25 03 16

« Ce n’est pas les oiseaux qui sont les plus beaux plumes qui chantent le meilleur ! »

Le mariage de Mlle Beulemans .jpgFrantz Fonson (1870-1924) est acteur et directeur du Théâtre des Galeries à Bruxelles quand il rédige avec le journaliste Fernand Wicheler (1874-1935) Le Mariage de Mlle Beulemans, une comédie en 3 actes créée au théâtre de l'Olympia de Bruxelles le 18 mars 1910 et reprise à Paris, au théâtre de la Renaissance, le 7 juin 1910, une œuvre impayable mêlant le français au dialecte brusseleer et à la zwanze, dont le texte vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la célèbre collection « Espace Nord ».

On connaît l’argument :

Le jeune parisien Albert Delpierre est épris de Suzanne, la fille d'un brasseur bruxellois, M. Beulemans, chez qui il est en stage. Mais les obstacles se multiplient : Suzanne est déjà fiancée à Séraphin Meulemeester dont on apprendra qu’il a un enfant d'une jeune ouvrière ; Mlle Beulemans entreprendra alors de rompre ses fiançailles avec Séraphin et de le convaincre de retourner auprès de celle qu'il aime et de son fils. Parallèlement, elle se rapprochera d’Albert, mais Beulemans, exaspéré par les manières délicates et le « beau » français du nouveau prétendant, proclame qu'il « n'aime pas ce garçon » et voit grandir sa mauvaise humeur en apprenant qu'il est évincé de la présidence d'honneur de la Société des Brasseries.

Le succès fut immense et demeura pérenne, notamment dans la mise en scène pour la télévision de 1967 dans laquelle jouèrent Christiane Lenain, Jacques Lippe ainsi que Leonil Mc Cormick, et la pièce fut montée ensuite en 1978, 1998, 2004 et 2014, avec d’autres troupes, mais toujours le même triomphe.

Plus fort encore, dans un message dédié en 1960 au public bruxellois pour le cinquantenaire de la pièce, Marcel Pagnol raconta lui-même la genèse sa Trilogie marseillaise :

« Vers 1925, parce que je me sentais exilé à Paris, je m’aperçus que j’aimais Marseille et je voulus exprimer cette amitié en écrivant une pièce marseillaise.

Des amis et des aînés m’en dissuadèrent : ils me dirent qu’un ouvrage aussi local, qui mettait en scène des personnages affublés d’un accent aussi particulier, ne serait certainement pas compris hors des Bouches-du-Rhône, et qu’à Marseille même, il serait considéré comme un travail d’amateur. Ces raisons me parurent fortes et je renonçai à mon projet : mais en 1926, je vis jouer Le Mariage de Mlle Beulemans ; ce chef-d’œuvre avait déjà 16 ans et son succès avait fait le tour du monde.

Ce soir-là, j’ai compris qu’une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique pouvait parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d’un pays et plaire dans le monde entier.

J’ai donc essayé de faire pour Marseille ce que Fonson et Wicheler avaient fait pour Bruxelles, et c’est ainsi qu’un brasseur belge est devenu le père de César et que la charmante mademoiselle Beulemans, à l’âge de 17 ans, mit au monde Marius.

Il y a aussi un autre personnage qui doit la vie à la comédie bruxelloise : c’est M. Brun qui est assez paradoxalement le fils naturel du parisien Albert Delpierre. J’avais en effet remarqué que son accent faisait un plaisant contraste avec celui de la famille Beulemans et qu’il mettait en valeur la couleur bruxelloise de la pièce. C’est pourquoi, dans le bar marseillais de César, j’ai mis en scène un Lyonnais. »

Sans le moindre ostracisme

Bernard DELCORD

Le mariage de Mlle Beulemans – Comédie en 3 actes par Frantz Fonson et Fernand Wicheler, préface et postface de Paul Emond, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €

Écrit par Brice dans Belge, Bernard Delcord, Théâtre | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 03 16

Voyage en musique…

Les instruments d'Afrique .jpgMoussa le singe aime la musique... et s'amuser !

En sa compagnie, avec Les instruments d’Afrique paru chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album composé par Dramane Dembélé et illustré par Rémi Saillard, l’enfant écoute chaque instrument, sur des musiques originales composées et interprétées par Dramane Dembélé, puis il devine à quoi il ressemble et il soulève un flap pour le voir et découvrir ainsi 5 instruments traditionnels africains : le djembé, le n'goni, la sanza, le tama et la flûte peule.

L’occasion aussi de voir des zèbres, des insectes, un hippopotame, des fétiches, des oiseaux, des éléphants, une pirogue…

Et, à la fin, d’entendre un superbe morceau avec tous les instruments !

Bernard DELCORD

Les instruments d'Afrique, musique de Dramane Dembélé, illustrations de Rémi Saillard, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Écoute & devine », août 2015, 14 pp. cartonnées en quadrichromie au format 19,8 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs et accompagnées d’un CD audio, 13,10 € (prix France)

25 03 16

« Quel premier communiant n'a rêvé d'être pape ? » (François Mitterrand)

Dictionnaire des papes.jpgProfesseur à l'Université de Reims pendant 27 ans, Ivan Gobry (né en 1927) a aussi été membre du conseil scientifique de l'Université de la Citoyenneté européenne (Conseil de l'Europe) et professeur à l'Institut catholique de Paris.

C’est un médiéviste et un philosophe réputé, spécialiste entre autres de l'histoire de l'Église et de ses institutions, sur lesquelles il a publié de nombreux ouvrages.

Dans l’édition 2013, augmentée et mise à jour, de son Dictionnaire des papes paru chez Pygmalion à Paris, il dresse le portrait de tous les papes, des plus obscurs aux plus brillants, qui se sont succédé sur le trône de saint Pierre, depuis ce dernier jusqu’à l’avènement de François.

Chaque notice comprend leurs dates de naissance et de mort, les dates de leur pontificat, la présentation des événements majeurs de leur règne, et l’ensemble est rédigé avec la plus stricte objectivité historique.

L’ouvrage est complété de cartes, de la liste chronologique des papes et des antipapes avec les dates de leur pontificat, d’explications sur la fonction papale et cardinalice, sur la « prophétie des papes » et sur la papesse Jeanne.

L’occasion d’en savoir plus sur les 23 Jean, les 16 Benoît, les 16 Grégoire, les 14 Clément, les 13 Léon, les 13 Innocent, les 12 Pie, les 9 Boniface, les 9 Étienne, les 8 Alexandre, les 8 Urbain, les 6 Paul, les 5 Martin, les 5 Félix, les 5 Célestin, les 4 Serge, les 4 Sylvestre, les 3 Calixte les 3 Victor ou les 2 Jean-Paul qui ont presque tous coiffé la tiare, mais aussi sur des personnages répondant aux noms pittoresques d’Agapet, de Clet, de Conon, d’Eutychien, d’Honorius, de Vigile, de Zozime…

Bernard DELCORD

Dictionnaire des papes par Ivan Gobry, Paris, Éditions Pygmalion, juin 2013, 537 pp. en noir et blanc + 8 pp. en quadrichromie au format 15,4 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 03 16

Ali, bou ma ye ! (Ali, tue-le !)

Chaos debout à Kinshasa.jpgSur un scénario du journaliste et écrivain belge Thierry Bellefroid, le bédéiste Barly Baruti, né en 1959 au Congo Belge, a dessiné un fort bel album dans lequel se mêlent les embrouilles, sur fond du fameux match de boxe dans la catégorie poids lourds qui, en 1974, à Kinshasa alors sous la coupe du dictateur Mobutu, opposa Mohamed Ali (né en 1942 dans le Kentucky, triple champion du monde entre 1964 et 1967, converti depuis 1965 à la religion mahométane [1], réfractaire de la guerre du Vietnam en 1967 et, pour ce fait, dépossédé de son titre et de sa licence de boxe, il fut rétabli dans ses droits en 1971 par la cour suprême américaine) au jeune George Foreman (né au Texas en 1949, champion olympique en 1968 et champion du monde professionnel WBA et WBC en 1973), deux athlètes noirs au sommet de leurs capacités.

En voici le pitch :

« 1974. Ernest, petit voyou de Harlem, navigue de combine en combine pour rembourser une dette à de dangereux malfaiteurs. Grâce à un concours organisé sur une radio privée, il gagne un voyage pour assister au "combat du siècle" entre Mohammed Ali et George Foreman, à Kinshasa ! Une aubaine pour Ernest qui va pouvoir se mettre au vert et renouer avec ses racines auprès de ses "frères africains". Mais il est loin d'imaginer dans quel état se trouve le Zaïre au plus fort de la guerre froide...

Dirigé d'une main de fer par le président-dictateur Mobutu, gangrené par la corruption, le pays est devenu un véritable nid d'espions et de politiciens véreux. Des individus sans scrupule qui n'ont rien à envier aux pires truands de Harlem... Dans ce roman graphique, les auteurs font découvrir des dessous d'un événement médiatique et historique. Ne se contentant pas de relater cet épisode connu de tous, ils en profitent pour éclairer sur le contexte de l'époque, imaginant comment la guerre froide s'est invitée dans cette page de l'histoire du sport...

Les dessous d'un combat de légende où tous les coups étaient permis… »

On se souviendra aussi que l’opinion zaïroise manipulée par le « Citoyen Président-Fondateur » (sic) considéra que Mohamed Ali représentait les Noirs et que George Foreman, parce que mieux intégré à la nation yankee pourtant principal soutien du Caligula africain d’alors – le Néron du continent étant à l’époque l’Ougandais Idi Amin Dada – était l’incarnation des… Blancs !

C’est pourquoi la populace, dans un bel élan de racisme passé à la postérité, encouragea Mohamed Ali au cri d’Ali, bou ma ye, Ali, tue-le…

Bernard DELCORD

Chaos debout à Kinshasa par Thierry Bellefroid et Barly Baruti, préface de Colette Braeckman, Grenoble, Éditions Glénat, février 2016, 112 pp. en quadrichromie au format 20 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 € (prix France)

 

1] Il avait rallié en 1965 le mouvement Nation of Islam d’Elijah Muhammad [1897-1975] avec qui s’était brouillé Malcolm X [1925-1965] peu avant son assassinat, puis Mohamed Ali s’est converti à l’islam sunnite en 1975.

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

06 03 16

On l’aime, nous aussi…

Passionnément Gainsbourg.jpgDoctorante en lettres, auteure de romans historiques et d’une biographie magistrale du père de Jean de Florette et de Manon des sources, – elle a fait paraître Althéa ou la Colère d'un roi chez Robert Laffont à Paris en 2010 puis, aux Éditions du Rocher à Monaco, Les Lys pourpres (2012), Les Venins de la Cour (2013), Marcel Pagnol, un autre regard (2014) et Raison souveraine (2015) –, Karin Hann est membre du jury du prix Marcel Pagnol et du Grand Prix du roman historique.

Elle a publié cette année, toujours aux Éditions du Rocher, un Passionnément Gainsbourg dans lequel elle se penche sur la destinée de l’homme disparu il y a 25 ans [1] qui, s’il laisse l'image d'un compositeur à succès talentueux, sulfureux, provocateur, blessé et à fleur de peau, est avant tout un poète véritable, qui s'inscrit dans la tradition des grands ancêtres maudits du XIXe siècle, dont il s'est très souvent inspiré.

Écoutons la biographe :

« À la suite de Rimbaud et surtout de Verlaine, il s'empare des grands thèmes romantiques, torturant son âme pour exorciser son mal de vivre dans des textes poignants et incisifs, sur des mélodies empruntées à de grands musiciens classiques ou nées de son imaginaire de pianiste de bar.

Maniant la langue française en virtuose, jouant de la sonorité des mots comme de leur sens, il s'adresse à un public sans cesse renouvelé avec une sincérité bouleversante. »

Dans son excellent ouvrage, fruit d'une longue recherche, Karin Hann démontre la richesse et la profondeur des œuvres de Serge Gainsbourg, en dévoilant parfois la face cachée de ses écrits, et elle met en lumière le caractère exceptionnel de cet artiste complexe, ainsi que son immense culture.

Car, s’il croyait en avoir la tête, notre homme en avait beaucoup dans le chou !

Bernard DELCORD

Passionnément Gainsbourg par Karin Hann, Monaco, Éditions du Rocher, février 2016, 264 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

 

[1] De son vrai nom Lucien Ginsburg, il était né le 2 avril 1928 à Paris et il y est mort le 2 mars 1991. Fils d'immigrants russes juifs, il fut tout à la fois auteur-compositeur-interprète, pianiste, artiste peintre, scénariste, metteur en scène, écrivain, acteur et cinéaste.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 03 16

« À la Saint-Martin, tue ton cochon et invite tes voisins. » (Proverbe français)

Apéro cochon.jpgL’ouvrage collectif paru aux Éditions Larousse à Paris sous le titre Apéro cochon propose 100 recettes de cochonnailles pour l’apéritif, cuisinées de la tête à la queue, parmi lesquelles :

– des piques de pommes de terre au reblochon et au bacon,

– des mini-brochettes de cabillaud au bacon,

– des brochettes de polenta au jambon sec,

– des gougères de jambon blanc à la mimolette,

– de la terrine de campagne au calvados,

– des samoussas de pied de cochon au cerfeuil,

– des tartelettes fines d’andouillette au confit d’échalote,

– des mini-quiches à la pancetta grillée et aux pignons de pin,

– des boulettes de porc teriyaki,

– des bouchées de poitrine confite à la citronnelle,

– des mini-brochettes de filet mignon et d’ananas caramélisé au gingembre,

– des tartines de jambon de Parme à la ricotta,

– des chaussons au boudin noir et pomme confite à la cannelle,

– des rouleaux de coppa à la poire et à la roquette

– des mini-caillettes aux herbes

– des pruneaux au bacon et aux pistaches…

De quoi confirmer l’adage bien connu qui veut que « dans le cochon, tout est bon ! »

Bernard DELCORD

Apéro cochon – 100recettes de cochonnailles pour l’apéritif, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, octobre 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 22,8 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette hispanisante suivante :

Mini-muffins au chorizo

Pour 8 à 10 personnes

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 15 minutes

Ingrédients :

50 g de chorizo

1 œuf

5 cl d’huile de tournesol

90 g de purée de carotte

30 g de farine

1 sachet de levure chimique

30 g de fécule de maïs

30 g d’oignon émincé finement

20 g de parmesan râpé

1 pincée de cumin

Sel et poivre

Recette :

Préchauffez le four à 180°C (thermostat 6).

Coupez le chorizo en petits dés.

Réservez.

À l’aide d’un fouet, mélangez l’œuf, l’huile et la purée de carotte.

Ajoutez la farine tamisée avec la levure, la fécule, l’oignon et le parmesan, et enfin les petits dés de chorizo.

Salez et poivrez.

Garnissez des moules à mini-muffins aux trois-quarts (soit une cuillerée à café bombée par moule).

Enfournez pour 15 minutes environ.

Dégustez les muffins chauds ou froids.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 03 16

À la recherche d’un temps perdu…

L'été de la rainette.jpgD’une grande subtilité, les 23 textes très courts que Corinne Hoex a rassemblés dans L’été de la rainette, un petit bijou de poésie pointilliste paru aux éditions Le Cormier à Bruxelles, commencent tous par : « Ce serait l’été », un incipit habile pour ces tentatives de retisser la toile d’un passé de petite fille enseveli dans les brumes de la mémoire et perdu dans les méandres d’un temps lointain.

Florilège :

 

« Ce serait l’été. Sous la table d’osier. À l’ombre de la nappe. Dans l’herbe où court une araignée brillante et noire comme un œil. L’été sous cette table parmi les écheveaux de soie de ton ouvrage. Ton premier point de croix. C’est là qu’il faut piquer.

Écheveaux en nattes. Cheveux en tresses. Rubans rouges papillonnant. »

 

« Ce serait l’été de tes cheveux coupés en frange. Des broderies sur ton col. Et de ta jupe à plis. L’été de l’oncle Armand qui raconterait des blagues et des bêtises au fond de ton oreille. Là où sa voix chatouille.

Frange lisse. Secrets de fourmis. »

 

« Ce serait l’été des lauriers blancs des lauriers roses. Derrière la remise le jardinier brûlerait les branches qui auraient trop poussé.

Crépitements. Flammes vives. Nous n’irons plus au bois. »

 

« Ce serait l’été pluvieux de la maison humide. L’été de la grenouille qui glisse sa tête verte entre les lames du volet. Une rainette dirait l’oncle Armand. Il faudrait faire un vœu.

Un vœu trois vœux dix vœux et sauter dans les flaques. Tes cheveux sentent la pluie dirait l’oncle Armand. »

 

« Ce serait l’été sous cette table. À l’ombre de la nappe. L’été où s’effiloche la soie solide de tes sept ans.

Fil brisé. Égaré au fond de ton oubli. »

 

Magnifique, non ?

Bernard DELCORD

L'été de la rainette par Corinne Hoex, Bruxelles, Éditions Le Cormier, mars 2016, 31 pp. en noir et blanc au format 14 x 19 cm sous couverture brochée en bichromie et à rabats, 10 €.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 03 16

Sacré Bescherelle...

S'en laver les mains et autres expressions bibliques.jpg

Formatrice en français, Françoise Claustres est également l'auteur de livres sur la Bible, notamment pour les enfants. Aux Éditions Hatier à Paris, dans la célébrissime collection « Bescherelle », elle a fait paraître S'en laver les mains et autres expressions bibliques, un petit essai illustré par le bédéiste Robin dans lequel on apprend que des expressions comme « gagner son pain à la sueur de son front », « trouver la perle rare », « jeter la première pierre », « un bouc émissaire », « ne pas bouger d’un iota », « une année sabbatique », « servir sur un plateau d’argent », « pleurer comme une madeleine », « une période de vaches maigres », « semer la zizanie », « quel tohu-bohu ! » trouvent leur origine dans la Bible.

L’auteure explique leur provenance, qu’elle est allée rechercher dans les pages de ce texte fondateur, et elle leur rend ainsi tout leur sens en montrant à quel point elles ont traversé les âges, certaines étant « vieilles comme Mathusalem » 

Bernard DELCORD

S'en laver les mains et autres expressions bibliques par Françoise Claustres, illustrations de Robin, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », octobre 2015, 96 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 20,5 cm sous couverture cartonnée et plastifiée en couleurs, 19,95 € (prix France)

28 02 16

En voiture, Simone…

Les petites âneries du permis de conduire.jpgDans Les petites âneries du permis de conduire publié à Paris chez François Bourin Éditeur, un petit livre illustré fort amusant, Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, tous trois moniteurs d’auto-école en France, ont tressé un collier des meilleures perles entendues dans l’exercice de leurs fonctions.

Florilège :

Position R comme rapide :

– Est-ce que les limitations de vitesse sont valables aussi pour les marches arrière ?

C’est mieux ainsi :

– Pour freiner, je suis obligé d’arrêter d’accélérer ?

Café du commerce :

– On m’a dit qu’à un stop, il faut que les quatre roues soient arrêtées et qu’à un cédez-le-passage, deux seulement.

La charrue avant les bœufs :

– Je me dis que, comme je n’arrive pas à apprendre à conduire, je devrais devenir moniteur. Peut-être que ça m’aiderait.

Ça passe ou ça casse :

Est-ce qu’on peut passer de la deuxième à la troisième sans reculer ?

C’est pas moi, c’est elle :

Dans une rue étroite, la roue avant droite frotte la bordure. L’élève questionne son moniteur :

– C’est moi qui ai fait ça ?

– Non, non, c’est la bordure qui a bougé…

– Ouf, tu me rassures !

Sage précaution :

Le moniteur :

– Dans quelles conditions doit-on contrôler la pression des pneus ?

L’élève :

– À l’arrêt !

Un petit bouquin qui consolera bien des profs de lycée, qui se sentiront moins seuls dans l’adversité !

Bernard DELCORD

Les petites âneries du permis de conduire par Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, Paris, Éditions François Bourin, collection « Humour », février 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 02 16

L’État, c’était lui…

Louis XIV, roi de la démesure .jpgJournaliste, écrivain, chroniqueur à la télévision et à la radio, Henri-Jean Servat excelle à raconter la petite et la grande Histoire.

Avec l’aide du journaliste Mathieu Banq, dans Louis XIV, roi de la démesure, un beau livre-objet publié chez Larousse à Paris, il partage avec le lecteur, dans de brèves notices alertes et bien informées, sa passion pour le Roi-Soleil, le Grand-Siècle et les coulisses de Versailles.

Écoutons leur invitation :

« Vous pensez tout savoir de Louis XIV ? Ses innombrables maîtresses, son goût pour les arts, la guerre contre l'Espagne, la révocation de l'Édit de Nantes, etc. Mais connaissez-vous l'existence de Marie Mancini, le premier et seul véritable amour de Louis ? Saviez-vous qu'il a dû s'exiler enfant, pendant trois ans sur les routes de France, ou qu'à l'âge de cinquante ans, il a épousé en secret Madame de Maintenon ? Auriez-vous deviné que Versailles avait été bâti et détruit plusieurs fois pour répondre aux exigences changeantes du souverain ? Et que dans les couloirs de ce fastueux palais régnait une odeur épouvantable ?

Ouvrez [avec nous] les grilles de ce château splendide pour découvrir les arcanes de la cour et suivez toute l'histoire du règne du Roi-Soleil [1], des événements politiques, économiques et culturels aux plus secrètes préoccupations du souverain. Entrez dans l'intimité de Louis XIV et découvrez comment il se lavait, s'habillait, ce qu'il mangeait, comment il se soignait… »

Leur ouvrage somptueux contient en outre plus de 300 illustrations, parmi lesquelles des documents inédits et des fac-similés exceptionnels comme des plans du château de Versailles et de ses jardins à l'époque de sa construction, une lettre de d'Artagnan à Colbert sur l'arrestation de Nicolas Fouquet, un ordre signé du Louis XIV pour payer les poètes Racine et Boileau, le dessin de la table d'un festin donné par le roi en mars 1680, une lettre de Madame de Maintenon sur la conception de l'école de Saint-Cyr...

Louis XIV roi de la démesure (portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan).jpg 

Portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan.

Craie noire sur papier, 1644.

Un magnifique voyage dans le temps, à la rencontre du fameux monarque absolu qui assurait avec un peu de désabusement que « quand on peut tout ce que l'on veut, il n'est pas aisé de ne vouloir que ce que l'on doit… »

Bernard DELCORD

Louis XIV, roi de la démesure par Henri-Jean Servat et Mathieu Banq, préface de LL. AA. RR. les princesses Béatrice et Anne de Bourbon des Deux-Siciles, Paris, Éditions Larousse, collection « Les documents de l’Histoire », octobre 2015, 127 pp. en quadrichromie au format 26 x 31 cm accompagnées de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 € (prix France)

 

[1] Louis XIV est né le 5 septembre 1638 au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et il est mort le 1er septembre 1715 à Versailles.