20 05 13

Pour se venger des casse-pieds...

150 idées pour emmerder le monde.gifDans son petit ouvrage intitulé 150 idées pour emmerder le monde paru chez First à Paris, Laurent Gaulet propose une centaine et demie de ripostes plus ou moins sournoises aux agressions des casse-pieds et des importuns qui nous pourrissent la vie parfois sans même s'en rendre compte et donnent tout son poids à l'assertion bien connue de Jean-Paul Sartre dans Huis clos : « L'enfer, c'est les autres ».

Pour aider le lecteur à se transformer à son tour en démon, l'auteur suggère, par exemple, de reculer d'une heure les horloges de son lieu de travail, de s'entêter à appeler une femme « monsieur » ou un homme « madame », de bâiller d'ennui quand on nous parle, de sortir le doigt de son nez juste avant de serrer la main de quelqu'un, d'enduire tous les interrupteurs des toilettes de son entreprise avec du yaourt au chocolat, de faire parler pendant une heure un démarcheur téléphonique sans rien lui acheter, de céder sa place à une femme sous prétexte qu'elle est enceinte alors qu'elle ne l'est pas, de transférer tous ses mails publicitaires à une personne que l'on vise ou encore, en voiture, imiter le GPS durant tout un parcours lorsqu'on est passager.

Ambiance garantie !

Bernard DELCORD

150 idées pour emmerder le monde par Laurent Gaulet, Paris, Éditions First, collection « Le petit livre », mars 2013, 160 pp en noir et blanc au format 8,5 x 12 cm sous couverture brochée en couleurs, 2,99 € (prix France)

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18 05 13

Un Panthéon des lettres françaises

Quolibets.jpgEn se penchant, dans Quolibets paru aux Éditions L'Âge d'Homme à Lausanne, sur l'œuvre des 68 auteurs français qui comptent à ses yeux, l'essayiste belge Christopher Gérard a fait preuve d'un goût très sûr manifesté sur un ton bellement anticonformiste, résolument à contre-courant de la bien-pensance actuelle considérée à juste titre comme décadente par notre chroniqueur passionné de liberté et en vénération devant la langue française la plus pure.

C'est donc avec délectation que l'on découvre ses considérations à fleuret moucheté, par le biais de commentaires parfois insolents mais faisant toujours mouche, à propos de corsaires et d'irréguliers de la littérature d'hier et d'aujourd'hui, dont certains sentent le soufre : Jules Barbey d'Aurevilly, Jean-Baptiste Baronian, Henry Bauchau, Jacques De Decker, Michel Déon, Ghislain de Diesbach, Pierre Drieu la Rochelle, André Fraigneau, Corinne Hoex, Ernst Jünger, Jacques Laurent, Jean Mabire, Félicien Marceau, Michel Mohrt, Philippe Muray, Roger Nimier, Jean Raspail, Jacqueline de Romilly, Dominique de Roux, Stendhal, Pol Vandromme, Dominique Venner, Émile Verhaeren, Vladimir Volkoff, Paul Willems...

Mais aussi de talents trop peu connus, comme ceux de Jacques d'Arribehaude, d'Olivier Bardolle, d'Alain Bertrand, de Bernard du Boucheron, de Bruno Favrit, de Jean Forton, de Marc Hanrez, de David Mata, d'Anne Richter, d'Éric Werner, entre autres.

Une passionnante mise en perspective de la considération que nous livra jadis Robert Poulet, prince des critiques s'il en fut : « Dans la littérature française contemporaine, bien souvent les idées sont à gauche et le talent à droite... ».

Bernard DELCORD

Quolibets Journal de lectures par Christopher Gérard, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme, mai 2013, 224 pp. en noir et blanc au format 12,5x 19 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 14 €

15 05 13

Pour s'y retrouver facilement...

Grands courants de la littérature française.jpgAyant planché en 2007 (mais l'ouvrage, régulièrement réimprimé, est toujours disponible) pour les Éditions Averbode sur les Grands courants de la littérature française, Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel ont produit un petit vade-mecum d'une belle pertinence et d'une grande clarté.

C'est qu'en quelques pages illustrées d'extraits parfaitement exemplaires, ils vont à l'essentiel de l'Humanisme, du Baroque, du Classicisme, des Lumières, du Romantisme, de la Modernité, du Symbolisme, du Surréalisme ainsi que de la culture contemporaine dans ses expériences et ses contradictions (Existentialisme, Théâtre de l'absurde, Nouveau Roman, Oulipo, Francophonie littéraire, Postmodernité...) dont ils remettent les idées en place avec une maestria digne de tous les éloges.

Une référence incontournable pour tous les lecteurs, étudiants ou pas !

Bernard DELCORD

Grands courants de la littérature française par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel, Éditions Averbode, 2007, 64 pp. en noir et blanc au format 20,8 x 29,3 cm (accompagnées d'une frise de 4 pages en quadrichromie) sous couverture brochée en couleurs, 12,90 €

12 05 13

Ruades dans les brancards

Rebelles et subversifs de nos régions.jpgL'ouvrage intitulé Rebelles et subversifs de nos régions des Gaulois jusqu’à nos jours, paru à Charleroi chez Couleur livre en 2011 mais toujours disponible, a été rédigé par un groupe d'historiens engagés (comprenez très à gauche) du Nord comme du Sud du pays, placés sous la houlette d'Anne Morelli pour remettre en mémoire quelques-unes des luttes qui agitèrent jadis et naguère notre (petite) terre d'héroïsme.

C'est que la rébellion contre le pouvoir du plus fort est, quoiqu'on en dise, une composante fondatrice de notre histoire : contre Jules César (plus par sauvagerie et par goût de la zizanie que par esprit de résistance, il faut bien l'avouer...), contre les seigneurs terriens et les puissants des villes au Moyen Âge, contre l'Église catholique et ses tenants à la Renaissance, contre les Hollandais et les riches en 1830, contre les bourgeois en 1848, contre les patrons quelques années plus tard, contre le réformisme syndical en 1932, contre le gouvernement Pierlot en 1944, contre Léopold III en 1950, contre la loi unique en 1960, contre la royauté aujourd'hui...

Car l'amour de la castagne n'est plus incarné de nos jours dans Ce Pays que par le parti flamingant et fascistoïde dirigé par l'ex-gros qui sévit désormais aux destinées d'Anvers...

Ô tempora ! Ô mores !

Bernard DELCORD

Rebelles et subversifs de nos régions des Gaulois jusqu’à nos jours, ouvrage collectif sous la direction d'Anne Morelli, Charleroi, Éditions Couleur livres, février 2011, 288 pp. en noir et blanc au format 15x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

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08 05 13

« La meilleure des cuisines régionales » (Curnonsky)

La Bonne Cuisine du Périgord.gifLe texte ci-dessous a été expédié dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA  puis mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

En 1929, Andrée Mallet-Maze dite La Mazille (1891-1984), célèbre Périgourdine, publie chez Flammarion, illustré par sa sœur Renée, un recueil intitulé La Bonne Cuisine du Périgord, le premier livre de cuisine de cette région réputée pour sa gastronomie régionale, un best-seller dont une nouvelle édition est désormais disponible.

L'auteure y a rassemblé 400 recettes traditionnelles, pour la plupart transmises oralement, plus savoureuses les unes que les autres, à l'image de son pays gourmand : des soupes, des terrines de foie gras, des omelettes, des poissons, des confits, des volailles, des champignons, du poulet crapaudine, de l'enchaud truffé, du millassou, de la flaugnarde, du nontronnais… sans oublier la cuisine sous la cendre, les desserts et entremets, les liqueurs et le fameux vin de noix périgourdins.

Le témoignage patrimonial vivant d'un savoir-faire ancestral reconnu bien au-delà des frontières de l'Hexagone...

Bernard DELCORD

La Bonne Cuisine du Périgord par La Mazille, illustrations de René Maze, Paris, Éditions Flammarion, mars 2013, 317 pp. en noir et blanc au format 18,5 x 26 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,90 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage aux senteurs orientales la recette suivante :

LE COU DE MOUTON GRILLÉ

Ce plat excellent est assez peu connu.

Il mérite pourtant un peu de publicité, car il rend service quand on est à court d'imagination. De plus, il est aussi économique que simple à préparer.

Vous mettez à bouillir un cou de mouton avec assez d'eau pour le bien couvrir, plus un verre de vin blanc. Vous y ajouterez les légumes ordinaires du court-bouillon (carottes, oignon piqué de girofle, brin de céleri, ail, échalotes, bouquet garni, sel, poivre).

La cuisson demande deux heures et demie.

Lorsque le cou de mouton est égoutté, vous jetez le bouillon dont vous ne sauriez que faire (en général, les soupes à base de mouton ne sont pas très bonnes).

Vous essuyez la viande avec un torchon sec.

Ensuite, vous la roulez dans de l'huile, puis dans la chapelure.

Au moment du déjeuner, faites griller le cou de mouton à feu vif comme les pieds de porc pannés.

Lorsque vous l'avez retourné de tous côtés, vous n'avez plus qu'à le servir sur plat chauffé et avec une petite sauce obtenue en délayant une grosse cuillerée de bonne moutarde, avec un demi-verre d'huile de noix ou d'olive, que vous laissez tomber peu à peu comme pour faire une mayonnaise.

Quand le mélange est bien lié et assez épais, vous le salez légèrement et vous servez à table, en même temps que le cou de mouton grillé.

Celui-ci se mange aussi avec une sauce au vin blanc, ou bien avec une sauce tomate pas trop épaisse, mais bien riche en tomates.

La Mazille photo.jpg

La Mazille, ca 1920.

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08 05 13

Assiettes princières...

La cuisine du pacha.jpg

Le texte ci-dessous a été expédié dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA  puis mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Proposant au lecteur de visiter le magnifique jardin andalou qu'il possède dans la médina de Fès, un ancien verger qui fut jadis une dépendance secrète du célèbre palais Mokri et qu'il a transformé avec son épouse Catherine en luxueuse maison d’hôtes, l'antiquaire et décorateur Michel Biehn, par ailleurs gastronome fameux, offre à découvrir par la même occasion, dans La cuisine du pacha paru tout récemment aux Éditions Flammarion à Paris, la quintessence des recettes de la cuisine marocaine traditionnelle, mais revisitée par des chefs du cru pour en faire des plats du marché, actuels, goûteux et légers.

Et, de la tajine de congre aux raisins jusqu'à la tarte aux courgettes en passant par les spaghettis au citron, la salade de fruits et d'aiguillettes de poulet au thé, les tagliatelles à l'orange, la pastilla de pigeon ou les piments verts farcis, c'est un véritable festival de saveurs et de fragrances !

Pour faire de vous un pacha...

Bernard DELCORD

La cuisine du pacha par Michel Biehn, photographies de Bruno Suet, Paris, Éditions Flammarion, avril 2013, 189 pp. en quadrichromie au format 20 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage aux senteurs orientales la recette suivante :

COUSCOUS VERT

Recette de Bruno, chef du restaurant Le 7.

Voilà un couscous irréprochablement traditionnel dans le déroulement de sa recette, mais tout à fait contemporain par le choix de ses ingrédients. Il marie la semoule d'orge parfumée à l'huile d'argan et la viande de poulet et n'utilise que des légumes de couleur verte : simple, chic et délicieux comme toute la cuisine de Bruno, actuelle, tendance et élégante, comme la salle du 7, à deux pas du Jardin.

En cuisine :

Dans un grand plat en terre vernissée ou dans une bassine, verser 500 grammes de semoule d'orge, puis 2 cuillerées à soupe d'huile d'argan et mélanger avec les doigts.

Humecter d'un peu d'eau en l'égrenant et laisser gonfler un quart d'heure.

Découper un beau poulet de grain en huit morceaux.

Dans le bas du couscoussier, verser 2 litres d'eau, puis ajouter 2 oignons en quartiers, les morceaux de poulet, une bonne cuillerée à café de gingembre en poudre, du sel et du poivre, 1 botte lavée de coriandre et une de persil, 1 branche de céleri et 1 oignon coupé en dés.

Laisser cuire à petits bouillons 30 minutes.

Mais dès que ça bout, placer le haut du couscoussier garni de la semoule gonflée sur la marmite.

Quand la vapeur traverse la semoule, retirer promptement le haut et verser la semoule dans le même plat que tout à l'heure, saler au sel fin, et à l'aide d'un peu d'eau froide, continuer d'égrener la semoule avec une fourchette d'abord, puis entre les doigts.

Remettre la semoule dans le haut du couscoussier et ce dernier sur la marmite.

Ajouter alors dans le bouillon la moitié d'un chou vert coupée en six, 6 petites courgettes, 6 petits bulbes de fenouil. 6 fonds d'artichaut, 200 grammes de gros haricots verts plats, 200 grammes de fèves débarrassées de leurs deux peaux et 200 grammes de petits pois.

Dès que l'ébullition reprend et que la vapeur traverse à nouveau la semoule, la retirer du feu, la verser à nouveau dans le grand plat et la mélanger avec 80 grammes de beurre frais.

Couvrir d'un papier sulfurisé pour garder la chaleur.

La cuisson des légumes sera terminée lorsque la pointe d'un couteau les traversera sans difficulté.

Ils doivent être fermes, mais cuits et verts.

Dans un grand plat creux de service, dresser une montagne de semoule, déposer les viandes au sommet, puis disposer harmonieusement les légumes tout autour.

Servir le bouillon passé brûlant à part.

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08 05 13

Sacré Charlemagne !

Charlemagne.gifÉditeur de grand talent et au nez creux, Jean-Claude Zylberstein (qui a fait aussi les grandes heures des Éditions 10-18) anime chez Tallandier à Paris la collection de poche « Texto » qui ambitionne de donner à ses lecteurs le goût de l'histoire et de la (re)découverte de textes d'un intérêt majeur.

C'est donc fort logiquement qu'il y a accueilli récemment le Charlemagne [1]de Jean Favier [2], une biographie monumentale du deuxième père de l'Europe médiévale (le premier étant, à nos yeux, Benoît de Nursie – ca 480-547– , fondateur de l'ordre bénédictin dont la Règle essaima dans tout le continent qu'elle marqua d'une empreinte indélébile).

Voici comment notre éminent confrère présente l'ouvrage :

« Successeur des Césars, Charlemagne (742-814) dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité.

Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien.

Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste. »

Ajoutons que le livre est rédigé dans une langue superbe, ce qui ne gâte rien !

Bernard DELCORD

Charlemagne par Jean Favier, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, mars 2013, 769 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)


[1] L'édition princeps a paru chez Fayard en 1999.

[2] Membre de l'Institut de France et président de la Commission d'histoire de Paris, ancien professeur aux universités de Rennes, de Rouen et de la Sorbonne, ancien directeur d'études à l'École pratique des hautes études à Paris, ex- président de la Bibliothèque nationale de France, le médiéviste Jean Favier (né en 1932) est un historien français parmi les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle et d'aujourd'hui.

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06 05 13

Bobards en vrac...

Les grands mensonges de l'Histoire.jpgSe penchant pour les Éditions Hugo Cie à Paris sur Les grands mensonges de l'Histoire, Patrick Pesnot et Monsieur X (qui ne sont autres que les animateurs de l'émission « Rendez-vous avec X » sur France Inter) se livrent au décapage en règle de 30 dossiers [1] plus ou moins (et plutôt plus que moins) bidouillés par la raison d'État et qui corroborent l'affirmation de Napoléon Ier : « L’Histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord ».

Sont ainsi notamment passés à la moulinette la conversion de Clovis, l'assassinat d'Henri IV, la bataille du pont d'Arcole, l'exécution du maréchal Toukhatchevski, la disparition du dignitaire nazi Martin Bormann, l'affaire des « avions renifleurs », le procès des époux Ceausescu, l'opération « Tempête du désert » ou encore le mythe des armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Un bel exercice de contre-désinformation !

Bernard DELCORD

Les grands mensonges de l'Histoire par Patrick Pesnot et Monsieur X, Paris, Éditions Hugo & Cie, collection « Hugo Docs », mai 2013, 319 pp. en noir et blanc au format 15x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,95 € (prix France)



[1] 1. Le baptême de Clovis ; 2. La grand-peur de l’an mil ; 3. La papesse Jeanne ; 4. Ravaillac, seul assassin d’Henri IV ? ; 5. Le mariage secret entre Mazarin et Anne d'Autriche ; 6. Fouquet : la lutte de l’écureuil et de la couleuvre ; 7. La guillotine aurait dû s’appeler « Louison »  ; 8. Le petit tambour d’Arcole ; 9. L’explosion du cuirassé Maine devant Cuba en 1898 : une provocation ? ; 10. Les Protocoles des Sages de Sion ; 11. La guerre de 14-18 : le grand bourrage de crâne ; 12. L’affaire Caillaux ou le mensonge du Tigre ; 13. Toukhatchevski, le Bonaparte rouge ; 14. Les mythes de Pearl Harbour ; 15. Katyn, un mensonge de 50 ans ; 16. Le démantèlement du réseau « Prosper » : une mystification meurtrière ; 17. Opération Mincemeat : l’homme qui n’a jamais existé ; 18. L’homme qui croyait être un espion (l'affaire Cicéro) ; 19. Les mystères Bormann ; 20. Staline et les Juifs : un demi-siècle de mensonges ; 21. L'affaire Trémeaud : les vrais faux nazis du KGB ; 22. Les mensonges de Budapest ; 23. Melouza : propagandes autour d’un massacre en Algérie en 1957 ; 24. Des avions au très long nez ; 25. Bokassa, l’empereur cannibale ; 26. La Guerre des Étoiles n’aura pas lieu ; 27. Le journal d’Hitler ; 28. Roumanie, 1989 : la révolution truquée ; 29. 1991 : les couveuses koweïtiennes ; 30. Curveball, la balle trompeuse et l'invasion de l'Irak en 2003.

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05 05 13

Théorie explosive...

Le prêtre et le Big Bang.jpgNé à Charleroi en 1894 et mort à Leuven en 1966, le chanoine Georges Lemaître, physicien, astronome et mathématicien de très haut vol formé à Louvain, à Harvard et au MIT de Boston fut l'un des plus grands savants du XXe siècle, dont la critique des travaux de son ami Einstein (qui croyait au caractère statique de l'univers) déboucha en 1927 sur la théorie – belge donc – du Big Bang, c'est-à-dire d'expansion de l'univers à partir d'un atome primitif [1].

Ce catholique à la foi solidement ancrée avait aussi été un volontaire héroïque de la Première Guerre mondiale et il fut décoré de la croix de guerre pour son action pleine de panache durant la bataille de l'Yser, où il avait eu Joris Van Severen comme compagnon d'armes.

Entré au séminaire de Malines en 1920 et dans les ordres en 1923, il concilia ses pratiques religieuses et ses connaissances scientifiques, en prônant par exemple une lecture symbolique et non pas littérale de la Genèse.

Soutenu par Pie XII (qui n'était donc pas aussi coincé qu'on le croit en matière doctrinale...), professeur à l'Université catholique de Louvain de 1926 jusqu'à sa mort, Georges Lemaître fut aussi nommé en 1960 par le pape Jean XXIII à la tête de l'Académie pontificale des sciences à Rome, institution qu'il maintint à l'abri des assauts conservateurs de la Curie.

Ardemment opposé à la partition de l'Université de Louvain (qui intervint pourtant en 1968 à l'instigation des flamingants menés, entre autres, par l'aujourd'hui très belgicain Wilfried Martens), Georges Lemaître a reçu de brillants honneurs posthumes puisque l'astéroïde 565 porte son nom, de même que le cinquième et dernier ATV, véhicule automatique de transfert européen, ravitailleur de la Station spatiale internationale (ISS).

Une rumeur persistante chez ses anciens élèves assure que le chanoine Lemaître ne pouvait donner de cours que dans le chahut et qu'il réclamait celui-ci de ses étudiants, en leur demandant s'ils étaient malades lorsque le calme régnait dans l'auditoire.

Professeur, lui aussi, à l'UCL, le romaniste Vincent Engel lui a consacré tout récemment chez JC Lattès à Paris une remarquable biographie intitulée Le prêtre et le Big Bang qui se lit à la vitesse de la lumière tant elle est passionnante.

Une contribution essentielle à l'histoire mondiale des sciences... et au rayonnement de Charleroi !

Bernard DELCORD

Le prêtre et le Big Bang par Vincent Engel, Paris, Éditions JC Lattès, avril 2013, 218 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)



[1]  Il est vrai que dès 1922, le Russe Alexandre Friedman avait abordé la question dans la revue Zeitschrift für Physik, mais il s'agissait d'une simple ébauche, dont Lemaître ignorait tout. Or, pour que la théorie tienne, il fallait y intégrer une autre découverte, de Lemaître également, l'estimation stable de la fameuse constante de Hubble (qui était également l'un de ses maîtres et amis).

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05 05 13

Vive les femmes rondes !

La gloire de Rubens.jpgChantant à nouveau et d'outre-tombe (l'ouvrage avait paru chez Grasset en 1991) aux Belles Lettres à Paris La gloire de Rubens avec beaucoup de lyrisme ironique, l'essayiste français Philippe Muray (1945-2006) secoue comme à son habitude de « néo-réactionnaire » (à en croire ses détracteurs) joyeusement anarchisant (selon nous) le cocotier par une approche éminemment personnelle en affirmant tout de go que l'art et les femmes, pour lui, c'est kif-kif et donc ça se prend au débotté avant de les oublier.

Il n'empêche que ses fulgurances langagières à la Céline mâtiné de Jarry font souvent mouche, en raison de son empathie pour la représentation des corps féminins – glorieux et bien en chair – par le maître baroque flamand (1577-1640) dont il donne ici une biographie décapante assortie de considérations décoiffées sur son œuvre.

Tout en réglant son compte au féminisme d'aujourd'hui, consternant de maigreur corporelle et intellectuelle...

Une imagination de la femme que, lecture faite, on n'est en tout cas pas près d'oublier !

Bernard DELCORD

La gloire de Rubens par Philippe Muray, Paris, Éditions Les Belles Lettres, avril 2013, 245 pp. en noir et blanc et 16 pages en quadrichromie au format 14,8x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France)

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