01 02 15

« La confiture n'est bonne que s'il faut monter sur une chaise pour attraper le pot dans le placard. » (Alexandre Vialatte)

Le Larousse des confitures .jpgÉlue meilleure pâtissière de l'année 1998, Christine Feber est la grande spécialiste des confitures, reconnue par des chefs prestigieux comme Alain Ducasse ou Antoine Westerman.

Elle présente le Larousse des confitures, un fort livre illustré de de 300 photos décrivant 335 recettes de confitures, compotes (de framboise au cognac et à la coriandre, d’ananas au vin blanc, de poire au gingembre et au citron…), marmelades (d’orange, d’aubépine, de pruneau, de goyave, de citron à l’anglaise…), gelées (de grenade et de pétales de rose, de groseille, d’épine-vinette, de baies d’églantier, de fleur d’oranger…), coulis (de kaki à la vanille, de framboises à la menthe et au citron vert…), pâtes de fruits (de coing, de fraise, de mangue, de prune, d’amandes à la rose et à la pistache…) et chutneys (de datte à l'orange, de courge, de cornouille, de figue, de betterave, à la rhubarbe, à la papaye verte…) déclinées en de nombreuses variantes utilisant épices, herbes aromatiques ou plantes à fleurs, le tout complété d’un cahier de 45 recettes de desserts mettant les confitures à l'honneur (cœurs sablés à la confiture de fraise, mousse au chocolat blanc et gelée de sauternes, soufflé à la confiture de marron, tarte briochée à la confiture de citron...)

On y trouve les préparations traditionnelles (confiture d'abricot, de fraise, de cerise, de prune, d’airelle, de fleurs, d’oignon à l’échalote, de tomate rouge ou verte…), ainsi que des recettes originales aux mélanges subtils et aux saveurs délicates (confiture de kiwi et de mangue à la vanille, confiture de kumquat et de pamplemousse…), à base de sucres naturels (crufiture de banane et fruits rouges, curd de fraise, citron vert et basilic, beurre de coco...) et dont les cuissons ont été étudiées pour garder tous les bienfaits des fruits.

Les gestes et les techniques sont expliqués dans des pas à pas pour réussir facilement toutes les étapes, de la cuisson à la conservation en passant par la mise en pots.

Ajoutez à cela une brève histoire des confitures, des considérations préliminaires sur les ingrédients, les sucres, les épices, les herbes, les parfums, un tableau saisonnier des fruits et des légumes pour faire son marché, la description du matériel et des ustensiles de base, un index général des recettes et un autre par fruit ou légume et vous aurez compris pourquoi nous tenons cet ouvrage pour l’un des meilleurs du genre !

Bernard DELCORD

Le Larousse des confitures présenté par Christine Ferber, Paris, Éditions Larousse, octobre 2014, 400 pp. en quadrichromie au format 20,4 x 26,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

Voici une recette pour accompagner le foie gras d’oie ou de canard poêlé :

Confiture d’oignon aux agrumes et aux épices

Pour environ 3 pots de 375 grammes

Préparation : 30 minutes

Ingrédients :

1,5 kg d’ognons blancs (soit 1 kg net)

100 g de beurre

100 g de mile

300 g de sucre cristallisé

Le zeste finement râpé de 1/4 d’orange non traitée

Le zeste finement râpé de 1/2 citron non traité

3 pointes de couteau de cannelle en poudre

3 pointes de couteau de badiane moulue

100 g de raisins de Corinthe

Recette :

Épluchez les oignons, coupez-les en deux puis émincez-les finement.

Faites fondre le beurre et le miel dans une casserole en acier inoxydable ; ajoutez les oignons et portez au frémissement.

Versez peu à peu le sucre en remuant, couvrez puis faites cuire à feu doux pendant 30 minutes environ, en remuant de temps à autre.

Découvrez, ajoutez les zestes d’agrumes, les épices et les raisins, et poursuivez la cuisson à petit feu, sans cesser de remuer jusqu’à ce que les oignons soient parfaitement fondants et translucides.

Retirez la casserole du feu, puis mettez en pot et couvrez à chaud.

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31 01 15

La cuisine des débutants...

Basiques.jpgS'adressant aux novices des fourneaux, Basiques, le best-seller de Keda Black, est ressorti chez Marabout dans une version revue et enrichie où l'on trouve, expliquées pas à pas et illustrées avec un grand sens didactique, une centaine de recettes allant des classiques (sauces, œufs, pizzas, soufflés, quiches..) aux desserts (gâteaux, tartes, aux fruits, au chocolat...) en passant par les pâtes (à la bolognaise, aux tomates, au pesto...), le riz (pilaf, risotto), les viandes (hamburgers, carpaccios, magrets, plats mijotés ou au four...), les poissons (en entrées, en steaks, panés ou en ceviche...) et les légumes (en soupes, en salades, en purées, en gratins, en mix, mijotés...).

Un ouvrage d'une succulente simplicité !

Bernard DELCORD

Basiques par Keda Black, photographies de Frédéric Lucano, édition de 2007  revue et enrichie, Paris, Éditions Marabout, collection « Mon cours de cuisine », mai 2014, 159 pp. en quadrichromie au format 22 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 € (prix France)

Voici une recette pour les beaux jours :

Minestrone d'été

Pour 6 personnes

Préparation : 35 minutes

Cuisson : 3h30

Ingrédients :

4 à 6 cuillerées à soupe d'huile d'olive

1 oignon

2 gousses d'ail

3 pommes de terre moyennes

1 bulbe de fenouil

2 petites courgettes

1 quart de chou

250 g de tomates cerises

50 g de parmesan

1 croûte de parmesan

4 brins de basilic

100 g de pâtes courtes (penne, orechiette)

100 g de haricots blancs secs (ou en boîte)

3 cubes de bouillon de poulet ou de légumes (à dissoudre dans 1,5 litre d'eau)

Sel et poivre

Recette :

La veille, mettre les haricots à tremper dans de l'eau froide.

Le lendemain, les mettre dans une casserole, couvrir d'eau et cuire 30-40 minutes.

Couper en dés les pommes de terre, le fenouil, les courgettes.

Couper le chou en lanières.

Hacher l'oignon, émincer l'ail.

Faire revenir ail et oignon, sans cesser de remuer.

Puis les pommes de terre, 2-3 minutes.

Faire la même chose avec le fenouil et le chou, puis les courgettes et les tomates.

Réserver un quart des courgettes et des tomates?

Verser le bouillon.

Ajouter la croûte de parmesan.

Porter à ébullition, puis baisser le feu.

Laisser cuire 2 heures avec un couvercle.

Mélanger de temps en temps.

Rectifier l'assaisonnement si nécessaire.

Ajouter les pâtes, les courgettes et les tomates restantes.

Ajouter les haricots cuits puis prolonger la cuisson 20 minutes.

Servir avec du pesto, du parmesan râpé et du bon pain.

La touch’ terroir :

Le minestrone est encore meilleur si l'on ajoute un talon de jambon sec en même temps que le bouillon.

Conseil :

Faire suivre d'un dessert léger : salade d'agrumes ou de fraises, selon la saison.

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31 01 15

« Ce que beurre et whisky ne peuvent soigner est incurable. » (Proverbe irlandais)

Manuel du whisky (cover).jpgAyant bénéficié de l’appui logistique de la Maison du Whisky, depuis 1956 l’un des plus grands spécialistes français de l’importation et de la distribution de la boisson préférée de Winston Churchill et du capitaine Haddock, Dave Broom, chantre s’il en est de ce breuvage – on lui doit notamment l’Atlas mondial du whisky paru chez Flammarion – a fait paraître chez le même éditeur un Manuel du whisky dans lequel, après un historique passionnant et bellement illustré, des considérations sur les fondamentaux, la mixologie et les champs aromatiques, il fournit la fiche de dégustation de 102 bouteilles d’Écosse, d’Irlande, des États-Unis, du Canada, du Japon et de Taïwan tout en précisant leurs accords parfaits ou interdits.

Au passage, il répond à des questions comme : comment reconnaître un whisky tourbé, un blend, un pur malt ? Quand et comment boire le whisky ? Quels sont les meilleurs mix ? Quelle est l’action de l’eau de Seltz ? Tous les whiskies tolèrent-ils d'être mélangés ? Comment sont-ils distillés ? D’où provient le caractère fumé de certains d’entre eux ? Doit-on les servir avec ou sans glace ? Avec ou sans Coca-Cola ? Qu’est-ce qui différencie les assemblages ?

En fin d'ouvrage, il propose plus de 50 recettes de cocktails, du très classique Manhattan (le plus ancien, inventé en 1874) au Bamboo Leaf Martini (constitué de liqueur de menthe, de Hakushu 12 ans d'âge, d’eau pétillante, de sirop de bambou et de yuzu) en passant par le Talisman, le Padovani, l’Algonquin ou le Brooklyn.

À consommer avec sagesse et modération, cela va de soi…

Bernard DELCORD

Manuel du whisky – Tous les cocktails par Dave Broom, photographies de Cristian Barnett, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2014, 224 pp. en quadrichromie au format 15,7 x 21,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 18 € (prix France)

Voici une recette de cocktail novatrice, en vogue dans les bars branchés de Londres :

Matador

Pour 1 verre

Ingrédients :

40 ml de Bowmore Darkest

2 traits d’absinthe

2 traits d’eau de fleur d’oranger

1 cuiller à café de Luxardo maraschino

1 cuiller à café de sirop simple ou de canne

20 ml de Cocchi Vermouth di Torino

Pour le décor :

Spirale de zeste d’orange

Cerise

Recette :

Frapper rapidement les ingrédients au shaker avec des glaçons et filtrer au-dessus d’un petit verre à Martini rafraîchi.

Décorer d’une spirale de zeste d’orange et d’une cerise.

Et voici la fiche de dégustation du whisky utilisé dans ce cocktail :

Bowmore 12 ans

Manuel du whisky (Bowmore 12 ans).jpgSi l'on n'a pas déjà visité lslay, on a tendance à l'imaginer comme une petite île humide arrosée par de célèbres pluies horizontales, mais où, par beau temps, avec ses eaux opalescentes et ses plages de sable blanc, on se croirait aux Antilles. Presque. Voilà ce que Bowmore a su capturer.

Oui, il renferme l'odorante fumée de tourbe d'lslay et la claque de la saumure, mais aussi la pêche blanche et la mangue à l'arrière-plan. Les amateurs de malts vénèrent cet aspect tropical que mettent en valeur des mélanges élémentaires.

L'eau de Seltz y va du sien, avec une fumée discrète ; le ginger ale reprend le tout et lui ajoute des épices douces ; la salade de fruits offre sa douceur au cola et si le thé vert se révèle astringent, l'eau de noix de coco est, véritablement, une évidence : goyave, papaye, mangue, légère volute de fumée et longueur. Le soleil brille.

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28 01 15

Peur, grandeur, barbarie et héroïsme mêlés…

Le sceptre et le sang .jpgAuréolé du succès hautement mérité d'essais comme Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines et La Saga des favorites, l’écrivain et journaliste (dans les colonnes de Paris Match, du Figaro et de Jours de France, entre autres) Jean des Cars, né en 1943, a publié récemment aux Éditions Perrin à Paris une étude passionnante – elle se lit comme un polar de la meilleure facture – intitulée Le sceptre et le sang, qu’il présente comme suit :

« À l'été 1914, l'Europe est très majoritairement monarchique : sur vingt-deux États, dix-neuf sont des royaumes, des empires, des principautés ou des grands-duchés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que dix sur vingt-huit. Les deux guerres mondiales provoquent l'écroulement de quatre empires pour la première (Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, empire ottoman) et de quatre royaumes (Italie, Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie) pour la seconde.

Ces souverains, qui étaient-ils ? Et les femmes qui partageaient leur existence, qui étaient-elles ? De l'ambition à l'aveuglement, du courage à la faiblesse, de la jalousie à l'abnégation, quels furent leurs triomphes et leurs échecs ? Comment vécurent-ils leur gloire, leurs épreuves et la montée des extrêmes de l'entre-deux-guerres marquée par l'avènement des totalitarismes ? Étaient-ils conscients des conséquences de leurs actes ? Ou furent-ils incapables d'arrêter l'engrenage des nationalismes ? Quelles furent leurs vies personnelles, leurs amours et leurs passions secrètes ?

Circonstance exceptionnelle : ces monarques, qui vont s'unir, se combattre et parfois se trahir, sont presque tous parents, liés par le sang et leurs mariages respectifs. Ainsi la “guerre des rois” sera-t-elle un incroyable règlement de comptes familial à l'échelle d'un continent puis du monde. »

Le récit enlevé et richement documenté d’un demi-siècle de drames humains, de crimes, de guerres, de défaites, de créations et de disparitions d'États…

Sommaire :

– Les années dangereuses 1908-1914

– Sarajevo entre paix et guerre (28 juin-28 juillet 1914)

– Alliées ? Ennemies ? Neutres ? Les monarchies face à la guerre (1914-1916)

– Le glas des empires (1917-1918)

– Des illusions de la paix à un nouveau cataclysme (1919-1939)

– Quelles monarchies survivront au second séisme ? (1939-1947)

Bernard DELCORD

Le sceptre et le sang par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2014, 474 pp. en noir et blanc + 16 pp. en quadrichromie au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 23 € (prix France)

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28 01 15

Mystère dans la grande cuisine…

Les sept canailles de la Bleue Maison.jpgDans Les sept canailles de la Bleue Maison, un roman paru aux Éditions Memory à Tenneville, la chroniqueuse culinaire Juliette Nothomb – sœur d’Amélie – situe son action dans les murs du restaurant « Les Plats canailles de la Bleue Maison », la célèbre maison de bouche ardennaise du Pont d’Oye, et met en scène son fameux chef propriétaire, Richard Thiry, qui y reçoit, un matin de juin 2013 à une heure indue (5h45), sept curieux clients successifs pour lesquels il concoctera autant de ses spécialités avant de se rendre compte que...

Mais ne déflorons pas l’intrigue qui est aussi prétexte à la divulgation de sept recettes du maître des feux sous forme de fiches détachables cartonnées en fin d’ouvrage, dont voici la liste :

– Amuse-bouche de sardines marinées

– Pomme de terre farcie aux truffes et ses petits légumes

– Côte à l’os, béarnaise maison et pommes de terre grenailles

– Langouste, crème fleurette au curry, petits légumes et riz basmati

– Brie de Meaux farci aux truffes, mesclun

– Gaufres maison, chantilly aux myrtilles

– Entremets au chocolat Alpaco Ecuador 66%, crème anglaise aux fruits secs, crumble aux noix.

Un livre qui se dévore de bon appétit !

Bernard DELCORD

Les sept canailles de la Bleue Maison par Juliette Nothomb, Tenneville, Éditions Memory, novembre 2014, 70 pp. en noir et blanc (dont 14 fiches cartonnées) au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

Voici une recette conseillée pour un buffet, à la place d’un assortiment de fromages :

Brie de Meaux farci aux truffes, mesclun

À préparer quelques jours à l’avance, pour la maturation des saveurs.

Pour 12 à 15 personnes

Ingrédients :

1 brie de Meaux fermier

2 ou 3 truffes fraîches (noires melanosporum, pour un goût plus prononcé)

Huile d’olive

Mesclun et vinaigrette, pour escorter

Recette :

Préparer une farce à la truffe : hacher les truffes et les faire macérer dans l’huile d’olive.

Trancher le brie dans l’épaisseur, le recouvrir de tapenade de truffes bien égouttée, refermer le fromage et laisser mûrir 48 heures dans un endroit frais (mais pas au frigo), à une température inférieure à 7°C.

Servez avec du pain au levain, toasté ou passé à la braise, et le mesclun assaisonné.

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26 01 15

Tissages et métissages…

Fashion Mix.jpgCristóbal Balenciaga, Antonio Cánovas del Castillo, Sonia Delaunay, Mariano Fortuny, John Galliano, Natalia Gontcharova, Marc Jacobs, Rei Kawakubo, Patrick Kelly, Kenzo, Mainbocher, Martin Margiela et les Six d'Anvers, Alexander McQueen, Issey Miyake, Edward Molyneux, Rick Owen, Lola Prussac, Paco Rabanne, Elsa Schiaparelli, Riccardo Tisci, C.F. Worth, Yohji Yamamoto...

Qu'ils soient Britanniques, Italiens, Espagnols, Belges, Russes, Américains ou Japonais, tous ces légendaires créateurs ont en commun d'avoir quitté leur pays natal pour faire de Paris leur ville d'adoption ou leur terrain d'expérimentations.

Basée sur ce constat, une belle exposition intitulée est présentée dans la capitale française jusqu’au 31 mai 2015 au Musée de l'histoire de l'immigration – installé dans les murs du magnifique Palais de la Porte Dorée [1] –, en partenariat avec le Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris.

Elle retrace l'histoire de la mode vestimentaire française par le prisme de l'histoire de l'immigration et révèle comment la haute couture et le prêt-à-porter parisien se sont enrichis de ces différents parcours au point de proclamer Paris capitale internationale de la mode.

Son catalogue, intitulé lui aussi Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, a été publié par les Éditions Flammarion et il est l’œuvre d’Olivier Saillard (directeur du musée Galliera), de Cally Blackman (maître de conférence à la Central Saint Martins School), de Tsujita Kaya (docteure en histoire), de Miren Arzalluz (historienne de la mode et commissaire indépendante) et d’Anne Diatkine, journaliste de Libération, qui mène tous les entretiens de l'ouvrage.

Celui-ci ambitionne de mettre en lumière cette synergie qui fait l'histoire de la mode parisienne et mondiale à travers des essais retraçant les diverses étapes de création : les grandes écoles internationales et leur présence à Paris (l'Académie d'Anvers, la Saint Martins School, les écoles italienne, américaine, japonaise...), la confection de mode dans les maisons parisiennes, jusqu'aux défilés qui comptent tant de mannequins d'origines étrangères.

Ces textes sont enrichis de paroles retranscrites de grands couturiers ayant vécu ou vivant dans la capitale et étoffés d'une superbe iconographie mêlant sciemment des fac-similés de documents (cartes de séjour, factures...) et de photographies de vêtements féminins et masculins, chaussures et accessoires.

Fashion Mix (affiche).jpg

Renseignements pratiques concernant l’exposition :

Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil 75012 Paris.

Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

Tarif unique : 6 euros. Ce tarif inclut le droit d’entrée à l’exposition permanente et à toutes les expositions temporaires du musée. L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous les visiteurs le premier dimanche du mois.

Réservations pour les groupes : 00 33 1 53 59 64 30 – reservation@histoire-immigration.fr

Bernard DELCORD

Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, ouvrage collectif, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2014, 176 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)


[1] Le Palais est situé à l’Est de Paris, dans un ensemble Arts-Déco exceptionnel classé monument historique. Laprade, Ducos de la Haille, Janniot, Sube, Prouvé, Ruhlmann... autant de grands noms qui ont signé l’architecture, la décoration et les aménagements du bâtiment.

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25 01 15

La France allemande...

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945.jpgThomas Fontaine, historien, a soutenu en 2013 une thèse sur la déportation de répression. Fin connaisseur des archives françaises et allemandes, il est aujourd'hui une référence incontournable sur le système d'occupation en France, comme sur la mémoire de la guerre. Denis Peschanski, historien lui aussi, est directeur de recherche au CNRS. Par ses nombreux ouvrages et ses films, il est devenu un spécialiste de renommée internationale sur la France des années noires.

Dans un fort ouvrage intitulé La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 (Paris, Éditions Tallandier), ils se fondent sur près de 600 documents [1] souvent inédits qu’ils présentent et commentent en suivant une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945, pour composer la fresque de l’une des pires péripéties de l’histoire de France.

L’occasion de répondre à des questions comme : qui a eu intérêt à collaborer ? Les Français ou les Allemands ? Qui en furent les acteurs ? Quel rôle ont joué les ultras ? Qui s'est enrichi ? Quelle fut l'ampleur de la collaboration militaire ? Et de la collaboration économique ? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance ? À quel point les intellectuels et les artistes se sont-ils compromis ? Et l’Église catholique ? Qu’en fut-il de la presse écrite et des médias de propagande (radio, cinéma, édition de livres et de bandes dessinées…) ? Et du Service du Travail obligatoire ? Et des organisations de bienfaisance ?

Un livre qui met le doigt où cela fait mal....

Sommaire :

Le choix de la collaboration (juin 1940-janvier 1941)

La collaboration, une priorité de François Darlan (février-juin 1941)

Le tournant de la guerre à l’est (juillet 1941-mars 1942)

Le jeu des dupes (avril-novembre 1942)

Les Allemands passent à l’offensive, Vichy perd la main (novembre 1942-decembre 1943)

Fin de partie (janvier 1944-avril 1945)

Bernard DELCORD

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 par Thomas Fontaine et Denis Peschanski, préfaces d’Agnès Magnien et Françoise Banat-Berger Paris, Éditions Tallandier, novembre 2014, 320 pp. en quadrichromie au format 25 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)


[1] Affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d'écrou, albums photographiques, objets… issus entre autres de fonds exceptionnels des Archives nationales, de séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, de dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police et de pièces d'un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris…

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24 01 15

Une bibliothèque de rêve…

L'Internationale des francs-tireurs.jpgBruno de Cessole a été notamment journaliste au Figaro, à L'Express et au Point, et critique littéraire des Lettres françaises et des Nouvelles Littéraires. Il a dirigé La Revue des Deux Mondes et est actuellement rédacteur en chef du service culture de Valeurs actuelles. Il collabore également au journal Service littéraire.

Après son Défilé des réfractaires [1] en 2011, dans lequel il passait en revue les écrivains français véritablement anticonformistes et libres, la maison parisienne L’Éditeur a publié en 2014 son Internationale des francs-tireurs [2] qui le complète, puisqu’il y « convoque le panthéon mondial des écrivains libertaires ou contestataires », pour « acquitter une dette, celle contractée envers les auteurs qui l'ont nourri, éclairé ou encouragé ».

De Jane Austen à Stefan Zweig en passant par Karen Blixen, Giacomo Casanova, Franz Kafka, Anaïs Nin, Ezra Pound ou Virginia Woolf, l’auteur brosse 46 portraits d’écrivains connus ou méconnus du XVIIIe siècle à nos jours [3] dans un bel exercice d'invitation à la découverte ou à la relecture.

Car c’est un indéniable vent d’indépendance qui souffle dans les pages et les esprits de ces femmes et de ces hommes pour qui la plume crée le monde et le transforme, en dépit des pesanteurs contemporaines, du jugement de la société ou des bien-pensances de toutes obédiences.

Et pour être de bonne mesure, suggérons à Bruno de Cessole d’ajouter à sa liste déjà longue et fort pertinente les noms d’Hugo Claus, de John Flanders, d’Aldous Huxley, de Níkos Kazantzákis, de David Herbert Lawrence, de Boris Pasternak, de Chuck Palahniuk ou d’Alexandre Soljenitsyne pour garnir encore davantage les rayons de sa passionnante bibliothèque d’honnête homme vraiment libre…

Bernard DELCORD

L'Internationale des francs-tireurspar Bruno de Cessole, Paris, L’Éditeur, octobre 2014, 607 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)


[1] « D’Aymé à Houellebecq, de Berl à Camus, de Colette à Kundera, de Suarès à Modiano, de Queneau à Muray, une cinquantaine de portraits d’écrivains français du XIXe siècle à nos jours figurent dans cette anthologie subjective, partiale, voire de mauvaise foi, et dessinent une certaine idée de la littérature, que l’auteur a défendue et défend toujours dans la presse. » (Babelio)

[2] « Franc-tireur : soldat qui ne fait pas partie de l'armée régulière. »

[3] Jane AUSTEN, Thomas BERNHARD, Karen BLIXEN, Jorge Luis BORGES, Anthony BURGESS, Lewis CARROLL, Giacomo CASANOVA, Cyril CONNOLLY, Joseph CONRAD, Gabriele D’ANNUNZIO, Lawrence DURRELL, Nicolás Gómez DÁVILA, Knut HAMSUN, Jim HARRISON, Ernest HEMINGWAY, Samuel JOHNSON, Ernst JÜNGER, Ismail KADARÉ, Franz KAFKA, Rudyard KIPLING, Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA,, Giacomo LEOPARDI, Jack LONDON, Malcolm LOWRY, Norman MAILER, Henry MILLER, Yukio MISHIMA, Vladimir NABOKOV, Vidiadhar Surajprasad NAIPAUL, Friedrich NIETZSCHE, Anaïs NIN, Paul NIZON, George ORWELL, Fernando PESSOA, Ezra POUND, Gregor VON REZZORI, Ernst VON SALOMON, James SALTER, Arthur SCHOPENHAUER, Italo SVEVO, Henry David THOREAU, Robert WALSER, Oscar WILDE, Virginia WOOLF, Alexandre ZINOVIEV et Stefan ZWEIG.

24 01 15

Un livre d'actualité...

Le martyr de l'Étoile.jpgParu en septembre 2012 aux Éditions Luc Pire à Liège Le martyr de l'Étoile signé Évelyne Guzy est toujours disponible chez l’éditeur et c’est tant mieux, eu égard aux événements récents.

En voici le pitch :

« Bruxelles, Grand-Place. Sous les colonnes de la maison de l’Étoile, une silhouette noire s’effondre au pied de la statue d’Éverard t’Serclaes, héros emblématique à l’esprit frondeur. Laureen G. n’est pas vraiment là par hasard. Chercheuse infatigable, elle passe sa vie à fouiller les sites islamistes radicaux. Elle alerte aussitôt son amie, Marie B., une journaliste que le 11-Septembre a rendue célèbre. Laureen pense avoir tout compris, tout prévu. Mais la victime n’est pas celle qu’elle croit...

Commence alors une enquête sauvage, dans un Bruxelles dont la symbolique, réelle ou fantasmée, livrera graduellement les secrets d’un crime bien orchestré, une sorte d’assassinat ciblé.

Qui est capable d’un tel raffinement ? »

Diplômée en journalisme et communication de l’Université libre de Bruxelles, chercheuse en rhétorique et argumentation et spécialiste de l'islamisme radical, Évelyne Guzy a notamment dirigé l’essai Attentats-suicides. Le cas israélo-palestinien (Éditions Luc Pire, 2004). Elle a également publié un roman, Dans le sang (Bernard Gilson Éditeur, 2009), et une histoire urbaine, Bruxelles-les-Eaux (Maelström, 2010). Elle a aussi contribué à des ouvrages collectifs, littéraires ou scientifiques.

Le Martyr de l’Étoile est un « polar » à rebondissements propre aussi à susciter le débat et la réflexion autour du fondamentalisme musulman et de ses lectures hermétiques voire cabalistiques du Coran.

Bernard DELCORD

Le martyr de l'Étoile par Évelyne Guzy, Liège, Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », septembre 2012, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

24 01 15

Un élève de Machiavel

Fouché – Les silences de la pieuvre.jpgAncien élève de l'École normale supérieure, docteur en histoire et chercheur à l'École pratique des hautes études, Emmanuel de Waresquiel, né à Paris le 21 novembre 1957, est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont un best-seller, Talleyrand, le prince immobile, qui a été couronné par de nombreux prix.

Fondé sur un grand nombre d’archives inédites, son dernier ouvrage en date, Fouché – Les silences de la pieuvre coédité par les Éditions Tallandier et Fayard, a quant à lui été élu meilleure biographie 2014 par la rédaction du magazine Lire, et ce n’est que justice, tant l’exploitation des sources s’avère magistrale, le ton se montre alerte, le style est enlevé, la langue est flamboyante et les remises en perspective sont saisissantes.

Personnage secret autant que craint et haï, dont la carrière politique fut une suite d’intrigues et de trahisons, Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est né le 21 mai 1759 au Pellerin près de Nantes et mort en exil le 26 décembre 1820 à Trieste. Il est particulièrement connu pour la férocité avec laquelle il a réprimé l'insurrection lyonnaise en 1793 et comme ministre de la Police sous le Directoire et l'Empire [1].

Voici ce qu’en dit Emmanuel de Waresquiel, qui le tient aussi pour un incroyable personnage jusqu'ici incompris et desservi par sa légende noire :

Fouché, bien sûr, ne m'était pas un inconnu. Fouché de Nantes, le bourgeois impécunieux, le petit professeur en soutane des collèges de l'Oratoire, Fouché le conventionnel, le tueur de roi, le proconsul de Nevers et de Moulins, le mitrailleur de Lyon, le tombeur de Robespierre et le cauchemar de Napoléon, le ministre de tous les régimes, l'inventeur de la police moderne, le bâtisseur d'État, le théoricien et l'homme d'action, l'aventurier, le conspirateur et le parvenu. Assurément l'un des hommes les plus puissants de son époque, en tout cas l'un des plus étonnants.

Je l'avais découvert très jeune, en dehors de mes travaux d'historien, dans les romans de Balzac. J'avais eu plus tard maintes fois l'occasion de le croiser, ne serait-ce qu'en écrivant la vie de Talleyrand auquel il est constamment associé.

J'avais eu l'intuition, comme j'en avais déjà pris la mesure avec le diable boiteux, qu'il était, par d'autres moyens et pour d'autres raisons, l'un de ceux par qui passe une époque et qui la donnent à comprendre : celle des ruptures révolutionnaires et de la construction d'un ordre nouveau dans la confusion des temps, des hommes et des idées – comme les reflets changeants d'un être singulier, de ses secrets, de ses contradictions et de sa complexité.

Rares sont ceux qui inventèrent de nouvelles règles du jeu sans attendre la fin de la partie. Fouché a été de ceux-là. (…)

La première chose qui m'a intrigué chez Fouché, c'est la prégnance de sa légende noire. Avec lui, on a commencé très tôt à danser la sarabande. En 1815, l'homme qui avait voté la mort de Louis XVI devenait le ministre de son frère Louis XVIII et, dans un grand écart vertigineux, prêtait serment de fidélité à la monarchie après avoir juré, vingt ans plus tôt, une haine éternelle à la royauté. Ce fut le serment de trop, après tant d'autres successivement donnés et repris à la Convention, à la République directoriale puis consulaire,  à l'Empire,  à la nation.

Les uns, fidèles à la Révolution, crièrent à la trahison, les autres, qui en avaient été les victimes, au crime et à l'imposture. Dès avant sa mort, on lui a reproché son passé révolutionnaire, on n'a pas plus supporté l'ancienne puissance impériale de celui que Napoléon avait fait ministre, sénateur et duc  d'Otrante.

Comme souvent dans ces cas-là, il y eut un chef d'orchestre. Ce fut Chateaubriand…

Un essai quelque peu dissonant !

Bernard DELCORD

Fouché – Les silences de la pieuvrepar Emmanuel de Waresquiel, Paris, Éditions coédité aux Éditions Tallandier et Fayard, novembre 2014, 831 pp. en noir et blanc et 48 pp. en quadrichromie au format 16,7 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)


[1] Il dirigea le ministère de la Police du 20 juillet 1799 au 13 septembre 1802 ; du 10 juillet 1804 au  3 juin 1810 ; du 20 mars au 22 juin 1815 et du 7 juillet au 26 septembre 1815. Il fut en outre ministre de l'Intérieur du 29 juin au 1er octobre 1809.

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