26 01 15

Tissages et métissages…

Fashion Mix.jpgCristóbal Balenciaga, Antonio Cánovas del Castillo, Sonia Delaunay, Mariano Fortuny, John Galliano, Natalia Gontcharova, Marc Jacobs, Rei Kawakubo, Patrick Kelly, Kenzo, Mainbocher, Martin Margiela et les Six d'Anvers, Alexander McQueen, Issey Miyake, Edward Molyneux, Rick Owen, Lola Prussac, Paco Rabanne, Elsa Schiaparelli, Riccardo Tisci, C.F. Worth, Yohji Yamamoto...

Qu'ils soient Britanniques, Italiens, Espagnols, Belges, Russes, Américains ou Japonais, tous ces légendaires créateurs ont en commun d'avoir quitté leur pays natal pour faire de Paris leur ville d'adoption ou leur terrain d'expérimentations.

Basée sur ce constat, une belle exposition intitulée est présentée dans la capitale française jusqu’au 31 mai 2015 au Musée de l'histoire de l'immigration – installé dans les murs du magnifique Palais de la Porte Dorée [1] –, en partenariat avec le Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris.

Elle retrace l'histoire de la mode vestimentaire française par le prisme de l'histoire de l'immigration et révèle comment la haute couture et le prêt-à-porter parisien se sont enrichis de ces différents parcours au point de proclamer Paris capitale internationale de la mode.

Son catalogue, intitulé lui aussi Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, a été publié par les Éditions Flammarion et il est l’œuvre d’Olivier Saillard (directeur du musée Galliera), de Cally Blackman (maître de conférence à la Central Saint Martins School), de Tsujita Kaya (docteure en histoire), de Miren Arzalluz (historienne de la mode et commissaire indépendante) et d’Anne Diatkine, journaliste de Libération, qui mène tous les entretiens de l'ouvrage.

Celui-ci ambitionne de mettre en lumière cette synergie qui fait l'histoire de la mode parisienne et mondiale à travers des essais retraçant les diverses étapes de création : les grandes écoles internationales et leur présence à Paris (l'Académie d'Anvers, la Saint Martins School, les écoles italienne, américaine, japonaise...), la confection de mode dans les maisons parisiennes, jusqu'aux défilés qui comptent tant de mannequins d'origines étrangères.

Ces textes sont enrichis de paroles retranscrites de grands couturiers ayant vécu ou vivant dans la capitale et étoffés d'une superbe iconographie mêlant sciemment des fac-similés de documents (cartes de séjour, factures...) et de photographies de vêtements féminins et masculins, chaussures et accessoires.

Fashion Mix (affiche).jpg

Renseignements pratiques concernant l’exposition :

Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil 75012 Paris.

Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

Tarif unique : 6 euros. Ce tarif inclut le droit d’entrée à l’exposition permanente et à toutes les expositions temporaires du musée. L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous les visiteurs le premier dimanche du mois.

Réservations pour les groupes : 00 33 1 53 59 64 30 – reservation@histoire-immigration.fr

Bernard DELCORD

Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, ouvrage collectif, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2014, 176 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)


[1] Le Palais est situé à l’Est de Paris, dans un ensemble Arts-Déco exceptionnel classé monument historique. Laprade, Ducos de la Haille, Janniot, Sube, Prouvé, Ruhlmann... autant de grands noms qui ont signé l’architecture, la décoration et les aménagements du bâtiment.

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25 01 15

La France allemande...

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945.jpgThomas Fontaine, historien, a soutenu en 2013 une thèse sur la déportation de répression. Fin connaisseur des archives françaises et allemandes, il est aujourd'hui une référence incontournable sur le système d'occupation en France, comme sur la mémoire de la guerre. Denis Peschanski, historien lui aussi, est directeur de recherche au CNRS. Par ses nombreux ouvrages et ses films, il est devenu un spécialiste de renommée internationale sur la France des années noires.

Dans un fort ouvrage intitulé La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 (Paris, Éditions Tallandier), ils se fondent sur près de 600 documents [1] souvent inédits qu’ils présentent et commentent en suivant une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945, pour composer la fresque de l’une des pires péripéties de l’histoire de France.

L’occasion de répondre à des questions comme : qui a eu intérêt à collaborer ? Les Français ou les Allemands ? Qui en furent les acteurs ? Quel rôle ont joué les ultras ? Qui s'est enrichi ? Quelle fut l'ampleur de la collaboration militaire ? Et de la collaboration économique ? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance ? À quel point les intellectuels et les artistes se sont-ils compromis ? Et l’Église catholique ? Qu’en fut-il de la presse écrite et des médias de propagande (radio, cinéma, édition de livres et de bandes dessinées…) ? Et du Service du Travail obligatoire ? Et des organisations de bienfaisance ?

Un livre qui met le doigt où cela fait mal....

Sommaire :

Le choix de la collaboration (juin 1940-janvier 1941)

La collaboration, une priorité de François Darlan (février-juin 1941)

Le tournant de la guerre à l’est (juillet 1941-mars 1942)

Le jeu des dupes (avril-novembre 1942)

Les Allemands passent à l’offensive, Vichy perd la main (novembre 1942-decembre 1943)

Fin de partie (janvier 1944-avril 1945)

Bernard DELCORD

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 par Thomas Fontaine et Denis Peschanski, préfaces d’Agnès Magnien et Françoise Banat-Berger Paris, Éditions Tallandier, novembre 2014, 320 pp. en quadrichromie au format 25 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)


[1] Affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d'écrou, albums photographiques, objets… issus entre autres de fonds exceptionnels des Archives nationales, de séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, de dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police et de pièces d'un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris…

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24 01 15

Une bibliothèque de rêve…

L'Internationale des francs-tireurs.jpgBruno de Cessole a été notamment journaliste au Figaro, à L'Express et au Point, et critique littéraire des Lettres françaises et des Nouvelles Littéraires. Il a dirigé La Revue des Deux Mondes et est actuellement rédacteur en chef du service culture de Valeurs actuelles. Il collabore également au journal Service littéraire.

Après son Défilé des réfractaires [1] en 2011, dans lequel il passait en revue les écrivains français véritablement anticonformistes et libres, la maison parisienne L’Éditeur a publié en 2014 son Internationale des francs-tireurs [2] qui le complète, puisqu’il y « convoque le panthéon mondial des écrivains libertaires ou contestataires », pour « acquitter une dette, celle contractée envers les auteurs qui l'ont nourri, éclairé ou encouragé ».

De Jane Austen à Stefan Zweig en passant par Karen Blixen, Giacomo Casanova, Franz Kafka, Anaïs Nin, Ezra Pound ou Virginia Woolf, l’auteur brosse 46 portraits d’écrivains connus ou méconnus du XVIIIe siècle à nos jours [3] dans un bel exercice d'invitation à la découverte ou à la relecture.

Car c’est un indéniable vent d’indépendance qui souffle dans les pages et les esprits de ces femmes et de ces hommes pour qui la plume crée le monde et le transforme, en dépit des pesanteurs contemporaines, du jugement de la société ou des bien-pensances de toutes obédiences.

Et pour être de bonne mesure, suggérons à Bruno de Cessole d’ajouter à sa liste déjà longue et fort pertinente les noms d’Hugo Claus, de John Flanders, d’Aldous Huxley, de Níkos Kazantzákis, de David Herbert Lawrence, de Boris Pasternak, de Chuck Palahniuk ou d’Alexandre Soljenitsyne pour garnir encore davantage les rayons de sa passionnante bibliothèque d’honnête homme vraiment libre…

Bernard DELCORD

L'Internationale des francs-tireurspar Bruno de Cessole, Paris, L’Éditeur, octobre 2014, 607 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)


[1] « D’Aymé à Houellebecq, de Berl à Camus, de Colette à Kundera, de Suarès à Modiano, de Queneau à Muray, une cinquantaine de portraits d’écrivains français du XIXe siècle à nos jours figurent dans cette anthologie subjective, partiale, voire de mauvaise foi, et dessinent une certaine idée de la littérature, que l’auteur a défendue et défend toujours dans la presse. » (Babelio)

[2] « Franc-tireur : soldat qui ne fait pas partie de l'armée régulière. »

[3] Jane AUSTEN, Thomas BERNHARD, Karen BLIXEN, Jorge Luis BORGES, Anthony BURGESS, Lewis CARROLL, Giacomo CASANOVA, Cyril CONNOLLY, Joseph CONRAD, Gabriele D’ANNUNZIO, Lawrence DURRELL, Nicolás Gómez DÁVILA, Knut HAMSUN, Jim HARRISON, Ernest HEMINGWAY, Samuel JOHNSON, Ernst JÜNGER, Ismail KADARÉ, Franz KAFKA, Rudyard KIPLING, Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA,, Giacomo LEOPARDI, Jack LONDON, Malcolm LOWRY, Norman MAILER, Henry MILLER, Yukio MISHIMA, Vladimir NABOKOV, Vidiadhar Surajprasad NAIPAUL, Friedrich NIETZSCHE, Anaïs NIN, Paul NIZON, George ORWELL, Fernando PESSOA, Ezra POUND, Gregor VON REZZORI, Ernst VON SALOMON, James SALTER, Arthur SCHOPENHAUER, Italo SVEVO, Henry David THOREAU, Robert WALSER, Oscar WILDE, Virginia WOOLF, Alexandre ZINOVIEV et Stefan ZWEIG.

24 01 15

Un livre d'actualité...

Le martyr de l'Étoile.jpgParu en septembre 2012 aux Éditions Luc Pire à Liège Le martyr de l'Étoile signé Évelyne Guzy est toujours disponible chez l’éditeur et c’est tant mieux, eu égard aux événements récents.

En voici le pitch :

« Bruxelles, Grand-Place. Sous les colonnes de la maison de l’Étoile, une silhouette noire s’effondre au pied de la statue d’Éverard t’Serclaes, héros emblématique à l’esprit frondeur. Laureen G. n’est pas vraiment là par hasard. Chercheuse infatigable, elle passe sa vie à fouiller les sites islamistes radicaux. Elle alerte aussitôt son amie, Marie B., une journaliste que le 11-Septembre a rendue célèbre. Laureen pense avoir tout compris, tout prévu. Mais la victime n’est pas celle qu’elle croit...

Commence alors une enquête sauvage, dans un Bruxelles dont la symbolique, réelle ou fantasmée, livrera graduellement les secrets d’un crime bien orchestré, une sorte d’assassinat ciblé.

Qui est capable d’un tel raffinement ? »

Diplômée en journalisme et communication de l’Université libre de Bruxelles, chercheuse en rhétorique et argumentation et spécialiste de l'islamisme radical, Évelyne Guzy a notamment dirigé l’essai Attentats-suicides. Le cas israélo-palestinien (Éditions Luc Pire, 2004). Elle a également publié un roman, Dans le sang (Bernard Gilson Éditeur, 2009), et une histoire urbaine, Bruxelles-les-Eaux (Maelström, 2010). Elle a aussi contribué à des ouvrages collectifs, littéraires ou scientifiques.

Le Martyr de l’Étoile est un « polar » à rebondissements propre aussi à susciter le débat et la réflexion autour du fondamentalisme musulman et de ses lectures hermétiques voire cabalistiques du Coran.

Bernard DELCORD

Le martyr de l'Étoile par Évelyne Guzy, Liège, Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », septembre 2012, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

24 01 15

Un élève de Machiavel

Fouché – Les silences de la pieuvre.jpgAncien élève de l'École normale supérieure, docteur en histoire et chercheur à l'École pratique des hautes études, Emmanuel de Waresquiel, né à Paris le 21 novembre 1957, est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont un best-seller, Talleyrand, le prince immobile, qui a été couronné par de nombreux prix.

Fondé sur un grand nombre d’archives inédites, son dernier ouvrage en date, Fouché – Les silences de la pieuvre coédité par les Éditions Tallandier et Fayard, a quant à lui été élu meilleure biographie 2014 par la rédaction du magazine Lire, et ce n’est que justice, tant l’exploitation des sources s’avère magistrale, le ton se montre alerte, le style est enlevé, la langue est flamboyante et les remises en perspective sont saisissantes.

Personnage secret autant que craint et haï, dont la carrière politique fut une suite d’intrigues et de trahisons, Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est né le 21 mai 1759 au Pellerin près de Nantes et mort en exil le 26 décembre 1820 à Trieste. Il est particulièrement connu pour la férocité avec laquelle il a réprimé l'insurrection lyonnaise en 1793 et comme ministre de la Police sous le Directoire et l'Empire [1].

Voici ce qu’en dit Emmanuel de Waresquiel, qui le tient aussi pour un incroyable personnage jusqu'ici incompris et desservi par sa légende noire :

Fouché, bien sûr, ne m'était pas un inconnu. Fouché de Nantes, le bourgeois impécunieux, le petit professeur en soutane des collèges de l'Oratoire, Fouché le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napoléon, le ministre de tous les régimes, l'inventeur de la police moderne, le bâtisseur d'État, le théoricien et l'homme d'action, l'aventurier, le conspirateur et le parvenu. Assurément l'un des hommes les plus puissants de son époque, en tout cas l'un des plus étonnants.

Je l'avais découvert très jeune, en dehors de mes travaux d'historien, dans les romans de Balzac. J'avais eu plus tard maintes fois l'occasion de le croiser, ne serait-ce qu'en écrivant la vie de Talleyrand auquel il est constamment associé.

J'avais eu l'intuition, comme j'en avais déjà pris la mesure avec le diable boiteux, qu'il était, par d'autres moyens et pour d'autres raisons, l'un de ceux par qui passe une époque et qui la donnent à comprendre : celle des ruptures révolutionnaires et de la construction d'un ordre nouveau dans la confusion des temps, des hommes et des idées – comme les reflets changeants d'un être singulier, de ses secrets, de ses contradictions et de sa complexité.

Rares sont ceux qui inventèrent de nouvelles règles du jeu sans attendre la fin de la partie. Fouché a été de ceux-là. (…)

La première chose qui m'a intrigué chez Fouché, c'est la prégnance de sa légende noire. Avec lui, on a commencé très tôt à danser la sarabande. En 1815, l'homme qui avait voté la mort de Louis XVI devenait le ministre de son frère Louis XVIII et, dans un grand écart vertigineux, prêtait serment de fidélité à la monarchie après avoir juré, vingt ans plus tôt, une haine éternelle à la royauté. Ce fut le serment de trop, après tant d'autres successivement donnés et repris à la Convention, à la République directoriale puis consulaire,  à l'Empire,  à la nation.

Les uns, fidèles à la Révolution, crièrent à la trahison, les autres, qui en avaient été les victimes, au crime et à l'imposture. Dès avant sa mort, on lui a reproché son passé révolutionnaire, on n'a pas plus supporté l'ancienne puissance impériale de celui que Napoléon avait fait ministre, sénateur et duc  d'Otrante.

Comme souvent dans ces cas-là, il y eut un chef d'orchestre. Ce fut Chateaubriand…

Un essai quelque peu dissonant !

Bernard DELCORD

Fouché – Les silences de la pieuvrepar Emmanuel de Waresquiel, Paris, Éditions coédité aux Éditions Tallandier et Fayard, novembre 2014, 831 pp. en noir et blanc et 48 pp. en quadrichromie au format 16,7 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)


[1] Il dirigea le ministère de la Police du 20 juillet 1799 au 13 septembre 1802 ; du 10 juillet 1804 au  3 juin 1810 ; du 20 mars au 22 juin 1815 et du 7 juillet au 26 septembre 1815. Il fut en outre ministre de l'Intérieur du 29 juin au 1er octobre 1809.

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22 01 15

Un livre jouissif…

Le bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit.JPGFrançois Xavier Testu, agrégé des Facultés de droit, est professeur à l'université François-Rabelais de Tours et avocat associé à la cour de Paris. Il est aussi l’auteur d’un très jouissif Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit publié à Paris chez Robert Laffont, dans la fameuse collection « Bouquins ».

Préfacé par un maître du genre, le journaliste Philippe Alexandre, cet ouvrage rassemble quantité de traits d'esprit, surtout vachards, de l'histoire littéraire, mondaine et politique de l'Antiquité à nos jours, avec une prédilection pour les cercles littéraires des XVIe et XVIIe siècles, les salons et la cour de France au siècle des Lumières, le monde politique et la société mondaine de la IIIe République, l'Angleterre post-victorienne, le Hollywood de l'entre-deux-guerres...

Georges Clemenceau fut sans conteste l’un des plus grands ténors du genre, et l’ouvrage lui consacre pas moins de 22 pages de citations. À propos du président de la République Félix Faure qui venait de mourir : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ». Sur Georges Mandel, son directeur de cabinet : « Quand je pète, c’est lui qui pue ». Sur Paul Deschanel : « Il a un bel avenir derrière lui ». À un fonctionnaire des Affaires étrangères : « Pour être ambassadeur, il ne suffit pas d’être con, il faut aussi être poli ». Sur le maréchal Lyautey, dont les mœurs défrayaient la chronique : « Il a des couilles au cul, mais ce ne sont pas toujours les siennes… »

Winston Churchill, était tout aussi impitoyable. Au sujet de son successeur Clement Attlee : « Un taxi vide approche du 10 Downing Street, Clement Attlee en descend... » Ou encore : « Clement Attlee est un homme modeste, et il a de bonnes raisons de l’être ». À Lloyd George, descendu avec lui dans une auberge et qui demandait où se trouvaient les toilettes : « Là-bas, au fond : vous verrez écrit Gentlemen ; vous entrerez quand même… » S’agissant de Charles de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale : « De toutes les croix que je porte, la plus lourde est la croix de Lorraine ! »

Sacha Guitry commenta en ces termes l'élection à l'Académie française de l'un de ses confrères : « Ses livres sont désormais d'un ennui immortel ». Quittant une soirée où il s’était ennuyé, il baisa la main de la maîtresse de maison en murmurant : « C’est si gentil à nous d’être venus ». D’une actrice, il constata : « Elle est facile, mais pas commode ». Et Tristan Bernard, d'une autre actrice en vogue : « Pour se faire un nom, elle a dû souvent dire oui ».

Groucho Marx maniait l’absurde avec brio. À une de ses têtes de Turc, il lança : « J’ai beaucoup entendu parler de vous. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? » Assis dans le métro, il déclara à une vieille dame debout : « Je vous céderais bien ma place, mais elle est déjà prise ». À une actrice : « Je n’oublie jamais un visage, mais dans votre cas je ferai exception ». Prenant congé : « J’ai passé une excellente soirée, mais ce n’était pas celle-là ».

Et pour conclure, voici quelques citations en vrac :

Voyant son gendre, couard et gauche, porter un glaive à sa ceinture, Cicéron demanda : « Qui a attaché mon gendre à cette épée ? »

Un jour que Louis XVIII avait tenu conseil pendant trois heures et que l’on demandait à Talleyrand ce qui s’était passé, il répondit : « Trois heures ».

D’un chevalier malpropre, Antoine de Rivarol assurait : « Il fait tache dans la boue ».

Rossini sur Berlioz : « Quel bonheur que ce garçon-là ne sache pas la musique, il en ferait de bien mauvaise ! »

De François Coppée, trop catholique à son goût, Paul Léautaud écrivit : « Anus Dei ».

D’un garçon timide, dont on disait qu’il était toujours dans les jupes de sa mère, Georges Feydeau prophétisa : « Il s’y fera des relations ».

Le peintre Kees van Dongen, à une grosse dame qui, à Deauville, s’était assise sur ses lunettes et s’excusait : « Bah ! Je préfère que ce soit arrivé au moment où je ne les avais pas sur le nez… »

Lyndon Johnson, à qui on demandait pourquoi il conservait Edgar Hoover à la tête du FBI : « Je préfère avoir ce type dans ma tente, pissant dehors, que dehors, pissant dessus ».

Et l’ouvrage fait 1153 pages…

Bernard DELCORD

Le bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit par François Xavier Testu, préface de Philippe Alexandre, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », novembre 2014, 1153 pp. en noir et blanc au format 13,1 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)

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21 01 15

Le summum de la pensée grecque...

Œuvres complètes d'Aristote .jpgTraducteur d’Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.), Pierre Pellegrin, directeur de recherche émérite au CNRS, a conduit aux destinées du Centre d'histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales à Paris. Expert du corpus zoologique du philosophe, il est aussi l'un des principaux spécialistes de sa pensée politique.

Il a dirigé la publication, chez Flammarion à Paris, des Œuvres complètes du Stagirite, un ouvrage monumental qui comprend la totalité des œuvres authentiques d'Aristote, ainsi que la traduction inédite en français des Fragments.

Écoutons-le :

« Il n'est pas une branche du savoir de son temps qu'Aristote n'ait étudiée : de la logique à la rhétorique en passant par la dialectique, de la physique et la chimie à la cosmologie, de la métaphysique et la théologie aux mathématiques, de la politique et l'éthique à la psychologie, sans oublier le très important corpus biologique et le recueil des différentes constitutions qu'il avait compilées avec ses élèves.

On redécouvre aujourd'hui l'importance du "maître de ceux qui savent" tant pour l'Occident chrétien que pour l'Orient islamique, et l'on trouve un fondement aristotélicien à presque toutes nos sciences dites "humaines". »

Si elle exerça une grande influence de son vivant, la pensée d’Aristote connut le purgatoire en Grèce après sa mort, et elle ne revint au premier rang que vers la fin de l’Antiquité. Elle demeura cependant vivace dans les mondes byzantin et musulman, ce dernier ayant largement contribué au sauvetage du contenu des textes.

« Plus de 2 300 ans après sa mort, Aristote demeure l'un des hommes les plus influents que le monde ait connus, celui dont les connaissances ont été les plus vastes et qui a abordé l'éventail le plus large des champs du savoir », a écrit Bryan Magee, grand vulgarisateur anglais de la pensée philosophique, dans son Histoire de la philosophie [1].

Ajoutons pour conclure que l’ouvrage comporte aussi une introduction générale, des notices de présentation pour chaque groupe de traités, un index des notions et un index des philosophes, le tout facilitant grandement la lecture et la compréhension.

Un travail de bénédictin !

Bernard DELCORD

Œuvres complètes d'Aristote sous la direction de Pierre Pellegrin, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2014, 2 925 pp. en noir et blanc au format 17,3 x 24,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 69 € (prix de lancement en France jusqu’au 28/02/2015, puis 79 €)



[1] Bryan Magee, The Story of Philosophy, 2010, p. 34.

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21 01 15

Un roman kafkaïen...

Histoires naturelles de l'oubli .jpgDans le droit fil de La métamorphose de Franz Kafka (1883-1924), nouvelle parue en 1915 qui décrit les tribulations de Gregor Samsa, un vendeur qui se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte », et d’Une tête de chien de Jean Dutourd (1920-2011), roman racontant la vie d’Edmond Du Chaillu, un charmant enfant qui a une tête d'épagneul, avec des poils et de grandes oreilles pendantes, Histoires naturelles de l’oubli est un texte remarquable de Claire Fercak (née en 1982) paru chez Gallimard à Paris dans la collection « Verticales ».

Il s’agit d’un récit à deux voix (celles d’Odradek, un soigneur de ménagerie qui a subi les assauts d’un de ses animaux, et de Suzanne, une bibliothécaire qui a occis son époux) entraînant le lecteur dans une spirale aussi étonnante que détonante, où la folie, pas à pas, devient la norme de la compréhension et de l’amour.

La construction fait preuve d’une belle habileté, le style est pointilliste et le ton incisif, tandis que l’impression laissée par la lecture s’avère pour le moins mordante…

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Histoires naturelles de l'oubli par Claire Fercak, Paris, Éditions Gallimard, collection « Verticales », janvier 2015, 187 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,90 € (prix France)

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18 01 15

Deux visages du néo-fascisme

Peron qui suis-je.gif

À l’heure où, en Occident, les partis politiques d’extrême droite gagnent sans cesse du terrain au sein des masses populaires – la nature ayant, c’est bien connu, horreur du vide et la crise économique aidant, cette famille de pensée, tout comme ailleurs l’islamisme radical, a aujourd’hui pris chez nous la place du communisme moribond en brandissant d’autres espoirs et en couvrant d’opprobres les mêmes ennemis (les États-Unis, le capitalisme…) ainsi que de nouveaux (les immigrés, l’Union européenne…) –, il n’est peut-être pas sans intérêt, pour mieux comprendre le phénomène, de se pencher sur son histoire protéiforme.

Car il n’y a pas une extrême droite, mais de très nombreuses chapelles profondément divisées (à l’instar de ce qui se passe chez les marxistes et les écologistes, où « deux personnes = trois opinions »…), que seul un leader – par ailleurs largement contesté de l’intérieur – peut éventuellement fédérer temporairement sur un programme de circonstance.

Ce fut le cas pour le justicialisme péroniste en Argentine au milieu du XXe siècle et c’est le cas actuellement pour le Front national en France sous la houlette des Le Pen père et fille.

La confirmation nous en est apportée par deux biographies parues à Grez-sur-Loing aux Éditions Pardès, Perón Qui suis-je ? par Jean-Claude Rolinat et Brigneau Qui suis-je ? par Anne Le Pape, des ouvrages hagiographiques certes, mais qui jettent un éclairage cru sur certains des enjeux actuels.

Admirateur de Franco et militaire comme lui, Juan Domingo Perón (né en 1895) fut président de la nation argentine du 4 juin 1946 au 21 septembre 1955 et du 12 octobre 1973 à sa mort le 1er juillet 1974, date à laquelle lui succéda sa troisième épouse Isabel Martínez de Perón [1].

Il avait auparavant été secrétaire adjoint à la Guerre, secrétaire au Travail et à la Santé ainsi que vice-président et secrétaire à la Guerre dans de précédents gouvernements militaires entre 1943 et 1945.

Pour l’histoire, son action politique est indissociable de l’engagement de sa deuxième épouse, María Eva Duarte de Perón (1919-1952). Surnommée Evita, celle-ci contribua à l’obtention du soutien des milieux ouvriers (les descamisados ou « sans chemise ») et des femmes envers le régime.

Elle est morte d'un cancer de l'utérus en 1952 à l'âge de 33 ans, ce qui en fit un mythe [2]. Perón avait été réélu en 1951, mais il fut renversé par un coup d'État militaire en 1955, qui entraîna une longue errance de l’ex-dictateur au Paraguay, au Venezuela, au Panama, en République dominicaine et à Madrid.

Son retour au pouvoir en 1973, pour bref qu’il fût, se caractérisa par de fortes dissensions entre ses partisans de gauche et de droite qui firent couler le sang (par exemple au cours du massacre d'Ezeiza, quand l'extrême droite péroniste tira sur la foule réunie pour accueillir le caudillo à son retour au pays).

Occultant ces divergences, Jean-Claude Rolinat, fervent admirateur de Perón, revient longuement sur ce qui fit le succès momentané de sa politique et sur la façon dont il fut bâti. C’est là, à notre avis, que réside l’intérêt de son ouvrage, qui montre aussi en quoi Carlos Menem, Eduardo Duhalde et les époux Kirchner, successeurs « démocratiques » du dictateur à la tête de l’Argentine, s’inscrivent dans le prolongement de son action.

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Tout autre apparaît la personnalité du publiciste français François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot, 1919-2012), duquel sa consœur frontiste Anne Le Pape a rédigé la biographie avec une admiration sans bornes (elle qualifie par exemple d’entrée dans la « grande presse » l’arrivée de Brigneau au sein de la rédaction de France Dimanche en 1948…)

Membre du RNP (Rassemblement national populaire) de Marcel Déat, entré dans la Milice de Darnand le 6 juin 1944, emprisonné durant 15 mois à Fresnes entre octobre 1944 et décembre 1945, acquitté à cette date pour les accusations les plus graves, mais frappé de dix ans d’indignité nationale, notre homme, « qui se définissait comme Français de souche bretonne et dont la plume valait une épée, a obstinément et fidèlement choisi “le mauvais camp”, celui de la “France française”, selon sa propre expression ».

L’expression « dont la plume valait une épée » employée par Anne Le Pape est on ne peut plus juste. Car Brigneau usait d’une langue qui n’était pas de bois, avait l’humour ravageur, la formule qui fait mouche et le ton assassin qui lui permettaient de mettre régulièrement les rieurs dans sa poche.

Son style flamboyant fut d’ailleurs apprécié par bien du monde (l’auteure cite en vrac Louis-Ferdinand Céline, Robert Brasillach, mais aussi Frédéric Dard, Jean Gabin, Marcel Pagnol, Arletty, Alphonse Boudard ainsi que, pour la presse, Hubert Beuve-Méry et Pierre Lazareff) et ses articles innombrables [3] – notamment dans Paroles françaises dirigé par Pierre Boutang, dans L’Indépendance française, dans Ici-France, dans La Dernière Lanterne, dans France Dimanche, dans Rivarol (dont il fut rédacteur en chef adjoint), dans Semaine du Monde, dans Paris-Presse, dans Cinémonde, dans Télé Magazine (1957-1975), dans L’Aurore (entre 1962 et 1964), dans Minute (de 1964 à 1987), dans Itinéraires (1978-1986), dans Présent (qu’il cofonda avec Jean Madiran en 1982 [4] et qu’il quitta en 1986), dans Le Choc du mois (de 1987 à 1991, où il croisa sa biographe), dans National-Hebdo (1987-1998), dans L’Anti-89 ou encore dans le Libre Journal de Serge de Beketch – avaient un retentissement certain, allant bien au-delà du lectorat de l’extrême droite.

Il fut aussi « nègre », éditeur et écrivain, et obtint en 1954 le Grand prix de littérature policière pour La Beauté qui meurt.

Deux remarques, pour conclure : Brigneau, en dépit de son talent, tira presque toujours le diable par la queue, signe que son engagement politique était profond– ce qui ne veut pas dire juste, bien entendu… –, comme le montre d’ailleurs aussi son nomadisme journalistique, souvent consécutif de brouilles avec ses « camarades ».

Il est vrai qu’avec ce républicain plus ou moins maurrassien, cet athée proche de Mgr Lefebvre, ce fils fasciste et anti-1989 d’un instituteur socialiste révolutionnaire, cet ultra-conservateur balayant tout sur son passage, avec ce seul homme donc, on avait au moins mille opinions divergentes dans sa propre famille politique !

Bernard DELCORD

Perón Qui suis-je ? par Jean-Claude Rolinat, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

 

Brigneau Qui suis-je ? par Anne Le Pape, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2014, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[1] Elle fut déposée le 24 mars 1976 par une junte militaire sous la direction du général putschiste Jorge Rafael Videla.

[2] Au point qu’on lui consacra en 1976 à Broadway une comédie musicale, Evita, qui donna lieu en 1996 à un film éponyme dont le rôle-titre fut tenu par Madonna sur un scénario rédigé par… Oliver Stone.

[3] Parfois signés du pseudonyme de Julien Guernec, de Mathilde Cruz ou de Caroline Jones.

[4] Ils y constituèrent le pendant du duo Léon Daudet-Charles Maurras dans les colonnes de l’Action française d’avant-guerre, l’un bretteur rigolard, l’autre penseur dogmatique.

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13 01 15

De la BD à la BRAFA 2015

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La BRAFA (Brussels Antiques and Fine Art Fair) qui ouvrira ses portes sur le site de Tour et Taxis à Bruxelles du 04-01-2015 au 01-02-2015 est une des plus prestigieuses foires d’art et d’antiquités d’Europe, où toutes les œuvres d’art présentées sont à vendre. Qualité optimale et authenticité comptent parmi ses exigences.

 

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C’est une foire éclectique offrant avec une très large variété de spécialités depuis l’Antiquité jusqu’au XXIe siècle : archéologie, arts primitifs, arts asiatiques, argenterie, bijoux, numismatique, mobilier et objets d’art de la Renaissance à nos jours, vintage, tableaux anciens et modernes, art contemporain, sculpture, céramique, porcelaine, tapis, tapisseries, dessins, bandes dessinées, gravures, livres anciens et modernes, photographie et autographes.

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Parmi ses nombreux exposants, épinglons la galerie Champaka Bruxelles & Paris qui y présente au stand n°50 des planches sur le thème « Transatlantique(s) », cet océan qui unit deux pôles de la création en bande dessinée : l’Europe et l’Amérique. Un mot évocateur qui favorise autant d'appels au voyage, ce dernier nourrissant depuis toujours la magie de la bande dessinée et de l’illustration. Chaque artiste y révèle une part essentielle de sa personnalité.

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Créateurs d’univers

L’espace d’exposition de la galerie Champaka à la BRAFA met en évidence la créativité et le talent de Jacques de Loustal, André Juillard, Miles Hyman, Joost Swarte, Philippe Berthet, Guido Crepax, Ever Meulen, Frank Pé, Antonio Lapone, Luis Royo, Hugo Pratt, Louis Joos, Javier Mariscal, Idir Davaine, Yann Kebbi, Ruben Pellejero, François Schuiten et Theo Van den Boogaard.

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Arts de bande dessinée

Il y a cinq ans, la Galerie Champaka faisait entrer la bande dessinée au Grand Sablon, le quartier des arts à Bruxelles. Trois ans plus tard, elle accostait à Paris, en bordure du Centre Pompidou. Dans ses deux espaces de 150 m² chacun, elle témoigne avec éclat de la force des créateurs actuels de bande dessinée. Héritiers des grands maîtres du passé, ils perfectionnent sans cesse une technique de narration qui fait de la bande dessinée un art contemporain majeur.

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BRAFA 2015

Du 24 janvier 2014 au 1er février 2014 de 11h à 19h

Tour & Taxis - Avenue du Port 86C - 1000 Bruxelles

Nocturne le jeudi 29 janvier 2015 jusqu’à 22h00

 

Prix d’entrée :

Individuel : 20 €

Groupes (≥ 10 pers.) : 10 € par personne

≤ 26 ans : 10 €

≤ 12 ans : gratuit

 

Galerie Champaka Bruxelles :

27, rue Ernest Allard - B-1000 Bruxelles - Belgique

Tel : + 32 2 514 91 52 - sablon@galeriechampaka.com

Mercredi à samedi : 11h00 à 18h30

 

Galerie Champaka Paris :

67, rue Quincampoix -F-75003 Paris - France

Tel : +33 1 57 40 67 80 - beaubourg@galeriechampaka.com

Mardi à samedi : 12h00 à 19h00

 

www.galeriechampaka.com

 

Relations presse : Viviane Vandeninden

viviane.vandeninden@klach.be

Tél. + 32 2 351 26 10 - GSM + 32 472 31 55 37

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