa dans l’abri anti-aérien du sous-sol, suivie à bonne distance par sa domestique portant son masque à gaz sur un coussin. Hermann Gœring choisit le hall du Ritz pour exhiber comme un jouet son bâton de maréchal tout neuf, constellé de diamants. Le restaurant servit de décor au coup de foudre d’Ingrid Bergman et du photographe Robert Capa, puis, bien plus tard, au dernier dîner de la princesse Diana.

Comme le rappelle Claude Roulet, le Ritz fut aussi le théâtre de tous les possibles : la métamorphose du rez-de-chaussée en réplique miniature du souk de Casablanca le temps d’une fête ou encore, parce qu’une riche cliente réclamait hors saison un plateau d’oursins, l’affrètement d’un avion-taxi…

Le nec plus ultra

Bernard DELCORD

Tout sur le Ritz ! par Claude Roulet, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite vermillon », mars 2016, 223 pp. en quadrichromie au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

31 03 16

Presse libre et mordante…

Médor n°2.jpgSaluons comme il se doit la parution du deuxième numéro du trimestriel belge Médor, un magazine totalement indépendant, phénomène unique dans la presse de Ce Vaillant Petit Pays, totalement inféodée aux lobbies politiques et financiers !

Rédigée par une équipe motivée, engagée (à gauche, donc, mais loin des partis officiels de cette tendance politique, quoique penchant plutôt vers la couleur verte…) et très professionnelle, cette nouvelle livraison n’hésite pas à aborder des sujets qui fâchent.

En voici le sommaire :

Le dessous des cases (sur les nouvelles cartes numériques de pointage des chômeurs) par Ludi Loiseau

Les aides du désir (sur les « assistantes sexuelles » des handicapés) par Chloé Andries

Djihad express (sur la rapide radicalisation d’un « jeune » de Vilvorde) par Philippe Engels

« Ce pays est foutu ! » (sur la relance des velléités indépendantistes de la N-VA) par Luc Delfosse

Quand Electrabel faisait du business avec Cosa nostra par Raf Sauviller

Des « mauvaises » herbes ou un bon cancer ? (à propos du lobbying de Monsanto auprès des eurocrates pour défendre les « vertus » du Roundup) par Martin Pigeon

La maculée conception (sur les bébés belges issus du business des ovules espagnols) par Céline Gautier

Le document qui accable Mithra (la société pharmaceutique wallonne) par David Leloup

Le carnaval des multinationales (l’itinéraire d’un pionnier du mouvement Écolo devenu corrupteur pour les cimentiers) par David Leloup

Médor à colorier (des dessins à mettre aux couleurs de l’actualité) par Yves Prévaux

Vie et mort d’un sanglier (l’histoire du logo de la province de Luxembourg) par Céline Gautier

Le légume et le bitume (une BD sur l’agriculture dans le Brabant wallon) par Olivier Bailly & Frédéric Rébéna

Ces morts qui nous empoisonnent (sur la gestion des cimetières à Bruxelles et en Wallonie) par Isabelle Masson-Loodts

Anne Delvaux, l’insoumise (sur l’itinéraire politique au cdH de l’ancienne présentatrice du JT rtbéen) par Quentin Noirfalisse & David Leloup

Rex en Technicolor (des photos inédites et colorisées du mouvement collaborationniste de Léon Degrelle durant la Seconde Guerre mondiale) par Quentin Noirfalisse & David Leloup

Les artisans hédonistes du dancefloor (sur les artistes bruxellois produisant de la musique de danse électronique) par Serge Coosemans

Marc Van Montagu, un ambassadeur de très bonne volonté (sur le « père » gantois des OGM, intense lobbyiste de Monsanto) par Amélie Mouton

En été, des bébés comme il vous plaît (sur les statistiques de naissances en Belgique) par Joël Matriche

Les images médicales brisent leurs chaînes (sur les logiciels libres d’imagerie médicale) par Quentin Noirfalisse

« Mike, je viens d’avoir le recteur au téléphone » (l’affaire Mithra vécue de l’intérieur par un stagiaire de Médor) par Mike Pops.

Une initiative courageuse à soutenir, même si on n’en partage pas toutes les idées !

Bernard DELCORD

Médor n°2, trimestriel belge d’enquêtes et de récits, Dave (Namur), Coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale Médor, printemps 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 €

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30 03 16

Bien manger pour bien vivre…

Les Aliments anticancer.jpgPour rappel, Richard Béliveau, dont nous avons déjà présenté dans ces colonnes l’ouvrage intitulé La méthode anti-cancer – Comment réduire les risques (paru chez Flammarion), est professeur de biochimie à l'Université du Québec à Montréal depuis 1984, où il est titulaire de la chaire de recherche en prévention et traitement du cancer. Il est également chercheur attaché au service de neurochirurgie de l'hôpital Notre-Dame (CHUM) et titulaire de la chaire de neurochirurgie Claude-Bertrand. Il est professeur de chirurgie et de physiologie à la faculté de médecine de l'Université de Montréal. Depuis 1996, il est le directeur du laboratoire de médecine moléculaire à l'hôpital Sainte-Justine. Il est l'auteur de plus de 230 publications scientifiques dans des revues médicales à l'échelle internationale. Ses sujets de recherche sont la prévention et le traitement du cancer.

Son collègue Denis Gingras est, quant à lui, est chercheur spécialisé en oncologie au Laboratoire de médecine moléculaire de l'Université du Québec à Montréal.

Ils ont fait paraître récemment, toujours chez Flammarion à Paris un nouvel essai, diététique celui-là, intitulé Les Aliments anti-cancer – Manger sain, réduire les risques qui se fonde sur leurs recherches et sur les études de l'Organisation mondiale de la Santé ayant démontré qu'une mauvaise qualité d'alimentation et un surpoids corporel sont responsables du tiers de tous les cancers, un pourcentage aussi important que celui causé par le tabac.

La carence en végétaux, la surconsommation d'aliments riches en sucre et en gras, l'excès de viande rouge et de charcuteries ou encore d'aliments très salés présentent un risque accru de cancer.

Les auteurs révèlent aussi que les végétaux ne sont pas uniquement source de vitamines et de minéraux, mais qu’ils possèdent des propriétés anticancéreuses très puissantes, et ces praticiens font découvrir au lecteur les bienfaits des choux, de l'ail, des oignons, des oméga-3, du soja, du curcuma, des fruits rouges, de la tomate, des agrumes, de la grenade, du café, du thé vert, du chocolat et même du vin – celui-ci avec modération – qui, ayant des propriétés anticancéreuses naturelles, contribuent à réduire les risques de développer un cancer.

Cet ouvrage clair et détaillé, tout en donnant de nombreux conseils, fait prendre conscience du pouvoir des aliments, qui représentent actuellement une des meilleures armes à notre disposition pour lutter contre cette maladie.

Bernard DELCORD

Les Aliments anti-cancer par les docteurs Richard Béliveau et Denis Gingras, Paris, Éditions Flammarion, février 2016, 256 pp. en quadrichromie au format 17,8 x 21,7 cm sous couverture Intégra en couleurs, 19,90 € (prix France)

29 03 16

Enquête au cœur de la Cité ardente…

Disparition à Liège.jpgAprès Crime à Louvain-la-Neuve et Meurtre à Rixensart, Anouchka Sikorsky, qui a travaillé à la RTBF et à RTL-TVI en qualité d’animatrice et de productrice, vient de faire paraître aux Éditions Dricot à Liège un nouveau roman policier très réussi qui a pour titre Disparition à Liège – Au début, ils étaient quatre…

Voici ce qu’en écrit l’auteure :

« Tout le monde vous le dira. Il est improbable que l’on puisse se souvenir sans faute d’événements qui se sont déroulés il y a trente ans. Il en va de même pour le romancier à succès François Valais qui s’entête à vouloir évoquer sa vie et celle de ses copains à l’internat alors qu’il occulte tous les mauvais souvenirs pour ne garder que les bons. Forcément, le récit évoque une fausse réalité. Le lecteur n’est pas sot. C’est pourquoi le dernier ouvrage de l’auteur fait un flop !

Pour éviter que le roman suivant connaisse le même sort, deux copains, Pierre Orsini et Guillaume Gentil, épaulés par une poignée d’amis, déploient toute leur énergie afin de réveiller la mémoire de l’auteur.

Et voilà que l’affaire de la disparition de Jérôme, vingt-huit ans plus tôt, le quatrième copain de la bande, est extirpée des affaires classées…

Et voilà que le crime rôde… Et voilà que la police s’en mêle : l’ex-commissaire Constantin Charlier prête main-forte au nouveau commissaire Aimé de Sécillon, un sentimental lunatique tombé dans la police comme un cheveu sur la soupe.

Ces enquêteurs sillonneront les quartiers, de Liège à Visé, pour faire la lumière sur le crime et sur les souvenirs de l’écrivain. »

Comme à son habitude, l’auteure crée un petit monde de personnages pittoresques qu’elle fait évoluer dans un récit alerte aux rebondissements inattendus tout en reconstituant le cadre de l’action avec autant de précision que d’allant.

Les lecteurs de la Principauté de Liège apprécieront !

Et les autres aussi…

Bernard DELCORD

Disparition à Liège – Au début, ils étaient quatre… par Anouchka Sikorsky, Liège, Éditions Dricot, 426 pp. en noir et blanc au format 13,7 x 0,81 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 €

27 03 16

Edith Dekyndt Solo Exhibition

La Galerie Greta Meert a le plaisir de présenter la deuxième exposition solo d’Edith Dekyndt (née à Ypres en 1960, elle habite et travaille à Berlin).

Edith Dekyndt 1.jpg

 Installation, Théorème des Foudres, Consortium, Dijon, 2015

Strange Fruits réunit les pièces qui ont été réalisées pendant le processus d’élaboration des expositions montrées au Consortium à Dijon et au Wiels à Bruxelles en 2015 et 2016. La première était inscrite dans le territoire rural de la Bourgogne, la seconde dans celui de Bruxelles et de l’histoire du Wiels, situé dans le bâtiment de l’ancienne brasserie Wielemans-Ceuppens.

Le titre Strange Fruits fait aussi référence à la chanson Strange Fruit, interprétée par Billie Holiday d’après le texte d’un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meeropol. Cette chanson parle des lynchages des Noirs américains perpétrés aux États-Unis après l’abolition de l’esclavage. Souvent, ces lynchages n’étaient même pas motivés par un acte criminel réel ou supposé.

Edith Dekyndt 2.jpg

Installation, Théorème des Foudres, Consortium, Dijon, 2015

Lorsque Billie Holiday interprète pour la première fois cette chanson, trois lynchages ont déjà été commis cette année-là (1939). Un sondage de l’époque révèle que six Blancs sur dix étaient favorables à cette pratique.

Elle a été interprétée, entre autres, par Nina Simone, Carmen Mc Rae, Josh White, Diana Ross, Robert Wyatt, Jeff Buckley, Marcus Miller, Cassandra Wilson, Sting, Mary Coughlan, Ella Fitzgerald, Tori Amos, Pete Seeger, Dee Dee Bridgewater, Eartha Kitt, Tricky, Lester Bowie, UB 40, Siouxsie and the Banshees, Kanye West, Annie Lennox.

Southern trees bear strange fruit

Blood on the leaves

Blood at the root

Black bodies swinging in the southern breeze

Strange fruit hanging from the poplar trees

Pastoral scene of the gallant south

The bulging eyes and the twisted mouth

The scent of magnolia sweet and fresh

Then the sudden smell of burning flesh

Here is a fruit

for the crows to pluck

for the rain to gather

for the wind to suck

for the sun to rot

for the tree to drop

Here is a strange and bitter crop

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Installation, Indigenous Shadow, Wiels, Bruxelles, 2016

Les pièces réunies dans Strange Fruits révèlent, entre autres, le facteur humain et émotionnel qui occupe une large place dans le travail mais qui est toujours en toile de fond. Elles mettent également en évidence l’aspect tantôt noble, tantôt immonde, tantôt sacré, tantôt profane, présent dans les pièces réalisées avec des matières telles que le sang, la terre, l’argent, le vin, la laine, le velours, des fleurs brûlées ou encore des cheveux. Les différentes interprétations de Strange Fruit seront compilées et diffusées dans les trois étages du bâtiment de la galerie.

Gerrie SOETAERT

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Installation, Indigenous Shadow, Wiels, Bruxelles, 2016

Informations pratiques :

Jusqu’au 9 juillet 2016

Galerie Greta Meert

13, rue du Canal

1000 Bruxelles

Tél. : 02 219 14 22

info@galeriegretameert.com

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27 03 16

« La physique donne le combien, la métaphysique le comment. » (Buffon)

Histoire de la physique.jpgSpécialiste de l'histoire des sciences et des techniques et membre du Centre national belge d'histoire des sciences, Jean C. Baudet, que nous avons déjà présenté dans ces colonnes, estn, on s’en souvient, un philosophe, écrivain et poète belge né à Bruxelles le 31 mai 1944.

Après une double formation en chimie et en philosophie, Jean C. Baudet a enseigné l'histoire des sciences et la philosophie au Congo ex-belge (de 1966 à 1968) puis au Burundi (de 1968 à 1973). Tout en poursuivant son enseignement, il a étudié la biologie à l'Université de Bujumbura.

De 1973 à 1978, il est chercheur en biologie à la Faculté agronomique de Gembloux et à l'Université Paris-VI. En 1978, il revient à la philosophie et fonde, à Bruxelles, la revue Technologia, consacrée à l'histoire des sciences, des techniques et de l'industrie. Depuis 1996, Jean C. Baudet est membre de la rédaction de la Revue Générale (Bruxelles).

Comme philosophe, il étudie le problème de la connaissance, selon l'approche de l'épistémologie historique. Il a spécialement mis en évidence le lien entre science et technique dans la constitution des savoirs.

Auteur prolifique, il a fait paraître de nombreux ouvrages de vulgarisation, parmi lesquels, aux Éditions Vuibert à Paris, après une passionnante Histoire des mathématiques déjà présentée dans ces colonnes, une remarquable Histoire de la physique qui résume vingt-six siècles d'histoire des sciences et fait découvrir, pas à pas, les grands concepts et les figures emblématiques qui ont forgé les bases de la physique moderne en suivant l’évolution d'un cheminement scientifique qui a balancé entre histoire et philosophie.

On peut conclure en assurant que l’auteur fournit dans cet ouvrage une explication claire et précise de l'élaboration des plus grandes théories de notre civilisation.

Une belle performance !

Bernard DELCORD

Histoire de la physique par Jean C. Baudet, Paris, Éditions Vuibert, mars 201(, 333 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

Table des matières :

Avant-propos

Les Grecs : la théorie des éléments

Qu'est-ce que la physique ?

Les cosmogonies

Thalès et les Milésiens

Pythagore et les pythagoriciens

Empédocle d 'Agrigente

Les atomistes

Les astronomes

Platon et Aristote

Archimède et les Alexandrins

Les Romains

Le XVIe siècle : l'instrumentation et l'héliocentrisme

La révolution héliocentrique

L'instrumentation

La chymie

Le XVIIe siècle : la mécanique et la gravitation universelle

De Galilée à Pascal

De Descartes à Varignon

De Salomon de Caus à Leibniz

Newton

Le XVIIIe siècle : la mathématisation de la « philosophie naturelle »

La thermométrie

Les cordes vibrantes

La calorimétrie

Le XIXe siècle : la thermodynamique, l'optique et l'électromagnétisme

La chaleur

L’électricité

Les atomes

De 1895 à 1945 : la structure de l'atome et la physique nucléaire

Les électrons

La radioactivité

Les quanta

La relativité

Les protons et les neutrons

La fission de l'uranium

Du côté des étoiles

De 1945 à nos jours : les particules et la naissance de l'Univers

De plus en plus de particules

Le Modèle standard

La radioastronomie

Le Big Bang

L'âge de l'Univers

Une formule d'Univers

 

Conclusion

Bibliographie

Index des noms propres

Index des notions

25 03 16

« Ce n’est pas les oiseaux qui sont les plus beaux plumes qui chantent le meilleur ! »

Le mariage de Mlle Beulemans .jpgFrantz Fonson (1870-1924) est acteur et directeur du Théâtre des Galeries à Bruxelles quand il rédige avec le journaliste Fernand Wicheler (1874-1935) Le Mariage de Mlle Beulemans, une comédie en 3 actes créée au théâtre de l'Olympia de Bruxelles le 18 mars 1910 et reprise à Paris, au théâtre de la Renaissance, le 7 juin 1910, une œuvre impayable mêlant le français au dialecte brusseleer et à la zwanze, dont le texte vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la célèbre collection « Espace Nord ».

On connaît l’argument :

Le jeune parisien Albert Delpierre est épris de Suzanne, la fille d'un brasseur bruxellois, M. Beulemans, chez qui il est en stage. Mais les obstacles se multiplient : Suzanne est déjà fiancée à Séraphin Meulemeester dont on apprendra qu’il a un enfant d'une jeune ouvrière ; Mlle Beulemans entreprendra alors de rompre ses fiançailles avec Séraphin et de le convaincre de retourner auprès de celle qu'il aime et de son fils. Parallèlement, elle se rapprochera d’Albert, mais Beulemans, exaspéré par les manières délicates et le « beau » français du nouveau prétendant, proclame qu'il « n'aime pas ce garçon » et voit grandir sa mauvaise humeur en apprenant qu'il est évincé de la présidence d'honneur de la Société des Brasseries.

Le succès fut immense et demeura pérenne, notamment dans la mise en scène pour la télévision de 1967 dans laquelle jouèrent Christiane Lenain, Jacques Lippe ainsi que Leonil Mc Cormick, et la pièce fut montée ensuite en 1978, 1998, 2004 et 2014, avec d’autres troupes, mais toujours le même triomphe.

Plus fort encore, dans un message dédié en 1960 au public bruxellois pour le cinquantenaire de la pièce, Marcel Pagnol raconta lui-même la genèse sa Trilogie marseillaise :

« Vers 1925, parce que je me sentais exilé à Paris, je m’aperçus que j’aimais Marseille et je voulus exprimer cette amitié en écrivant une pièce marseillaise.

Des amis et des aînés m’en dissuadèrent : ils me dirent qu’un ouvrage aussi local, qui mettait en scène des personnages affublés d’un accent aussi particulier, ne serait certainement pas compris hors des Bouches-du-Rhône, et qu’à Marseille même, il serait considéré comme un travail d’amateur. Ces raisons me parurent fortes et je renonçai à mon projet : mais en 1926, je vis jouer Le Mariage de Mlle Beulemans ; ce chef-d’œuvre avait déjà 16 ans et son succès avait fait le tour du monde.

Ce soir-là, j’ai compris qu’une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique pouvait parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d’un pays et plaire dans le monde entier.

J’ai donc essayé de faire pour Marseille ce que Fonson et Wicheler avaient fait pour Bruxelles, et c’est ainsi qu’un brasseur belge est devenu le père de César et que la charmante mademoiselle Beulemans, à l’âge de 17 ans, mit au monde Marius.

Il y a aussi un autre personnage qui doit la vie à la comédie bruxelloise : c’est M. Brun qui est assez paradoxalement le fils naturel du parisien Albert Delpierre. J’avais en effet remarqué que son accent faisait un plaisant contraste avec celui de la famille Beulemans et qu’il mettait en valeur la couleur bruxelloise de la pièce. C’est pourquoi, dans le bar marseillais de César, j’ai mis en scène un Lyonnais. »

Sans le moindre ostracisme

Bernard DELCORD

Le mariage de Mlle Beulemans – Comédie en 3 actes par Frantz Fonson et Fernand Wicheler, préface et postface de Paul Emond, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €

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25 03 16

Voyage en musique…

Les instruments d'Afrique .jpgMoussa le singe aime la musique... et s'amuser !

En sa compagnie, avec Les instruments d’Afrique paru chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album composé par Dramane Dembélé et illustré par Rémi Saillard, l’enfant écoute chaque instrument, sur des musiques originales composées et interprétées par Dramane Dembélé, puis il devine à quoi il ressemble et il soulève un flap pour le voir et découvrir ainsi 5 instruments traditionnels africains : le djembé, le n'goni, la sanza, le tama et la flûte peule.

L’occasion aussi de voir des zèbres, des insectes, un hippopotame, des fétiches, des oiseaux, des éléphants, une pirogue…

Et, à la fin, d’entendre un superbe morceau avec tous les instruments !

Bernard DELCORD

Les instruments d'Afrique, musique de Dramane Dembélé, illustrations de Rémi Saillard, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Écoute & devine », août 2015, 14 pp. cartonnées en quadrichromie au format 19,8 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs et accompagnées d’un CD audio, 13,10 € (prix France)

25 03 16

« Quel premier communiant n'a rêvé d'être pape ? » (François Mitterrand)

Dictionnaire des papes.jpgProfesseur à l'Université de Reims pendant 27 ans, Ivan Gobry (né en 1927) a aussi été membre du conseil scientifique de l'Université de la Citoyenneté européenne (Conseil de l'Europe) et professeur à l'Institut catholique de Paris.

C’est un médiéviste et un philosophe réputé, spécialiste entre autres de l'histoire de l'Église et de ses institutions, sur lesquelles il a publié de nombreux ouvrages.

Dans l’édition 2013, augmentée et mise à jour, de son Dictionnaire des papes paru chez Pygmalion à Paris, il dresse le portrait de tous les papes, des plus obscurs aux plus brillants, qui se sont succédé sur le trône de saint Pierre, depuis ce dernier jusqu’à l’avènement de François.

Chaque notice comprend leurs dates de naissance et de mort, les dates de leur pontificat, la présentation des événements majeurs de leur règne, et l’ensemble est rédigé avec la plus stricte objectivité historique.

L’ouvrage est complété de cartes, de la liste chronologique des papes et des antipapes avec les dates de leur pontificat, d’explications sur la fonction papale et cardinalice, sur la « prophétie des papes » et sur la papesse Jeanne.

L’occasion d’en savoir plus sur les 23 Jean, les 16 Benoît, les 16 Grégoire, les 14 Clément, les 13 Léon, les 13 Innocent, les 12 Pie, les 9 Boniface, les 9 Étienne, les 8 Alexandre, les 8 Urbain, les 6 Paul, les 5 Martin, les 5 Félix, les 5 Célestin, les 4 Serge, les 4 Sylvestre, les 3 Calixte les 3 Victor ou les 2 Jean-Paul qui ont presque tous coiffé la tiare, mais aussi sur des personnages répondant aux noms pittoresques d’Agapet, de Clet, de Conon, d’Eutychien, d’Honorius, de Vigile, de Zozime…

Bernard DELCORD

Dictionnaire des papes par Ivan Gobry, Paris, Éditions Pygmalion, juin 2013, 537 pp. en noir et blanc + 8 pp. en quadrichromie au format 15,4 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

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24 03 16

Ali, bou ma ye ! (Ali, tue-le !)

Chaos debout à Kinshasa.jpgSur un scénario du journaliste et écrivain belge Thierry Bellefroid, le bédéiste Barly Baruti, né en 1959 au Congo Belge, a dessiné un fort bel album dans lequel se mêlent les embrouilles, sur fond du fameux match de boxe dans la catégorie poids lourds qui, en 1974, à Kinshasa alors sous la coupe du dictateur Mobutu, opposa Mohamed Ali (né en 1942 dans le Kentucky, triple champion du monde entre 1964 et 1967, converti depuis 1965 à la religion mahométane [1], réfractaire de la guerre du Vietnam en 1967 et, pour ce fait, dépossédé de son titre et de sa licence de boxe, il fut rétabli dans ses droits en 1971 par la cour suprême américaine) au jeune George Foreman (né au Texas en 1949, champion olympique en 1968 et champion du monde professionnel WBA et WBC en 1973), deux athlètes noirs au sommet de leurs capacités.

En voici le pitch :

« 1974. Ernest, petit voyou de Harlem, navigue de combine en combine pour rembourser une dette à de dangereux malfaiteurs. Grâce à un concours organisé sur une radio privée, il gagne un voyage pour assister au "combat du siècle" entre Mohammed Ali et George Foreman, à Kinshasa ! Une aubaine pour Ernest qui va pouvoir se mettre au vert et renouer avec ses racines auprès de ses "frères africains". Mais il est loin d'imaginer dans quel état se trouve le Zaïre au plus fort de la guerre froide...

Dirigé d'une main de fer par le président-dictateur Mobutu, gangrené par la corruption, le pays est devenu un véritable nid d'espions et de politiciens véreux. Des individus sans scrupule qui n'ont rien à envier aux pires truands de Harlem... Dans ce roman graphique, les auteurs font découvrir des dessous d'un événement médiatique et historique. Ne se contentant pas de relater cet épisode connu de tous, ils en profitent pour éclairer sur le contexte de l'époque, imaginant comment la guerre froide s'est invitée dans cette page de l'histoire du sport...

Les dessous d'un combat de légende où tous les coups étaient permis… »

On se souviendra aussi que l’opinion zaïroise manipulée par le « Citoyen Président-Fondateur » (sic) considéra que Mohamed Ali représentait les Noirs et que George Foreman, parce que mieux intégré à la nation yankee pourtant principal soutien du Caligula africain d’alors – le Néron du continent étant à l’époque l’Ougandais Idi Amin Dada – était l’incarnation des… Blancs !

C’est pourquoi la populace, dans un bel élan de racisme passé à la postérité, encouragea Mohamed Ali au cri d’Ali, bou ma ye, Ali, tue-le…

Bernard DELCORD

Chaos debout à Kinshasa par Thierry Bellefroid et Barly Baruti, préface de Colette Braeckman, Grenoble, Éditions Glénat, février 2016, 112 pp. en quadrichromie au format 20 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 € (prix France)

 

1] Il avait rallié en 1965 le mouvement Nation of Islam d’Elijah Muhammad [1897-1975] avec qui s’était brouillé Malcolm X [1925-1965] peu avant son assassinat, puis Mohamed Ali s’est converti à l’islam sunnite en 1975.

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