24 08 15

Poignant, et pourtant optimiste…

Zebraska.jpg« Martin Leroy, quinze ans six mois et vingt-deux jours, vient de recevoir un étrange cadeau : un paquet de feuilles reliées. Il croit d'abord à une farce – on ne lit plus de livres en 2050 –, mais lorsqu'il découvre sur la première page la dédicace “À mon petit zébron Marty”, il est pris d'un véritable tremblement. Au risque de paraître ringard, il entame clandestinement la lecture de ce texte qui dévoile la vie mystérieuse et bouleversée d'un enfant Haut Potentiel dans les années 2010 et celle de sa mère touchante et burlesque à la fois...

Il comprend peu à peu qu'il n'est pas étranger aux secrets bien gardés que renferme le récit. On les appelle HP, HPI, surdoués, précoces, zèbres... »

Telle est la trame de Zebraska, un roman particulièrement attachant écrit par Isabelle Bary et paru chez Luce Wilquin à Avin, qui tente « de démystifier ces enfants pas comme les autres, menottés à des clichés fumistes et si souvent incompris ».

Car un enfant HP, c’est épuisant. Pour lui-même et pour son entourage, tant les idées s’enchaînent à une vitesse supersonique dans son esprit à la sensibilité exacerbée, générant une angoisse permanente qui se transmet aussi à son entourage qui aimerait tant le faire rentrer dans le moule de la normalité.

Un ouvrage qui dit aussi ce qu’est être une mère – d’un enfant « normal » ou pas…

Bernard DELCORD

Zebraska par Isabelle Bary, Avin, Éditions Luce Wilquin, février 2015, 218 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €.

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21 08 15

Un roman qui secoue le prunier… et les cocotiers !

Le camp des saints.jpg« Dans la nuit, sur les côtes du midi de la France, cent navires à bout de souffle se sont échoués, chargés d'un million d'immigrants. Ils sont l'avant-garde du tiers-monde qui se réfugie en Occident pour y trouver l'espérance. À tous les niveaux, conscience universelle, gouvernements, équilibre des civilisations, et surtout chacun en soi-même, on se pose la question trop tard : que faire ? »

C'est ce que raconte Le Camp des Saints de Jean Raspail (le titre est emprunté à L’Apocalypse de Saint-Jean), publié pour la première fois en 1973 et qui a reparu en 2011 avec une préface en forme de mise au poing sur la tronche des bobos intitulée Big Other, allusion transparente au « Big Brother » du 1984 de George Orwell, un autre roman prophétique.

Ce livre qui a fait connaître au grand public le Français Jean Raspail, un écrivain royaliste au style flamboyant né en 1925 et qui se défend d'être d'extrême droite, révélait la fascination de l’auteur pour les causes perdues et les peuples disparus.

« Y a-t-il un avenir pour l’Occident ? », demandait-il à l’époque, alors que l’on pouvait lire sur la quatrième de couverture de la première édition deux phrases prudentes de l’éditeur : « On épousera ou on n’épousera pas le point de vue de Jean Raspail. Au moins le discutera-t-on, et passionnément ».

En 2015, à l'heure où des milliers d'immigrants accostent sur l'île italienne de Lampedusa, mais aussi en Grèce, au Monténégro et ailleurs, ou se bousculent à Calais pour entrer clandestinement au Royaume-Uni, ce débat n’a rien perdu de son acuité et le public ne s’y est pas trompé puisque près de 44 000 exemplaires du livre se sont écoulés dans les deux mois qui ont suivi sa réédition.

« Faut-il rapprocher ce phénomène éditorial de la montée du FN de Marine Le Pen dans les sondages ? (…) Le livre est en tous cas chroniqué favorablement sur des sites comme celui d'Action française ou du Rassemblement pour la France (RPF) », écrivait doctement le site parisien de RTL [1] qui marchait visiblement sur des œufs pour parler de l’ouvrage.

Comme si le fait qu’il ait un jour louangé Hitler faisait de Churchill un nazi [2] !

En tout cas, ce n’est pas en se cachant derrière son petit doigt que l’on fera avancer les choses ni reculer, hélas, la montée en force du racisme et de l’extrême droite en Europe…

Car pour qui sait lire (et pour qui l’a lu…), Le Camp des Saints n’est pas, mais alors pas du tout un ouvrage raciste !

Même si Jean Raspail, joyeusement provocateur, répertorie avec précision les 87 motifs, si son ouvrage avait été publié pour la première fois aujourd’hui, qui vaudraient à celui-ci des poursuites judiciaires en vertu des lois Pleven (1972), Gayssot (1990), Lellouche (2003) et Perben (2004), inapplicables en l’espèce, la rétroactivité ne jouant pas (encore) sur le plan judiciaire…

Bernard DELCORD

Le Camp des Saints précédé de Big Other par Jean Raspail, Paris, Éditions Robert Laffont, février 2011, 393 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs et jaquette en quadrichromie, 22 € (prix France)


[2] “One may dislike Hitler's system and yet admire his patriotic achievement. If our country were defeated, I hope we should find a champion as indomitable to restore our courage and lead us back to our place among the nations.” (Winston Churchill)

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21 08 15

100 petites mousses…

Les 100 bières cultes à déguster absolument (cover).jpgRédigé par Étienne Bellin, le petit livre-objet intitulé Les 100 bières cultes à déguster absolument (Paris, Éditions Larousse) va à l’essentiel pour présenter et inviter à savourer une large sélection de bières de toutes origines (Belgique, France, Grande-Bretagne et Irlande, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, République tchèque, Danemark, Italie, Suisse, USA, Québec, Jamaïque, Brésil, Chili, Australie, Japon…) et de toutes catégories (blanches, blondes, ambrées –houblonnées et maltées –, brunes classiques, brunes porter et stouts, lagers, lambics, gueuzes et autres spécialités…)

On y navigue de la très belge Blanche des Honnelles à la Red Stripe jamaïcaine en passant par l’hexagonale Cuvée d’Oscar, la teutonne Jever Pilsener, la so British London Porter, la yankee Sierra Nevada Pale Ale, la québécoise Rosée d’hibiscus, la Tokyo écossaise, La Meule helvète, l’Amarillo hollandaise ou la Caterpillar italo-danoise…

Un bien joli voyage brassicole !

Bernard DELCORD

Les 100 bières cultes à déguster absolument par Étienne Bellin, Paris, Éditions Larousse, août 2014, 76 pp. en quadrichromie au format 8,5 x 20,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 6,90 € (prix France)

Voici la présentation d’une bière peu connue sous nos latitudes :

Coedo Kyara

Les 100 bières cultes à déguster absolument (Coedo Kyara).jpg

Origine :

Japon

Brasseur :

Coedo

Catégorie :

Lagers

Alcool :

5,5

Commentaire :

Le Japon produit des whiskies de référence, mais aussi des bières artisanales comme cette ambrée cuivrée. Le nez fruité évoque le pamplemousse. Le palais est complexe et bien équilibré. Les houblons et leurs arômes d'agrumes sont soutenus par la rondeur du malt, et complétés de notes épicées. La longue finale est finement amère.

21 08 15

Pour mettre de l’ambiance…

Bar à cocktails (cover).jpgDans Bar à cocktails (Paris, Larousse), Sandrine Houdré-Grégoire et Matthias Giroud fournissent, pour réinventer les soirées entre amis, 100 recettes classiques ou surprenantes à base de :

Rhum, cachaça & tequila : Mojito rose framboise ; Caïpirinha ; Basilic Island, Little Two...

Gin, vodka et liqueurs : Gin-fizz ; Bronx ; Cointreaupolitan ; Baby Jazzy ; Mars Attack ; Mango Spicy Martini…

Cognac & whisky : Cognac Summit ; Show me the monkey ; Dipsie Nutsy…

Champagne : Bubble Wap ; Mimosa ; Infinity ; Esprit floral…

Produits sans alcool : Pretty Mama ; Délice d'enfants ; Rose parfum ; Diablotin ; Virgin Colada Light…

Succès garanti !

Bernard DELCORD

Bar à cocktails – Soyez le barman de vos soirées par Sandrine Houdré-Grégoire, Matthias Giroud, Paris, Éditions Larousse, collection « Tous à table », avril 2014, 216 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,95 € (prix France)

Voici une préparation plutôt gaillarde :

Z by Cognac

Pour 1 verre

Ingrédients :

3 tranches d’ananas

4 cl de cognac

2 cl de liqueur de triple-sec (Cointreau, par exemple)

1,5 cl de jus de citron jaune

2 cl de sirop de gomme (ou de sirop de sucre de canne)

4 cl de purée d’ananas

Recette :

Déposez les 3 fines tranches d’ananas au fond d’un verre à dégustation.

Dans un shaker, versez le cognac, la liqueur de triple-sec, le jus de citron jaune fraîchement pressé, le sirop de gomme et la purée d’ananas.

Remplissez le shaker de glace, refermez-le et secouez énergiquement pendant 5 à 10 secondes.

Filtrez et versez le mélange dans le verre à dégustation, sur des glaçons.

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21 08 15

Un ouvrage bienvenu…

Sans gluten.jpgTrès présent dans les ingrédients et dans les préparations culinaires, le gluten, on le sait, n’est pas assimilable par tout le monde, et cela ne va pas sans poser parfois de réelles difficultés d’alimentation.

Saluons donc la parution, aux Éditions Larousse dans la nouvelle collection « Cuisiner ! », d’un ouvrage collectif intitulé Sans gluten qui propose plus de 80 recettes gourmandes avec des pas à pas, des conseils pour choisir les bons produits et des astuces de professionnels, des recettes spécialement étudiées pour plaire à toute la famille, afin que manger sans gluten ne constitue plus un « régime à part ».

Elles conviennent pour tous les repas : 

Pour le petit déjeuner : brioches à la fleur d’oranger, pancakes aux myrtilles, pains au lait à la châtaigne et au chocolat, viennoiseries, biscottes, chouquettes, muesli, porridge...

À l’apéritif : crackers, gressins, muffins, tartines, blinis, fougasses, gougères, mini quiches...

En guise d’entrée : petites tartes aux girolles, mini-pizzas au pesto de chou kale et de potimarron, croquettes de quinoa et brocoli, samossas de poulet à la pomme, aux raisins et au curry, tempura de légumes croustillants…

En guise de plat : pâtes de riz au tofu et aux légumes, nuggets de poulet aux corn flakes, nouilles soba aux fèves, crevettes et coriandre, gnocchis de patate douce aux cinq parfums, tajine de poisson et semoule de millet, calamars frits, Flammenküche, burgers de porc et salade de chou...

Pour le dessert : tarte au chocolat, tarte au citron meringuée, carrot cake, far breton aux prunes, cobbler aux fruits rouges, gâteau au potiron et aux épices douces, crumble aux pommes et aux cranberries...

Pour le goûter : gâteau à l’orange, crêpes à la farine de riz, sablés aux pistaches et à la châtaigne, fondants au chocolat, brownies aux noix de pécan, chaussons à la confiture...

Pour le plaisir de toutes les pailles !

Bernard DELCORD

Sans gluten, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Cuisiner ! », mars 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 19 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,95 € (prix France)

Voici la recette d’une entrée à succès :

Financiers au parmesan

Pour 12 pièces

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 10 minutes

Ingrédients :

30 g de fécule de mais

100 g d'amandes en poudre

200 g de parmesan râpé

4 cuillers à café d'origan

100 g de beurre doux

6 blancs d'œufs

Sel

Recette :

Préchauffez le four à 200 'C (th. 6-7].

Mélangez la fécule, du sel, les amandes en poudre, le parmesan et l'origan.

Faites fondre le beurre et laissez- le cuire jusqu'à ce qu'il prenne une couleur noisette.

Incorporez le beurre noisette aux ingrédients secs, puis ajoutez les blancs d'œufs légèrement battus.

Mélangez doucement jusqu'à ce que la pâte soit lisse.

Versez à hauteur dans des moules à financiers en silicone et enfournez pour 10 minutes.

Laissez refroidir, puis démoulez les financiers.

À savoir :

Les amandes en poudre sont une excellente alternative à la farine de blé.

Très aromatiques, elles confèrent également plus de moelleux aux préparations.

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20 08 15

Après Diên Biên Phu…

Le Mal jaune.jpgNé le 5 septembre 1920 à Maisons-Alfort, Jean Pierre Lucien Osty, alias Jean Lartéguy, est décédé le 23 février 2011 à l'Hôtel des Invalides à Paris. Il fut, après une brève carrière militaire, auteur de livres, romancier (il publia une cinquantaine d'ouvrages, notamment sur l'Indochine et l'Algérie) et grand reporter pour Paris Match. Il reçut à ce titre le fameux prix Albert Londres en 1955.

Les Éditions des Presses de la Cité à Paris, qui republient ses textes les plus importants à raison d’un titre par an, après Les Centurions (1960), Les Mercenaires (1960) et Les Prétoriens (1961), ont ressorti Le Mal jaune (1962), un ouvrage prenant qui décrit la fin de la présence française en Indochine après les accords de Genève en 1954.

On y marche sur les traces de Jérôme, un journaliste spécialiste de l'Extrême-Orient, et d'autres Français, baroudeurs, militaires, correspondants étrangers, tous marqués par la défaite de Diên Biên Phu, à Hanoï, « ville métisse » qui devient une ville communiste, triste et puritaine à la fois, comme à Saigon qui devient « américaine » et affairiste.

Un beau roman nostalgique – dans la veine du cycle romanesque La Nuit indochinoise de Jean Hougron (1923-2001) couronné en 1953 par le Grand prix du roman de l'Académie française – sur le passé de l'Indochine française, mais lucide quant à son avenir…

Bernard DELCORD

Le Mal jaune par Jean Lartéguy, Paris, Presses de la Cité, novembre 2014, 414 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 21 € (prix France)

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12 08 15

Clercs obscurs...

Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide.gifDiplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, Zeev Sternhell (né en 1935) est professeur de science politique à l'université hébraïque de Jérusalem. Il est connu notamment comme spécialiste de la question de la montée et de la naissance du fascisme, en particulier de ses racines françaises. Selon lui, Georges Sorel et le cercle Proudhon sont à l'origine du corpus idéologique fasciste.

Zeev Sternhell est aussi l'un des membres fondateurs du mouvement israélien Shalom Akhchav, et il participe activement au débat politique en Israël, entre autres par ses contributions à la page « Opinions » du quotidien israélien Haaretz. Il a pris position contre le camp ultra-nationaliste en Israël et la colonisation et il prône un compromis de paix avec les Palestiniens.

Zeev Sternhell est lauréat – d'histoire générale et de sciences politiques – du prix Israël (le prix de l'État) pour ses travaux en sciences politiques.

En 2010, il a été élu à l'Académie israélienne des sciences et lettres.

Il est l’auteur de nombreux essais, parmi lesquels un ouvrage volumineux intitulé Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide publié en version princeps chez Fayard en 2006 et en poche par Gallimard en 2010, dans la collection « Folio » où il est toujours disponible.

Voici le résumé qu’il en a donné :

« Contre les Lumières et leurs valeurs universelles qui régissent encore les sociétés démocratiques, s'est dressée, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, une autre tradition.

Cette modernité se veut alternative et mène la guerre grâce à une argumentation rendue cohérente par le fait que tous ses partisans se lisent les uns les autres avec une grande attention et constituent son corpus.

Taine écrit sur Burke et Carlyle, Meinecke sur Burke et Herder, lequel, pour Renan, est le “penseur-roi”, Maistre suit Burke et il est lui-même suivi par Maurras, Sorel attaque les Lumières avec une hargne égale à celle de Maurras. Développant la pensée de Herder, Spengler forge le concept de l'imperméabilité des cultures ; poursuivant les analyses de Herder, Isaiah Berlin écrit sur Vico avec un ravissement semblable à celui de Croce. Subissant l'influence de Meinecke, il ajoute dans la seconde moitié du XXe siècle un maillon à la culture politique des anti-Lumières.

Preuve est donc faite que les maux contre lesquels ont combattu les Lumières sont de toutes les époques : pour éviter à l'homme du XXIe siècle de sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme, la vision prospective d'un individu maître de son présent, sinon de son avenir, demeure irremplaçable. »

Un fameux pavé… dans la mare des conservatismes !

Sommaire :

– Le choc des traditions

– Les fondements d'une autre modernité

– La révolte contre la raison et les droits naturels

– La culture politique des préjugés

– La loi de l'inégalité et la guerre a la démocratie

– Les fondements intellectuels du nationalisme

– Crise de civilisation, relativisme généralisé & mort des valeurs universelles au début du XXe siècle

– Les anti-Lumières de la guerre froide

Bernard DELCORD

Les anti-Lumières – Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide par Zeev Sternhell, édition revue et augmentée, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio Histoire », avril 2010, 944 pp. en noir et blanc au format 10,7 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)

11 08 15

Le Pollux du Castor…

Sartre.jpgFigure emblématique de la littérature et de la philosophie française de son temps, Jean-Paul Sartre (1905-1980) fut un penseur révolutionnaire dont l'œuvre et la personnalité ont marqué la vie intellectuelle et politique de la France de 1945 à la fin des années 1970.

Son œuvre comporte des essais et textes philosophiques majeurs, comme L'Être et le Néant (1943), L'existentialisme est un humanisme (1946), Réflexions sur la question juive (1946), Questions de méthode (1957) ou encore la Critique de la raison dialectique (1960), Situations (I, 1947, à X, 1976), mais aussi des textes littéraires : des nouvelles (Le Mur), des romans (La Nausée, Les Chemins de la liberté), des pièces de théâtre (Les Mouches, Huis clos, La Putain respectueuse, Le Diable et le Bon Dieu, Les Séquestrés d'Altona). Il a publié des études biographiques sur de nombreux artistes comme Le Tintoret, Mallarmé, Baudelaire, Faulkner ou Jean Genet, ainsi qu'une vaste étude sur Gustave Flaubert, L'Idiot de la famille (1971-1972). Un texte court, mais important est son étude autobiographique, Les Mots, qui évoque les onze premières années de sa vie.

Intransigeant et fidèle à ses idées, il a toujours rejeté les honneurs ; il a notamment refusé le prix Nobel de littérature en 1964. Exception notable, il a cependant accepté le titre de docteur honoris causa de l'Université de Jérusalem en 1976 [1].

Fort bien documenté quoique par trop hagiographique à notre goût (notre homme était souvent droit comme un « s » [2]…) et sobrement intitulé Sartre, un bel album de bandes dessinée retrace son engagement politique jusque 1964 [3], la genèse et l’impact de ses écrits, sa relation avec Simone de Beauvoir [4] et avec les maîtresses de celle-ci, la création du mouvement existentialiste, les rapports avec Paul Nizan, Albert Camus, Maurice Merleau-Ponty, Raymond Aron ou encore avec Boris Vian.

Un pan d’histoire turbulente de la vie culturelle française, quand elle était sous la férule péremptoire de l’« agité du bocal », comme disait Céline…

Bernard DELCORD

Sartre par Mathilde Ramadier & Anaïs Depommier, Bruxelles, Éditions Dargaud, mars 2015, 160 pp. en quadrichromie au format 21 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 17,95 €.


[2] Songeons ici à son attitude pour le moins trouble sous l’Occupation.

[3] D'abord en liaison avec le Parti communiste, puis avec des courants gauchistes dans les années 1970.

[4] Qu’il surnommait le Castor.

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11 08 15

Une exposition d’envergure

Heartbreak Hotel (affiche).jpg

C’est avec fierté que la Vanhaerents Art Collection annonce sa première grande exposition en dehors des frontières belges, intitulée Heartbreak Hotel.

Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre de la 56e Biennale de Venise, se déroulera du 6 mai au 15 septembre 2015 au Zuecca Project Space, une des institutions culturelles de premier plan à Venise.

Le fondateur de la collection, Walter Vanhaerents, qui fêtera cette année ses 70 ans, est le commissaire de cette prestigieuse exposition.

Comme c’était le cas des précédentes expositions de la Vanhaerents Art Collection, Heartbreak Hotel emprunte son titre directement à la musique pop.

Inspiré par les émouvantes paroles de la célèbre chanson d’Elvis Presley sortie en 1956, Walter Vanhaerents a sélectionné une quinzaine d’œuvres monumentales de la collection. Il a volontairement opté pour des œuvres évoquant l’ambiance ou l’esprit de cet incontournable classique du rock’ n-roll, possédant par ailleurs un attrait visuel, une présence physique et une stratification conceptuelle particuliers.

Conçu comme un dialogue entre des œuvres d’artistes de différentes générations et aux approches variées, Heartbreak Hotel traite de thèmes tels que la mélancolie, la souffrance physique et le martyre. L’exposition évoque des scènes de guerre historiques et des pratiques religieuses actuelles, qu’elle met en contraste avec un monde idyllique plein de palmiers ondulants, de clowns amusants et de dames du « beau monde ».

L’exposition aborde également le thème de la collection, lorsque celle-ci place le collectionneur impatient face à son rival, un imprévisible marchand à la silhouette diabolique,  et soulève la question suivante : lequel des deux finira par gagner ?

Heartbreak Hotel comprend des œuvres de Sam Falls, Katharina Fritsch, Matthew Day Jackson, Bruce Nauman, Ugo Rondinone, Markus Schinwald, Cindy Sherman, Yinka Shonibare, Lucien Smith, Nick van Woert, Joana Vasconcelos, Bill Viola et Andy Warhol.

Gerrie SOETAERT

 

Informations pratiques :

Heartbreak Hotel

Du 6 mai au 15 septembre 2015

Ouvert tous les jours de 10 à 18 heures ; fermé le mardi

Entrée gratuite

Zuecca Project Space, Giudecca

Fondamenta delle Zitelle 32 Venise (Italie)

www.zueccaprojectspace.com

Vaporetto stop ‘Zitelle’ (lines 2 and 4)

Vanhaerents Art Collection

Anneessensstraat 29, 1000 Brussels, Belgium

www.vanhaerentsartcollection.com

vincent@vanhaerentsartcollection.com

+32 2 511 50 77

 

Voici la photographie de quelques-unes des œuvres présentées :

 

Katharina FRITSCH

Née en 1956 à Essen (DE)

Vit et travaille à Düsseldorf (DE) 

Katharina Fritsch.jpg

Händler (marchand), 2001, polyester, peinture, 192 x 59 x 41 cm

© Katharina Fritsch / 2014 SABAM Belgium / Courtesy Matthew Marks Gallery

Photo © Nic Terwiggenhorn / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Matthew Day JACKSON

Né en 1974 à Los Angeles (USA)

Vit et travaille à New York 

Matthew Day Jackson - August 9, 1945 (2011).jpg

August 9, 1945, 2011, bois roussi sur panneau,

243,8 x 472,4 x 35,6 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Bruce NAUMAN

Né en 1941 à Fort Wayne (USA)

Vit et travaille à Galisteo (USA)

Bruce Nauman.jpg

Quatre parties de grands animaux, 1989, aluminium, fil de fer, métal tubé, 142 x 376 x 368 cm

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Ugo RONDINONE

Né en 1964 à Brunnen, (Suisse)

Vit et travaille à New York

Ugo Rondinone.jpg

If there were anywhere but desert 2, 2000 fibre de verre, peinture, vêtements, paillettes, couverture,

43 x 200 x 110 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Cindy SHERMAN

Née en 1954 à Glen Ridge (USA)

Vit et travaille à New York 

Cindy Sherman..jpg

Untitled #475, 2008, impression chromogénique, 219,4 x 181,16 cm, ed.6/6

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Lucien SMITH

Né en 1989 à Los Angeles (USA)

Vit et travaille à New York 

Lucien Smith.jpg

Stuck in a ditch under the pale moonlight. A dream I remember too well, 2014,

Huile sur canevas, 244 x 198 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Joana VASCONSELOS

Née en 1971 à Paris (France)

Vit et travaille à Lisbonne (Portugal)

Vasconcelos.jpg

Diane, 2013, statue, peinture acrylique, coton fait à la main,

210 x 50 x 60 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Bill VIOLA

Né en 1951 à New York (USA)

Vit et travaille à New York 

Bill Viola.jpg

Martyrs (terre), 2014, écran plasma couleur, 119,4 cm,

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

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11 08 15

« Si le rap excelle, le jazz en est l'étincelle. » (MC Solaar)

La Discothèque idéale du jazz.jpgMembre de l'Académie du jazz, Jean-Pierre Jackson est né en 1947. Ex-instituteur et autodidacte, éditeur, batteur de jazz, cinéaste, cinéphile, il a aussi écrit des livres sur le serial américain (Jayne Mansfield, Mizoguchi, Russ Meyer) et traduit des philosophes (Spinoza, Hume, Locke, Schopenhauer). Il collabore au magazine Classica et il a publié, chez Actes Sud, Charlie Parker (2005), Miles Davis (2007), Benny Goodman (2010) et Oscar Peterson (2012).

Il a aussi fait paraître chez le même éditeur La Discothèque idéale du jazz, dans laquelle il présente une sélection commentée d’extraits de l’œuvre des plus grands (Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Louis Armstrong, Bud Powell, Charlie Parker, Bill Evans, Duke Ellington, Ornette Coleman, Dizzy Gillespie ou encore Lester Young), mais aussi de « disques qui ont subi avec succès l'épreuve du temps, dont la fréquentation assidue, même récente, révèle à chaque écoute de nouvelles beautés » à l’instar de diverses productions de Keith Jarrett, Gerry Mulligan, Oscar Peterson, Erroll Garner, Wes Montgomery, Jelly Roll Morton, voire d’Enrico Pieranunzi ou Martial Solal, sans oublier les Belges Django Reinhardt et Toots Thielemans, tout en s'adressant plus particulièrement aux mélomanes attachés à la musique classique à qui il veut montrer les similitudes entre le répertoire qu’ils affectionnent et le jazz qu’il connaît sur le bout des doigts...

Un livre qui swingue !

Bernard DELCORD

La Discothèque idéale du jazzpar Jean-Pierre Jackson, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2015, 214 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 € (prix France)

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