19 03 15

Médecines douces…

Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels.jpgSpécialiste en aromathérapie, la Britannique Stephanie L. Tourles a rédigé un recueil de 150 recettes à faire soi-même à base de plantes pour soulager tous les maux de santé du quotidien.

La version en langue française de cet ouvrage a été publiée par les Éditions Larousse à Paris sous le titre Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels et l’auteure y propose de remplacer le contenu de l'armoire à pharmacie familiale par des préparations réalisées à partir de plantes et de produits naturels aux propriétés thérapeutiques reconnues.

Au sommaire :

La  présentation du matériel et des produits nécessaires aux préparations.

Le dictionnaire des 50 symptômes et maladies courants (allergies, ampoules, anxiété, brûlures légères, contusions et bleus, coups de soleil, coupures et éraflures, eczéma, extrémités froides, insomnie, mal de dos, maux de tête…)

Le dictionnaire des ingrédients (leurs propriétés, les parties utilisées, les contre-indications) : huile d'amande douce, arnica, aloès vera, bicarbonate de soude, calendula, camomille, cannelle, ail, citron, thym, cire d'abeille, beurre de karité.

Pour chaque recette : les ingrédients la liste du matériel nécessaire, les conseils d'application.

Une arme de destruction massive des petits bobos !

Bernard DELCORD

Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels par Stephanie L. Tourles, traduit de l’anglais et adapté par Sabine Rolland, Paris, Éditions Larousse, collection « Petit Larousse », mai 2014, 479 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 19,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 € (prix France)

Voici la description d’un produit fréquemment utilisé par l’auteure :

Arbre à thé

(Melaleuca alternifolia)

PARTIE UTILISÉE : huile essentielle.

Cette huile essentielle d'odeur forte, pénétrante et camphrée, et dotée d'une énergie rafraîchissante, est extraite par distillation à la vapeur des feuilles et des rameaux d'un arbuste épineux originaire d'Australie. Souvent appelé par son nom anglophone tea tree, l'arbre à thé est une véritable panacée : efficace contre les virus, les bactéries et les champignons, il possède aussi de puissantes propriétés immunostimulantes, anti-inflammatoires et vulnéraires, ce qui en fait une valeur sûre de l'aromathérapie familiale.

De plus, l'huile essentielle d'arbre à thé est très bien tolérée par la peau. Je l'intègre à mes baumes, mes huiles pour le corps et mes cataplasmes d'argile pour traiter les coupures et écorchures, les éruptions cutanées, la mycose du pied, ainsi que les infections de la peau, des sinus et des voies respiratoires. Vous pouvez l'appliquer pure sur des boutons, des verrues et des piqûres ou morsures d'insectes.

SUBSTITUTS POSSIBLES : huile essentielle de niaouli (proche cousin de l'arbre à thé) ou de lavande, même si cette dernière n'est pas aussi puissante.

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19 03 15

Cuisine roborative…

Petits plats d'hiver.jpgDe l'entrée au dessert, le recueil de recettes intitulé Petits plats d’hiver publié à Paris aux Éditions Larousse propose pour les mois froids de nombreuses préparations de cuisine généreuse mettant en valeur les produits de saison.

On y trouve des entrées et des soupes qui réconfortent : petits soufflés de patates douces au comté ; feuilletés au cantal et au jambon ; salade d'endives au cheddar ; salade de maquereau fumé aux croûtons, crème de cresson et toasts au fromage de chèvre ; velouté de potiron ; soupe de haricots au jambon ; soupe de carottes aux lentilles, soupe de poireaux au lard fumé…

Des petits plats mijotés et des gratins : mijoté d'agneau ; gratin de pommes de terre au camembert ; risotto au saumon parfumé au thym ; gratin de pâtes au jambon et aux champignons ; gratin de navets au cidre et au bacon...

Des plats d’origine étrangère : agneau à la turque au riz pilaf ; paëlla au chorizo et aux crevettes ; yakitori de poulet ; poulet biryani ; curry de canard à l’ananas ; poulet au citron à la marocaine ; œufs à la mexicaine ; curry de légumes d'hiver aux lentilles ; nouilles soba aux champignons et au chou, polenta à la courge et au gorgonzola…

Des légumes et des accompagnements : courges farcies au chèvre frais ; crumble de légumes d'hiver ; pommes de terre au parmesan ; tarte à l'oignon et aux blettes ; endives braisées au bacon…

Des desserts douillets : poires aux épices et au chocolat ; muffins à l'orange et à la carotte ; chocolat chaud à la cannelle ; riz au lait à la banane ; gâteau aux clémentines et aux amandes...

Pour donner du cœur au ventre !

Bernard DELCORD

Petits plats d'hiver, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Tous à table ! », janvier 2015, 216 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,95 € (prix France)

Voici une recette bien revigorante :

Chili con carne et pain à l’ail

Pour 4 personnes

Préparation et cuisson : 40 minutes

Ingrédients :

500 g de bœuf maigre haché

2 oignons

2 cuillers à café d'huile d'olive

2 cuillers à café de cumin en poudre

1 ou 2 cuillers à café de piment en poudre

400 g de tomates pelées et concassées en conserve

1 cube de bouillon de bœuf

1 baguette

1 gousse d'ail

Quelques brins de persil

50 g de beurre

Recette :

Préchauffez le four à 200 °c (thermostat 6-7).

Écrasez l'ail, hachez le persil et incorporez-les au beurre.

Coupez la baguette en rondelles épaisses et tartinez-les de beurre à l'ail, puis réservez.

Dans une poêle antiadhésive, faites revenir la viande hachée pendant quelques minutes, puis transférez-la dans un saladier.

Coupez les oignons en quatre, puis mixez-les à l'aide d'un robot.

Mettez l'huile d'olive à chauffer dans la poêle et faites-y revenir les oignons pendant 2 minutes.

Incorporez les épices et prolongez la cuisson de 1 minute.

Remettez la viande dans la poêle, ajoutez les tomates, le bouillon et 40 cl d'eau chaude.

Portez à ébullition, puis laissez mijoter 20 minutes.

Préchauffez le gril du four.

Transférez le chili con carne dans un plat allant au four.

Disposez les tranches de baguette sur le dessus et enfournez pour 5 minutes.

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19 03 15

Pour toutes les mains vertes…

Le Truffaut .jpgParue chez Larousse en 2013 et toujours actuelle, la 43e édition du guide Truffaut constitue indubitablement la bible illustrée du jardin.

Car cet ouvrage encyclopédique fait le tour de tout ce qui concerne le jardinage en expliquant comment bien choisir ses plantes, connaître les techniques, aménager et décorer son jardin pour en profiter toute l'année.

Chaque étape est explicitée : la conception, l’aménagement, la plantation et l’entretien du jardin d'agrément, des massifs et des haies, du bassin, de la pelouse et des prairies fleuries, du potager, du verger, des serres et des vérandas, des balcons et des terrasses.

Ainsi que les techniques pour réussir : le calendrier des travaux à faire mois par mois ; les gestes pour planter, semer, tailler, bouturer, soigner et entretenir, le tout complété par des centaines d'astuces et de conseils.

Pas moins de 6 000 plantes y sont décrites de A à Z : arbres et arbustes, plantes de terre de bruyère, conifères, rosiers, lianes et plantes grimpantes, fleurs, plantes de bassin, légumes, herbes aromatiques et fruits.

La présentation par double page, vivante et ingénieuse, permet d’accéder aisément à l'information et l’ouvrage fourmille de conseils pour la mise en œuvre de pratiques respectueuses de la nature et de l'environnement.

Bernard DELCORD

Le Truffaut – La bible illustrée du jardin (43e édition), ouvrage collectif sous la direction de Patrick Mioulane, Paris, Éditions Larousse, février 2013, 868 pp. en quadrichromie au format 20,3 x 27,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces quelques lignes dans le chapitre consacré aux ennemis et aux maladies des feuilles :

Rouilles

Aisément reconnaissables à leurs pustules arrondies de teinte orangée, les rouilles sont des maladies très fréquentes au jardin d'ornement.

SYMPTÔMES : de petits points jaune-orangé apparaissent sur la face supérieure des feuilles, des pustules en garnissent le revers. Les tissus se nécrosent et meurent.

GRAVITÉ : les plantes attaquées sont généralement peu affectées (chute prématurée des feuilles), mais deviennent vite inesthétiques.

CONDITIONS FAVORABLES : temps chaud et humide, ambiance confinée.

PRÉCAUTIONS : le champignon se conservant en hiver sur les feuilles tombées au sol, elles doivent être ramassées et brûlées pour éviter de transmettre la maladie.

TRAITEMENT : traitez dès l'apparition des premières pustules avec un fongicide « maladie des rosiers ».

PLANTES SENSIBLES : rosier, mahonia, buis, millepertuis, pervenche, chrysanthème, œillet, rose trémière, menthe, pélargonium, poireau, ail, saule, prunier, cytise, peuplier, haricot, etc.

PÉRIODE : mars à septembre.

SOLUTION DOUCE : ramassez les feuilles malades. Pour éviter la germination des spores, ne mouillez pas le feuillage en arrosant. Vous gagnerez aussi à améliorer la circulation de l'air autour de la plante.

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11 03 15

Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie

(MSK, Musée des Beaux-Arts de Gand, 14 mars-14 juin 2015)

Cameron – L'ange au sépulcre.jpg

L’Ange au sépulcre (1869-70)

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

Don d’Alan S. Cole, 1913.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Au Musée des Beaux-Arts de Gand, le printemps 2015 sera placé sous le signe de Julia Margaret Cameron (1815-1879).

Née il y a deux cents ans, le 11 juin 1815, à Calcutta, à une période où l’Empire britannique est en plein essor, elle s’est imposée comme l’une des photographes les plus importantes et les plus novatrices du XIXe siècle.

Des images innovantes

Vers les années 1860 – époque marquée par la rapide évolution de la photographie –, Julia Margaret Cameron réussit à prêter voix à une technique en devenir.

Son regard est celui d’une femme indépendante qui fréquente un milieu intellectuel réunissant des peintres, des écrivains, des physiciens et autres personnages influents. Toutes ses photos témoignent d’une profonde sensibilité spirituelle et d’un point de vue résolument féminin. Ces qualités se manifestent dans ses portraits de Thomas Carlyle, Charles Darwin, John Herschel, Alfred Tennyson et G.F. Watts, mais davantage dans ses tableaux montrant des femmes et des enfants, séparément ou en groupe.

Cameron – Sainte-Cécile.jpg

Sainte-Cécile, d'après le style de Raphaël, 1865

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Ces images sondent les profondeurs de l’âme des sujets, explorant les liens affectifs entre les modèles, mais aussi entre les modèles et la photographe. Bien qu’elle puise son inspiration dans la noblesse des thèmes des récits bibliques, de la mythologie classique et de la littérature, Cameron les libère de leur contexte et les actualise.

Ne se contentant pas d’apporter une note romanesque à une nouvelle technique, J. M. Cameron aspire à donner à l’humanité un sentiment esthétique. Ses œuvres offrent un point de vue prophétique et comblent une importante lacune dans le développement d’une technique en devenir. De plus, elles témoignent, toutes et chacune, d’un regard de femme sur le monde, un regard qui dément leur apparente discrétion, un regard qui est aussi convaincant que celui des grandes romancières anglaises de la fin de l’époque victorienne.

Parallèlement au développement du mouvement préraphaélite, les photographies de Cameron représentent non seulement des séductrices et des maîtresses, comme le font celles de ses collègues, mais aussi des mères et des grands-mères aimantes, avec des enfants et des petits-enfants, dans des scènes de tous les jours. Son univers est celui de l’espace féminin et familial, et c’est dans ce contexte que sa photographie fascinante, émouvante et maternelle s’épanouit.

Cameron – Florence Fisher.jpg

Florence Fisher, 1872

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Parmi les cris d’excitation des enfants, les costumes et draperies pêle-mêle, s’élève une voix qui relie l’époque héroïque de la peinture d’histoire et des scènes bibliques à l’époque moderne de la vie intérieure, du soi et de l’empathie. Cette voix, résolument contemporaine mais sans écho, est celle d’une artiste dans la fleur de l’âge. En établissant une continuité entre les aspects du quotidien d’hier et d’aujourd’hui, elle crée un merveilleux amalgame de la famille, de l’amitié et du patrimoine culturel britannique, avec son art, son théâtre et sa littérature, du Roi Lear de Shakespeare et des Idylles du Roi de Tennyson au roi Arthur et autres légendes héroïques.

Pourquoi de la photographie au Musée des Beaux-Arts de Gand ?

Julia Margaret Cameron, peut-être plus que tout autre, a réussi à élever la photographie au rang de l’art tel que nous le connaissons. Elle aspirait à « anoblir la photographie et à lui assurer le caractère et les usages de l’Art en associant le réel et l’idéal et en ne sacrifiant rien à la Vérité par toute la dévotion possible à la poésie et à la beauté ». Elle situait sa photographie dans le contexte de l’art ancien et moderne, l’apparentant à la peinture, la sculpture et le dessin.

En 1868, le South Kensington Museum (actuel Victoria & Albert Museum) met à sa disposition deux salles à proximité de celles consacrées à son impressionnante collection de peintures qui lui servent de studio de portrait, faisant d’elle sa « première artiste en résidence ». Ses photographies s’apparentent effectivement à des tableaux et dessins non seulement par leurs sujets et leurs compositions inspirés des maîtres anciens (et modernes), mais également par leur taille relativement importante, leur flou artistique et leurs jeux contrastés d’ombres et de lumières.

Une occasion unique

Cette année marque le 200e anniversaire de la naissance de la photographe. Par sa présentation de l’exposition Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie, le Musée des Beaux-Arts de Gand est le seul musée en Europe à célébrer cet anniversaire.

L’exposition réunit des œuvres provenant de la riche collection du Victoria & Albert Museum, qui fut non seulement le seul à exposer les œuvres de J. M. Cameron de son vivant, mais aussi le premier à constituer une importante collection de ses photographies en les achetant de l’artiste. Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie offre une occasion unique de découvrir des œuvres de cette grande dame de la photographie qui n’ont jamais été présentées à l’extérieur de la Grande-Bretagne.

Gerrie SOETAERT

Cameron – Julia Jackson (1).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Renseignements généraux

http://www.mskgent.be/fr/informations-pratiques

 

Biographie de Julia Margaret Cameron (1815-1879)

1815. Julia Margaret Pattle est née à Calcutta le 11 juin 1815, quatrième de sept sœurs. Son père occupe un poste de haut fonctionnaire à la Compagnie britannique des Indes orientales et sa mère descend de l’aristocratie française.

Elle fait la majeure partie de ses études en France.

1834. Retour en Inde.

1836. Rencontre Charles Hay Cameron au cap de Bonne-Espérance. Le couple se marie en 1838 à Calcutta, où naîtront quatre de leurs enfants. Cameron est fonctionnaire à Calcutta et possède des plantations de caoutchouc et de café à Ceylan.

John Herschel initie Julia à la photographie en 1836.

1848. Charles Hay Cameron prend sa retraite et la famille s’installe en Angleterre, où naîtront deux enfants. Ils vivent à Tunbridge Wells, Kent, East Sheen et Putney, à Londres, avant de se fixer sur l’île de Wight en 1860.

Fréquente le salon tenu par sa sœur Sara Prinsep dans sa résidence londonienne, Little Holland House, où elle fait la connaissance de divers artistes et écrivains.

1863. Sa fille et son gendre lui font cadeau son premier appareil photo.

Cameron – Mary Hillier.jpg

Mary Hillier, 1864-66

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1864. Première photo réussie en janvier 1864.

Première exposition de son travail en mai 1864 (Photographic Society, Londres) ; commence à vendre ses photos par l’entremise de la galerie P. & D. Colnaghi and Co. à Londres.

1865. Réalisation de la série Fruits of the Spirit, qu’elle présente au British Museum.

Elle expose son travail au South Kensington Museum ; communique régulièrement avec le directeur du Musée, Henry Cole. Le Musée réunit une importante collection de ses œuvres sous la forme d’acquisitions ou de dons offerts par Cameron. Présente son travail à Londres, à Berlin et à Dublin.

1866. Le South Kensington Museum met deux salles à sa disposition qui lui servent de studio de portrait.

Cameron – Julia Jackson (2).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1867, 1872, 1873. Participe aux expositions universelles et internationales de Paris, Londres et Vienne.

1874. Écrit Annals of My Glass House, un texte autobiographique qui sera publié pour la première fois en 1889.

1874-75. Publie Illustrations of Tennyson’s Idylls of the King, and Other Poems, comprenant 25 photographies.

1875. Julia et son mari s’installent à Ceylan, où leurs deux fils ainés s’occupent de la gestion des plantations de café familiales. Ralentit ses activités professionnelles.

1879. Julia Margaret Cameron meurt à Ceylan.

1892. Le travail de Cameron est montré en Belgique pour la première fois dans le cadre de l’Exposition de l’art photographique anglais au Cercle Artistique et Littéraire à Bruxelles.

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08 03 15

Conceptions grotesques d’un peintre raté…

L'art dégénéré selon Hitler (affiche).jpg

À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les autorités nazies qualifient plusieurs œuvres d’art moderne présentes dans les musées allemands de « dégénérées » et souhaitent les liquider.

Il s’agit de productions « marquées par – ou conduisant à – la perte des qualités aryennes. Sont d’abord visés les apports d’artistes d’origine juive, “bolcheviques” (engagés peu ou prou “à gauche”) ou “cosmopolites”. L’expressionnisme et ses confins (postimpressionnisme, fauvisme, cubisme) sont les principaux ennemis à abattre. Leur sont reprochés un parti pris formel “irréaliste”, fruit d’une vision “malade”, voire “débile”, un primitivisme “négroïde”, une thématique étrangère aux stéréotypes de la culture nazie, vouée à l’exaltation de la famille, de la virilité et des vertus guerrières, ainsi que, de manière plus implicite, mais sans doute plus fondamentale, le privilège accordé à la subjectivité, en opposition radicale à la primauté du collectif que postule toute idéologie totalitaire » (Jean-Patrick Duchesne, dans le catalogue de l’exposition).

Le 30 juin 1939, la très réputée Galerie Fischer organise une vente aux enchères historique, au Grand Hôtel National à Lucerne, de 108 peintures et 17 sculptures de 39 artistes sélectionnées au sein des musées allemands. Elle réunit des noms parmi les plus grands : Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Marc Chagall, James Ensor, Henri Matisse, Georges Braque, André Derain, Maurice De Vlaminck, Amedeo Modigliani, Oskar Kokoschka, Otto Dix, George Grosz, Paul Klee, August Macke, Marie Laurencin ou encore Pablo Picasso...

L'État belge est présent à la vente, de même qu’une délégation liégeoise qui a réuni de gros moyens. La Belgique acquiert plusieurs œuvres pour les musées d’Anvers et de Bruxelles tandis que Liège achète neuf toiles exceptionnelles [1] qui font actuellement partie des œuvres majeures des collections de la Ville.

C’est autour de ce noyau que s’organise l’exposition « L’art dégénéré selon Hitler » présentée jusqu’au 29 mars 2015 au sein de la Cité Miroir à Liège, un événement qui, pour la première fois, réunit une grande part des œuvres vendues à Lucerne et sont aujourd'hui dispersées à travers le monde dans des collections privées et publiques, quand elles n’ont pas été détruites ou n’ont pas disparu durant la guerre.

L’exposition est en outre étoffée par divers documents évoquant le contexte historique de la vente.

INFOS PRATIQUES

Date(s) :

Jusqu’au dimanche 29 mars 2015 – 18h00.

Horaires :

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h

Samedi et dimanche, de 10h à 18h

Dernière entrée pour l'exposition : 17h - Vestiaire obligatoire

Nocturne : mercredi 25 mars - dernière entrée à 20h

Lieu :

La Cité Miroir – Espace Georges Truffaut

Place Xavier Neujean, 22 – 4000 Liège

Tél. +32 (0)4 230 70 50

info@citemiroir.be

Tarifs :

Groupe (min. 10 pers.) : 8 €

Individuel adulte : 12 €

Groupe scolaire : 5 €

Article 27 : 1,25 €

Moins de 14 ans : gratuit

Possibilité de visites guidées via l'asbl Art&Fact :

http://www.artfact.ulg.ac.be/visite-guidee-exposition-art...

La visite de cette exposition donne librement accès à l'exposition « Notre Combat », à l'exposition « Les Achats de Paris » au BAL, à l'exposition « Artistes dégénérés » de la Galerie Wittert et à une entrée pour le Grand Curtius.

L'art dégénéré selon Hitler.jpg

Le catalogue – il est magnifique –, édité par le commissaire de l'exposition Jean-Patrick Duchesne aux Collections artistiques de l'Université de Liège, est en vente à la librairie de La Cité Miroir (2e étage) au prix de 30€.

Contact librairie :

Tél. 04/250.99.59

Table des matières :

– Lucerne, le 30 juin 1939. Des tableaux « d’art dégénéré » pour Liège et la Belgique (par Jean-Patrick Duchesne)

– Vente de Lucerne : un choix dans « l’art dégénéré » (par Yves Dubois)

– Étude technique et matérielle des tableaux liégeois (par Catherine Defeyt et David Strivay)

– Les achats de Paris (par Christelle Schoonbroodt)

– Paysage artistique d’une ville de province. Esquisse sur l’état de la peinture et du goût à Liège dans l’entre-deux-guerres (par Yves Randaxhe)

– De la vente de Lucerne à l’affaire Picasso. Points de vue actuels (par Julie Bawin)

– L’architecture moderne à Liège dans les années 1930 (par Sébastien Charlier)

– Chagall, Ensor, de Vlaminck, Laurencin : artistes « dégénérés » aux Collections artistiques de l’Université de Liège (par Stéphanie Reynders)

– Catalogue des œuvres vendues par la Galerie Fischer à Lucerne le 30 juin 1939

Bernard DELCORD

L'art dégénéré selon Hitler – La vente de Lucerne, 1939, ouvrage édité par Jean-Patrick Duchesne, Liège, Collections artistiques de l’Université de Liège, octobre 2014, 231 pp. en quadrichromie au format 21 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €


[1] La Mort et les Masques (1897) par James Ensor, La famille Soler (1903) par Pablo Picasso, Le cavalier sur la plage (1904) par Max Liebermann, Chevaux au pâturage (1910) par Franz Marc, Le sorcier d’Hiva Oa ou Le Marquisien à la cape rouge (1920) par Paul Gauguin, La maison bleue (1920) par Marc Chagall, Le Déjeuner (1923) par Jules Pascin, Portrait de jeune fille (1924) par Marie Laurencin et Monte-Carlo (1925) par Oskar Kokoschka.

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08 03 15

Naissance d’un héros…

Jean Valhardi, l’intégrale 1, 1941-1946 .jpgLe détective Jean Valhardi a été créé par Jean Doisy et Jijé en 1941 dans Le journal de Spirou. Il est considéré comme l'un des premiers grands personnages des Éditions Dupuis, entre Spirou et Tif et Tondu.

Dans une Belgique occupée par les Allemands, Valhardi était l'incarnation idéale des valeurs morales défendues alors par le journal, et sa célèbre poignée de main, franche et ferme, le signe de reconnaissance des membres du Club des Amis de Spirou.

Il confirme l'avènement d'un immense dessinateur, Joseph Gillain alias Jijé [1] (1914-1980), et pose une pierre fondatrice dans l'histoire de la bande dessinée franco-belge.

Par la suite, Jijé dessinera 9 autres albums des aventures de Valhardi, 13 de Spirou et Fantasio, 9 de Blondin et Cirage, 21 de Jerry Spring, 20 de Tanguy et Laverdure, 3 de Barbe-Rouge ainsi que des biographies (de Christophe Colomb, Don Bosco, Charles de Foucauld, Baden-Powell…) et diverses petites choses encore, excusez du peu !

Les premières aventures de son héros (initialement éditées dans les albums Valhardi I et Valhardi II en 1943 et 1948) ont été rassemblées tout récemment en version intégrale et restaurée dans un bel album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 1, 1941-1946 sorti chez Dupuis à Marcinelle.

Ces pages sont introduites par un dossier fortement documenté, fruit de deux années de recherches et d'études réalisées par de grands spécialistes, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault.

Un must pour les amateurs d’histoire(s) !

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 1, 1941-1946 par Jean Doisy et Jijé, Marcinelle, Éditions Dupuis, février 2015, 257 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €


[1] Il fut l'initiateur de ce que le monde de la bande dessinée désigne comme l'École de Marcinelle. Celle-ci est au Journal de Spirou, fondé à Marcinelle par Jean Dupuis en 1938, ce que l'École de Bruxelles est au Journal de Tintin, lancé par les éditions du Lombard en 1946.

Les dessinateurs de l'École de Marcinelle (Franquin, Morris, Will, Tillieux, Roba, Jidéhem, Gos…) sont adeptes de la bulle arrondie, où fusent des dialogues simples, joyeux et spontanés. Pour leur part, leurs confrères et concurrents bruxellois (Hergé, Edgar P. Jacobs, Jacques Martin…) détaillent des textes plus longs, très documentés et plutôt académiques, dans des phylactères de forme rectangulaire. (Source : Wikipédia.)

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01 03 15

Utérus en folie…

Les grandes hystériques .jpg

Pour l’aider à rédiger le deuxième numéro – Les grandes hystériques – de la revue « Folle Histoire » qu’il dirige et qui est publiée par les Éditions Prisma à Gennevilliers, l’historien Bruno Fuligni a réuni une belle brochette de spécialistes pour croquer en quatre chapitres [1] le portrait de personnes aussi diverses que Vasthi (Ve siècle avant J.-C.), Zénobie (IIe siècle avant J.-C.), Boadicée (l’épouse de Vercingétorix, vers 25-61), l’impératrice Théodora (VIe siècle de notre ère), Sœur Jeanne des Anges (1602-1665), Lady Stanhope (1776-1839), Adèle Hugo (1830-1915), Bernadette Soubirous (1844-1879), Lou Andreas-Salomé (1861-1937), Camille Claudel (1864-1943), Ma Baker (1871-1935), Marie Bonaparte (1882-1962), Gala (1894-1982), Joan Crawford (1905-1977), Violette Leduc (1907-1972), Bonnie Parker (1910-1934), Vivien Leigh (1913-1967), Eva Perón (1919-1952), Janis Joplin (1943-1970), Karen Greenlee (dite « la nécrophile de Sacramento », 1958-1989) et bien d’autres encore…

« Femmes politiques et grandes criminelles, religieuses exaltées et créatrices d'avant-garde, les grandes figures féminines de l'Histoire oscillent perpétuellement entre génie et folie, écrit Bruno Fuligni. Le professeur Charcot, en théorisant l'hystérie [2], avait cru trouver la réponse, mais toute femme un tant soit peu rebelle devenait une hystérique en puissance dans son système... »

La présente livraison se penche sur leur cas et leur rend justice avec autant d’allant que d’humour souvent décalé…

Avant de s’attaquer, dans le numéro 3 – Les bourdes militaires –, à une catégorie fracassante de grands hystériques masculins.

On en rit déjà !

Bernard DELCORD

Les grandes hystériques in « Folle Histoire », revue historique sous la direction de Bruno Fuligni,Gennevilliers, Éditions Prisma, n°2, janvier 2015,208 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,50 € (prix France)


[1] « Femmes politiques », « Femmes criminelles », « Femmes inspirées » et « Femmes artistes ».

[2] Le terme est dérivé du mot grec ὑστέρα, pouvant signifier les entrailles, la matrice ou l'utérus. Les travaux de Jean-Martin Charcot (1825-1893) sur l'hypnose et l'hystérie, à l'origine de l'École de la Salpêtrière, préfigurent les études de psychopathologie de son successeur Pierre Janet et, à l'opposé, ont déterminé1 Sigmund Freud, qui fut brièvement son élève et un de ses premiers traducteurs, à inventer la psychanalyse. (Source : Wikipédia)

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01 03 15

Pour devenir un grand chef… ou le rester !

La cuisine de référence.jpgAuteur prolifique (de Travaux Pratiques de cuisine et sa traduction Practical kitchen work, de Technologie culinaire, de Cuisine de Référence, de Technologie culinaire 1re et 2e année, de BEP technologie culinaire, de la première édition de La Cuisine de Référence qui existe aussi en version espagnole et portugaise, de Techno culinaire BAC PRO… qui ont reçu le grand prix du meilleur ouvrage de l'Académie Nationale de Cuisine), Michel Maincent-Morel est professeur chef de cuisine honoraire du lycée technologique des métiers de la restauration et de l'hôtellerie Jean Drouant à Paris (17e) et ancien élève du lycée hôtelier de Rouen ainsi que de l'ENNA de Toulouse.

Il est également coauteur de nombreux ouvrages professionnels et destinés au grand public (notamment du Dictionnaire gastronomique chez Larousse) tout en exerçant comme chef consultant en France (en Martinique, à La Guadeloupe, à La Réunion) et à l'étranger (Maurice, Maroc, Tunisie, Turquie...).

Il a fait paraître en janvier 2015, chez son éditeur de prédilection (BPI à Clichy), une nouvelle version revue et augmentée de La Cuisine de Référence, la bible pour la préparation des examens et des concours en France et à l'étranger, car 500 techniques de base y sont exposées avec simplicité et décrites pas à pas au moyen de 3000 photos à valeur pédagogique, pour que l'utilisateur puisse les mettre en œuvre aisément.

L’ouvrage contient aussi 1000 fiches techniques de recettes intemporelles – dont les 100 plats préférés des Français –permettant la réalisation de nombreuses préparations dérivées ainsi que le calcul des prix de revient, un référentiel d’auto-évaluation de son apprentissage, un lexique du vocabulaire professionnel et, grande nouveauté, un accès à 118 vidéos pédagogiques.

Sans nul doute l’ensemble pratique le plus clair et complet dans son domaine !

Bernard DELCORD

La cuisine de référence. Techniques et préparations de base, fiches techniques de fabrication (nouvelle édition avec accès à des vidéos) par Michel Maincent-Morel, préface de Dominique Loiseau, Clichy, Éditions BPI, collection « Enseignement - Formation – Restauration - Hôtellerie », janvier 2015, 1 152 pp. en quadrichromie au format 21 x 29,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 33 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage très professionnel la recette suivante :

Potage ou soupe au pistou

Pour 8 personnes

Préparation : 1h30

Cuisson : 25 minutes

Ingrédients :

Éléments de base :

400 g de carottes

400 g de courgettes

100 g de céleri

400 g de poireaux

200 g de gros oignons

200 g de haricots verts

400 g de grosses tomates

100 g de haricots blancs frais

100 g de haricots rouges frais

400 g de pommes de terre (bintjes)

100 g de pâtes (coquillettes)

Pour le pistou :

40 g d’ail

½ botte de basilic

2 dl d’huile d’olive

40 g de parmesan

Pour la garniture :

80 g de parmesan

Sel et poivre du moulin

Technique de réalisation :

1. Mettre en place le poste de travail – 5 minutes

Denrées, matériels de préparation, de cuisson et de dressage.

2. Préparer tous les légumes – 20 minutes

Éplucher et laver très soigneusement tous les légumes.

Réserver les pommes de terre dans de l'eau froide.

Ne pas éplucher les courgettes, les ébouter et les laver seulement.

Dégermer l'ail.

3. Monder, épépiner, concasser et réserver les tomates –10 minutes

4. Cuire les haricots verts, les haricots frais blancs et rouges séparément à l'anglaise – 10 minutes (ou les utiliser appertisés, dans ce cas, ils sont ajoutés quelques minutes avant la fin de la cuisson du potage).

5. Tailler tous les légumes – 20 minutes

Les tailler en dés réguliers d'1 cm de côté.

6. Marquer le potage en cuisson – 10 minutes

Porter 1,5 1 d'eau à ébullition, saler au gros sel.

Ajouter les légumes par ordre de durée de cuisson (carottes, navets, céleri, oignons, poireaux, courgettes).

Terminer par les pommes de terre et les tomates (les coquillettes peuvent être cuites séparément ou ajoutées 12 minutes avant la fin de la cuisson).

7. Réaliser le pistou – 10 minutes

Piler dans un mortier l'ail et les feuilles de basilic.

Incorporer petit à petit l'huile d'olive, puis ajouter quelques petits dés de tomates et de pommes de terre prélevés dans le potage.

Travailler à l'aide du pilon afin d'obtenir une pâte homogène.

Ajouter un peu de parmesan et assaisonner.

8. Dresser la soupe au pistou – 5 minutes

Vérifier la cuisson et l'assaisonnement.

Dresser la soupe brûlante dans une soupière.

Servir à part en saucière le pistou et le parmesan râpé. (Le pistou peut être ajouté dans le potage au moment de l'envoi).

Potages similaires :

Potage minestrone

Réaliser un potage cultivateur en ajoutant un morceau de poitrine fumée blanchi ou un talon de jambon fumé.

En cours de cuisson, ajouter des tomates concassées, des petits haricots blancs cuits au préalable, des spaghettis coupés en tronçons de 3 cm de longueur, un hachis très fin de lard gras, d'ail et de basilic.

Servir avec du parmesan.

Potage bonne-femme

Potage parisien beurré et crémé au moment de l'envoi.

Servir à part des rondelles de baguette séchée.

Potage maraîchère

Ajouter au potage bonne-femme du vermicelle, une chiffonnade d'oseille, de laitue et d'épinards.

Garnir de feuilles de pourpier et de pluches de cerfeuil.

Potage normande

Suer au beurre une paysanne de carottes et de poireaux.

Ajouter après mouillement des petits flageolets frais et une paysanne de pommes de terre.

Beurrer et crémer au moment de servir.

Remarque : ces potages peuvent être mouillés avec du consommé blanc (marmite) ou avec du consommé blanc et du lait.

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01 03 15

Ténèbres et lumière…

Congo – L'autre histoire.jpgDans un fort essai remarquablement étayé et intitulé Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales, notre compatriote Charles Léonard s’est lancé dans l’entreprise ô combien complexe de remettre de nombreux points sur les i de l’histoire du Congo belge et de la RDC.

Il est vrai que notre homme, qui maîtrise parfaitement le lingala et voue une amitié sans bornes au Congo et à son peuple, ne manque pas de biscuit puisqu’il œuvra dans ce pays de 1953 à 1993 et qu’il fut la cheville ouvrière des 26 numéros de Conjoncture Économique du Zaïre, la revue de référence en la matière à l'époque, qu'il rédigea de 1961 à 1987.

« Mais, écrit son éditeur, s’agissant de l’histoire coloniale du Congo, Charles Léonard en a eu un jour assez des écrits orientés ainsi que du mea culpa profondément chrétien et frisant le masochisme de la presse européenne en général et belge en particulier.

Cette pensée anticoloniale politiquement correcte, mais loin de l'être toujours historiquement, est le fruit d'auteurs n'ayant souvent jamais vécu en dehors des frontières belges ni au Congo belge. Elle a, nombre de fois, exaspéré les anciens d'Afrique dont les mises au point et protestations ne furent pratiquement jamais prises en considération par les médias belges.

Alors, à 82 ans, il décide de prendre la plume et de raconter le Congo sous un autre angle : oui, la colonisation belge a fait un travail extraordinaire et fut l'une des plus remarquables en Afrique ; non, les Blancs ne sont pas tous d'infâmes exploiteurs ; oui, le Roi Léopold II fut un homme hors du commun, certes pas un saint, mais bien le reflet de la vision de son époque mise en œuvre avec volonté, persévérance et intelligence.

Parce qu’il fut victime de la calomnie anglaise d'abord, belge et internationale ensuite, ce livre veut lui rendre le mérite auquel il a droit : entre autres exploits, Léopold II mit fin à l'esclavagisme arabe en Afrique centrale et promulgua dès 1885 une ordonnance instaurant les bases d'un remarquable code de procédure civile, prélude du futur “Codes et Lois du Congo belge”, seul en son genre à l'époque, et respectueux du droit coutumier de surcroît. Il donna aux Congolais, qui le reconnaissent eux-mêmes, un véritable empire au cœur de l'Afrique, empire doté d’un sous-sol parmi les plus riches au monde.

Ensuite, Charles Léonard raconte l'évolution d'un pays : de l'indépendance aux Kabila père et fils en passant par Kasavubu, Mobutu, les deux guerres à l'Est et jusqu'aux exploiteurs actuels du pays, les nouveaux maîtres du monde que sont les multinationales. »

Ajoutons que le style est alerte, la réflexion subtile, la documentation abondante et les illustrations remarquablement choisies.

Cet ouvrage aux opinions parfois tranchantes – et que nous ne partageons pas forcément – ne pourra que déplaire aux tenants actuels de la pensée unique, à qui il fera pousser des cris d’orfraie.

Ce qui lui donne un attrait supplémentaire !

Bernard DELCORD

Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales par Charles Léonard, Bruxelles, Éditions Masoin, septembre 2014, 416 pp. + 32 pp. de photographies en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €

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18 02 15

Meurtre au pays des Francs…

La francisque de Tournai.jpgMouscronnois formé chez les jésuites à Tournai, Jacques Mercier – que l’on ne présentera pas, tant est grande sa célébrité en Belgique francophone – a fait paraître récemment aux Éditions Luc Pire à Liège son cinquantième ouvrage, un roman policier cette fois, La francique de Tournai, dans une collection où le patrimoine historique et architectural de notre pays est particulièrement mis en évidence.

Voici le résumé qu’il en donne :

« Daniel, Tournaisien d’origine, sillonne l’Europe à la recherche de haches et de francisques pour enrichir sa collection. Il profite de ses nombreux voyages pour développer des activités mystérieuses. Mais, de retour à Tournai, à l’ombre des géants Jean Noté et Christine de Lalaing, machination et vengeance s’entremêleront. De la gare au beffroi, du quai Donat Casterman à la cathédrale, c’est lors d’un week-end de fête que se dénouera l’intrigue… »

On sait l’attention que notre Maître Jacques porte à la qualité de la langue française et le souci de perfection dans les détails qui l’a animé tout au long de sa carrière à la radio, à la télévision et dans la presse.

On ne s’étonnera donc pas de les retrouver dans son texte, qui est avant tout une belle ode à la première capitale franque de Childéric et de Clovis ainsi qu’un chant d’amour de la cité dont la cathédrale fameuse marie cinq splendides tours romanes à un superbe chœur gothique et renferme un trésor somptueux.

Une histoire passionnante dans une riche histoire…

Bernard DELCORD

La francisque de Tournai par Jacques Mercier, Liège, Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2014, 130 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €