06 06 14

Cuisine d'hier...

Histoires de cuisines et trésors des fourneaux.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 06/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Dans ses Histoires de cuisines et trésors des fourneaux (Paris, Éditions Larousse) superbement illustrées, l'historienne du goût Madeleine Ferrières a rassemblé, glanés de dictionnaires médicaux en traités d'agriculture, 200 textes culinaires inédits, mais aussi des recettes et des descriptions de plats ou d’ingrédients racontant ce que mangeait le peuple français entre le XVIe et le XIXe siècle, de François 1er à Napoléon III.

Désuètes, singulières ou franchement improbables, ces préparations oscillent entre anchois et baleine, bouillon d'os et cabot, coliques et haricot, marsouin et lézard, pain de cervelle et poule d'Inde, tortue et vierge, aux côtés de curiosités culinaires comme le rôti de chat ou le boudin de sang humain ainsi que des grands classiques que deviendront la sauce tomate, le bœuf miroton, la choucroute, le haricot de mouton ou les œufs de Pâques..

Avis aux amateurs de surprises du chef !

Bernard DELCORD

Histoires de cuisines et trésors des fourneaux par Madeleine Ferrières, Paris, Éditions Larousse, octobre 2008, 192 pp. en quadrichromie au format 23 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

Voici une recette de dessert proposée en l'An III par Mme Mérigot dans La Cuisinière républicaine :

Pour faire des pets

Ingrédients :

Pommes de terre, beurre, eau de fleur d'oranger, sucre, eau, œufs, huile, sucre, sel

Recette :

Mettez cuire des pommes de terre clans l'eau après les avoir pelées et laissées ressuyer ; mettez-les en pâte, en les pilant très longtemps ; mettez la pâte dans une casserole, avec du beurre gros comme un œuf, de l'eau de fleur d'orange plein une cuiller a café, un peu de sucre, un peu de sel, un grand demi-setier d'eau ; faites bouillir le tout ensemble un moment, faites une pâte bien liée et bien épaisse, en remuant toujours jusqu'à ce qu'elle s'attache a la casserole ; pour lors vous la mettrez promptement dans une autre casserole et vous y délayerez quelques œufs, jusqu'à ce que votre pâte devienne molle sans être claire ; faites des petits tas de pâte de la grosseur d'une noix ; mettez-les dans la friture, plus qu'à moitié chaude, en remuant sans cesse, quand ils seront bien montés et de belle couleur, servez chaudement après les avoir poudrés de sucre fin.

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01 06 14

Au pays des dentelles de pierre...

La Picardie gothique.jpgDans La Picardie gothique, un joli guide orné de 170 photos en couleurs paru à Rennes aux Éditions Ouest-France, l'historien amiénois Xavier Bailly mène le lecteur à la découverte d'une quarantaine de joyaux médiévaux de l'architecture religieuse, civile et militaire en le faisant cheminer d'Abbeville à Rambures, d'Amiens à Folleville, de Beauvais à Fontaine-Chaalis, de Compiègne à Maignelay, de Saint-Quentin à Chiry-Ourscamp, de Soissons à Essômes-sur-Marne et de Laon à Braine.

Des itinéraires d'une rare richesse permettant d'admirer des cathédrales, des collégiales, des basiliques, des abbayes, des églises, des chapelles, des châteaux, des forteresses, des donjons, des enceintes fortifiées, des portes, des hôtels de ville et des beffrois jusque dans le détail de leur conception et de leur ornementation.

Les propos du cicérone sont très documentés et parfaitement limpides, les illustrations soutiennent la compréhension de l'exposé et l'objet final est constitué d'un beau petit livre méritant de figurer dans la bibliothèque de tout médiéviste, qu'il soit amateur ou professionnel !

Bernard DELCORD

La Picardie gothique par Xavier Bailly, photographies d'Hervé Ronné, Rennes, Éditions Ouest-France, collection « Itinéraires de découverte », mars 2014, 120 pp. en quadrichromie au format 16 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 14,90 € (prix France)

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01 06 14

« Les animaux se repaissent ; l'homme mange. L’homme d’esprit seul sait manger. » (Anthelme Brillat-Savarin)

Les enfants, à table.jpgFort d'une expérience de plus de 50 000 consultations, le médecin-nutritionniste français Patrick Serog explique dans Les enfants, à table ! (chez Flammarion à Paris) que l'éveil du goût commence in utero et que « les habitudes alimentaires, bonnes ou mauvaises, s'acquièrent avec le temps. Le milieu dans lequel l'enfant évolue, l'attention portée et le temps consacré aux repas, la tradition gastronomique familiale, les rituels propres au foyer, sont autant d'éléments qui influencent au premier chef les pratiques alimentaires d'un individu durant son enfance bien sûr, mais aussi plus tard, à l'âge adulte ».

Aussi l'auteur souhaite-t-il que les parents transmettent à leurs enfants leur propre culture alimentaire – du moins si elle est bonne – de la mère à l'enfant, bien entendu, mais aussi en passant par tous les membres d'une famille, même recomposée, sans oublier les camarades de classe...

Car manger en famille réduit les risques d'obésité, tandis que l'adolescence, contrairement aux idées reçues, est une période propice à la perte de poids, ce qui fait qu'il peut s'avérer bon de lutter subtilement contre la néophobie alimentaire des plus jeunes et de déculpabiliser les ados en les laissant manger du ketchup et de la pizza, pour autant que certains équilibres soient maintenus.

L'ouvrage fait partager les clés d'un héritage alimentaire réussi et propose aux parents, pour que les filles et les garçons d'aujourd'hui sachent comment se nourrir sainement plus tard, d'expérimenter avec eux des conseils les aidant à inventer leurs propres rituels, leur permettant de cuisiner ensemble et leur montrant comment enseigner à ces générations futures l'art de bien faire les courses et de dresser une belle table...

En vue de mieux transmettre ce que nous aimons et ce que nous sommes vraiment !, conclut le docteur Serog. Il a mille fois raison...

Bernard DELCORD

Les enfants, à table ! par le docteur Patrick Serog en collaboration avec Sylvie Perez, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2012, 252 pp. en noir et blanc au format 15 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage intelligemment pédagogique les quelques conseils suivants :

Chaque chose en son temps : quelques repères pour une bonne diversification alimentaire

Les aliments sont classés par ordre alphabétique.

Abats : à partir de 5 mois (très riches en protéines et en fer).

Barres de céréales : pas avant 4 ans.

Biscottes : à partir de 3 ans.

Céréales infantiles : à partir de 4 mois.

Céréales de type corn flakes : à partir d'1 an.

Charcuteries (hors jambon) : à partir de 2 ans.

Chocolat : à partir de 18 mois.

Crèmes dessert : à partir de 3 ans.

Crudités : à partir de 18 mois.

Frites : à partir d'1 an.

Fromages à pâte dure (comté, emmental) : à partir de 8 mois.

Cancoillotte pasteurisée (c'est un excellent fromage qui contient très peu de matières grasses), mozzarella pasteurisée, Vache qui rit, Babybel, Kiri, P'tit Louis : à partir de 7 mois.

Fromages gras (roquefort, double-crème, reblochon, bleu) : vers 8 mois.

Fromages au lait cru (camembert, vacherin, brie, coulommiers, saint-marcellin) : pas avant 1 an.

Fruits écrasés, compotes et petits pots : à partir de 4 mois, sauf fraises (6 mois).

Fruits secs (pruneaux, figues, dattes, abricots secs) : à partir de 2 ans.

Fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes, cacahuètes) : pas avant 5 ans.

Glaces et sorbets, gâteaux : à partir de 2 ans.

Jus de fruits : à partir de 4 mois.

Légumes frais ou surgelés sans nitrates : à partir de 4 mois, sauf betterave rouge (5 mois), chou-fleur (1 an), chou, salsifis, topinambours, oseille (18 mois).

Légumes secs (lentilles, pois, haricots blancs) : à partir de 15 mois.

Légumes en conserves : à partir d'1 an.

Matières grasses : à partir de 4 mois.

Œuf : à partir de six mois, d'abord dur, puis mollet, puis coque. Omelette et œuf au plat : vers 15 mois.

Poisson : à partir de 4 à 6 mois.

Viandes : à partir de 4 à 6 mois.

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01 06 14

« On atteint plus vite le ciel en partant d'une chaumière que d'un palais. » (François d'Assise)

Saint François.jpgÀ l'occasion du premier anniversaire de l'élection du pape François, les Éditions Flammarion à Paris font paraître, sous la plume du journaliste et écrivain catholique français Jacques Duquesne (il a cofondé et dirigé Le Point et collabore aujourd'hui à La Croix et avec plusieurs quotidiens régionaux ; il a aussi notamment remporté le prix Interallié en 1983 avec Maria Vandamme, un roman poignant) et préfacé peu de temps avant son décès par l'éminent médiéviste Jacques Le Goff, un beau livre intitulé Saint François qui retrace la vie et l'œuvre de ce personnage hors norme, en montrant les diverses facettes qui ont pu motiver le choix du pape – un jésuite, qui plus est – ayant décidé de régner sous son nom.

On apprend dans cet ouvrage passionnant que François d'Assise « était un indigné, un combattant, qui a fait entendre une parole nouvelle, si neuve et dérangeante que, trois décennies après sa mort, ses écrits furent pratiquement censurés par les autorités de l'Ordre franciscain et de Rome. (...)

Un saint d'un nouveau genre, laïc, contestataire, passionné, pacifique, ami et frère de toutes les créatures et de toute la création, [qui] dégage[ait] une sympathie et une admiration affectueuse générale.

Son obstination pacifique pour la lutte des classes, son souhait d'accueillir les laïcs au sein de son ordre et sa vision – presque prophétique – sur le progrès monétaire, font que le "petit pauvre a non seulement été un des protagonistes de l'histoire, mais aussi l'un des guides de l'humanité" [1] ».

Jacques Duquesne revient dans ce livre sur les origines du personnage, en montre les diverses facettes qui ont pu motiver le choix du pape. Un homme que Jacques Le Goff, dans sa préface, qualifie de "figure exceptionnelle. Un saint qui savait rire pour éclairer la tristesse de ses contemporains".

L'ouvrage est illustré de reproductions d'œuvres de grands peintres (Cimabue, Fra Angelico, Sassetta, Taddeo Gaddi, le maître de saint François Bardi, Giotto, Domenico Ghirlandaio, Francisco de Zurbarán, le Greco, Jacopo Torriti...) et se conclut par divers textes poétiques du saint homme (Salutations des vertus, Sermon aux oiseaux, Salutation de la bienheureuse Vierge Marie, Que les frères n'aient rien en propre, Cantique de frère Soleil, Louanges de Dieu...)

Un livre qui aide à mieux comprendre l'immense popularité du pape François dont le modèle va à l'encontre du matérialisme, de l'individualisme, de l'égoïsme et de la rapacité qui règnent actuellement en maître sur le monde...

Bernard DELCORD

Saint François par Jacques Duquesne, préface de Jacques Le Goff, Paris, Éditions Flammarion, mars 2014, 96 pp. en quadrichromie au format 19,2 x 24,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 € (prix France)


[1] Comme l'écrit Jacques Le Goff.

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30 05 14

Break estival

Vacances sans histoires.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Vacances sans histoires, aventure de Spirou et Fantasio, du génial André Franquin, a paru en feuilleton dans l'hebdomadaire Spirou durant 11 semaines à partir du 21 novembre 1957 et en album en 1959, à la suite du Gorille a bonne mine.

Descendus sur la côte pour savourer un repos bien mérité, Spirou et Fantasio laissent leur Turbotraction garée devant un casino. Sans se douter qu'à la suite d'un quiproquo, le magnat du pétrole Ibn-Mah-Zoud, non seulement daltonien mais aussi véritable danger public au volant, prendra leur précieuse auto pour la sienne...

Ce petit bijou d'humour et de fantaisie où l'on croise aussi Gaston Lagaffe vient d'être republié dans une version restaurée, augmentée de dessins inédits et longuement commentée par José-Louis Bocquet et Serge Honorez, avec la participation d'Isabelle Franquin, la fille de l'auteur.

À lire à fond la caisse...

Vacances sans histoires par Franquin, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », avril 2014, 88 pp. en quadrichromie au format 25 x 31 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24 €

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30 05 14

Pour les palais des maires du palais...

Festins mérovingiens.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Descendants du roi Mérovée, ancêtre semi-mythique de Clovis, les Mérovingiens sont la dynastie issue des peuples de Francs saliens qui régna sur une très grande partie de la France et de la Belgique actuelles, ainsi que sur une partie de l'Allemagne et de la Suisse, du Ve jusqu'au milieu du VIIIe siècle. Leur histoire est marquée par l'émergence d'une forte culture chrétienne parmi l'aristocratie, l'implantation progressive de l'Église dans leur territoire et une certaine reprise économique survenant après l'effondrement de l'Empire romain.

Professeur à l'ULB, Alain Dierkens en est l'un des meilleurs spécialistes actuels et il a fait paraître jadis aux Éditions du Livre Timperman un remarquable ouvrage – toujours disponible – intitulé Festins mérovingiens, coécrit avec l'historienne de la gastronomie Liliane Plouvier.

La première partie du livre regroupe des études sur la cuisine de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge. Dans la seconde, les recettes d'Anthime (un médecin grec qui fut ambassadeur auprès du fils de Clovis) et de Vinidarius (un « disciple » d'Apicius) sont données en latin, munies d'une traduction originale, de commentaires historiques et d'une reconstitution minutieuse par les deux ténors des assiettes que sont Pierre Wynants et Yves Cousin.

Le résultat est très surprenant, offrant des saveurs auxquelles nos palais ne sont pas habitués...

Bernard DELCORD

Festins mérovingiens par Alain Dierkens et Liliane Plouvier, réalisation des recettes par Pierre Wynants et Yves Cousin, Bruxelles, Le Livre Timperman, janvier 2008, 240 pp. en noir et blanc (+ un cahier-photo de 8 pp. en quadrichromie) au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 37 €

Voici une recette interprétée de façon sublime par le grand chef belge Pierre Wynants :

Langues de canard aux noisettes

Attention , les langues contiennent  un cartilage. Veillez à ne pas l 'avaler ! Vous pouvez naturellement l'éliminer (après cuisson ), mais le travail est ardu.

Pour 4 personnes

Ingrédients :

600 gr de langues de canard

1,5 cuiller à soupe d'huile d'olive

3 dl de vin blanc (sancerre)

3 dl de bon fond de canard, fait avec les os d'un canard

110 gr de céleri vert émincé

3 petites pincées de safran en poudre (carthame) ou en filaments (safran vrai)

1,5 cuiller à soupe de nuoc-mam

25 gr de noisettes effilées et grillées

7 gr de persil haché

5 gr de livèche fraîche ciselée

3 gr de menthe fraîche ciselée

20 gr de miel d'acacia

1 cuiller à café de vinaigre de vin blanc

3 feuilles de calament

Un peu de poivre du moulin

Quelques amandes effilées et grillées

Recette :

Nettoyez les langues ; faites-les dégorger.

Blanchissez-les, égouttez-les et rafraîchissez-les.

Faites-les sauter dans l'huile d'olive ; décantez-les.

Faites suer le céleri vert et ajoutez-le aux langues.

Mettez dans une autre casserole le vin blanc, le fond de canard, le poivre, le safran, le nuoc-mam et le calament.

Amenez à ébullition et laissez mijoter pendant une demi-heure.

Passez au chinois fin.

Incorporez les noisettes, les langues et le céleri ; laissez cuire pendant 10 a 15 minutes.

Terminez en ajoutant le persil, la livèche, la menthe, le miel et le vinaigre de vin blanc.

Mélangez bien et rectifiez l'assaisonnement en poivre si nécessaire.

Dressez sur un plat et disposez autour les amandes effilées et grillées.

24 05 14

Il y a le feu au lac...

Sans plus attendre.jpgGuibert del Marmol, économiste de formation, a dirigé plusieurs entreprises internationales. Aujourd’hui, il est conseiller, auteur et conférencier spécialisé dans le domaine de l’économie régénératrice. Il forme les dirigeants aux pratiques d’un leadership inspiré et inspirant en mariant sagesses anciennes et technologies modernes.

Il est l'auteur de Sans plus attendre !, un essai paru aux Éditions Ker à Hévillers.

Voici ce qu'il en dit :

« Notre monde est en mutation profonde. Les crises qui s’inscrivent chaque jour à la une de nos journaux constituent pourtant autant d’opportunités de concevoir quelque chose de fondamentalement différent et de développer des solutions inédites.

Crise financière, économique, politique, climatique, démographique. Krisis, en grec, le carrefour. Le moment où on choisit définitivement une voie plutôt que l'autre. L’opportunité est géante, sans précédent. Mais pour transformer ces défis en opportunités il faut développer un autre regard sur le monde et oser challenger les dogmes.

C’est ce que propose Sans plus attendre ! Les solutions existent et alimentent déjà des milliers de révolutions silencieuses. Partout dans le monde, des initiatives issues de citoyens, d’entrepreneurs et de responsables locaux voient le jour. Chaque jour, des individus de toutes origines et cultures se mettent en route pour créer un autre modèle de société plus pérenne et plus durable.

Sans plus attendre ! est un livre de perspective, une proposition pour une autre vision de notre humanité qui va au-delà de la simple relance du modèle de société actuel. C’est aussi un livre d’espoir pour passer de crise à opportunité, d’austérité à audace. L’auteur propose des pistes de réflexion, des sources d’inspiration concrètes et une incitation à l’action basées sur les rencontres faites ces dernières années sur tous les continents au contact des gens qui changent le monde.

L’intégration des savoirs anciens et des technologies de pointe permet d’envisager une société où la dignité humaine et le respect des écosystèmes seront les pierres fondatrices d’un nouveau monde.

Le livre aborde les grands enjeux de société qui doivent être abordés afin de favoriser cette nouvelle Renaissance :

- Retrouver une indispensable autonomie alimentaire et énergétique qui rend possible pour chaque communauté une plus grande autodétermination.

- Aller au-delà du durable et développer une économie régénératrice qui soit relocalisée, collaborative, circulaire et d’usage plutôt que de propriété.

- Promouvoir un enseignement qui permettra à nos enfants de devenir les bâtisseurs de ce nouveau modèle en leur apprenant ce qu’être humain signifie, en favorisant leur créativité.

Au-delà des technologies prometteuses dont il est parfois fait état, c’est surtout d’un saut de conscience individuelle et collective dont il est question. Une invitation à marier science et conscience pour construire un avenir pour nos enfants et les générations à venir. C’est possible, c’est maintenant et c’est… Sans plus attendre ! »

Bernard DELCORD

Sans plus attendre par Guibert des Marmol, Hévillers, Éditions Ker, avril 2014, 240 pp. en noir et blanc au format 21 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 €

24 05 14

Aux temps bénis du British Empire...

Expo 58.jpgNé en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique contemporaine et les Éditions Gallimard à Paris ont fait paraître récemment la traduction française de son Expo 58, un agréable et subtil roman d'atmosphère qui se muera au fil des pages en parodie de roman d'espionnage aux rebondissements inattendus.

Comme l'annonce le titre, le récit a pour cadre l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958, dernière manifestation internationale d'importance d'un monde occidental qui ne tarderait pas à vaciller sous les coups de la modernité et de la décolonisation.

Thomas Foley, un jeune cadre du ministère britannique de l'Information, est envoyé dans la capitale belge pour superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d'un pub, le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Six mois durant, il ira de rencontre en rencontre (un journaliste soviétique, un scientifique anglais, une hôtesse belge...) et vivra des moments dont il est loin de percevoir à quel point ils bouleverseront son existence.

Ajoutons pour conclure à propos de cet excellent texte que, bien que citoyen de Sa gracieuse Majesté, l'auteur ne commet aucune erreur manifeste dans la restitution des réalités et de l'ambiance de la Belgique d'alors.

Une belle performance en soi, non ?

Bernard DELCORD

Expo 58 par Jonathan Coe, traduction de l'anglais par Josée Kamoun, Paris, Éditions Gallimard, février 2014, 330 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 22 € (prix France)

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24 05 14

Nouvelle gifle à la Fondation Hergé...

Le spectre du tocard.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Voilà que paraît sous la plume de Gordon Zola (alias Éric Mogis à qui l'on doit notamment L'humour pour les Nuls, The Dada de Vinci Code et Où est le bec ?) Le spectre du toquard, le vingtième tome [1] des aventures du reporter Saint-Tin et son ami Lou (un perroquet volage), d'hilarants pastiches sous forme de roman dans lesquels on retrouve aussi le capitaine Aiglefin, le professeur Margarine et les agents secrets Yin et Yang, entre autres...

En voici le résumé : la Salmanye, petit pays remuant de l'Europe de l'est, est en pleine révolution... Pour la communauté internationale, le dictateur Zhara Pùrum dépasse les bornes ! Il aurait usé de l'arme chimique sur la population et fait déverser des tonnes de padjodjoh, le poison-qui-rend-bête, sur la population. C'est alors que rejaillit la vieille légende salmaniaque du « spectre du tocard » qui prédit la chute du régime au retour de l'ancien roi, Uttokar VI qui est séquestré, dit-on, dans les oubliettes de l'asile de Kock. Sur le point de s'y rendre pour couvrir l'événement, Saint-Tin est enlevé en compagnie du docteur Alain Bique, l'éminent imbécilographe, spécialiste des sots...

On se souviendra qu'après la publication du cinquième opus de la série, l'auteur fut attaqué pour contrefaçon par les héritiers d'Hergé. Les éditions Moulinsart furent déboutées de l'attaque, mais le tribunal condamna Gordon Zola à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour préjudice commercial en évoquant la notion de parasitisme. On saisit tous ses biens et il fut jeté à la rue. Début 2011, la 2e Chambre de la Cour d'Appel de Paris débouta totalement Moulinsart SA, rejetant l'accusation de préjudice commercial. En février 2014, Éric Mogis fut relaxé et se vit attribuer d'importants dommages et intérêts.

On imagine la tête du si sympathique Nick Rodwell !

Pour le faire bisquer un peu plus, c'est avec joie que nous lui annonçons la prochaine naissance, cette année encore, de Saint-Tin au pis de l'auroch noir et de Saint-Tin et les p'tits carrosses !

Bernard DELCORD

Le spectre du toquard par Gordon Zola, Paris, Le Léopard démasqué, janvier 2014, 163 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 11 € (prix France)

Train-train au Congo.jpg


[1] Le crado pince fort (2008), Le vol des 714 porcineys (2008), La Lotus bleue (2009), L'oreille qui sait (2009), Saint-Tin au gibet (2009), L'ire noire (2009), Les poils mystérieux (2009), L'Affaire tourne au sale (2010), Le secret d'Eulalie Corne (2010), Les pies jouent de la castagnette (2010, Le 13 heures réclame le rouge (2011), Les Six gardes du phare Amon (2011), Objet qui fume (2011), On a fait un marché sur la lune (2011), Coq en toc (2012), Saint-Tin en amères loques (2012), Train-train au Congo (2012), L'Ascète boude le cristal (2013), Le Temps pleut du soleil (2013).

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24 05 14

Pour faire manger les pissenlits par la racine...

Crèmes & châtiments.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Spécialistes de l'œuvre abondante de la « duchesse de la mort », Anne Martinetti et François Rivière, dans Crèmes et châtiments joliment sous-titré Recettes délicieuses et criminelles, ont rassemblé et décrit 80 préparations culinaires évoquées dans les 66 romans d'Agatha Christie en reprenant des extraits qui les mentionnent et en fournissant le pitch de l'intrigue ainsi que les grandes lignes de la biographie de l'auteure.

Un recueil so British où l'art d'accommoder la dinde farcie au bacon voisine avec la façon de servir le steak and kidney pie, l'omelette au haddock, le filet de porc au chutney, la brioche d'agneau épicé, le roast-beef à la menthe, les feuilletés au cheddar, les tartines grillées au chester, le cake au citron ou le pudding aux pommes...

Mais sans les poisons, of course !

Bernard DELCORD

Crèmes & châtiments  par Anne Martinetti et François Rivière, photographies de Philippe Asset, Paris, Éditions JCLattès/Le Masque, 2010 (toujours disponible), 167 pp. en quadrichromie au format 21 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,20 € (prix France)

Voici une recette à l'origine d'une enquête à rebondissements menée par Miss Marple :

Canard farci à la sauge

« Mrs Bantry hocha la tête.

–Voici comment c'est arrivé, dit-elle, Arthur et moi séjournions à Cloddenham Court chez sir Ambrose Bercy lorsqu'un jour, par erreur, on arracha des feuilles de digitale en même temps que la sauge. On en farcit les canards pour le dîner, tout le monde fut très malade et la pupille de sir Ambrose mourut. » (Miss Marple au Club du mardi)

Sylvia Keene a-t-elle été assassinée ou s'agit-il d'une tragique méprise, due à une cuisinière trop âgée ? L'affaire est d'autant plus piquante que c'est la victime elle-même qui a apporté les feuilles fatales à la cuisine... Mais... mais son fiancé avait embrassé la veille au soir une autre jeune fille. Mais son tuteur était un homme très riche, alors n'aurait-il pas dû trépasser en premier ? N'y a-t-il pas eu erreur sur la personne ? Seule Miss Marple pourra le dire...

Pour 4 personnes

Préparation : 45 minutes

Cuisson : 1h30

Ingrédients :

1 canard d'1,5 kg

150 g de foies de volaille

60 g de beurre

2 oignons

3 feuilles de sauge

1 verre de cognac

1 verre de vin blanc

150 g de bœuf haché

1 petit pain au lait

200 g de dattes

1 tasse de lait

4 bri ns de persil

Noix muscade

Sel, poivre

Matériel :

Un bol

Une petite poêle

Un mixeur

Une terrine

Un hachoir

Un plat à four

Fil alimentaire

Recette :

Préchauffez votre four à 160°C (thermostat 5), puis mettez le petit pain à tremper dans une tasse de lait.

Hachez les oignons, le persil et la sauge puis faites-les revenir dans le beurre pendant 10 minutes à feu doux.

Pendant ce temps, dénoyautez les dattes et passez-les au mixeur avec les foies et le petit pain imbibé de lait que vous aurez légèrement fait dégorger.

Ajoutez les oignons et la sauge persillée ainsi que le bœuf haché.

Assaisonnez ce mélange d'une pincée de muscade, de poivre et de sel, puis farcissez-en le ventre du canard et fermez-le avec du fil alimentaire.

Salez le canard et placez-le dans un grand plat à four que vous aurez soigneusement beurré.

Faites cuire pendant 1h30 en arrosant de temps en temps avec des cuillerées à soupe de vin blanc et de cognac.

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