29 08 13

L'ex-capitale de l'Univers...

Atlas historique de Rome.jpgRédigé par des spécialistes éminents (Aurélien Delpirou est maître de conférences à l'Institut d'urbanisme de Paris – université Paris-Est Créteil –, Eleonora Canepari est docteure en histoire moderne de l'EHESS. Sylvain Parent est maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Lyon etEmmanuelle Rosso est maître de conférences en histoire de l'art et archéologie du monde romain à l'université de Paris-4/Sorbonne, tandis qu'Aurélie Boissière est cartographe indépendante), l'Atlas historique de Rome paru aux Éditions Autrement à Paris propose, en une centaine de cartes, plans et infographies commentés, une véritable biographie cartographique de la capitale italienne, ville éternelle mais loin d'être immobile.

Il s'agit d'une approche géo-historique originale pour comprendre la façon dont Rome a construit son « éternité » depuis 2 700 ans, de la fondation légendaire par Romulus jusqu'au XXIe siècle en passant par les époques impériale, médiévale, renaissante, baroque, napoléonienne et fasciste, expliquant de manière parfaitement abordable l'extraordinaire stratification du tissu urbain et architectural de la ville.

Le compagnon indispensable de tous les amoureux – et de tous les visiteurs – de l'antique capitale de l'Univers !

Bernard DELCORD

Atlas historique de Rome IXsiècle avant J.-C. – XXIe siècle par Aurélien Delpirou, Eleonora Canepari, Sylvain Parent et Emmanuelle Rosso, cartographie d'Aurélie Boissière, Paris, Éditions Autrement, mai 2013, 96 pp. en quadrichromie au format 17,1 x 25 cm sous couverture Intégra en couleurs, 19 € (prix France)

26 08 13

Grandeur et décadence...

Prokofiev.jpgAdmirablement rédigée par Laetitia Le Guay et parue en Arles chez Actes Sud, la biographie de Serge Prokofiev (1891-1953) est, comme toujours dans la collection « Classica », enrichie d’un index, de repères bibliographiques et d’une discographie

On doit à Serge Prokofiev de nombreuses œuvres musicales allant de la symphonie au concerto, à la sonate ou au conte musical (Pierre et le Loup pour un théâtre d’enfants moscovite), de la musique de chambre ou de film (d’Alexandre Nevski et d’Ivan le Terrible, les chefs-d'œuvre d'Eisenstein, notamment) à des opéras (Guerre et Paix d'après Tolstoï) ou des ballets (Cendrillon, Roméo et Juliette...) et il a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif.

De 1918 à 1936, il passa de nombreuses années en dehors de son pays avant de se laisser convaincre de revenir en URSS où il fut à la fois honoré (Prix Staline en 1943, « Artiste du Peuple » de la République socialiste fédérative soviétique de Russie en 1947, Prix Lénine en 1957, à titre posthume) et persécuté (en 1948, on l'accusa de « formalisme », c'est-à-dire de céder trop « aux impulsions "dégénérées" de l’Ouest », ce qui l'incita à produire des œuvres sans intérêt à la gloire du régime mais ne lui évita pas les purges staliniennes et de finir sa vie dans la misère ; paradoxe de l'Histoire, il mourut le même jour que Staline...).

Écoutons l'auteure :

« Étrange destin que celui de Serge Prokofiev, talent précoce qui fit sensation dans la Russie du dernier tsar par ses œuvres iconoclastes et sa virtuosité pianistique. Curieuse fortune que celle d’un musicien "solaire", salué comme tel par les poètes et les interprètes, mais dont la vie, à l’approche de la trentaine, entra dans une difficulté définitive. Après son départ de Russie au printemps 1918, Prokofiev ne connut plus jamais la facilité de ses débuts.

Avec son retour en URSS en 1936, il éprouva le tragique stalinien. La musique de Prokofiev est indépendance. Son refus des écoles et des théories se manifesta dès la jeunesse ("je déteste l’imitation", dit-il) et se maintint sa vie durant, autant qu’il fut possible, dans les dernières années, sous l’étau du "réalisme socialiste".

Il se définit dans un rapport à l’héritage classique, qu’il revisitait sans complexe, avec tour à tour facétie, poésie, tendresse, ou sarcasme.

Le fracas percussif, le piment de la dissonance, le martèlement rythmique furent les traits les plus marquants d’une écriture qui en a bien d’autres, à commencer par sa richesse d’invention mélodique. [Il] fait ainsi cohabiter l’éclat de rire avec la plainte, les déguisements loufoques avec des accents sombres. Les Tragiques et les Comiques dialoguent, la veine lyrique et la veine épique se côtoient, mais le mot de la fin revient à Arlequin : au costume bariolé, à l’humour, au saut de côté, dans un rapport à l’existence, ludique ou théâtral, mais profondément humain. »

Car, comme nous le confia un jour l'historien Henri Guillemin à propos d'un grand poète, « il est des génies dont l'œuvre est impérissable, mais à qui on eût refusé de serrer la main... »

Bernard DELCORD

Serge Prokofiev par Laetitia Le Guay, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2012, 254 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 € (prix France)

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26 08 13

Dix siècles d'or et de plomb...

Le Moyen Âge pour les Nuls.jpgAncien élève de l'École normale supérieure à Paris et agrégé d'histoire, le médiéviste Pierre Langevin est un spécialiste réputé de la chevalerie et de l'architecture médiévale.

Dans Le Moyen Âge pour les Nuls, il fait le point sur les mille ans durant lesquels la Gaule devint tour à tour la Neustrie et l'Austrasie, la Francie occidentale et, enfin, la France. Mille ans pendant lesquels le latin se mâtina de germain, se transforma en dialectes romans, en langues d'oc et d'oïl, en français.

Mille ans au cours desquels se succédèrent les Mérovingiens, les Carolingiens ainsi que les différentes branches des Capétiens et qui virent émerger des personnages hors du commun comme Clovis, Dagobert, Pépin le Bref, Charlemagne, Guillaume le Conquérant, Aliénor de Castille, Blanche d'Aquitaine, Jeanne d'Arc, Louis XI ou le pape Jules II.

Dix siècles d'expansion du christianisme à partir des évangélistes et des monastères, dix siècles où la brutalité des mœurs côtoya la poésie courtoise et les récits merveilleux, , où les découvertes scientifiques voisinèrent avec les épidémies, qui virent apparaître les hôtels de ville et les cathédrales, mais engendrèrent l'antisémitisme, les croisades contre les cathares et contre l'islam, dix siècles d'or et de plomb, de foi et de haine, de sang et de fureur, de culture et de violence, d'élégance et de grossièreté...

À l'image de la nature humaine, en somme...

Bernard DELCORD

Le Moyen Âge pour les Nuls par Pierre Langevin, Paris, Éditions First, février 2013, 385 pp. en noir et blanc au format 13 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,50 € (prix France)

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26 08 13

Musique, maestro !

Les 100 mots de l'opéra.jpgDans Les 100 mots de l'opéra paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », Philippe Jordan, directeur musical de l'Opéra national de Paris, entraîne avec le concours d'Emmanuelle Josse le lecteur dans les coulisses d'un art qui gagne sans cesse de nouveaux spectateurs, en particulier auprès des jeunes générations.

Il faut dire que le cicerone a tout pour séduire : à 38 ans, il est l’un des plus talentueux chefs d’orchestre au monde. En concert, il a notamment dirigé le Berliner Philharmoniker, le Wiener Philharmoniker, la Staatskapelle de Berlin, le Wiener Symphoniker, le RSO de Vienne, l’Orchestre philharmonique de Radio France, le Philarmonia de Londres... En Amérique du Nord, il a dirigé les orchestres de Seattle, St-Louis, Dallas, Detroit, Chicago, Cleveland, Philadelphie, Washington, Minnesota, Montréal, New York et San Francisco. Après une représentation en 2011 au Teatro alla Scala, il a dirigé Parsifal en 2012 au Festival de Bayreuth. Il a en outre enregistré une dizaine de disques et DVD, dont Pelleas et Mélisande de Debussy en 2013.

Pour lui, « l'opéra est un spectacle à part : il invite tous les arts, propose l’alliance du texte et de la musique, attire aussi les plus grands artistes de l’époque pour sa mise en scène, pour ses décors. L’opéra est un bâtiment à part : c’est un des lieux les plus prestigieux des grandes villes, un marqueur social de la cité. L’opéra est une entreprise collective : des chanteurs aux techniciens, du chef d’orchestre aux musiciens, chacun œuvre à la réussite de la représentation. L’opéra est exigent : il demande à son public de connaître ses rituels et d’adhérer à toute une série de conventions radicales – sur scène, tout le monde chante et tout est chanté – pour s’abandonner à ses délices ».

Éclairant les traditions de ce genre musical au prisme de sa propre expérience, Philippe Jordan dévoile aussi sa conception de la direction d’orchestre, de la relation au public, aux chanteurs ou encore aux metteurs en scène.

On applaudit à son succès !

Bernard DELCORD

Les 100 mots de l'opéra par Philippe Jordan en collaboration avec Emmanuelle Josse, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », mai 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture souple, 9 €

Liste des 100 mots :

Abonnés – Accessoires – Accompagnement – Acoustique – Administration – Architecte – Aria – Assistants – Ateliers – Audition – Baguette – Ballet – Callas – Caméra – Canevas – Carrière – Chanteur – Chef de chant – Chef d’orchestre – Chœur et Chef de chœur – Cinéma – Comédie – Communiquer – Concours – Conventions – Coproduction – Costumes – Couleur – Création – Décors – Découpage – Démocratisation – Discipline – Distribution – Diva – Doublure – Dramaturgie – Drame – Duo d’amour – Éclairages/Lumières – Économie – Édition – Ensemble – Festival – Finale – Fosse – Foyer – Gala – Héritage – Inachevé – International – Interprétation – Jeunesse – Kammeroper – Language coach/Répétiteur de langue – Langues – Leitmotiv – Livret – Lyrique – Masculin/Féminin – Mécènes – Metteur en scène – Mise en espace – Monument – Mort – Mythe – Les Noces de Figaro – Nouvelle production – Opérette – Orchestre – L’Orfeo – Ouverture (prologue, prélude) – Partition – Plateau – Politique culturelle – Pouvoir – Première – Public – Programme – Rayonnement – Récitatif – Régisseur général – Répertoire – Répétition – Reprise – Reproduction – Respiration – Salle – Salut – Scandale – Souffleur – Surtitrage – Stagione – Technique/Techniciens – Totalité – Tragédie lyrique – La TraviataTristan et Isolde – Version – Voix – Virtuosité – Wozzeck.

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25 08 13

Les lads des écuries d'Augias

La véritable histoire des Gracques.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 24 août 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

En 133 avant J.-C., Rome, qui sort d'une troisième guerre contre Carthage, est au bord de la faillite : les finances sont asséchées, les populations en quête de travail s'agglutinent dans les insulae de la capitale et la corruption règne à la tête de l'État (politiciens véreux, arrangements mafieux, élections truquées, meurtres et conspirations y sont légion).

C'est dans ce climat trouble que deux frères, les intègres tribuns de la plèbe Tiberius et Caius Gracchus, font voter une série de lois remettant le peuple au centre du débat public.

En révélant les manœuvres politiciennes du Sénat corrompu, les deux hommes provoquent un mouvement d'insurrection inédit dans l'histoire de la République romaine. La riposte du Sénat, impitoyable, ne tardera pas...

Dans La véritable histoire des Gracques (Les Belles Lettres à Paris), Christopher Bouix, jeune professeur des universités Paris III et de la Sorbonne, a réuni et commenté plus de cent cinquante textes d'auteurs antiques (Cicéron, Pline l'Ancien, Plutarque, Salluste, Sénèque, Tacite, Tite-Live...) pour faire pénétrer le lecteur dans les coulisses d'un système politique en perdition et suivre l'itinéraire de deux des figures les plus controversées de l'histoire de Rome.

Un récit palpitant aux accents – de Wallonie... – résolument contemporains !

Bernard DELCORD

La véritable histoire des Gracques, textes réunis et commentés par Christopher Bouix, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « La véritable histoire de... » dirigée par Jean Malye, mars 2012, 180 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,50 € (prix France)

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25 08 13

Les mots du quotidien

Quand votre culotte est devenue pantalon.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 24 août 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Algorithme, août, barème, boycotter, calepin, catogan, chauvinisme, dahlia, diesel, frangipane, guillotine, lyncher, macadam, macchabée, pantalon, poubelle, salmonelle, saxophone, silhouette, strass, ubuesque, volcan... À l'origine de ces mots, on trouve un être humain à la personnalité peu banale : découvreur, inventeur, savant, artiste. Mais aussi des héros de la mythologie gréco-romaine ou d'œuvres littéraires.

Quant à bermuda, bougie, cachemire, camembert corbillard, cravate, dauphin, jockey, faïence, frigidaire, lycée, pactole, robinet, sardine, satin, tequila..., ils sont issus de noms de choses, de villes, de marques ou de régions.

C'est ce que révèle, entre autres et avec beaucoup de verve, le journaliste et poète Daniel Lacotte dans Quand votre culotte est devenue pantalon, un amusant ouvrage retraçant l'histoire de chacun de ces vocables et la façon dont ils sont entrés dans la langue française.

Un petit bijou d'étymologie !

Bernard DELCORD

Quand votre culotte est devenue pantalon par Daniel Lacotte, Paris, Éditions Pygmalion, mars 2012, 371 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,90 € (prix France)

23 08 13

« Famille, je vous hais ! » (André Gide)

Celles d'avant.jpgOn sait tout le bien que nous pensons de l'œuvre de notre compatriote Corinne Hoex dont les romans Le Grand Menu (L’Olivier, 2001, réédité par Les Impressions Nouvelles en 2010), Ma robe n’est pas froissée (Les Impressions Nouvelles, 2008), Décidément je t’assassine (Les Impressions Nouvelles, 2010) et Le Ravissement des femmes (Grasset, 2012) ont fait sensation en raison notamment de la dureté des sentiments qu'ils expriment sur un ton délicat avec une construction parfaite.

L'auteure a également publié plusieurs livres de poésie : Cendres (Esperluète, 2002), Contre Jour (Le Cormier, 2009), La Nuit, la mer (Didier Devillez, 2009), Juin (Le Cormier, 2011), N.Y. (La Margeride, 2011), Rouge au bord du fleuve (Bruno Doucey, 2012) et L’Autre Côté de l’ombre (Tétras Lyre, 2012), et elle a fait paraître récemment Celles d'avant aux Éditions Le Cormier à Bruxelles, un recueil dans lequel elle renoue brillamment avec ses vieux démons, les rapports familiaux et l'emprise maternelle, qu'elle aborde cette fois par le biais du fantastique traité au scalpel.

« Corinne Hoex pratique une poésie volontiers narrative, d’une trompeuse simplicité, qui privilégie une langue épurée où chaque mot, choisi avec une parfaite justesse, fait mouche dans la sensibilité du lecteur.

Les celles d’avant du titre, ce sont d’inquiétants fantômes qui murmurent dans la nuit et s’invitent sans façon, c’est le poids obsédant des générations antérieures dont il est impossible de se défaire. Le tout traité avec une belle âpreté, entre humour noir et cauchemar fantasmatique », peut-on lire en guise de présentation de l'ouvrage.

Frissons subtils garantis !

Bernard DELCORD

Celles d'avant par Corinne Hoex, Bruxelles, Éditions Le Cormier, mars 2013, 55 pp. en noir et blanc au format 12,7 x 20,3 cm sous couverture brochée en couleurs, 16 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil frémissant les quelques lignes suivantes :

 

la seule chose vivante c'est le trou

il le faut

tu es au fond

personne ne sait où ça commence

où ça finit et où ça commence

mais le trou est vivant

 

malgré le noir

il y a l'odeur

 

commencer a été

une mauvaise expérience

regarde dans les yeux

une mauvaise expérience

sur le plan de l'amour

jusqu'où faut-il creuser

 

dans le noir aveugle

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23 08 13

Une caverne d'Ali-Baba !

À la rencontre des grands Écrivains français.jpgContenant 50 fac-similés de lettres, documents et manuscrits exceptionnels, À la rencontre des grands Écrivains français paru chez Larousse est un magnifique livre-objet conçu par Jérôme Picon pour présenter autant d'auteurs à travers le moment culturel qui lui est particulier.

Des illustrations de l'édition princeps du Gargantua de Rabelais, par exemple, et la pièce signée de la main de Louis XIV et de Colbert fondant le Théâtre-Français (21 octobre 1680) où brilleront Racine et Molière, des illustrations des Fables de Jean de La Fontaine, un fragment manuscrit des Pensées de Pascal, un extrait du manuscrit du Paradoxe sur le comédien de Diderot, une page de l'herbier de Jean-Jacques Rousseau, des épreuves d'impression de romans de Balzac, maculées de corrections, le manuscrit autographe du fameux « Demain, dès l'aube... » de Victor Hugo, un dessin de Charles Baudelaire par lui-même, un poème recopié à la plume d'Arthur Rimbaud, des notes de Zola préparatoires à la rédaction de L'Assommoir, une lettre de Marcel Proust, une autre de Louis-Ferdinand Céline, des dessins en couleurs du Petit Prince par Antoine de Saint-Exupéry, une lettre de Sedar Senghor à en-tête de l'Assemblée nationale, un portrait au pastel et fusain d'Arthur Adamov par Antonin Artaud, une photo de l'Île de Mount-Desert où vivait Marguerite Yourcenar, une page de manuscrit dactylographié de Georges Simenon ou encore une carte de Frédéric Dard à Roger Valuet.

Le tout complétant un texte très clair de Jérôme Picon, abondamment et judicieusement illustré et fourmillant d'anecdotes révélatrices.

Une réussite éclatante !

Bernard DELCORD

À la rencontre des grands Écrivains français par Jérôme Picon, Paris, Éditions Larousse, octobre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 24 x 29,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

17 08 13

Du Céline made in USA...

Le Festival de la couille.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 17 août 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le saviez-vous ? Aux États-Unis, il existe deux festivals de la couille (Testy festy ou Testicule Festival en anglais). L’un se tient à Oakdale, en Californie, l’autre à proximité de Missoula, dans le Montana.

Celui d’Oakdale sert à collecter des fonds pour un Musée du cow-boy et les participants peuvent y déguster des testicules de taureau à volonté.

Quant à celui, érotique, de Missoula, le journaliste et écrivain satirique Chuck Palahniuk – né en 1962, il est membre du mouvement dit d'Anticipation sociale – en a brossé un portrait particulièrement décoiffant dans un recueil de reportages intitulé Le Festival de la couille et autres histoires vraies dont la traduction française a paru chez Denoël puis en version de poche chez Gallimard, un ouvrage dont la critique, allez savoir pourquoi, a fort peu parlé.

Outre la description de cette partouze géante au fin fond de l'Ouest américain et l'évocation de personnages ordinaires mais peu banals, l'auteur y relate un combat de moissonneuses-batteuses, une expédition en sous-marin nucléaire, la construction d'un château en béton, un face-à-face improbable avec Marilyn Manson ou les promenades d'un escort boy avec un malade en phase terminale, autant d'évocations d'une Amérique déjantée et méconnue dont il s'est fait le chroniqueur dans un style minimaliste des plus efficaces.

Dans ce recueil où se mêlent subversion, tendresse et humour décapant, Chuck Palahniuk démontre combien la réalité peut dépasser la fiction la plus délirante, et on ressort éberlué de ce voyage au bout du bizarre et du tragique...

Bernard DELCORD

Le Festival de la couille et autres histoires vraies par Chuck Palahniuk, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », octobre 2009, 362 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,70 € (prix France)

17 08 13

Un kit de survie...

Le Guide des emmerdeurs.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 17 août 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Dans Le Guide des emmerdeurs, des cons et des importuns, paru aux Éditions Tut-tut à Paris, Stéphane Rose – co-créateur des Gérard qui couronnent chaque année les plus mauvais animateurs et les pires émissions de télévision – dresse l'inventaire des casse-pieds les plus fréquents et fournit le mode d'emploi pour les neutraliser rapidement.

Grâce à ses conseils, on ne redoutera plus les méfaits ou la survenue de l'enfant roi qui hurle dans le TGV, de la petite vieille qui veut passer avant vous à la caisse du supermarché, de l'employé d'un call-center qui appelle à 8 heures du matin pour vous vendre une cuisine, du collègue bobo écolo, de la rombière féministe obsessionnelle, de l'idiot qui klaxonne dans les embouteillages, du gars qui flippe en avion et communique son stress à tout le monde, de l'ami qui ne va jamais bien, de celui qui a un petit talent de guitariste ou du voisin bruyant qui ne supporte pas le bruit...

« Et si ça ne marche pas, conseille l'auteur, assommez-les avec ce livre. Un bon coup sec, cela devrait suffire... »

Bernard DELCORD

Le Guide des emmerdeurs, des cons et des importuns par Stéphane Rose, Paris, Éditions Tut-tut, mai 2013, 195 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 € (prix France)

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