21 10 15

Patronymes hydrologiques…

Les noms de rivières de Wallonie.jpgRédigé par Jean Loicq [1], membre de la Section wallonne de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie et professeur ordinaire émérite de l’Université de Liège [2], le dictionnaire analytique et historique consacré aux noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones paru chez Peeters à Leuven étudie pour la première fois l'ensemble des noms de cours d'eau de la Région Wallonne telle qu’elle est définie dans la Belgique fédérale d’aujourd’hui, en ce compris donc les territoires germanophones (actuels ou qui l’ont été), de Gemmenich à Athus en passant par Eupen et Saint-Vith..

Précédé d'une introduction sur le passé linguistique de la Wallonie et de sa lisière germanophone, cet ouvrage savant replace chacun d'eux dans sa situation hydrographique, reproduit avec leur contexte les formes les plus anciennes de son nom et, autant que possible, en précise l'étymologie et la signification première.

La Wallonie, et surtout l'Ardenne, étant riche en hydronymes d'origine celtique, voire « paléo-européenne », cette enquête prend une dimension comparative qui fait de l'ouvrage une contribution à l'histoire ethnolinguistique de l'Europe.

D'un autre côté, l'attention portée à nombre de petits cours d'eau oubliés, souvent de dénomination dialectale, restitue leur mémoire, les introduit dans la recherche internationale et contribue à la sauvegarde d'une part méconnue du patrimoine wallon.

Conçu dans une perspective principalement onomastique, le répertoire met en évidence l’archaïsme de cet aspect de notre patrimoine linguistique et fait connaître aussi nombre d’hydronymes secondaires à demi oubliés, mais intéressants, et perdus dans des monographies locales. Ce travail, qui n’a jamais été entrepris à pareille échelle, n’entend donc pas se borner à la nomenclature actuelle [3].

Une contribution à la science qui intéressera les géographes, les historiens, les linguistes comparatistes et les dialectologues.

Bernard DELCORD

Les noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones par Jean Loicq, Leuven, Éditions Peeters, collection « Mémoires de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie. Section Wallonne », n°26, décembre 2014, XIX-406 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 25,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 75 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce dictionnaire érudit la notice suivante, en supprimant les abréviations pour faciliter la lecture :

L’Inson

Parfois Hinson, Linson, wallon a inson : ruisseau à Grupont (Luxembourg, Neufchâteau), affluent droit de la Lomme formé de plusieurs branches à Awenne, dans la forêt de Saint-Hubert. - 1618 « rieux d'enson », 1669 « au ruisseau d 'Enson » (Lesse, n°13). - Ce nom, visiblement ancien et qui rappelle Hingeon, suggérerait un original *hag in-is-on- « ruisseau de la forêt » (cf. Haine), bien que H manque aux graphies du XVIIe siècle ; mais, dans cette région, la prononciation wallonne sans aspiration initiale n'enseigne rien. L'étymologie proposée par Carnoy (germanique hehn­ is-on, « ruisseau des prés », cf. vieux slave, « regain ») n'est appuyée par aucun élément de comparaison.


[1] Licencié-agrégé en philosophie et lettres ULG (philologie classique) [1956] ; candidat en histoire et littératures orientales (Inde-Iran) [1957] ; élève titulaire de l’École des hautes études de la Sorbonne (linguistique indo-européenne, italique, celtique ; antiquités romaines et gallo-romaines ; protohistoire européenne) [1962] ; stagiaire CNRS auprès de la Direction des antiquités de Haute-Provence (1962) ; docteur en philosophie et lettres ULG (1972).

[2] Professeur d’histoire et archéologie romaines et de civilisation celtique [1980-1998] ; professeur honoraire resté titulaire de cours de 3e cycle (1998-2003).

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19 10 15

« Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres. » (Marcel Proust)

Chroniques par Marcel Proust.jpgIssu d'une famille aisée et cultivée – son père est professeur de médecine à Paris–, Marcel Proust (1871-1922) fut un enfant de santé fragile et toute sa vie il aura des difficultés respiratoires graves causées par l'asthme.

Très jeune, il fréquente des salons aristocratiques où il rencontre artistes et écrivains, ce qui lui vaut une réputation de dilettante mondain. Profitant de sa fortune, il n'a pas d'emploi et il entreprend en 1895 un roman qui reste à l'état de fragments (publiés en 1952, à titre posthume, sous le titre Jean Santeuil).

En 1907, il commence l'écriture de son grand œuvre, À la recherche du temps perdu, dont les sept tomes sont publiés entre 1913 (Du côté de chez Swann) et 1927, c'est-à-dire en partie après sa mort ; le deuxième volume, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, obtient le prix Goncourt en 1919. Marcel Proust meurt épuisé, le 18 novembre 1922, d'une bronchite mal soignée. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, accompagné par une assistance nombreuse qui salue un écrivain d'importance que les générations suivantes placeront au plus haut en faisant de lui un véritable mythe littéraire. [1]

Les Éditions Gallimard à Paris ont réédité ces jours-ci dans la collection « L’imaginaire », ses Chroniques parues pour la première fois en 1927, et donc cinq ans après son décès, à l’instigation de son frère Robert.

Voici la présentation qu’il en donna à l’époque :

« M. Gallimard et moi avons réuni dans ce volume, sous le titre de Chroniques, un ensemble d’articles de mon bien-aimé frère Marcel Proust, articles parus au cours d’une période de trente années qui va de 1892 à 1921. La plupart de ces articles ont été publiés dans Le Figaro avec la direction duquel mon frère entretint toujours les plus amicaux rapports. Dès 1900, Gaston Calmette lui avait témoigné la sympathie la plus affectueuse en lui offrant la plus large hospitalité dans son journal, ce dont Marcel lui fut toujours très reconnaissant et le remercia plus tard en lui dédiant Du côté de chez Swann, et avec Robert de Flers, Marcel noua dès le collège les liens d’une amitié profonde qui ne s’est jamais démentie.

En dehors de ces articles publiés dans Le Figaro, les autres articles que contient ce volume ont paru dans Le Banquet, dans Littérature et critique, dans La Revue Blanche, dans La Nouvelle Revue Française. C’est dans La N.R.F. dirigée alors par le cher Jacques Rivière et qui était pour Marcel comme son foyer, qu’ont été publiés en 1920 et 1921 ses derniers articles.

Pour classer ces diverses études, nous les avons groupées sous quatre rubriques : Les salons. La vie de Paris – Paysages et réflexions – Notes et souvenirs – Critique littéraire.

Nous avons pensé que les lecteurs d’À la recherche du temps perdu seraient heureux de connaître de Marcel Proust jusqu’aux plus reculées de ses œuvres de jeunesse et de pouvoir ensuite suivre pas à pas l’évolution de sa pensée. »

Robert Proust, septembre 1927.

Des choses vues, donc, et par un témoin de la trempe de Victor Hugo ! [2]

Bernard DELCORD

Chroniques par Marcel Proust, Paris, Éditions Gallimard, collection « L’imaginaire », septembre 2015, 263 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 € (prix France)


[2] Choses vues est un recueil de notes et de mémoires de Victor Hugo, publié à titre posthume sous la forme de deux séries, en 1887 et en 1900.

19 10 15

Dur, dur, le métier de vivre…

Les blondes à forte poitrine.jpgAprès Le manège des amertumes paru en 2013 chez le même éditeur, à savoir les Éditions Quadrature à Louvain-la-Neuve, la jeune auteure belge (elle est originaire du Borinage) Isabelle Baldacchino a remis le couvert cette année avec un nouveau recueil de nouvelles intitulé Les blondes à forte poitrine, des textes incisifs, crus et rugueux se colletant avec la vie ordinaire des gens sans histoire pour en faire ressortir l’absurdité étriquée.

Car, c’est bien connu et en dépit de ce qu’en disent les philosophes et les théologiens, « le monde est divisé en deux catégories : les hommes à lunettes et les blondes à forte poitrine »… Un monde dont on aimerait qu’il s’arrête pour pouvoir en descendre…

Échantillon :

« On s’est trouvé très vite, elle et moi. Une perruque triste derrière sa vitrine, c’était moi, accrochée à une tête de velours sans regard ni sourire. Elle est arrivée, elle m’a prise, y a pas à discuter cent sept ans.

Après… Je me souviens plus très bien tellement on a de souvenirs. J’ai oublié les rues, j’ai oublié les noms. Mais les visages, bon dieu, les yeux terribles de la misère, je les ai tous là quelque part. On se laisse attraper par les solitudes.

Elle aurait dû être plus prudente parfois, mais c’est plus fort qu’elle, les autres, c’est sa vie. Elle crève sans les autres. “Vous l’avez vu celui-là avec sa gueule tranchée ? Il est pour moi, il est pour moi”. Les pas finis, les mal aimés, c’est toujours pour elle. Elle les fait grimper au premier. Elle ne dit pas “Qu’est-ce que tu veux ?”. Elle sait. Un peu chamane, un peu curé, ma blonde.

Je voudrais te dire un truc sur elle, pour te montrer qu’elle a la tête haute. Tu sais, cette maladie qui frappe nos femmes, toujours la même ? Elle se l’est tapée aussi. On dit pas ça : se taper une maladie. Pourtant je peux te garantir que ça fait mal, au cœur et au corps. Le cancer…

Y a tout qui bascule. Ta blonde, elle peut plus soulever une tasse, attacher son soutien-gorge, changer les draps. Et toi, tu peux rien faire, qu’à attendre que ça passe, à prier qu’elle y passe pas, qu’elle en crève pas, parce que, si elle crève, tu crèves aussi. Tu ne seras plus qu’une vieille perruque oubliée au fond d’une caisse. »

Le chant de la vie comme elle ne va pas, en somme…

Bernard DELCORD

Les blondes à forte poitrine par Isabelle Baldacchino, Louvain-la-Neuve, Éditions Quadrature, avril 2015, 116 pp. en noir et blanc au format 13,4 x 21,3 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

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17 10 15

Portraits de cours…

Élisabeth Vigée Le Brun (cover).jpgUne exposition organisée par la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, avec le soutien exceptionnel du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, se tient jusqu’au 11 janvier 2016 dans les Galeries nationales du Grand Palais à Paris, consacrée à Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842), l’une des grandes portraitistes de son temps, à l’égal de Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.

Issue de la petite bourgeoisie, elle trouvera sa place au milieu des grands du royaume, et notamment auprès du roi et de sa famille. Elle devint ainsi le peintre officiel de la reine Marie-Antoinette.

L’exposition, qui est la première rétrospective française à lui être consacrée, présente près de 130 œuvres de l’artiste, construisant un parcours complet à travers un œuvre pictural majeur et une grande page de l’histoire de l’Europe.

Par ailleurs, Geneviève Haroche-Bouzignac est professeur à l'université d'Orléans, spécialiste du XVIIIe siècle. Elle a établi l'édition des Souvenirs d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (Champion, 2008) et publié une biographie de l'artiste, Louise Élisabeth Vigée Le Brun, histoire d'un regard (Flammarion, 2011, Prix Chateaubriand 2011, Mellor Book Prize, 2012).

C’est donc très logiquement que les Éditions Gallimard et celles de la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais à Paris ont fait appel à ses talents pour rédiger un superbe petit livre intitulé Élisabeth Vigée Le Brun paru dans la célèbre collection « Découvertes ».

Elle nous en parle :

« Peu de femmes artistes auront connu une carrière aussi éclatante que celle de Louise Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842). Encouragée par son père, pastelliste, elle manifeste dès l'enfance une grande aptitude à la couleur. À vingt ans, elle est déjà une portraitiste réputée auprès de la noblesse qui apprécie ses portraits à la fois ressemblants et flatteurs. Sa rencontre avec Marie-Antoinette en 1777 est déterminante.

Elle devient le peintre officiel de la reine avec laquelle elle tisse des liens familiers. En 1789, contrainte à l'exil, elle voyage en Italie, en Autriche puis en Russie. Accueillie par les grandes cours d'Europe, elle acquiert une renommée internationale. De retour en France en 1802, puis séjournant en Angleterre et en Suisse, elle ne cessera de peindre jusqu'à sa mort en 1842. Son œuvre compte plusieurs centaines de tableaux, dont une majorité de portraits où se côtoient la société aristocratique européenne, le monde des arts et du théâtre, l'univers enfantin. »

Illustré d'une quarantaine d'œuvres majeures, choisies parmi les cent trente tableaux de l'exposition au Grand Palais, son ouvrage retrace le parcours d'une femme d'exception, sans doute l'un des plus grands peintres de son temps.

Renseignements pratiques concernant l’exposition :

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Entrée du public :

Entrée Clémenceau, place Clemenceau, Paris 8e

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Horaires :

Jusqu’au 11 janvier 2016

Mercredi de 10h à 22h

Les autres jours de 10h à 20h

Fermé le mardi

Fermeture le 25 décembre

Fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre

Dernier accès à l’exposition : 45 min avant la fermeture.

Fermeture des salles : à partir de 15 min avant la fermeture

Tarifs :

Plein tarif : 13 €

Tarif réduit : 9 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes entre 16 et 25 ans) : 35 €

En application du Plan Vigipirate au niveau « alerte attentat », l’accès au Grand Palais est interdit à toutes les valises, tous les sacs de voyage et les sacs à dos de taille supérieure au format A3.

 Élisabeth Vigée Le Brun (affiche).png

Portrait au chapeau de paille de Yolande-Gabrielle-Martine de Polastron, duchesse de Polignac (1749-1793),Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. Photo (C) RMN-Grand Palais (Château de Versailles)

Bernard DELCORD

Élisabeth Vigée Le Brun par Geneviève Haroche-Bouzinac, Paris, coédition Gallimard/Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, collection « Découvertes », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

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17 10 15

Délicieusement licencieux…

Fragonard amoureux (cover).jpgDans le cadre de l’exposition « Fragonard amoureux, galant et libertin » qui se tient à Paris, au Musée du Luxembourg, jusqu’au 24 janvier 2016, les Éditions Gallimard se sont associées à la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais pour faire paraître, dans la fameuse  collection « Découvertes », un Fragonard amoureux de toute beauté, conçu par Guillaume Faroult, conservateur en chef du Musée du Louvre en charge notamment des peintures françaises du XVIIe siècle.

Écoutons-le :

« Selon les frères Goncourt, le XVIIIe siècle fut le siècle de la séduction et de la licence amoureuse, et le peintre Jean Honoré Fragonard (1732-1806) son principal illustrateur. L'inspiration amoureuse parcourt l'œuvre protéiforme du « divin Frago », souvent en écho avec les transformations et les préoccupations de son époque. Elle accompagne les derniers feux de la galanterie pour emprunter ensuite les voies diverses de la polissonnerie, du libertinage ou de l'amour sincère et moralisé.

À l'heure où le roman moderne prend son essor avec Diderot et Crébillon, la question de l'articulation délicate de la sensualité et du sentiment est centrale dans la réflexion des intellectuels et des moralistes des Lumières.

Fragonard s'en empare à son tour et, dans ses peintures ou dans ses merveilleux dessins au lavis, explore avec virtuosité les infinies variations du sentiment amoureux. »

L’ouvrage (qui est un livre-objet dont les pages se déplient pour mieux reproduire les peintures présentées) s’articule autour de 8 modules :

- La mythologie dans le boudoir

- L’amour pastoral

- L’illustration libertine

- La feinte résistance

- Parfum de femme

- Le désir au bout du pinceau

- Allégories amoureuses

- Le Verrou (qui figure en couverture de l’ouvrage) 

Fragonard amoureux (La résistance inutile).jpg

Fragonard, La résistance inutile, huile sur toile, 1770-1773.

Informations pratiques relatives à l'exposition :

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Tél. : 01 40 13 62 00

Ouverture tous les jours de 10h à 19h, nocturne le lundi et le vendredi jusqu'à 21h30.

Les 24, 31 décembre et 1er janvier : de 10h à 18h.

Fermeture le 25 décembre.

Tarifs :

Plein : 12 €

Réduit : 7,5 € (16-25 ans, demandeurs d'emploi et famille nombreuse).

Spécial Jeune : 7,5 € pour deux entrées (du lundi au vendredi à partir de 17h).

Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires des minima sociaux.

Accès :

En transports en commun :

- RER : ligne B, arrêt Luxembourg (sortie Jardin du Luxembourg).

- Métro : ligne 4, arrêt Saint Sulpice ; ligne 10, arrêt Mabillon.

- Bus : lignes 58, 84, 89, arrêt Luxembourg ; lignes 63, 70, 87, 86, arrêt Saint Sulpice.

En voiture :

- Parking Marché Saint-Germain : accès par la rue Lobineau, Paris 6e.

- Parking Place Saint Sulpice, Paris 6e.

En Vélib’ :

- Stations n° 6009, 6030, 6017.

En Autolib’ :

- 2, rue de Fleurus et 18, rue Madame.

En raison des nouvelles dispositions du plan Vigipirate, les sacs et valises ne sont plus autorisés.

Bernard DELCORD

Fragonard amoureuxpar Guillaume Faroult, Paris, coédition Gallimard/Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, collection « Découvertes », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

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17 10 15

Autant en a emporté le vent…

Robert Lee Qui suis-je.jpgIl y a 150 ans s’achevait la guerre de Sécession survenue entre 1861 et 1865 et impliquant les États-Unis d'Amérique (« l'Union »), dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (« la Confédération »), dirigés par Jefferson Davis et qui rassemblaient onze États du Sud qui avaient fait sécession des États-Unis.

L'Union comprenait tous les États abolitionnistes et cinq États « frontaliers » esclavagistes. Elle était dirigée par Abraham Lincoln et le Parti républicain. Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition dans les territoires détenus par les États-Unis. Sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 entraîna une première sécession de sept États du Sud, avant même que Lincoln ne prenne ses fonctions.

Les combats commencèrent le 12 avril 1861, lorsque les forces confédérées attaquèrent une installation militaire de l'Union à Fort Sumter, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, parce que les soldats nordistes avaient refusé de l'évacuer malgré les menaces des sudistes.

Lincoln répondit en mobilisant une armée de volontaires dans chaque État, ce qui conduisit à la sécession de quatre États esclavagistes sudistes supplémentaires. Durant la première année de la guerre, l'Union s'assura du contrôle de la frontière des États sécessionnistes et établit un blocus naval alors que les deux camps renforçaient leur armée et leurs ressources.

En 1862, des batailles comme celles de Shiloh et d'Antietam causèrent des pertes comme jamais dans l'histoire militaire américaine.

Dans l'Est, le chef militaire de la Confédération, Robert E. Lee (1807-1870), remporta une série de victoires sur les armées de l'Union, mais il perdit la bataille de Gettysburg au début de juillet 1863, ce qui constitua un tournant de la guerre.

Les victoires de Vicksburg et de Port Hudson remportées par Ulysses Grant achevèrent la prise de contrôle du fleuve Mississippi par les troupes de l'Union.

Grant mena de sanglantes batailles d'usure contre Lee en 1864, l'obligeant à défendre Richmond en Virginie, la capitale des Confédérés. Le général de l'Union William Sherman prit Atlanta en Géorgie, et commença sa marche vers la mer, dévastant une large partie du territoire de la Géorgie. Puis la résistance des Confédérés s'effondra après la reddition du général Lee au général Grant à Appomattox, le 9 avril 1865.

Pour l’anecdote, notons que la plantation d'Arlington de Robert Lee a été saisie par les troupes nordistes et ses terres transformées en cimetière militaire (Cimetière national d'Arlington).

Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, cette guerre provoqua la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes.

Considéré par les historiens comme la charnière technique entre les guerres napoléoniennes et les guerres plus modernes qui suivirent, c’est le conflit le plus meurtrier qu'aient connu les USA à ce jour.

Il mit fin à l'esclavage aux États-Unis, restaura l'Union et renforça le rôle du gouvernement fédéral.

Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer sur la pensée américaine contemporaine [1].

Fait peu connu du grand public, on a recensé environ 26 000 engagés français, dont environ 40% combattirent avec le Nord, et 60% environ avec le Sud. Les données étant très imprécises, on ne sait si ces chiffres comprennent ou pas les 3 000 citoyens français de la Légion française (French Brigade) de La Nouvelle-Orléans, sous le commandement d’officiers comme Philippe de Marigny de Mandeville, Albin Rochereau, Félix Ferrier, Brogniet et Charles Janvier.

Le triple cinquantenaire de la chute de la Confédération sudiste a été l’occasion de diverses publications nostalgiques [2] aux États-Unis, mais aussi en France où le journaliste d’extrême droite Alain Sanders [3] a donné aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing une biographie intitulée Robert Lee Qui suis-je ? qui, si elle donne clairement dans l’hagiographie politico-militaire sudiste, n’en constitue pas moins l’une des deux seules biographies du général disponibles en langue française [4] et une intéressante source documentaire (bibliographique et photographique, notamment) pour les historiens.

Voici ce qu’il en dit :

« Considéré comme l’un des meilleurs stratèges de l’armée des États-Unis, Robert Edward Lee était tout désigné – le poste lui fut proposé – pour diriger les forces unionistes nordistes pendant la guerre de Sécession. Sa loyauté sans failles à la Virginie de ses ancêtres lui fit choisir, tout au contraire, de prendre le commandement en chef des forces confédérées sudistes. Il est ainsi passé à la postérité comme le héros symbolique de ce que les Sudistes d’hier et d’aujourd’hui ont appelé “la Cause”.

Nous proposons le portrait d’un homme qui ne sollicita jamais aucun mandat politique et qui n’approuvait pas, en tant qu’institution [5], l’esclavage, “mal moral et politique”.

Seule figure de l’histoire des États-Unis capable de contrebalancer celle d’Abraham Lincoln [6], il fut l’incarnation même du gentleman sudiste, dans la lignée des Cavaliers de Charles Ier opposés aux Têtes Rondes du dictateur Cromwell.

Un soldat chrétien, mais pas un puritain.

Après la défaite, il revint à la vie civile et contribua, sans jamais rien renier, à la difficile réconciliation du Nord yankee et du Dixieland.

La popularité de Lee, surnommé “l’homme de marbre”, jamais démentie malgré les coups du sort, s’accrut encore après sa disparition, jusqu’à atteindre et dépasser la “frontière” entre le Nord et le Sud, la célèbre Mason-Dixon Line. »

Nous ajouterons pour notre part qu’après la guerre, il devint président de l'université de Washington (à Lexington, en Virginie), qui fut rebaptisée Washington and Lee University après sa mort et est aujourd’hui l’une des plus vieilles et des plus prestigieuses universités des États-Unis.

Lee soutint le programme du président Andrew Johnson prônant la reconstruction, tout en s'opposant aux propositions des Républicains radicaux visant à donner aux esclaves libérés le droit de vote et à retirer le droit de vote aux ex-Confédérés [7].

Ce fut peut-être un assez honnête homme, mais englué dans une cause indéfendable…

Car la réduction en esclavage d’un être humain par un autre est, a été et sera toujours une abomination !

SOMMAIRE :

Introduction

I Un gentleman exemplaire

II Un héros tragique

III Les Lee, une élite virginienne

IV Les Custis d’Arlington

V La guerre mexicaine

VI L’affaire de Harpers Ferry

VII Général en chef de Virginie

VII L’effort de guerre

IX Sur les champs de bataille

X Terres sanglantes

XI La mort au bout de tous les chemins

XII Gettysburg

XII Sur la défensive

XIII Le début de la fin

XIV Le Sud à genoux

XV Le tombeau du général Lee

Annexes

Bernard DELCORD

Robert Lee Qui suis-je ? par Alain Sanders, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2015, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[2] Voire racistes…

[3] Voici la présentation que son livre donne de lui : « Journaliste au quotidien Présent, spécialiste de l'Amérique française, Alain Sanders est l'auteur de quelque 80 ouvrages : recueils de poésies, pièces de théâtre, romans, essais, bandes dessinées, reportages. Il est l'auteur, avec Bernard Lugan, de l'adaptation et des paroles des Partisans blancs. Animateur de l'association Country Music attitude, membre de la SACEM, il est parolier de nombreuses chansons country ».

[4] Celle de Vincent Bernard, Robert E. Lee, la légende sudiste, parue chez Perrin en 2014 et qui compte 450 pages, est exhaustive et très documentée, mais d’un abord complexe.

[5] C’est nous qui soulignons…

[6] À l’époque seulement, bien entendu…

17 10 15

Une action à soutenir !

Affiche The réfugee next door.png

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12 10 15

Mondaines, demi-mondaines, trottins et pierreuses…

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 (cover).jpg

Catalogue de l’exposition qui se tient Musée d’Orsay à Paris au jusqu’au 17 janvier 2016, puis du 19 février au 19 juin 2016 au Van Gogh Museum d’Amsterdam, le magnifique ouvrage collectif intitulé Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 résume fort habilement ce que ses organisateurs présentent comme « la première grande manifestation qui tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes.

Vincent van Gogh – Agostina Segatori au Tambourin.png

Vincent van Gogh (1853-1890), Agostina Segatori au Tambourin (1887)

Huile sur toile. H. 55,5 cm ; L. 46,  cm. Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

"Pierreuses" officiant clandestinement sur des terrains vagues dans les profondeurs de la nuit, filles "en carte" et "insoumises" racolant dans l'espace public, "verseuses" employées par des brasseries à femmes, pensionnaires de maisons closes, courtisanes recevant leurs admirateurs dans leur luxueux hôtel particulier… Au XIXe siècle, la prostitution revêt de multiples visages. 

Reutlinger – La belle Otéro.jpg

Reutlinger, La belle Otéro (1875-1917)

1 album de photographies positives,

Album Reutlinger de portraits divers, vol. 3, PET FOL-NA-260 (3)

H. 10,5 cm ; L. 14,5 cm (tirages), H. 35,5 cm ; L. 40 cm (vol.)

Département Estampes et photographie, Bibliothèque Nationale de France, Paris

© Bibliothèque Nationale de France, Paris

Ce caractère protéiforme et insaisissable n'a cessé d'obséder romanciers et poètes, dramaturges et compositeurs, peintres et sculpteurs. La plupart des artistes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont porté leur regard sur les splendeurs et les misères de la prostitution, celle-ci devenant également un motif d'élection pour les médias naissants, tels que la photographie puis le cinématographe.

C'est en particulier à Paris, entre le Second Empire et la Belle Époque, que la prostitution s'affirme comme sujet dans des œuvres se rattachant à des courants aussi divers que l'académisme, le naturalisme, l'impressionnisme, le fauvisme ou l'expressionnisme. La ville est alors en pleine métamorphose : nouvelle Babylone pour certains, "Ville Lumière" pour d'autres, elle offre aux artistes quantité de lieux nouveaux (salons de la haute société, loges d'opéras, maisons de tolérance, cafés, boulevards…) où observer le ballet codé des amours tarifées. 

Édouard Manet – Bal masqué à l'Opéra.jpg

Édouard Manet (1832-1883), Bal masqué à l'Opéra (1873)

Huile sur toile. H. 59,1 cm ; L. 72,5 cm.

Washington, National Gallery of Art

© Courtesy The National Gallery of Art, Washington

De L'Olympia et du Bal masqué à l’Opéra de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. 

Edvard Munch – Noêl au bordel.jpg

Edvard Munch (1863-1944), Noël au bordel

Huile sur toile. H. 60 cm ; L. 88 cm.

Oslo, Munch Museum

© Munch-museet/Munch - Ellingsen Gruppen/Bono

Dans ces représentations souvent contrastées se mêlent tout à la fois observation scrupuleuse et imagination, indiscrétion et objectivité, approche clinique et fantasmes débridés. Mais pour singuliers qu'ils soient, tous ces regards jetés sur le monde de la prostitution sont exclusivement ceux d'artistes masculins. Aussi, derrière l'évocation des plaisirs et des maux, des ascensions fulgurantes et des vies misérables, c'est aussi le poids de la condition féminine à l'époque moderne qui transparaît [1]. » 

Henri Evenepoel – Au café d'Harcourt à Paris.jpg

Henri Evenepoel (1872-1899), Au café d'Harcourt à Paris (1897)

Huile sur toile. H. 114 cm ; L. 148 cm.

Francfort-sur-le-Main, Städel Museum

© Städel Museum – U. Edelmann – ARTOTHEK

Le musée informe que certaines des œuvres présentées dans l'exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public).

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cet événement artistique majeur vaut impérativement la visite, ne serait-ce qu’en raison de la notoriété des artistes et de la qualité des œuvres qu’il réunit !

Bernard DELCORD

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910, ouvrage collectif, Paris, coédition Flammarion et Musée d’Orsay, septembre 2015, 307 pp. en quadrichromie au format 25,2 x 30,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

Commissariat :

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg,

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam

Scénographie :

Robert Carsen, scénographe et directeur artistique

Informations pratiques :

Adresse :

Musée d'Orsay

62, rue de Lille

75343 Paris Cedex 07

Tél. : 00 33 1 40 49 48 14

Horaires :

Ouverture

- de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche

- de 9h30 à 21h45 le jeudi

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi

Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre.

Tarifs :

Billet musée :

Ce billet donne accès aux collections permanentes, et aux expositions temporaires, dans la limite des places disponibles.

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8,50 €

- Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

- Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

- Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Billetterie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/visite/billets-dentree/bille...

22 09 15

« La musique peut rendre les hommes libres. » (Bob Marley)

60 questions étonnantes sur la musique.jpgLes Éditions Mardaga à Bruxelles ont lancé en septembre 2015 une nouvelle collection de psychologie, « In psycho veritas », dont l’un des premiers titres publiés est 60 questions étonnantes sur la musique et les réponses qu’y apporte la science, un amusant – et passionnant – petit essai paru sous la plume de Valentine Vanootighem, docteure en psychologie et chercheuse à l'Université de Liège.

Très active dans le domaine de la vulgarisation scientifique, l’auteure est aussi chroniqueuse pour Psychologies Magazine Belgique et elle collabore au projet Psychopium.com, qui diffuse la psychologie scientifique au plus grand nombre. Elle est également passionnée par la musique, qu'elle pratique depuis sa plus tendre enfance.

Dans son ouvrage, elle répond, sur une double page et dans un langage accessible, en se basant sur des recherches scientifiques récentes, à des questions comme :

Comment se débarrasser d'un air qui vous trotte en tête ? Chante-t-on faux parce que l’on entend mal ? Les bébés préfèrent-ils les chants a capella ? Est-il dangereux de chanter au volant ? À quel âge faut-il commencer la musique ? Jouer d’un instrument améliore-t-il la mémoire ? La musique du restaurant peut-elle faire grimper l’addition ? Pourquoi la musique des films d’horreur nous angoisse-t-elle ? Faut-il écouter de la musique dans un bus bondé ? La virtuosité est-elle un don du ciel ? Étudier en musique mène-t-il à la réussite ? Faut-il écouter de la musique au travail ? Les émotions musicales sont-elles universelles ? Jouer d'un instrument rend-il plus intelligent ? La musique aide-t-elle à bien dormir ? Faut-il écouter de la musique après une attaque cérébrale ? La musicothérapie est-elle utile face à l’autisme ?

Si on se le demandait… Eh bien, maintenant on le sait !

Bernard DELCORD

60 questions étonnantes sur la musique et les réponses qu’y apporte la sciencepar Valentine Vanootighem, illustrations de Philippe de Kemmeter, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « In psycho veritas », septembre 2015, 144 pp. en bichromie au format 13,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 €

21 09 15

« Willy Bal, l’Africain »…

Enjeux et atouts du français en Afrique noire.jpgIntroduit par le grand écrivain et universitaire congolais Valentin-Yves Mudimbe [1] et édité par le professeur Jean Germain de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve chez L’Harmattan à Paris sous le titre Enjeux et atouts du français en Afrique noire, un recueil d'articles rédigés entre 1966 et 2006 par feu le grand linguiste belge Willy Bal fait un exposé passionnant des caractéristiques du français tel qu’on le parlait et le parle encore en Afrique centrale.

Voici la présentation de l’ouvrage par Jean Germain :

« Willy Bal (1916-2013), nommé professeur en 1956 à l'Université de Lovanium (Kinshasa), est chargé d'y fonder une section de philologie romane, la première en Afrique. Parachuté dans un continent dont il avoue ignorer presque tout à l'époque, il va s'initier à la linguistique africaine et ouvrir des domaines nouveaux pour la recherche : le sort du français en Afrique et le contact des langues sur ce même continent.

Wallon "wallonnant" et "tiers-mondialiste", selon ses propres termes, il aime expliquer que cette paysannerie dont il est issu lui a fait découvrir bien des vérités en Afrique. Francophone militant, respectueux des langues et des spécificités africaines, il milite non pas pour défendre un français de puristes, mais avant tout pour que le monde de la francophonie devienne un monde de solidarités. "Solidarité par le français pour le développement", tel est son credo.

À travers une douzaine de ses articles gravitant autour du français en Afrique noire, publiés au lendemain de la décolonisation et s'échelonnant sur 40 années (1966-2006), c'est toute l'histoire et la conception de l'enseignement de la langue française en Afrique subsaharienne qui sont rappelées ici, ainsi que la cohabitation tout aussi essentielle avec les langues africaines indigènes et l'apport indéniable du français d'Afrique au français universel.

Un témoignage de premier plan sur la francophonie africaine, par celui qui présida le conseil scientifique de l'Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire. »

 

Table des matières :

Préface de Valentin-Yves Mudimbe

Introduction au recueil et à l’homme par Jean-Germain

Articles de Willy Bal :

Politique linguistique en Afrique noire (1966)

L'enseignement du français en Afrique (1967)

Contribution à l'étude des opinions exprimées par l'élite africaine au sujet des rapports entre les langues nationales et le français (1979)

Quelques données et réflexions à propos du français en Afrique noire (1981)

Sur l'acceptabilité de particularités lexicales du français en Afrique noire (1984)

À propos des particularités lexicales du français en Afrique noire (1984)

Présentation de l'Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire (1984)

Coopération au développement, la chance du français (1985)

Frontières politiques et variations du français en Afrique subsaharienne (1986)

Crise en francophonie africaine ? (l987)

Néologie et africanité (2006)

Confidences d'un Wallon « wallonnant » et « tiers mondialiste » (l990)

De la dialectologie wallonne aux problèmes linguistiques du Tiers-Monde (1991)

Bibliographie sélective de Willy Bal

 

Un ouvrage de référence !

Bernard DELCORD

Enjeux et atouts du français en Afrique noire par Willy Bal, préface de Valentin-Yves Mudimbe, Paris, Éditions L’Harmattan, mars 2014, 265 pp. en noir et blanc au format 13 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)


[1] Né en 1941 à Likasi, il a enseigné à l’université de Lubumbashi puis aux États-Unis, au Haverford College en Pennsylvanie et à l’université Stanford de San Francisco. Il enseigne actuellement à l’université Duke en Caroline du Nord.