02 03 14

Dans ma rue...

Street art mode d'emploi (2).jpgJérôme Catz est commissaire d'exposition indépendant depuis 2003 et il milite activement pour que les arts plastiques urbains gagnent leur place dans le monde de la culture. Il organise chaque année des expositions et a créé le réseau de centres d'art Spacejunk en France.

Il a aussi fait paraître chez Flammarion un fort intéressant album illustré intitulé Street art mode d'emploi dans lequel il initie le lecteur aux productions artistiques urbaines contemporaines qui sont tantôt provocatrices, politiques, monumentales ou poétiques – mais toujours sauvages... – et se déclinent sous des aspects aussi divers que le pochoir, l'installation, l'anamorphose, la sculpture, le collage ou les exploits.

Autant de champs d'interventions et de techniques que son ouvrage propose de décrypter afin de repérer et de mieux comprendre ce dernier-né des mouvements artistiques, qui se déploie à l'échelle planétaire et qui occupe désormais une place officielle dans l'histoire de l'art.

L'ouvrage se clôt sur l'élucidation de 30 notions clés, l'indication de 20 dates repères et la présentation de 30 artistes incontournables.

Signalons en outre aux amateurs qu'ils pourront voir une interview de l'auteur publiée sur Internet en se rendant à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Txi1aAeC5nk

On n'arrête pas le progrès !

Bernard DELCORD

Street art mode d'emploi par Jérôme Katz, Paris, Éditions Flammarion, collection « Mode d'emploi » dirigée par Élisabeth Couturier, mai 2013, 256 pp en quadrichromie au format 19,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié dans cet album la présentation suivante,

d'une artiste dont nous admirons le talent [1] :

Miss.Tic

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 1.jpg

Qui est-elle ?

Fille d'une famille modeste au destin tragique, Miss.Tic choisit son nom de scène dans le monde de la BD populaire. Née en 1956, orpheline à 16 ans, elle se lance dans le théâtre traditionnel et dans le théâtre de rue avant de tenter l'expérience américaine fin 1979. De retour à Paris trois ans plus tard, l'enfant de Montmartre conjugue les planches avec les arts appliqués et commence à marquer son territoire à coups de sentences réalisées au pochoir sur les murs. Miss.Tic est l'une des rares artistes féminines du street art de l'époque héroïque, l'une des plus connues et celle dont l'endurance et l'acharnement forcent le respect.

 Poète du bitume, elle harangue le passant avec ses mots, aphorismes et faux proverbes. Tic incontrôlable ou toc sous contrôle, elle raconte avec drôlerie et esprit son rapport ou Mâle. Elle décline sa passion pour cet autre à qui elle ressemble par le risque physique qu'elle prend lors de ses interventions urbaines, alors même qu'elle soigne son image glamour. Elle crie haut et fort sa féminité comme celle de ses sœurs, avec ses états d'âme, ses envies et ses blessures et décline avec élégance et esprit la guerre des sexes ...

Carnets intimes impudiquement révélés au quidam via un humour corrosif, prose en prise directe avec les tréfonds de nos âmes, parfois « brut de décoffrage », les œuvres de Miss.Tic parlent de la fragilité de l'existence, des joies et des peines qu'il faut vivre pleinement.

Son œuvre :

Ses textes courts et incisifs, provocateurs ou questionnant, accompagnent l'image d'une femme aguicheuse et sexy qui figure dans toutes les œuvres de la miss. Le rapport entre image et mots invite le passant à la réflexion. Ses pochoirs, où le noir et le rouge se chevauchent un brin, créent ce qu'il faut de contraste et de profondeur sur le béton ou la brique.

Depuis 1986, ses déclinaisons mots/images sont régulièrement transposées sur toile ou autres supports transportables et vendues en galerie. En usant de matériaux issus de la rue, comme du métal rouillé, des reconstitutions de murs, du bois ou des affiches lacérées, Miss.Tic introduit dans les intérieurs des collectionneurs la part indissociable d'urbanité attachée à son travail. Ses déclinaisons trouvent aussi leur place dans le monde de l'affiche, pour le cinéma ou la musique, et la grande maîtresse des haïkus parisiens s'expose de Venise à Londres, de Berlin à Singapour pour le meilleur et pour l'empire... de la poésie ! Citant Prévert ou elle-même, elle s'inspire de la mémoire des rues, elle s'engage et prend position, persiste et signe...

Elle a acquis une reconnaissance légitime, n'ayant jamais failli... d'ailleurs l'aurait-elle pu ?

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 2.jpg

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[1] Les deux dessins que nous avons ajoutés en fin de présentation ne figurent pas dans l'album qui contient une photo de grand format qu'il ne nous a pas été possible de reproduire ici.

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01 03 14

Tempus fugit...

Échec au temps.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 1er mars 2014 de l'hebdomadaire Marianne Belgique :

Dans Échec au temps (un roman rédigé à la fin des années trente et publié en 1945) qui vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la collection « Espace Nord », le grand écrivain belge Marcel Thiry (1897-1977) imagine que la bataille de Waterloo fut une victoire napoléonienne et qu'en 1935 un trio de compères – dans lequel on peut reconnaître l'auteur – regarde inlassablement les images de la bataille au moyen d'une machine de « rétrovision » avec l'espoir de « faire échec au temps en faussant l'engrenage des causes ». Un scénario a priori alléchant, qui naquit en marge des réunions du Groupe du Lundi (1936-1939) animé par Franz Hellens et Robert Poulet à la suite de conversations avec ce dernier (le fait nous a été confirmé jadis par plusieurs membres du groupe), traité dans une langue magnifique et développé avec un sens du récit bien maîtrisé, mais qui a pris un terrible coup de vieux... Car c'est le lot habituel de la science-fiction, certes, mais aussi parce que l'auteur s'y livre à une démonstration pesante selon laquelle la répétition des causes peut entraîner le déraillement de celles-ci et en modifier les conséquences... L'ouvrage nous est tombé des mains, marquant par là la victoire écrasante du temps qui passe...

Bernard DELCORD

Échec au temps par Marcel Thiry, préface de Roger Caillois, postface de Pascal Durand, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, février 2014, 287 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

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26 02 14

À chacune son huile essentielle

Essences de femmes.jpgDominique Baudoux est un patron pharmacien passionné de santé et de bien-être. Professeur d'aromathérapie mondialement reconnu, il enseigne la force préventive et curative des huiles essentielles dans un collège qui porte son nom.

Dans Essences de femmes paru chez Soliflor à Bruxelles, il s'adresse à  toutes les femmes, quels que soient leurs profils (baba cool, coincée, psychorigide, impatiente, instable, enragée, dormeuse, d'intérieur, mère de famille, séparée, cuisinière, jardinière, voyageuse, amie des bêtes, indisposée, enceinte, allaitante, ménopausée, grand-mère, hyper sensible, maladroite, fragile, tendue, peureuse, anxieuse, stressée, dépressive, angoissée de la page blanche, studieuse, fêtarde, grignoteuse, fumeuse, allergique, frileuse, ballonnée, enrhumée, grippée, hospitalisée, grande malade, coquette, disgracieuse, amoureuse, sensuelle, star...) et leur propose 150 recettes simples à base d'huiles essentielles, faciles à respirer, à avaler, à diffuser ou à appliquer sur la peau et propres à leur apporter plus de beauté, de santé et de joie.

Un guide pratique à conserver précieusement dans votre sac, Mesdames, et à consulter régulièrement !

Bernard DELCORD

Essences de femmes par Dominique Baudoux, illustrations de Valentine De Cort, Bruxelles, Éditions Soliflor, décembre 2013, 167 pp en couleurs au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Pour vous, nous avons recopié les conseils suivants, destinés à la femme sportive :

La nageuse

Tu adores te baigner, que ce soit pour te détendre ou pour te défouler ! Mais on peut parfois attraper de vilaines petites saletés. Et en eau de mer, on ne sait jamais ce qui traîne dans les parages... Place donc ces remèdes dans une trousse étanche à emporter partout !

Ton huile essentielle :

Sarriette des montagnes

Contre les verrues :

– 2 ml d'HE de cannelle de Chine

– 3 ml d'HE de sarriette des montagnes

– 5 ml d'HV de noyaux d'abricot

Pour traiter les verrues, pose une seule goutte localement 2 fois par jour pendant 2 à 3 semaines.

Contre les otites et otalgies :

– 2 ml d'HE d'eucalyptus radié

– 2 ml d'HE d'eucalyptus citronné

– 3 ml d'HE de thym saturéoïde

– 5 ml d'HV de millepertuis

Qui dit eau, dit eau dans les oreilles. Pour un soulagement rapide, applique cette formule en faisant un massage péri-auriculaire.

Cela peut résoudre intégralement l'inconfort, à condition de l'appliquer 4 à 6 fois par jour.

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26 02 14

Souvenirs de la grande boucherie...

Ceux de 14.jpgMaurice Genevoix (1890-1980) obtient le prix Goncourt en 1925 pour Raboliot, et est élu à l'Académie française en 1946. Il est l'auteur d'une très grande œuvre, vaste hommage à la nature après ses premiers ouvrages sur la guerre : plus de soixante livres, dont La Dernière Harde et Un jour, qui furent d'immenses succès.

Pour commémorer le centenaire du début de la Grande Guerre, les Éditions Flammarion ont ressorti son fameux et imposant volume rassemblant Sous Verdun (1916), écrit en quelques semaines et largement censuré, Nuits de guerre (1917), Au Seuil des Guitounes (1918), La Boue (1921) et Les Éparges (1923), des textes réunis sous le titre de Ceux de 14 en 1949, dans la version définitive retravaillée par l'auteur.

Cette nouvelle édition, préfacée par l'historien Michel Bernard[1] et suivie d'un dossier de 90 pages réalisé par le documentaliste Florent Deludet, comprend des photographies du texte censuré, des carnets de Genevoix, de sa correspondance et de ses « camarades du 106 », véritables héros de ce récit.

En voici un bref aperçu :

« 1er août 1914 : la France décrète la mobilisation générale. Le 2 août, Maurice Genevoix, brillant normalien qui n'a pas 24 ans, rejoint le 106e régiment d'infanterie comme sous-lieutenant... Neuf mois plus tard, il est grièvement blessé et est réformé. Entre ce mois d'août 1914 et les trois balles qui l'atteignent, le 25 avril 1915 dans la Tranchée de Calonne, le jeune homme aura participé à la bataille de la Marne, marché sur Verdun et, surtout, pendant quatre longs mois, défendu les Éparges.

Sur cette colline meurtrière, les combats se font au corps-à-corps, à la grenade, et sous le feu des obus. Entre l'été et le printemps revenu, Maurice Genevoix vit le quotidien du fantassin, la boue, le sang, la mort, alors que le commandement croit encore à une guerre courte. »

L'immense ouvrage d'un écrivain qui ne l'est pas moins !

Bernard DELCORD

Ceux de 14 par Maurice Genevoix, Paris, Éditions Flammarion, préface de Michel Bernard, dossier réalisé par Florent Deludet octobre 2013, 958 pp. en noir et blanc au format 14 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)


[1] Michel Bernard, historien et haut fonctionnaire, est l'un des meilleurs spécialistes de la Grande Guerre vue par ses combattants-écrivains, notamment Maurice Genevoix. II est l'auteur du très remarqué La Tranchée de Calonne (2007), couronné par le prix Erckmann-Chatrian, de La Maison du docteur Laheurte (2008, prix Maurice Genevoix), de Le Corps de la France (2010, prix Erwan Bergot de l'armée de terre) et de Pour Genevoix (2011).

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25 02 14

De la beauté à l'état pur...

Une passion française (cover).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Riche d'innombrables chefs d'œuvre (de Pierre Bonnard, Gustave Caillebotte, Camille Corot, Edgar Degas, Maurice Denis, André Derain, Raoul Dufy, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Georges Lemmen, Aristide Maillol, Édouard Manet, Albert Marquet, Henri Matisse, George Minne, Amedeo Modigliani, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre Auguste Renoir, Auguste Rodin, Paul Sérusier, Alfred Stevens, Henri de Toulouse-Lautrec, Kees van Dongen et, pour l'illustration de la couverture notamment, Édouard Vuillard, si l'on ne s'en tient qu'aux artistes les plus connus), la collection de Marlene et Spencer Hays a fait l'objet d'une remarquable exposition présentée au musée d'Orsay entre avril et août 2013.

Rédigé par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan et coédité par Skira et Flammarion, son catalogue somptueux s'intitule Une passion française et il se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amateur d'art qui se respecte, tant les découvertes que l'on y fait s'avèrent inédites et passionnantes.

Écoutons ses auteurs, tous trois conservateurs au musée d'Orsay :

« Rien ne prédestinait les Hays à devenir des collectionneurs. Issus de familles modestes, éduqués loin des musées et autodidactes en histoire de l'art, ils commencent par acheter des tableaux au début des années 1970 pour décorer leur maison de Nashville. À l'instar de nombre de leurs compatriotes, ils s'intéressent dans un premier temps à l'art américain. Puis vient la passion, cet aiguillon qui bouleverse leur vie.

Au début des années 1980, ils se lient avec des historiens de l'art, des conservateurs de musée et des galeristes. Ces rencontres bouleversent leurs habitudes de collectionneur. Ils orientent alors leurs choix vers les Nabis, une peinture pleine de mystère et de rêve.

Pour faire partager leur passion de l'art et de la culture française, les Hays ont accepté d'ouvrir leurs portes à New York comme à Nashville, nous laissant découvrir des chefs-d'œuvre (...) présentés parfois pour la première fois en France. »

Une idée de génie(s) !

Bernard DELCORD

Une passion française – La collection Marlene et Spencer Hays par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan, Rome-Paris, Éditions Skira-Flammarion, avril 2013, 208 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 40 € (prix France)

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Amedeo Modigliani, Portrait de femme au chapeau, 1909,

huile sur carton, 35 x 27 cm

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25 02 14

Une brillante pinte de bon sang...

Voltaire Œuvres d'humour.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Homme d'esprit s'il en est, styliste de haut vol et intellectuel engagé dans la lutte contre l'intolérance, François-Marie Arouet, dit Voltaire, né le 21 novembre 1694 à Paris où il est mort le 30 mai 1778, a fréquemment recouru à l'humour pour mener ses combats. Pour lui, l'ironie a en effet une vertu pédagogique permettant de démontrer les dangers du fanatisme ainsi que l'absurdité des croyances nées de l'obscurantisme et de la dictature des religions.

Dans un fort volume intitulé Œuvres d'humour paru aux Éditions Omnibus, l'universitaire française Clémentine Pradère-Ascione – elle prépare une thèse de doctorat à Paris III Sorbonne Nouvelle sur la « fantaisie noire  » dans les écrits de Boris Vian, une autre sorte d'écrivain lumineux – a regroupé l'intégrale de ses quarante contes (parmi lesquels Zadig [1747], bien entendu, ou Micromégas [1752], et encore Candide [1759], mais aussi L'origine des métiers [1764, en vers] Le crocheteur borgne [1774], Les oreilles du comte de Chesterfield [1775]...), un choix de pièces de théâtre introuvables et méconnues (La fête de Bellébat [1725], L'envieux [1738], Charlot ou La comtesse de Givry [1767], Les deux tonneaux [1769]...), ainsi qu'une sélection de textes philosophiques hilarants (dont De l'horrible danger de la lecture [1765], Les questions de Zapata traduites par le sieur Tamponet, docteur en Sorbonne [1767] et la Canonisation de saint Cucufin [1769]...).

Une belle occasion à saisir, pas si fréquente, celle de rigoler un bon coup !

Bernard DELCORD

Œuvres d'humour par Voltaire, choix et présentation de Clémentine Pradère-Ascione, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2013, 1108 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

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24 02 14

Prix Diagonale-Le Soir 2014

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Les nominés du Prix Diagonale-Le Soir ont été révélés par la ministre Fadila Laanan, à la Foire du Livre, sur le stand de la Comix Factory, en présence de nombreuses personnalités dont Raoul Cauvin et Jean Van Hamme.

MEILLEUR ALBUM :

LE DAHLIA NOIR (Miles Hyman, Matz, David Fincher, James Ellroy, Éditions Casterman)

MA RÉVÉRENCE (Lupano & Rodguen, Éditions Delcourt)

MELVILLE (Romain Renard, Éditions du Lombard)

MEILLEURE SÉRIE :

MURENA (Philippe Delaby & Jean Dufaux, Éditions du Lombard)

ZOMBILLENIUM (Arthur de Pins, Éditions Dupuis)

BLACKSAD (Juanjo Guarnido & Dias Canales, Éditions Dargaud)

Les lauréats du Prix Diagonale reçoivent un montant en numéraire de 2 000 euros pour leur prix, à la condition d’animer une master class à l’intention des jeunes artistes. Véritable workshop, les jeunes viennent avec leurs travaux et reçoivent des conseils personnalisés par les auteurs confirmés. Cette année, à la Foire du Livre, ces master classes sont organisées en collaboration avec l’Atelier 24 et la Fanzinothèque (stand 318 de la Comix Factory). Dès le départ, le jury a voulu adosser au prix un espace de transmission à la jeune génération afin de poursuivre une dynamique entre celle-ci, la BD underground et les auteurs confirmés.

Le Prix Diagonale est né en 2008 à l’initiative d’auteurs de Bande dessinée  : le Président, Jean Dufaux, s’est entouré de Jean Van Hamme, Raoul Cauvin, Hermann, Dany, Cosey, Jean-Claude Servais, Jean-François et Maryse Charles.

Depuis 2013, le Prix Diagonale a noué un partenariat avec le journal Le Soir et la Fondation Raymond Leblanc qui récompense un jeune créateur pour les quatre premières planches. Ce prix est assorti d’un montant de 2 000 euros pour créer leur album publié dans l’année aux Éditions du Lombard. 

La remise des Prix Diagonale-Le Soir 2014 aura lieu a la Ferme du Biéreau, à Ottignies-Louvain-la-Neuve le 22 mai prochain. Le Prix Diagonale-Le Soir est la principale distinction BD en Belgique francophone.

    

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19 02 14

Géricault Fragments de compassion

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Exposition au Musée des Beaux-Arts (MSK) de Gand, du 21 février au 25 mai 2014

En 1908, Les Amis du Musée des Beaux-Arts de Gand achètent pour une somme fort raisonnable, lors d’une vente aux enchères à Paris, un tableau de Théodore Géricault (1791-1824) intitulé Le Fou assassin. À l’époque, la presse parisienne qui faisait état de cette vente se demandait qui serait assez insensé pour accrocher une telle œuvre dans son salon ! 

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Portrait d'un cleptomane

Ce portrait, en réalité celui d’un cleptomane, faisait partie d’un ensemble de portraits d’aliénés, tout comme La Monomane de l’envie du Musée des Beaux-Arts de Lyon et Le Monomane du rapt d’enfants du Museum of Fine Arts de Springfield peints par Géricault à l’hôpital la Salpêtrière. 

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 La Monomane de l'envie 

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Le Monomane du rapt d'enfant

En 1819, Théodore Géricault expose son grand tableau d’histoire, Le Radeau de la Méduse, qui suscite l’admiration, mais aussi la répulsion du public en raison même des circonstances tragiques du naufrage. De plus, la toile met en évidence les erreurs politiques du gouvernement, ce qui n’a pas l’heur de plaire au pouvoir alors en place. Néanmoins, cette composition monumentale fait de Géricault le porte-flambeau d’une nouvelle manière de peindre et, avec les récents événements de Lampedusa, sa peinture est plus contemporaine que jamais. 

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Le Radeau de la Méduse, l’Argus en vue

Peu après, Géricault réalise une série de portraits de malades mentaux, qui renonce aux manières conventionnelles de traduire la folie en préférant rendre aux malades représentés leur personnalité et leur humanité. 

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Fragments anatomiques

L’exposition veut montrer que loin d’être un peintre du tragique et du malsain, Géricault se révèle avant tout un homme soucieux de traduire la cruauté du quotidien avec une profonde empathie et une entière compassion pour les protagonistes de ses tableaux.

Pour ce faire, de nombreuses toiles, dessins et estampes d’ Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeaux, Francisco Goya, Johan Heinrich Füssli et Adolf Friedrich Menzel prêtées par des musées internationaux permettent de situer l’œuvre de cet artiste dans un contexte plus large.

Cette exposition, réalisée en partenariat avec la Schirn Kunsthalle de Francfort, a été rendue possible grâce à des prêts exceptionnels de L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et du Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Elle se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Gand, du 21 février au 26 mai 2014.

Les jupons de la révolution

Une salle supplémentaire sera consacrée au rôle politique que jouèrent certaines femmes lors de la Révolution française. « Marianne » personnifie désormais la France républicaine et la Liberté. Elle n'est plus une figure idéalisée, mais revêt les traits d'une beauté roturière bien réelle.

De nombreuses femmes enthousiasmées par la portée universelle de ces idées ont voulu jouer un rôle politique.

Elles souhaitaient prendre une part active à la lutte révolutionnaire et même, en compagnie des hommes, s'enrôler dans l'armée. 

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Les jupons de la Révolution (anonyme)

Néanmoins, le pouvoir en place qui ne souhaitait pas une ingérence féminine dans les affaires de l'État, leur réserva un sort peu clément allant de l'exécution sur la place publique à la réclusion dans les premiers établissements psychiatriques. Tel fut le cas de Théroigne de Méricourt, femme politique, féministe, qui, dit-on, mena l'assaut sur les Tuileries en 1792. Elle fut déclarée folle et enfermée à la Salpêtrière tout comme L'Hyène de la Salpêtrière dont Géricault fit le portrait. Elle mourut dans cette institution psychiatrique une vingtaine d'années après son internement.

Alfredo et Isabel Aquilizan

À l’occasion de l’ouverture de l’exposition Géricault, des enfants pourront, lors d’ateliers créatifs, aider les artistes Alfredo et Isabel Aquilizan à élaborer une installation de grande dimension. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des manifestations organisées à l’occasions de « 50 années d’émigration à Gand ». Elle fait également référence aux récentes tragédies qui ont eu lieu à hauteur des côtes de Lampedusa (Italie) et, bien entendu, au Radeau de la Méduse.

Les Aquilizan qui travaillent en couple utilisent le principe de la collecte et de la participation pour exprimer les concepts de migration de famille et de mémoire. Œuvrant dans la mesure du possible avec les collectivités locales, les Aquilizan rassemblent des objets personnels pour composer des installations complexes et formelles qui sont le reflet d’expériences individuelles concernant l’exode et le changement.

L’installation qui sera présentée au MSK revêtira la forme d’un radeau composé de centaines de petits radeaux et bateaux faits à la main. Cet assemblage de petites sculptures, réalisées par des enfants et des adultes à base d’objets et de matériaux trouvés, sera ajouté à cette œuvre en cours d’évolution. Parce qu'ils ont eux-mêmes émigré des Philippines en Australie, le travail des Aquilizan reflète leur expérience personnelle tout en instituant des échanges et en transmettant des idées qui ne connaissent pas de frontières.

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Ils ont participé à des expositions individuelles (Logan Art Gallery, Brisbane, Australie, 2008 ; The Drawing Room, Manille, Philippines, 2006) et à des expositions de groupe (Biennale de Moscou, 2013 ; Biennale de Singapour, 2008 ; Biennale d’Adélaide, Australie, 2008 ; Biennale de Sydney, Australie, 2006 ; 50e Biennale de Venise, Italie, 2003).

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Prix d'entrée par personne : 10 €
  • Gantois(es) – personnes âgées de 65 ans et plus – groupes d'au moins 15 personnes – carte enseignante : 8 €
  • Moins de 26 ans : 2 €
  • Moins de 19 ans – les habitants de Gand chaque dimanche de 10h à 13h – accompagnateur de visiteurs handicapés –Amis du Musée des Beaux-Arts – membres ICOM/VMV – carte presse – carte guide : 0 €

Réservation

FNAC – Tél. 0900 00 600 - www.fnac.be

Excursion – Train + Ticket - en vente dans toutes les gares SNCB – www.sncb.be

Ateliers/groupes, visites guidées

T+32(0)9 269 87 50 – boekjebezoek@gent.be

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17 02 14

Une voiture pour chacun

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Après 60 voitures des années 60 et 60 sportives de Starter, les Éditions Dupuis à Marcinelle ont rassemblé, dans un troisième tome intitulé 60 populaires de Starter, la suite des « Chroniques de Starter » parues dans le Journal de Spirou à partir de 1957 sous la plume de Jacques Wauters et les pinceaux de Jidéhem [1], des textes illustrés détaillant les avantages et les inconvénients des nouveaux modèles d'autos, à une époque qui vit l'essor de la voiture pour tous, avec des modèles aussi plébiscités que l'Opel Rekord (1960), la Renault Dauphine 1093 (1961), la Fiat 125 (1967), la Peugeot 504 (1969) ou encore la Toyota Corolla (1972) restées dans toutes les mémoires.

60 populaires de Starter (60 voitures des années 60).jpg

Mais vous souvenez-vous de la Zündapp Janus (1958), de la Lloyd Alexander (1958, voir ci-dessous), de la NSU Prinz (1961), de la Ford Cortina (1962), de l'Isard 1204 (1963), de la Hillman IMP (1963), de la Renault 16 (1965), de la Moskvitch (1966), de la Primula (1967), de la Saab 99 (1968), de l'Alfa Romeo 1750 (1968), de l'Autobianchi A-112 (1969), de la Pacer (1976) ?

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Ce sont pourtant des « caisses » qui ont émerveillé bien des enfants et fait rêver bien des parents d'alors, en particulier les pères qui se précipitaient sur l'hebdomadaire favori de leurs gamins pour dévorer ces présentations averties...

Qui n'ont pas pris une ride !

Bernard DELCORD

60 populaires de Starter par Jidéhem, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », août 2013, 119 pp. en quadrichromie au format 27 x 27,3 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 €

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La Lloyd Alexander (1958)



[1] Alias Jean De Mesmaeker. Lorsqu'André Franquin créa un personnage d'homme d'affaires acariâtre pour sa série Gaston, Jidéhem lui trouva quelque ressemblance avec son propre père, prénommé Aimé. Avec l'accord de Jidéhem, Franquin nomma donc le personnage M. De Mesmaeker, et en fit un personnage régulier de la série. (Source : Wikipédia)

13 02 14

« Des papes, des papes, oui, mais des Panzani ! » (Coluche)

Habemus papam.jpgDans l'Histoire insolite et anecdotique de la papauté intitulée Habemus papam qu'il a fait paraître aux Éditions Horay à Paris, David Alliot répond à quelques questions comme : « Pourquoi les cardinaux changent-ils de nom lors de leur accession au trône papal ? Qui est le pape noir ? Que se passe-t-il dans la chambre des larmes ? Y eut-il des papesses ? Que fait le camerlingue ? Qu'est-ce qu'une bulle apostolique, un concile cadavérique, un antipape ? De nos jours, combien d'habitants le Vatican compte-t-il et quels sports y pratique-t-on ? Quelles conditions faut-il remplir pour se faire enrôler dans la fameuse garde suisse ? Quelle est la marque de la papamobile ? Que signifie sucer le bonbon ? »

Il rappelle aussi que « depuis deux mille ans, 266 souverains pontifes se sont succédé sur le trône de saint Pierre. Du plus jeune au plus vieux, des éphémères aux antipapes, des papes de père en fils, sans oublier les étranglés, les assassins, les excommuniés, les intermittents, un pape jugé post mortem, un fictif et, plus près de nous, François, celui des premières fois, [il] évoque ces papes rebelles, corrompus, martyrs ou canonisés tout en décrivant les rites de la plus vieille institution de l'Occident qui a survécu à toutes les épreuves du temps, aux schismes et aux révolutions ».

Une histoire dont le bruit et la fureur ne sont bien évidemment pas absents...

Bernard DELCORD

Habemus papam par David Alliot, Paris, Éditions Horay, collection « Cabinet de curiosité », octobre 2013, 95 pp. en noir et blanc au format 16 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage pittoresque les quelques lignes suivantes :

CHRISTOPHE (OU CHRISTOPHORE)

Antipape en 903. Peu après l'élection de Léon V, Christophe organise un coup d'État et renverse le pape Léon V dont le règne aura duré trente jours. Après avoir jeté en prison son prédécesseur, Christophe se proclame pape, mais son règne ne dure guère plus de trois mois. Serge III entre dans Rome à la tête d'une armée byzantine, renverse l'usurpateur et le fait interner à son tour. Une fois son pouvoir assuré, Serge III est acclamé pape, mais « pris de pitié sur la situation » de Léon V et de Christophe, il décide d'abréger leurs souffrances et ordonne de les étrangler tous les deux en janvier 904.

SYLVESTRE Ier

Pape de 314 à 335. Le long pontificat de Sylvestre correspond à celui de l'empereur Constantin, et à une période de grande tolérance du pouvoir central vis-à-vis des chrétiens. Période qui aboutira à la conversion de l'empereur au christianisme. Pape ayant réalisé de nombreux  miracles et, à ce titre, canonisé, Sylvestre est célèbre aujourd'hui pour sa mort, survenue le 31 décembre.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |