21 06 14

Bonnes tables à Bruxelles

Guide Delta des restaurants de Bruxelles 2014 (cover).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 20/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

La 37édition (celle de 2014-2015) du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles vient de paraître, en même temps que la Delta Box, un coffret cadeau permettant d'offrir, parmi une sélection de 35 [1] restaurants gastronomiques établis en Belgique, un menu en 4 services pour 2 personnes (hors boissons) au prix de 129,90 €.

L'ouvrage recense par ordre alphabétique les 1100 restaurants, hôtels et salles de séminaire de la capitale de l’Europe et de ses environs proches tout en permettant, par un système très pratique de onze index placés en fin d’ouvrage, de sélectionner aussi les restaurants par commune d’implantation, par catégories de prix, par types de cuisine (allemande, argentine, autrichienne, belge, brésilienne, caribéenne, chinoise, congolaise, croate, espagnole, française, grecque, indienne, iranienne, italienne, japonaise, latino-américaine, marocaine, mexicaine, pakistanaise, portugaise, russe, scandinave, serbe, suisse, thaïe, tunisienne, vietnamienne… mais aussi à la bière, de bistrot, bio, bourgeoise, bruxelloise, familiale, de fusion, de terroir, végétarienne…), en fonction de leur ouverture (tardive ou non-stop ou encore le dimanche), disposant de salons particuliers VIP, proposant un service banquets, des tables en plein air ou des animations.

Pour chaque établissement, l’ouvrage fournit une quantité considérable d’informations objectives (coordonnées diverses, nom du propriétaire, date de fondation, type de cuisine, gamme de prix, exemples de propositions à la carte, origine des vins, nombre de couverts, types de cartes de crédit acceptées, facilités pour les personnes handicapées, jeux pour les enfants à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, présence d'un bar, d’un fumoir, d’une terrasse, d'une piscine en plein air ou couverte, d'un garage, d’un parking ou d’un service voiturier…) complétées, quand l’entreprise les mérite, d’appréciations sous forme de logos (nombre de toques, beau cadre, belle cave, bon rapport qualité-prix, coup de cœur Delta…) et de commentaires rédigés par les chroniqueurs de la maison – dont votre serviteur – qui ont opéré en toute indépendance, nous pouvons l’attester !

Guide Delta Bruxelles 2014 (Deltabox).jpgComme le veut la tradition, le guide mentionne les lauréats annuels de la profession [2], mais il met aussi l'accent sur le travail de chefs qui ont titillé les papilles des Bruxellois depuis plus de 25 ans [3].

Enfin, et l’initiative doit être vivement soulignée, ce guide renferme un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier (sans qu’il doive l’annoncer au moment de réserver…) d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 57 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 2 850 euros !

Une seule utilisation de ce Passeport rembourse donc le prix d’achat du Guide !

Qui dit mieux ?

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2014, Bruxelles, Les Guides Delta, mai 2013, 352 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 27,75 €


[1] À Bruxelles : Aux Beaumes de Venise, Les Brigittines « Aux Marches de la Chapelle », Leonor, La Fontaine de Jade, Le Coriandre. Dans le Brabant wallon : L’Avenue, Brasserie 135, Philippe Meyers, Le Pivert, Une Autre Histoire, Le Vert d’Eau. Dans la province de Liège : Les Sœurs Grises, Le Cyrano, L’Auberge de Spa, Le Coin des Saveurs, Carpe Diem, La Ferme Damzai, Le Shanghai, Chez Silvano – Le Bergerue, Le Vieux Cellier. Dans la province de Namur : Château de Namur, Le Moulin de l’Escaille, Hostellerie les Grisons, Les Jardins de mon Père, L’Espièglerie, Le Vin100. Dans la province du Luxembourg : L’Auberge de la Ferme, Château d’Hassonville, Le Cor de Chasse, La Régalade. Dans la province de Hainaut : La Part des Anges, Le Bouchon et l’Assiette, Pouic Pouic, Les Trois P’tits Bouchons, Maxens. En Flandre : Le Manoir des Quatre Saisons (Bruges).

[2] Delta d’Or : La Tortue du Sablon à Bruxelles ; Le Manoir de Lébioles à Spa : De Kristalijn à Genk ; Delta d’Argent : Rouge Tomate à Ixelles ; Brasserie 135 à La Hulpe ; Sans Cravate à Bruges ; Delta de Bronze : Cécila à Bruxelles ; Restaurant Ugo à Haine-Saint-Pierre ; Maison D à Renaix. Lauréats par type de cuisine : Araucana à Saint-Gilles (cuisine latino-américaine) ; Ispahan à Auderghem (cuisine iranienne) ; La Vieille Maison à Saint-Gilles (cuisine bulgare) ; Le Pou qui Tousse à Bruxelles (cuisine sarde) ; Ma Folle de Sœur à Saint-Gilles (cuisine familiale), The Lodge à Watermael-Boitsfort (cuisine de brasserie).

[3] Yvette et Gérald Valenduc (La Roseraie à Wemmel), Renzo Gualazzi (L'Auberge Saint-Pierre à Wezembeek-Oppem), Khaled Zouglami (Les Petits Oignons à Bruxelles), Jean Rodriguez (In 't Spinnekopkeà Bruxelles), Leo Spagnuolo (Al Piccolo Mondo à Saint-Gilles) et Jacques Buelens (Le Grilloir à Genval).

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21 06 14

C'est le Pérou...

Ceviche – Cuisine péruvienne.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 20/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Rédigé par le patron d'un restaurant du même nom dans le quartier de Soho à Londres, le recueil intitulé Ceviche – Cuisine péruvienne paru chez Marabout rassemble une centaine de  recettes du pays de Martin Morales, son auteur, et de Zorino, l'ami de Tintin dans Le temple du soleil.

Plat national, le ceviche, c'est du poisson très frais arrosé de citron et d'une pincée de sel, le tout relevé au piment. Rien de plus simple, donc. Mais la cuisine péruvienne, c'est aussi une infinité de variations aux origines séculaires, résultat d'un melting-pot culturel remarquable où les préparations andines côtoient les plats espagnols, asiatiques, créoles et africains, pour de joyeuses et mémorables bombances arrosées de pisco, l'eau-de-vie de raisin locale.

Et parfois pleines de surprises...

Bernard DELCORD

Ceviche – Cuisine péruvienne par Martin Morales, Paris, Éditions Marabout, avril 2014, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,90 € (prix France)

Voici la variante d'une recette originale à tout le moins décoiffante :

Faux cochon d'Inde

Pour cette recette, nous avons remplacé le cochon d'Inde par le lapin, d'où son nom. Manger du cochon d'Inde peut sembler étrange à certaines personnes. Pourtant, dans les Andes, ils sont élevés dans ce but depuis des milliers d'années.

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 lapin de 1,5 à 2 kg, coupé en morceaux

2 cuillers à soupe d'huile d'olive

1 oignon rouge, finement haché

1 cuiller à soupe de pâte de piment amarillo

1 cuiller à soupe de pâte de piment panca

100 ml de vin blanc

250 ml de bouillon de volaille

50 g de cacahuètes grillées, moulues

12 pommes de terre nouvelles

1 cuiller à soupe de persil plat frais, finement hache

Sel et poivre noir du moulin

Pour la marinade :

4 gousses d'ail, pilées

1 cuiller à soupe de cumin

1 cuiller à café d'origan séché

2 cuillers à soupe d'huile d'olive

Recette :

Mettez les morceaux de lapin dans un saladier.

Mélangez les ingrédients de la marinade dans un saladier et enrobez-­en les morceaux de lapin, à la main.

Salez, poivrez et laissez mariner au minimum pendant 2 heures.

Faites chauffer l'huile dans une grande cocotte, à feu moyen.

Faites-y dorer les morceaux de viande de tous les côtés.

Retirez-les de la cocotte avec une écumoire et ajoutez l'oignon.

Faites-le sauter pour qu'il soit transparent, puis ajoutez les pâtes de piment.

Faites cuire quelques minutes, puis déglacez la cocotte avec le vin blanc.

Grattez énergiquement le fond pour que rien n'y adhère, puis versez le bouillon.

Remettez les morceaux de lapin dans la cocotte.

Couvrez et laissez mijoter 1 heure environ, à feu doux.

Pendant ce temps, faites cuire les pommes de terre à l'eau bouillante pour qu'elles soient tendres au centre, mais restent fermes.

Égouttez-les, puis coupez-les en deux.

Incorporez les cacahuètes dans la cocotte et laissez mijoter 30 minutes, sans couvrir, pour que la sauce épaississe et que le lapin soit très tendre.

Ajoutez les pommes de terre et faites-les réchauffer.

Parsemez de persil haché et servez.

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18 06 14

La route du bonheur...

Sur la route du vignoble du cognac.jpgAvec Sur la route du vignoble du cognac,un ouvrage rédigé paru chez Hachette tourisme à Paris, vous irez à la découverte de la Charente et de la Charente-Maritime, deux belles régions d'histoire, de cognac et de vins de pays qui alignent les villes et les villages propices aux visites culturelles et aux découvertes œnologiques.

Grâce à ce petit guide fort bien fait, vous saurez tout sur le vignoble du cognac (son histoire, ses appellations, sa distillerie, son vieillissement et sa dégustation, sans oublier une sélection d'adresses d'exploitants et de maisons du cognac issue du Guide Hachette des vins) et vous cheminerez aux abords de magnifiques châteaux tout au long de sept itinéraires passionnants :

1 – Cognac, Borderies et Grande Champagne

2 – La Petite Champagne et ses confins

3 – Jarnac et la vallée de la Charente

4 – Vallée du Coran et Pays de Matha

5 – Saintes entre Charente et Boutonne

6 – Pons et l'Estuaire de la Gironde

7 – Angoulême, Pays d'Aigre et Rouillacais.

L'ouvrage vous fournit en outre des informations pratiques pour organiser votre séjour, de bonnes adresses d'hébergement de charme et de tables gourmandes et même un carnet pour commenter toutes vos dégustations.

Un joyeux compagnon de voyage !

Bernard DELCORD

Sur la route du vignoble du cognac par Denis Montagnon avec la collaboration d'Olivier Bompas, Paris, Éditions Hachette tourisme, juin 2012, 144 pp. en quadrichromie au format 11,7 x 15,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats + une carte détachable en couleurs, 10,65 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce Baedeker charentais les informations suivantes :

L'art de la distillation du cognac

Le cognac est une eau-de-vie obtenue par distillation de vin blanc de bonne acidité et d'environ 9°. Le procédé de la double distillation est une caractéristique de l’appellation, elle est effectuée dans l'alambic charentais dit « à repasse ». Il s'agit d'un alambic de forme caractéristique, composé d'une chaudière en forme de cucurbitacée surmontée d'un chapiteau dans lequel se concentrent les vapeurs d'alcool, qui circulent ensuite dans le col-de-cygne puis dans le serpentin. Ces vapeurs sont alors rafraîchies et condensées. Le procédé de la double distillation permet de produire des eaux de vie très épurées, de grande finesse, relativement neutres au départ, et qui se bonifient et gagnent en complexité avec le temps. S'il est possible de distiller le vin clair, il est également possible de conserver des lies fines dans le vin. Cette pratique permet d'obtenir un gain de complexité aromatique dont bénéficient les eaux de vie.

Le processus de distillation

Une première distillation du vin non filtré permet d'obtenir le « brouillis » qui titre entre 28 et 32°. Ce brouillis est remis en chaudière et l'on procède à une seconde distillation qui permet d'obtenir la « bonne chauffe ». Durant cette phase, le distillateur procède à une opération délicate appelée « la coupe ». Cela consiste à séparer les « têtes » et les « secondes », autrement dit : le début et la fin de la distillation. Seul le« cœur », eau de vie claire, limpide et de grande pureté, deviendra du cognac. La date limite de distillation des vins blancs destinés à la production du cognac est le 31 mars suivant la récolte.

Le vieillissement

Le cognac est un produit vivant. Pendant son long séjour dans les fûts de chêne et grâce à un contact permanent avec l'air ambiant, il va s'approprier tout naturellement ce que le bois doit lui donner pour façonner sa couleur et son bouquet définitif. Le vieillissement s'effectue dans des fûts de 270 à 450 litres fabriqués avec du bois de chêne de type Tronçais (dans l'Allier) ou Limousin. La forêt de Tronçais donne un bois aux grains fins et tendres qui confère au cognac une grande douceur de tanin, tandis que celle du Limousin produit des bois à grains moyens, plus durs et nerveux, qui apportent puissance et équilibre. L'élevage en fûts permet au cognac tir gagner en moelleux et en rondeur, d'affiner et d'enrichi r ses arômes.

L'extraction : dans un premier temps, l'eau de vie solubilise les substances présentes dans le bois, on appelle cette phase de l'élevage « l’extraction ». Le cognac se teinte petit à petit d'une belle couleur jaune d'or et acquiert des arômes caractéristiques de boisé et de vanille.

L'hydrolyse ou assimilation : par la suite, l'eau de vie va « digérer » le bois, c'est le temps de « l'hydrolyse ». Sa couleur s'assombrit et son fruité reprend le dessus, les arômes secondaires apportés par le vieillissement évoluant vers des notes épicées, grillées, confites.

L'oxydation : enfin, avec les eaux de vie âgées apparaissent la phase d'oxydation et le développement des arômes de fleurs, de fruits secs, d'épices douces. Au fil des années, l'eau de vie devient de plus en plus moelleuse, le bouquet s'enrichit et des notes de rancio apparaissent.

La part des anges : à travers le bois des fûts, une part de l'eau de vie s'évapore, il s'agit de la « part des anges » qui représente annuellement l'équivalent de plus de vingt millions de bouteilles. Ces vapeurs d'alcool nourrissent un champignon microscopique, le torula compniacensis, qui recouvre, en les noircissant, les pierres de la région, leur conférant ainsi une couleur caractéristique.

Le paradis : c'est dans un chai obscur que séjournent les eaux de vie les plus anciennes. Une fois la maturité atteinte, le maître de chai décide de mettre fin à leur vieillissement et procède à leur transfert dans de très vieux fûts de chêne puis dans des bonbonnes de verre appelées dames-jeannes, dans lesquelles elles pourront séjourner à l'abri de l'air durant de nombreuses décennies sans se modifier davantage.

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18 06 14

Bonnes et mauvaises nouvelles...

Décryptez l'information.jpgLe journaliste et essayiste français Jean-Luc Martin-Lagardette a fait paraître chez Dangles à Paris un fort intéressant petit ouvrage intitulé Décryptez l'information qu'il présente ainsi :

« Les médias, qui n'ont plus l'ambition de "rechercher la vérité", sont le lieu de nombreuses dérives et manipulations non sanctionnées. Certains commencent à s'alarmer de la perte de crédibilité qui en résulte. Pourtant, bien peu est fait pour garantir la qualité de l'information délivrée au public.

Si nous devons, nous les citoyens, les inviter à plus de rigueur et de déontologie et à rendre publiquement des comptes sur leur fonctionnement, il ne faut pas non plus attendre, pour être bien informés, qu'ils aient enfin pris conscience de cette nécessité et décidé les réformes nécessaires.

L'Internet, certainement plus libre et plus diversifié que les médias professionnels, est lui aussi le réceptacle du pire comme du meilleur. Aujourd'hui, nul ne peut vous garantir une information exacte et juste.

La solution ?

Sachez décrypter les informations que vous recevez et habituez-vous à rechercher vous-même la vérité !

Pas facile ?

C'est pourtant indispensable si vous voulez éviter de vous faire manipuler. »

Son ouvrage se penche successivement sur les notions de vérité et de recherche de celle-ci, sur l'influence exercée par l'informateur sur l'information, sur la qualité de l'information, sur la façon de réguler la presse avec les citoyens, sur les rapports entre l'information et la communication, sur l'attitude que doit adopter tout citoyen face à l'information, tout en fournissant au lecteur une grille d'analyse des contenus journalistiques et en proposant quelques exercices pour décrypter un article.

Un livre particulièrement utile, on en conviendra, par les temps qui courent de bourrages de crâne en tout genre...

Bernard DELCORD

Décryptez l'information – Pour ne plus vous laisser manipuler par les médias par Jean-Luc Martin-Lagardette, Escalquens, Éditions Dangles, mars 2014, 96 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

18 06 14

Histoire de la chair à canon...

C'étaient les poilus.jpgNotre ami Pierre Stéphany a fait paraître chez Ixelles Éditions à Bruxelles un passionnant essai historique intitulé C'étaient les poilus ! et nous ne résistons pas au plaisir d'en reproduire le prière d'insérer auquel nous souscrivons pleinement :

« Soixante millions d'hommes dans le monde se sont trouvés mêlés à la Première Guerre mondiale. Parmi eux, plus de quatre millions de Français eurent à connaître, à un moment ou à un autre, les misères et les risques des premières lignes : on les appela les poilus.

La guerre des généraux et des ministres, la guerre des batailles décrites par des spécialistes de l'histoire militaire, déplaçant divisions et régiments sur la carte comme s'ils jouaient aux échecs ont été souvent montrées.

La guerre des sans-grade, des pousse-cailloux, on la connaît moins. Ils avaient une vingtaine d'années, étaient boulangers, ferronniers ou paysans. Du jour au lendemain ils devinrent artilleurs ou fantassins. L'un d'eux raconta : « Le gaz, la boue, les poux, la faim, les ravitaillements qui n'arrivaient pas, le masque qu'il fallait nettoyer toutes les deux heures parce qu'il nous faisait baver. On vivait dans la saleté. On était malheureux. On était comme des bêtes ».

Pierre Stéphany, dont on connaît la manière de raconter l'histoire comme une histoire en ajoutant aux faits un supplément de vie et d'émotion, s'intéresse cette fois aux poilus. Si le mot existait dans le vocabulaire militaire bien avant la Première Guerre mondiale, il réapparut soudain en 1914 pour connaître une fortune qui dure encore, parce que le mot parle d'hommes qui n'allaient pas souvent chez le coiffeur et ne se rasaient pas tous les jours, mais aussi parce qu'il porte un accent de virilité et de fraternité qui nous rend proches à jamais de ces soldats inconnus.

Le fond historique de ce livre, ce sont les grands événements d'août 1914 à novembre 1918, particulièrement en France et en Belgique. Ils sont ici rapportés et expliqués brièvement, mais suffisamment. On y trouve les portraits de quelques hauts personnages : Joffre, Pétain, Albert Ier... – de Gaulle s'y trouvait déjà : il estimait que les tranchées étaient mal construites et il fut blessé à Verdun.

Mais la force du récit, ce sont les poilus au front. Les poilus au repos, dans les combats, tassés dans les trous – un réseau de tranchées et de boyaux qui faisait des milliers de kilomètres, sur les 800 kilomètres séparant la mer de la Suisse, guettant l'ennemi, jetés dans des attaques meurtrières toujours inutiles : la France à elle seule eut plus de 1 397 000 tués.

Pierre Stéphany est de ces témoins, de moins en moins nombreux, à qui leurs parents ont raconté leur propre Grande Guerre ; ceux que l'institutrice ou l'instituteur conduisaient le 11 novembre au pied du monument aux morts, qui ont connu dans leur village ou leur quartier des survivants – celui qui avait été gazé à Ypres, celui à qui il manquait un bras, celui dont une balle avait troué le casque et qui était resté aveugle.

Cela donne un accent de vérité et un degré d'émotion plus attachants encore à cette histoire simple et quotidienne d'hommes ordinaires mêlés à des péripéties d'une violence extraordinaire. »

On ne saurait mieux dire !

Bernard DELCORD

C'étaient les poilus par Pierre Stéphany, Bruxelles, Ixelles Éditions, avril 2014, 349 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 €

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13 06 14

Un carnaval de saveurs aux couleurs du Mundial...

Brasil cocktails.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Couronnée meilleure mixologiste de France en 2008, Sandrine Houdré-Grégoire évolue dans un univers composé de fruits, de légumes et d'eaux florales qui s'entremêlent pour surprendre et flatter les papilles. Actualité oblige, elle a fait paraître récemment chez Larousse à Paris un recueil fournissant la recette d'une trentaine de Brasil cocktails allant des plus classiques caïpirinhas et batidas à quelques inventions de son cru, festives et colorées à souhait, y compris sans alcool.

De quoi s'écrier « Allez les rouges, les bleus, les verts, les jaunes ou les blancs ! » dans un enthousiasme partagé !

Bernard DELCORD

Brasil cocktails par Sandrine Houdré-Grégoire, photographies de Fabrice Besse, Paris, Éditions Larousse, collection « Tendances gourmandes », avril 2014, 72 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 19,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 7,90 € (prix France)

Voici la recette d'une boisson de la couleur de nos Diables :

Queen of Bahia

Pour 1 verre

Ingrédients :

6 cl de cachaça

1/2 citron vert

Feuilles de menthe

3 fraises

1 cuiller à café de cassonade

2 cl de crème de fraise

2 cl de soda au citron

Recette :

Dans un shaker, déposez le citron vert coupé en dés, les feuilles de menthe et les fraises émincées.

Ajoutez la cassonade et écrasez le tout à l'aide d'un pilon.

Remplissez le shaker de glaçons, puis versez la crème de fraise et la cachaça.

Refermez le shaker et secouez-le énergiquement pendant une dizaine de secondes.

Versez le cocktail dans un verre rempli de glaçons en le filtrant à l'aide d'une passoire.

Complétez avec le soda au citron.

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13 06 14

Au feu !

Dettes publiques – Un piège infernal.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Membre de l'Académie Royale de Belgique et titulaire d'un MBA de Purdue University (États-Unis) ainsi que d'un doctorat en sciences de gestion (ULB), Bruno Colmant est un expert reconnu sur la scène internationale, qui enseigne par ailleurs l'économie et la finance à l'UCL, à la Vlerick Business School et à l'ICHEC. Titulaire d'une licence en journalisme (ULB) et collaboratrice de L'Écho, Jennifer Nille, quant à elle, est une spécialiste incontestée des marchés financiers et de la structure boursière.

Ces deux ténors se sont associés pour faire paraître chez Larcier à Bruxelles un bref essai intitulé Dettes publiques – Un piège infernal dans lequel ils sonnent le tocsin parce qu'« en Europe, la dette publique va bientôt dépasser une année de PIB [et que] cette réalité est la plus redoutable menace qui frappe notre continent puisque cette dette s'enflamme dans une économie sans croissance ni inflation ».

Après avoir souligné que certains pays ont déjà fait aveu de banqueroute et que d'autres ont capturé les dépôts bancaires pour absorber le coût de ces dettes excessives, nos auteurs s'interrogent sur la nature même de cette dette publique, sur ses liens avec la monnaie et l'inflation ou sur les risques qu'elle fait peser sur L'État-providence avant de tirer les leçons de l'histoire et de proposer des solutions intuitives pour s'extraire de ce piège.

Dieu les entende, s'Il existe !

Bernard DELCORD

Dettes publiques – Un piège infernal par Bruno Colmant et Jennifer Nille, Bruxelles, Éditions Larcier, février 2014, 148 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €

13 06 14

Sacs d'embrouilles...

Ni vu ni connu.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Ci-devant gros bonnet de la France à fric en Françafrique, le conseiller de l'ombre Jean-Yves Ollivier est entré dans la lumière en 2013 par l'entremise d'un film documentaire sud-africain, Plot for Peace, primé aux festivals de Galway, des Hamptons et de Palm Springs, décrivant son rôle dans la chute de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela, avec des témoignages de Winnie Mandela, l’ex-femme de « Madiba », Thabo Mbeki, Joachim Chissano, Denis Sassou-Nguesso, respectivement anciens chefs d’État de l’Afrique du Sud, du Mozambique et du Congo, ou encore du diplomate américain Chester Crocker.

Dans la foulée, il a fait paraître chez Fayard son autobiographie sous le titre Ni vu ni connu dans lequel il livre sa vérité sur son étrange parcours qui lui fit jouer un rôle notable dans la libération en 1988 des quatre otages français retenus au Liban par le Hezbollah après qu'il eut fait procéder en 1987 à l'échange de 133 soldats angolais et d'une cinquantaine de combattants du SWAPO de Namibie contre le capitaine sud-africain Wynand DuToit.

Suivent moult péripéties où l'on croise des politiques éminents de l'Hexagone (Jacques Chirac, Michel Roussin, François Mitterrand...) et des barbouzards fameux comme Jacques Foccart, mais aussi presque tous les dirigeants du Continent noir d'hier et d'aujourd'hui.

Bien que se poussant parfois un peu du col, ce témoignage s'avère particulièrement éclairant sur les ténèbres de la politique africaine contemporaine.

Bernard DELCORD

Ni vu ni connu par Jean-Yves Ollivier, Paris, Éditions Fayard, février 2014, 327 pp. en noir et blanc au format 15,3 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

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07 06 14

Systèmes pourris...

Les poches cousues.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 06/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Juge d'instruction à Bruxelles, spécialisé dans la lutte contre les crimes d'argent – il est actuellement en charge du dossier d'UBS Belgium, comme l'a révélé votre magazine favori –, Michel Claise s'est associé à son collègue Alain-Charles Faidherbe, qui exerça derrière le Rideau de fer, pour rédiger un polar intitulé Les poches cousues, paru chez Luce Wilquin.

En voici l'intrigue :

Dans un pays de l’Est, où règnent le Parti communiste et la corruption, le juge Mikhaïl Mikhaïlovitch a décidé de « coudre ses poches ». Dans ce système pourri, il devient alors l’homme à abattre. La chute du Mur ne change rien. Les mafieux russes, qui se substituent aux anciens apparatchiks, arrosent à leur tour les milieux politiques et judiciaires pour leur profit personnel. On assiste ici au combat d’un homme intègre. En refusant de suivre les directives que l'on tente de lui imposer, en dénonçant les malversations financières qu’il découvre, il devient la cible de toutes les stratégies de déstabilisation imaginables, faux témoignages, procédures falsifiées, menaces de mort, jusqu’à la violence ultime portée contre sa famille.

On s'en voudrait de déflorer la fin de cet ouvrage passionnant et fort bien écrit qui est aussi une mise en garde au moment où l'Ukraine et la Moldavie frappent à la porte de l'Union européenne et un vibrant plaidoyer contre les forces occultes qui sapent les bases de la démocratie au cœur du Vieux Continent.

Bernard DELCORD

Les poches cousues par Michel Claise et Alain-Charles Faidherbe, Avin, Éditions Luce Wilquin, mai 2014, 285 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 21 €

06 06 14

Croûtes à pâté, boules à mites et queues de poêle...

Contrepèteries.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 06/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Spécialiste de la chose dans les colonnes du « Canard enchaîné » et au Collège de Pataphysique, Jacques Antet a rassemblé – avec leurs solutions – dans un recueil paru chez Larousse un millier de Contrepèteries, ces inversions de sons transformant une phrase banale en phrase incongrue, souvent irrévérencieuse, voire salace, pour qui sait regarder et écouter autour de soi.

En voici quelques exemples, à composer sur des titres d'articles parus dans la presse : « Feu sur l'école » ; « Divertissement : les maçons du cœur » ; « Le Plan grand froid » ; « Bouilleurs de cru : la goutte de trop » ; « PPDA. Retour au cœur de l'actu » ; « La Chine ouvre ses portes »...

Ou bien sur le nom d'institutions, comme l'École des Mines de Paris, et d'entreprises, comme les Cars du Doubs, Mil'Troc, dépôt-vente, Les Trois Écus ou le Salon du Bateau...

Sans oublier des questions du genre : « Qui a peur du grand méchant loup ? » et « par crainte d'une rupture sentimentale, faut-il reculer la noce ? »

J'en passe, et des meilleures !

Bernard DELCORD

Contrepèteries par Jacques Antel, Paris, Éditions Larousse, mai 2014, 96 pp. en bichromie au format 12,2 x 16,3 cm sous couverture Intégra en couleurs, 5 € (prix France)

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