19 01 14

Les plantes du Bon Dieu...

Jardins de curé, jardins d'antan.jpgTradition millénaire déjà consignée dans le Capitulaire de Villis écrit vers 795 à Aachen (Aix-la-Chapelle) et attribué à Charlemagne ainsi que sur les plans du monastère de Saint-Gall où les plantes ont été commentées en 842 sous forme de poèmes dans l'Hortulus par le moine Walafried de Strabo (809-849), les jardinets ecclésiastiques font l'objet ces jours-ci sous la plume de deux horticulteurs passionnés, Claudie Mangold et Philippe Ferret, d'un bien bel album paru chez Flammarion à Paris sous le titre Jardins de curé, jardins d'antan, qui invite le lecteur à redécouvrir ces potagers fleuris qui permettaient tout à la fois de nourrir le prêtre, de soigner ses ouailles et d'orner l'autel.

La démarche des auteurs a des allures proustiennes, qui invite à retrouver des souvenirs d'enfance en recréant au mieux chez soi le charme suranné des jardins d'autrefois – un espace clos au cœur d'un village, une grille patinée par le temps, des poiriers adossés à des murs lézardés, des pivoines généreuses, des glaïeuls multicolores, des bordures de ciboulette et de fines herbes, ici ou là des aiguilles de Notre-Dame, des souliers du Bon-Dieu, de la monnaie-du-pape, des chapeaux d'évêque, de la barbe de capucin, de la salade de chanoine, des bâtons de Jacob, de l'herbe de Sainte-Cunégonde, des bourdons de Saint-Jacques, des étoiles de Bethléem et des croix de Jérusalem... – par le mariage harmonieux des plantes utiles et d'ornement dans un îlot de calme et de sérénité.

Des plates-bandes spirituelles, en somme...

Bernard DELCORD

Jardins de curé, jardins d'antan par Claudie Mangold et Philippe Ferret, photographies de Laurence Maillet, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 191 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 24,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil paisiblement vintage les lignes suivantes :

Un jardin plein de vie

La notion d'équilibre biologique était jadis évidente dans la vie de tous les jours, et dans la culture du jardin en particulier. Empiriquement, le jardinier connaissait l'importance des animaux nuisibles, comme celle de ses alliés. Les oiseaux, accueillis dans les arbustes et les haies, se chargeaient de détruire vers et escargots, secondés dans leur tâche par les hérissons réfugiés sous le tas de bois ; les raminagrobis, aidés des chouettes, s'attaquaient aux campagnols et musaraignes ; les bêtes à Bon Dieu (coccinelles) se gavaient de pucerons.

L'utilisation raisonnée des pesticides naturels permettait encore la prolifération des papillons et de nombreux insectes, qui pouvaient à loisir nicher et se nourrir dans les herbes folles, les orties, les haies sauvages. On rencontrait fréquemment des vers luisants et des lucioles, qui ponctuaient les visites nocturnes au jardin.

Cette faune active était religieusement respectée. Le rouge-gorge, éternel ami du jardinier, le ballet incessant des hirondelles faisant leur nid à l'abri des toits ou dans les dépendances, les troglodytes cocasses réfugiés dans les murs, les tourterelles roucoulant dans la ramée... offraient d'innombrables occasions d'observer la vie, rythmée par la ronde des saisons.

De nombreux trucs et tours de main étaient utilisés pour juguler maladies et parasites.

Les petits élevages étaient très courants. Ainsi, lapins, poules, canards et pigeons agrémentaient l'ordinaire, tout en fournissant une matière organique précieuse, une véritable manne pour nourrir et régénérer la terre, garantir de bonnes récoltes.

Quelques traitements biologiques efficaces au potager :

– Utilisez une décoction de prêle contre la cloque du pêcher.

– Percez la base des tiges de tomate avec un fil de cuivre que vous laisserez en place, afin de lutter contre les maladies cryptogamiques.

– Capturez les limaces et escargots avec des coupelles enterrées à ras du sol et remplies de bière.

– Placez les rameaux supprimés lors du pincement des tiges de tomate entre les feuilles des choux, leur odeur éloignera la mouche du chou.

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18 01 14

Une saga héroïque

Les Hommes de l'Aéropostale.jpgGermain Chambost est un ancien pilote de chasse, grand reporter à Sud-Ouest. Membre de l'Académie nationale de l'air et de l'espace, il a entrepris, en compilant divers témoignages dans Les Hommes de l’Aéropostale paru aux Éditions Omnibus à Paris, de raconter l’histoire de la légendaire compagnie aérienne dont les fleurons humains avaient entre autres pour nom Pierre-Georges Latécoère (1883-1943), Didier Daurat (1891-1969), Jean Mermoz (1901-1936), Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), Joseph Kessel (1898-1979) ou Henri Guillaumet (1902-1940).

Écoutons-le :

« En 1927, en un temps où chaque vol était une aventure à haut risque, quelques hommes qui n'avaient pas froid aux yeux lancèrent une ligne aérienne dont le but était de transporter le courrier depuis la France vers le Sud - jusqu'en Afrique d'abord, puis jusqu'en Amérique du Sud. Trente-deux millions de lettres furent ainsi transportées grâce à eux pour la seule année 1930. Victime de son succès, mais aussi d'un "lâchage" diront certains, l'Aéropostale est mise en liquidation en 1933, puis fondue au sein d'Air France, qui la possédera jusqu'en 2000.

Est-ce parce qu'un de ses pilotes s'appelait Antoine de Saint-Exupéry ? Est-ce parce que le grand Mermoz en fut un pionnier ? Ou parce que Guillaumet l'a hissée au rang d'expérience surhumaine ? C'est pour toutes ces raisons à la fois que l'Aéropostale est passée de l'histoire au mythe. Mais la gloire des héros a fini par effacer la réalité de l'aventure. Ce recueil de souvenirs rend la parole aux témoins, à ceux qui ont vécu l'Aéropostale depuis sa naissance jusqu'à sa disparition au sein d'Air France.

Pilotes, radionavigateurs, mécaniciens, chefs de station… Ils racontent les exploits, les accidents, les folies, les heures sombres, les haines, mais aussi les rencontres inoubliables et les images grandioses. (…)

Ils volaient au ras de l'eau et frôlaient les sommets. Leurs appareils tombaient souvent en panne – dans le Sahara, sur les plages du Brésil, dans les neiges de la Cordillère...

Il arrivait aussi que leurs ailes se brisent en plein vol ou que le pilote soit arraché de son siège par une bourrasque. Pourtant, ils ne renonçaient pas ; ils repartaient. "Le courrier doit passer" était leur devise.

Beaucoup sont tombés avec leur avion, mais heureusement, d'autres ont vécu assez longtemps pour raconter leurs incroyables souvenirs. Des "autres" parmi lesquels Joseph Kessel et Antoine de Saint-Exupéry, mais aussi de plus humbles témoins dont les récits ne sont pas moins exaltants, jusque dans l'ingénuité avec laquelle ils flirtaient avec la mort. »

Une aventure hors du commun !

Bernard DELCORD

Les Hommes de l'Aéropostale, ouvrage collectif présenté par Germain Chambost, Paris, Éditions Omnibus, juin 2013, 800 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)

Contenu de l’ouvrage :

Les témoins :

Les pilotes Mermoz, Vannier, Vedel, Delaunay, Guillaumet, Saint-Exupéry, le radionavigateur Dissac, les mécaniciens, Marcel Moré, Claude Mossé, le journaliste Kessel.

Les époques (1919-1933) :

– De la première ligne jusqu'à la traversée de l'Atlantique par Mermoz (racontée par lui-même).

– Vers Dakar. Saint-Exupéry et Courrier sud. Kessel se souvient, en hommage au plus vieux pilote de la ligne.

– L'Amérique du Sud. « C'est là qu'allait naître véritablement la légende. » De nouveaux pilotes et de nouveaux avions ; incidents et accidents spectaculaires. L'exploit de Guillaumet, raconté par lui-même (« Ce que j'ai fait, aucune bête ne l'aurait fait. »).

– La fin de l'Aéropostale : les difficultés, la liquidation, les déchirements. Les survivants donnent leur version des faits.

18 01 14

Croquer la guerre...

La Grande Guerre en caricatures.jpgJeune enseignant, Patrick Delcord est agrégé d'histoire et professeur certifié de l’enseignement secondaire. Avec La Grande Guerre en caricatures paru chez Soliflor à Bruxelles, il signe son premier ouvrage dans lequel sont reproduits et commentés 80 dessins français, anglais, allemands, hollandais et belges parus pour la plupart dans la presse écrite entre 1914 et 1918.

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours, disait Napoléon. Durant le premier conflit mondial, les belligérants ont fait leur cette devise, utilisant massivement l’image pour soutenir leur travail de propagande. La caricature constitue en effet une arme redoutable pour contrer l’adversaire tout en le ridiculisant et un moyen efficace pour susciter ou entretenir la combativité d’une population et de ses armées.

Cette chronique des temps forts de 14-18, répartie en cinq grands chapitres – un par année de guerre –, s'adresse aussi bien à l'amateur averti qu'à un public jeune. Et, afin que chacun puisse repérer les lieux, de petites cartes géographiques émaillent la plupart des pages.

Sélectionnés pour leur esthétique ou pour leur force de frappe, les documents reproduits montrent les visions contradictoires et affectivement chargées des différents belligérants. Cette richesse de points de vue – qu’on ne trouve pas dans les livres d’histoire – apporte un regard neuf sur une tragédie vieille de bientôt cent ans.

Léopold DEBRAINE

La Grande Guerre en caricatures par Patrick Delcord, préface de Laurence van Ypersele, Bruxelles, Éditions Soliflor, décembre 2013, 167 pp en couleurs au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Extraits :

John Bull d'aujourd'hui.jpg

John Bull d’aujourd’hui

Les Allemands s’indignent autant qu’ils raillent les Britanniques obligés d'en appeler à leurs troupes coloniales pour faire face à la guerre ; la civilisation britannique en se pigmentant redevient primitive, se moque la presse allemande. Répartis dans l’Army of India, les King’s African Rifles et la West African Frontier Force, les combattants recrutés en Inde et en Afrique par les Britanniques forment quand même – quoique les Allemands en pensent – une imposante armée professionnelle de quelques milliers d’hommes.

« John Bull von Heute », dessin d’Arthur Johnson paru dans Kladderadatsch, 20/06/15.

Un appétit bien mesuré.jpg

Un appétit bien mesuré

Les Anglais n’hésitent pas à faire de l’humour à propos du rationnement dont la population est victime. Pesant son morceau de viande avec un dynamomètre, voici ce qu’un enfant très scrupuleux fait remarquer à son père : « Père, vous m’avez servi un huitième d’once en trop ! »

"War-time economies", dessin d’Arthur Wallis-Mills, paru dans Punch, or the London charivari, 14/07/1915.

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Le piège de Verdun se referme sur le sanglier prussien

Le dessinateur britannique Leonard Raven-Hill signe ici un dessin admirable. Le sanglier prussien s’est pris le museau dans le piège de Verdun. Coincé là-bas, il se débat pour sortir de cette situation désespérée.

"Held!", dessin de Leonard Raven-Hill, paru dans Punch, or the London charivari, 31/05/1916.

L'enlèvement des innocents.jpg

L’enlèvement des innocents du Nord-Pas-de-Calais

À Lille, les civils sont déportés pour servir l’effort de guerre allemand. Les soldats en profitent pour mettre la main sur des jeunes filles, sous l’œil horrifié de leurs parents.

« Allons, allons ! Pas d’bruit ! Ils vous reviendront, vos enfants ; ils vous reviendront… tuberculeux. », dessin d’Adolphe Léon Wilette, paru dans La Baïonnette, 7/09/1916.

Conjecture sélénite.jpg

De la Lune à la Terre…

En observant la Terre soumise au feu des armes, les extraterrestres se demandent à juste titre pourquoi un tel chaos sur la planète voisine. Ne soupçonnant pas l’absurdité de celui-ci, l’un d’eux propose une théorie candide qui tranche avec l’atrocité de la guerre : « C’est pour moi, de grands feux allumés par les Terriens pour retarder le refroidissement de leur planète ».

 

« Conjecture sélénite », dessin d’Auguste Roubille, paru dans La Baïonnette, 7/11/1918.

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15 01 14

Un regard lucide…

Dépêches du Vietnam.jpgPrix Pulitzer en 1940 pour Les raisins de la colère paru l’année précédente, prix Nobel de littérature en 1962, l’écrivain californien John Steinbeck (1902-1968) est l’auteur d’une œuvre impérissable avec Le Poney rouge (1933), Tortilla Flat (1935), En un combat douteux (1936), Des souris et des hommes (1937), La Perle (1945), À l’est d’Éden (1952), Tendre jeudi (1954), Il était une fois une guerre (1958), entre autres…

En 1966, à 64 ans, déjà malade et fatigué, cet homme de gauche a voulu se rendre compte par lui-même de la réalité du conflit qui divise son pays et sape le moral de sa jeunesse.

Il part donc en reportage au Viêtnam pour le magazine Newsday et, quoique bon connaisseur des choses de la guerre (en 1943, il a couvert le conflit en Europe pour le New York Herald Tribune et a été blessé en Afrique du Nord), il se montre déconcerté par des combats qui ne comportent « ni front ni arrières ».

Embarquant sur les vedettes qui sillonnent les deltas, volant à bord des hélicoptères Huey et des avions mitrailleurs, il suit les boys dans leurs engagements éprouvants et il retrouve également son fils qui a choisi de s'engager.

Saluons l’initiative des Éditions Les Belles Lettres qui ont rassemblé, dans Dépêches du Vietnam, traduites pour la première fois en français, les missives qu’il a adressées entre décembre 1966 et avril 1967 à la rédaction de son journal et qui y parurent en soulevant bien des tollés.

C’est que Steinbeck y soutient la guerre menée par l'Amérique.

« S'il émettait des réserves en privé sur cette dangereuse aventure, il serre les rangs derrière la politique suivie par le président Lyndon Johnson, ce que lui reprocheront beaucoup d'intellectuels, explique le préfacier, professeur à l'université de Toledo (Ohio). Lui, le défenseur des faibles et des opprimés, "l'écrivain social" qui, en son temps, fut soupçonné d'être communiste, est devenu belliciste, mais est surtout "désespéré que ces merveilleuses troupes n'apportent pas une victoire rapide". »

Certes, mais le raccourci est un peu faible, et on lira avec grand intérêt les réflexions d’un homme en fin de vie jetant un regard lucide sur les horreurs du communisme quand il était de bon ton d’en chanter les louanges, sur une certaine forme de lâcheté physique cachée sous les oripeaux du pacifisme ou derrière les « pistons »[1] et sur le devenir des relations américano-chinoises, dont Steinbeck affirmait qu’elles ne se régulariseraient que par le biais du commerce.

Un ouvrage qui dérange... et fait réfléchir !

Bernard DELCORD

Dépêches du Vietnam par John Steinbeck, préface de Thomas E. Barden, traduction de Pierre Guglielmina, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Mémoires de guerre », novembre 2013, 272 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 21 € (prix France)



[1] Comme celui dont bénéficia le jeune George W. Bush, qui servit dans la Garde nationale du Texas plutôt qu'au Vietnam grâce aux appuis de son père. Cette dérive était notamment dénoncée à l'époque par un groupe de rock fameux, le Creedence Clearwater Revival, dans une célèbre chanson intitulée Fortunate Son qui fit un tabac auprès des GI's en Asie.

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15 01 14

Une œuvre révolutionnaire

Les enquêtes de Philip Marlowe (cover).jpgRassemblant, dans la compilation intitulée Les enquêtes de Philip Marlowe, tous les romans noirs [1] du grand Raymond Chandler (1888-1959), à savoir Le Grand Sommeil, La Dame du lac, Adieu ma jolie, La Grande Fenêtre, La Petite Sœur (Fais pas ta rosière !), The Long Goodbye (Sur un air de navaja), Playback (Charades pour écroulés) dans des traductions entièrement révisées – à l’exception, bien entendu, parce qu’elles étaient parfaites, de celles de Boris Vian pour les deux premières œuvres citées –, les Éditions Gallimard à Paris ramènent dans la lumière la production d’un auteur américain du XXe siècle parmi les plus emblématiques avec William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Dashiell Hammett et John Dos Passos.

Cette publication dans la collection « Quarto » – l’équivalent chez l’éditeur de « La Pléiade » au format de poche – permettra à de nombreux lecteurs francophones de (re)découvrir l’œuvre impérissable et passionnante (elle n’a pas pris une ride) de l’un des innovateurs les plus talentueux de la littérature mondiale de l’entre-deux-guerres et d’après, autant sur le plan du fond (un regard sévère et désabusé jeté sur l’univers hollywoodien et yankee décadent d’alors) que de la forme (des narrations à la première personne rehaussées d’un humour grinçant et décalé dans des phrases magistrales et dans des dialogues cinglants que n’eût pas reniés Michel Audiard).

Car la révolution stylistique dans l’exposé du récit déclenchée par Raymond Chandler provoqua un bouleversement aussi grand et durable que celui du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, et fut grandement imitée et mise à toutes les sauces, elle aussi…

Bernard DELCORD

Les enquêtes de Philip Marlowe par Raymond Chandler, traductions de l'anglais (États-Unis) par Marcel Duhamel, Geneviève de Genevraye, Janine Hérisson, Simone Jacquemont, J.-G. Marquet, Henri Robillot, Renée Vavasseur, Boris Vian, Michèle Vian et Chantal Wourgaft, révisées par Cyril Laumonier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Quarto », novembre 2013, 1312 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 28,50 € (prix France)

 

Les enquêtes de Philip Marlowe (Les ennuis, c'est mon problème).jpg

 

Les enquêtes de Philip Marlowe (Le Grand Sommeil - affiche).jpg

Humphrey Bogart incarne Philip Marlowe

dans Le Grand Sommeil de Howard Hawks,

scénarisé par William Faulkner (1946)



[1] L’intégrale de ses nouvelles a par ailleurs été réunie en 2009 sous le titre Les ennuis, c'est mon problème par les Éditions Omnibus dans une traduction remarquablement revue, elle aussi.

14 01 14

Fleur mortuaire...

Le Dahlia noir.jpg« Los Angeles Police Department, 1946. Dwight "Bucky" Bleichert fête son premier jour aux Mandats, le prestigieux service où rêvent de travailler la plupart des flics de la Cité des Anges. Il fera équipe avec Leland "Lee" Blanchard, un collègue qui comme lui a été boxeur, et qu’il a déjà affronté sur un ring. Malgré les non-dits entre eux, les deux hommes sympathisent. Ils ne savent pas encore qu’ils vont enquêter ensemble sur un crime qui va à la fois les rapprocher et bouleverser leur existence : la mort atroce d’une jeune femme, Elizabeth "Betty" Short, surnommée le Dahlia Noir, dont on retrouve le corps mutilé dans un terrain vague, en janvier 1947... » (L'éditeur.)

Ainsi débute l’un des plus fameux romans noirs de la littérature américaine des dernières décennies, à la fois polar haletant et portrait saisissant de Los Angeles, dans toute sa fascination trouble : Le Dahlia noir de James Ellroy, paru en 1987 et largement inspiré par le meurtre – jamais élucidé – de sa propre mère en 1958, lorsque l'auteur était encore enfant.

L’adaptation du roman d’Ellroy en bande dessinée est assurée en équipe par le scénariste et romancier français Matz (alias Alexis Nolent) et par le cinéaste américain David Fincher (à qui l'on doit le fameux Seven) tandis que le dessinateur américain Miles Hyman, déjà auteur avec Matz d’une adaptation de Nuit de fureur de Jim Thompson, en signe la superbe mise en images chez Casterman/Payot & Rivages, très inspiré par la ville de Los Angeles où il a personnellement vécu durant plusieurs années.

Une fameuse gageure, parfaitement tenue : frissons garantis !

Bernard DELCORD

Le Dahlia noir par Miles Hyman, Matz & David Fincher sur un scénario de James Ellroy, Bruxelles-Paris, coédition Casterman/Payot & Rivages, novembre 2013, 174 pp en quadrichromie au format 18,6 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

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14 01 14

Des lieux enchanteurs...

Les villages préférés des Français.jpgProlongeant la populaire émission de télévision qu'il anime sur le sujet, Stéphane Bern a fait paraître chez Flammarion un bel album illustré intitulé Les villages préférés des Français dans lequel sont présentées 43 localités remarquables de l'Hexagone, vitrines de l'art de vivre convivial au cœur des terroirs de l'un des plus magnifiques pays de la planète.

Une présentation qui ne manque pas de diversité : cité médiévale perchée sur une colline, village alsacien aux colombages typiques, habitations troglodytes du bord de Loire, forteresse médiévale intacte, châteaux mirifiques, églises charmantes ou somptueuses, cloitres apaisants, maisonnettes fleuries, rochers escarpés, vignobles courant dans les collines, moulin à eau séculaire, kiosques à musique, bourg côtier aux petites maisons de pêcheurs, plages ensoleillées...

Cicérone passionné, Stéphane Bern raconte les anecdotes historiques, les particularités architecturales, l'artisanat local, les spécialités culinaires, les sites enchanteurs et les sentiers de promenade à ne pas manquer.

En fin d'ouvrage, un carnet d'adresses rassemble tous les bons plans pour des escapades réussies.

Bernard DELCORD

Les villages préférés des Français par Stéphane Bern, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 256 pp. en quadrichromie au format 25 x 31,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

Liste des villages présentés :

Eguisheim et Riquewihr en Alsace, Beynac-et-Cazenac et Espelette en Aquitaine, Blesle et Salers en Auvergne, Barfleur et La Perrière en Basse-Normandie, Flavigny-sur-Ozerain et Vézelay en Bourgogne, Locronan et Saint-Suliac en Bretagne, Apremont-sur-Allier et Lavardin dans le Centre, Essoyes et Saint-Amand-sur-Fion en Champagne-Ardenne, Corbara et Piana en Corse, Baume-les-Messieurs et Pesmes en Franche-Comté, Le Bec-Hellouin et Veules-les-Roses en Haute Normandie, La Roche-Guyon et Maincy en Île-de-France, Saint-Guilhem-le-Désert et Villefranche-de-Conflent en Languedoc-Roussillon, Collonges-la-Rouge et Turenne dans le Limousin, Rodemack et Saint-Quirin en Lorraine, Conques et Saint-Circq-Lapopie en Midi-Pyrénées, Maroilles et Wissant dans le Nord-Pas-de-Calais, Montsoreau et Sainte-Suzanne en Pays-de-la-Loire, Gerberoy et Parfondeval en Picardie, Angles-sur-l'Anglin et Talmont-sur-Gironde en Poitou-Charentes, Les Baux-de-Provence et Moustiers-Sainte-Marie en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pérouges et Yvoire en Rhône-Alpes.

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11 01 14

« Krieg, gross malheur ! »

14-18 Apocalypse en Belgique.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/01/2014 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Présentant une vingtaine de témoignages inédits et d'époque compilés par Louise Manaux et Bruno Deblander, 14-18 Apocalypse en Belgique Récits de patriotes (Éditions Racine/RTBF) donne la parole à des citoyens lambda de toutes classes sociales pris au cœur de la tourmente : un mobilisé et un blessé de 1914, une orpheline de guerre, une combattante de l'ombre arrêtée, un résistant condamné, un soutien de famille nombreuse affamé par l'ennemi, un brancardier volontaire, un combattant des tranchées, une bienfaitrice d'origine irlandaise, un tourneur d'obus, un prisonnier évadé, un autre libéré...

L'iconographie est, elle aussi, totalement originale (comme pour Apocalypse en Belgique, 1940-1945 qui fit naguère un tabac, les auteurs se sont en effet appuyés sur des nombreuses traces écrites et iconographiques reçues après le lancement au public par la RTBF d'un appel aux témoignages conservés dans les familles) et elle jette un jour neuf sur la vie quotidienne des troupes et des civils durant ce qui ne fut hélas pas la « der des der »...

Un bel ouvrage qui donne raison à Louis-Ferdinand Céline qui assurait dans le Voyage au bout de la nuit que « tout ce qui est intéressant se passe dans l'ombre, décidément » !

Bernard DELCORD

14-18 Apocalypse en Belgique Récits de patriotes par Louise Manaux & Bruno Deblander, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, novembre 2013, 176 pp en quadrichromie, 29,95 €

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11 01 14

Le vade-mecum du gourmand !

Guide Delta Belgique 2014.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/01/2014 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le Guide Delta 2014 des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg recense 2000 restaurants et hôtels du Royaume et de son voisin (dont 200 nouveaux établissements, alors que 250 qui étaient présents dans l'édition 2013 n’y sont plus référencés pour cause de fermeture ou par manquement aux critères de sélection) tout en permettant, par un système ingénieux de huit index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique en général et dans chaque province, par type de cuisine et en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salons VIP ou de salles de séminaire, mais aussi de la quiétude ou de la beauté des lieux.

L'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos ainsi que 1 500 notices gastronomiques écrites sans complaisance et que les chroniqueurs – dont nous sommes... – assument en toute quiétude.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

Enfin, soulignons la présence d' un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 69 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 3 450 euros !

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre !

Formidable, non ?

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2014, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 201, 608 pp. en quadrichromie, 24,75 €



[1] Delta d’Or : Manoir de Lébioles à Spa et De Kristalijn à Genk ; Delta d’Argent : Brasserie 135 à La Hulpe et Sans cravate à Bruges ; Delta de Bronze : Restaurant Ugo à Haine-Saint-Pierre et Maison D à Ronse. Lauréats par type de cuisine : King Fook Garden à Wavre (cuisine asiatique) ; La Bouteille à la Mer à Huy (cuisine de la mer) ; Le Métin à Mettet (cuisine de brasserie), Les Sœurs Grises à Huy (démarche originale association mets-vins), Lijsterbes à Berlare (cuisine créative), Val Dieu-La Bistronomie à Aubel (cuisine bistronomique) et L’Atelier du Goût à Liège (cuisine italienne). À ces noms, il convient d'adjoindre les lauréats des prix des internautes plébiscités par les visiteurs du site www.deltaweb.be, à savoir Au Rythme du Rail à Rocourt (cuisine française) et Spaans Dak à Oud-Heverlee (cuisine française et de la mer).

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02 01 14

« Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons tous décider de nos lendemains. » (Colin Powell)

La dame qui fuit Saint-Tropez.jpgAuteure de romans policiers contemporains dont l'intrigue gravite autour du souvenir de personnalités féminines célèbres qui ont eu des combats à mener et des idées à défendre, la Waterlootoise qui vit dans le Périgord noir Martine Cadière a notamment fait paraître aux Éditions Dricot à Liège en 2009 Sarah mourait si bien – il s'agit de Sarah Bernhardt – et en 2011 Encore un jour sans Giroud (la fameuse fondatrice de L'Express) puis tout récemment chez Mols à Bruxelles La dame qui fuit Saint-Tropez dont l'action se déroule dans la Treille Muscate, la maison acquise par Gabrielle Colette en 1925.

En voici les trois pitches :

« Basile Giudicelli est un jeune trentenaire insouciant, qui aime son métier, sa femme, son appartement et sa vie à Bruxelles. Le jour où sa cousine Jeanne est poignardée, son univers bascule et Basile plonge dans une grave dépression. Il demande alors l’aide du détective Ange Mattéi, qui séjourne pour la première fois en Belgique, dans le charmant quartier des étangs d’Ixelles. Mattéi comprend rapidement que le meurtre de Jeanne est lié à la tragédienne Sarah Bernhardt – dont, soit dit en passant, les conceptions scéniques mais aussi le style coloré et fascinant ont grandement intéressé l'auteure. Entre Edmond Rostand et Jacques Brel, Odéon et Mort Subite, champagne et Duvel, Mattéi n’a que très peu de temps pour découvrir toute la vérité. »

« Luce Verbinski est la rédactrice en chef d'un prestigieux hebdomadaire culturel parisien. Fascinée par Françoise Giroud, "patronne" des journalistes et célèbre fondatrice de L'Express, elle l'imite en tout. Un meurtre odieux et la disparition inexpliquée d'Adèle Fontanges, une jeune journaliste belge, inquiètent la rédaction. L'enquête menée au Quai des Orfèvres par la capitaine Ange Mattéi le conduira de Paris en Dordogne, sur les ruines de la châtellenie de Miremont. L'amour des objets d'art et des collections privées est le pivot de ce roman policier dédié à une femme mythique. »

Encore un jour sans Giroud.jpg« 1925, sur la Côte d'Azur. Tout sourit à Colette, dont la notoriété ne cesse de grandir. Attirée par le Midi, elle achète à Saint-Tropez une maison très simple, qu'elle baptise la Treille Muscate. Quelques décennies plus tard, un important homme d'affaires parisien y est assassiné dans des conditions obscures. Delphine Naboulet, admiratrice de Colette et passionnée par son œuvre, part sur les traces de son auteur favori et se retrouve au centre du drame. Sur fond d'immobilier douteux, la nouvelle enquête du Capitaine Ange Mattéi prend une saveur particulière, à l'accent du Midi et aux odeurs d'olive. »

Des romans au style enlevé dont le récit très informé accroche le lecteur avec une habileté consommée...

Une œuvre à découvrir, incontestablement !

Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien par Martine Cadière, préface de Suzy Falk, doyenne des comédiens belges, Liège, Éditions Dricot, mars 2009, 243 pp en noir et blanc au format 13,5 x 20,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Encore un jour sans Giroud par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, septembre 2011, 264 pp en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

La dame qui fuit Saint-Tropez par Martine Cadière, Bruxelles, Éditions Mols, octobre 2013, 223 pp en noir et blanc au format 14,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €

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