10 01 18

Il était un prince en poésie…

Nonante-neuf poèmes de Maurice Carême.jpg

Mondialement connu – et à juste titre – comme poète pour les enfants, l’instituteur et écrivain belge Maurice Carême (1899-1978) n’était pourtant pas que cela.

Car si quarante-cinq recueils de ses poèmes ont été publiés, parmi lesquels le célébrissime Mère (1935, Prix triennal de poésie 1937), on lui doit aussi deux ouvrages de traduction de poètes néerlandais et flamands, dix romans et compilations de contes, deux essais et un récit de voyage.

Parmi ces quarante-cinq recueils, épinglons Nonante-neuf poèmes, une anthologie parue tout récemment aux Impressions nouvelles à Bruxelles dans la collection « Espace Nord », dont le choix éclectique rend parfaitement compte des diverses facettes de son talent caractérisé par une grande simplicité de ton.

Florilège :

LE DIAMANT ET LA LUMIÈRE

– Je ne pesais pourtant

Que mon poids de lumière,

Disait le diamant.

– Bien sûr, dit la lumière,

Mais on devient pesant,

Plus pesant que l’argent

Dans la main des marchands.

(Poèmes pour petits enfants, 1976)

 

DEPUIS LE JOUR…

Depuis le jour où tu es morte,

Nous ne nous sommes plus quittés.

Qui se doute que je te porte,

Mère, comme tu m’as porté ?

 

Tu rajeunis de chaque instant

Que je vieillis pour te rejoindre ;

Si je fus ton premier tourment,

Tu seras ma dernière plainte.

 

Déjà, c’est ton pâle sourire

Qui transparaît sous mon visage,

Et lorsque je saurai souffrir

Longtemps, comme toi, sans rien dire,

 

C’est que nous aurons le même âge.

(La Voix du silence, 1951)

 

SOLDATS

Un soldat de bois

Ne mange que du chocolat

Un soldat d'étain

Ne mange que du massepain

Un soldat de plomb

Ne mange que des macarons

Un soldat de fer

Que des biscuits à la cuiller

Mais le vrai soldat

Ne mange, quand la guerre est là,

Que des vers de terre

Et des fleurs de cimetière.

(Le Moulin à papier, 1973)

 

Et si trois écoles en Belgique et seize écoles en France portent son nom ainsi qu’une promenade sur l’île de la Cité à Paris, plus de deux mille huit cents textes de Maurice Carême qui avait été élu « Prince en poésie » au Café Procope à Paris en 1972 ont été mis en musique par Darius Milhaud, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Jacques Chailley, Florent Schmitt ou encore Carl Orff…

Du lourd, pour un auteur aux vers aériens, non ?

Bernard DELCORD

Nonante-neuf poèmes par Maurice Carême, choix anthologique et postface de Rony Demaeseneer, Christian Libens et Rossano Rosi, Bruxelles, Éditions Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », décembre 2017, 155 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

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09 01 18

Nuit d’orage…

Le Domaine des Oiseaux.jpgDix-neuvième petit volume de la sympathique collection « Opuscule » publiée par les Éditions Lamiroy à Bruxelles, la nouvelle hitchcockienne de Pierre Graas intitulée Le Domaine des Oiseaux, rondement menée, ravira les amateurs du genre tant elle combine avec ingéniosité, dans un scénario habile, les ingrédients chers au maître du suspense : un vieux manoir à l’abandon, un personnage bizarre et solitaire, des oiseaux nombreux et divers, un orage terrible, des arbres ployant sous le vent, la pluie qui bat, des voix mystérieuses, des bruits étranges, des lueurs d’épouvante et une fin inattendue.

À sa lecture, vous aurez donc le bonjour d’Alfred !

Bernard DELCORD

Le Domaine des Oiseaux par Pierre Graas, Bruxelles, Éditions Lamiroy, collection « Opuscule », janvier 2018, 43 pp. en noir et blanc au format 10 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs, 4 €

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07 01 18

La vie et les écrits d’un titan…

Churchill (Moi, Winston Churchill).jpg

Immense personnalité du XXe siècle, Winston Churchill, (1874-1965) fut non seulement le Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 [1] et, à ce titre, artisan de la victoire contre le nazisme et le fascisme à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi un orateur hors pair dont les bons mots sont passés à la postérité, un peintre estimé dont les œuvres s’arrachent et, surtout, un surdoué de l'écriture dont le talent inouï a été couronné en 1953 par le prix Nobel de littérature [2].

À ceux qui souhaiteraient (re)découvrir l’homme, nous ne saurions trop conseiller la lecture de la biographie superbement illustrée (avec plus de 200 photographies) que Béatrix de l’Aulnoit a fait paraître à Paris aux Éditions Tallandier sous le titre Moi, Winston Churchill, un récit enlevé abordant les nombreuses et paradoxales facettes de l’acteur politique – dans tous les sens du terme – et son impact sur son temps aux quatre coins de la planète.

Churchill (La Guerre du Fleuve).jpg

Et à ceux qui seraient désireux d’aborder l’œuvre, nous recommandons la lecture de La Guerre du Fleuve – Un récit de la reconquête du Soudan, un flamboyant reportage [3] de la guerre menée par lord Kitchener contre les rebelles mahdistes, rédigé en 1899 et publié dans sa traduction française aux Belles Lettres à Paris en 2015.

On y trouve de la gloire, du sang, de la sueur, des larmes… et du génie !

Bernard DELCORD

Moi, Winston Churchill par Béatrix de l’Aulnoit, Paris, Éditions Tallandier, octobre 2017, 190 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 34 € (prix France)

La Guerre du Fleuve – Un récit de la reconquête du Soudan par Winston Churchill, traduction de l’anglais par John Le Terrier, Paris, Éditions Tallandier, collection « Mémoires de guerre » dirigée par François Malye, mars 2015, 328 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la belle et très éclairante introduction

de Béatrix de l’Aulnoit à son récit de vie :

« Winston Churchill, c’est d’abord un style avant d’être un destin. L’homme qui a vaincu Hitler serait-il devenu une icône mondiale sans son humour ravageur, ses extravagances, sa panoplie d’acteur ? Lorsqu’il allume un cigare, peint une toile derrière son chevalet, construit le mur de son potager, Churchill montre autant d’énergie et de soin pour se mettre en scène que lorsqu’il galvanise l’Angleterre à la BBC pendant la Seconde Guerre mondiale.

De sa naissance à Blenheim, il a acquis une assurance aristocratique qui constitue le socle de son inébranlable confiance en sa bonne étoile. Pourtant, dès le début, les difficultés rencontrées sont immenses. Ses carnets scolaires sont désastreux. L’adolescent est affublé d’un “zézaiement” inconciliable avec une brillante carrière politique. Il rate à deux reprises l’examen d’entrée de l’académie militaire de Sandhurst, avant d’être admis piteusement 92e sur 102. Quant à son père, second fils du duc de Marlborough, il n’a hérité d’aucune fortune et a brutalement sabordé sa carrière en donnant sa démission de chancelier de l’Échiquier.

Très vite, Winston comprend qu’il ne peut compter que sur lui-même. Il se constitue une bibliothèque de grands auteurs, écrit sur tout et n’importe quoi, négocie âprement ses contrats. Cette force de caractère, où ténacité et pragmatisme se côtoient à parts égales, est la deuxième composante du style churchillien. Le génie de la politique à la Chambre des communes, le vainqueur des nazis, le prix Nobel de littérature, est un bourreau de travail. La nuit, Churchill dicte articles et livres debout derrière son pupitre. Le matin, il réécrit ses discours dans son lit en compagnie de son chat Tango. Le soir, en sortant du ministère, il lit ses dossiers dans un bain chaud. Et l’exacte température de ce bain est contrôlée par son valet qui y plonge un thermomètre.

De son grand-père maternel américain, aventurier qui a frôlé plusieurs fois la faillite, le jeune homme a hérité son indépendance d’esprit. De sa mère, personnage flamboyant et fantasque, son goût du luxe, autre constante du style churchillien : “Je me contente de peu, mais toujours du meilleur”, a-t-il l’habitude de dire, incarnant de façon étourdissante ce mélange de traditions et de folies que nous envions tant aux Britanniques. (…)

Winston porte des caleçons et des vestes de pyjamas en soie rose hors de prix et affirme que sa peau blanche de roux n’en supporterait pas d’autres. Il ne peut se passer d’un maître d’hôtel. Il aime le cognac au petit déjeuner, le champagne au déjeuner, les dîners arrosés de grands bordeaux, les soirées autour des tables de jeu dans la fumée d’un Roméo et Juliette. Les jolies femmes qui ont de l’esprit. Winston n’est pas snob, mais tous ses amis sont richissimes, à commencer par le duc de Westminster, première fortune d’Angleterre.

C’est un romantique qui s’est marié sur un coup de foudre et restera fidèle toute sa vie à Clementine Hozier. Sa seule maîtresse s’appelle Chartwell, sa propriété dans le Kent, pour laquelle il se ruinera. Mais c’est là, au milieu de ses enfants, chevaux, chiens, cochons, moutons, canards, oies, cygnes, papillons et poissons rouges, qu’il est heureux et se ressource.

Toute sa vie, Winston Churchill a vécu au-dessus de ses moyens, mais, durant quatre-vingt-dix ans, il s’est donné les moyens de vivre selon ses déraisonnables caprices qui font de lui le plus humain des monstres sacrés de l’Histoire. »

 

[1] Il le fut aussi du 26 octobre 1951 au 6 avril 1955.

[2] Parmi ses ouvrages les plus célèbres, citons ses souvenirs d’enfance, My Early Life, 1930, les quatre tomes de la biographie de son glorieux ancêtre, Marlborough: His Life and Times, 1933-1938, les six volumes de ses souvenirs de guerre, The Second World War, 1948-1954 et les quatre volumes d'un vaste essai historique, A History of the English-Speaking Peoples, 1956-1958, qui couvrent la période allant de l'invasion de la Grande-Bretagne par César (55 av. J.-C.) au début de la Première Guerre mondiale (1914).

[3] En dépit de quelques préjugés sans fondement, époque oblige, sur les populations locales.

25 12 17

Ambiance délétère…

Un nouveau dans la ville.jpgAuteur de 193 romans, de 158 nouvelles, de plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom, ainsi que de 176 romans, de dizaines de nouvelles, de contes galants et d’articles parus sous 27 pseudonymes, Georges Simenon (Liège, 1903 – Lausanne, 1989), l’inventeur du fameux commissaire Maigret, est l’écrivain belge le plus lu dans le monde (les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires) et le plus traduit (3 500 traductions en 47 langues).

Il a par ailleurs vécu durant dix ans sur le continent nord-américain, entre 1945 et 1955, au Canada d’abord (1945-1946), aux États-Unis ensuite [1] et une dizaine de ses romans se situent aux States, parmi lesquels Un nouveau ans la ville, écrit en octobre 1949 à Desert Sands, Tucson (Arizona), publié en 1950, et qui a reparu dernièrement aux Éditions Omnibus à Paris avec de magnifiques illustrations de Jacques de Loustal (°1956), un fervent admirateur de l’œuvre du maître liégeois, qui excelle à recréer ici l'ambiance d'une petite ville yankee sous la neige, avec ses cafés et ses personnages ordinaires ou pittoresques.

Voici le pitch de ce polar :

« Au début de l'hiver, dans une petite ville, débarque un inconnu, quelconque à tout point de vue. Malgré son apparence, Justin Ward possède une grosse liasse de billets qu'il porte toujours sur lui. Ce n'est pas son statut d'étranger à la région qui attire l'attention (la tannerie voisine emploie des immigrés), mais bien son extrême réserve... »

Une histoire glauque à souhait !

Bernard DELCORD

Un nouveau dans la ville par Georges Simenon, illustrations de Jacques de Loustal, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2016, 191 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 28 € (prix France)

[1] En Californie, puis en Floride et en Arizona en 1947, à Carmel-by-the-Sea (Californie, 1949), avant de s'établir en juillet 1950 à Lakeville dans le Connecticut. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon)

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25 12 17

Le meilleur de la Botte…

Cucina italiana.jpgDans Cucina italiana – Mes recettes préférées, paru aux Éditions Racine à Bruxelles, Carlo de Pascale, ancien chef de restaurant, animateur de cours de cuisine et chroniqueur culinaire à la radio et à la télévision (RTBF), propose 70 recettes simples, celles qu'il aime faire et refaire, un condensé de l'Italie gourmande assorti d'un petit dictionnaire et d'anecdotes historiques.

Une belle succession d’antipasti (bœuf cru à la piémontaise, fleurs de courgettes frites, artichauts à la romaine…), de pizze (Margherita, foccacia…), de pasta (paccheri aux tomates cerises et au provolone, spaghetti alla carbonara, orecchiette au brocoli-rave, pâtes et haricots à la manière toscane…), de risotti (au safran façon milanaise, aux cèpes, aux petits pois, aux calamars et à l’encre de seiche…), de gnocchi (de pommes de terre au pesto, de potiron au beurre et à la sauge…), de secondi piatti (osso buco ou escalope à la milanaise, filets de poulet à la pistache et à la salade d’oranges, roulades de porc à la napolitaine, vitello tonato…) et de dolci (tiramisu aux fraises, biscuits toscans aux amandes et au vin doux, panna cotta au café, glace à la pistache et au sirop d’oranges sanguines…)

Par tous les temps, du soleil dans les assiettes !

Bernard DELCORD

Cucina italiana – Mes recettes préférées par Carlo de Pascale, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2017, 174 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil transalpin la recette napolitaine suivante :

Linguine alle vongole

(Linguines aux palourdes)

Ingrédients pour 4 personnes :

350 g de linguine

1 kg de palourdes

1 bouquet de persil plat

2 gousses d’ail

3 cuillers à soupe d’huile d’olive

Sel

Poivre du moulin

Recette :

Bien rincer les coquillages 10 minutes sous l'eau courante afin de les débarrasser des résidus de sable éventuel.

Faire bouillir une casserole de 4 litres d'eau salée à 8 g/1.

Émincer l'ail.

Émincer le persil.

Dans une grande sauteuse, faire revenir le tout doucement dans l'huile d'olive (l'ail ne doit pas se colorer).

En même temps, mettre les palourdes dans la sauteuse et les pâtes dans la casserole.

Monter la flamme sous les palourdes, et remuer délicatement.

Les palourdes vont s'ouvrir tandis que les pâtes cuisent.

Égoutter (peu) les pâtes (garder une louche d'eau de cuisson) quand elles sont encore très al dente, les verser ensuite dans la sauteuse contenant les palourdes et y poursuivre la cuisson.

Ajouter le persil émincé.

Ajouter un peu d'eau de cuisson pour « détendre » les pâtes.

Dresser sur des assiettes individuelles, en rajoutant un filet d'huile d'olive et en répartissant les coquillages sur chaque assiette, un tour de poivre du moulin, et, surtout... pas de fromage !

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11 12 17

Sans avoir l’air d’y toucher…

En love mineur.jpgParues aux Éditions Quadrature à Bruxelles, les 17 nouvelles rassemblées dans En love mineur, le nouveau recueil de Dominique Costermans, par ailleurs auteure de l’inoubliable Outre-Mère [1], constituent un véritable régal de variations subtiles sur le thème de l’amour abordé en fines touches allusives par des zeugmes, des répétitions, des pirouettes, des flash-backs… brillantes facettes de ces petits bijoux littéraires qui entraînent le lecteur un peu partout – à Bruxelles, en Italie, au Portugal, en Grèce, dans les Alpes, à Charleroi… – sur une jolie carte de Tendre où les plages, les villes, les villages, les routes, les rues et les chemins, mais aussi les lasagnes aux artichauts et les confitures de citron mènent à l’émoi.

D’exquises esquisses, comme disait Serge Gainsbourg…

Bernard DELCORD

En love mineur par Dominique Costermans, Bruxelles, Éditions Quadrature, décembre 2017, 116 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

[1] Un roman publié en janvier 2017 chez Luce Wilquin à Avin.

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10 12 17

Pour apprendre à cuisiner...

Techno Culinaire Bac Pro 3 ans.JPGProfesseur chef de cuisine honoraire du lycée technologique des métiers de l'hôtellerie Jean Drouant à Paris, Michel Maincent-Morel est l’auteur aux Éditions BPI à Clichy de Travaux pratiques de cuisine - Practical kitchen work - Technologie culinaire, de Cuisine de référence, de Technologie culinaire 1ère année et 2ème année, de BEP Technologie culinaire, et de La cuisine de référence, version complète (qui existe aussi en version espagnole, portugaise et italienne), tous couronnés d’un grand prix du meilleur ouvrage de l'Académie Nationale de Cuisine.

Robert Labat, quant à lui, est professeur d'enseignement professionnel honoraire à l’EREA-Cronstadt (Paris 15e) et on lui doit en tant qu’auteur chez BPI l'Aide-mémoire de l'apprenti cuisinier ainsi que l'Aide-mémoire des cuisines régionales françaises et des cuisines européennes et, en tant que co-auteur, Technologie culinaire 1ère année et 2ème année et BEP Technologie culinaire, grand prix du meilleur ouvrage 2003 de l'Académie Nationale de Cuisine.

Ils ont publié en 2009 [1], chez le même éditeur une bible intitulée Techno Culinaire Bac Pro 3 ans qui fut elle aussi lauréate en 2010 du Grand Prix de l’Académie Nationale de Cuisine.

Il s’agit d’un ouvrage très complet qui traite de l’histoire de la cuisine, du personnel de cuisine, des produits, des produits semi-élaborés, des cuissons, des préparations de base, des préparations culinaires, des procédés de conservation, des préparations culinaires élaborées à l’avance (P.C.E.A.), de l’éducation du goût, de l’odorat, de l’association des mets et des garnitures d’accompagnement, des relations cuisine/restaurant, des approvisionnements des services, des régions de France ainsi que des pays d’Europe.

Avis aux (futurs) professionnels de la gastronomie, aux fins becs et aux cordons bleus !

Bernard DELCORD

Techno Culinaire Bac Pro 3 ans par Michel Maincent-Morel et Robert Labat, Clichy, Éditions BPI, décembre 2009, 524 pp. en quadrichromie au format 21 x 29,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 28,70 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce référentiel culinaire l’image suivante :

LES CATÉGORIES DE LA VIANDE DE VEAU

Catégories du veau.jpg

[1] Ce best-seller est toujours disponible en librairie et chez l’éditeur.

10 12 17

« Les animaux se repaissent ; l'homme mange. L’homme d’esprit seul sait manger. » (Anthelme Brillat-Savarin)

Guide Delta Belgique 2018.jpgLe Guide Delta 2018 des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg (qui en est à sa 17e édition et qui se décline aussi dans une version en langue néerlandaise) recense par ordre alphabétique des localités où ils sont situés quelque 1960 restaurants et hôtels du Royaume et de son aimable voisin, pour lesquels l'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos, et la présentation de 1470 d’entre eux est en outre accompagnée d’un texte critique rédigé par les inspecteurs du guide (au nombre desquels figure votre serviteur qui a joyeusement perdu la ligne au cours de ces 17 années d’activité gourmande…) tout en permettant, par un système ingénieux de sept index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique de leur enseigne et dans chaque province, en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salles de séminaire, de la possibilité de disposer d’un chef à domicile, du charme ou de la quiétude des lieux.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

Les maisons exceptionnelles en Belgique et au Grand-duché de Luxembourg (4 toques dans la classification Delta) passent de 14 à 16.

Il s’agit des établissements suivants :

De Jonkman à Bruges, Lafarques à Pepinster, ‘t Zilte à Anvers, L’Air du Temps à Éghezée, L’Auberge du Moulin Hideux à Bouillon, Comme Chez Soi à Bruxelles, L’Eau Vive à Arbre, Hertog Jan à Zedelgem, Hof Van Cleve à Kruishoutem, Le Manoir de Lébioles à Spa, Mosconi à Luxembourg, Pastorale à Rumst, Sea Grill à Bruxelles et Zur Post à Sankt-Vith.

Il convient aussi d’applaudir l’exploit de L’écailler du Palais Royal à Bruxelles qui passe d’une à trois toques.

Enfin, soulignons la présence d'un « Passeport Delta » valable jusqu’au 31 décembre 2018 permettant à son utilisateur de bénéficier d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 55 restaurants de qualité.

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre !

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2018, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 2017, 608 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,75 €

Delta Gids België & Luxembourg van restaurants & hotels 2018, Brussel, De Delta Gids, december 2017, 608 pp, 29,75 €

Delta Gids België 2018.jpg

[1] Delta d’Or : Au Tour du Vin à Éghezée, Colette à Westerlo et La Cristallerie à Luxembourg ; Delta d’Argent : Maxens à Saint-Symphorien, DEssenti à ‘s Gravenwezel et Aal Schoul à Hobscheid; Delta de Bronze : Noir du Poivre & Rouge du Poivre à Waremme & à Sclessin, Marquize à Westende et Péitry à Roodt-sur-Syre. Lauréats par spécialités : Carcasse à Coxyde (viande de qualité), Couleur Rouge à Eupen (cuisine de fusion), I Cugini ! à Chapelle-lez-Herlaimont (cuisine italienne), Knossos à Tubize (cuisine grecque), Le Minaret à Boussu (cuisine du Maghreb), Le Saint-Gilles à Saint-Hubert (cuisine de terroir), OAK à Gand (cuisine italienne et asiatique), Rascasse à Kapellen (cuisine de la mer) et Villa Doria à Schoten (cuisine italienne).

09 12 17

« Le véritable enseignement n'est point de te parler mais de te conduire. » (Antoine de Saint-Exupéry)

Appren-tissages.jpgRassemblant des contributions remarquables, le premier numéro du très beau mook de pédagogie – sa maquette, elle aussi, est une belle réussite – intitulé Appren-tissages paru sous la direction de l’enseignant belge Gaël Bournonville et du célèbre théoricien et professeur d’université français (à l'université Lumière-Lyon 2) Philippe Meirieu a pris pour thème central « Entre deux mondes » et aborde en profondeur des sujets aussi divers que :

– Une interview d’Eirick Prairat, l’auteur d’Éduquer avec tact (Éditions ESF Sciences humaines, 2017) et la critique de son ouvrage par Christophe Quittelier ;

– Une présentation de l’exposition « L’école en Algérie, l’Algérie à l’école » à voir au Musée national de l’Éducation de Rouen (jusqu’au 2 avril 2018) ;

– Un long reportage d’Anne-Cécile Huwart intitulé « Ihsane, entre deux mondes » relatant l’année scolaire 2015-2016 d’une adolescente de 17 ans, issue de l’immigration et sourde, qui remporte haut la main le pari de l’intégration ;

– Un vaste débat d’idées entre Serge Dupont et Serge Tisseron qui répondent à la question : « Les jeunes sont-ils condamnés à devenir stupides ? » ;

– Un épais dossier sur « Les enfants Rom et l’école » constitué sous la houlette d’Aurore Dudka ;

– Commentée par Boris Cyrulnik, Darlène, une nouvelle inédite de Geneviève Damas, l’auteure du roman à succès Patricia paru chez Gallimard ;

– Un reportage de Gaël Bournonville intitulé « Rasmane, petit prince de Pô » dans lequel il suit l’aventure d’une école pour enfants des rues au Burkina Faso soutenue par l’association Éducation sans Frontières ;

– « Fenêtres sur cours Freinet » par Philippe Meirieu, à propos du récent congrès de l’Institut coopératif de l’école moderne (ICEM) qui a rassemblé plus de 700 participants et à travers les notes d’un groupe d’enseignants réunis autour du projet d’une nouvelle école secondaire qui verra le jour dans quelques mois ;

– Une réflexion approfondie sur les rapports entre « Pulsion et pensée à l’École », par Jean-Sébastien Philippart, philosophe et enseignant ;

– Une recension réflexive du film de Thierry Michel intitulé Une année dans une classe de Cheratte sise à proximité des vestiges industriels de l’ancien charbonnage du Hasard non loin de Liège, composée d’enfants d’origine turque et animée par « Madame Brigitte, une prof à l’ancienne » qui y fait des miracles.

Épatant, non ?

Abonnez-vous !

Bernard DELCORD

Appren-tissages 1– Un autre regard sur l’éducation, revue semestrielle collective sous la direction de Gaël Bournonville et Philippe Meirieu, Bruxelles, décembre 2017, 164 pp. en quadrichromie au format 21 x 24,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (abonnement pour 1 an = 2 numéros : 44 € ; abonnement pour 2 ans = 4 numéros : 88 € sur www.revue-apprentissages.com)

07 12 17

Amour de la sagesse…

Bibliothèque idéale des philosophes antiques – De Pythagore à Boèce.jpgJean-Louis Poirier, qui a longtemps enseigné en khâgne au Lycée Henri IV à Paris, est un philosophe spécialiste de l'Antiquité. Il collabora à l'édition des Présocratiques et des Épicuriens à la Bibliothèque de la Pléiade, a rédigé de nombreux articles et publié des ouvrages aux Éditions Les Belles Lettres.

C’est dans cette vénérable maison qu’il a fait paraître sa Bibliothèque idéale des philosophes antiques – De Pythagore à Boèce, un recueil de larges extraits et de pages significatives extraites de l’œuvre de divers philosophes antiques, des textes parfois peu connus, surprenants ou provocateurs, et bien souvent d’une extraordinaire modernité.

L’occasion de jeter un œil neuf sur un passé immensément riche !

Liste des auteurs :

Pythagore, Héraclite, Parménide, Empédocle, Gorgias, Démocrite, Thucydide, Platon, Aristote, Épicure, Zénon de Citium, Cléanthe, Chrysippe, Hermès Trismégiste, Cicéron, Lucrèce, Philon d’Alexandrie, Sénèque, Plutarque, Épictète, Apulée, Galien, Irénée de Lyon, Clément d’Alexandrie, Alexandre d’Aphrodise, Tertullien, Origène, Cyprien de Carthage, Sextus Empiricus, Plotin, Longin, Porphyre, Jamblique, Victorinus, Grégoire de Nazianze, Némésius, Augustin d’Hippone, Proclus, Damascius, Un cours de l’École d’Alexandrie, Boèce

Bernard DELCORD

Bibliothèque idéale des philosophes antiques – De Pythagore à Boèce, textes rassemblés et présentés par Jean-Louis Poirier, Paris, Éditions Les Belles Lettres, novembre 2017, 684 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19,4 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 29,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié le texte suivant, du philosophe romain Sénèque

(4 avant Jésus-Christ – 65 après Jésus-Christ) :

LE MAÎTRE ABSOLU : LA MORT

Sénèque dégage ici, très simplement, en quoi la mort, qui « affranchit l'esclave malgré son maître », est libératrice, comme le rappellera Hegel.

Oh ! qu'ils méconnaissent leurs misères, ceux qui ne célèbrent pas la mort comme la plus belle invention de la nature et qui ne l'attendent pas avec espoir !

Soit qu'elle couronne une vie heureuse, soit qu'elle écarte de nous l'infortune, soit qu'elle termine la satiété et la fatigue du vieillard, soit qu'elle enlève le jeune homme dans sa fleur, à l'âge où l'on vit d'espérances, soit qu'elle réclame l'enfant avant le temps des épreuves, pour tous, elle est la fin, pour beaucoup la guérison, pour quelques-uns l'accomplissement du vœu suprême, et ceux qui lui ont le plus d'obligation sont ceux qui la reçoivent avant d'avoir imploré sa venue.

La mort affranchit l'esclave malgré son maître ; la mort soulage les captifs de leurs chaînes ; la mort ouvre leur prison à ceux qu'un pouvoir inflexible y maintenait despotiquement ; la mort montre aux exilés, dont la pensée et le regard se tournaient incessamment vers la patrie, qu'on repose tout aussi bien sous une terre que sous une autre ; quand la fortune répartit mal les biens communs à tous les hommes et subordonne l'un à l'autre des êtres venus au monde avec des droits égaux, la mort rétablit l'égalité.

Après la mort, nul n'est assujetti au bon plaisir d'autrui ; la mort ne se refuse jamais à personne, et cette mort, Marcia, ton père l'a désirée de tous ses vœux.

C'est grâce à la mort, je le répète, que naître n'est pas un supplice, c'est grâce à elle que les malheurs dont je suis menacé ne m'accablent point, que je puis conserver l'équilibre et l'indépendance de l'âme : je sais quel est mon recours.

Je vois devant moi des instruments de torture, non pas tous du même modèle, mais variant avec le maître qui les fait faire : il en est qui pendent leurs victimes la tête en bas, d'autres les empalent, d'autres les mettent en croix ; je vois des chevalets, je vois des fouets ; on va jusqu'à fabriquer des appareils particuliers pour chaque membre ! Mais je vois aussi la mort. J'ai devant les yeux des ennemis sanguinaires, des concitoyens intraitables ; mais je vois également la mort.

La servitude n'a rien de pénible quand on sait que l'on n'a qu'un pas à faire, le jour où l'on sera las du joug, pour se donner la liberté. Je t'aime, vie, en faveur de la mort !

Consolation à Marcia, chapitre XX

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