21 07 16

Belgitude à l’italienne…

C'est mon histoire par Frédéric François.jpgSortie l’année du 70e anniversaire de l’immigration italienne en Belgique, l’autobiographie de Frédéric François, l’un des trois chanteurs italo-belges emblématiques et à la carrière internationale pérenne – les deux autres étant Salvatore Adamo et Frank Michaël – s’intitule C’est mon histoire (Waterloo, La Renaissance du livre) et elle va bien au-delà du simple récit anecdotique.

Car si Frédéric François, c'est plus de 350 chansons, 35 millions de disques vendus, 85 disques d'or et près de 50 ans de carrière, c'est aussi, et surtout, un homme qui, en dépit des difficultés, a plongé ses racines dans son histoire familiale et personnelle ainsi que dans son milieu social et culturel pour s'accrocher à ses rêves, à ses ambitions, et s'imposer comme un des plus célèbres chanteurs francophones de ces quatre dernières décennies.

Car son destin était loin d'être tracé. Fils de mineur de charbon, le jeune Francesco Barracato – c’est son vrai nom – a dû très tôt quitter sa Sicile natale pour s'installer en région liégeoise.

L'adaptation est rude, la situation financière précaire, mais les airs napolitains fredonnés par son père Giuseppe égayent la maison familiale et cet amour de la musique est contagieux.

À 10 ans, Francesco découvre le plaisir de chanter devant un public en interprétant 'O Sole Mio dans un café liégeois.

Une vocation est née, celle d'un artiste de variétés au parcours exceptionnel.

Il le mènera jusqu’à l’Olympia, en fera un chanteur à mi(di)nettes, un latin lover, un millionnaire du disque, une vedette adulée de la radio, de la télévision et des magazines, l’idole des mères italiennes de Belgique, de France et d’ailleurs, puis de leurs filles, il connaîtra des hauts et des bas, il chutera dans un scandale et il se relèvera pour être aujourd’hui, plus que jamais, le symbole éclatant d’une intégration réussie.

Une excellente raison de lui lever notre Borsalino !

Bernard DELCORD

C'est mon histoire par Frédéric François avec la collaboration de Christophe Corthouts et Brice Depasse, Waterloo, La Renaissance du Livre, avril 2016, 223 pp. en noir et blanc + un cahier photo de 32 pp. en quadrichromie au format 15 x 23,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 €

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21 07 16

« Je regarde la grammaire comme la première partie de l'art de penser. » (Étienne Bonnot de Condillac)

Le bon Usage (16e édition).jpgOffrant 3 mois d’accès gratuit à la version électronique de l’ouvrage, la 16e édition du Bon Usage de Maurice Grevisse et André Goosse parue chez De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve constitue, on le sait, la grammaire française de référence qui apporte une réponse nuancée [1] à toutes les difficultés que l’on peut rencontrer.

C’est aussi la grammaire de l’usage, à travers l’observation constante de l’évolution du français actuel, dont témoignent 40 000 citations de 2 500 auteurs (mentionnés en couleur dans le texte et repris dans un index, ce sont deux nouveautés), issues d’œuvres littéraires et de la presse écrite.

C’est enfin l’outil de travail incontournable des écrivains, correcteurs, traducteurs, journalistes, rédacteurs, professeurs de français… ainsi que des étudiants et des amoureux de notre langue.

Rappelons au passage que les auteurs de cette somme monumentale sont belges.

En effet, né à Rulles près de Habay en 1895, Maurice Grevisse fut successivement instituteur, professeur de français puis docteur en philosophie et lettres à l’Université de Liège (1925). À partir de 1927, il enseigne à l’École royale des Cadets à Namur. Ayant accepté de refondre une grammaire scolaire existante, il rédigea une œuvre originale, Le Bon Usage, qui parut en 1936 et devint la préoccupation de toute sa vie. Les plus grands grammairiens et écrivains de l’époque, dont André Gide, ont salué ce travail minutieux. Plusieurs distinctions ont ponctué sa carrière admirable, comme le prix De Keyn de l’Académie royale de Belgique en 1939 et la médaille d’or de l’Académie française en 1946. Il a été nommé officier de la Légion d'honneur en 1971 et est décédé à La Louvière en 1980 après avoir confié les rênes à son gendre, André Goosse.

Celui-ci, né à Liège en 1926, a fait des études de philologie romane à l’Université catholique de Louvain où il a rencontré Marie-Thérèse Grevisse, fille de l’illustre grammairien. Ils se marieront en 1950. Professeur dans l’enseignement secondaire puis dans son université, il est entré à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1976. Il en deviendra le secrétaire perpétuel de 1996 à 2001. Très vite associé à son beau-père, il a pris la succession afin d’assurer la pérennité du Bon Usage. Depuis, il continue à actualiser et enrichir ce gigantesque tableau de la langue française.

En son temps, la renommée de Maurice Grevisse était immense, et nous en voulons pour preuve une anecdote amusante que nous confia Marcel Jullian (1922-2004), qui devint directeur littéraire de la maison Plon en 1967 et fut l’éditeur des Mémoires d’espoir de Charles de Gaulle.

Jullian avait engagé dans son équipe de relecteurs l’écrivain belge Robert Poulet (1893-1989), fort tatillon en matière de style et qui n’hésitait pas à intervenir dans le texte du général. Celui-ci, estomaqué, demanda qui se permettait pareille audace…

N’osant expliquer qu’il s’agissait d’un ancien (injustement à notre sens, mais c’est une autre histoire…) condamné à mort pour collaboration avec les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, Jullian expliqua qu’il s’agissait d’un Liégeois.

« Et alors ? », demanda de Gaulle.

« Maurice Grevisse est liégeois », répliqua l’éditeur.

« Dans ce cas… », répondit de Gaulle.

Comme quoi…

Bernard DELCORD

Le Bon Usage (16e édition) par Maurice Grevisse & André Goosse, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, juillet 2016, 1750 pp. en bichromie au format 13,5 x 19,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 89 €

 

[1] Car jamais elle n’impose, mais suggère, en donnant les différents usages suffisamment courants pour être pris en considération.

20 07 16

« La guerre civile est le règne du crime. » (Pierre Corneille)

Encyclopédie de l'Occupation, de la collaboration et de l'ordre nouveau en Belgique francophone 1940 - 1945) par Eddy De Bruyne.jpgPréfacée par le professeur Francis Balace de l’Université de Liège et publiée à La-Roche-en-Ardenne par le Cercle d’histoire et d’archéologie  Segnia [1], l’Encyclopédie de l'Occupation, de la collaboration et de l'ordre nouveau en Belgique francophone (1940-1945) de l’historien belge Eddy De Bruyne est tout à la fois un monument d’érudition et une gigantesque mine d’informations relatives à l’une des périodes les plus putrides de l’histoire moderne de nos régions, ainsi qu’un who’s who très complet de ceux et celles qui lui conférèrent son odeur pestilentielle.

Il est vrai que cet ouvrage formidable est le fruit de recherches menées durant des décennies par l’un des meilleurs spécialistes non seulement de l’histoire du rexisme – ses nombreuses et volumineuses publications en font foi –, mais aussi de l’organisation et du fonctionnement de l’appareil d’État instauré dans toute la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale par l’occupant nazi, de ses sbires, de ses stipendiés et de ses compagnons de route.

D’Abbeville à Wilhelm Zweibäumer en passant par l’administration allemande des Affaires juives, par celle de Bruxelles (avec le nom des dirigeants de tous les services et l’adresse de ceux-ci), Paul Colin, le Comité Belgo-Russe de l’Exposition Antibolcheviste de Bruxelles, Fernand Daumerie, Pierre Daye, Léon Degrelle, bien entendu, le comte Édouard du Val de Beaulieu, la Deutsch-Vlämische Arbeitsgemeinschaft (mieux connue sous le nom de De Vlag si cher aux flamingants), Alexander von Falkenhausen, la Feldkommandantur, la liste des Fusillés pour faits de collaboration 1940-45 (partie francophone du pays), le socialiste et demaniste Paul Garain, la Garde Rurale, Henri Gillemon, Frans Hellebaut, Paul Herten, la Hilfsgendarmerie, les Gouverneurs en fonction pendant la guerre, Max Hodeige, Pierre Hubermont, Léon Jacobs, le Journal de Charleroi, Suzanne Lagneaux, Victor Matthys, le Pays Réel, Joseph Pévenasse, Radio Bruxelles, Rex, Philipp Schmitt de la Sipo-SD de Charleroi, Christian Simenon (frère de Georges), la SS-Brigade d’Assaut Wallonie, Dante Vannuchi, Fritz Wohlher, on en saute beaucoup, et même des pires, les innombrables entrées de cette encyclopédie du crime, du racisme, de la dictature, de l’intimidation et de la spoliation constituent un extraordinaire kaléidoscope sociologique et politique de la trahison en temps de guerre.

Et elles viennent opportunément mettre en lumière un mécanisme que Joseph Staline, l’alter ego d’Adolf Hitler, avait décrit avec le cynisme qui ne faisait pas son charme : « Cette guerre ne ressemble pas à celles du passé : quiconque occupe un territoire lui impose aussi son système social. Tout le monde impose son propre système aussi loin que son armée peut avancer. Il ne saurait en être autrement ».

Ajoutons que cette bible reprend aussi, notamment, l’organisation administrative de nombreuses communes wallonnes (et bruxelloises) ainsi que de quantité d’organisations, celles de la jeunesse, par exemple.

Vivement la publication du pendant de cet ouvrage consacré à la Flandre, dont nous savons qu’Eddy De Bruyne a rassemblé la matière !

Bernard DELCORD

Encyclopédie de l'Occupation, de la collaboration et de l'ordre nouveau en Belgique francophone (1940-1945) par Eddy De Bruyne, préface de Francis Balace, La-Roche-en-Ardenne, Édition du Cercle Segnia, juin 2016, 574 pp. en noir et blanc au format 21,7 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 70 €

 

[1] Siège social : 25, route de La Roche à 6660 Houffalize (asblsegnia@gmail.com)

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28 06 16

« Un crime peut être une œuvre d'art, et un détective un artiste. » (Agatha Christie)

Jean Valhardi, l’intégrale 2.jpgLe volumineux album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 2, 1946-1950 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble dans leur intégralité les 199 planches des aventures du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina entre 1946 et 1950, après que Jijé lui eut confié la série.

Alors débutant, Eddy Paape (1920-2012, connu aussi pour les séries Marc Dacier et Luc Orient) réussit pourtant à fédérer autour de lui les fans du personnage qui, depuis sa création en 1941, l'avaient élevé au rang de vedette du Journal de Spirou, et le scénariste Jean Doisy (1900-1955) continua de lui imaginer des histoires pleines de rebondissements, avant de passer le relais au très jeune Yvan Delporte (1928-2007), futur rédacteur en chef du journal et scénariste pour Peyo, Franquin, Will, Roba, Jannin ou encore Carine De Brab.

Ce deuxième volume réunit Sur le rail (1946, inédit en album), Jean Valhardi et les Rubens (1946-1947), Diamants artificiels (1947), Valhardi détective (1947-1949), Le roc du diable (1949) et À la poursuite de Max Clair (1949-1950).

Ces pages sont introduites par un dossier remarquablement documenté réalisé par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, auteurs de La véritable histoire de Spirou.

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 2, 1946-1950 par Jean Doisy, Eddy Paape et Yvan Delporte, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2016, 288 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

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27 06 16

« N'oublie pas qu'on écrit avec un dictionnaire et une corbeille à papier. Tout le reste n'est que litres et ratures. » (Antoine Blondin)

Blondin.jpg« L'homme descend du songe », a assuré le romancier et journaliste Antoine Blondin (1922-1991), un Hussard [1] à la plume acérée et au talent incontestable.

Personnage étonnant, déroutant et fantasque, il est l'auteur d’ouvrages divers parmi lesquels 5 romans dont le plus célèbre, Un singe en hiver (1959, Prix Interallié), l’aura fait passer à la postérité via l'adaptation cinématographique qu’en fit Henri Verneuil, avec un Jean Gabin particulièrement touchant et un Jean-Paul Belmondo à l'aube de sa carrière [2].

Antoine Blondin s'est également taillé sa réputation d'écrivain génial sur les routes du Tour de France, qu'il a couvert 27 fois pour L'Équipe de 1954 à 1982, en ouvrant la voie à la littérature sportive du XXe siècle.

Prince du calembour, il reste pour beaucoup de « maîtres et maîtresses d'école » un exemple à montrer aux élèves.

Car le style Blondin est unique.

Vingt-cinq ans après sa mort, ses proches, sa famille, ses amis et ses admirateurs se sont réunis sous la houlette de Jean Cormier et du petit-fils de l’auteur, Symbad de Lassus, pour lui rendre, dans Blondin paru à Monaco aux Éditions du Rocher, un puissant et émouvant hommage.

Parmi eux : ses filles Laurence et Anne, Michel Déon, Bernard Pivot, Pierre Albaladejo, André Boniface, Jean Gachassin, Jean-Pierre Rives, Raymond Poulidor, Jean Hatzfeld, Juliette Gréco et Jean-Paul Belmondo...

Du bien beau linge…

Bernard DELCORD

Blondin par Jean Cormier et Symbad de Lassus, Monaco, Éditions du Rocher, collection « Les dessous du succès », mai 2016, 200 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,90 € (prix France

[1] L'expression les Hussards désigne un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 1960, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

Si ce mouvement apparaissait comme assez hétéroclite, les Hussards se distinguaient notamment par leur opposition à Sartre et leur antigaullisme de droite. L'écrivain François Dufay leur reconnaissait surtout « l'amour du style ; un style bref, cinglant, ductile », un anticonformisme rafraîchissant, le refus des modes, le goût des causes perdues. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Hussards_(mouvement_lit...

Les principaux autres membres étaient Michel Déon et Jacques Laurent. D'autres auteurs ont pu été rattachés au groupe : Geneviève Dormann, Kléber Haedens, Stephen Hecquet, Roland Laudenbach, Félicien Marceau, François Nourissier, Jacques Perret, Pol Vandromme André Fraigneau, Willy de Spens ou encore Guy Dupré.

[2] On doit aussi à Antoine Blondin, entre autres, L'Europe buissonnière (1949), Les Enfants du bon Dieu (1952), L'Humeur vagabonde (1955), Monsieur Jadis ou L'École du soir (1970), Quat'saisons (1975), Certificats d'études (1977), Ma vie entre des lignes (1982) et L'Ironie du sport (1988).

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27 06 16

On the road again!

La Beat Generation – La révolution hallucinée jpg.jpgSpécialiste de la « contre-culture » du XXe siècle, Alain Dister, né à Lyon le 25 décembre 1941 et mort le 2 juillet 2008, était un journaliste et photographe français.

Dès 1967, il a travaillé pour le magazine spécialisé Rock & Folk.

Son célèbre ouvrage Oh hippie, days! Carnets américains 1966-1969 paru en 2006 et qui rend compte de l'Amérique de la fin des années 1960 (la libération sexuelle, les drogues, la musique psychédélique, etc.), qu'il a lui-même vécue, tout comme son Ezy Rider : en voyage avec Jimi Hendrix (1995), resté fameux.

Il est aussi l’auteur de La Beat Generation – La révolution hallucinée, un essai remarquablement documenté et illustré paru en 1997 chez Gallimard dans la collection « Découvertes » et qui ressort ces jours-ci à l’occasion de l’exposition éponyme présentée au Centre Pompidou à Paris jusqu’au 15 octobre 2016.

En voici le pitch :

« La Beat Generation, mouvement symbolique de l'Amérique des années 1950 et 1960, est née de l'amitié entre quatre hommes : Jack Kerouac (1922-1969), Allen Ginsberg (1926-1997), Neal Cassady (1926-1968) et William S. Burroughs (1914-1997). Cette amitié tourne au manifeste.

En 1952, John Clellon Holmes officialise, dans un article du New York Times Magazine, et d'après une définition de Jack Kerouac, le terme beat : « Cela signifie être, d'une façon non dramatique, au pied de son propre mur ».

En 1957, Sur la route de Jack Kerouac devient le symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte face à la cupidité du monde. Un mouvement est né qui revendique ses engagements politiques et son refus de la course à l'argent.

 a Beat Generation sera à l'origine de la vague protestataire qui atteindra son apogée en 1968 lors du rassemblement de Woodstock, et elle posera les bases de la culture moderne des années 1970.

Alain Dister, qui a rencontré les protagonistes du mouvement, en retrace ici l'histoire. »

Et quelle histoire !

Bernard DELCORD

La Beat Generation – La révolution hallucinée par Alain Dister, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Littérature », juin 2016, 112 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,50 € (prix France)

Informations pratiques :

Centre Pompidou

Galerie 1

Place Georges Pompidou

F-75004 Paris

Téléphone : +33 (0)1 44 78 12 33

Prix : 14 €

Horaires d'ouverture :

– De 11 h à 21 h tous les jours sauf le mardi (fermeture des caisses à 20h, sortie des espaces d’exposition à partir de 20h45)

– Nocturnes les jeudis jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h, sortie des espaces d’exposition à partir de 22h45)

Réservation de visites de groupe par téléphone au + 33 (0)1 44 78 12 57, de 9h30 à 13h du lundi au vendredi

23 06 16

« Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises. » (Aurélien Scholl)

Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing.jpgComment AirBnb invente-t-il le « markète-toi toi-même » ? Pourquoi YouTube fait-il de nous des stars ? Comment Le Slip Français s'impose-t-il sur un marché saturé en reprenant l'esprit potache ?

S’adressant aux entrepreneurs et aux marketeurs à la recherche de nouvelles tendances ou aux étudiants en quête d'idées flash, mais aussi plus largement aux consommateurs que nous sommes tous pour mieux comprendre les méthodes de persuasion publicitaires, Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing publié à Paris aux Éditions François Bourin sous la plume d’Emmanuel Malard, un professionnel du marketing diplômé de l’IEP de Lyon et cadre dans une entreprise multinationale, met en lumière, à travers 50 marques, 50 manières de réussir grâce à des « petits trucs du marketing » simples, mais terriblement efficaces.

Grâce à ces « dessous du succès » immédiatement opérationnels, le lecteur professionnel trouvera des clefs pour développer des idées neuves sur les marchés traditionnels et du numérique.

« Si on ne devait lire qu'un livre de marketing... ce serait celui-là ! », assure son éditeur.

C’est un peu excessif, mais pas dénué de fondement !

Bernard DELCORD

Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing par Emmanuel Malard, Paris, Éditions François Bourin, collection « Les dessous du succès », mai 2016, 224 pp. en noir et blanc au format 13 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

Extrait :

Apple

Il était une fois… le storytelling

Dorénavant, les marques nous racontent des histoires. Elles racontent leurs origines, réelles ou fantasmées, ou la vie de leur créateur. Est-ce nouveau ? Pas forcément, rappelez-vous : en 1898, les frères Kellog révolutionnent par erreur le petit déjeuner en fabriquant des pétales de maïs, c’était précisé sur tous les paquets de céréales de notre enfance !

Mais le storytelling a trouvé son plus fort écho auprès du public via la vie politique et notamment les campagnes électorales articulées en une série de « séquences thématiques » orchestrées par les communicants. Et il s’est intensifié avec l’arrivée des sociétés de la nouvelle économie, toutes fondées sur une expérience fondatrice qu’aime à nous raconter leur dirigeant : de la pénurie d’offres d’hébergement à San Francisco pour AirBnB jusqu’au Noël en famille auquel n’a pas pu assister le créateur de Blablacar faute de billets de trains disponibles… Pourquoi nous raconter des histoires ? Tout simplement parce qu’on dit qu’une bonne histoire est vingt-deux fois plus efficace que l’évocation d’un simple fait !

La marque qui excelle à cet art du récit, et ce depuis sa création, est incontestablement Apple. Pur produit de la Silicon Valley californienne, ayant connu des hauts et des bas propices à l’élaboration d’un récit, à l’image de la traversée du désert de son fondateur, Apple pratique un marketing savamment mis en scène et ritualisé, avec des produits épurés, une communication décalée, une large place accordée à l’esthétique, et la valorisation de la spécificité de ses utilisateurs (position toutefois plus difficile à tenir quand les ventes commencent à se massifier…)

Les prises de parole d’Apple respectent un code assez strict de la narration, établi dès les premiers lancements de produit. Quand Steve Jobs présente l’Ipod en 2001, lors d’une de ces fameuses “keynotes”, les lecteurs MP3 existent déjà et il le reconnaît d’ailleurs en préambule. Commence-t-il par montrer son produit ? Non, l’effet n’aurait pas été le même. Il évoque son amour de la musique, sa collection de CD, les difficultés à emmener avec soi ses musiques préférées et invite l’audience à imaginer un monde idéal où l’ensemble de ses disques ne quitterait pas sa poche. Et c’est seulement à ce moment-là, après cette intervention très construite (initiée par la recherche de l’adhésion du public avec un centre d’intérêt commun et la mise en évidence d’un « problème ») que le produit est montré au grand jour, s’assurant ainsi une répercussion qu’il n’aurait pas eu dans une présentation classique. Ce format sera répété à l’envie, créant une forme d’attente (quelle autre marque peut convoquer cinq cents journalistes avec un simple bristol intitulé « Nous avons quelque chose à vous dire » ?) et quelques désillusions lorsque les produits ne sont plus aussi épiques que la légende.

Ce qui change pour le consommateur ? Il a l’impression d’acheter non seulement le produit mais aussi de s’approprier un peu du mythe de la marque, de se reconnaître dans son histoire, de s’approcher de l’esprit de son fondateur… Les possesseurs d’iPhone vous le diront, qui de citer la Californie et son esprit cool, qui de mentionner la figure christique d’un Steve Jobs ou encore d’évoquer la genèse de la société dans le garage d’un pavillon de banlieue. Une incarnation de l’Amérique, ni plus ni moins. Au même titre que l’aura de la marque de joaillerie new-yorkaise Tiffany, ou que d’autres produits emblématiques outre-Atlantique : la Ford Mustang, vendue au prix d’une Ford Mondeo aux États-Unis, conserve cette puissance d’attraction « mythique » en Europe. Et pour Apple, peu importe la montagne de cash-flow générée par les ventes d’Iphone, les usines chinoises de Foxconn aux conditions de travail dont il est permis de douter, c’est le fameux “design in California”, figurant en bonne place sur l’emballage, qui l’emporte et qui confère à la marque sa valeur si particulière. Portée par un portfolio de produits à la finition souvent irréprochable et par plusieurs décennies de storytelling, la marque Apple est ainsi l’une des seules marques d’électronique que l’on peut offrir, comme on se transmettrait, entre initiés, une belle histoire.

Table des matières :

AirBnB

Alpine

Amazon

Apple

Armor-Lux

Auchan

Batman (DC Comics)

Bercy Arena (AccorHotels Arena)

Blablacar

Candy Crush (King / Activision)

Carrefour

Cetelem

Coca-Cola

Cochonou

Dacia

Darty

Disney

DS (Groupe PSA)

Europe 1

GoPro

Guinness

Kindle (Amazon)

La Poste

Le Slip Français

Lego

Leroy Merlin

M & M’s

Mammouth

Matmut

McDonald’s France

Michel et Augustin

Monoprix

Nespresso

Netflix

Nina Ricci

Oasis

Ola (France Télécom)

Only Lyon

Peeple

Playstation

Plus belle la vie

Prince de Bretagne

Red Bull

Samsung

Sony Music

Uber

Unibail-Rodamco

Vente-Privée

Volvo Trucks

YouTube


 

23 06 16

Qui bono ? – À qui profite le crime ? (Cicéron)

Dictionnaire et vocabulaire du latin (Larousse).jpgPar les temps qui courent de populisme électoraliste et de déliquescence subséquente des contenus des programmes scolaires, en guise de réplique aux cuistres et aux ignares qui ont décidé de trucider l’enseignement du latin sous prétexte qu’il s’agit d’une langue morte, et pour infliger un camouflet aux « pédagogues » des gogues ministériels qui voient dans l’étude de la langue de César et dans la lecture de Sénèque des pratiques suspectes parce qu’« élitistes », mot cache-sexe de leur incurie, de leur démagogie et de leurs aigreurs jalouses, osons un acte de résistance : la consultation quotidienne du Dictionnaire latin et du Vocabulaire latin parus chez Larousse, deux ouvrages collectifs accessibles à tous et ô combien passionnants, qui plongent leur utilisateur au cœur des origines de notre langue, mais aussi de la plupart de celles du pourtour méditerranéen ainsi que de la culture de l’Europe de l’Ouest, de l’Afrique francophone et du Maghreb.

C’est que l’enjeu est d’importance, celui du vivre ensemble, du penser ensemble et du parler ensemble dans le respect de tous et de soi-même, car, comme l’assurait Malcolm X peu de temps avant son assassinat : « Vous ne pouvez pas haïr les racines d'un arbre et ne pas haïr l'arbre tout entier ».

Aujourd’hui, parmi les jeunes générations, la faillite de l’orthographe et du vocabulaire est patente, avec son lot d’incompréhension du discours des autres, d’incapacité à lire les textes littéraires – et pas seulement – et de formatage de la pensée en stéréotypes et en slogans puérils.

Il suffit, par exemple, de lire la presse, papier ou sur Internet, pour s’en convaincre…

Or, ce n’est pas tant à la capacité plus ou moins grande des jeunes à apprendre ce qu’on leur enseigne qu’il faut imputer cette faillite (il y a toujours eu de bons élèves, des moins bons et des cancres…), mais bien à l’incapacité et à l’incompétence de nombre de leurs maîtres, eux-mêmes incapables d’écrire sans fautes d’orthographe et de syntaxe…

 Qui bono ? À qui profite le crime, comme le demandait Cicéron avec insistance dans un plaidoyer fameux ?

À la société tout entière, qui a dévalorisé l’école et ses enseignants et continue de le faire, au point que des régiments entiers de ceux-ci quittent la profession ou l’exercent avec dépit, quand ce n’est pas la boule au ventre, et pas uniquement dans les écoles-poubelles, tant leur rôle et leur statut sont décriés…

Fort logiquement, la formation des profs a suivi une courbe descendante orientée, dans certaines branches, vers la spécialisation technique et, dans d’autres, vers l’apprentissage ludique, tout en faisant passer la culture générale et langagière par pertes et profits…

Aujourd’hui, les écoles normales et les universités octroient des diplômes de formateurs à bien des récipiendaires sans grandes connaissances grammaticales – un concepteur de programmes nous a même un jour assené qu’avec une quinzaine de règles, on évite 80% des fautes, et que c’est bien suffisant… –, dont le mémoire de fin d’études et les préparations de cours sont truffés d’erreurs de français, et on tolère qu’ils sévissent ad vitam perpetuam dans des classes au sein desquelles ils distillent leur inculture sans se remettre en question !

Or, à quoi sert de savoir encoder un texte en Word si on est incapable de le rédiger ou de comprendre ce que l’on recopie ? À quoi sert d’apprendre une langue étrangère quand on ne connaît pas – ou à peine – sa langue maternelle ? À quoi sert un raisonnement scientifique mal étayé ? À quoi sert une pensée brouillonne ?

Et que l’on ne vienne pas nous taxer d’intentions ségrégationnistes !

Les plus habiles utilisateurs de la langue française ne sont-ils pas de nos jours des écrivains maghrébins, libanais ou congolais, à l’instar de Tahar ben Jelloun, Amin Maalouf, in Koli Jean Bofane ou Valentin-Yves Mudimbe ?

Il est vrai qu'ils ont été, chez eux, à bonne école...

Bien entendu, notre philippique, si elle ne vise pas collectivement les élèves, ni même les enseignants – comment leur reprocher d’ignorer ce qu’on ne leur a pas appris dans leur cursus ? –, ne plaide pas non plus pour que tout le monde apprenne le latin et obligatoirement à une culture classique que d’aucuns trouveraient surannée.

Mais de là à ce que plus personne n’y ait accès, il y a de la marge !

Il est au contraire urgent de revenir aux fondamentaux et de réorienter les enseignants vers une maîtrise approfondie de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire français, la langue étant le vecteur le plus efficace de la transmission du savoir !

Revenons maintenant à nos outils :

Le Dictionnaire latin s’avère très complet, puisqu’il contient :

– 150 000 mots, expressions et traductions,

– un dictionnaire de version (latin-français),

– un dictionnaire de thème (français-latin),

– toutes les formes des noms, verbes et adjectifs latins,

– un grand nombre d'exemples et de citations,

– des locutions et proverbes expliqués.

Avec un éclairage pédagogique sur la civilisation latine :

– 5 000 noms propres commentés (personnages, institutions et lieux),

– des développements culturels,

– une chronologie, le calendrier latin, les poids et mesures.

Vocabulaire latin.jpgQuant au Vocabulaire latin, il présente :

– tout le vocabulaire de base,

– une organisation par thèmes (la politique, la religion, le sport, les campagnes militaires, les métiers, les animaux),

– des explications sur l'emploi et la formation des mots,

– des notes et astuces pour mémoriser certaines constructions, déjouer les pièges classiques ou résoudre des difficultés grammaticales,

– des aides sur la prononciation,

– une structure claire et une présentation attrayante,

– des exercices et des jeux simples avec leurs corrigés pour vérifier ses acquis.

Un bien beau corpus scripti, comme dirait Marcel moreau…

Bernard DELCORD

Dictionnaire Larousse latin-français & français-latin, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Maxi Poche + », juin 2016, 956 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 19,8 cm sous couverture Intégra en couleurs, 10,95 € (prix France)

Vocabulaire latin, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Les clés de la réussite », juin 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 12,8 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 7,90 € (prix France)

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18 06 16

Gastronomie du Web…

Marie gourmandise.jpgLauréate en 2015 des Weekend Blog & Digital Awards du Vif-L’Express, Marie Van Bleyenberghe a créé il y a deux ans son blog « Marie gourmandise » [1] qui se voulait un relais de partage de recettes culinaires avec des copines et qui a rapidement pris de l’ampleur, amenant sa conceptrice à intervenir à la radio, à rencontrer des chefs célèbres (comme Thierry Marx, Pierre Wynants,, David Martin ou Maxime Collard), à visiter des manufactures ainsi que des ateliers de cuisine, à animer des workshops et… à publier un livre.

Intitulé Marie gourmandise – Homemade cooking et paru aux Éditions Racine à Bruxelles, celui-ci rassemble 72 recettes de salades, de légumes, de soupes, de quiches, de pizzas, de tartes, de feuilletés, de viande, de volaille, de poisson, de pâtes de blé et de riz, de biscuits et de desserts variés, toutes dans l’air du temps et faciles à préparer.

Des régals up-to-date

Bernard DELCORD

Marie gourmandise – Homemade cooking par Marie Van Bleyenberghe, photographies de Kevin Wippermann, Bruxelles, Éditions Racine, mai 2016, 192 pp. en quadrichromie au format 21 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette rafraîchissante suivante :

Gaspacho melon & poivron

Pour 4 personnes

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 20 minutes

Ingrédients :

2 melons

1 poivron jaune

2 cuillers à soupe de ricotta (facultatif)

Sel, poivre

Recette :

Couper les melons en deux, retirer les pépins, les couper en morceaux en ôtant la peau. Réserver.

Chauffer le four à 240 °C.

Dans un plat allant au four, mettre le poivron entier avec un filet d'huile d'olive et cuire 20 minutes.

À la sortie, mettre tout de suite dans un sac de congélation et fermer hermétiquement.

Laisser refroidir complètement.

Ouvrir le sac, couper le poivron en deux, enlever le pédoncule et les pépins.

Oter la peau et finir avec le plat du couteau pour enlever les dernières petites impuretés. Réserver.

Dans le blender, mettre les melons, le poivron, la ricotta.

Mixer.

Assaisonner avec le sel et le poivre.

Si c'est trop épais, rajouter un petit peu d'eau et remixer, et ainsi de suite jusqu'à ce que vous obteniez la texture souhaitée.

Laisser au frigo pour que ce soit bien frais.

Juste avant de servir, disposer un gressin enroulé avec du jambon de parme.

 

[1] www.mariegourmandise.com

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18 06 16

Une étoile filante de la photographie de guerre…

Capa – L'étoile filante.jpgRobert Capa – pseudonyme d’Endre Ernő Friedmann –, né le 22 octobre 1913 à Budapest et mort le 25 mai 1954 en Indochine, est un photographe et correspondant de guerre juif hongrois, naturalisé américain.

Il a couvert les plus grands conflits de son époque et est, en 1947, l'un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, première de ce genre à voir le jour.

En 1933, il quitte l’Allemagne où il avait émigré en 1931 pour s’établir à Vienne puis en France à l’automne 1934. À Paris, il fait la rencontre de Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, née en 1910 à Stuttgart, une étudiante allemande antifasciste d'origine polonaise qui devient elle aussi photographe, et sa maîtresse en 1935.

Ses photos se vendent très mal et ils connaissent la misère jusqu’en 1936, quand Gerda échafaude un subterfuge en forgeant la légende d’un photographe américain., elle lui fait prendre un pseudonyme, celui de Robert Capa, qui sonne plus américain. Ils inventent tout un personnage autour de ce pseudonyme. Capa est américain, Capa est chic, Capa est riche, Capa est mondain.

C’est la célébrité. En août 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la Guerre civile espagnole aux côtés de troupes républicaines, pour les magazines Vu et Regard. Ses clichés font le tour du monde.

Alors que Robert Capa est de retour à Paris, Gerda Taro qui est restée en Espagne est écrasée accidentellement par un char républicain lors des combats de la bataille de Brunete. Elle meurt le 26 juin 1937, à l’âge de 26 ans, après une atroce agonie. Le jour de ses funérailles, les frères de Gerda s’en prirent violemment à Robert Capa, en lui reprochant de l’avoir entraînée vers la mort.

En 1938, il est envoyé par le magazine Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945). Le 3 décembre 1938, la revue de photographie anglaise Picture Post le proclame « le plus grand photographe de guerre du monde ».

Confronté aux lois françaises contre les « étrangers indésirables », il quitte Paris en octobre 1939 et émigre à New York où il est chargé par le magazine Colliers de couvrir le front d’Afrique du Nord en 1942, puis du débarquement des Alliés en Sicile. Le 6 juin 1944, toujours pour Life, il est le seul photographe présent lors du débarquement en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach.

En décembre 1945, il suit l’actrice Ingrid Bergman à Hollywood, où il travaille comme photographe de mode et photographe de plateau. En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël. En 1954, le magazine Life a besoin d’un photographe pour couvrir la guerre d’Indochine. Se trouvant alors au Japon pour une exposition de Magnum, Robert Capa se porte volontaire. Ainsi, c’est aux côtés des troupes françaises qu’il parcourt le Viêt Nam, une partie de l'Indochine française de l'époque.

Le 25 mai 1954, au Tonkin, voulant prendre une photo d'ensemble d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin où progresse la troupe et met le pied sur une mine antipersonnel. Il succombe rapidement à ses blessures [1].

Dans Capa – L’étoile filante  paru chez Casterman à Bruxelles, le dessinateur français Florent Silloray dresse avec rectitude et talent le bilan d'une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier.

Loin de l'image de tête brûlée qui a fait de lui une légende du photojournalisme, Robert Capa s’y raconte sans fard et dévoile la blessure – la mort de Gerda – qui a décidé de toute son existence.

De bien beaux dess(e)ins !

Bernard DELCORD

Capa – L'étoile filante par Florent Silloray, Bruxelles, Éditions Casterman, février 2016, 87 pp. en quadrichromie au format 24,4 x 32,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 17 €

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Capa

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