04 01 15

Le génial galeriste des génies méconnus…

Mémoires du marchand des impressionnistes.jpgOuvrage indispensable pour les visiteurs de la belle exposition [1] qui lui est consacrée jusqu’au 8 février 2015 dans les murs du Musée du Luxembourg [2] à Paris, les Mémoires du marchand des impressionnistes de Paul Durand-Ruel (1831-1922), parus chez Flammarion, l’est aussi pour tous ceux que passionne l’histoire de l’art en France au XIXe siècle, s’agissant en particulier de l’œuvre de Camille Corot (1796-1875), d’Eugène Delacroix (1798-1863), d’Eugène Fromentin (1820-1876), d’Eugène Boudin (1824-1898), de Camille Pissarro (1830-1903), d’Édouard Manet (1832-1883), de James Whistler (1834-1903), d’Edgar Degas (1834-1917), d’Henri Fantin-Latour (1836-1904), de Paul Cézanne (1839-1878), d’Alfred Sisley (1839-1899), de Claude Monet (1840-1926), de Berthe Morisot (1841-1895), d’Auguste Renoir (1841-1919), de Mary Cassatt (1844-1926) ou de Gustave Caillebotte (1848-1894), excusez du peu !

Précurseur sur la scène internationale du marché de l’art – il a établi un réseau de galeries à Paris, Londres, Bruxelles et New York –, notre homme avait aussi le nez creux puisqu’il nourrit, défendit et promut les peintres de l’École de Barbizon puis les impressionnistes à l’époque où il était de bon ton de vilipender leurs œuvres, en conservant leurs toiles jusqu’à l’émergence du marché.

« Ma folie a été sagesse, a-t-il écrit. Dire que si j’étais mort à soixante ans, je mourais criblé de dettes et insolvable, parmi des trésors méconnus. »

Retraçant sa vie de 1831 à 1922, le livre est accompagné de plus de 60 illustrations (documents et œuvres), d’une sélection d'articles et de lettres, d'une liste de ses expositions (200 à Paris et 130 à New York), ainsi que d'une biographie chronologique.

Par ailleurs, l'ouvrage comporte un riche appareil analytique en annexe : Paul-Louis Durand-Ruel (son arrière-petit-fils) et Flavie Durand-Ruel (son arrière-arrière-petite-fille et nièce de Paul-Louis) ont identifié tous les personnages et artistes cités, ainsi que toutes les œuvres mentionnées en précisant leur localisation actuelle.

Bernard DELCORD

Mémoires du marchand des impressionnistes par Paul Durand-Ruel, texte établi, présenté et annoté par Paul-Louis Durand-Ruel & Flavie Durand-Ruel, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2014, 331 pp. en noir et blanc + 32 pp. de cahier photo en quadrichromie au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

Mémoires du marchand des impressionnistes (affiche expo).jpg


[1] http://museeduluxembourg.fr/expositions.

[2] Elle est organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais en collaboration avec le musée d’Orsay, la National Gallery de Londres et le Philadelphia Museum of Art et elle réunit quatre-vingts chefs-d’œuvre de l’impressionnisme en retraçant le moment où une avant-garde artistique accède à la reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand passionné.

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04 01 15

Un texte « dérangeant »…

L'affaire Simenon.jpgAlain De Preter est juriste de formation et il a exercé le métier d’avocat à Bruxelles pendant dix-sept ans. Depuis une dizaine d’années, il travaille en tant qu’éducateur dans un hôpital de jour pour adultes présentant des difficultés psychologiques. Il a également fait partie pendant plusieurs années de la Société belge de psychologie analytique C.G. Jung.

C’est dans le cadre de sa réorientation professionnelle (licence en sciences de la famille et de la sexualité à l’UCL) qu’il a rédigé L’affaire Simenon, un essai abondamment documenté paru aux Éditions Avant-propos à Waterloo, dans lequel il « se propose de répondre aux questions que la fille du romancier pose au sujet de son mal-être dans des écrits que son père a fait publier après son décès – Marie-Jo s’est suicidée le 20 mai 1978 à l’âge de 25 ans.

Dans ses Mémoires intimes, Georges Simenon [1] accuse sa seconde femme Denyse d’être responsable de la mort de leur fille et il prétend également que Marie-Jo lui aurait proposé d’avoir des rapports incestueux avec lui. Selon Alain De Preter, ces accusations ne résistent pas à un examen sommaire des faits qui révèle que Simenon entretenait une relation pour le moins ambiguë avec sa fille.

L’enquête change alors d’orientation et se focalise sur l’homme qui avait fait profession de raconter des histoires.

Qui était “Dad” ? À partir du concept de nécrophilie développé par Erich Fromm [2], l’auteur met au jour certains aspects de la personnalité de l’écrivain et donne sens à différents événements de la vie familiale qui, sans cela, restent incompréhensibles. La psychologie humaniste de Fromm permettrait également de comprendre comment – et selon quel processus – Simenon se serait rendu coupable de maltraitance envers les femmes de son entourage. »

La thèse se fonde donc sur les concepts de biophilie et de nécrophilie élaborés par Erich Fromm pour qui ils sont voisins des notions freudiennes de pulsion de vie et de pulsion de mort.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Voici ce qu’en a dit le professeur Yvon Pesqueux dans un cours donné en 2003 à l’Université Paris-IX Dauphine :

« En traitant le problème de la nécrophilie, Erich Fromm affirme que “la plupart des hommes possèdent en eux les deux types de tendances (biophilie et nécrophilie) à la fois, mais dans des proportions variées” [3], encore qu’il y ait des gens qui se vouent entièrement à la mort ou à la vie.

Littéralement, “nécrophilie” veut dire “amour des morts”, mais dans le cas de la perversion manifeste d’une tendance de l’amour de la mort, de détestation de la vie qui se rencontre chez un grand nombre de gens. Dans cette catégorie sont également rangées les personnes qui aiment raconter des histoires de maladie, de funérailles, etc.

Les traits distincts des personnes nécrophiles sont les suivants :

– Elles sont tournées vers le passé,

– Elles sont froides, distantes, fanatiques de la “loi et  de l’ordre”,

– Elles voient la force comme un moyen de détruire les autres.

Pour le biophile, l’humanité se divise en deux groupes contraires, le masculin et le féminin, tandis que pour le nécrophile, l’humanité se partage en deux “sexes”, les puissants et les impuissants. Le désir de manger un cadavre se rencontre chez ce type de gens en état inconscient, à savoir dans leurs rêves.

Dans la société moderne, l’individu porté à la nécrophilie aime tout ce qui est figé et mécanique. »

Une façon plutôt polémique, on en conviendra, de se pencher sur Georges Simenon à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son décès et de fournir des clés d’interprétation de son œuvre…

Bernard DELCORD

L’affaire Simenon par Alain De Preter, Waterloo, Éditions Avant-propos, octobre 2014, 383 pp. en noir et blanc au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée bicolore, 29,95 €


[1] 1903-1989.

[2] Erich Fromm (1900-1980) est un psychanalyste humaniste américain d'origine allemande. Il est, avec Theodor Adorno et Herbert Marcuse, entre autres, un des premiers représentants de l'École de Francfort. Il est également connu comme un sociologue marxiste ayant fait la conjonction de Karl Marx avec Sigmund Freud. Il a enseigné au Bennington College, à l'Université Columbia, puis à l'université du Michigan et à Yale. Il fut le chef de file de l'école culturaliste à Chicago avant de rejoindre le MRI (Mental Research Institute) de l'École de Palo Alto puis de fonder et diriger la Société Mexicaine de Psychanalyse en 1956 tout en enseignant à l'Université Nationale Autonome du Mexique. (Source : Wikipédia.)

[3] Erich Fromm, Le cœur de l’homme, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite Bibliothèque Payot », 2002, p. 47.

04 01 15

Un roman magistral

Derrière la colline.jpgParu chez Belfond à Paris en 2000, Derrière la colline de Xavier Hanotte (né en 1960) a été réédité dans la collection nationale belge « Espace Nord » à Bruxelles, ce qui met durablement ce roman exceptionnel à la disposition du public, et ce n’est que justice.

L’ouvrage a pour cadre la bataille de la Somme durant la Première Guerre mondiale et, comme l’a fort bien résumé Carmelo Virone sur le site de la Promotion des Lettres [1], il « met en scène un jeune lettré anglais du nom de Nigel Parsons, poète à ses heures sous le pseudonyme de Nicholas Parry, qui vient de se voir refuser la place d'enseignant qu'il postulait.

Poussé par un dépit amoureux et par le militarisme ambiant (l'Angleterre doit voler au secours de la Belgique, dont la neutralité vient d'être violée), il va s'engager dans l'armée en même temps que William, un jardinier avec qui il s'est lié d'amitié. Nous vivrons avec eux les heures glauques de l'attente, dans les tranchées boueuses infestées par les rats et les poux ; nous sui­vrons sur leurs pas les moments d'horreur de la bataille, en ce jour chaotique et funeste du 1er juillet 1916 où 40 000 soldats anglais alignés comme à la parade moururent sous les feux allemands.

Entre Nigel et William, entre l'homme de lettres et celui de la terre, s'est glissé un miroir infidèle, qui renvoie à chacun son image inversée : doubles, jumeaux, frères, amis, différents par la naissance et le destin. L'un périra au combat, l'autre cultivera la mémoire du disparu ».

L’histoire commence d’ailleurs le 30 juin 1948 et, si elle constitue un flash-back apparemment classique, elle est aussi une interrogation sur la restitution des événements non seulement à travers les filtres de la mémoire, mais aussi par le biais des techniques du récit –extraordinairement maîtrisées par l’auteur – qui mènent le lecteur au cœur d’un monde illusoire dont les forces sont supérieures à celles de l’univers réel.

Il s’agit là de ce que le fameux critique français Edmond Jaloux (1878-1949) avait baptisé en 1931 du nom de « réalisme magique » dans les colonnes de l’influent quotidien parisien Le Temps s’agissant d’un autre roman belge dont l’action est située durant la Grande Guerre, Handji de Robert Poulet (1893-1989), avec lequel Derrière la colline présente, mutatis mutandis, bien des similitudes.

Un véritable tour de force littéraire !

Bernard DELCORD

Derrière la colline par Xavier Hanotte, postface de Jérôme Duhamel, Bruxelles, Éditions Les Impressions Nouvelles, collection « Espace Nord », novembre 2014, 399 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €



[1] http://www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.php?id=derrierelacollinehanotte.

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03 01 15

Consommateurs d’école…

Mots d'excuse – L'intégrale.jpgAncien directeur d’école en banlieue parisienne et en province devenu principal d’un collège, Patrice Romain a connu un beau succès éditorial en faisant paraître en 2010 chez François Bourin à Paris un florilège de sa vaste collection de mots d’excuse hilarants rédigés par des parents diversement inspirés.

Il remet ça chez Michel Lafon avec Mots d'excuse – L'intégrale qui rassemble, dans le respect de leur orthographe souvent déficiente, vingt années de correspondances hautes en couleur faisant état de protestations de parents, d’embrouilles entre élèves, de difficultés scolaires, de contestations de notes et de punitions ainsi que de justifications de retards et d’absences.

Exemples :

Madame, Je m'excuse pour le retard a Tatiana parce qu'hier matin avec les gosses qui gueulaient et le chien qui dégueulait c'était carrément le bordel à la maison.

Madame, Il est or de question que mon fils vient en cour de soutien en français. Il est pas fou. En revoir.

Madame, Vous voulez que j’achète la photo de classe de ma fille ? Non mais vous avez vu la tête des autres ? Alors c’est non merci ! Cordialement.

Madame, Je comprend rien aux groupes que vous avez fait en classe. Mike me dit qu’il y a les guépards, les girafes, les éléphants et les tortues. On est pas en afrique !

Monsieur, A cause de vous mon fils est grave trop matisé.

Madame, Franchement que Yannick est D en musique on sans fout. Il sera jamais un Picasso et alors ?

Et pourquoi c’est toujours mon fils qui est puni ? Et les autres alors ? Chacun son tour un peu !

Merci que Ronnie et Mike y sarrête d’emmerdé mon fils sinon sa va chié. Merci madame.

Madame, Kevin a un cocar mais cette fois c’est pas moi parce que j’avais rien bu. Il s’est bagaré au foot avec un autre. Alors prévenez pas la police SVP j’ai rien fait. Merci.

Monsieur, Ca vous va bien de criyé sur mon fils mais je vous signale qui ya des anciens eleves a vous qui vendes du shit dans le hall de mon imeuble. Alors, Vous dites rien ?

Monsieur, Moi, je n’ai pas choisi d’être professeur. C’est donc à vous de trouver les arguments nécessaires pour que Germain fasse ses devoirs. Merci et bonne chance.

Monsieur, Si vous voulez que mon fils fasse ses devoirs, donnez lui des exercices plus faciles et il les fera. Il suffit d’y penser, c’est pas plus compliqué.

En effet !

Bernard DELCORD

Mots d'excuse – L'intégrale par Patrice Romain, Paris, Éditions Michel Lafon, septembre 2014, 266 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,95 € (prix France)

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03 01 15

« Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. » (Winston Churchill)

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 .jpgToujours fort bien inspirée par le fameux gourou de l’édition française Jean-Claude Zylberstein, la maison Tallandier à Paris poursuit la réédition des souvenirs de Winston Churchill (1874-1965) par la publication de ses Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 qui constituent le second volume [1] d'un témoignage irremplaçable sur les coulisses britanniques du premier conflit mondial et sur le déroulement des événements jusqu'en novembre 1918.

Voici ce qu’en dit l'éditeur :

« Ce second volume des Mémoires de la Grande Guerre s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916.

Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final. Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur.

On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. »

Ce dernier s’avérant d’ailleurs, dans la bouche de Sir Winston, une arme de destruction massive d’une efficacité redoutable…

Bernard DELCORD

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 par Winston Churchill, préface de François Kersaudy, traduction révisée et annotée par Antoine Capet, Paris, Éditions Tallandier, août 2014, 597 pp. en noir et blanc au format 16,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)


[1] Le premier s’intitule Mémoires de la Grande Guerre 1911-1915.

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02 01 15

Polars de grande classe…

Les Éditions Omnibus à Paris ont fait paraître simultanément six classiques du roman policier anglo-saxon dans une collection de poche (« Bibliomnibus ») particulièrement séduisante, y compris par son prix de vente.

Laura par Vera Caspary.jpg

– Le premier d’entre eux, rédigé par l’Américaine Vera Caspary (1899-1987), intitulé Laura et paru en 1942, a inspiré au cinéma en 1944 le chef-d’œuvre éponyme d’Otto Preminger avec Gene Tierney dans le rôle-titre.

En voici la trame, fournie par l’éditeur (comme les suivantes, d’ailleurs) :

Qui a tué Laura ? Et qui était-elle ? Intrigué, puis bientôt fasciné par l'obsédante image de la jeune femme, l'inspecteur MacPherson tombe sous le charme de l'absente. Absente, vraiment ? Les coups de théâtre et les rebondissements s'enchaînent dans cette impeccable intrigue policière doublée d'un troublant chant d'amour.

Le Cas de l'inspecteur Queen.jpg

– Sous le nom d'Ellery Queen se cachent deux Américains, Frederic Dannay (1905-1982) et son cousin Manfred Lee (1905-1971). Leur personnage fétiche, Ellery Queen, apparaît dès 1929 dans leur premier roman, Le Mystère du chapeau de soie, et il sera le héros de trente-trois romans et de nombreuses nouvelles jusqu'en 1971. Leur œuvre a suivi l'évolution du roman policier : du roman d'énigme dans la grande tradition anglaise de leurs débuts, ils passent dès 1940 à des récits où la psychologie prend une plus grande part.

Dans Le Cas de l’inspecteur Queen, Richard Queen, jeune retraité de la police en villégiature chez un ancien collègue, s'ennuie ferme, quand, un beau jour, dans le voisinage, le bébé tout juste adopté par un couple de milliardaires meurt soudainement. Accident, concluent les enquêteurs. Alerté par la nurse qui avait la garde de l'enfant, Richard Queen, pour une fois sans l'aide de son fils Ellery, soupçonne un meurtre. Mais qui peut vouloir la mort d'un nourrisson ?

J'aurai ta peau .jpg

– Mickey Spillane (1918-2006) fit une entrée remarquée dans le monde du roman policier en 1947 avec J'aurai ta peau (“I, the jury”) qui rencontra un succès exceptionnel dans le monde entier et dans lequel apparaissait Mike Hammer, héros de treize romans jusqu'en 1996.

Ses qualités de narrateur, de dialoguiste et le rythme impeccable de ses romans ont valu à Mickey Spillane le titre de « Grand Maître » décerné par les Mystery Writers of America en 1995.

Détective privé brutal, cynique – et un brin romantique –, Mike Hammer mène en solitaire et sans états d'âmes les enquêtes trépidantes qui ont fait de lui une des figures légendaires de la littérature policière. Pour parvenir à ses fins, il ne s'embarrasse guère de scrupules. Coups fourrés et trahisons se succèdent dans J’aurai ta peau, l’histoire d’une vengeance, qui allait propulser Mickey Spillane et son dur à cuire de héros au premier plan de la scène, position qu'ils n'allaient plus quitter. Le texte est suivi d’une nouvelle, Rich Thurber, l'histoire d'une prise d'otage, qui n’a pas rééditée depuis le début des années 1970.

Jungle urbaine.jpg

– Dashiell Hammett (1894-1961) est le père du roman noir américain. Fort de son expérience de détective à l'agence Pinkerton, il a révolutionné le récit policier en créant la figure du privé dans un style épuré, sec, visuel et très novateur. Ses romans Le Faucon maltais, La Clé de verre ou L'Introuvable sont des classiques de la littérature et Sam Spade, immortalisé à l'écran par Humphrey Bogart, reste l'archétype du détective privé affrontant la grande ville et ses corruptions.

Les trois longues nouvelles rassemblées dans Jungle urbaine en montrent chacune une facette différente : une cité fantôme fondée par la pègre dans « Cauchemar ville » (1924), une petite bourgade du Sud profond sous la coupe d'une bande de malfrats dans « Un petit coin tranquille » (1925), le Chinatown de San Francisco et ses mystères dans « Crime en jaune » (1925).

Une plongée dans l'Amérique des années 1920, alors que règne la Prohibition et que le crime organisé accentue sa mainmise.

La sagesse du Père Brown.jpg

– Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est une figure majeure de la littérature anglaise, auteur d'une œuvre prolifique d'essayiste, de biographe et de romancier. Nul mieux que lui n'a su manier le paradoxe avec des ouvrages comme Le Nommé jeudi, et les enquêtes du Père Brown. Il fut en 1928 le premier président du Detective Club, association regroupant des auteurs de romans policiers (dont Agatha Christie, la baronne Orczy, Dorothy Sayers ou encore John Dickson Carr).

Prêtre catholique d'une petite paroisse de l'Essex, le Père Brown ne paie vraiment pas de mine. Son apparence banale, voire ridicule, abrite un cerveau exceptionnel aux procédés aussi déroutants que géniaux. En prenant le contre-pied des méthodes d'investigation classiques, il agit à rebours du sens commun : son comportement est incohérent, ses propos décousus, des digressions insensées. Et pourtant, sa logique déconcertante aura raison des énigmes criminelles les plus obscures.

La sagesse du Père Brown réunit douze enquêtes [1] particulièrement exemplaires du savoir-faire de l’auteur… et de son héros.

Psychanalyse d’un crime.jpg

– Nicolas Freeling (1927-2003) se présente lui-même comme « le plus européen des écrivains anglais ». Chef cuisinier dans sa jeunesse, il sillonne le continent. C'est dans une prison néerlandaise où il est incarcéré à la suite d'une erreur judiciaire qu'il entreprend la rédaction de la première enquête de l'inspecteur Van der Valk, de la police d'Amsterdam, son personnage fétiche.

Dans Psychanalyse d’un crime, suite à une lettre à peine anonyme d'un respectable banquier, celui-ci enquête sur la mort suspecte d'un peintre minable et authentique maître chanteur. L'accusé ? Un non moins respectable neurologue, avec lequel il va entreprendre un étonnant dialogue...

Curieux, patient, obstiné, Van der Valk a pu être comparé à un Maigret hollandais, mais un Maigret mâtiné de Philip Marlowe pour sa décontraction et son humour parfois sarcastique.

Une collection d’ouvrages noirs riche d’une belle moisson de surprises !

Bernard DELCORD

Vera par Laura Caspary, traduction de Jacques Papy, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 203 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Le Cas de l’inspecteur Queen par Hellery Queen, traduction de Simone Lechevrel, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 192 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

J’aurai ta peau suivi de Rich Thurber par Mickey Spillane, traduction de Gilles Maurice Dumoulin, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 198 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Jungle urbaine par Dashiell Hammett, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 198 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

La sagesse du Père Brown par Gilbert-Keith Chesterton, traductions de Dominique Haas et Gabriel Repettati, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 208 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)

Psychanalyse d’un crime par Nicolas Freeling, traduction de Paul Verguin, Paris, Éditions Omnibus, collection « Bibliomnibus », avril 2014, 203 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 9 € (prix France)


[1] L’absence de Mr Glass, Le Paradis des Voleurs, Le duel du docteur Hirsch, L’homme dans le passage, L’erreur de la machine, La tête de César, La perruque pourpre, La perdition des Pendragon, Le dieu des gongs, La salade du colonel Cray, L’étrange crime de John Boulnois, Le conte de fées du Père Brown.

02 01 15

Nostalgie culinaire...

Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990.jpgParu en version club aux Éditions France Loisirs (le texte princeps est chez Solar à Paris), le joli recueil de Martine Lizambard intitulé Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990 retrace 50 ans d'histoire culinaire en rassemblant 77 préparations qui, nées d’une mode, d’une révolution technologique ou de l’intérêt émergent pour la gastronomie, ont marqué leur époque.

Pour chaque décennie, elle montre en images l'ambiance de l'époque, elle fournit les dates clés de la grande distribution et des progrès de l’électroménager, elle compare l’évolution des prix moyens de 9 produits par décennie (en francs français et en euros), elle décrit les innovations techniques, elle évoque l’évolution de la consommation des produits alimentaires de base (en kilos ou litres par an et par habitant de l’Hexagone), elle rappelle les tendances du goût et elle donne les recettes en vogue devenues emblématiques.

Celles-ci vont du soufflé au fromage au chou farci des années 1950 à la salade de chèvre chaud et au chili con carne des années 1990 en passant par la blanquette et le baba au rhum des 60's, les bouchées à la reine le steak au poivre des 70's ou le rôti de dindonneau en cocotte et le banana split des 80’s. [1]

Un savoureux recul dans le passé !

Bernard DELCORD

Les recettes culte des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990 par Martine Lizambard, Paris, Éditions France Loisirs, septembre 2014, 96 pp. en quadrichromie au format 22 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,95 € (prix France)

Voici une recette d’entrée des années 1970, toujours au goût du jour :

Foie gras poêlé aux raisins

 Dans le Sud-Ouest, région phare de la production de foie gras, c’est souvent le plat des grandes fêtes familiales. Dans les années 1970, André Daguin a popularisé le canard gras et l’ensemble de ses préparations dans tout l’hexagone. Et l’on commence à poêler le foie gras partout…

Pour 4 à 6 personnes

Préparation : 30 minutes

Cuisson : 2 à 3 minutes + 10 minutes

Ingrédients :

500 g de foie de canard cru, dénervé

500 g de raisin blanc à gros grains

1 cuiller à soupe de farine

2 cuillers à soupe d’armagnac

15 cl de porto, de Maury ou de vin blanc doux

Sel et poivre du moulin

Recette :

Rincez le raisin à l’eau fraîche.

Égrappez-le.

Pressez ¼ des raisins et réservez le jus.

Pelez les autres, un à un, et retirez les pépins avec la pointe fine d’un couteau.

Étalez la farine dans une petite assiette avec un peu de sel et de poivre.

Tranchez le foie gras en biais, en 4 escalopes de même épaisseur.

Enrobez-les de farine puis tapotez-les pour en retirer l’excédent.

Faites cuire les escalopes 30 secondes à 1 minute sur chaque face dans une poêle antiadhésive bien chaude, à feu vif.

Retirez-les de la poêle, posez-les sur du papier absorbant et réservez-les au chaud.

Jetez un peu de la graisse de cuisson pour n’en laisser que l’équivalent de 2 cuillerées à soupe.

Laissez la poêle sur le feu, versez l’armagnac et flambez.

Ajoutez le vin et le jus des raisins, puis laissez mijoter doucement pendant 5 minutes environ pour que le liquide réduise de 1/4 et devienne onctueux.

Ajoutez les grains de raisin pelés et réchauffez-les 2 minutes.

Goûtez et rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre.

Servez les escalopes sur des assiettes chaudes, nappez-les de sauce et répartissez les grains de raisin autour.

Conseil :

Accompagnez de quartiers de pomme poêlés au beurre.

Astuce :

Les plus gros foies fondent plus que les petits. Ne dépassez pas 500 g pour un foie de canard cru.


[1] Années 1950 : Soufflé au fromage, Clafoutis, Soupe de légumes, Œufs en gelée, Pain de jambon, Pâté de campagne, Chou farci, Boudins noirs à la purée, Boudins blancs aux deux pommes, Bœuf bourguignon, Côtes de porc sauce charcutière, Pommes au four, Compote de pommes, Flan parisien, Riz au lait, Beignets de pommes et de bananes, Diplomate aux fruits confits.

Années 1960 : Œufs mimosa, Quiche lorraine, Gigot en croûte, Filet de bœuf rôti, Truites aux amandes, Blanquette de veau, Paupiettes de veau, Gibelotte de lapin, Baba au rhum, Gâteau thé brun® au café, Crêpes du goûter, Pain perdu, Biscuit roulé à la confiture, Bûche de Noël.

Années 1970 : Bouchées à la reine, Soupe de poisson, Plateau d'huîtres, Poêlée de gambas, Moules marinières, Foie gras poêlé aux raisins, Canard à l'orange, Confits de canard, pommes sarladaises, Magrets poêlés, Fondue bourguignonne, Steaks au poivre, Entrecôtes à la bordelaise, Escalopes panées, Saumon à l'oseille, Œufs à la neige, Pêches Melba, Gâteau de semoule aux raisins, Mousse au chocolat, Clafoutis.

Années 1980 : Cocktail d'avocats au crabe, Pamplemousses farcis au thon, Terrine de poissons, Rôti de dindonneau en cocotte, Escalopes de veau à la crème, Navarin printanier, Souris d'agneau en cocotte, Poêlée de Saint-Jacques, Tarte au citron meringuée, Tarte Tatin, Gâteau au yaourt fourré au Nutella®, Gâteau des enfants, Banana split, Tiramisu.

Années 1990 : Salade de chèvre chaud, Salade landaise, Carpaccio, Tartare de thon au basilic et aux câpres, Gaspacho andalou, Sorbet à la tomate, Papillote de saumon aux poireaux, Porc à l'ananas, Chili con carne, Crèmes brûlées, Verrines crémeuses aux fruits rouges, Sorbet aux fruits, Crumble pommes-framboises.

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28 12 14

Mort, où est ta victoire ?

On est encore aujourd'hui.jpgUne femme. Un homme. Une rencontre. La complicité autour de l’amour du cinéma. Les films. L’amitié. Le partage des idées. La compréhension de l’autre. La découverte de l’âme. La mort de l’homme. Les rituels. La tristesse. L’espoir ?

Un roman formidable !

Bernard DELCORD

On est encore aujourd'hui par Véronique Janzyk, Bruxelles, Onlit Éditions, octobre 2014, 115 pp. en noir et blanc au format 11,8 x 19,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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28 12 14

In the mood of Maigret…

6 enquêtes de Maigret.JPGArtiste prolifique, l’illustrateur et bédéiste français Loustal excelle à reproduire graphiquement la fameuse « atmosphère Simenon » si caractéristique de l’œuvre du romancier liégeois.

Une preuve en est donnée dans 6 enquêtes de Maigret, un recueil de nouvelles publié aux Éditions Omnibus à Paris, qui regroupe des textes ponctués de dessins en noir et blanc où se retrouvent les fameuses ambiances plombées au cœur des investigations menées par l’enquêteur à la pipe.

En voici les résumés [1] :

Le client le plus obstiné du monde (1947) : Joseph, garçon au Café des Ministères, voit débarquer à huit heures dix du matin un client d'allure quelconque, mais qui va se révéler obstiné : en effet, il va rester pendant des heures assis dans le café, se contentant de consommer des cafés au lait. À trois heures de l'après-midi, il est toujours installé à la même place, et Joseph décide de faire appel à l'inspecteur Janvier.

On ne tue pas les pauvres types (1947) : L'intrigue se déroule en France, à Paris. Un jour d'été, Maigret est appelé dans un logement banal de la rue des Dames : un homme à l'allure tout ce qu'il y a de plus quelconque était en train de se déshabiller devant la fenêtre ouverte quand il a été abattu d'un coup de carabine. Pour quelle raison a-t-on bien pu tuer ce « pauvre type » qui menait une petite vie tranquille et médiocre ?

Menaces de mort (1942) : Un certain Émile Grosbois, un millionnaire enrichi dans le commerce de ferraille, a reçu des lettres de menaces de mort. Il vient demander l'aide de la PJ, et il invite Maigret à passer le week-end dans sa maison de campagne. Maigret accepte de s'occuper de l'affaire, et découvre une étrange famille : le frère jumeau de Grosbois, et ses neveux et nièces. Tous semblent bien intéressés à l'héritage de la fortune Grosbois…

6 enquêtes de Maigret (dessin).jpg 

Maigret et l'inspecteur Malgracieux (1947) : Un soir, au standard de Police-Secours, Maigret, qui attend un coup de téléphone, est venu tenir compagnie à son neveu. Une pastille s'allume sur le grand plan de Paris qui couvre tout un mur de la salle : quelqu'un vient de briser la vitre de l'appareil de secours placé à l'angle de la rue Caulaincourt et de la rue Lamarck. Or, on entend une détonation, puis une voix qui lance une injure contre la police. Maigret se souvient alors qu'un même fait s'était produit six mois plus tôt, et le commissaire, frappé de la coïncidence, se rend sur les lieux.

Le témoignage de l'enfant de chœur (1947) : L'action se déroule entièrement dans une petite ville de province. Le commissaire Maigret a été enfant de chœur. Cette expérience va lui permettre de comprendre pourquoi Justin, un jeune garçon, enfant de chœur lui aussi, s'est permis de révéler à la police l'existence d'un crime sans dire toute la vérité.

Ceux du Grand Café (1938) : Maigret, à la retraite dans sa maison de Meung-sur-Loire, est un peu désœuvré. Pour occuper ses journées, il prend l'habitude de jouer aux cartes avec les habitués du Grand-Café. L'ex-commissaire s'enlise dans sa vie de rentier, jusqu'au jour où un drame bouleverse la petite ville : un des partenaires de jeu est retrouvé au volant de sa camionnette, une balle dans la poitrine.

De la belle ouvrage dans un bien bel ouvrage !

Bernard DELCORD

6 enquêtes de Maigret illustrées par Loustal par Georges Simenon, Paris, Éditions Omnibus, août 2014, 623 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 26 € (prix France)


[1] Source : Wukipédia.

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28 12 14

A Wonderful Story!

Légendes par Brice Depasse.jpgRéalisateur et narrateur de La Story (depuis 2001) et de Pop Culture (depuis 2010), les chroniques phares qui font un tabac auprès des auditeurs de Nostalgie, Brice Depasse a, dans ce cadre, eu l’occasion de faire d’innombrables rencontres marquantes autant que passionnantes.

Désireux de les partager avec son public, il a fait paraître récemment aux Éditions Lamiroy à Bruxelles un fort sympathique ouvrage intitulé Légendes – 50 ans de Story dans lequel il mêle, de 1962 à 2014, annales d’histoire musicale et récit de vie personnelle…

Un patchwork tissé autour des Rolling Stones, des Beatles, de Walt Disney, de La Grande Vadrouille, de Jerry Lewis, des Wallace Collection, de la pochette d’Abbey Road, de David Bowie, Michel Polnareff, 10cc, Maurane, Plastic Bertrand, Lou Deprijk, Le Seigneur des Anneaux, de l’assassinat de John Lennon, des radios libres, de Michel Sardou, des Clash, d’Elton John, Gilbert Montagné, du Grand Jojo, de U2, Mylène Farmer, La Danse des Canards, Benny B, des Scorpions, de Michael Jackson, Quentin Tarentino, Patrick Bruel, Frédéric François, Eddy Mitchell, Antoine de Caunes, Jean-Pierre Castaldi, Henri Salvador, Ozark Henry, Michel Fugain, des Simple Minds, de Bob Marley, Larry Schiller, Daniel Auteuil, Sttellla, des frères Jackson, des Blues Brothers…

Brice “The Nice”, en quelque sorte !

Bernard DELCORD

Légendes – 50 ans de Story par Brice Depasse, préface de Marc Vossen, postface de Joël Habay, Bruxelles, Éditions Lamiroy, décembre 2014, 179 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €