09 12 14

Nihil novi sub sole…

La Salle des profs.jpgParue chez Jacques Antoine en 1983 puis traduite et jouée en néerlandais, en italien et en espagnol, la pièce de théâtre de Liliane Wouters (née en 1930, elle est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et de l'Académie européenne de poésie) intitulée La Salle des profs reparaît fort opportunément dans la collection nationale belge « Espace Nord » en ces temps de déréliction scolaire, éducative et pédagogique.

On y suit les conversations à la salle des profs de cinq instituteurs et institutrices, jeunes et pleins d’idéal ou en bout de course et désillusionnés, dans lesquelles il est question de la pluie et du beau temps, du goût du café et des vacances, des bulletins et la discipline, du pouvoir organisateur et du directeur d’établissement, des parents et des élèves, de l’action syndicale et des voyages scolaires, des réformes pédagogiques et de l’amour ou du désamour du métier…

Mais que l’on ne s’y trompe pas : derrière le style vif et humoristique de l’auteure, la satire est forte, d’une situation générale dans les écoles qui mènera le plus enthousiaste des protagonistes (un jeune instit débutant) à remettre sa démission et, complètement dégoûté par les conditions de travail qui lui sont faites autant que par l’observation de ce que sont devenus ses collègues au fil des ans, à quitter sans retour la profession pour laquelle il avait pourtant une authentique vocation.

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Sauf qu’en trente ans, la situation a encore empiré, la société tout entière ayant continué à se voiler la face et les politiciens ayant insidieusement transformé les parents et les élèves en consommateurs d’écoles…

Un ouvrage à faire lire impérativement dans les écoles normales et les facultés de pédagogie un peu partout en Occident !

Bernard DELCORD

La Salle des profs par Liliane Wouters, préface de Claude Javeau, postface d’Adolphe Nysenholc, Bruxelles, Éditions Espace Nord, novembre 2014, 157 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,50 €

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08 12 14

Le « prince de la nuit et des angoisses »

Lou Reed. On the Wild Side.jpgRévélé par le Velvet Underground, groupe emblématique des années 1960 dont il a composé la majorité des titres, et après avoir également mené une brillante carrière solo, Lou Reed, né à New York le 2 mars 1942 et y décédé le 27 octobre 2013, était l'un des plus grands compositeurs de rock du XXe siècle

Laurent Rieppi lui a consacré récemment, parue à la Renaissance du livre à Waterloo, une biographie discographique intitulée Lou Reed. On the Wild Side qui retrace la genèse de chacun de ses albums, du premier opus du Velvet Underground en 1967 à la sortie de Lulu en 2011, composé avec le groupe Metallica.

L’ouvrage fourmille d’anecdotes et de témoignages exclusifs de proches collaborateurs de l’artiste (musiciens, producteurs, ingénieurs du son...) qui montrent un homme strict et exigeant avec ses musiciens, mais aussi très généreux et capable d'ouvrir son cœur.

L’auteur raconte l’histoire du « prince de la nuit et des angoisses », comme l'appelait Andy Warhol, à travers sa musique et ses textes qui lui permettent de décrire ses amours, ses joies, ses déceptions, ses blessures, ses combats, tout comme sa passion irrépressible pour la guitare et le rock'n'roll.

Un livre qui dépote !

Bernard DELCORD

Lou Reed. On the Wild Side par Laurent Rieppi, Waterloo, Éditions de la Renaissance du livre, octobre 2014, 192 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19 €

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08 12 14

Un grand maître de la musique…

Musiciens d'autrefois par Romain Rolland.jpgAmi de Richard Strauss, agrégé d’histoire et Prix Nobel de littérature en 1915 pour son immense Jean-Christophe en dix volumes, connu par ailleurs pour son œuvre plus qu’abondante et ses débats avec Sigmund Freud, Herman Hesse et Stefan Zweig, l’écrivain pacifiste français Romain Rolland (1866-1944) était aussi un grand connaisseur de la musique occidentale et de ses artistes – il fut le biographe de Beethoven (en 1903), de Haendel (en 1910), entre autres.

On doit par ailleurs à cet ancien élève de l'École normale supérieure Les Origines du théâtre lyrique moderne (1895), une thèse de doctorat érudite récompensée par un prix de l'Académie française publiée ensuite sous le titre Histoire de l'opéra avant Lully et Scarlatti, ou encore Musiciens d'aujourd'hui (1908), ainsi qu’un époustouflant Musiciens d’autrefois paru en 1908 et dans une version définitive en 1924.

Par cette expression, Romain Rolland désigne la culture musicale précédant le romantisme triomphant de son temps, c'est-à-dire pour l'essentiel la musique italienne des XVIIe et XVIIIe siècles et son importation en France, plus précisément l'histoire de l'évolution des formes dramatiques sur près de deux siècles.

C’est la version de 1924 que les Éditions Actes Sud en Arles ont ressortie ces jours-ci, dans laquelle il traite de l’opéra avant l'opéra, de L'Orfeo de Luigi Rossi, de Lully, de Gluck, de Grétry et de Mozart d’après ses lettres, avec un profond souci de la précision historique et une grande acuité de jugement.

De nombreuses données y sont réunies, d'autant plus intéressantes que certaines des questions soulevées et des observations de l'auteur n'ont rien perdu de leur actualité.

Passionnant !

Bernard DELCORD

Musiciens d'autrefois par Romain Rolland, préface de Gilles Cantagrel, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Musique », novembre 2014, 286 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)

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06 12 14

« Cléopold » dans tous ses États…

Léopold II – Caricatures d'un roi.jpg

Collectionneur passionné, Éric Van den Abeele est l’arrière-arrière-petit-fils de Jules Thiriar, médecin du roi Léopold II de Belgique (1835-1909), de son épouse, la reine Marie-Henriette, et de leur fille, la princesse Clémentine. Il est également maître de conférences à l’Université de Mons-Hainaut et chargé d’enseignement à l’IHECS.

 Léopold II – Caricatures d'un roi (Cléo de Mérode).jpg

 Carte postale signée Espinasse, ca 1902, à propos de la liaison du roi avec la danseuse Cléo de Mérode.. Les caricaturistes parisiens aimaient, en plus de se moquer ouvertement de Léopold II, railler le parler bruxellois.

Parti d’une trentaine de documents hérités de son trisaïeul, l’auteur a rassemblé dans Léopold II – Caricatures d’un roi, un fort beau livre paru aux Éditions Luc Pire à Liège, une remarquable sélection de nombreuses affiches, cartes postales, dessins de presse et photos d’objets datant de 1865 à 1909 par laquelle il aborde la vie du souverain belge en huit chapitres aux titres révélateurs.[1]

Ces nombreuses archives, rares et souvent inédites, constituent un véritable florilège représentatif de l’art de la caricature au XIXe siècle, une époque où les dessinateurs de presse, déjà, n’hésitaient pas à traiter les sujets d’actualité dans des portraits critiques, moqueurs et souvent cinglants.

Léopold II – Caricatures d'un roi (cake-walk).jpg

Carte postale anonyme montrant le ministre français de la Marine, Camille Pelletan, Yvette Guilbert, Léopold II et Cléo de Mérode exécutant le cake-walk, une danse populaire venue de Virginie (USA), imitant avec ironie l’attitude des Blancs se rendant au bal.

 Il est vrai que la vie quelque peu dissolue et menée sur un grand pied à Paris par le souverain fortuné de ce qui était alors, bien que minuscule, l’un des pays les plus riches du monde (à cette époque, le PIB de la Wallonie excédait celui des États-Unis – sic transit gloria mundi…) constituait un sujet en or pour les ironistes de tout poil, qui s’en sont donné à cœur joie à propos de ses maîtresses en vue (Cléo de Mérode, la baronne de Vaughan…) ou pas, de ses réparties subtiles et mordantes, de ses automobiles rutilantes, de sa table ouverte chez Maxim’s et dans les théâtres montmartrois, de sa barbe imposante, de ses chapeaux buses, de ses cigares de luxe, de son monocle, de son Congo personnel, de son héritage mirobolant disputé à son décès par ses filles...

Léopold II – Caricatures d'un roi (cigare).jpg

Un album qui, allez savoir, n’aurait peut-être pas déplu à ce grand prince ironique et joyeux qui n’en faisait qu’à sa  tête couronnée !

Bernard DELCORD

Léopold II – Caricatures d'un roi par Éric Van den Abeele, dédicace de Pierre Kroll, Liège, Éditions Luc Pire, novembre 2014, 160 pp. en quadrichromie au format 24 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29 €


[1] Portraits de Léopold II ; Léopold II dans son royaume ; Léopold II et ses pairs ; Léopold II et le Congo ; Amours et frasques royales ; Léopold II et les automobiles ; Léopold II dans la publicité ; La mort de Léopold II.

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06 12 14

Pour aller au théâtre tous les soirs…

Anouilh Qui suis-je.jpgProfesseure des universités à la retraite et spécialiste du théâtre de Michel de Ghelderode, qui fit l’objet de sa thèse d’État (nous avons écrit ici tout le bien que nous pensions de son Ghelderode Qui suis-je ? paru chez Pardès à Grez-sur-Loing en 2013), l’essayiste française Jacqueline Blancard-Cassou donne cette année, chez le même éditeur et dans la même collection, un Anouilh Qui suis-je ? remarquablement illustré (de clichés en noir et blanc) dans lequel elle se penche sur la biographie et sur l’œuvre du dramaturge français sans doute le plus joué à travers le monde, avec Molière.

Voici le résumé qu’elle en donne :

« Né à Bordeaux en 1910 et venu tout jeune à Paris, Jean Anouilh travaille quelque temps, après son baccalauréat, comme secrétaire du théâtre dirigé par Louis Jouvet, puis décide très tôt de vivre de sa plume.

Le Bal des voleurs, Léocadia, La Sauvage, Le Voyageur sans bagage, Eurydice, pièces « roses », datent des années trente. Anouilh vit alors avec Monelle Valentin, l'interprète d'Antigone, qui sera jouée en 1944 et fera l'objet de polémiques.

Après la Libération, il tente en vain d'obtenir du général de Gaulle la grâce de Robert Brasillach.

Par la suite, il compose une série de chefs d'œuvre, dont La Répétition, Colombe, L'Alouette, Becket, L'Hurluberlu, affronte la critique avec Pauvre Bitos, écrit des scénarios de films (Monsieur Vincent), traduit et adapte, avec l'aide de son épouse Nicole, des textes étrangers, assure des mises en scène.

Ayant cessé, de 1959 à 1964, d'écrire pour le théâtre, il revient à la scène en s'incarnant dans le protagoniste et en mêlant le rêve à la réalité (Cher Antoine, Les Poissons rouges).

Retiré en Suisse avec sa dernière compagne, il refuse d'entrer à l'Académie française. Il exprime dans ses dernières œuvres, dites « farceuses », une vision de l'humanité de plus en plus pessimiste. Il s'éteint à Lausanne en 1987, laissant près de cinquante pièces de théâtre que l'on reprend toujours avec succès. »

Ajoutons à la liste d’autres pièces selon nous remarquables comme Médée (1946), L'Invitation au château (1947), Becket ou l'Honneur de Dieu (1959), Le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron (1968), Tu étais si gentil quand tu étais petit (1972), L'Arrestation (1975), Le Scénario (1976) Chers zoiseaux (1976), La Culotte (1978), Le Nombril (1981) ou encore Thomas More ou l'Homme libre (1987)…

Insistons aussi sur la qualité du travail de Mme Blancard-Cassou qui aborde tous les sujets, même ceux qui fâchent, avec beaucoup de probité.

Et, à propos de sujet qui fâche, le romancier et aristarque belge Robert Poulet dont les écrits, pour d’aucuns, sentent encore le soufre – injustement et de moins en moins depuis la réédition de son Handji dans la collection nationale belge « Espace Nord » – nous confia à la mort de Jean Anouilh qu’il avait entretenu avec lui durant de nombreuses années une correspondance hebdomadaire traitant au jour le jour de la genèse de ses pièces…

Un fameux sujet pour thésard, sans aucun doute !

Bernard DELCORD

Anouilh Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2014, 124 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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05 12 14

L’art de flanquer la frousse

Histoires singulières.jpgL’écrivain Jean Muno, de son vrai nom Robert Burniaux – il était le fils d’un autre homme de lettres de grand talent, injustement oublié : Constant Burniaux [1] –, est né en 1924 et mort en 1988 à Bruxelles. Romancier, nouvelliste et essayiste, il fut également enseignant à l'Athénée royal de Gand puis à l'École normale Charles Buls à Bruxelles où il fit toute sa carrière.

Son remarquable recueil de dix nouvelles, intitulé Histoires singulières et que les Éditions Espace Nord à Bruxelles ont eu l’excellente idée de faire reparaître ces jours-ci, a obtenu le prix Rossel en 1979.

Jouant sur les différentes facettes du fantastique, Jean Muno y aborde successivement des thèmes classiques (les revenants, la peur, la dépossession de soi, la folie, l’altérité, le vampirisme, la mort…) avec une maestria formidable dans des récits faisant éclore l'insolite au sein du quotidien le plus convenu et où l’on trouve une goule qui se noie, un gant vivant érotisé, une digue qui s'efface, un historien buveur de sang, un ancien condisciple rondouillard revenu de la mort pour dénoncer son propre assassinat, un majordome qui singe à outrance le défunt maître de maison, une gélatine inconnue où se baigne nu le voisinage...

Car, pour l’auteur, « le monde est peuplé de crimes inaccomplis, infiniment recommencés, fantômes sans repos qui errent dans les replis de la solitude, dans la mémoire aigrie des vieilles gens, parmi les ruines, les criaillements livides des corneilles, au fond des gouffres que survolent silencieusement les rapaces. Histoires crochues, histoires vampires. »

Ajoutons que la technique du récit est parfaitement maîtrisée, que l’humour et l’ironie sont omniprésents, que la langue française est bellement exploitée et que l’on frissonne délicieusement à chacune des pages de cette anthologie du genre si cher aux grands écrivains belges.

Un maître ouvrage !

Bernard DELCORD

Histoires singulières par Jean Muno, postface de Thomas Vandormael, Bruxelles, Éditions Espace Nord, novembre 2014, 233 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €


[1] 1892-1975. Il rédigea notamment plus de trente romans qui témoignent de sa maîtrise dans le court récit comme dans la narration de longue haleine. Certains d'entre eux ont pour thème son expérience d'instituteur dans une école du quartier populaire de la rue Haute à Bruxelles, où lui fut confiée, entre 1912 et 1924 avec interruption durant la Grande Guerre où il fut au cœur des combats, la charge d'une classe d'enfants handicapés mentaux, aux tendances caractérielles : La Bêtise, édité en 1925 chez Rieder à Paris, Crânes tondus (1930), et les récits de L'Aquarium (1933). Ils relatent sa vie quotidienne auprès d'enfants en difficulté, dont il brosse des portraits à la fois sensibles et tragiques. (Source : Académie royale de Belgique dont Constant Burniaux fut membre belge littéraire du 22 décembre 1945 au 9 février 1975.)

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01 12 14

L’origine du monde…

La chair interdite.jpgAuteure de films documentaires culturels et animatrice d’émissions dédiées à l’histoire, Diane Ducret est écrivain et essayiste. En 2011, elle publie son premier livre, Femmes de dictateur (aux Éditions Perrin), best-seller en France, en Russie, en Pologne, en Turquie… et traduit dans dix-huit langues.

Elle revient en ce moment sur le devant de la scène éditoriale, chez Albin Michel cette fois, avec La chair interdite, un brillant et pétillant essai racontant le sexe féminin dans tous ses états.

« Chair interdite depuis la naissance de la civilisation, le sexe des femmes nourrit les peurs des hommes, leur fournit plaisir et naissance, attise le désir autant que la haine. Tantôt exilé, maudit, conspué ou consacré, mutilé autant qu’embrassé, il aura toujours quelque chose à se reprocher. Il a dicté ses lois et ses désirs à l’histoire de l’humanité. Quand bien même certains hommes, certaines politiques ou religions tentaient de lui prescrire leurs volontés, leurs fantasmes, leurs interdits. »

Des sulfureuses déesses antiques à la découverte du point G sous la menace des nazis, des malheurs de Voltaire face aux ceintures de chasteté à la création de Playboy en passant par l'identification du plaisir clitoridien à Crémone en 1516 et les clitoridectomies qui s'ensuivront, le sexe imberbe de Kiki de Montparnasse, la tonte des femmes à la Libération ou les « maux de gorge » de Linda Lovelace, l’auteure, sur un ton parfois cru mais toujours passionnant, chante la saga troublante de cette « énigme physique », source de séduction et d’effroi.

Le sommaire du livre fait entendre le ton très personnel d’une jeune femme « venue au monde tandis que Simone de Beauvoir s’éteignait […] persuadée que toutes les représentantes de ce sexe naissaient, comme moi, libres et égales en droits ou presque » :

Première partie

DIVIN ABYSSE

1. Deux siècles moins le quart avant Jésus-Christ

2. La pucelle à l’oreille

3. Colomb n’a pas découvert que l’Amérique

4. La révolution sans culottes

 

Deuxième partie

INDOMPTABLE ORGANE

5. La guerre des boutons de rose

6. Kâma-Sûtra royal pour Victoria

7. Des poilus aux poilues

8. Les suffragettes s’en tamponnent

9. Le petit caporal de Marie Bonaparte

10. Les aiguilles de Cherbourg

11. Demain on rase gratis

12. Les jolies décolonisations de vacances

 

Troisième partie

DIFFICILE LIBERTÉ

13. Le point de non-retour

14. Belles plantes carnivores

15. Gorges chaudes pour guerre froide

16. Guerres pubiennes en Occident

17. Les tribulations d’un sexe chinois en Chine

18. Saigneurs de guerre

19. Chair et paix

 

Un livre à mettre entre les mains de tous les hommes !

Bernard DELCORD

La chair interdite par Diane Ducret, Paris, Éditions Albin Michel, octobre 2014, 365 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

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01 12 14

Caricoles, bloempanch et Cie

Sociologie de la bruxellitude.jpgInventoriant les « chochetés » [1] si chères au folklore de la capitale belge, l’ouvrage de l’historienne Louise-Marie Libert paru chez 180° éditions sous le titre Sociologie de la bruxellitude est tout bonnement réjouissant, parce qu’il ranime la flamme d’institutions aussi vénérables que

– L’Ordre du Faro

– La Confrérie des Compagnons du Witloof

– La Confrérie des Kuulkappers de Saint-Gilles

– Les Confrères d’Eggevoort-en-Etterbeek

– L’Ordre de la Caricole de Bruxelles

– La Confrérie des Chevaliers de Saint-Michel

– La Confrérie de la Gaufre de Bruxelles

– L’Ordre du Bloempanch

– La Confrérie des Kiekefretters

– La Confrérie des Hommes-Oiseaux

– L’Ordre de la Griotte de Schaerbeek

– L’Ordre du Pavé du Comté de Jette

– Ettekeisfretters B.O.E.F

– Les Amis de Manneken-Pis

– Les Communes libres

– Le Meyboom

– L’Ommegang

– Les Arbalétriers

– Les Neuf Nations 1421

– La Confrérie des Compagnons de Saint-Guidon et de Notre-Dame de Grâce

– Les Volontaires de 1830

– Orde van de Brusselse Moestaje

– Les Joyeux adeptes de la Mijole

– Les Chasseurs de Prinkères d’Uccle

– Le Conservatoire Africain

– Le Théâtre Royal de Toone.

« Modestement, écrit l’auteure, notre but est de tenter de cerner la “bruxellitude”, la spécificité de la ville, par le biais et l’approche de la vie des “chochetés”, ces sociétés, associations et confréries qui font vivre Bruxelles.

Les unes, gastronomiques, tentent de remettre au goût du jour des produits du terroir en passe d’être oubliés ; les autres, folkloriques, rappellent à nos mémoires des coutumes et des traditions que le monde moderne menace d’obsolescence. Il y a aussi celles, héritières de faits historiques ou légendaires, dont le but est d’animer les rues de Bruxelles par des manifestations ressuscitant les fastes d’une ville riche de petites histoires et de grande Histoire. »

Chacune d’entre elles est décrite avec science, précision, enthousiasme…

Et un zeste de « zwanze », bien entendu !

Bernard DELCORD

Sociologie de la bruxellitude par Louise-Marie Libert, Bruxelles, 180° éditions, novembre 2014, 236 pp. en noir et blanc au format 13 x 22 cm sous couverture brochée en bichromie, 17 €


[1] Prononciation populaire bruxelloise du mot « sociétés »…

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30 11 14

À consulter en permanence…

Le Petit Larousse des vins.jpgLa nouvelle édition (la première date de 2007) du Petit Larousse des vins s’est donné la triple mission de faire connaître l’univers du vin à ses lecteurs, de leur en apprendre l’art de la dégustation et de les mener à la découverte de tous les vignobles de France et du monde.

Un vaste objectif qu’il atteint pleinement au moyen d’une partie pratique (comment choisir, reconnaître et servir le vin ; le vin sous différents angles : les styles, l'accord avec les mets, l'achat, la constitution d'une cave, mais aussi l'élaboration de ce breuvage, ses cépages, le travail dans la vigne, sans oublier l'art de la dégustation et son vocabulaire particulier) et d’une partie encyclopédique (toutes les grandes régions viticoles d'Europe et du monde classées par pays et présentant, pour chaque vignoble, un trait d'histoire, les caractéristiques, les cépages, les styles de vin, les facteurs de qualité, les classifications et les producteurs les plus significatifs), le tout accompagné d’un hors-texte en couleur fournissant les cartes viticoles, d’un tableau des millésimes, d’un glossaire, d’un index général et d’un index des cépages.

Un outil indispensable pour œnologues amateurs ou avertis !

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse des vins, Paris, Éditions Larousse, août 2014, 944 pp. en bichromie et un cahier de 32 pp. en quadrichromie au format 13 x 19 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,90 € (prix France)

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30 11 14

Les havres du bonheur…

Les jardins préférés des Français jpg.jpgIllustré de photographies somptueuses, le splendide album de Stéphane Bern intitulé Les jardins préférés des Français paru chez Flammarion à Paris emmène le lecteur, région par région, à la découverte des plus beaux jardins privés de l’Hexagone, dans une merveilleuse débauche de roseraies luxuriantes, d’arbres vénérables, de jardins de buis taillés à la française, d’allées gazonnées, de pergolas fleuries, de portes végétales aux accents romantiques, de kiosques au soleil, de massifs colorés, d’escaliers de verdure, de jardins zen, de plantations aromatiques et tinctoriales, de ruisseaux pétillants, de fontaines vivaces, de bassins exubérants et d’herbes en folie...

Fruits de l'imagination de propriétaires passionnés, ces édens patiemment composés au fil des ans sont accessibles au public et ils constituent pour les amateurs de clématites, de seringats, de glycines, de nymphéas, de pavots d’Orient et autres inflorescences multicolores une magnifique source d'inspiration pour aménager son propre écrin de verdure.

L’ouvrage se clôt par un carnet d'adresses qui permettra à chacun d'organiser à la belle saison la visite de ses jardins préférés.

Un pur ravissement !

Bernard DELCORD

Les jardins préférés des Français par Stéphane Bern, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2014, 256 pp. en quadrichromie au format 25,3 x 31,7 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

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