04 04 14

Reporters de guerre

Reporters de guerre (La France en Guerre).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 04/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Dans Visite sur les trois fronts par Arthur Conan Doyle (1859-930) & La France en Guerre par Rudyard Kipling (1865-1936), on découvre avec quelque étonnement que ces deux immenses écrivains britanniques, l'un père de Sherlock Holmes et l'autre auteur de Kim et du Livre de la jungle, ont voulu constater de visu ce qui se passait durant le premier conflit mondial du côté des lignes britanniques, italiennes et françaises pour le premier, dans le nord de l'hexagone et dans les Flandres pour le second, et l'on apprend que la Grande Guerre les marqua au fer rouge, puisqu'ils y perdirent chacun un fils bien-aimé.

Et si leurs reportages sont rédigés dans des styles bien différents, percutant pour Conan Doyle qui était médecin (Ypres «  est la ville d'un rêve, cette moderne Pompéi, détruite, désertée et profanée, mais avec une dignité fière et triste qui vous poussait malgré vous à baisser la voix en passant dans ses rues en ruines ») et lyrique pour Kipling qui était plus écrivain que journaliste (« La fumée s'évanouit dans ce morceau de tranchées, comme l'écume d'une vague meurt dans l'angle des murs d'un port »), on y sent sourdre, derrière la défense de l'Empire et de ses valeurs, une sorte de déréliction annonciatrice de la fin de celui-ci.

Deux textes formidables !

Bernard DELCORD

Visite sur les trois fronts par Arthur Conan Doyle & La France en Guerre par Rudyard Kipling, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Mémoires de Guerre », janvier 2014, 86 pp et 83 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € chacun (prix France)

Reporters de guerre (Visite sur les trois fronts).jpg

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29 03 14

Ceci est un grand peintre...

Magritte.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Si sa gestion muséale fut contestée par d'aucuns ces derniers temps, Michel Draguet, docteur en philosophie et lettres et agrégé de l'enseignement supérieur en philosophie et lettres, par ailleurs toujours directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, est sans conteste l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la vie et de l'œuvre de l'auteur de Ceci n'est pas une pipe à qui il a consacré une remarquable biographie parue sous le simple titre de Magritte chez Gallimard dans la fameuse collection « Folio ».

Rédigé dans une langue parfaite et avec un grand talent narratif, cet essai remarquable vulgarise avec brio la pensée et les techniques de l'un des plus grands artistes du XXe siècle qui « fit subir aux espaces et aux objets une infinité de modifications, fragmenta l'échelle onirique, inventa des territoires nouveaux, transforma des espaces connus, pratiqua une utilisation incongrue des titres : Ceci continue à ne pas être une pipe, Le Salon au fond d'un lac, La Philosophie dans le boudoir. »

Car, sous son air bonhomme, le Bruxellois René Magritte (1898-1967) ne manquait ni d'humour contestataire ni de zwanze, mais avec une conscience aiguë du malaise humain qu'il transcendait dans l'imaginaire, et de la vanité des choses, dont il riait avec désespoir.

Un paradoxe bien belge, à l'instar de nos institutions politiques ô combien surréalistes...

Magritte par Michel Draguet, Paris, Éditions Gallimard, collection« Folio biographies », février 2014, 413 pp. en noir et blanc et un cahier photo de 8 pp. en couleurs au format 10,7 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,90 € (prix France)

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28 03 14

C'est l'Doudou, c'est l'mama !

La Ducasse rituelle de Mons.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Inscrite par l'UNESCO au patrimoine oral et immatériel de l'Humanité, la Ducasse rituelle de Mons à laquelle les Éditions Racine à Bruxelles consacrent un fort beau livre au titre éponyme rédigé par une large équipe de spécialistes du folklore placés sous la houlette du professeur Benoît Kanabus, (UCL), se déroule immuablement depuis huit siècles en quatre temps : la descente de la châsse de sainte Waudru, patronne de la cité ; la procession, suivie de la montée du Car d'or et, enfin, le combat dit Lumeçon qui oppose saint Georges au dragon.

L'occasion, pour les habitants de la capitale du Hainaut, le temps du week-end de la Trinité, d'une liesse collective formidable dans laquelle s'unissent tous les âges et toutes les classes sociales pour admirer un immense cortège en costumes somptueux, écouter la musique du Montois Roland de Lassus, vibrer au combat que se livrent saint Georges et le diable et, pour les plus téméraires, de pousser le Car d'or dans son ascension de la rampe Sainte-Waudru ou d'arracher au dragon dans l'arène quelques crins porte-bonheur...

Le tout accompagné d'une profusion de bières, de côtelettes al berdouille et de tartes diverses savourées dans la bonne humeur et le respect pointilleux des traditions.

L'ouvrage, magnifiquement illustré, retrace l'histoire, décrit les gestes et explique le rôle social de ce rituel collectif venu du fond des âges. Qui était sainte Waudru ? Que sait-on de saint Georges ? Pourquoi une fête de dédicace à Mons ? D'où vient l'air du Doudou ? Quelle est la symbolique du Dragon ?

Une belle plongée dans les racines profondes de la culture hainuyère et wallonne !

Bernard DELCORD

La Ducasse rituelle de Mons sous la direction de Benoît Kanabus, préface d'Elio Di Rupo, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2013, 242 pp. en quadrichromie au format 26 x 30 cm sous couverture cartonnée blanche et jaquette bicolore, 39,95 €

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28 03 14

Bémol chez les dominicains

Meurtre à Rixensart.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Bien connue du public belge, Anouchka Sikorsky a travaillé à la RTBF avant de rejoindre RTL Télévision puis RTL-TVI en qualité d’animatrice et de productrice jusqu'en 1988.

Elle vient de publier chez Dricot à Liège son troisième roman, Meurtre à Rixensart, un amusant et ingénieux polar tout en rebondissements.

En voici le pitch :

« Quand le corps sans vie d’une jeune femme est retrouvé sur le domaine de la confrérie des dominicains, ceux-ci ne sont pas contents. On peut les comprendre…

Et lorsque dix ans plus tard, un autre cadavre est retrouvé au même endroit, la panique est à son comble. D’autant plus que le second crime semble avoir un lien direct avec le premier qui n’a jamais été élucidé.

Les villages de Rixensart et de Lasne, situés dans le verdoyant et paisible Brabant Wallon, sont en émoi.

Le fougueux curé de la paroisse est furibard. Les frères dominicains sont pétrifiés.

La poignée d’amis qui se retrouvent chaque année afin de ripailler tout leur content dans la maison d’hôtes Le Piano de l’Ange peinent à cacher leur enthousiasme  : "Enfin, une solide enquête dans laquelle ils vont pouvoir faire valoir leurs talents de fins limiers !"…

Tout cela bien sûr au grand dam du commissaire Briggs, gendre so British de la propriétaire des lieux, la comtesse Sophia Vronsky-Dessy qui lui a concédé la main de sa fille, la fantasque et ébouriffante Alice.

Au Piano de l’Ange, l’ambiance bat son plein, de conjectures déplacées en hypothèses fantaisistes... »

L'écriture est alerte, le ton jovial, les personnages bien campés et l'intrigue originale : tous les ingrédients d'une lecture agréable et passionnante !

Bernard DELCORD

Meurtre à Rixensart par Anouchka Sikorsky, Liège, Éditions Dricot, 466 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 €

26 03 14

Un immense artiste...

L'imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay.jpgOriginal et superbe, le catalogue de l'exposition Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir,que l'on peut admirer au Musée d'Orsay à Paris jusqu'au 11 mai 2014, l'est à plus d'un titre.

Par sa forme, d'abord : celle d'un journal de grand format – 30 x 42 cm –, à la fabrication et à la mise en page soignées ressuscitant le grand médium du XIXe siècle dans lequel l'artiste a si souvent excellé.

Par la qualité de ses reproductions de dessins, de caricatures, de gravures, d'aquarelles et de peintures, ensuite, qui permettent de mesurer de près l'étendue du talent de ce maître incontesté et toujours admiré de nos jours.

Par la qualité de son commentaire, enfin : rédigée par un doctorant, une brillante synthèse (publiée en français et en anglais) qui met en lumière de façon synthétique les éléments biographiques et les enjeux artistiques qui ont présidé à la création de plus des dix mille pièces de l'œuvre graphique monumentale de ce Simenon du crayon et du pinceau.

Une belle réussite éditoriale, donc, intitulée L'imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay, dont peuvent s'enorgueillir les Éditions Flammarion à Paris.

Il est vrai que cette exposition organisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France est la première rétrospective depuis trois décennies sur cet artiste majeur.

Voici ce qu'en écrit le site du Musée :

« Gustave Doré est sans doute l'un des plus prodigieux artistes du XIXe siècle. À quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture.

L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques...

En tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes (la Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantès, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d'aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaite explorer. »

Un événement et un catalogue à ne pas rater !

Bernard DELCORD

L'Imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay par Damien Delille, Paris, Éditions Flammarion, février2013,  32 pp en quadrichromie au format 30 x 42 cm sous couverture piquée Singer en couleurs, 9,50 € (prix France)

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21 03 14

À l'extrême droite, toute !

Agatha Christie Qui suis-je.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

L'une des meilleures sources pour connaître l'extrême droite rampante est très certainement constituée par les écrits des supporters de ce mode de pensée qui, à l'instar du personnage d'Alex d'Orange mécanique flairant le sadisme sublimé dans la IXe symphonie de Beethoven, débusquent les accointances avec leurs idées dans des œuvres en apparence anodines.

C'est le cas avec Agatha Christie Qui suis-je ? paru chez Pardès à Grez-sur-Loing, un essai très documenté dans lequel la journaliste lepéniste et révisionniste Camille Galic, ancienne patronne des magazines Rivarol et Écrits de Paris et actuelle chroniqueuse de Présent, décrit avec moult détails et grande gourmandise les opinions sulfureuses et les certitudes réactionnaires de la « reine du crime » (1890-1976) relatives aux races et aux peuples ou au catholicisme traditionnaliste, ainsi que sa fascination-répulsion pour le national-socialisme.

Une suite de révélations à contre-courant et solidement étayées, qui nous feront désormais jeter sur les enquêtes de Miss Marple et d'Hercule Poirot un regard quelque peu désabusé...

Bernard DELCORD

Agatha Christie Qui suis-je ? par Camille Galic, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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21 03 14

Jeux d'argent...

Petites coupures.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Finement ciselés, les courts récits de Dominique Costermans rassemblés dans Petites coupures paru aux Éditions Quadrature à Louvain-la-Neuve ont le bon vieil argent pour fil rouge : des pièces d'un, de cinq ou de dix francs belges, des billets de cinquante, cinq cents et cinq mille balles de chez nous ou du Rwanda, mais aussi un carnet d'épargne enrichi de timbres et de cachets, des traveller's cheques et de la menue monnaie de Sa Majesté britannique, un panel de valeurs diverses dont on suit les destins variés (dans le tube digestif d'un enfant qui a avalé une grosse pièce, dans la poche d'un ramasseur d'ordures à Kigali, voire bien au chaud dans un soutien-gorge...)

L'écriture est alerte, le ton inventif – et vintage, bien entendu... – et l'on sourit à l'évocation d'époques prestement ressuscitées avec une grande économie de mots mais dans une sorte d'allégresse jubilatoire.

Un recueil qui vaut son pesant d'or !

Bernard DELCORD

Petites coupures par Dominique Costermans, Louvain-la-Neuve, Éditions Quadrature, octobre 2013, 73 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

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21 03 14

Les griffes du Tigre...

Le Monde selon Clemenceau.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

L'historien Jean Garrigues, dans Le Monde de Clemenceau paru chez Tallandier à Paris, derrière la personnalité du défenseur de Dreyfus, du tombeur de ministères des années 1880, du briseur de grèves de 1906 et du Père la Victoire de 1918, donne à voir le caractère et les traits d'esprit d'un « grand homme d'État, véritable icône patriotique, passionnément laïque et démocrate, cocardier, rebelle et autoritaire, féministe et misogyne, rêveur et philosophe, amoureux et querelleur, drôle et sensible, féroce et tendre à la fois », qui excellait dans les joutes oratoires et les petites phrases assassines.

Florilège ironique :

« Donnez-moi trente trous du cul et je vous fais une Académie française. »

« Pour prendre une décision, il faut un nombre impair de personnes, et trois, c'est déjà trop. »

« Somme toute, les Anglais ont fait aux Boers d'Afrique du Sud ce que nous sommes très fiers d'avoir fait aux Arabes d'Afrique du Nord, aux Malgaches, aux Tonkinois, ce que les Allemands nous ont fait à nous-mêmes. »

« La démocratie ? Le pouvoir pour les poux de manger les lions... »

« Il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate. »

« On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

Le portrait d'un homme lucide...

Bernard DELCORD

Le Monde selon Clemenceau par Jean Garrigues, Paris, Éditions Tallandier, février 2014, 334 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,90 € (prix France)

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21 03 14

Le savoir-faire de chez nous !

Bières d'artisans en Wallonie et à Bruxelles.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Dans Bières d'artisans en Wallonie et à Bruxelles paru aux Éditions Racine à Bruxelles, Michel Verlinden passe en revue le travail exceptionnel de vingt artisans brasseurs [1] dont le dynamisme et le savoir-faire en matière de bière spéciales ont redynamisé ce secteur d'activité de tradition ancestrale dans nos régions.

Avec succès auprès du public belge, mais aussi sur des marchés à l'export comme les États-Unis et l'Italie où leurs bières d'épeautre, leurs « porters » crémeux, leurs saisons désaltérantes, leurs blondes vivifiantes, leurs blanches au feu de bois et autres stouts Big Mama ou lambics à la quetsche font de plus en plus d'heureux.

Chaque bière est présentée en détail (histoire, fiche technique, origine du nom, description de l'étiquette, présentation de la brasserie et du maître brasseur, conseils de celui-ci, fiche de dégustation par un expert, bonnes adresses pour la savourer et recette de cuisine du terroir) et illustrée de superbes photographies qui donnent soif... d'en savoir plus !

Mais avec modération, indeed.

Bernard DELCORD

Bières d'artisans en Wallonie et à Bruxelles par Michel Verlinden & Christophe Gillard, préface d'Éric Boschman, photographies d'Alexandre Bibaut, Bruxelles, Éditions Racine, décembre 2013, 208 pp en couleurs au format 25 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage houblonné les informations suivantes :

Val-Dieu Triple

S'il n'existe que huit bières trappistes dans le monde (dont six sont belges), on produit plus de deux cents bières d'abbaye rien que dans notre pays et la Val-Dieu Triple brassée au monastère cistercien du Val-Dieu fondé à à Aubel en 1216 se singularise parmi ces dernières par le fait que sa recette a été retrouvée après de longues recherches parmi les 40 000 ouvrages de la bibliothèque abbatiale.

Contrairement à la plupart de ses concurrentes, la Triple est donc une vraie bière d'abbaye, de fermentation haute, non pasteurisée, simple, sans aromate et brassée – par « une » maître brasseur de 32 ans, Virginie Harzé, le fait mérite d'être souligné– selon l'ancienne méthode à infusion.

Le résultat ?

Un nectar à 9% excellent et digeste, au nez à la fois pointu et corsé, affichant une couleur d'un jaune chaleureux légèrement voilé et offrant, en milieu de bouche, une saveur légèrement sucrée où se mêlent amertume et douceur sous une mousse blanche peu onctueuse en raison de son volume d'alcool élevé.

Un must en accompagnement des préparations (de lapin, par exemple) et des fromages des terroirs wallons !


[1] Brasseries Sainte-Hélène à Virton (Symcoe Lager), de Bellevaux à Malmedy (Black), Novabirra à Braine-l'Alleud (Big Mama),  Caracole à Falmignoul (Troublette), des Légendes à Irchonwelz (Saison Voisin),  de et à Blaugies (Saison d'épeautre), de Cazeau à Templeuve (Saison Cazeau),  à vapeur à Pipaix (Saison de Pipaix), de et à Jandrain-Jandrenouille (IV Saison), Dupont à Tourpes (Bons Vœux), Millevertus à Tintigny (Vertus Ose), Forestinne à Falmignoul (Primoria), de la Lesse à Éprave (La Cambrée), de et à Rulles (Rulles Estivale), Tilquin à Rebecq (Quetsche à l'ancienne), du Val-Dieu à Aubel Val-Dieu Triple), Les 3 Fourquets à Bovigny (Lupulus Blonde), Notre-Dame de Saint-Rémy à Rochefort (Trappistes Rochefort 10)  et, à Bruxelles, de la Senne (Zinnebir) et Cantillon (Cantillon Iris).

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15 03 14

L'art de touiller dans les latrines...

Paparazzi !.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

Les productions des paparazzis sont à la photographie ce que la musique militaire est à l'art symphonique et le beaujolais nouveau à la production viticole de la Champagne.

Le Centre Pompidou-Metz a pourtant décidé de leur consacrer une «grrrande » exposition (du 26/2 au 9/6/2014) dont le catalogue, rédigé par une équipe de zozos, est sorti aux Éditions Flammarion qui n'ont pas lésiné – à défaut de mieux – sur la qualité du papier, de la photogravure et de la reliure.

Le lecteur a donc droit à des diarrhées de louanges pour le « travail » et le « talent » de quelques pirates qui, mus uniquement par l'appât du gain, vont jusqu'à s'enorgueillir de leur basse besogne en présentant en guise de trophée le contenu des poubelles de quelques people.

Et, bien que les louanges des bobos soient innombrables sur Internet, nous ne voyons aucun intérêt à contempler le pubis velu de Jackie Kennedy, le sexe épilé de Britney Spears, les fesses de Jack Nicholson ou les cadavres de Lady Di et de François Mitterrand.

Signalons toutefois un gros manque à cette exposition incongrue : les photos – supposées –de Claude Pompidou ayant circulé sous le manteau en 1969 dans le cadre de l'affaite Markovic...

« Courageux », mais pas téméraire, le Centre Pompidou-Metz ?

Bernard DELCORD

Paparazzi ! sous la direction de Clément Chéroux, préface de Laurent Lebon, Paris, coédition Flammarion Centre Pompidou-Metz, février 2014, 318 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 24,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

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