15 03 14

L'art de touiller dans les latrines...

Paparazzi !.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

Les productions des paparazzis sont à la photographie ce que la musique militaire est à l'art symphonique et le beaujolais nouveau à la production viticole de la Champagne.

Le Centre Pompidou-Metz a pourtant décidé de leur consacrer une «grrrande » exposition (du 26/2 au 9/6/2014) dont le catalogue, rédigé par une équipe de zozos, est sorti aux Éditions Flammarion qui n'ont pas lésiné – à défaut de mieux – sur la qualité du papier, de la photogravure et de la reliure.

Le lecteur a donc droit à des diarrhées de louanges pour le « travail » et le « talent » de quelques pirates qui, mus uniquement par l'appât du gain, vont jusqu'à s'enorgueillir de leur basse besogne en présentant en guise de trophée le contenu des poubelles de quelques people.

Et, bien que les louanges des bobos soient innombrables sur Internet, nous ne voyons aucun intérêt à contempler le pubis velu de Jackie Kennedy, le sexe épilé de Britney Spears, les fesses de Jack Nicholson ou les cadavres de Lady Di et de François Mitterrand.

Signalons toutefois un gros manque à cette exposition incongrue : les photos – supposées –de Claude Pompidou ayant circulé sous le manteau en 1969 dans le cadre de l'affaite Markovic...

« Courageux », mais pas téméraire, le Centre Pompidou-Metz ?

Bernard DELCORD

Paparazzi ! sous la direction de Clément Chéroux, préface de Laurent Lebon, Paris, coédition Flammarion Centre Pompidou-Metz, février 2014, 318 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 24,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

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15 03 14

Une joyeuse prise de tête...

Décollations.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

« Eugénia n’a pas de tête et cela lui convient très bien. Au moins, elle n’a pas la tête des autres, elle n’a pas l’air de famille. Eugénia est libre et sa tête, la tête qu’elle n’a pas, roule sa bosse où elle veut. »

Dans Décollations paru à Lausanne aux Éditions L'Âge d'Homme, un petit bijou de phrases ciselées, Corinne Hoex, qui excelle par ailleurs avec talent à décrire les affres de la filiation douloureuse, livre les réflexions d'une jeune fille bcbg d'antan qui aurait, au sens strict, perdu la tête.

« Où est-elle, bon Dieu, où est-elle ? (...) Languit-elle dans un reliquaire, écrasée de rubis et d'émaux ? (...) S'est-elle laissé réduire par un fier Jivaro ? »

Qu'importe ! Plus besoin de coiffure ni de coiffeur, plus de « tête à droite... Droite ! », plus de longs repas à ingurgiter ni de couleuvres à avaler, plus de pellicules ni de séborrhée, plus de dents à brosser, de narines à curer : « Que de temps gagné pour vivre ! »

Alors qu'auparavant, sa famille lui reprochait de ne pas avoir toute sa tête, d'avoir la tête ailleurs, de ne pas l'avoir sur les épaules...

Désormais, tout va bien.

D'ailleurs, même si « dans le libertinage, j'évite le tête-à-tête. J'esquive aussi le tête-bêche. », c'est pour en venir directement au corps à corps...

Bernard DELCORD

Décollations par Corinne Hoex, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme, collection « La Petite Belgique » dirigée par Jean-Baptiste Baronian et Jacques Booth, mars 2014, 90 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en bichromie, 14 €

15 03 14

La lutte des glaces....

Erik le Rouge.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

Inspirée par la véritable histoire du peuplement du Groenland, la fresque sauvage du Danois Søren Mosdal intitulée Erik le Rouge roi de l'hiver parue chez Casterman à Bruxelles raconte avec un talent graphique indéniable les péripéties d'une confrontation sanglante entre générations, sur fond de saga scandinave.

En voici le pitch :

« Contraint à l’exil au tournant de l’an mil, Erik Torvaldsson, surnommé Erik le Rouge, part fonder une colonie à Greenland, la grande île des régions boréales. Le milieu est terriblement hostile, mais Erik et les siens parviennent à établir une implantation humaine durable. Le patriarche aux cheveux rouges, encore redoutable malgré le passage des années, dirige fermement la petite colonie dans le respect des traditions. Mais le fragile équilibre social et politique se rompt lorsque Leif, son fils cadet, revient de Norvège converti à la religion chrétienne et accompagné d’un prêtre venu prêcher la nouvelle foi. Le choc est inévitable entre le fils et le père, entre les anciens et les modernes, entre les païens et les chrétiens… »

Une chronique viking des temps anciens, violente et inspirée, de la lutte sans merci qui opposa les zélateurs du Christ aux sectateurs d'Odin pour la conquête du pouvoir sur les âmes... et donc sur les hommes.

Bernard DELCORD

Erik le Rouge roi de l'hiver par Søren Mosdal, Bruxelles, Éditions Casterman, collection « Univers d'auteurs » mars 2014, 136 pp. en quadrichromie au format 24,3 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 €

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12 03 14

À la soupe !

Le livre des soupes.jpgDiane de Brouwer est journaliste et nutrithérapeute. Après le grand succès de Croquez la vie – L'alimentation vive en 52 aliments, un ouvrage coécrit avec Pol Grégoire paru chez Soliflor à Bruxelles, elle a publié récemment chez le même éditeur Le livre des soupes, un recueil de 52 recettes classées par mois et basées sur l'équilibre nutritionnel ainsi que la qualité des produits de saison présentés en détail.

Et il y en vraiment pour tous les goûts : barsch à l'asiatique, soupe aux choux de Bruxelles et aux lentilles, gaspacho d'asperges, potage au pourpier, soupe aux orties, soupe crue de chou de Milan, soupe aux topinambours, velouté de chou-rave, potage vert-pré aux bettes et aux haricots, soupe crue à la claytone de Cuba, soupe de radis noir au lait de coco, rocambole à la châtaigne, soupe de rhubarbe au gingembre... à côté, bien entendu, des classiques potage à l'oignon, soupe de carottes à la coriandre, crème de cresson et autres veloutés de tomates et poivrons.

Une délicieuse source d'inspiration !

Bernard DELCORD

Le livre des soupes par Diane de Brouwer, illustrations de José reis de Matos, Bruxelles, Éditions Soliflor, décembre 2013, 167 pp en couleurs au format 15 x 15 cm sous couverture brochée à spirales et en couleurs, 17 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage chaleureux la recette santé suivante :

Soupe au butternut

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 butternut

4 carottes moyennes

1 oignon

4 feuilles de laurier

1 cuiller à soupe de bouillon Morga

2 branches de thym et de romarin

1 cuiller à soupe d'un mélange de 4 épices bio

Huile d'olive

1 gousse d'ail (facultatif)

Un filet d'huile de noix (facultatif)

Recette :

Cuire le butternut, les carottes, l'oignon, l'ail. ainsi que le laurier, le thym et le romarin une vingtaine de minutes à la vapeur.

Ensuite, mixer avec le bouillon, l'huile d'olive, l'eau de cuisson, les épices et, le cas échéant, l'huile de noix.

On pourrait aussi envisager de supprimer le thym et le laurier, l'huile de noisette ainsi que le mélange d'épices bio et de les remplacer par une grosse pincée de curry en poudre, quelques graines de coriandre, 1 gousse de cardamome, 1/2 bâton de cannelle et une cuiller à café de curcuma.

Le butternut

Courge d'hiver de la famille des cucurbitacées, à la chair orangée très savoureuse, le butternut, également appelé courge musquée, représente une source importante de cucurbitacines et d'antioxydants de la famille des caroténoïdes, que le corps transforme en vitamine A et qui jouent un rôle dans la santé des yeux, mais aussi, de manière générale, dans la prévention du cancer ou de nombreuses autres maladies liées au vieillissement.

Pauvre en calories, la courge est en revanche d'une grande richesse nutritionnelle.

Elle contient également, mais dans une moindre mesure, de vitamines des groupes , C et E. Bonne source de minéraux, dont le fer, le magnésium, le phosphore, le potassium, le zinc, le cuivre et le manganèse, le butternut est riche en acides gras mono- et polyinsaturés.

On l'utilise contre la constipation. La consommation d'huile de pépins de courge est indiquée en cas de troubles bénins de la prostate. De manière générale, les graines de courge contiennent des composés phytostérols connus pour leurs bienfaits sur cette glande de l'appareil génital masculin et sur la santé cardiovasculaire.

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12 03 14

Un travail de titan !

Le dictionnaire de l'ancien français.jpgAlgirdas Julien Greimas est né en 1917 à Toula, en Russie et il est mort en 1992 à Paris. C' est un linguiste et un sémioticien d'origine lituanienne et d'expression française, fondateur de la sémiotique structurale d'inspiration saussuro-hjelmslévienne et animateur du « Groupe de recherche sémio-linguistique » (EHESS/CNRS) et de l'École sémiotique de Paris. Ses principaux ouvrages sont Sémantique structurale (1966), Du sens (1970) et Du sens II (1983) [1].

On lui doit aussi Le dictionnaire de l'ancien français (1979), un monument d'érudition que les Éditions Larousse à Paris ont eu l'excellente idée de faire reparaître en 2012 dans leur collection de prestige et qui est toujours disponible en librairie.

Il s'agit d'un ouvrage complet et documenté pour le plus grand bonheur médiévistes, certes, mais aussi des amoureux de l’histoire de la langue française, avec ses 14 000 notices documentées enrichies de 4 000 citations et exemples donnant 35 000 définitions, excusez du peu !

Et ce n'est pas tout : chaque article regroupe les dérivés sous les entrées principales et donne les différents sens des mots et des locutions ainsi que leur étymologie, la date de leur première apparition dans un texte écrit et les références de celui-ci.

Le domaine lexical recouvert, celui de l'ancien français proprement dit, va de la Chanson de Roland (fin du IXe siècle) jusqu'à 1350, à l'exclusion, par conséquent, des écrits de Jehan Froissart (ca 1337-après 1404), de Pierre Bersuire (ca 1300-1362) et de Nicole Oresme (ca 1320-1382), mais il inclut 80% des mots décrits précédemment par Frédéric Godefroy dans son Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle (10 volumes, 8 000 pages, 160 000 entrées) rédigé entre 1880 et 1895.

Deux œuvres colossales !

Bernard DELCORD

Le dictionnaire de l'ancien français par Algirdas Julien Greimas, Paris, Éditions Larousse, janvier 2012, collection « Les grands dictionnaires Larousse », 630 pp en noir et blanc au format 17 x 23,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 20,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la définition suivante, d'un verbe souvent utilisé en cuisine :

Frire

Frire v. (1190, J. Bod.[2].  ; lat. frigere). -1. Frire. -2. Frissonner, trembler, tressaillir. -3. Pétiller (en parlant du vin). -4. Brûler de désir, frémir : S'amie qui tout le fet frire Quant il se tient de li plus pres. (Rose [3]). <> friture n.f. (déb. XIs., Ps. Cambr.[4] ; lat. pop. *frictura). -1. Friture. -2. Terme d'injure : Tais mais, gars et friture. (Rom. d'Alex.[5]). <> fritel n.m. (1204, R. de Moil.[6]) . Pâte frite contenant du hachis.


[1] Source : Wikipédia.

[2] = Jean Bodel, Le Jeu de saint Nicolas, 1190.

[3] = Le Roman de la Rose, version de Jean de Meung, 1277.

[4] = Psautier de Cambridge, début du XIIe siècle.

[5] = Roman d'Alexandre, 1180.

[6] = Renclus de Moiliens, Roman de Carité, 1204.

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02 03 14

Pour consommer malin...

Arrêtons de manger de la merde.jpgPartant une nouvelle fois à l'assaut de la malbouffe dans le style qu'on lui connaît, Jean-Pierre Coffe a fait paraître chez Flammarion à Paris un pamphlet intitulé Arrêtons de manger de la merde ! dans lequel il se dresse une nouvelle fois contre les pratiques douteuses de l'industrie agro-alimentaire.

Écoutons son coup de gueule :

« Au fil des années et des scandales alimentaires, la confiance s'effrite. Vous vous interrogez, vous vous méfiez, vous doutez, vous vous indignez un peu, beaucoup, passionnément... Puis un scandale chasse l'autre et les vieilles habitudes reprennent le dessus. Aujourd'hui, on ne mange pas, on bouffe, on ingurgite. On ne sait plus trop quoi, des produits standardisés, insipides tout au long de l'année...

Comment est-ce possible ? Comment en est-on arrivé là ? Où sont passés les saveurs, le respect des produits, des producteurs ? Comment est-il possible que du porc fermier d'Auvergne vienne de Bretagne ? Que l'on gave les poules de batterie de colorant et d'antibiotiques ? Que l'on trouve de l'agneau toute l'année et qu'il vienne du bout du monde ? Que nos porcs partent se faire tuer en Allemagne pour revenir transformés en barquettes ? Que l'on soit obligé d'ajouter des vitamines au lait ? Ou encore que la couleur du fromage soit travaillée artificiellement ? Pour vous aider à mieux manger et à vous nourrir sainement, [je] vous propose un vaste décryptage sur le monde alimentaire. »

Les six chapitres de son ouvrage traitent successivement des thèmes suivants :

– les produits laitiers ;

– l'œuf, les œufs et les ovoproduits ;

– le poisson ;

– la viande, les viandes et le minerai ;

– les fruits et les légumes ;

– les conserves et les surgelés.

Des produits cachant de nombreux pièges à éviter !

Bernard DELCORD

Arrêtons de manger de la merde ! par Jean-Pierre Coffe, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2013, 254 pp en noir et blanc au format 14,5 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet appel au bon sens les quelques lignes suivantes :

Quelques conseils élémentaires en guise de conclusion !

– Avant de partir faire vos courses, faites une liste de vos besoins, soyez précis ; vérifiez la liste des ingrédients des recettes que vous avez l'intention de réaliser.

– Prenez le temps pour faire vos achats. « Les courses en vitesse » n'engendrent jamais l'économie.

– Réduisez les tentations au strict minimum.

– Avant de commencer vos achats, faites un tour rapide, que ce soit sur un marché ou dans une grande surface. Vérifiez les promotions, soyez attentif au prix, un écart de prix peut se justifier par une quantité différente de pièces dans un même paquet. Profitez-en pour vérifier la composition, l'origine.

– Lisez les étiquettes soigneusement. Si une composition vous étonne ou vous interpelle, cherchez un autre produit. Les arômes naturels sont toujours précisés, alors que les arômes artificiels ne le sont pas.

– Vérifiez toujours les DLC (date limite de consommation) des produits. N'oubliez pas que les yaourts peuvent se consommer 15 jours après la date limite indiquée sur l'emballage.

– Rappelez-vous que nous ne sommes plus en temps de guerre et que les stocks importants dans l'armoire à épicerie sont inutiles, les produits de première nécessité sont toujours disponibles.

– Cuisinez vous-même le plus souvent possible. Les plats cuisinés sont souvent plus chers que ceux que vous pouvez élaborer vous-même.

– Cuisinez les restes pour faire des économies. La préparation d'un hachis Parmentier est facile et se conserve 48 heures dans un réfrigérateur.

– Privilégiez en toute circonstance les produits de saison, ils sont toujours moins chers.

– N'hésitez pas à interroger les commerçants sur l'origine des produits, ils se doivent de répondre à vos questions.

– Pour les fruits et les légumes, privilégiez les origines de proximité, les longs voyages ne les améliorent jamais.

– N'oubliez jamais qu'en fin de marché on peut faire des affaires et marchander. Les primeurs, en général, n'ont aucun intérêt à conserver les légumes en réserve.

– Quand vous achetez un produit surgelé, gardez en tête la sentence de Raymond Oliver : « Quand on congèle de la merde, on décongèle de la merde ». Ne vous exonérez pas de lire l'étiquette d'un produit surgelé, et veillez à bien respecter la chaîne du froid.

– Si vous privilégiez les produits surgelés, munissez-vous d'un sac isotherme ou d'une glacière et achetez-les toujours à la fin de vos courses.

– Sortez toujours de votre réfrigérateur les produits à cuisiner une heure avant la mise en œuvre.

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02 03 14

Dans ma rue...

Street art mode d'emploi (2).jpgJérôme Catz est commissaire d'exposition indépendant depuis 2003 et il milite activement pour que les arts plastiques urbains gagnent leur place dans le monde de la culture. Il organise chaque année des expositions et a créé le réseau de centres d'art Spacejunk en France.

Il a aussi fait paraître chez Flammarion un fort intéressant album illustré intitulé Street art mode d'emploi dans lequel il initie le lecteur aux productions artistiques urbaines contemporaines qui sont tantôt provocatrices, politiques, monumentales ou poétiques – mais toujours sauvages... – et se déclinent sous des aspects aussi divers que le pochoir, l'installation, l'anamorphose, la sculpture, le collage ou les exploits.

Autant de champs d'interventions et de techniques que son ouvrage propose de décrypter afin de repérer et de mieux comprendre ce dernier-né des mouvements artistiques, qui se déploie à l'échelle planétaire et qui occupe désormais une place officielle dans l'histoire de l'art.

L'ouvrage se clôt sur l'élucidation de 30 notions clés, l'indication de 20 dates repères et la présentation de 30 artistes incontournables.

Signalons en outre aux amateurs qu'ils pourront voir une interview de l'auteur publiée sur Internet en se rendant à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Txi1aAeC5nk

On n'arrête pas le progrès !

Bernard DELCORD

Street art mode d'emploi par Jérôme Katz, Paris, Éditions Flammarion, collection « Mode d'emploi » dirigée par Élisabeth Couturier, mai 2013, 256 pp en quadrichromie au format 19,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié dans cet album la présentation suivante,

d'une artiste dont nous admirons le talent [1] :

Miss.Tic

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 1.jpg

Qui est-elle ?

Fille d'une famille modeste au destin tragique, Miss.Tic choisit son nom de scène dans le monde de la BD populaire. Née en 1956, orpheline à 16 ans, elle se lance dans le théâtre traditionnel et dans le théâtre de rue avant de tenter l'expérience américaine fin 1979. De retour à Paris trois ans plus tard, l'enfant de Montmartre conjugue les planches avec les arts appliqués et commence à marquer son territoire à coups de sentences réalisées au pochoir sur les murs. Miss.Tic est l'une des rares artistes féminines du street art de l'époque héroïque, l'une des plus connues et celle dont l'endurance et l'acharnement forcent le respect.

 Poète du bitume, elle harangue le passant avec ses mots, aphorismes et faux proverbes. Tic incontrôlable ou toc sous contrôle, elle raconte avec drôlerie et esprit son rapport ou Mâle. Elle décline sa passion pour cet autre à qui elle ressemble par le risque physique qu'elle prend lors de ses interventions urbaines, alors même qu'elle soigne son image glamour. Elle crie haut et fort sa féminité comme celle de ses sœurs, avec ses états d'âme, ses envies et ses blessures et décline avec élégance et esprit la guerre des sexes ...

Carnets intimes impudiquement révélés au quidam via un humour corrosif, prose en prise directe avec les tréfonds de nos âmes, parfois « brut de décoffrage », les œuvres de Miss.Tic parlent de la fragilité de l'existence, des joies et des peines qu'il faut vivre pleinement.

Son œuvre :

Ses textes courts et incisifs, provocateurs ou questionnant, accompagnent l'image d'une femme aguicheuse et sexy qui figure dans toutes les œuvres de la miss. Le rapport entre image et mots invite le passant à la réflexion. Ses pochoirs, où le noir et le rouge se chevauchent un brin, créent ce qu'il faut de contraste et de profondeur sur le béton ou la brique.

Depuis 1986, ses déclinaisons mots/images sont régulièrement transposées sur toile ou autres supports transportables et vendues en galerie. En usant de matériaux issus de la rue, comme du métal rouillé, des reconstitutions de murs, du bois ou des affiches lacérées, Miss.Tic introduit dans les intérieurs des collectionneurs la part indissociable d'urbanité attachée à son travail. Ses déclinaisons trouvent aussi leur place dans le monde de l'affiche, pour le cinéma ou la musique, et la grande maîtresse des haïkus parisiens s'expose de Venise à Londres, de Berlin à Singapour pour le meilleur et pour l'empire... de la poésie ! Citant Prévert ou elle-même, elle s'inspire de la mémoire des rues, elle s'engage et prend position, persiste et signe...

Elle a acquis une reconnaissance légitime, n'ayant jamais failli... d'ailleurs l'aurait-elle pu ?

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 2.jpg

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 3.jpg


[1] Les deux dessins que nous avons ajoutés en fin de présentation ne figurent pas dans l'album qui contient une photo de grand format qu'il ne nous a pas été possible de reproduire ici.

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01 03 14

Tempus fugit...

Échec au temps.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 1er mars 2014 de l'hebdomadaire Marianne Belgique :

Dans Échec au temps (un roman rédigé à la fin des années trente et publié en 1945) qui vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la collection « Espace Nord », le grand écrivain belge Marcel Thiry (1897-1977) imagine que la bataille de Waterloo fut une victoire napoléonienne et qu'en 1935 un trio de compères – dans lequel on peut reconnaître l'auteur – regarde inlassablement les images de la bataille au moyen d'une machine de « rétrovision » avec l'espoir de « faire échec au temps en faussant l'engrenage des causes ». Un scénario a priori alléchant, qui naquit en marge des réunions du Groupe du Lundi (1936-1939) animé par Franz Hellens et Robert Poulet à la suite de conversations avec ce dernier (le fait nous a été confirmé jadis par plusieurs membres du groupe), traité dans une langue magnifique et développé avec un sens du récit bien maîtrisé, mais qui a pris un terrible coup de vieux... Car c'est le lot habituel de la science-fiction, certes, mais aussi parce que l'auteur s'y livre à une démonstration pesante selon laquelle la répétition des causes peut entraîner le déraillement de celles-ci et en modifier les conséquences... L'ouvrage nous est tombé des mains, marquant par là la victoire écrasante du temps qui passe...

Bernard DELCORD

Échec au temps par Marcel Thiry, préface de Roger Caillois, postface de Pascal Durand, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, février 2014, 287 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

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26 02 14

À chacune son huile essentielle

Essences de femmes.jpgDominique Baudoux est un patron pharmacien passionné de santé et de bien-être. Professeur d'aromathérapie mondialement reconnu, il enseigne la force préventive et curative des huiles essentielles dans un collège qui porte son nom.

Dans Essences de femmes paru chez Soliflor à Bruxelles, il s'adresse à  toutes les femmes, quels que soient leurs profils (baba cool, coincée, psychorigide, impatiente, instable, enragée, dormeuse, d'intérieur, mère de famille, séparée, cuisinière, jardinière, voyageuse, amie des bêtes, indisposée, enceinte, allaitante, ménopausée, grand-mère, hyper sensible, maladroite, fragile, tendue, peureuse, anxieuse, stressée, dépressive, angoissée de la page blanche, studieuse, fêtarde, grignoteuse, fumeuse, allergique, frileuse, ballonnée, enrhumée, grippée, hospitalisée, grande malade, coquette, disgracieuse, amoureuse, sensuelle, star...) et leur propose 150 recettes simples à base d'huiles essentielles, faciles à respirer, à avaler, à diffuser ou à appliquer sur la peau et propres à leur apporter plus de beauté, de santé et de joie.

Un guide pratique à conserver précieusement dans votre sac, Mesdames, et à consulter régulièrement !

Bernard DELCORD

Essences de femmes par Dominique Baudoux, illustrations de Valentine De Cort, Bruxelles, Éditions Soliflor, décembre 2013, 167 pp en couleurs au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Pour vous, nous avons recopié les conseils suivants, destinés à la femme sportive :

La nageuse

Tu adores te baigner, que ce soit pour te détendre ou pour te défouler ! Mais on peut parfois attraper de vilaines petites saletés. Et en eau de mer, on ne sait jamais ce qui traîne dans les parages... Place donc ces remèdes dans une trousse étanche à emporter partout !

Ton huile essentielle :

Sarriette des montagnes

Contre les verrues :

– 2 ml d'HE de cannelle de Chine

– 3 ml d'HE de sarriette des montagnes

– 5 ml d'HV de noyaux d'abricot

Pour traiter les verrues, pose une seule goutte localement 2 fois par jour pendant 2 à 3 semaines.

Contre les otites et otalgies :

– 2 ml d'HE d'eucalyptus radié

– 2 ml d'HE d'eucalyptus citronné

– 3 ml d'HE de thym saturéoïde

– 5 ml d'HV de millepertuis

Qui dit eau, dit eau dans les oreilles. Pour un soulagement rapide, applique cette formule en faisant un massage péri-auriculaire.

Cela peut résoudre intégralement l'inconfort, à condition de l'appliquer 4 à 6 fois par jour.

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26 02 14

Souvenirs de la grande boucherie...

Ceux de 14.jpgMaurice Genevoix (1890-1980) obtient le prix Goncourt en 1925 pour Raboliot, et est élu à l'Académie française en 1946. Il est l'auteur d'une très grande œuvre, vaste hommage à la nature après ses premiers ouvrages sur la guerre : plus de soixante livres, dont La Dernière Harde et Un jour, qui furent d'immenses succès.

Pour commémorer le centenaire du début de la Grande Guerre, les Éditions Flammarion ont ressorti son fameux et imposant volume rassemblant Sous Verdun (1916), écrit en quelques semaines et largement censuré, Nuits de guerre (1917), Au Seuil des Guitounes (1918), La Boue (1921) et Les Éparges (1923), des textes réunis sous le titre de Ceux de 14 en 1949, dans la version définitive retravaillée par l'auteur.

Cette nouvelle édition, préfacée par l'historien Michel Bernard[1] et suivie d'un dossier de 90 pages réalisé par le documentaliste Florent Deludet, comprend des photographies du texte censuré, des carnets de Genevoix, de sa correspondance et de ses « camarades du 106 », véritables héros de ce récit.

En voici un bref aperçu :

« 1er août 1914 : la France décrète la mobilisation générale. Le 2 août, Maurice Genevoix, brillant normalien qui n'a pas 24 ans, rejoint le 106e régiment d'infanterie comme sous-lieutenant... Neuf mois plus tard, il est grièvement blessé et est réformé. Entre ce mois d'août 1914 et les trois balles qui l'atteignent, le 25 avril 1915 dans la Tranchée de Calonne, le jeune homme aura participé à la bataille de la Marne, marché sur Verdun et, surtout, pendant quatre longs mois, défendu les Éparges.

Sur cette colline meurtrière, les combats se font au corps-à-corps, à la grenade, et sous le feu des obus. Entre l'été et le printemps revenu, Maurice Genevoix vit le quotidien du fantassin, la boue, le sang, la mort, alors que le commandement croit encore à une guerre courte. »

L'immense ouvrage d'un écrivain qui ne l'est pas moins !

Bernard DELCORD

Ceux de 14 par Maurice Genevoix, Paris, Éditions Flammarion, préface de Michel Bernard, dossier réalisé par Florent Deludet octobre 2013, 958 pp. en noir et blanc au format 14 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)


[1] Michel Bernard, historien et haut fonctionnaire, est l'un des meilleurs spécialistes de la Grande Guerre vue par ses combattants-écrivains, notamment Maurice Genevoix. II est l'auteur du très remarqué La Tranchée de Calonne (2007), couronné par le prix Erckmann-Chatrian, de La Maison du docteur Laheurte (2008, prix Maurice Genevoix), de Le Corps de la France (2010, prix Erwan Bergot de l'armée de terre) et de Pour Genevoix (2011).

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