31 08 15

Éloquence corporelle...

Savoir parler en public avec son corps.jpgJoseph Messinger est écrivain, psychologue et spécialiste de la communication verbale et non verbale. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages à succès sur le langage des gestes comme Ces gestes qui vous trahissent, Le dico illustré des gestes et La Grammaire des gestes. Caroline Messinger, son épouse, est écrivain et se passionne pour le décryptage verbal.

Ils ont publié chez Flammarion à Paris un essai intitulé Savoir parler en public avec son corps dans lequel sont passés au crible les signaux émis par notre regard, nos bras, nos jambes, nos mains, nos genoux, nos pieds… lorsque nous nous exprimons face à d’autres personnes.

« Le corps a son propre langage qui contredit parfois la parole. Que vous passiez un entretien d'embauche, que vous négociiez un contrat ou que vous donniez une conférence, sachez décoder les gestes de votre interlocuteur et comprendre leur symbolique. Apprenez également à décrypter vos propres gestes pour choisir les attitudes adéquates et dominer la situation, écrivent-ils. »

À travers le décodage de postures répétitives et leurs significations, les auteurs donnent les clés essentielles pour savoir parler avec son corps et séduire son public.

Bernard DELCORD

Savoir parler en public avec son corps par Joseph & Caroline Messinger, illustrations de Grégoire Vallancien, Paris, Éditions Flammarion, mars 2013, 198 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces quelques lignes relatives à une posture très fréquente :

Les bras croisés

On ne croise jamais les bras sans une raison valable. Le réflexe est tellement courant que nul n’y prête plus attention.

Quand le croisement est reproduit ponctuellement, il peut parfaitement ressortir d’un besoin de détente du dos. Mais, le plus souvent, le croisement des bras est réactif à une invasion de votre territoire mental par l’atmosphère délétère qui prévaut dans le public. Mais il arrive que le croisement intervienne alors que vous n'avez pas conscience du dérapage de votre conférence.

Les bras croisés en permanence

Néanmoins, le croisement systématique des bras face à ce genre de situation est symptomatique d'une attitude de protection non consciente contre une invasion du territoire.

L’attitude est clairement oppositionnelle et voisine d’une conduite de revendication. Elle indique surtout une déflation de la confiance en soi, une méfiance absolue qui correspond au profil clinique de la paranoïa. Et qui ne signifie pas automatiquement que le conférencier en soit un, de paranoïaque, au sens clinique du terme.

Un paranoïaque se signale par son orgueil démesuré, sa psychorigidité, sa méfiance généralisée, son hypersensibilité au jugement d'autrui, mais surtout pas son raisonnement paralogique. Tout ce qu'il avance repose sur de faux postulats, des erreurs de jugement, des illusions et des préjugés dictés par une affectivité hors normes.

Les sujets atteints de troubles paranoïaques ou paranoïdes croisent les bras en quasi-permanence. Ils sont aussi abonnés au double croisement (bras et jambes). Ils affichent leur manque de confiance en eux et doutent de tout par principe.

L’agressivité ambiante dans le cadre d'un cours ou d'une formation en entreprise entraîne automatiquement le croisement des bras. Mis en situation d'examen, le formateur protège d'office son territoire mental en croisant les bras. Face à un intervenant qui détient un pouvoir d'influence ou de nuisance au sein de l'entreprise, le croisement des bras est une barrière dérisoire, mais obligée. Tel est le lien de cause à effet qui institutionnalise cette réaction corporelle archi banale et pourtant essentielle.

Comme je le signale déjà dans La Grammaire des gestes (Éditions Flammarion), le territoire mental individuel est un espace sacré, un sanctuaire, dont le rôle consiste à défendre les idées, les projets, le credo ou la foi du sujet. La fréquence du croisement des bras est un signal fort et surtout prédictif du climat mental à la conscience. Il faut y être attentif, car il signifie que la confiance en soi est ébranlée.

Nombre de jeunes femmes (surtout les ados) se promènent dans les endroits publics les bras croisés. Cette manie est typiquement féminine (les hommes ne croisent les bras qu'en face à face). La confiance en soi de ces femmes est-elle perturbée ? Certains objecteront que les femmes n'ont pas de poches pour cacher leurs mains. Exact ! Et cette remarque explique peut-être en partie pourquoi les femmes croisent plus souvent les bras que les hommes.

Il en résulte logiquement que les orateurs qui croisent systématique­ ment les bras sont plus influençables ou impressionnables. La prise de conscience de cette dernière remarque est importante, car elle fait barrage au doute.

Si chaque fois que vous intervenez face à un public, vous croisez les bras, donnez-vous la peine de situer l'origine de ce réflexe, vous renforcerez ipso facto votre confiance en vous-même et vous retrouverez une autorité accrue.

29 08 15

Un classique plus moderne que jamais…

Une tragédie américaine.jpgJournaliste engagé, militant socialiste, romancier hors norme, Theodore Dreiser (1871-1945) est considéré comme le père de la littérature américaine du XXe siècle. Le grand critique et théoricien des lettres américaines H. L. Mencken dit que « Dreiser a joué dans la littérature américaine le rôle qu’a joué Darwin dans la biologie, il l’a transformée radicalement ». Les plus grands écrivains américains du XXe siècle se sont, en effet, réclamés de son héritage.

Il est l’auteur d’Une tragédie américaine (“An American Tragedy”), publié en 1925, dont les Éditions Motifs à Paris ont eu l’excellente idée de le ressortir dans une nouvelle traduction française, un texte fort à la frontière du roman policier et du roman social, inspiré de l'affaire du meurtre d’une ouvrière américaine, Grace Minerva Brown (1886-1906).

En voici le résumé :

Fils d'évangélistes errants, Clyde Griffiths vit mal la mendicité dévote de ses parents. Devenu jeune homme, il trouve un modeste emploi de chasseur à Kansas City dans un hôtel de luxe, où la richesse des autres l'éblouit. Là, ses collègues lui font connaître l'alcool et les prostituées. Mais la vie de Clyde bascule quand il tue un jeune enfant dans un accident de voiture. Il fuit la ville et se réfugie auprès d'un oncle fortuné, Samuel Griffiths, propriétaire d'une usine de cols de chemise à Lycurgue, dans l'État de New York.

Faible, vaniteux, ignorant, sensuel, attiré par le fruit défendu, Clyde entretient une relation clandestine avec une petite ouvrière, Roberta Alden, qui le croit sincèrement amoureux  d'elle. Mais, lors d'une soirée chez son oncle, il est remarqué par la belle Sondra Finchley, une hautaine héritière qui s'éprend de lui. Clyde se voit déjà riche. Mais Roberta est enceinte. Blessée par son infidélité, elle le menace de scandale. Après avoir tenté en vain de la faire avorter, Clyde décide de s'en débarrasser en la noyant…

Considéré aux États-Unis comme l'un des 100 plus grands romans jamais écrits en anglais, Une tragédie américaine a fait l'objet d'adaptations théâtrales, télévisées et cinématographiques – Une tragédie américaine (1931) de Josef von Sternberg avec Phillips Holmes, Sylvia Sidney et Frances Dee, ainsi que le très célèbre Une place au soleil (1951) de George Stevens avec Elisabeth Taylor et Montgomery Clift. Il est également à l'origine d'un opéra du même nom, composé en 2005 par Tobias Picker.

Un chef-d’œuvre impérissable !

Bernard DELCORD

Une tragédie américaine par Theodore Dreiser, traduction de Victor Llona revue et corrigée par Victor Lupan, Paris, Éditions Motifs, collection « Grand Format », septembre 2015, 991 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,50 € (prix France)

24 08 15

« Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves. » (Herbert Marcuse)

Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination.jpgIngénieur de formation, Claude Dupuydenus a étudié la philosophie auprès d'Herbert Marcuse, dont il a été l'assistant à l'université de Californie de 1966 à 1969. Il a fait paraître, chez Autrement à Paris, la première biographie en langue française de ce maître à penser, sous le titre Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination.

Fils aîné d'une famille juive aisée de Berlin, Herbert Marcuse (1898-1979) a passé plus de la moitié de sa vie aux États-Unis, où il s'est exilé dès 1933.

Après la Première Guerre mondiale qu’il accomplit dans des unités de l'arrière, il adhère en 1917 au parti social-démocrate (SPD) qu’il quitte après l'assassinat de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg en 1919 pour rallier le mouvement spartakiste.

Il étudie ensuite à Berlin puis à Fribourg-en-Brisgau la Germanistik ainsi que la philosophie et l’économie politique.

Élève de Martin Heidegger dont il fut l’assistant à Fribourg-en-Brisgau et sous la direction de qui il rédigea une thèse sur Hegel avant d’entrer en désaccord profond avec son maître, il devint membre de l'École de Francfort en 1932, puis, quand Hitler accéda au pouvoir, il émigra à New York, où il fut embauché par l'Institut de Recherche sociale, mais aussi par l’Office of Strategic Services (OSS), où il travailla sur un programme de dénazification.

Les sources de la pensée de Marcuse se trouvent dans la lecture combinée de Marx et de Freud, mais aussi de Hegel, Husserl et Lukacs.

Il est notamment l'auteur d'Éros et Civilisation (1955) et de L'Homme unidimensionnel (1964), paru en France en 1968, qui veut démontrer le caractère inégalitaire et totalitaire du capitalisme des « Trente Glorieuses ».

En 1968, Marcuse voyage en Europe où il prononce de multiples conférences et entretient de nombreuses discussions avec les étudiants. Il devient alors une sorte d'interprète théorique de la formation des mouvements estudiantins en Europe et aux États-Unis [1].

Durant sa carrière, il a côtoyé Max Horkheimer [2], Theodor Adorno [3], Angela Davis [4], il a débattu durement avec Erich Fromm [5] et il a mené ses combats philosophiques avec une conviction sans égale : contre le nazisme, la barbarie, le libéralisme et les mécanismes de domination.

La biographie que lui consacre Claude Dupuydenus retrace le parcours personnel et intellectuel d'un penseur acharné qui fut présenté comme l'une des grandes figures de Mai-68.

On redécouvre l'homme, mais aussi une époque et surtout une pensée philosophique clairement expliquée et parfaitement accessible au lecteur non averti.

Une gageure !

Sommaire :

– Une famille aisée, allemande et juive

– Un adolescent insouciant devenu guerrier

– Conjurer les échecs de 1919

– Penser en Allemagne avant le nazisme

– Le libéralisme engendre la barbarie

– Aux Affaires étrangères américaines

– L'après-guerre jusqu'en 1954

Bernard DELCORD

Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination par Claude Dupuydenus, préface de Michel Onfray, Paris, Éditions Autrement, collection « Universités populaires et Cie », février 2015, 302 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)


[2] Max Horkheimer (1895-1973) est un philosophe et un sociologue allemand qui fut de 1930 à 1969 le directeur de l'Institut de recherche sociale (Institut für Sozialforschung) à l’origine de la célèbre École de Francfort, et un des fondateurs de la théorie critique (Kritische Theorie). Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Horkheimer

[3] Theodor W. Adorno, 1903-1969, est un philosophe, sociologue, compositeur et musicologue allemand. En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l'un des principaux représentants de l'École de Francfort. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_W._Adorno

[4] Angela Yvonne Davis, née le 26 janvier 1944 à Birmingham en Alabama, est une militante des droits de l'homme, professeure de philosophie et militante communiste de nationalité américaine. Active au sein du mouvement des droits civiques aux États-Unis, membre des Black Panthers, elle fut poursuivie par la justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers, qui se solda par la mort d’un juge californien en août 1970. Emprisonnée vingt-deux mois à New York puis en Californie, elle fut finalement acquittée et poursuivit une carrière universitaire qui la mena au poste de directrice du département d’études féministes de l’université de Californie. En 1965, Herbert Marcuse, alors en poste à l’Université de San Diego, avait accepté de reprendre la direction de sa thèse, initialement tenue par Adorno, sur « le concept philosophique de la liberté chez Kant, et ses rapports sur la lutte de la libération des Noirs ». Elle la soutiendra en 1969. En 2012, elle a été proclamée docteure honoris causa de l'Université libre de Bruxelles. Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Angela_Davis et http://bougnoulosophe.blogspot.be/2011/04/angela-davis-pa...

[5] Erich Fromm (1900-1980) était un psychanalyste humaniste états-unien d'origine juive allemande. Il fit ses études à l'université de Heidelberg puis à celle de Munich et enfin à l'Institut de Psychanalyse de Berlin. Il fut avec Adorno, Marcuse et d'autres, un des premiers représentants de l'École de Francfort. Il a greffé d'une façon critique et originale la thèse freudienne sur la réalité sociale de l'après-guerre aux États-Unis où il a vécu à partir de 1934. Il a enseigné au Bennington College, à la Columbia University, à celle du Michigan, à Yale, à l’École de Palo Alto et à l'Université Nationale du Mexique. Source : http://1libertaire.free.fr/EFromm05.html

24 08 15

Poignant, et pourtant optimiste…

Zebraska.jpg« Martin Leroy, quinze ans six mois et vingt-deux jours, vient de recevoir un étrange cadeau : un paquet de feuilles reliées. Il croit d'abord à une farce – on ne lit plus de livres en 2050 –, mais lorsqu'il découvre sur la première page la dédicace “À mon petit zébron Marty”, il est pris d'un véritable tremblement. Au risque de paraître ringard, il entame clandestinement la lecture de ce texte qui dévoile la vie mystérieuse et bouleversée d'un enfant Haut Potentiel dans les années 2010 et celle de sa mère touchante et burlesque à la fois...

Il comprend peu à peu qu'il n'est pas étranger aux secrets bien gardés que renferme le récit. On les appelle HP, HPI, surdoués, précoces, zèbres... »

Telle est la trame de Zebraska, un roman particulièrement attachant écrit par Isabelle Bary et paru chez Luce Wilquin à Avin, qui tente « de démystifier ces enfants pas comme les autres, menottés à des clichés fumistes et si souvent incompris ».

Car un enfant HP, c’est épuisant. Pour lui-même et pour son entourage, tant les idées s’enchaînent à une vitesse supersonique dans son esprit à la sensibilité exacerbée, générant une angoisse permanente qui se transmet aussi à son entourage qui aimerait tant le faire rentrer dans le moule de la normalité.

Un ouvrage qui dit aussi ce qu’est être une mère – d’un enfant « normal » ou pas…

Bernard DELCORD

Zebraska par Isabelle Bary, Avin, Éditions Luce Wilquin, février 2015, 218 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €.

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21 08 15

Un roman qui secoue le prunier… et les cocotiers !

Le camp des saints.jpg« Dans la nuit, sur les côtes du midi de la France, cent navires à bout de souffle se sont échoués, chargés d'un million d'immigrants. Ils sont l'avant-garde du tiers-monde qui se réfugie en Occident pour y trouver l'espérance. À tous les niveaux, conscience universelle, gouvernements, équilibre des civilisations, et surtout chacun en soi-même, on se pose la question trop tard : que faire ? »

C'est ce que raconte Le Camp des Saints de Jean Raspail (le titre est emprunté à L’Apocalypse de Saint-Jean), publié pour la première fois en 1973 et qui a reparu en 2011 avec une préface en forme de mise au poing sur la tronche des bobos intitulée Big Other, allusion transparente au « Big Brother » du 1984 de George Orwell, un autre roman prophétique.

Ce livre qui a fait connaître au grand public le Français Jean Raspail, un écrivain royaliste au style flamboyant né en 1925 et qui se défend d'être d'extrême droite, révélait la fascination de l’auteur pour les causes perdues et les peuples disparus.

« Y a-t-il un avenir pour l’Occident ? », demandait-il à l’époque, alors que l’on pouvait lire sur la quatrième de couverture de la première édition deux phrases prudentes de l’éditeur : « On épousera ou on n’épousera pas le point de vue de Jean Raspail. Au moins le discutera-t-on, et passionnément ».

En 2015, à l'heure où des milliers d'immigrants accostent sur l'île italienne de Lampedusa, mais aussi en Grèce, au Monténégro et ailleurs, ou se bousculent à Calais pour entrer clandestinement au Royaume-Uni, ce débat n’a rien perdu de son acuité et le public ne s’y est pas trompé puisque près de 44 000 exemplaires du livre se sont écoulés dans les deux mois qui ont suivi sa réédition.

« Faut-il rapprocher ce phénomène éditorial de la montée du FN de Marine Le Pen dans les sondages ? (…) Le livre est en tous cas chroniqué favorablement sur des sites comme celui d'Action française ou du Rassemblement pour la France (RPF) », écrivait doctement le site parisien de RTL [1] qui marchait visiblement sur des œufs pour parler de l’ouvrage.

Comme si le fait qu’il ait un jour louangé Hitler faisait de Churchill un nazi [2] !

En tout cas, ce n’est pas en se cachant derrière son petit doigt que l’on fera avancer les choses ni reculer, hélas, la montée en force du racisme et de l’extrême droite en Europe…

Car pour qui sait lire (et pour qui l’a lu…), Le Camp des Saints n’est pas, mais alors pas du tout un ouvrage raciste !

Même si Jean Raspail, joyeusement provocateur, répertorie avec précision les 87 motifs, si son ouvrage avait été publié pour la première fois aujourd’hui, qui vaudraient à celui-ci des poursuites judiciaires en vertu des lois Pleven (1972), Gayssot (1990), Lellouche (2003) et Perben (2004), inapplicables en l’espèce, la rétroactivité ne jouant pas (encore) sur le plan judiciaire…

Bernard DELCORD

Le Camp des Saints précédé de Big Other par Jean Raspail, Paris, Éditions Robert Laffont, février 2011, 393 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs et jaquette en quadrichromie, 22 € (prix France)


[2] “One may dislike Hitler's system and yet admire his patriotic achievement. If our country were defeated, I hope we should find a champion as indomitable to restore our courage and lead us back to our place among the nations.” (Winston Churchill)

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21 08 15

100 petites mousses…

Les 100 bières cultes à déguster absolument (cover).jpgRédigé par Étienne Bellin, le petit livre-objet intitulé Les 100 bières cultes à déguster absolument (Paris, Éditions Larousse) va à l’essentiel pour présenter et inviter à savourer une large sélection de bières de toutes origines (Belgique, France, Grande-Bretagne et Irlande, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, République tchèque, Danemark, Italie, Suisse, USA, Québec, Jamaïque, Brésil, Chili, Australie, Japon…) et de toutes catégories (blanches, blondes, ambrées –houblonnées et maltées –, brunes classiques, brunes porter et stouts, lagers, lambics, gueuzes et autres spécialités…)

On y navigue de la très belge Blanche des Honnelles à la Red Stripe jamaïcaine en passant par l’hexagonale Cuvée d’Oscar, la teutonne Jever Pilsener, la so British London Porter, la yankee Sierra Nevada Pale Ale, la québécoise Rosée d’hibiscus, la Tokyo écossaise, La Meule helvète, l’Amarillo hollandaise ou la Caterpillar italo-danoise…

Un bien joli voyage brassicole !

Bernard DELCORD

Les 100 bières cultes à déguster absolument par Étienne Bellin, Paris, Éditions Larousse, août 2014, 76 pp. en quadrichromie au format 8,5 x 20,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 6,90 € (prix France)

Voici la présentation d’une bière peu connue sous nos latitudes :

Coedo Kyara

Les 100 bières cultes à déguster absolument (Coedo Kyara).jpg

Origine :

Japon

Brasseur :

Coedo

Catégorie :

Lagers

Alcool :

5,5

Commentaire :

Le Japon produit des whiskies de référence, mais aussi des bières artisanales comme cette ambrée cuivrée. Le nez fruité évoque le pamplemousse. Le palais est complexe et bien équilibré. Les houblons et leurs arômes d'agrumes sont soutenus par la rondeur du malt, et complétés de notes épicées. La longue finale est finement amère.

21 08 15

Pour mettre de l’ambiance…

Bar à cocktails (cover).jpgDans Bar à cocktails (Paris, Larousse), Sandrine Houdré-Grégoire et Matthias Giroud fournissent, pour réinventer les soirées entre amis, 100 recettes classiques ou surprenantes à base de :

Rhum, cachaça & tequila : Mojito rose framboise ; Caïpirinha ; Basilic Island, Little Two...

Gin, vodka et liqueurs : Gin-fizz ; Bronx ; Cointreaupolitan ; Baby Jazzy ; Mars Attack ; Mango Spicy Martini…

Cognac & whisky : Cognac Summit ; Show me the monkey ; Dipsie Nutsy…

Champagne : Bubble Wap ; Mimosa ; Infinity ; Esprit floral…

Produits sans alcool : Pretty Mama ; Délice d'enfants ; Rose parfum ; Diablotin ; Virgin Colada Light…

Succès garanti !

Bernard DELCORD

Bar à cocktails – Soyez le barman de vos soirées par Sandrine Houdré-Grégoire, Matthias Giroud, Paris, Éditions Larousse, collection « Tous à table », avril 2014, 216 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,95 € (prix France)

Voici une préparation plutôt gaillarde :

Z by Cognac

Pour 1 verre

Ingrédients :

3 tranches d’ananas

4 cl de cognac

2 cl de liqueur de triple-sec (Cointreau, par exemple)

1,5 cl de jus de citron jaune

2 cl de sirop de gomme (ou de sirop de sucre de canne)

4 cl de purée d’ananas

Recette :

Déposez les 3 fines tranches d’ananas au fond d’un verre à dégustation.

Dans un shaker, versez le cognac, la liqueur de triple-sec, le jus de citron jaune fraîchement pressé, le sirop de gomme et la purée d’ananas.

Remplissez le shaker de glace, refermez-le et secouez énergiquement pendant 5 à 10 secondes.

Filtrez et versez le mélange dans le verre à dégustation, sur des glaçons.

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21 08 15

Un ouvrage bienvenu…

Sans gluten.jpgTrès présent dans les ingrédients et dans les préparations culinaires, le gluten, on le sait, n’est pas assimilable par tout le monde, et cela ne va pas sans poser parfois de réelles difficultés d’alimentation.

Saluons donc la parution, aux Éditions Larousse dans la nouvelle collection « Cuisiner ! », d’un ouvrage collectif intitulé Sans gluten qui propose plus de 80 recettes gourmandes avec des pas à pas, des conseils pour choisir les bons produits et des astuces de professionnels, des recettes spécialement étudiées pour plaire à toute la famille, afin que manger sans gluten ne constitue plus un « régime à part ».

Elles conviennent pour tous les repas : 

Pour le petit déjeuner : brioches à la fleur d’oranger, pancakes aux myrtilles, pains au lait à la châtaigne et au chocolat, viennoiseries, biscottes, chouquettes, muesli, porridge...

À l’apéritif : crackers, gressins, muffins, tartines, blinis, fougasses, gougères, mini quiches...

En guise d’entrée : petites tartes aux girolles, mini-pizzas au pesto de chou kale et de potimarron, croquettes de quinoa et brocoli, samossas de poulet à la pomme, aux raisins et au curry, tempura de légumes croustillants…

En guise de plat : pâtes de riz au tofu et aux légumes, nuggets de poulet aux corn flakes, nouilles soba aux fèves, crevettes et coriandre, gnocchis de patate douce aux cinq parfums, tajine de poisson et semoule de millet, calamars frits, Flammenküche, burgers de porc et salade de chou...

Pour le dessert : tarte au chocolat, tarte au citron meringuée, carrot cake, far breton aux prunes, cobbler aux fruits rouges, gâteau au potiron et aux épices douces, crumble aux pommes et aux cranberries...

Pour le goûter : gâteau à l’orange, crêpes à la farine de riz, sablés aux pistaches et à la châtaigne, fondants au chocolat, brownies aux noix de pécan, chaussons à la confiture...

Pour le plaisir de toutes les pailles !

Bernard DELCORD

Sans gluten, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Cuisiner ! », mars 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 19 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,95 € (prix France)

Voici la recette d’une entrée à succès :

Financiers au parmesan

Pour 12 pièces

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 10 minutes

Ingrédients :

30 g de fécule de mais

100 g d'amandes en poudre

200 g de parmesan râpé

4 cuillers à café d'origan

100 g de beurre doux

6 blancs d'œufs

Sel

Recette :

Préchauffez le four à 200 'C (th. 6-7].

Mélangez la fécule, du sel, les amandes en poudre, le parmesan et l'origan.

Faites fondre le beurre et laissez- le cuire jusqu'à ce qu'il prenne une couleur noisette.

Incorporez le beurre noisette aux ingrédients secs, puis ajoutez les blancs d'œufs légèrement battus.

Mélangez doucement jusqu'à ce que la pâte soit lisse.

Versez à hauteur dans des moules à financiers en silicone et enfournez pour 10 minutes.

Laissez refroidir, puis démoulez les financiers.

À savoir :

Les amandes en poudre sont une excellente alternative à la farine de blé.

Très aromatiques, elles confèrent également plus de moelleux aux préparations.

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20 08 15

Après Diên Biên Phu…

Le Mal jaune.jpgNé le 5 septembre 1920 à Maisons-Alfort, Jean Pierre Lucien Osty, alias Jean Lartéguy, est décédé le 23 février 2011 à l'Hôtel des Invalides à Paris. Il fut, après une brève carrière militaire, auteur de livres, romancier (il publia une cinquantaine d'ouvrages, notamment sur l'Indochine et l'Algérie) et grand reporter pour Paris Match. Il reçut à ce titre le fameux prix Albert Londres en 1955.

Les Éditions des Presses de la Cité à Paris, qui republient ses textes les plus importants à raison d’un titre par an, après Les Centurions (1960), Les Mercenaires (1960) et Les Prétoriens (1961), ont ressorti Le Mal jaune (1962), un ouvrage prenant qui décrit la fin de la présence française en Indochine après les accords de Genève en 1954.

On y marche sur les traces de Jérôme, un journaliste spécialiste de l'Extrême-Orient, et d'autres Français, baroudeurs, militaires, correspondants étrangers, tous marqués par la défaite de Diên Biên Phu, à Hanoï, « ville métisse » qui devient une ville communiste, triste et puritaine à la fois, comme à Saigon qui devient « américaine » et affairiste.

Un beau roman nostalgique – dans la veine du cycle romanesque La Nuit indochinoise de Jean Hougron (1923-2001) couronné en 1953 par le Grand prix du roman de l'Académie française – sur le passé de l'Indochine française, mais lucide quant à son avenir…

Bernard DELCORD

Le Mal jaune par Jean Lartéguy, Paris, Presses de la Cité, novembre 2014, 414 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 21 € (prix France)

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12 08 15

Clercs obscurs...

Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide.gifDiplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, Zeev Sternhell (né en 1935) est professeur de science politique à l'université hébraïque de Jérusalem. Il est connu notamment comme spécialiste de la question de la montée et de la naissance du fascisme, en particulier de ses racines françaises. Selon lui, Georges Sorel et le cercle Proudhon sont à l'origine du corpus idéologique fasciste.

Zeev Sternhell est aussi l'un des membres fondateurs du mouvement israélien Shalom Akhchav, et il participe activement au débat politique en Israël, entre autres par ses contributions à la page « Opinions » du quotidien israélien Haaretz. Il a pris position contre le camp ultra-nationaliste en Israël et la colonisation et il prône un compromis de paix avec les Palestiniens.

Zeev Sternhell est lauréat – d'histoire générale et de sciences politiques – du prix Israël (le prix de l'État) pour ses travaux en sciences politiques.

En 2010, il a été élu à l'Académie israélienne des sciences et lettres.

Il est l’auteur de nombreux essais, parmi lesquels un ouvrage volumineux intitulé Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide publié en version princeps chez Fayard en 2006 et en poche par Gallimard en 2010, dans la collection « Folio » où il est toujours disponible.

Voici le résumé qu’il en a donné :

« Contre les Lumières et leurs valeurs universelles qui régissent encore les sociétés démocratiques, s'est dressée, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, une autre tradition.

Cette modernité se veut alternative et mène la guerre grâce à une argumentation rendue cohérente par le fait que tous ses partisans se lisent les uns les autres avec une grande attention et constituent son corpus.

Taine écrit sur Burke et Carlyle, Meinecke sur Burke et Herder, lequel, pour Renan, est le “penseur-roi”, Maistre suit Burke et il est lui-même suivi par Maurras, Sorel attaque les Lumières avec une hargne égale à celle de Maurras. Développant la pensée de Herder, Spengler forge le concept de l'imperméabilité des cultures ; poursuivant les analyses de Herder, Isaiah Berlin écrit sur Vico avec un ravissement semblable à celui de Croce. Subissant l'influence de Meinecke, il ajoute dans la seconde moitié du XXe siècle un maillon à la culture politique des anti-Lumières.

Preuve est donc faite que les maux contre lesquels ont combattu les Lumières sont de toutes les époques : pour éviter à l'homme du XXIe siècle de sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme, la vision prospective d'un individu maître de son présent, sinon de son avenir, demeure irremplaçable. »

Un fameux pavé… dans la mare des conservatismes !

Sommaire :

– Le choc des traditions

– Les fondements d'une autre modernité

– La révolte contre la raison et les droits naturels

– La culture politique des préjugés

– La loi de l'inégalité et la guerre a la démocratie

– Les fondements intellectuels du nationalisme

– Crise de civilisation, relativisme généralisé & mort des valeurs universelles au début du XXe siècle

– Les anti-Lumières de la guerre froide

Bernard DELCORD

Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide par Zeev Sternhell, édition revue et augmentée, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio Histoire », avril 2010, 944 pp. en noir et blanc au format 10,7 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)