14 01 14

Fleur mortuaire...

Le Dahlia noir.jpg« Los Angeles Police Department, 1946. Dwight "Bucky" Bleichert fête son premier jour aux Mandats, le prestigieux service où rêvent de travailler la plupart des flics de la Cité des Anges. Il fera équipe avec Leland "Lee" Blanchard, un collègue qui comme lui a été boxeur, et qu’il a déjà affronté sur un ring. Malgré les non-dits entre eux, les deux hommes sympathisent. Ils ne savent pas encore qu’ils vont enquêter ensemble sur un crime qui va à la fois les rapprocher et bouleverser leur existence : la mort atroce d’une jeune femme, Elizabeth "Betty" Short, surnommée le Dahlia Noir, dont on retrouve le corps mutilé dans un terrain vague, en janvier 1947... » (L'éditeur.)

Ainsi débute l’un des plus fameux romans noirs de la littérature américaine des dernières décennies, à la fois polar haletant et portrait saisissant de Los Angeles, dans toute sa fascination trouble : Le Dahlia noir de James Ellroy, paru en 1987 et largement inspiré par le meurtre – jamais élucidé – de sa propre mère en 1958, lorsque l'auteur était encore enfant.

L’adaptation du roman d’Ellroy en bande dessinée est assurée en équipe par le scénariste et romancier français Matz (alias Alexis Nolent) et par le cinéaste américain David Fincher (à qui l'on doit le fameux Seven) tandis que le dessinateur américain Miles Hyman, déjà auteur avec Matz d’une adaptation de Nuit de fureur de Jim Thompson, en signe la superbe mise en images chez Casterman/Payot & Rivages, très inspiré par la ville de Los Angeles où il a personnellement vécu durant plusieurs années.

Une fameuse gageure, parfaitement tenue : frissons garantis !

Bernard DELCORD

Le Dahlia noir par Miles Hyman, Matz & David Fincher sur un scénario de James Ellroy, Bruxelles-Paris, coédition Casterman/Payot & Rivages, novembre 2013, 174 pp en quadrichromie au format 18,6 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

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14 01 14

Des lieux enchanteurs...

Les villages préférés des Français.jpgProlongeant la populaire émission de télévision qu'il anime sur le sujet, Stéphane Bern a fait paraître chez Flammarion un bel album illustré intitulé Les villages préférés des Français dans lequel sont présentées 43 localités remarquables de l'Hexagone, vitrines de l'art de vivre convivial au cœur des terroirs de l'un des plus magnifiques pays de la planète.

Une présentation qui ne manque pas de diversité : cité médiévale perchée sur une colline, village alsacien aux colombages typiques, habitations troglodytes du bord de Loire, forteresse médiévale intacte, châteaux mirifiques, églises charmantes ou somptueuses, cloitres apaisants, maisonnettes fleuries, rochers escarpés, vignobles courant dans les collines, moulin à eau séculaire, kiosques à musique, bourg côtier aux petites maisons de pêcheurs, plages ensoleillées...

Cicérone passionné, Stéphane Bern raconte les anecdotes historiques, les particularités architecturales, l'artisanat local, les spécialités culinaires, les sites enchanteurs et les sentiers de promenade à ne pas manquer.

En fin d'ouvrage, un carnet d'adresses rassemble tous les bons plans pour des escapades réussies.

Bernard DELCORD

Les villages préférés des Français par Stéphane Bern, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 256 pp. en quadrichromie au format 25 x 31,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

Liste des villages présentés :

Eguisheim et Riquewihr en Alsace, Beynac-et-Cazenac et Espelette en Aquitaine, Blesle et Salers en Auvergne, Barfleur et La Perrière en Basse-Normandie, Flavigny-sur-Ozerain et Vézelay en Bourgogne, Locronan et Saint-Suliac en Bretagne, Apremont-sur-Allier et Lavardin dans le Centre, Essoyes et Saint-Amand-sur-Fion en Champagne-Ardenne, Corbara et Piana en Corse, Baume-les-Messieurs et Pesmes en Franche-Comté, Le Bec-Hellouin et Veules-les-Roses en Haute Normandie, La Roche-Guyon et Maincy en Île-de-France, Saint-Guilhem-le-Désert et Villefranche-de-Conflent en Languedoc-Roussillon, Collonges-la-Rouge et Turenne dans le Limousin, Rodemack et Saint-Quirin en Lorraine, Conques et Saint-Circq-Lapopie en Midi-Pyrénées, Maroilles et Wissant dans le Nord-Pas-de-Calais, Montsoreau et Sainte-Suzanne en Pays-de-la-Loire, Gerberoy et Parfondeval en Picardie, Angles-sur-l'Anglin et Talmont-sur-Gironde en Poitou-Charentes, Les Baux-de-Provence et Moustiers-Sainte-Marie en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pérouges et Yvoire en Rhône-Alpes.

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11 01 14

« Krieg, gross malheur ! »

14-18 Apocalypse en Belgique.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/01/2014 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Présentant une vingtaine de témoignages inédits et d'époque compilés par Louise Manaux et Bruno Deblander, 14-18 Apocalypse en Belgique Récits de patriotes (Éditions Racine/RTBF) donne la parole à des citoyens lambda de toutes classes sociales pris au cœur de la tourmente : un mobilisé et un blessé de 1914, une orpheline de guerre, une combattante de l'ombre arrêtée, un résistant condamné, un soutien de famille nombreuse affamé par l'ennemi, un brancardier volontaire, un combattant des tranchées, une bienfaitrice d'origine irlandaise, un tourneur d'obus, un prisonnier évadé, un autre libéré...

L'iconographie est, elle aussi, totalement originale (comme pour Apocalypse en Belgique, 1940-1945 qui fit naguère un tabac, les auteurs se sont en effet appuyés sur des nombreuses traces écrites et iconographiques reçues après le lancement au public par la RTBF d'un appel aux témoignages conservés dans les familles) et elle jette un jour neuf sur la vie quotidienne des troupes et des civils durant ce qui ne fut hélas pas la « der des der »...

Un bel ouvrage qui donne raison à Louis-Ferdinand Céline qui assurait dans le Voyage au bout de la nuit que « tout ce qui est intéressant se passe dans l'ombre, décidément » !

Bernard DELCORD

14-18 Apocalypse en Belgique Récits de patriotes par Louise Manaux & Bruno Deblander, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, novembre 2013, 176 pp en quadrichromie, 29,95 €

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11 01 14

Le vade-mecum du gourmand !

Guide Delta Belgique 2014.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/01/2014 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le Guide Delta 2014 des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg recense 2000 restaurants et hôtels du Royaume et de son voisin (dont 200 nouveaux établissements, alors que 250 qui étaient présents dans l'édition 2013 n’y sont plus référencés pour cause de fermeture ou par manquement aux critères de sélection) tout en permettant, par un système ingénieux de huit index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique en général et dans chaque province, par type de cuisine et en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salons VIP ou de salles de séminaire, mais aussi de la quiétude ou de la beauté des lieux.

L'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos ainsi que 1 500 notices gastronomiques écrites sans complaisance et que les chroniqueurs – dont nous sommes... – assument en toute quiétude.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

Enfin, soulignons la présence d' un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 69 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 3 450 euros !

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre !

Formidable, non ?

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2014, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 201, 608 pp. en quadrichromie, 24,75 €



[1] Delta d’Or : Manoir de Lébioles à Spa et De Kristalijn à Genk ; Delta d’Argent : Brasserie 135 à La Hulpe et Sans cravate à Bruges ; Delta de Bronze : Restaurant Ugo à Haine-Saint-Pierre et Maison D à Ronse. Lauréats par type de cuisine : King Fook Garden à Wavre (cuisine asiatique) ; La Bouteille à la Mer à Huy (cuisine de la mer) ; Le Métin à Mettet (cuisine de brasserie), Les Sœurs Grises à Huy (démarche originale association mets-vins), Lijsterbes à Berlare (cuisine créative), Val Dieu-La Bistronomie à Aubel (cuisine bistronomique) et L’Atelier du Goût à Liège (cuisine italienne). À ces noms, il convient d'adjoindre les lauréats des prix des internautes plébiscités par les visiteurs du site www.deltaweb.be, à savoir Au Rythme du Rail à Rocourt (cuisine française) et Spaans Dak à Oud-Heverlee (cuisine française et de la mer).

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02 01 14

« Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons tous décider de nos lendemains. » (Colin Powell)

La dame qui fuit Saint-Tropez.jpgAuteure de romans policiers contemporains dont l'intrigue gravite autour du souvenir de personnalités féminines célèbres qui ont eu des combats à mener et des idées à défendre, la Waterlootoise qui vit dans le Périgord noir Martine Cadière a notamment fait paraître aux Éditions Dricot à Liège en 2009 Sarah mourait si bien – il s'agit de Sarah Bernhardt – et en 2011 Encore un jour sans Giroud (la fameuse fondatrice de L'Express) puis tout récemment chez Mols à Bruxelles La dame qui fuit Saint-Tropez dont l'action se déroule dans la Treille Muscate, la maison acquise par Gabrielle Colette en 1925.

En voici les trois pitches :

« Basile Giudicelli est un jeune trentenaire insouciant, qui aime son métier, sa femme, son appartement et sa vie à Bruxelles. Le jour où sa cousine Jeanne est poignardée, son univers bascule et Basile plonge dans une grave dépression. Il demande alors l’aide du détective Ange Mattéi, qui séjourne pour la première fois en Belgique, dans le charmant quartier des étangs d’Ixelles. Mattéi comprend rapidement que le meurtre de Jeanne est lié à la tragédienne Sarah Bernhardt – dont, soit dit en passant, les conceptions scéniques mais aussi le style coloré et fascinant ont grandement intéressé l'auteure. Entre Edmond Rostand et Jacques Brel, Odéon et Mort Subite, champagne et Duvel, Mattéi n’a que très peu de temps pour découvrir toute la vérité. »

« Luce Verbinski est la rédactrice en chef d'un prestigieux hebdomadaire culturel parisien. Fascinée par Françoise Giroud, "patronne" des journalistes et célèbre fondatrice de L'Express, elle l'imite en tout. Un meurtre odieux et la disparition inexpliquée d'Adèle Fontanges, une jeune journaliste belge, inquiètent la rédaction. L'enquête menée au Quai des Orfèvres par la capitaine Ange Mattéi le conduira de Paris en Dordogne, sur les ruines de la châtellenie de Miremont. L'amour des objets d'art et des collections privées est le pivot de ce roman policier dédié à une femme mythique. »

Encore un jour sans Giroud.jpg« 1925, sur la Côte d'Azur. Tout sourit à Colette, dont la notoriété ne cesse de grandir. Attirée par le Midi, elle achète à Saint-Tropez une maison très simple, qu'elle baptise la Treille Muscate. Quelques décennies plus tard, un important homme d'affaires parisien y est assassiné dans des conditions obscures. Delphine Naboulet, admiratrice de Colette et passionnée par son œuvre, part sur les traces de son auteur favori et se retrouve au centre du drame. Sur fond d'immobilier douteux, la nouvelle enquête du Capitaine Ange Mattéi prend une saveur particulière, à l'accent du Midi et aux odeurs d'olive. »

Des romans au style enlevé dont le récit très informé accroche le lecteur avec une habileté consommée...

Une œuvre à découvrir, incontestablement !

Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien par Martine Cadière, préface de Suzy Falk, doyenne des comédiens belges, Liège, Éditions Dricot, mars 2009, 243 pp en noir et blanc au format 13,5 x 20,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Encore un jour sans Giroud par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, septembre 2011, 264 pp en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

La dame qui fuit Saint-Tropez par Martine Cadière, Bruxelles, Éditions Mols, octobre 2013, 223 pp en noir et blanc au format 14,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €

Sarah mourait si bien.jpg

02 01 14

« Debout, les morts ! »

Une forêt cachée.jpgPetite-fille du grand éditeur Jean Paulhan, la chroniqueuse des livres au Monde et éditrice elle-même – elle s'est spécialisée dans la publication des journaux intimes, correspondances littéraires, textes autobiographiques et mémoires inédits, rédigés par des écrivains des XIXe et XXe siècles – Claire Paulhan a préfacé Une forêt cachée – 156 portraits d'écrivains oubliés précédé de Une autre histoire littéraire, un essai formidable et passionnant d'Éric Dussert, véritable caverne d'Ali-Baba de la littérature, publié aux Éditions de la Table Ronde à Paris.

« Qui sont ces "personnages cardinaux", se demande-t-elle, absents des manuels et des dictionnaires ? Qui sont ces humbles, injustement négligés, vaincus par une postérité désastreuse ? Des romanciers non réédités, certes, mais aussi des directeurs de revue et de collection, des traducteurs, des originaux un peu fous, des fantaisistes, des rentiers, des pauvres, des suicidés, des ronds-de-cuir, des savants et des incultes, des hommes et des femmes, des vieux et des jeunes... tout un monde de mendiants et d'orgueilleux, aux biographies hautes en couleur. Et chacun d'entre eux mérite de figurer dans le paysage littéraire que redessine avec empathie Éric Dussert, un paysage démocratique et sans hiérarchie, dont il repousse l'horizon, de notice en notice. »

Ces auteurs ont pour nom, entre autres, Bernard de Bluet d'Arbères (1566-1606), le chevalier de Mouhy (1702-1784), la comtesse Dash (1804-1872), Eugène Mouton (1823-1902), William Chambers Morrow (1854-1923), Flor O'Squarr (1875-1921), Valentine de Saint-Pont (1875-1953), Achmed Abdullah (1881-1945), Claude Cahun (1894-1954), Titaÿna (1897-1966), Gabrielle Wittkop (1920-20902), Damouré Zika (1924-2009), Bienvenu Merino (né en 1943)... mais aussi, pour les moins oubliés, Alphonse Karr (1808-1890), Louis Dumur (1863-1933), André Baillon (1875-1932), Francis de Miomandre (1880-1959), Maurice Dekobra (1885-1973) ou Albert Paraz (1899-1957)...

Et tous ont leur place au Panthéon des lettres, fût-ce dans un petit coin !

Bernard DELCORD

Une forêt cachée par Éric Dussert, préface de Claire Paulhan, Paris, Éditions de la Table Ronde, mars 2013, 605 pp en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,60 € (prix France)

02 01 14

L'Histoire pour tous...

Histoire 3e-6e.jpgConforme aux programmes d'histoire des différents réseaux de l'enseignement secondaire en Belgique, le référentiel intitulé Histoire 3e/6e Jalons pour mieux comprendre, un ouvrage collectif paru chez De Boeck à Louvain-la-Neuve, intéressera aussi les enseignants français dans la mesure où il constitue un intéressant réservoir d'informations générales fort peu belgo-belges traitées en cinq parties[1] et abordées sous cinq angles d'approche complémentaire :

– le Grand angle qui propose le panorama d'une civilisation dans son évolution sur le long terme (exemple 1 : le monde islamique ; exemple 2 : l'Ancien Régime) ;

– le Focus qui projette un zoom sur des tournants de l'histoire, moments courts ou plus longs qui ont fait basculer les choses, qui ont changé les habitudes de vie ou de pensée des hommes, ou les sociétés (exemple 1 : Al Andalus, apogée de l'Espagne musulmane ; exemple 2 : la science moderne et l'art baroque au XVIIe siècle) ;

– le Patrimoine qui établit un contact sensible avec le passé en sélectionnant des œuvres matérielles ou immatérielles, reflet de leur temps (exemple 1 : la grande mosquée de Cordoue ; exemple 2 : Versailles, château et jardins) ;

– les Regards rétrospectifs qui abordent 12 grandes questions actuelles[2] à la lumière du passé ;

– les Concepts, 12 fiches de référence[3] pour aider à comprendre et à décrypter des informations et en mesurer les enjeux.

Le tout complété de nombreuses illustrations, dont certaines peu fréquentes mais très parlantes.

De bien belles leçons !

Bernard DELCORD

Histoire 3e/6e Jalons pour mieux comprendre par Bruno Boulangé, Marcella Colle, Cécile Grétry, Donatien Jorissens et Danielle Leclercq, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, juin 2013, 393 pp en quadrichromie au format 19,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 30,50 €



[1] La préhistoire, l'Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et l'époque contemporaine.

[2] « Les migrations, un phénomène nouveau ? » ; « L'État-nation doit-il disparaître ? » ; « Vers un gouvernement mondial ? » ; « Révolutions ou réformes ? » ; « Suffit-il d'élire des individus pour parler de démocratie ? » ; « La Belgique, une construction du XIXe siècle sans avenir ? » ; « Les progrès scientifiques : avancées réelles pour l'humanité ? » ; « La croissance à tout prix ? » ; « Peut-on nourrir toute la planète ? » ; « Le féminisme est-il encore nécessaire ? » ; « L'art, reflet d'une société ? » ; « Les religions sont-elles toujours des intégrismes ? »

[3] Elles sont consacrées au capitalisme, à la citoyenneté, à la colonisation et aux migrations, à la démocratie, au développement et au sous-développement, au fédéralisme, à l'impérialisme, au libéralisme, à la mondialisation, au nationalisme, au socialisme et aux stratifications sociales.

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23 12 13

Cuisine cynégétique…

Le gibier passe à table.jpgDans Le gibier passe à table paru chez Glénat à Grenoble, le journaliste et gastronome Henri Pelletier propose 46 recettes – plus celles de quelques sauces et jus – réalisables par des cuisiniers amateurs, avec des produits des régions de France disponibles ces temps-ci sur les étals des marchés ou chez les volaillers et les bouchers (carré de jeune sanglier au foin, cuissot de marcassin aux épices, selle de chevreuil aux champignons, gelée de lièvre, civet de garenne, faisans en papillote au jus de réglisse, perdrix en feuille de vigne, soupe de bécasses, pot-au-feu de pigeon à l'anis étoilé, salmis de palombes, canard colvert comme en baie de Somme, oie à la flamande, merles à la façon corse, cailles sous la braise, grives au genièvre...).

De purs régals !

Bernard DELCORD

Le gibier passe à table par Henri Pelletier, illustrations de Walter Artaud, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Carnets d'ici », août 2012, 95 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 14,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 15,50 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage bien de saison la savoureuse recette suivante :

Rôtis de bécasse

Un plat de roi, exceptionnel , à partager en la compagnie restreinte d'amateurs affranchis, sans mégoter sur la qualité des produits nécessaires à sa préparation, truffe et foie gras en particulier. Ni sur celle des bouteilles qui vont l'accompagner.

Pour 2 personnes

Préparation : 10 à 15 minutes, mais on ne compte pas.

Cuisson : 10 minutes là aussi, en étant très attentif.

Ingrédients :

1 bécasse non vidée

1 truffe

30 g de foie gras cru

1 fine barde de lard

2 cl de cognac

Beurre

Sel et poivre

2 tranches de pain de campagne

Recette :

Préchauffez le four à 220 °C.

Toastez les tranches de pain.

Bardez la bécasse et cuisez-la à la broche dans le four si vous ne pouvez le faire da ns une cheminée, en disposant le pain dans la lèchefrite pour qu'il s'imprègne d u jus de cuisson ; 10 minutes devraient suffire : il serait dommage que la bête soit trop cuite.

Découpez  la bécasse en deux, récupérez  l'intérieur en ôtant le gésier.

Faites chauffer un peu de beurre, ajoutez l'intérieur de la bécasse, la truffe coupée en petits dés et le cognac, puis assaisonnez.

Faites rapidement chauffer et retirez du feu pour lier avec le foie gras.

Étalez ce mélange sur les tranches de pain et posez dessus les moitiés de bécasse.

Servez vite sur des assiettes bien chaudes avant que les invités ne se jettent sur vous.

Vin d'accompagnement :

Un grand rouge de Bourgogne, sans aucun doute.

Astuce :

Si vous ne disposez pas d'une broche, cuire la bécasse dans une cocotte en procédant de la même façon avec l'intérieur et en nappant la viande du jus de cuisson.

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23 12 13

« La gourmandise, le péché des moines vertueux. » (Honoré de Balzac)

Petite bibliothèque du gourmand.jpgRéunissant des extraits de l'œuvre de 52 auteurs et critiques aussi divers qu'Alain, Roland Barthes, Charles Baudelaire, Lewis Carroll, Giacomo Casanova, Louis-Ferdinand Céline, François Cheng, Marie Darrieussecq Pierre Desproges, Jacky Durand, Auguste Escoffier, Gustave Flaubert, Grimod de La Reynière, Roy Lewis, saint Marc, Michel Onfray, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Edmond Rostand, le marquis de Sade, la marquise de Sévigné, Eugène Sue, Boris Vian, Lu Wenfu ou Émile Zola, la Petite bibliothèque du gourmand de Sylvie Le Bihan préfacée par Pierre Gagnaire (Éditions Flammarion), aborde les rapports entre la plume et l'estomac avec une belle diversité de ton.

Elle s'étend en effet des techniciens aux jouisseurs en passant par les gourmands, les rêveurs, les nostalgiques et les ascètes plus ou moins volontaires.

Sans oublier ceux qui déraillent en cuisine, les amateurs de  rôti d'écureuil, de cheval Melba, d'andouillon des îles au porto musqué ou de gastronomie cannibale...

Un livre qui se dévore joyeusement !

Bernard DELCORD

Petite bibliothèque du gourmand par Sylvie Le Bihan, préface de Pierre Gagnaire, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs classiques », octobre 2013, 289 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil fort plaisant les quelques lignes suivantes rédigées par un célèbre philosophe contemporain :

L'espace d'un instant, je fus cette fraise

Mon meilleur souvenir gastronomique, c'était une fraise dans le jardin de mon père.

La journée avait été chaude, un été. Les fraises étaient gorgées de cette chaleur qui brûle les fruits jusqu'au cœur où ils sont tièdes. Les feuilles ne suffisaient pas à faire une ombre qui les protège assez. J'ai détaché l'une d'entre elles. Mon père m'a invité à la passer sous l'eau, selon son expression, pour la nettoyer et la rafraîchir. Le filet descendu du robinet était glacial, procédant des sources qui dormaient sous les jardins.

Lorsque je mis la fraise en bouche, elle était fraîche sur sa surface et chaude en son âme, peau douce presque froide, chair tempérée. Écrasée sous mon palais, elle se fit liquide qui inonda ma langue, mes joues, puis descendit au fond de ma gorge. J'ai fermé les yeux. Mon père était là, à mes côtés, travaillant la terre, courbé sur les planches du potager. L'espace d'un instant – une éternité –, je fus cette fraise, une pure et simple saveur répandue dans l'univers et contenue dans ma chair d'enfant. De son aile, le bonheur m'avait frôlé avant de partir ailleurs.

Depuis, je guette le retour de cet ange hédoniste dont j'ai tant aimé les rémiges et le souffle. Nul doute que je le cherche avec ardeur et qu'il se dérobe, apparaissant quand je ne l'attends pas, surgissant quand je ne l'espère plus.

(Michel Onfray, La Raison gourmande : philosophie du goût, 1995)

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17 12 13

Sans les mains !

Les 100 mots de l'Italie.jpg« Malgré une unification récente et en dépit de la relative petitesse de son territoire, l’Italie jouit d’un niveau de reconnaissance très fort dans l’imaginaire collectif en Europe et dans le monde. Ses frontières maritimes qui dessinent une botte au cœur de la Méditerranée, ses origines glorieuses au temps de l’empire romain, les chefs-d’œuvre de ses artistes, de ses hommes de lettres et de ses musiciens, son art de vivre entre Dolce Vita et intrépidité sont autant de repères qui composent une image riche, mais où abondent aussi les poncifs », écrit Michel Feuillet dans sa présentation de Les 100 mots de l'Italie, le petit ouvrage fort intéressant qu'il a fait paraître aux Presses universitaires de France, dans la fameuse collection « Que sais-je ? ».

L'occasion pour cet amoureux de la Péninsule, de sa culture et de ses habitants de faire le point sur ces clichés parfois fondés et de mettre en exergue ce qui fait l'originalité et la saveur d'un pays dont les contrastes régionaux, les richesses gastronomiques, viticoles et culturelles mais aussi l'ambiance générale font, à juste titre, recette en matière touristique depuis des siècles.

Forza Italia !

Bernard DELCORD

Les 100 mots de l'Italie par Michel Feuillet, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », septembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 11,6 x 17,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

Liste des 100 mots :

Adagio, Allegro, Piano, Pianissimo, etc. – Amants – Années de plomb – Autodérision – Automobile – Bacio – Baroque – Bella ciaoBianco o rosso ?Blue-jean – Café – Cafés historiques – Calcio in costume – Carabinier – Carnaval – Catastrophes naturelles – Code fiscal – Combinazione – Comédie à l’italienne – Commedia dell’arteCommendatore, Cavaliere, Dottore, Professore, Avvocato… – Condottiere – Crise – Dantesque, machiavélique et fellinien – Design – Dialectes – Dix-sept – Dolce VitaDon – Économie souterraine – Émigration/Immigration – « Et pourtant elle tourne ! » – Euro – Expositions universelles – Fascisme – Femmes célèbres – Fiat lux et facta est lux – Fontaines – Fourchette – Fratelli d’Italia – Fresques – Fromage (L’autre pays du) – Futurisme – Gelato – Ghetto – Gondole – Grand Tour – Guelfes et Gibelins – Guerres d’Italie – Habemus papam – Hendécasyllabe – Huile d’olive – Humanisme – I come Italia – Îles – -issimo – Jardin – Jours fériés – Lacs – Langue italienne – Madone – Mafia – Mamma – Marbre – Mare nostrum – Marionnettes – Miracle italien – Mode – Mondo piccolo – Mosaïques – Natalité – Néoréalisme – Nord/Sud – Palio – Parler avec les mains – Pâtes – Patrimoine mondial de l’humanité – Pères de la patrie – Pizza – Place – Politesse (Troisième personne de) – Promenade – Publicités – Quattrocento – Régions et provinces – Renaissance – République – Risorgimento – Ritals, Macaronis, Wops – Romain, romanesque, romantique… – Sauvetages – SPQR – Théâtre – Tricolore (Drapeau) – Veline – Vespa – Ville – Violon – Viva VERDIVolare cantare

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