05 05 13

Théorie explosive...

Le prêtre et le Big Bang.jpgNé à Charleroi en 1894 et mort à Leuven en 1966, le chanoine Georges Lemaître, physicien, astronome et mathématicien de très haut vol formé à Louvain, à Harvard et au MIT de Boston fut l'un des plus grands savants du XXe siècle, dont la critique des travaux de son ami Einstein (qui croyait au caractère statique de l'univers) déboucha en 1927 sur la théorie – belge donc – du Big Bang, c'est-à-dire d'expansion de l'univers à partir d'un atome primitif [1].

Ce catholique à la foi solidement ancrée avait aussi été un volontaire héroïque de la Première Guerre mondiale et il fut décoré de la croix de guerre pour son action pleine de panache durant la bataille de l'Yser, où il avait eu Joris Van Severen comme compagnon d'armes.

Entré au séminaire de Malines en 1920 et dans les ordres en 1923, il concilia ses pratiques religieuses et ses connaissances scientifiques, en prônant par exemple une lecture symbolique et non pas littérale de la Genèse.

Soutenu par Pie XII (qui n'était donc pas aussi coincé qu'on le croit en matière doctrinale...), professeur à l'Université catholique de Louvain de 1926 jusqu'à sa mort, Georges Lemaître fut aussi nommé en 1960 par le pape Jean XXIII à la tête de l'Académie pontificale des sciences à Rome, institution qu'il maintint à l'abri des assauts conservateurs de la Curie.

Ardemment opposé à la partition de l'Université de Louvain (qui intervint pourtant en 1968 à l'instigation des flamingants menés, entre autres, par l'aujourd'hui très belgicain Wilfried Martens), Georges Lemaître a reçu de brillants honneurs posthumes puisque l'astéroïde 565 porte son nom, de même que le cinquième et dernier ATV, véhicule automatique de transfert européen, ravitailleur de la Station spatiale internationale (ISS).

Une rumeur persistante chez ses anciens élèves assure que le chanoine Lemaître ne pouvait donner de cours que dans le chahut et qu'il réclamait celui-ci de ses étudiants, en leur demandant s'ils étaient malades lorsque le calme régnait dans l'auditoire.

Professeur, lui aussi, à l'UCL, le romaniste Vincent Engel lui a consacré tout récemment chez JC Lattès à Paris une remarquable biographie intitulée Le prêtre et le Big Bang qui se lit à la vitesse de la lumière tant elle est passionnante.

Une contribution essentielle à l'histoire mondiale des sciences... et au rayonnement de Charleroi !

Bernard DELCORD

Le prêtre et le Big Bang par Vincent Engel, Paris, Éditions JC Lattès, avril 2013, 218 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)



[1]  Il est vrai que dès 1922, le Russe Alexandre Friedman avait abordé la question dans la revue Zeitschrift für Physik, mais il s'agissait d'une simple ébauche, dont Lemaître ignorait tout. Or, pour que la théorie tienne, il fallait y intégrer une autre découverte, de Lemaître également, l'estimation stable de la fameuse constante de Hubble (qui était également l'un de ses maîtres et amis).

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05 05 13

Vive les femmes rondes !

La gloire de Rubens.jpgChantant à nouveau et d'outre-tombe (l'ouvrage avait paru chez Grasset en 1991) aux Belles Lettres à Paris La gloire de Rubens avec beaucoup de lyrisme ironique, l'essayiste français Philippe Muray (1945-2006) secoue comme à son habitude de « néo-réactionnaire » (à en croire ses détracteurs) joyeusement anarchisant (selon nous) le cocotier par une approche éminemment personnelle en affirmant tout de go que l'art et les femmes, pour lui, c'est kif-kif et donc ça se prend au débotté avant de les oublier.

Il n'empêche que ses fulgurances langagières à la Céline mâtiné de Jarry font souvent mouche, en raison de son empathie pour la représentation des corps féminins – glorieux et bien en chair – par le maître baroque flamand (1577-1640) dont il donne ici une biographie décapante assortie de considérations décoiffées sur son œuvre.

Tout en réglant son compte au féminisme d'aujourd'hui, consternant de maigreur corporelle et intellectuelle...

Une imagination de la femme que, lecture faite, on n'est en tout cas pas près d'oublier !

Bernard DELCORD

La gloire de Rubens par Philippe Muray, Paris, Éditions Les Belles Lettres, avril 2013, 245 pp. en noir et blanc et 16 pages en quadrichromie au format 14,8x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France)

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01 05 13

« L'art véritable est anticipateur » (Saint-Pol-Roux)

 

Autour du Chat noir.jpgFondé en 1881 par Rodolphe Salis (1851-1897) et fréquenté notamment par Toulouse-Lautrec, Edgar Degas, Édouard Manet, Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Juan Gris, Alfred Jarry, Aristide Bruant, Erik Satie ou Claude Debussy, le Chat noir à Montmartre fut notamment un haut lieu de la vie de bohème entre 1880 et 1910, comme le montre le magnifique ouvrage intitulé Autour du Chat noir Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910 (Éditions Skira/Flammarion, Paris) qui présente de nombreuses reproductions de dessins, de toiles, de photographies et de d'affiches permettant de découvrir à quel point ce cabaret artistique fut un creuset de la création « underground » de l'époque, dont les expérimentations fortement teintées d'humour anticipèrent les mouvements dadaïstes et surréalistes.

Ainsi en alla-t-il par exemple du Mona Lisa avec une pipe (1887) d'Eugène Bataille qui préfigure la fameuse Joconde à moustaches de Marcel Duchamp (L.H.O.O.Q., 1919) et des monochromes d’Alphonse Allais – un rectangle rouge intitulé Récolte de tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge (1884) ou un autre, blanc, Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige (1883), annonçant le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch (1918) [1].

Si ces tableaux ne sont pas reproduits dans l'ouvrage, on peut en admirer d'autres, comme un étonnant Christ noir de Paul Gauguin (1893) ou une surprenante affiche d'Édouard Vuillard pour un spectacle du Théâtre libre (Monsieur Bute, 1890).

Bravo, les artistes !

Bernard DELCORD

Autour du Chat noir Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910, ouvrage collectif, Milan-Paris, Éditions Skira/Flammarion, octobre 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25,50 € (prix France)



[1]Pour de plus amples informations : http://savatier.blog.lemonde.fr/2012/11/30/exposition-autour-du-chat-noir-au-musee-de-montmartre/

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28 04 13

Gourmandises campagnardes

La cuisine est dans le pré.gifLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de mars 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Présentant 52 recettes à base de plantes sauvages comestibles et médicinales à glaner dans la nature, le petit ouvrage de François Couplan intitulé La cuisine est dans le pré paru aux Éditions Soliflor à Bruxelles vient à point nommé pour le retour des beaux jours.

Chaque plante, classée par mois de sa floraison, est illustrée en couleurs et décrite en détail sur le plan botanique, ses utilisations sont précisées et une recette surprenante proposée.

Grâce à l'auteur, directeur du Collège Pratique d'Ethnobotanique, vous pourrez ainsi préparer de la liqueur d'arbouse, du vin de violette, des canapés d'alliaire, des fleurs confites de tussilage, une soupe de plantain, un pesto d'orties aux noix, un tartare de criste-marine, de la racine de bardane sautée au gingembre, du coquelicot à la bourbouillade, un gombo de mauve sylvestre, des jets de houblon à la sauvage, un risotto de salicorne, un curry de millet au chutney d'épine vinette, des escalopes de tofu aux pousses d'épicéa, du riz pressé à l'égopode, une fondue végétale aux feuilles de tilleul, un pâté de glands, des navets au genièvre, des chiques de sureau noir, de la panna cotta à l'aspérule, de la confiture crue de cornouilles, un flan de myrrhe odorante ou du yaourt glacé au sureau rouge...

Original, n'est-il pas ?

Bernard DELCORD

La cuisine est dans le pré par François Couplan, Bruxelles, Éditions Soliflor, novembre 2012, 167 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage très utile les quelques lignes suivantes, bien de saison :

Le pissenlit

Le pissenlit est certainement la plante sauvage la plus récoltée dans nos régions. À juste titre : il pousse dans le moindre pré, il est facile à reconnaître avec ses touffes de feuilles dentées et ses célèbres fleurs jaunes, et il ne manque pas d'intérêt. Sa richesse nutritionnelle est remarquable (deux fois plus de vitamine C que les agrumes, autant de provitamine A que la carotte, davantage de calcium que le lait, plus de fer que les épinards) et ses vertus médicinales favorables au foie peuvent être mises à profit en le mangeant en salade ou comme légume.

Son amertume plus ou moins prononcée est signe de propriétés dépuratives que l'on peut mettre à profit au sortir de la saison froide, et même toute l'année.

Où trouve-t-on la plante ?

Le pissenlit abonde dans les prairies, les jardins, les friches, les bois clairs et les chemins.

Usages alimentaires

Les feuilles se mangent crues, en salade et forment, cuites, un excellent légume. La racine de pissenlit est appréciée au Japon, sautée dans un peu d'huile avec de la sauce de soja, ou bien en beignets. Torréfiée comme la racine de chicorée, c'est un bon succédané du café. Les boutons floraux peuvent être ajoutés crus aux salades ou conservés dans le vinaigre comme les câpres. Les capitules égayent les plats de leur splendide jaune d'or. On en prépare un « vin » et un « miel », en fait un sirop épais, jaune et parfumé.

Usages médicinaux

La plante entière fortifie l'estomac, aide le foie à éliminer et se montre dépurative, laxative et diurétique.

Description

Nom latin : taraxacum officinale.

Aspect : plante vivace de 3 à 50 cm, renfermant dans toutes ses parties un latex caoutchouteux de couleur blanche.

Tige : hampe florale simple, creuse, rosée, glabre, totalement dépourvue de feuilles.

Feuilles : en rosette, généralement divisées en lobes aigus dirigés vers le bas, parfois seulement plus ou moins dentées, voire même presque entières.

Fleurs : toutes ligulées, d'un jaune d'or, réunies en capitules entourés de bractées allongées et aiguës, solitaires à l'extrémité de la hampe florale.

Fruits : secs, allongés, terminés par un bec très fin surmonté d'une aigrette, formant une boule duveteuse.

Pissenlit aux graines croustillantes

Ingrédients :

100 g de racines de pissenlit

30 g de graines de courge

30 g de graines de tournesol

l cuiller à soupe de tamari

400 g de feuilles de pissenlit

1cuiller à soupe de vinaigre de vin

l cuiller à soupe d'huile d'olive

1 cuiller à soupe d'huile de colza

Sel.

Recette :

Coupez les racines de pissenlits en rondelles et faites-les griller dans une poêle.

Ajoutez les graines de courge et de tournesol et faites-les griller.

Ajoutez le tamari hors du feu, remuez et réservez.

Coupez les feuilles de pissenlit et mettez-les dans un saladier.

Ajoutez les racines et les graines, le vinaigre, l'huile et le sel.

Remuez et dégustez.

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28 04 13

Pour les globe-trotters des papilles

En famille autour du monde.gifLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de mars 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Fruit d'une collaboration de plusieurs années entre le Musée de l'Alimentarium Junior à Vevey et le Musée Suisse du Jeu à La Tour-de-Peilz, l'ouvrage de Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat publié à Nyon par la filiale helvétique des Éditions Glénat sous le titre En famille autour du monde explore les pans les plus caractéristiques des grandes cultures du monde en proposant au lecteur de se lancer en famille ou entre jeunes copains à la découverte des sensations, des ingrédients, des goûts, des ustensiles, des jeux, des valeurs, des us et coutumes propres à la France, à la Suisse, à l'Italie, à la Turquie, à la Russie, à l'Inde, à la Chine, aux États-Unis, au Mexique, à la Côte d'Ivoire et au Maghreb, dans un grand voyage tout en saveurs et en fragrances.

Les illustrations sont superbes, le propos est original et on apprend avec bonheur une foule de choses dans bien des domaines relevant de la gastronomie, de l'histoire, de la géographie, de la culture, de la religion, de la vie quotidienne, des mentalités et du divertissement (comme les règles du jeu chinois de la jungle, du jeu turc du pishti ou du jeu africain d'awélé sans oublier le 421 ô combien hexagonal).

Un bel exemple d'ouverture au monde !

Bernard DELCORD

En famille autour du monde. Jeux, repas et traditions par Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat, Nyon, Éditions Glénat Suisse, août 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 20 x 27 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 € (prix France)

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28 04 13

Vivement les vacances !

Cahier de vacances Clara Morgane 2013.jpgPour chasser la grisaille ambiante et provoquer un été torride, les Éditions Blanche à Paris ont fait paraître la version 2013 des Cahiers de vacances Clara Morgane, un petit fascicule qui permettra aux adultes de réviser leurs connaissances érotiques sous la férule de l'ex-porno star qui fait désormais dans le plus soft.

L'occasion d'en découvrir de bien bonnes (à Connorsville, dans le Wisconsin, il est interdit à un homme de tirer un coup – de feu – avec son pistolet lorsque sa femme a un orgasme…), des très chaudes (un salarié français sur trois a vécu une aventure amoureuse ou sexuelle au travail), des très épineuses (dans l'État de Floride, il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec un porc-épic...), des très précautionneuses (au Pérou, un homme célibataire n'a pas le droit de partager sa demeure avec une femelle lama...), des très surprenantes (en Turquie, l'adultère est plus fréquent qu'en France ou aux États-Unis…), voire des carrément renversantes (le plus long jet de sperme a été validé à 5,71 mètres…).

Chaud devant, ça tache !

Bernard DELCORD

Cahier de vacances Clara Morgane, Paris, Éditions Blanche, avril 2013, 48 pp. quadrichromie au format 21x 29 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,99 € (prix France)

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20 04 13

Un beau ridiculum vitae...

Un jour, je serai Prix Nobelge.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

Ayant décidé non pas de poétiser plus haut que son luth, mais d'aller à la postérité (contrairement à Alphonse Allais qui préférait aller hériter à la poste), notre compatriote – par ailleurs ni con ni patriote – Jean-Pierre Verheggen s'est fendu, chez Gallimard à Paris, d'Un jour, je serai prix Nobelge, un texte par lequel il postule à la plus haute distinction honorifique de Ce (petit et plat) Pays qui donna à la francophonie ses lettres de noblesse par l'entremise des chansons du Grand Jojo, des cours de savoir-vivre de Jef Kazak et de la prose politique du maire de Champignac.

Si la concurrence est rude, notre homme ne manque pas d'arguments, excipant qu'il peut d'un ridiculum vitae à faire pâlir le Baudelaine de Coluche ou le Rimbot de Guy Bedos, qui ne sont pourtant pas de la petite bière !

Qu'on en juge :

Il croule sous les honneurs, comme le Prix « Marins d'eau douce » dans le cadre des « Voyageurs étonnés d'être à Saint-Malo » ou le Grand Prix Jean de La Fontaine décerné par l'Académie de Fontaine-l'Évêque pour « Le rat Deville et le rat Duchamp ».

Il fut conseiller conjugal pour familles de mots recomposées. Il s'est penché, pour le Journal international de l'Automobile Club, sur « Les problèmes de stationnement à Mégara ». Il a chanté les vertus et la suavité incomparables du pet de nonne, ce beignet soufflé en alizé de bure. Il est l'auteur du fameux Casse-toi, vieille Muse ! Il a narré les aventures méconnues de Popeye privé d'épinards et d'Icare dans son jus...

Voici quelques perles parmi ses hilarantes traductions gréco-latines : – Festina lente : Tina est un peu lente de la fesse. – Verba volant, scripta manent  : quand Verba est au volant et Scripta aux manettes, c'est dans le fossé direct ! – Gnôthi seauton : à force de te goinfrer de gnocchi, tu vas bientôt peser cinq à six tonnes. – Carpe diem : Dieu a pêché gros ! – Castigat ridendo mores : même quand on le castra pour affaire de mœurs, il se bidonnait...

Pas de toute, à l'en croire, il finira dans les Emmanuelle scolaires !

Bernard DELCORD

Un jour, je serai prix Nobelge par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, avril 2013, 132 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,90 € (prix France)

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20 04 13

Prose gastronomique

Gestapo et chocolat.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

S'étant lancées dans un genre nouveau, le roman culinaire, les Éditions Memory à Tenneville ont fait coup double en publiant Gestapo et chocolat de Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs d'Amandine Fairon & Olivier Bauche, deux textes issus de l'association d'un écrivain et d'un maître des fourneaux, complétés des recettes originales faisant partie intégrante de l'intrigue, présentées sous forme de fiches détachables.

Voici l'argument du premier : Julien vient passer quelques jours à Williers, un village près d’Orval où il venait en vacances chez son grand-père lorsqu’il était enfant, afin de rencontrer Valentin qu’il a connu par le Net. Tous deux se découvrent une passion pour le chocolat et projettent d’écrire un livre sur celui-ci. Mais qui était le grand-père de Julien et qui est vraiment Valentin ?

Et celui du second : Vika, jeune étrangère, rencontre Thomas dans un bar marchois et l'accompagne à son cours de cuisine à « La Gloriette ». C’est dans les lettres qu’elle envoie à sa grand-mère que Vika dévoile une histoire douloureuse entrecoupée de recettes de cuisine qu’elle partage avec son aïeule.

Des livres à dévorer !

Bernard DELCORD

 Prestidigi' Saveurs.jpgGestapo et chocolat par Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs par Amandine Fairon & Olivier Bauche, Tenneville, Éditions Memory, février 2013, 82 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun

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16 04 13

« Kangourou, puce géante » (Jules Renard)

Histoires naturelles.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

En 1894, l'écrivain français Jules Renard (18-1910) faisait paraître son célèbre roman autobiographique Poil de carotte, mais aussi les savoureuses Histoires naturelles que les Éditions Soliflor à Bruxelles ont eu l'excellente idée de remettre ces jours-ci sur le marché, dans une version merveilleusement illustrée par Benjamin Rabier (1864-1939).

Un petit bijou livresque qui permet de découvrir une facette plus tendre d'un écrivain souvent sarcastique et drôle, ami en son temps d' Alphonse Allais, d'Edmond Rostand, de Courteline, des Goncourt, de Tristan Bernard, de Lucien Guitry, d'Octave Mirbeau ou de Sarah Bernhardt et connu aujourd'hui du grand public par les fréquentes citations de son œuvre dans la très populaire émission « Les grosses têtes » de Philippe Bouvard...

Bernard DELCORD

Histoires naturelles par Jules Renard, illustrations de Benjamin Rabier, Bruxelles, Éditions Soliflor, novembre 2012, 167 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage souriant les quelques brèves observations suivantes :

L'écureuil

Du panache ! Du panache ! Oui, sans doute ; mais, mon petit ami, ce n'est pas là que ça se met.

Le cafard

Noir et collé comme un trou de serrure.

Le ver luisant

Que se passe-t-il ? Neuf heures du soir et il y a encore de la lumière chez lui.

La baleine

Elle a bien dans la bouche de quoi se faire un corset, mais avec ce tour de taille....

Le brochet

Immobile à l'ombre d'un saule, c'est le poignard dissimulé au flanc du vieux bandit.

Les fourmis

Chacune d'elles ressemble au chiffre 3. Et il y en a i il y en a ! Il y en a 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3... jusqu'à l'infini.

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15 04 13

Bellissimo !

Les Macchiaioli.jpgUne exposition de prestige intitulée « Les Macchiaioli, 1850-1877. Des impressionnistes italiens ? » se tient au musée de l'Orangerie jusqu'au 22 juillet 2013, puis à Madrid, à la Fondation MAPFRE, du 20 septembre 2013 au 5 janvier 2014.

À cette occasion, Marie-Paule Vial, directrice du musée de l'Orangerie, et Béatrice Avanzi, conservateur au musée d'Orsay, toutes deux commissaires de l'exposition, ont rédigé un superbe et original petit ouvrage à modules pliants (pour mieux voir les œuvres) intitulé Les Macchiaioli Des impressionnistes en Toscane (coédité par les Éditions Gallimard et le musée de l'Orangerie, paru dans la fameuse collection « Découvertes Gallimard »), qui en constitue le catalogue.

On y apprend que, « principalement toscans, mais venant aussi d'autres régions de la péninsule, des artistes comme Telemaco Signorini, Giovanni Fattori, Silvestro Lega, Odoardo Borrani, Giuseppe Abbati, constituent un groupe rebelle à Florence, capitale intellectuelle de l'Italie dans les années 1850. Ils se réunissent au Café Michelangelo, autour du critique d'art Diego Martelli, et ils sont bientôt baptisés du nom de Macchiaioli.

Les Macchiaoli – littéralement "les tachistes", veulent rompre avec le néoclassicisme et le romantisme, en affirmant la nécessité de travailler en plein air. Ils choisissent souvent des formats en longueur, pour prouver à travers des panoramas leur goût du paysage et de la lumière. Pour la première fois, des artistes italiens prennent comme sujet le monde paysan, dans sa rude vie quotidienne, mais leur registre couvre également de belles scènes d'intérieur, au décor et aux personnages intimistes.

Leur époque est aussi celle de la lutte pour l'indépendance, puis pour l'unité italienne. Ces jeunes gens sont engagés dans la guerre contre l'Autriche, et jouent un rôle important dans le Risorgimento. Ils sont présents au cœur des batailles, mais savent aussi peindre les autres acteurs de cette révolution que sont les femmes, patriotes de la première heure, occupées par exemple à coudre en cachette le nouveau drapeau italien.

À travers tous ces thèmes, les Macchiaioli se révèlent comme l'un  des mouvements les plus poétiques de cette période, très proche des recherches plastiques des artistes impressionnistes français ».

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Les Macchiaioli Des impressionnistes en Toscane par Béatrice Avanzi et Marie-Paule Vial, Paris, coédition Gallimard/Musée de l'Orangerie, collection « Découvertes Gallimard », numéro hors-série, avril 2013, 36 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm avec des modules pliants sous couverture cartonnée en couleurs, 8,90 € (prix France)

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