03 12 15

« Y en a pas un sur cent, et pourtant, ils existent… » (Léo Ferré)

Ni Dieu ni Maître – Anthologie de l'anarchisme.gifDaniel Guérin (1904-1988) fut un écrivain révolutionnaire français, anticolonialiste, militant de l'émancipation homosexuelle, théoricien du communisme libertaire, historien et critique d'art. Il est notamment l'auteur de Jeunesse du socialisme libertaire (1959), Essai sur la révolution sexuelle après Reich et Kinsey (1963), Sur le fascisme (1965), Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire (1971), De l'Oncle Tom aux Panthères Noires (1973), La Révolution française et nous (1976) ou encore Homosexualité et révolution (1983).

En 2012, les Éditions La Découverte à Paris ont réédité son œuvre majeure [1], Ni Dieu ni Maître – Anthologie de l'anarchisme, un volumineux pavé – devenu un classique depuis sa première édition dans la « Petite collection Maspero » en 1970 – qui propose un choix raisonné de textes politiques et théoriques des grands noms de l'anarchisme.

En les replaçant en perspective, Daniel Guérin a retracé l'aventure d'un mouvement politique et intellectuel dont la force de contestation n'a jamais faibli depuis sa naissance au XIXe siècle. Il offre un panorama complet, sur deux siècles, de la pensée anarchiste, en restitue la richesse, et fait revivre les controverses qui l'animent.

L’auteur entend ainsi combattre le discrédit dont fut victime l'anarchisme, souvent réduit par ses détracteurs à une idéologie individualiste « réfractaire à toute forme d'organisation ».

La première partie de cette anthologie présente le travail théorique des anarchistes du XIXe siècle à travers des textes de Stirner, Proudhon, Bakounine, Guillaume et Kropotkine.

La seconde, plus historique, dresse le portrait des grandes figures du mouvement à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle : Malatesta, Henry, Pelloutier, Voline, Makhno, Durruti. Elle met aussi en lumière le rôle intellectuel et politique des anarchistes pendant la révolution russe et la guerre d'Espagne.

Une somme philosophique qui surprendra plus d’un lecteur par sa vivacité d’esprit et son approche a-dogmatique du monde et des hommes.

Par les temps qui courent, où règne en maître la pensée polluée du politiquement correct, voici un ouvrage parfaitement rafraîchissant !

Table des matières :

Un précurseur : Max Stirner

Pierre-Joseph Proudhon

Michel Bakounine

Les premiers disciples de Bakounine

James Guillaume

Pierre Kropotkine

Errico Malatesta

Émile Henry

Les anarchistes français dans les syndicats

Les collectivités espagnoles

Voline

Nestor Makhno

Cronstadt (1921)

L'anarchisme dans la guerre d'Espagne

Durruti et la guerre libertaire

L'anarcho-syndicalisme au gouvernement

Bernard DELCORD

Ni Dieu ni Maître – Anthologie de l'anarchisme par Daniel Guérin, Paris, Éditions La Découverte/Poche, janvier 2012, 768 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée monochrome à rabats, 18 € (prix France)

 

[1] Elle est toujours disponible en librairie à l’heure où nous écrivons ces lignes, en décembre 2015.

02 12 15

Cultures croisées…

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes.jpgLe catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

29 11 15

« L'argent, ah ! Fléau des humains ! » (Sophocle dans Antigone)

Essai sur la criminalité financière – Le club des Cassandre.jpgAprès avoir été avocat durant vingt ans, le Belge Michel Claise est aujourd’hui juge d’instruction en matière financière dans la capitale de l’Europe. Maître de conférences à l’Université d’Aix-en-Provence, il est également chroniqueur et romancier.

Il vient de publier aux Éditions Racine à Bruxelles un brillant ouvrage intitulé Essai sur la criminalité financière – Le club des Cassandre dans lequel il s’en prend à la délinquance des très nantis – entreprises comme particuliers – dont il dresse le portrait sans concession en vue de contrer cette métastase qui a envahi le monde.

« Cassandre, dit-il, fille du roi Priam, avait reçu d’Apollon le don de prophétie. Mais comme elle s’était refusée à lui, le dieu courroucé la frappa d’une terrible malédiction : jamais elle ne serait crue.

Il en va de même de ceux qui dénoncent l’explosion de la criminalité financière dans le monde et se battent contre ce phénomène, qui détruit les démocraties : on ne les croit pas !

Pourtant, les chiffres sont là : les entreprises pirates se sont introduites dans les économies saines, l’argent sale circule sans difficulté, la corruption gangrène les États, la cybercriminalité bouleverse les comportements, les organisations criminelles développent leurs activités par une ingénierie sans cesse en développement et par le recours à la violence.

Le tout sur fond de crise financière, dont les conséquences renforcent la puissance des mafias, et de menaces terroristes tout aussi déstabilisantes. Alors que les institutions internationales ne cessent de marteler l’urgence d’une prise de conscience du phénomène et du combat qu’il nécessite, au niveau national, les gouvernements paraissent en ignorer les messages. »

Une fameuse déclaration de guerre !

Bernard DELCORD

Essai sur la criminalité financière – Le club des Cassandre par Michel Claise, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2015, 208 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €.

 

Table des matières :

Avant-propos

Appel de Genève

Première partie : L'approche du concept dans la société mondiale actuelle

Un regard sur le passé et son présent héritage

C'est l'histoire d'un escalier

Première marche

Deuxième marche

Troisième marche

Quatrième marche

Tiens, un palier !

Cinquième marche

Sixième marche

Septième marche

Vous en pensez quoi, de la criminalité financière ?

Le désarroi des entrepreneurs

Pour 650 dollars seulement, entrez au paradis des sociétés offshore

Des chiffres et des lettres

Les belligérants

L'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE)

Le Groupe d'Action financière (GAFI)

FMI & Banque mondiale

Groupe Egmont

Union européenne

Conseil de l'Europe

ONU

Europol (European Police Office)

Eurojust

Eurofisc

Transparency International

Administration fiscale

La détection des infractions financières

Forces et faiblesses de la répression

Les acteurs de l'enquête

L'enquête

Le procès

« Selon que vous serez… »

Les aspects positifs

Les aspects négatifs

Deuxième partie : Galerie de portraits des infractions financières

Début de l'exposition

La corruption

La corruption publique

La corruption privée

Le blanchiment d'argent

Étendue des comportements illicites

L'infraction est principale et non accessoire

L’auteur de l’infraction en amont peut être son propre blanchisseur

L'implication des coauteurs et complices et ses conséquences dans leur patrimoine en termes de confiscation

Le délit d’initié

L’information privilégiée

L’information privilégiée doit être connue d’un « initié »

Les « initiés » se rendent coupables d'actes déterminés, achat-vente, recommandation de cette opération, dévoilement de l'information

Les organisations criminelles

La fraude sociale

Accès aux droits sociaux

Régularisation du séjour

Accès à des prêts bancaires

Regroupement familial

La fraude fiscale

Le choix de la voie le moins imposée

La fraude fiscale en général

La criminalité fiscale

Évasion fiscale

Paradis fiscaux

La cybercriminalité

Le faux informatique et le skimming

Le phishing

Le hacking

Le cyberespace

Bitcoin

Melting pot

L'escroquerie

Faux et usage de faux

La contrefaçon

Troisième partie : Le complexe du brahmane Sissa

Échec et math

Allô la terre ?

Belgium, no point!

Sur le plan législatif et judiciaire

L'appareil de l'État

Que fait la police ?

Et l'administration ?

Conclusion

Opération CTIF (Caïman Target International Fight)

Index

29 11 15

« Là où il y a charité et sagesse, il n'y a plus ni peur ni ignorance. » (François d'Assise)

François d'Assise selon Giotto.jpgAgrégé d'italien, docteur ès-lettres, Michel Feuillet est maître de conférences émérite à l'université Lyon-III-Jean-Moulin. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages à François d'Assise (1181-1226) et à Fra Angelico (1395-1455).

Il est l’auteur d’un fort beau livre de commentaires de l'œuvre de Giotto (réunissant pas moins de 80 reproductions en couleurs) dans ses rapports avec les préceptes et admonitions de François d’Assise, un ouvrage intitulé François d'Assise selon Giotto publié à Paris aux Éditions Desclée de Brouwer, dans lequel il se penche sur le cycle de fresques de la basilique supérieure et sur les allégories franciscaines de la basilique inférieure d’Assise ainsi que sur les fresques de la chapelle Bardi dans la basilique Santa Croce de Florence.

C’est que, après la mort de François d’Assise, on voulut honorer sa mémoire par des peintures, se posa le problème de son héritage spirituel. Quelles images donner de lui ? Quelles actions représenter ?

On chargea Giotto (1267-1337) de réaliser les fresques de la basilique d’Assise en donnant satisfaction à la hiérarchie ecclésiastique, prudente et modérée. Très vite cependant, l’artiste noua une profonde complicité spirituelle avec le saint, empreinte d’une profonde empathie que confirmeront les œuvres ultérieures.

Écoutons Michel Feuillet :

« Le franciscanisme de Giotto est riche et complexe. Il est tributaire de la doctrine officielle de l'ordre. Cela étant, le génie de Giotto transcende les directives de ses commanditaires et, en de nombreux points, il rejoint le poverello dans son témoignage originel : humanité, vérité, poésie, dépouillement, amour fou, amour de ses frères les hommes, amour de toute créature et amour de Dieu, des vertus qui toutes montrent Dieu à l'œuvre dans la réalité d'ici-bas.

François chasse les démons de la ville d'Arezzo.jpg

Vie de Saint François, dans la basilique supérieure d’Assise.

Scène 10 : François chasse les démons de la ville d'Arezzo.

Ainsi, Giotto, se situe au-delà des discordes. Au-delà de toute querelle. Il synthétise les différents visages dont se réclament les héritiers. En cela, on peut vraiment dire qu’il est un disciple de François. Un frère de François… »

La rencontre de deux grands esprits, en somme…

Bernard DELCORD

François d'Assise selon Giotto par Michel Feuillet, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, mars 2015, 155 pp. en quadrichromie au format 25,3 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

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29 11 15

Pour l'éternité...

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout (cover).jpgJusqu’au 20 avril 2016, le Musée du Cinquantenaire de Bruxelles – dont les collections, fait hélas trop peu connu, sont d’une immense richesse en la matière –dévoile les secrets des sarcophages égyptiens dans une importante exposition intitulée Sarcophagi, consacrée à l’évolution des rites funéraires dans l’Égypte ancienne.

En voici la présentation officielle :

« L’éternité. Renaître, tel Osiris, tel le soleil qui, depuis l’origine des temps, revient chaque matin à la vie grâce à la déesse Nout, la voûte céleste : telles étaient les espérances des anciens Égyptiens concernant leur vie après la mort. C’est donc sous le signe de Nout qu’est placée la grande exposition du Musée du Cinquantenaire. Celle-ci retrace l’évolution des rites funéraires de l’Égypte ancienne, de la préhistoire jusqu’à la période gréco-romaine, en dévoilant les fantastiques secrets des sarcophages.

Les douze heures de la nuit

L’exposition est divisée en douze salles, chacune symbolisant une des douze heures de la nuit, pendant laquelle le soleil effectue son trajet vers sa résurrection quotidienne. Chaque salle a été aménagée autour d’une pièce phare sélectionnée pour la richesse de ses significations religieuses, funéraires et historiques, ou pour ses qualités formelles.

Dans la première, plongée dans la pénombre, les visiteurs sont accueillis par un groupe de quatre extraordinaires pleureuses en terre cuite, qui les immergent d’emblée dans l’atmosphère des funérailles égyptiennes. La deuxième salle familiarise avec tout ce dont le défunt devait disposer dans sa tombe pour avoir accès à la vie éternelle. Plusieurs salles présentent ensuite l’évolution des sarcophages au fil du temps, depuis les simples caisses non décorées de la préhistoire et de l’Ancien empire jusqu’aux cercueils richement ornés des périodes postérieures. Une salle est également consacrée aux momies et aux sarcophages d’animaux.

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout (affiche expo Sarcophagi).jpg

Affiche de l’exposition

Restauration en direct

Rappelant la Ouâbet (la « Place pure ») dans laquelle les prêtres égyptiens momifiaient les défunts, un laboratoire de restauration vitré a été installé au cœur de l’exposition. Une équipe de spécialistes de l’Istituto Europeo del Restauro d’Ischia (Italie) y travaille en permanence sous les yeux des visiteurs pour y restaurer la série des dix sarcophages et planches de momies appartenant au Musée du Cinquantenaire et provenant de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari.

Les secrets des sarcophages

Quels seront les secrets des sarcophages ainsi dévoilés ? Environ deux-tiers des objets qui sont exposés, parmi lesquels plusieurs sarcophages, n’ont jamais été présentés au public. Ils ont donc quitté pour la première fois le secret de leurs réserves.

Les visiteurs peuvent également découvrir les secrets des passionnantes aventures archéologiques qui ont abouti à la découverte de ces sarcophages. On leur apprendra en outre à décoder les secrets du fonctionnement mythologique d’un sarcophage, dont chaque détail de la décoration possède une signification.

Enfin, la restauration en direct des sarcophages de Deir el-Bahari dans un laboratoire installé au sein de l’exposition révèlera les secrets de fabrication de ces œuvres. »

Par ailleurs, Luc Delvaux est docteur en égyptologie de l’Université de Strasbourg. Il est conservateur de la collection Égypte dynastique et gréco-romaine aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Ses recherches portent essentiellement sur la statuaire égyptienne et l’art du Nouvel Empire.

Quant à Isabelle Therasse, elle est licenciée en archéologie et histoire de l’art (spécialisation Égypte) de l’Université catholique de Louvain. Elle est membre du Service éducatif et culturel des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle a participé à plusieurs missions d’art rupestre en Égypte, à Qurta et à El-Hosh.

Ces deux très grands spécialistes ont uni leurs efforts pour rédiger le splendide catalogue de l’exposition, paru aux Éditions Racine à Bruxelles sous le titre Sarcophages – Sous les étoiles de Nout, un monument de vulgarisation subtile et intelligente.

Écoutons-les :

« Pendant trois mille ans d’histoire, l’obsession égyptienne pour la survie a conduit à l’élaboration de milliers d’objets de tous types, notamment les cercueils et sarcophages, dont les plus anciens exemplaires remontent à l’époque prédynastique, et dont l’usage se poursuit, à travers de très nombreuses mutations, jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Les parois des cercueils et sarcophages s’animent d’images de divinités, de textes sacrés et de représentations mythologiques qui sont, pour les défunts, autant d’instruments de renaissance.

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout (cercueils emboîtés d’Ousirmes).jpg

Cercueils emboîtés d’Ousirmes

Selon les conceptions égyptiennes de l’au-delà, le mort participe aux cycles du dieu solaire Rê dont il accompagne les navigations diurne et nocturne, et les renaissances matinales. Mais il est aussi assimilé à Osiris, le premier mort égyptien à avoir été momifié, après que, selon le mythe, ses sœurs Isis et Nephthys aient rassemblé les membres épars du dieu, assassiné par son frère Seth.

Nout, la mère du dieu, peut être représentée sur le fond des cercueils, bras étendus, comme si elle embrassait le défunt, ou à l’intérieur des couvercles, au-dessus du mort, comme la déesse du ciel au corps semé d’étoiles qui avale le soleil au soir pour le remettre au monde chaque matin.

C’est à la découverte des conceptions égyptiennes de l’au-delà que nous invitons le lecteur de notre ouvrage qui décrit et illustre pour la première fois une large sélection de cercueils et de sarcophages des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. »

Un fleuron d’égyptologie et d’histoire de l’art !

Bernard DELCORD

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout par Luc Delvaux & Isabelle Therasse, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 21 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27,50 €.

 

Informations pratiques sur l’exposition Sarcophagi :

Musée du Cinquantenaire

Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles

info@mrah.be

Tél. 00 32 741 72 11

Dates :

Jusqu’au 20 avril 2016

Jours d'ouverture :

Du mardi au vendredi : 9:30h - 17:00h.

Samedi et dimanche : 10:00h - 17:00h.

Fermeture de la billetterie à 16:00h.

Fermé les lundis (lundi de Pâques inclus) et les jours fériés suivants : 01/01 et 25/12.

Attention : les 24 et 31 décembre, les Musées ferment à 14.00h et la caisse à 13.00h.

Tarifs :

– Adultes (26-64 ans) : 13 €

– Jeunes (19-25 ans), seniors (65 +), groupes d'adultes (15 pers. min.) : 10 €

– Enfants (4-18 ans), étudiants de l'enseignement artistique ou en archéologie et histoire de l'art et en formation pédagogique, demandeurs d'emploi, moins valides et leur accompagnateur : 7 €

– Enfants (-4 ans), presse, ICOM : gratuit.

Consignes diverses :

Le vestiaire est obligatoire et gratuit.

Il est interdit de prendre des photos avec flash ou pied.

Dans le cadre des nouvelles règles de sécurité, des contrôles plus importants se feront à l'entrée du Musée et il est demandé aux visiteurs de ne pas se présenter avec des sacs à dos ou de grands sacs.

28 11 15

Vu de Belgique…

Anthologie du surréalisme belge.jpgBijou scintillant de la littérature francophone de notre pays dans ce qu’elle a de plus créatif, l’Anthologie du surréalisme belge établie par Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand et parue aux Éditions Espace Nord à Bruxelles rassemble des textes d’auteurs et d’artistes qui ont marqué la production française du XXe siècle – comme Paul Nougé, E.L.T. Mesens, Marcel Mariën, Louis Scutenaire et Achille Chavée –, voire mondiale, avec Christian Dotremont, le groupe du Daily-Bul ou René Magritte.

On y découvre une vision du monde qui, au-delà des clivages idéologiques, des débats houleux et des pratiques de la pensée divergente, en raison de son caractère essentiellement décalé et parce qu’elle se fonde sur les détournements de l’ordre préconisé ou établi si chers à nos compatriotes, rétablit les vérités cachées et ouvre sur les visions a priori insaisissables de l’avenir, parfois avec un humour des plus décapants.

On y apprend aussi que les seconds couteaux du mouvement (André Souris, Camille Goemans, Irine, Marcel Lecomte, Fernand Dumont, Marcel Havrenne, Tom Gutt et bien d’autres…) furent des bretteurs hors pair, se jouant de la langue et des images avec une aisance admirable.

Les spadassins de la modernité !

Bernard DELCORD

Anthologie du surréalisme belge établie par Paul Aron et Jean-Pierre Bertrand, Bruxelles, Éditions Espace Nord, novembre 2015, 348 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €.

25 11 15

Drapeau écossais…

Whisky par Tom Bruce-Gardyne.jpgJournaliste et auteur écossais, collaborateur régulier du Herald Scotland à la rubrique des vins et spiritueux, Tom Bruce-Gardyne a écrit plusieurs ouvrages réputés sur le scotch whisky. Il est également « maître du Quaich » (autrement dit maître de la Coquille Saint-Jacques en gaélique), une association de gardiens du temple créée à la fin des années quatre-vingt pour rendre hommage à tous ceux qui ont rendu service à l'Écosse... et au whisky !

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce qu’il soit l’auteur d’un remarquable livre-objet sobrement intitulé Whisky dont la traduction française a paru aux Éditions Larousse à Paris.

Il y présente les multiples facettes et secrets du plus fabuleux des spiritueux : sa fabrication, son histoire, ses « barons » et la visite de ses remarquables distilleries dans les plus belles régions d'Écosse.

Écoutons l’auteur :

« Si le whisky des origines était fort rudimentaire, on lui prêtait toutefois de nombreuses vertus "médicinales". Au XVe siècle, il était considéré comme un excellent désinfectant qui, de plus, soignait les yeux fatigués, la teigne et les boutons.

Très utile aussi pour masser les articulations douloureuses ou réchauffer les membres lors des hivers rigoureux, il rendait également les hommes "joyeux, spirituels et plus audacieux". Ses ingrédients modestes, de l'orge et de l'eau, lui permettaient d'être fabriqué partout en Écosse... et le plus souvent illégalement !

Quel chemin parcouru depuis ces origines jusqu'au raffinement actuel ! »

Et l’éditeur d’ajouter fort justement :

« En sillonnant avec Tom Bruce-Gardyne la “route des whiskies” à la découverte des plus belles régions d'Écosse (les Highlands, le Speyside, Campbeltown, les Lowlands, Islay et les autres îles Hébrides), les amateurs éclairés comme les néophytes trouveront dans ce livre une multitude d'informations pour apprécier plus encore le scotch whisky.

En poussant la porte des plus grandes distilleries, ils découvriront autant de témoignages de la pérennité et du dynamisme de cet alcool millénaire et... de précieuses notes de dégustation. On le sait, le whisky est une affaire des plus sérieuses en Écosse. Plus qu'une tradition, c'est un art de vivre ! Il est d'ailleurs admirablement présent dans tous les domaines de la culture : fêtes traditionnelles, music-hall, cinéma, chanson, poésie et littérature.

En plus d'un ouvrage superbement illustré, ce coffret contient 20 fac-similés très rares.

Lettre de charles Dickens.jpg

Fac-similé d’une lettre de Charles Dickens à un ami et à laquelle il joint une bouteille de « rare vieux » whisky Glenlivet. Il lui recommande de le boire « avec autant d’enthousiasme que je le boirais à votre santé ». (1852)

D'un extrait des registres du Trésor public d'Écosse avec le premier témoignage écrit de distillation de whisky (1494) au dessin original de « l'homme qui marche », symbole de Johnnie Walker, d'une lettre de Charles Dickens accompagnant l'envoi d'une bouteille de Glenlivet à un ami, au mandat de la reine Victoria pour les frères Chivas, en passant par des sous-bocks publicitaires Black & White et Buchanan, ces documents compléteront admirablement votre immersion. »

Un univers gustatif à savourer avec modération, cela va de soi !

Bernard DELCORD

Whisky par Tom Bruce-Gardyne, Paris, Éditions Larousse, traduit de l’anglais par Valérie Feugeas et Hélène Tordo octobre 2015, un coffret au format 28,5 x 32 cm contenant un ouvrage de 108 pp. en quadrichromie accompagné de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 € (prix France)

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25 11 15

Saveurs planétaires…

Comme un chef .jpgVous recherchez un livre de cuisine clair et complet pour maîtriser les grandes techniques actuelles et enrichir son répertoire culinaire ? Vous voulez connaître les secrets d'un beurre blanc safrané ou d'une crème fouettée légère ? Vous voulez préparer une terrine de foie gras ou du porc sucré à la thaïlandaise ?

Avec Comme un chef – Techniques et recettes pour réussir, un ouvrage collectif publié à Paris aux Éditions Larousse, vous vous laisserez guider pas à pas et en images par 18 grands chefs pour apprendre avec eux les gestes et les techniques de base, tous illustrés étape par étape, et vous découvrirez de nouvelles manières de cuisiner et d'associer les saveurs.

L’ouvrage fournit plus de 500 recettes d'ici et d'ailleurs, illustrées de 1700 photos pour réaliser entrées, mousses et écumes, fonds et sauces, viandes, volailles, poissons, crustacés, légumes, pâtes fraîches, pains, gâteaux, biscuits, entremets, fruits, avec les conseils et les tours de main de 18 chefs du monde entier, dont Ferran Adrià pour les écumes et les mousses, Paul Gayler pour les sauces et les assaisonnements, Peter Gordon pour les épices et les aromates, Hisayuki Takeuchi pour la cuisine japonaise, Ken Hom pour la cuisine chinoise, Atul Kochhar pour la cuisine indienne, David Thompson pour la cuisine thaïe, Rick Bayless pour la cuisine mexicaine, Pierre Hermé pour la pâtisserie…

Bernard DELCORD

Comme un chef – Techniques et recettes pour réussir, ouvrage collectif, préface de Pierre Hermé, Paris, Éditions Larousse, septembre 2015, 648 pp. en quadrichromie au format 23,8 x 28,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 34,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la recette suivante, du chef irlandais Shaun Hill :

Pigeon aux épices

On distingue les pigeons d'élevage, nourris au grain pour la table, et les pigeons sauvages, à chair brune. Les premiers sont plus coûteux, car ils donnent une chair claire et tendre.

L'élevage de pigeons jouit d'une longue tradition. Les pigeons sont très appréciés en Afrique du Nord, notamment au Maroc, où on les prépare en pastilla, célèbre feuilleté sucré-salé. Comme dans certaines régions de France, dans l'Angleterre du XIe siècle, les riches Normands possédaient un pigeonnier pour fournir de la viande à toute la maisonnée.

La cuisson de ces petits oiseaux est plus longue qu'on ne l'imagine, car leur chair est ferme. Prévoyez donc de 35 à 40 minutes. Vous ferez une sauce délicieuse avec le jus de cuisson.

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 petit poivron rouge, épépiné et émincé

1 gousse d'ail

1 cuiller à soupe de menthe ciselée

8 raisins secs, gonflés dans 4 cuillers à soupe de vin doux tiédi

1 cuiller à café de cannelle moulue

1 cuiller à café de cumin moulu

1 cuiller à café de filaments de safran

2 cuillers à soupe d'huile d'olive

4 pigeons, sans la fourchette

10 cl de vin blanc

Recette :

Dans un mortier, écrasez au pilon 1e poivron, l'ail, la menthe, les raisins et les épices jusqu'à obtention d'une pulpe.

Incorporez l’huile d’olive, mélangez bien.

Enduisez les pigeons de la préparation obtenue et enveloppez-les dans du film alimentaire.

Laissez mariner 2 heures au réfrigérateur.

Préchauffez le four à 200°C (thermostat 6-7).

Les cuisses sont suffisamment tendres pour cuire avec le reste de l’animal, mais leur cuisson étant plus longue, disposez les pigeons sur le côté pour qu’elles absorbent directement la chaleur.

Faites-les cuire 15 à 20 minutes, retournez-les et prolongez la cuisson de 20 minutes.

Incorporez le vin aux sucs du plat, faites chauffer.

Passez la sauce au chinois au-dessus d'un bol, dégraissez, servez avec les pigeons.

Variantes :

Vous pouvez faire rôtir le pigeon sur le dos, détache r les cuisses quand les filets sont cuits et les remettre au four pour qu'elles finissent de cuire pendant que vous laisserez reposer le pigeon.

Le jus de cuisson est idéal pour parfumer un riz pilaf accompagné de dés d'aubergine et de courgette.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 11 15

Pickpocket...

Voleur de vies.jpg« Il a dix-neuf ans. Son surnom, c'est Lézard, parce qu'il se faufile dans la ville, se glisse entre les passants et leur vole leur portefeuille. Il a une manie particulière, il conserve les cartes d'identité de ses victimes, se construit mille vies à partir de celle des autres... Lorsque Lézard rencontre une jeune fille spéciale nommée Méduse, qui l’attirera jusque chez un écrivain, tout bascule vers un destin inattendu. Finalement, qui vole qui ? »

Dans Voleur de vies, un excellent roman pour les jeunes, riche et dense, paru chez Mijade à Namur, Frank Andriat pose avec le talent qu’on lui connaît la question des classes sociales et, bien au-delà, de la différence entre réalité et fiction...

Avis aux adolescents, à leurs parents et aux professeurs de français !

Bernard DELCORD

Voleur de vies par Frank Andriat, Namur, Éditions Mijade, septembre 2015, 216 pp. en noir et blanc au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,00 €

24 11 15

Le secret des affaires…

Le Tabouquin.jpgCollaboratrice scientifique à HEC-ULg, Nathalie Marly publie des romans, des nouvelles et des ouvrages économiques aux allures de fiction. Spécialisée dans les entreprises familiales et en communication d’entreprise, elle dirige sa propre société qu’elle a créée après dix années de journalisme en télévision à la RTBf où elle a notamment présenté l'émission de recherche judiciaire Appel à Témoins.

Dans son dernier ouvrage intitulé Le Tabouquin ou quels sont les petits secrets des entrepreneurs familiaux ? paru à Liège aux Éditions Dricot [1], elle dévoile les tabous des entreprises familiales.

Ce roman économique, commandé par l’Institut de l’Entreprise Familiale (IEF), est basé sur une étude scientifique réalisée par Nathalie Crutzen, professeure à HEC-ULg. À contre-courant des ouvrages classiques de management, il s’agit d’un subtil mélange de divertissement et d’étude scientifique.

En voici le pitch :

« L’histoire commence par un SMS énigmatique que reçoit une journaliste – un peu fantasque – en charge d’orchestrer un colloque aux allures d’émission de télévision. Projecteurs, caméras et une dizaine de techniciens sont mobilisés pour proposer un show multimédia à un public d’entrepreneurs familiaux.

Sur la scène défilent, interrogés par cette journaliste – étrangement très attachée à son sac qui caquette –,des experts et des patrons d’entreprises qui donnent vie à la problématique des tabous des entreprises familiales.

Ils y répondent à 100 questions qui les empêchent bien souvent de dormir, comme : “Quand faut-il parler pour la première fois aux enfants de l’entreprise familiale ? Faut-il privilégier à tout prix l’entente familiale ? Parents, enfants, frères et sœurs parlent-ils des salaires ? Reconnaissent-ils leurs (in)compétences ? Discutent-ils de la transmission de l’entreprise ? Pourquoi les pères ne parviennent-ils pas à recueillir les états d’âme de leurs enfants ?”

Derrière les confessions sur les secrets de famille ou les solutions pour venir à bout des tabous, Nathalie Marly – en lutte interne permanente avec un étrange personnage nommé Nombril du Monde –confie, au sein de cet ouvrage, ses idées incongrues… »

Une approche particulièrement originale !

Bernard DELCORD

Le Tabouquin ou quels sont les petits secrets des entrepreneurs familiaux ? par Nathalie Marly, Liège, Éditions Dricot, collection « Entreprise familiale », novembre 2015, 194 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €

 

[1] www.dricot.be