18 01 15

Deux visages du néo-fascisme

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À l’heure où, en Occident, les partis politiques d’extrême droite gagnent sans cesse du terrain au sein des masses populaires – la nature ayant, c’est bien connu, horreur du vide et la crise économique aidant, cette famille de pensée, tout comme ailleurs l’islamisme radical, a aujourd’hui pris chez nous la place du communisme moribond en brandissant d’autres espoirs et en couvrant d’opprobres les mêmes ennemis (les États-Unis, le capitalisme…) ainsi que de nouveaux (les immigrés, l’Union européenne…) –, il n’est peut-être pas sans intérêt, pour mieux comprendre le phénomène, de se pencher sur son histoire protéiforme.

Car il n’y a pas une extrême droite, mais de très nombreuses chapelles profondément divisées (à l’instar de ce qui se passe chez les marxistes et les écologistes, où « deux personnes = trois opinions »…), que seul un leader – par ailleurs largement contesté de l’intérieur – peut éventuellement fédérer temporairement sur un programme de circonstance.

Ce fut le cas pour le justicialisme péroniste en Argentine au milieu du XXe siècle et c’est le cas actuellement pour le Front national en France sous la houlette des Le Pen père et fille.

La confirmation nous en est apportée par deux biographies parues à Grez-sur-Loing aux Éditions Pardès, Perón Qui suis-je ? par Jean-Claude Rolinat et Brigneau Qui suis-je ? par Anne Le Pape, des ouvrages hagiographiques certes, mais qui jettent un éclairage cru sur certains des enjeux actuels.

Admirateur de Franco et militaire comme lui, Juan Domingo Perón (né en 1895) fut président de la nation argentine du 4 juin 1946 au 21 septembre 1955 et du 12 octobre 1973 à sa mort le 1er juillet 1974, date à laquelle lui succéda sa troisième épouse Isabel Martínez de Perón [1].

Il avait auparavant été secrétaire adjoint à la Guerre, secrétaire au Travail et à la Santé ainsi que vice-président et secrétaire à la Guerre dans de précédents gouvernements militaires entre 1943 et 1945.

Pour l’histoire, son action politique est indissociable de l’engagement de sa deuxième épouse, María Eva Duarte de Perón (1919-1952). Surnommée Evita, celle-ci contribua à l’obtention du soutien des milieux ouvriers (les descamisados ou « sans chemise ») et des femmes envers le régime.

Elle est morte d'un cancer de l'utérus en 1952 à l'âge de 33 ans, ce qui en fit un mythe [2]. Perón avait été réélu en 1951, mais il fut renversé par un coup d'État militaire en 1955, qui entraîna une longue errance de l’ex-dictateur au Paraguay, au Venezuela, au Panama, en République dominicaine et à Madrid.

Son retour au pouvoir en 1973, pour bref qu’il fût, se caractérisa par de fortes dissensions entre ses partisans de gauche et de droite qui firent couler le sang (par exemple au cours du massacre d'Ezeiza, quand l'extrême droite péroniste tira sur la foule réunie pour accueillir le caudillo à son retour au pays).

Occultant ces divergences, Jean-Claude Rolinat, fervent admirateur de Perón, revient longuement sur ce qui fit le succès momentané de sa politique et sur la façon dont il fut bâti. C’est là, à notre avis, que réside l’intérêt de son ouvrage, qui montre aussi en quoi Carlos Menem, Eduardo Duhalde et les époux Kirchner, successeurs « démocratiques » du dictateur à la tête de l’Argentine, s’inscrivent dans le prolongement de son action.

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Tout autre apparaît la personnalité du publiciste français François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot, 1919-2012), duquel sa consœur frontiste Anne Le Pape a rédigé la biographie avec une admiration sans bornes (elle qualifie par exemple d’entrée dans la « grande presse » l’arrivée de Brigneau au sein de la rédaction de France Dimanche en 1948…)

Membre du RNP (Rassemblement national populaire) de Marcel Déat, entré dans la Milice de Darnand le 6 juin 1944, emprisonné durant 15 mois à Fresnes entre octobre 1944 et décembre 1945, acquitté à cette date pour les accusations les plus graves, mais frappé de dix ans d’indignité nationale, notre homme, « qui se définissait comme Français de souche bretonne et dont la plume valait une épée, a obstinément et fidèlement choisi “le mauvais camp”, celui de la “France française”, selon sa propre expression ».

L’expression « dont la plume valait une épée » employée par Anne Le Pape est on ne peut plus juste. Car Brigneau usait d’une langue qui n’était pas de bois, avait l’humour ravageur, la formule qui fait mouche et le ton assassin qui lui permettaient de mettre régulièrement les rieurs dans sa poche.

Son style flamboyant fut d’ailleurs apprécié par bien du monde (l’auteure cite en vrac Louis-Ferdinand Céline, Robert Brasillach, mais aussi Frédéric Dard, Jean Gabin, Marcel Pagnol, Arletty, Alphonse Boudard ainsi que, pour la presse, Hubert Beuve-Méry et Pierre Lazareff) et ses articles innombrables [3] – notamment dans Paroles françaises dirigé par Pierre Boutang, dans L’Indépendance française, dans Ici-France, dans La Dernière Lanterne, dans France Dimanche, dans Rivarol (dont il fut rédacteur en chef adjoint), dans Semaine du Monde, dans Paris-Presse, dans Cinémonde, dans Télé Magazine (1957-1975), dans L’Aurore (entre 1962 et 1964), dans Minute (de 1964 à 1987), dans Itinéraires (1978-1986), dans Présent (qu’il cofonda avec Jean Madiran en 1982 [4] et qu’il quitta en 1986), dans Le Choc du mois (de 1987 à 1991, où il croisa sa biographe), dans National-Hebdo (1987-1998), dans L’Anti-89 ou encore dans le Libre Journal de Serge de Beketch – avaient un retentissement certain, allant bien au-delà du lectorat de l’extrême droite.

Il fut aussi « nègre », éditeur et écrivain, et obtint en 1954 le Grand prix de littérature policière pour La Beauté qui meurt.

Deux remarques, pour conclure : Brigneau, en dépit de son talent, tira presque toujours le diable par la queue, signe que son engagement politique était profond– ce qui ne veut pas dire juste, bien entendu… –, comme le montre d’ailleurs aussi son nomadisme journalistique, souvent consécutif de brouilles avec ses « camarades ».

Il est vrai qu’avec ce républicain plus ou moins maurrassien, cet athée proche de Mgr Lefebvre, ce fils fasciste et anti-1989 d’un instituteur socialiste révolutionnaire, cet ultra-conservateur balayant tout sur son passage, avec ce seul homme donc, on avait au moins mille opinions divergentes dans sa propre famille politique !

Bernard DELCORD

Perón Qui suis-je ? par Jean-Claude Rolinat, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

 

Brigneau Qui suis-je ? par Anne Le Pape, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2014, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[1] Elle fut déposée le 24 mars 1976 par une junte militaire sous la direction du général putschiste Jorge Rafael Videla.

[2] Au point qu’on lui consacra en 1976 à Broadway une comédie musicale, Evita, qui donna lieu en 1996 à un film éponyme dont le rôle-titre fut tenu par Madonna sur un scénario rédigé par… Oliver Stone.

[3] Parfois signés du pseudonyme de Julien Guernec, de Mathilde Cruz ou de Caroline Jones.

[4] Ils y constituèrent le pendant du duo Léon Daudet-Charles Maurras dans les colonnes de l’Action française d’avant-guerre, l’un bretteur rigolard, l’autre penseur dogmatique.

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13 01 15

De la BD à la BRAFA 2015

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La BRAFA (Brussels Antiques and Fine Art Fair) qui ouvrira ses portes sur le site de Tour et Taxis à Bruxelles du 04-01-2015 au 01-02-2015 est une des plus prestigieuses foires d’art et d’antiquités d’Europe, où toutes les œuvres d’art présentées sont à vendre. Qualité optimale et authenticité comptent parmi ses exigences.

 

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C’est une foire éclectique offrant avec une très large variété de spécialités depuis l’Antiquité jusqu’au XXIe siècle : archéologie, arts primitifs, arts asiatiques, argenterie, bijoux, numismatique, mobilier et objets d’art de la Renaissance à nos jours, vintage, tableaux anciens et modernes, art contemporain, sculpture, céramique, porcelaine, tapis, tapisseries, dessins, bandes dessinées, gravures, livres anciens et modernes, photographie et autographes.

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Parmi ses nombreux exposants, épinglons la galerie Champaka Bruxelles & Paris qui y présente au stand n°50 des planches sur le thème « Transatlantique(s) », cet océan qui unit deux pôles de la création en bande dessinée : l’Europe et l’Amérique. Un mot évocateur qui favorise autant d'appels au voyage, ce dernier nourrissant depuis toujours la magie de la bande dessinée et de l’illustration. Chaque artiste y révèle une part essentielle de sa personnalité.

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Créateurs d’univers

L’espace d’exposition de la galerie Champaka à la BRAFA met en évidence la créativité et le talent de Jacques de Loustal, André Juillard, Miles Hyman, Joost Swarte, Philippe Berthet, Guido Crepax, Ever Meulen, Frank Pé, Antonio Lapone, Luis Royo, Hugo Pratt, Louis Joos, Javier Mariscal, Idir Davaine, Yann Kebbi, Ruben Pellejero, François Schuiten et Theo Van den Boogaard.

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Arts de bande dessinée

Il y a cinq ans, la Galerie Champaka faisait entrer la bande dessinée au Grand Sablon, le quartier des arts à Bruxelles. Trois ans plus tard, elle accostait à Paris, en bordure du Centre Pompidou. Dans ses deux espaces de 150 m² chacun, elle témoigne avec éclat de la force des créateurs actuels de bande dessinée. Héritiers des grands maîtres du passé, ils perfectionnent sans cesse une technique de narration qui fait de la bande dessinée un art contemporain majeur.

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BRAFA 2015

Du 24 janvier 2014 au 1er février 2014 de 11h à 19h

Tour & Taxis - Avenue du Port 86C - 1000 Bruxelles

Nocturne le jeudi 29 janvier 2015 jusqu’à 22h00

 

Prix d’entrée :

Individuel : 20 €

Groupes (≥ 10 pers.) : 10 € par personne

≤ 26 ans : 10 €

≤ 12 ans : gratuit

 

Galerie Champaka Bruxelles :

27, rue Ernest Allard - B-1000 Bruxelles - Belgique

Tel : + 32 2 514 91 52 - sablon@galeriechampaka.com

Mercredi à samedi : 11h00 à 18h30

 

Galerie Champaka Paris :

67, rue Quincampoix -F-75003 Paris - France

Tel : +33 1 57 40 67 80 - beaubourg@galeriechampaka.com

Mardi à samedi : 12h00 à 19h00

 

www.galeriechampaka.com

 

Relations presse : Viviane Vandeninden

viviane.vandeninden@klach.be

Tél. + 32 2 351 26 10 - GSM + 32 472 31 55 37

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12 01 15

Le cicérone des gourmets !

Guide Delta Belgique 2015.jpgDestiné autant au monde des entreprises qu’aux familles et aux amateurs de bonne chère, le Guide Delta  des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2015 [1] – à savoir la 14e édition de ce descripteur incontournable de la gastronome sous toutes ses formes dans notre pays, le Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2014-2015 paru au mois de mai en étant, quant à lui, à sa 37e année d’existence – recense 2000 restaurants et hôtels du Royaume et de son voisin tout en permettant, par un système ingénieux de sept index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique en général et dans chaque province, par type de cuisine et en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salons VIP ou de salles de séminaire, mais aussi de la quiétude de l’environnement ou de la beauté des lieux.

L'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos (niveau de la table et du contenu de la cave à vin, type de cadre, nombre de couverts, rapport qualité/prix, jour de fermeture, heures d’ouverture, types de paiement acceptés, accès adapté aux personnes handicapées, présence d’une terrasse ou d’un jardin, facilités de parking, service voiturier, etc.) ainsi que 1 500 notices gastronomiques écrites sans complaisance et que les chroniqueurs – nous pouvons l’attester... – assument en toute indépendance.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession en Belgique (hors Bruxelles et sa périphérie, dont les lauréats seront proclamés lors de la parution du Guide Delta des Hôtels et des restaurants de Bruxelles 2015-2016 en mai prochain), et, pour la toute première fois de façon systématique, pour les restaurants du Grand-Duché de Luxembourg auxquels un chapitre entier est consacré en fin d’ouvrage [2].

Enfin, soulignons le maintien de la présence au centre de l’ouvrage d’un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier, moyennant réservation, d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction TVAC par table [3]) dans 65 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de 3 250 euros !

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre.

Une excellente affaire à faire… ou à offrir !

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2015, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 2014, 584 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,75 €

Delta Gids België & Luxemburg 2015, Brussel, Delta Gids, december 2014, 584 pp. in kleuren, formaat 15 x 21 cm, vierkleurendruk met flappen, 29,75 €

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[1] Une version en langue néerlandaise a paru simultanément, sous le titre de Delta Gids België & Luxemburg 2015.

[2] Delta d’Or : Le D’Arville à Wierde, Pastorale à Reet et Ma langue sourit à Moutford ; Delta d’Argent : L’Olivier des sens à Tilff, ‘t Korennaer à Nieuwkerken et Becher Gare à Bech ; Delta de Bronze : L’Étang bleu à Mont-Saint-Geneviève, Le Flore à La Panne et Bistronome à Strassen. Lauréats par type de cuisine : L’Esprit Bouddha à Gosselies (cuisine asiatique) ; L’Artiste à Falaën (viande d’exception) ; Portus Cale à Lodelinsart (cuisine portugaise), L’Opéra à Waterloo (cuisine italienne), KokOVin à Bruges et L’Hôtel de la Poste à Bouillon (cuisine bistronomique).

[3] Hors plats du jour, lunchs et menus boissons comprises.

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04 01 15

Le génial galeriste des génies méconnus…

Mémoires du marchand des impressionnistes.jpgOuvrage indispensable pour les visiteurs de la belle exposition [1] qui lui est consacrée jusqu’au 8 février 2015 dans les murs du Musée du Luxembourg [2] à Paris, les Mémoires du marchand des impressionnistes de Paul Durand-Ruel (1831-1922), parus chez Flammarion, l’est aussi pour tous ceux que passionne l’histoire de l’art en France au XIXe siècle, s’agissant en particulier de l’œuvre de Camille Corot (1796-1875), d’Eugène Delacroix (1798-1863), d’Eugène Fromentin (1820-1876), d’Eugène Boudin (1824-1898), de Camille Pissarro (1830-1903), d’Édouard Manet (1832-1883), de James Whistler (1834-1903), d’Edgar Degas (1834-1917), d’Henri Fantin-Latour (1836-1904), de Paul Cézanne (1839-1878), d’Alfred Sisley (1839-1899), de Claude Monet (1840-1926), de Berthe Morisot (1841-1895), d’Auguste Renoir (1841-1919), de Mary Cassatt (1844-1926) ou de Gustave Caillebotte (1848-1894), excusez du peu !

Précurseur sur la scène internationale du marché de l’art – il a établi un réseau de galeries à Paris, Londres, Bruxelles et New York –, notre homme avait aussi le nez creux puisqu’il nourrit, défendit et promut les peintres de l’École de Barbizon puis les impressionnistes à l’époque où il était de bon ton de vilipender leurs œuvres, en conservant leurs toiles jusqu’à l’émergence du marché.

« Ma folie a été sagesse, a-t-il écrit. Dire que si j’étais mort à soixante ans, je mourais criblé de dettes et insolvable, parmi des trésors méconnus. »

Retraçant sa vie de 1831 à 1922, le livre est accompagné de plus de 60 illustrations (documents et œuvres), d’une sélection d'articles et de lettres, d'une liste de ses expositions (200 à Paris et 130 à New York), ainsi que d'une biographie chronologique.

Par ailleurs, l'ouvrage comporte un riche appareil analytique en annexe : Paul-Louis Durand-Ruel (son arrière-petit-fils) et Flavie Durand-Ruel (son arrière-arrière-petite-fille et nièce de Paul-Louis) ont identifié tous les personnages et artistes cités, ainsi que toutes les œuvres mentionnées en précisant leur localisation actuelle.

Bernard DELCORD

Mémoires du marchand des impressionnistes par Paul Durand-Ruel, texte établi, présenté et annoté par Paul-Louis Durand-Ruel & Flavie Durand-Ruel, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2014, 331 pp. en noir et blanc + 32 pp. de cahier photo en quadrichromie au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

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[1] http://museeduluxembourg.fr/expositions.

[2] Elle est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais en collaboration avec le musée d’Orsay, la National Gallery de Londres et le Philadelphia Museum of Art et elle réunit quatre-vingts chefs-d’œuvre de l’impressionnisme en retraçant le moment où une avant-garde artistique accède à la reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand passionné.

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04 01 15

Un texte « dérangeant »…

L'affaire Simenon.jpgAlain De Preter est juriste de formation et il a exercé le métier d’avocat à Bruxelles pendant dix-sept ans. Depuis une dizaine d’années, il travaille en tant qu’éducateur dans un hôpital de jour pour adultes présentant des difficultés psychologiques. Il a également fait partie pendant plusieurs années de la Société belge de psychologie analytique C.G. Jung.

C’est dans le cadre de sa réorientation professionnelle (licence en sciences de la famille et de la sexualité à l’UCL) qu’il a rédigé L’affaire Simenon, un essai abondamment documenté paru aux Éditions Avant-propos à Waterloo, dans lequel il « se propose de répondre aux questions que la fille du romancier pose au sujet de son mal-être dans des écrits que son père a fait publier après son décès – Marie-Jo s’est suicidée le 20 mai 1978 à l’âge de 25 ans.

Dans ses Mémoires intimes, Georges Simenon [1] accuse sa seconde femme Denyse d’être responsable de la mort de leur fille et il prétend également que Marie-Jo lui aurait proposé d’avoir des rapports incestueux avec lui. Selon Alain De Preter, ces accusations ne résistent pas à un examen sommaire des faits qui révèle que Simenon entretenait une relation pour le moins ambiguë avec sa fille.

L’enquête change alors d’orientation et se focalise sur l’homme qui avait fait profession de raconter des histoires.

Qui était “Dad” ? À partir du concept de nécrophilie développé par Erich Fromm [2], l’auteur met au jour certains aspects de la personnalité de l’écrivain et donne sens à différents événements de la vie familiale qui, sans cela, restent incompréhensibles. La psychologie humaniste de Fromm permettrait également de comprendre comment – et selon quel processus – Simenon se serait rendu coupable de maltraitance envers les femmes de son entourage. »

La thèse se fonde donc sur les concepts de biophilie et de nécrophilie élaborés par Erich Fromm pour qui ils sont voisins des notions freudiennes de pulsion de vie et de pulsion de mort.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Voici ce qu’en a dit le professeur Yvon Pesqueux dans un cours donné en 2003 à l’Université Paris-IX Dauphine :

« En traitant le problème de la nécrophilie, Erich Fromm affirme que “la plupart des hommes possèdent en eux les deux types de tendances (biophilie et nécrophilie) à la fois, mais dans des proportions variées” [3], encore qu’il y ait des gens qui se vouent entièrement à la mort ou à la vie.

Littéralement, “nécrophilie” veut dire “amour des morts”, mais dans le cas de la perversion manifeste d’une tendance de l’amour de la mort, de détestation de la vie qui se rencontre chez un grand nombre de gens. Dans cette catégorie sont également rangées les personnes qui aiment raconter des histoires de maladie, de funérailles, etc.

Les traits distincts des personnes nécrophiles sont les suivants :

– Elles sont tournées vers le passé,

– Elles sont froides, distantes, fanatiques de la “loi et  de l’ordre”,

– Elles voient la force comme un moyen de détruire les autres.

Pour le biophile, l’humanité se divise en deux groupes contraires, le masculin et le féminin, tandis que pour le nécrophile, l’humanité se partage en deux “sexes”, les puissants et les impuissants. Le désir de manger un cadavre se rencontre chez ce type de gens en état inconscient, à savoir dans leurs rêves.

Dans la société moderne, l’individu porté à la nécrophilie aime tout ce qui est figé et mécanique. »

Une façon plutôt polémique, on en conviendra, de se pencher sur Georges Simenon à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son décès et de fournir des clés d’interprétation de son œuvre…

Bernard DELCORD

L’affaire Simenon par Alain De Preter, Waterloo, Éditions Avant-propos, octobre 2014, 383 pp. en noir et blanc au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée bicolore, 29,95 €


[1] 1903-1989.

[2] Erich Fromm (1900-1980) est un psychanalyste humaniste américain d'origine allemande. Il est, avec Theodor Adorno et Herbert Marcuse, entre autres, un des premiers représentants de l'École de Francfort. Il est également connu comme un sociologue marxiste ayant fait la conjonction de Karl Marx avec Sigmund Freud. Il a enseigné au Bennington College, à l'Université Columbia, puis à l'université du Michigan et à Yale. Il fut le chef de file de l'école culturaliste à Chicago avant de rejoindre le MRI (Mental Research Institute) de l'École de Palo Alto puis de fonder et diriger la Société Mexicaine de Psychanalyse en 1956 tout en enseignant à l'Université Nationale Autonome du Mexique. (Source : Wikipédia.)

[3] Erich Fromm, Le cœur de l’homme, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite Bibliothèque Payot », 2002, p. 47.

04 01 15

Un roman magistral

Derrière la colline.jpgParu chez Belfond à Paris en 2000, Derrière la colline de Xavier Hanotte (né en 1960) a été réédité dans la collection nationale belge « Espace Nord » à Bruxelles, ce qui met durablement ce roman exceptionnel à la disposition du public, et ce n’est que justice.

L’ouvrage a pour cadre la bataille de la Somme durant la Première Guerre mondiale et, comme l’a fort bien résumé Carmelo Virone sur le site de la Promotion des Lettres [1], il « met en scène un jeune lettré anglais du nom de Nigel Parsons, poète à ses heures sous le pseudonyme de Nicholas Parry, qui vient de se voir refuser la place d'enseignant qu'il postulait.

Poussé par un dépit amoureux et par le militarisme ambiant (l'Angleterre doit voler au secours de la Belgique, dont la neutralité vient d'être violée), il va s'engager dans l'armée en même temps que William, un jardinier avec qui il s'est lié d'amitié. Nous vivrons avec eux les heures glauques de l'attente, dans les tranchées boueuses infestées par les rats et les poux ; nous sui­vrons sur leurs pas les moments d'horreur de la bataille, en ce jour chaotique et funeste du 1er juillet 1916 où 40 000 soldats anglais alignés comme à la parade moururent sous les feux allemands.

Entre Nigel et William, entre l'homme de lettres et celui de la terre, s'est glissé un miroir infidèle, qui renvoie à chacun son image inversée : doubles, jumeaux, frères, amis, différents par la naissance et le destin. L'un périra au combat, l'autre cultivera la mémoire du disparu ».

L’histoire commence d’ailleurs le 30 juin 1948 et, si elle constitue un flash-back apparemment classique, elle est aussi une interrogation sur la restitution des événements non seulement à travers les filtres de la mémoire, mais aussi par le biais des techniques du récit –extraordinairement maîtrisées par l’auteur – qui mènent le lecteur au cœur d’un monde illusoire dont les forces sont supérieures à celles de l’univers réel.

Il s’agit là de ce que le fameux critique français Edmond Jaloux (1878-1949) avait baptisé en 1931 du nom de « réalisme magique » dans les colonnes de l’influent quotidien parisien Le Temps s’agissant d’un autre roman belge dont l’action est située durant la Grande Guerre, Handji de Robert Poulet (1893-1989), avec lequel Derrière la colline présente, mutatis mutandis, bien des similitudes.

Un véritable tour de force littéraire !

Bernard DELCORD

Derrière la colline par Xavier Hanotte, postface de Jérôme Duhamel, Bruxelles, Éditions Les Impressions Nouvelles, collection « Espace Nord », novembre 2014, 399 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €



[1] http://www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.php?id=derrierelacollinehanotte.

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03 01 15

Consommateurs d’école…

Mots d'excuse – L'intégrale.jpgAncien directeur d’école en banlieue parisienne et en province devenu principal d’un collège, Patrice Romain a connu un beau succès éditorial en faisant paraître en 2010 chez François Bourin à Paris un florilège de sa vaste collection de mots d’excuse hilarants rédigés par des parents diversement inspirés.

Il remet ça chez Michel Lafon avec Mots d'excuse – L'intégrale qui rassemble, dans le respect de leur orthographe souvent déficiente, vingt années de correspondances hautes en couleur faisant état de protestations de parents, d’embrouilles entre élèves, de difficultés scolaires, de contestations de notes et de punitions ainsi que de justifications de retards et d’absences.

Exemples :

Madame, Je m'excuse pour le retard a Tatiana parce qu'hier matin avec les gosses qui gueulaient et le chien qui dégueulait c'était carrément le bordel à la maison.

Madame, Il est or de question que mon fils vient en cour de soutien en français. Il est pas fou. En revoir.

Madame, Vous voulez que j’achète la photo de classe de ma fille ? Non mais vous avez vu la tête des autres ? Alors c’est non merci ! Cordialement.

Madame, Je comprend rien aux groupes que vous avez fait en classe. Mike me dit qu’il y a les guépards, les girafes, les éléphants et les tortues. On est pas en afrique !

Monsieur, A cause de vous mon fils est grave trop matisé.

Madame, Franchement que Yannick est D en musique on sans fout. Il sera jamais un Picasso et alors ?

Et pourquoi c’est toujours mon fils qui est puni ? Et les autres alors ? Chacun son tour un peu !

Merci que Ronnie et Mike y sarrête d’emmerdé mon fils sinon sa va chié. Merci madame.

Madame, Kevin a un cocar mais cette fois c’est pas moi parce que j’avais rien bu. Il s’est bagaré au foot avec un autre. Alors prévenez pas la police SVP j’ai rien fait. Merci.

Monsieur, Ca vous va bien de criyé sur mon fils mais je vous signale qui ya des anciens eleves a vous qui vendes du shit dans le hall de mon imeuble. Alors, Vous dites rien ?

Monsieur, Moi, je n’ai pas choisi d’être professeur. C’est donc à vous de trouver les arguments nécessaires pour que Germain fasse ses devoirs. Merci et bonne chance.

Monsieur, Si vous voulez que mon fils fasse ses devoirs, donnez lui des exercices plus faciles et il les fera. Il suffit d’y penser, c’est pas plus compliqué.

En effet !

Bernard DELCORD

Mots d'excuse – L'intégrale par Patrice Romain, Paris, Éditions Michel Lafon, septembre 2014, 266 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,95 € (prix France)

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03 01 15

« Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. » (Winston Churchill)

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 .jpgToujours fort bien inspirée par le fameux gourou de l’édition française Jean-Claude Zylberstein, la maison Tallandier à Paris poursuit la réédition des souvenirs de Winston Churchill (1874-1965) par la publication de ses Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 qui constituent le second volume [1] d'un témoignage irremplaçable sur les coulisses britanniques du premier conflit mondial et sur le déroulement des événements jusqu'en novembre 1918.

Voici ce qu’en dit l'éditeur :

« Ce second volume des Mémoires de la Grande Guerre s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916.

Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final. Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur.

On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. »

Ce dernier s’avérant d’ailleurs, dans la bouche de Sir Winston, une arme de destruction massive d’une efficacité redoutable…

Bernard DELCORD

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 par Winston Churchill, préface de François Kersaudy, traduction révisée et annotée par Antoine Capet, Paris, Éditions Tallandier, août 2014, 597 pp. en noir et blanc au format 16,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)


[1] Le premier s’intitule Mémoires de la Grande Guerre 1911-1915.

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02 01 15

Polars de grande classe…

Les Éditions Omnibus à Paris ont fait paraître simultanément six classiques du roman policier anglo-saxon dans une collection de poche (« Bibliomnibus ») particulièrement séduisante, y compris par son prix de vente.

Laura par Vera Caspary.jpg

– Le premier d’entre eux, rédigé par l’Américaine Vera Caspary (1899-1987), intitulé Laura et paru en 1942, a inspiré au cinéma en 1944 le chef-d’œuvre éponyme d’Otto Preminger avec Gene Tierney dans le rôle-titre.

En voici la trame, fournie par l’éditeur (comme les suivantes, d’ailleurs) :

Qui a tué Laura ? Et qui était-elle ? Intrigué, puis bientôt fasciné par l'obsédante image de la jeune femme, l'inspecteur MacPherson tombe sous le charme de l'absente. Absente, vraiment ? Les coups de théâtre et les rebondissements s'enchaînent dans cette impeccable intrigue policière doublée d'un troublant chant d'amour.

Le Cas de l'inspecteur Queen.jpg

– Sous le nom d'Ellery Queen se cachent deux Américains, Frederic Dannay (1905-1982) et son cousin Manfred Lee (1905-1971). Leur personnage fétiche, Ellery Queen, apparaît dès 1929 dans leur premier roman, Le Mystère du chapeau de soie, et il sera le héros de trente-trois romans et de nombreuses nouvelles jusqu'en 1971. Leur œuvre a suivi l'évolution du roman policier : du roman d'énigme dans la grande tradition anglaise de leurs débuts, ils passent dès 1940 à des récits où la psychologie prend une plus grande part.

Dans Le Cas de l’inspecteur Queen, Richard Queen, jeune retraité de la police en villégiature chez un ancien collègue, s'ennuie ferme, quand, un beau jour, dans le voisinage, le bébé tout juste adopté par un couple de milliardaires meurt soudainement. Accident, concluent les enquêteurs. Alerté par la nurse qui avait la garde de l'enfant, Richard Queen, pour une fois sans l'aide de son fils Ellery, soupçonne un meurtre. Mais qui peut vouloir la mort d'un nourrisson ?

J'aurai ta peau .jpg

– Mickey Spillane (1918-2006) fit une entrée remarquée dans le monde du roman policier en 1947 avec J'aurai ta peau (“I, the jury”) qui rencontra un succès exceptionnel dans le monde entier et dans lequel apparaissait Mike Hammer, héros de treize romans jusqu'en 1996.

Ses qualités de narrateur, de dialoguiste et le rythme impeccable de ses romans ont valu à Mickey Spillane le titre de « Grand Maître » décerné par les Mystery Writers of America en 1995.

Détective privé brutal, cynique – et un brin romantique –, Mike Hammer mène en solitaire et sans états d'âmes les enquêtes trépidantes qui ont fait de lui une des figures légendaires de la littérature policière. Pour parvenir à ses fins, il ne s'embarrasse guère de scrupules. Coups fourrés et trahisons se succèdent dans J’aurai ta peau, l’histoire d’une vengeance, qui allait propulser Mickey Spillane et son dur à cuire de héros au premier plan de la scène, position qu'ils n'allaient plus quitter. Le texte est suivi d’une nouvelle, Rich Thurber, l'histoire d'une prise d'otage, qui n’a pas rééditée depuis le début des années 1970.

Jungle urbaine.jpg

– Dashiell Hammett (1894-1961) est le père du roman noir américain. Fort de son expérience de détective à l'agence Pinkerton, il a révolutionné le récit policier en créant la figure du privé dans un style épuré, sec, visuel et très novateur. Ses romans Le Faucon maltais, La Clé de verre ou L'Introuvable sont des classiques de la littérature et Sam Spade, immortalisé à l'écran par Humphrey Bogart, reste l'archétype du détective privé affrontant la grande ville et ses corruptions.

Les trois longues nouvelles rassemblées dans Jungle urbaine en montrent chacune une facette différente : une cité fantôme fondée par la pègre dans « Cauchemar ville » (1924), une petite bourgade du Sud profond sous la coupe d'une bande de malfrats dans « Un petit coin tranquille » (1925), le Chinatown de San Francisco et ses mystères dans « Crime en jaune » (1925).

Une plongée dans l'Amérique des années 1920, alors que règne la Prohibition et que le crime organisé accentue sa mainmise.

La sagesse du Père Brown.jpg

– Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est une figure majeure de la littérature anglaise, auteur d'une œuvre prolifique d'essayiste, de biographe et de romancier. Nul mieux que lui n'a su manier le paradoxe avec des ouvrages comme Le Nommé jeudi, et les enquêtes du Père Brown. Il fut en 1928 le premier président du Detective Club, association regroupant des auteurs de romans policiers (dont Agatha Christie, la baronne Orczy, Dorothy Sayers ou encore John Dickson Carr).

Prêtre catholique d'une petite paroisse de l'Essex, le Père Brown ne paie vraiment pas de mine. Son apparence banale, voire ridicule, abrite un cerveau exceptionnel aux procédés aussi déroutants que géniaux. En prenant le contre-pied des méthodes d'investigation classiques, il agit à rebours du sens commun : son comportement est incohérent, ses propos décousus, des digressions insensées. Et pourtant, sa logique déconcertante aura raison des énigmes criminelles les plus obscures.

La sagesse du Père Brown réunit douze enquêtes [1] particulièrement exemplaires du savoir-faire de l’auteur… et de son héros.

Psychanalyse d’un crime.jpg

– Nicolas Freeling (1927-2003) se présente lui-même comme « le plus européen des écrivains anglais ». Chef cuisinier dans sa jeunesse, il sillonne le continent. C'est dans une prison néerlandaise où il est incarcéré à la suite d'une erreur judiciaire qu'il entreprend la rédaction de la première enquête de l'inspecteur Van der Valk, de la police d'Amsterdam, son personnage fétiche.

Dans Psychanalyse d’un crime, suite à une lettre à peine anonyme d'un respectable banquier, celui-ci enquête sur la mort suspecte d'un peintre minable et authentique maître chanteur. L'accusé ? Un non moins respectable neurologue, avec lequel il va entreprendre un étonnant dialogue...

Curieux, patient, obstiné, Van der Valk a pu être comparé à un Maigret hollandais, mais un Maigret mâtiné de Philip Marlowe pour sa décontraction et son humour parfois sarcastique.

Une collection d’ouvrages noirs riche d’une belle moisson de surprises !

Bernard DELCORD

Vera par Laura Caspary, traduction de Jacques Papy, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 203 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Le Cas de l’inspecteur Queen par Hellery Queen, traduction de Simone Lechevrel, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 192 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

J’aurai ta peau suivi de Rich Thurber par Mickey Spillane, traduction de Gilles Maurice Dumoulin, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 198 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Jungle urbaine par Dashiell Hammett, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 198 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

La sagesse du Père Brown par Gilbert-Keith Chesterton, traductions de Dominique Haas et Gabriel Repettati, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 208 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Psychanalyse d’un crime par Nicolas Freeling, traduction de Paul Verguin, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 203 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)


[1] L’absence de Mr Glass, Le Paradis des Voleurs, Le duel du docteur Hirsch, L’homme dans le passage, L’erreur de la machine, La tête de César, La perruque pourpre, La perdition des Pendragon, Le dieu des gongs, La salade du colonel Cray, L’étrange crime de John Boulnois, Le conte de fées du Père Brown.

02 01 15

Nostalgie culinaire...

Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990.jpgParu en version club aux Éditions France Loisirs (le texte princeps est chez Solar à Paris), le joli recueil de Martine Lizambard intitulé Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990 retrace 50 ans d'histoire culinaire en rassemblant 77 préparations qui, nées d’une mode, d’une révolution technologique ou de l’intérêt émergent pour la gastronomie, ont marqué leur époque.

Pour chaque décennie, elle montre en images l'ambiance de l'époque, elle fournit les dates clés de la grande distribution et des progrès de l’électroménager, elle compare l’évolution des prix moyens de 9 produits par décennie (en francs français et en euros), elle décrit les innovations techniques, elle évoque l’évolution de la consommation des produits alimentaires de base (en kilos ou litres par an et par habitant de l’Hexagone), elle rappelle les tendances du goût et elle donne les recettes en vogue devenues emblématiques.

Celles-ci vont du soufflé au fromage au chou farci des années 1950 à la salade de chèvre chaud et au chili con carne des années 1990 en passant par la blanquette et le baba au rhum des 60's, les bouchées à la reine le steak au poivre des 70's ou le rôti de dindonneau en cocotte et le banana split des 80’s. [1]

Un savoureux recul dans le passé !

Bernard DELCORD

Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990 par Martine Lizambard, Paris, Éditions France Loisirs, septembre 2014, 96 pp. en quadrichromie au format 22 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,95 € (prix France)

Voici une recette d’entrée des années 1970, toujours au goût du jour :

Foie gras poêlé aux raisins

 Dans le Sud-Ouest, région phare de la production de foie gras, c’est souvent le plat des grandes fêtes familiales. Dans les années 1970, André Daguin a popularisé le canard gras et l’ensemble de ses préparations dans tout l’hexagone. Et l’on commence à poêler le foie gras partout…

Pour 4 à 6 personnes

Préparation : 30 minutes

Cuisson : 2 à 3 minutes + 10 minutes

Ingrédients :

500 g de foie de canard cru, dénervé

500 g de raisin blanc à gros grains

1 cuiller à soupe de farine

2 cuillers à soupe d’armagnac

15 cl de porto, de Maury ou de vin blanc doux

Sel et poivre du moulin

Recette :

Rincez le raisin à l’eau fraîche.

Égrappez-le.

Pressez ¼ des raisins et réservez le jus.

Pelez les autres, un à un, et retirez les pépins avec la pointe fine d’un couteau.

Étalez la farine dans une petite assiette avec un peu de sel et de poivre.

Tranchez le foie gras en biais, en 4 escalopes de même épaisseur.

Enrobez-les de farine puis tapotez-les pour en retirer l’excédent.

Faites cuire les escalopes 30 secondes à 1 minute sur chaque face dans une poêle antiadhésive bien chaude, à feu vif.

Retirez-les de la poêle, posez-les sur du papier absorbant et réservez-les au chaud.

Jetez un peu de la graisse de cuisson pour n’en laisser que l’équivalent de 2 cuillerées à soupe.

Laissez la poêle sur le feu, versez l’armagnac et flambez.

Ajoutez le vin et le jus des raisins, puis laissez mijoter doucement pendant 5 minutes environ pour que le liquide réduise de 1/4 et devienne onctueux.

Ajoutez les grains de raisin pelés et réchauffez-les 2 minutes.

Goûtez et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre.

Servez les escalopes sur des assiettes chaudes, nappez-les de sauce et répartissez les grains de raisin autour.

Conseil :

Accompagnez de quartiers de pomme poêlés au beurre.

Astuce :

Les plus gros foies fondent plus que les petits. Ne dépassez pas 500 g pour un foie de canard cru.


[1] Années 1950 : Soufflé au fromage, Clafoutis, Soupe de légumes, Œufs en gelée, Pain de jambon, Pâté de campagne, Chou farci, Boudins noirs à la purée, Boudins blancs aux deux pommes, Bœuf bourguignon, Côtes de porc sauce charcutière, Pommes au four, Compote de pommes, Flan parisien, Riz au lait, Beignets de pommes et de bananes, Diplomate aux fruits confits.

Années 1960 : Œufs mimosa, Quiche lorraine, Gigot en croûte, Filet de bœuf rôti, Truites aux amandes, Blanquette de veau, Paupiettes de veau, Gibelotte de lapin, Baba au rhum, Gâteau thé brun® au café, Crêpes du goûter, Pain perdu, Biscuit roulé à la confiture, Bûche de Noël.

Années 1970 : Bouchées à la reine, Soupe de poisson, Plateau d'huîtres, Poêlée de gambas, Moules marinières, Foie gras poêlé aux raisins, Canard à l'orange, Confits de canard, pommes sarladaises, Magrets poêlés, Fondue bourguignonne, Steaks au poivre, Entrecôtes à la bordelaise, Escalopes panées, Saumon à l'oseille, Œufs à la neige, Pêches Melba, Gâteau de semoule aux raisins, Mousse au chocolat, Clafoutis.

Années 1980 : Cocktail d'avocats au crabe, Pamplemousses farcis au thon, Terrine de poissons, Rôti de dindonneau en cocotte, Escalopes de veau à la crème, Navarin printanier, Souris d'agneau en cocotte, Poêlée de Saint-Jacques, Tarte au citron meringuée, Tarte Tatin, Gâteau au yaourt fourré au Nutella®, Gâteau des enfants, Banana split, Tiramisu.

Années 1990 : Salade de chèvre chaud, Salade landaise, Carpaccio, Tartare de thon au basilic et aux câpres, Gaspacho andalou, Sorbet à la tomate, Papillote de saumon aux poireaux, Porc à l'ananas, Chili con carne, Crèmes brûlées, Verrines crémeuses aux fruits rouges, Sorbet aux fruits, Crumble pommes-framboises.

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