13 04 13

Bienvenue chez les Flamands carolos...

La merditude des choses.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13 avril 2013 de l’édition belge du magazine Marianne :

Saluons comme il se doit la parution en poche, chez 10/18 à Paris, de la version française (l'ouvrage a été traduit en douze langues) de La merditude des choses, un roman flamboyant pondu – c'est le mot ! – en 2008 par l'écrivain flamand Dimitri Verhulst (né en 1972) et dont l'adaptation cinématographique de Felix Van Groeningen remporta le prix Art & Essai 2009 au Festival de Cannes.

L'auteur y raconte, dans un style breughelien et avec des accents qui rappellent ceux du grand Hugo Claus [1], son enfance à Nieuwerkerken près d'Alost.

En voici le pitch : Dimitri vit chez sa grand-mère dans un trou perdu de Flandre, avec son père et ses trois oncles – des soiffards invétérés buvant sa maigre pension et fans furieux de Roy Orbison. Entre deux cuites, des amours sales, une course cycliste nudiste et la ronde des huissiers, le clan des Verhulst ne travaille pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité, et vit en parasite, fier de sa nullité. Une certaine forme de bonheur, qui ne convainc pas les services sociaux...

Ni les flamingants parvenus façon (Vlaanderen) Bar(s)t De Wever ?

Bernard DELCORD

La merditude des choses par Dimitri Verhulst, traduit du néerlandais par Danielle Losman, Paris, Éditions 10/18, février 2013, 215 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture souple en quadrichromie, 7,50 € (prix France)



[1] Exemples : « Palmyre avait tout d'une sirène : elle était mince et sentait le poisson ». « Il y a deux personnes que je hais. Deux femmes. De l'une je suis né, et l'autre est en ce moment en train de mettre au monde mon enfant ». « Nos meubles n'allaient plus rapporter grand-chose en vente publique, ils avaient été trop souvent la cible malheureuse d'une frustration dont il fallait se défouler ».

 

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11 04 13

« Tiens, voilà du boudin ! » (Air connu)

La légion étrangère.jpgUn volumineux ouvrage intitulé La Légion étrangère Histoire et dictionnaire, rédigé par 55 spécialistes sous la direction d'André-Paul Comor, maître de conférences honoraire à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a été publié récemment à Paris, aux Éditions Robert Laffont.

En voici la présentation par le maître d'œuvre du livre, parfaitement conforme à son contenu :

« "Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité" ; "Chaque légionnaire est ton frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir le membres d'une même famille" ; "La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu' au bout et, s'il le faut, en opérations, au péril de ta vie" : les articles l, II et VI du code d'honneur du légionnaire expriment tout l'esprit de la Légion étrangère, institution et société  militaire d'exception.

Créée en 1831, aujourd'hui forte de 7 200 hommes de 150 nationalités, elle constitue bel et bien une famille, avec ses glorieux faits d'armes, ses légendes, ses drames, ses rites et ses règles. En son sein se côtoient des héros et des oubliés de l'Histoire, "des aventuriers et des distraits, des brutaux et des poètes, des monte-en-l'air et des aristos", comme l'écrit Étienne de Montety dans sa préface. Bref, un univers profondément romanesque, qui est aussi un modèle d'intégration.

De cette famille, la littérature, les chansons et le cinéma se sont depuis longtemps emparés, entretenant le mythe du légionnaire qui a tout quitté pour prendre un nouveau départ sous une identité dite "déclarée". Ce soldat d'élite dont le passé reste toujours très mystérieux, tatoué mais sujet au "cafard", amateur de femmes, de bagarres et de pinard, chante à bon droit Non, je ne regrette rien : "C'est payé, oublié, balayé. Je me fous du passé !" Au-delà de ce mythe, et s'affranchissant des clichés, cet ouvrage offre en près de huit cents entrées la première synthèse de l'histoire de la Légion étrangère. Sont présents les hommes [1] – avant tout –, les batailles, les traditions et le vocabulaire légionnaires, les conditions de vie, de recrutement,  les uniformes et l'histoire des régiments, mais aussi tous les sujets rarement traités comme la désertion, la propagande ou l'espionnage. Historiens, peintres et écrivains racontent aussi ces "Français par le sang versé" qui depuis 1831 ne vivent que pour leurs idéaux.

Les articles consacrés aux maladies et aux pathologies, aux plaisirs (l’alcool, les femmes, le bordel militaire de campagne) et à l’acculturation apportent des éclairages inattendus, nouveaux à plus d’un titre, sur la vie quotidienne du légionnaire au temps des colonies. Le lecteur est plongé dans ce microcosme, le plus souvent imaginé et imaginaire depuis la fin du XIXe siècle. Nul ne s’étonnera de la place dédiée à la littérature (souvenirs ou mémoires, journaux et romans), à la presse, aux représentations en général (la chanson, le théâtre, l’opérette) et au cinéma en particulier.

Les aspects les plus neufs relèvent de l’histoire des relations internationales, plus exactement des relations franco-allemandes marquées par des crises et des tensions qui ont jalonné le premier XXe siècle (1900-1962). Le dictionnaire est précédé d’un texte – "Étrangers au service de la France" – sur la "préhistoire" de la Légion étrangère et comprend, outre une chronologie comparée, une bibliographie inédite, les premières discographie et filmographie sur la Légion, des cartes, plans et croquis, ainsi que des tableaux accompagnant divers documents et planches d’insignes. »

Loin de n'être qu'un plaidoyer pro domo, cette somme passionnante ne fait l'impasse ni sur les crimes ou les errements de certains képis blancs fameux comme Roger Degueldre, Pierre Sergent et Jean-Marie Le Pen ni sur les arguments des adversaires de l'armée en général et de la Légion en particulier, comme Bernard Clavel ou Jules Roy.

Une courte anthologie s'attache de surcroît à faire découvrir l’âme sensible qui se cache derrière le légionnaire anonyme...

On regrettera cependant qu'il ne soit pas fait mention de l'œuvre littéraire de Jean Lartéguy et qu'une entrée spécifique n'ait pas été consacrée aux Belges qui furent innombrables à s'engager... comme le montre le chant officiel de la Légion dont le boudin peut aussi bien faire référence à la préparation de viande qu'à la toile de tente roulée sur le havresac du soldat.

Bernard DELCORD

La Légion étrangère Histoire et dictionnaire sous la direction d'André-Paul Comor, préface d'Étienne de Montety, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », mars 2013, 1147 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 32 € (prix France)



[1] NDLR : on se souviendra que des artistes, et non des moindres, ont été légionnaires (le poète suisse Blaise Cendrars, l'écrivain allemand Ernst Jünger, l'écrivain hongrois Arthur Koestler, le jazzman américain Cole Porter, le peintre allemand Hans Hartung, le sculpteur biélorusse Ossip Zadkine et l'acteur d'origine corse Philippe Léotard...) ou ont tenté de l'être (Guillaume Apollinaire, Jean Genêt, Pierre Mac Orlan, Curzio Malaparte...)

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06 04 13

Héros et zéros...

Eisenhower et ses généraux.jpgLe texte ci-dessous a été inséré dans la livraison du 6 avril 2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire MARIANNE :

Issue de la KUL comme l'ex-gros qui gouverne désormais Anvers d'une poigne (de garde) de fer, la Flamande Ingrid Baraitre est, pour sa part, une véritable historienne, dont les travaux d'envergure ont porté sur les biographies de George Patton et d'Eleanor Roosevelt.

On lui doit aussi une brillante étude scientifique sur les rapports conflictuels – autant que surréalistes – entre Eisenhower et ses généraux durant la Seconde Guerre mondiale, fruit d'un véritable travail de fourmi dans les archives militaires de Washington et de Londres, dont la traduction française vient de paraître aux Éditions Luc Pire à Liège, dans une collection dirigée par votre serviteur.

Preuves à l'appui, l'auteure rhabille le cassant – et bien cassé – Field Marchal Montgomery pour l'hiver (résumons : un pleutre arrogant doublé d'un vantard, dont les innombrables atermoiements ont provoqué la bataille d'Ardenne – et son demi-million de morts – qui sans lui ne se serait pas produite), mais aussi le naïf Eisenhower, obnubilé par des arrière-pensées politiques, l'insolent Patton jouant les stars devant la presse avant de se faire dégommer par elle et de virer sa cuti en devenant antisémite, le contrarié Bradley furax de s'être fait piquer deux armées par Montgomery...

À se demander comment les crabes d'un tel panier ont pu gagner la guerre...

Bernard DELCORD

Eisenhower et ses généraux par Ingrid Baraitre, Liège, Éditions Luc Pire, mars 2013, 390 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 27 €

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06 04 13

Écrits du pot de chambre...

Derrière le miroir.jpgLe texte ci-joint a été inséré dans la livraison du 6 avril 2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire MARIANNE :

Après avoir lu la traduction d'articles de Bart De Wever (donnés naguère aux journaux De Morgen et De Standaard) parue récemment aux Éditions Le Cri à Bruxelles sous le titre Derrière le miroir, un factum dans lequel l'auteur s'en prend à ses adversaires en termes scatologiques [1], nous nous sommes demandé s'il était séant de lui répliquer sur le même ton.

Toutefois, réflexion faite et parce que nous sommes bien élevé, nous avons décidé de demeurer poli.

Nous n'écririons donc pas que ce pensum est une diarrhée de mots sur une constipation d'idées.

Nous feindrons d'ignorer que, bien qu'imprimé sur un papier quelque peu glissant, l'ouvrage devrait mettre du baume sur les hémorroïdes de ses lecteurs.

Nous ne relèverons pas que pour ceux qui, comme nous, ne souffrent pas de cette infirmité, le contact avec la « pensée » du leider flamingant aura, au contraire, semblé rugueux, bien que nous ne l'ayons décryptée que d'un derrière distrait.

Nous ne nous exclamerons pas en paraphrasant l'humoriste français Jacques Bodoin : « Quand je vis arriver tout cela, je crus que c'était de la merde, et quand je l'eus lu, je regrettai que cela n'en fût pas ».

Nous ne proférerons pas envers l'auteur l'anathème que Léon Degrelle, un autre grand démocrate, jeta à la tête d'un ministre catholique d'avant-guerre : « Taisez-vous donc, excrément vivant ! ».

Nous ne ferons rien de tout cela, donc.

Quoique...

Bernard DELCORD

Derrière le miroir par Bart De Wever, traduction et annotations de Cécile Préaux, préface de Christian Laporte, Bruxelles, Éditions Le Cri, collection « Essais politiques », février 2013, 261 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 €



[1] Exemples : L'écrivain Benno Barnard, à qui il n'a pas eu l'heur de plaire, pas davantage d'ailleurs  que l'historien Marc Reynebeau, est « un perroquet qui piaillait des insultes mémorisées. Les pirates [comme Reynebeau] aiment ce genre de perroquet (...) même s'ils savent que leurs déjections publiques atterrissent partiellement sur leur épaule ». (p. 147). Quant aux artistes modernes, quand ils n' n'adoptent pas ses convictions politiques, ils « ne donnent plus d'expression à la beauté de l'Homme, mais à sa laideur. (...) L'œuvre Cloaca, que Wim Delvoye présenta en 2000 – une machine qui imite la digestion en transformant la nourriture en fausse merde, qui fut ensuite vendue au public, crotte par crotte – peut servir de cas d'école ici ». ( pp. 107-108). « Personne ne se refuse une petite soirée de masturbation idéologique avec nos prétendus thuriféraires du KVS [le Théâtre royal flamand de Bruxelles]. » (p. 195), etc., etc.

29 03 13

« La bonté ne se ternit pas » (proverbe congolais)

Bas-Congo cover.jpgLe splendide ouvrage de Chantal Tombu et Alain Huart intitulé Bas-Congo paru aux Éditions Weyrich à Neufchâteau emmène le lecteur ébloui à la rencontre du Bas-Congo, ou Kôngo central, l’une des plus anciennes provinces du pays, telle qu'elle apparaît aujourd'hui, tout en contrastes et en surprises.

Diverses villes sont présentées en détail, autant par des photographies – magnifiques – que par des textes variés, vraiment instructifs.

Matadi, capitale provinciale et principal port d’importation de la RDC, est notamment décrite par le biais de l'épopée des grands explorateurs qui y séjournèrent, de Diego Cão à Stanley. Boma, ville natale du premier président congolais, Joseph Kasa-Vubu, est abordée en tant que capitale de l'État indépendant de Léopold II, tandis que la nouvelle Jérusalem qu'est Nkamba se voit dépeinte avec son église africaine pouvant accueillir jusqu’à 32  000 personnes assises.

L’écosystème de la province, dégradé, fait l’objet d’une réflexion approfondie, notamment à propos des régions d'Inga (avec son barrage, mais aussi les chutes de Zongo et de Vampa, de même que les gorges du Kwilu), de l'estuaire du fleuve Congo et ses mangroves, de la façade atlantique (Banana, Moanda, la Tonde, Kitona...) ou encore du Mayumbe, avec son cacao et son café...

Un chapitre est consacré à l'esclavage tel qu'il a sévi dans la région de 1500 à 1920, et un autre aborde par le menu la culture et la consommation du manioc telles qu'elles se pratiquent de nos jours.

Les auteurs proposent en outre des itinéraires thématiques, quantifiés en temps et distance, pour permettre à chaque touriste de visiter les plus beaux endroits, mais aussi de partir à la rencontre des Congolais et de découvrir leur vie actuelle.

Pour ceux qui, comme nous, connaissent la région, cet ouvrage est un véritable coup de cœur. Et pour ceux qui ne la connaissent pas, une alléchante invitation au voyage !

Bernard DELCORD

Bas-Congo par Chantal Tombu et Alain Huart, Neufchâteau, Éditions Weyrich, collection « Africa », février 2012, 200 pp. en quadrichromie au format  à l'italienne 25 x 21 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 34 €

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28 03 13

La gastronomie du soleil...

Déjeuner en Provence.gifChef étoilé et viticulteur, propriétaire de cinq établissements en Provence dont le plus connu est l'Oustau de Baumanière ouvert par son grand-père en 1945, une grande maison de bouche dont il présente les meilleures recettes dans Déjeuner en Provence paru aux Éditions Flammarion à Paris, Jean-André Charial est un fervent défenseur des pratiques biodynamiques et biologiques qui travaille exclusivement dans le respect du produit.

Des villages fortifiés aux champs de lavande, des vignobles aux marchés locaux, il fait découvrir dans son ouvrage une des plus belles régions du monde et rêver autour d'un déjeuner ensoleillé, tandis que ses recettes permettront de prolonger le voyage en dégustant bouillabaisse, poissons ruisselants, ratatouilles, chèvre chaud, asperges du Gard, barigoules, aïoli et pistou, fougasses, clafoutis aux cerises et autres mets délicieux de la région.

Ce fort beau livre enjolivé de nombreuses citations est présenté par Patricia Wells, une auteure américaine primée qui vit à Paris depuis 1980. Elle a écrit plus d'une douzaine de titres, dont Patricia Wells à la maison en Provence (1996). Elle a également été la seule femme américaine critique gastronomique pour une publication française majeure, L'Express.

Quant aux photographies de Rachael McKenna, une Néo-zélandaise installée dans le sud de la France, elles raviront vos pupilles et vos papilles lors de cette balade au cœur du pays des santons, de la pétanque et des tournesols !

Bernard DELCORD

Déjeuner en Provence par Jean-André Charial, photographies de Rachael McKenna, introduction de Patricia Wells, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2012, 233 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 30,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage à l'accent sympathique la recette suivante :

LAPIN AUX CAROTTES

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 lapin

3 cuillerées à soupe d'huile d'olive

2 échalotes

l cuillerée à soupe de farine

75 cl de vin blanc

1 kg de carottes

1/2 branche de thym

2 feuilles de laurier

Sel, poivre noir du moulin

Recette :

Demander à votre boucher de découper le lapin en 8 morceaux.

Saisir les morceaux de lapin dans l'huile d'olive.

Assaisonner.

Ajouter les échalotes hachées.

Laisser suer 2 minutes.

Ajouter la farine, remuer, mouiller au vin blanc à moitié et couvrir.

Laisser mijoter 40 minutes en remuant de temps en temps.

Éplucher et couper les carottes en rondelles.

Les mettre dans une casserole d'eau froide salée et ajouter le thym et le laurier.

Porter à ébullition, laisser cuire 15 minutes.

Égoutter les carottes dans une passoire, les ajouter au lapin.

Laisser mijoter 10 minutes à feu doux.

Servir.

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25 03 13

Beaux et/ou noirs dess(e)ins...

Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 23/03/2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

Les Éditions André Versaille à Bruxelles viennent de faire paraître sous la plume de Frans Lambeau, grand spécialiste de la question, un magnifique et passionnant Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation traitant pour la première fois le sujet de façon exhaustive.

On y découvre non sans stupeur que les heures noires de notre pays furent aussi un âge d'or de son 9e art, voyant notamment l'éclosion ou l'affirmation du talent d'E. P. Jacobs (qui lance Le Rayon U en 1943), d'Hergé (qui illustra à l'époque cinq albums de Tintin et, en 1941, Les deux Juifs et leur pari, une fable « d'un antisémitisme primaire »), d'André-Paul Duchâteau, de Jam (le dessinateur rexiste, futur Alidor de feu l'hebdomadaire satirique Pan dont ce qu'il reste roule désormais pour le PP de Modrikamen, hélas...), de Jijé (qui crée en 1941 le personnage de Jean Valhardi), de Mitacq, de Sirius (qui donne L'Épervier bleu en 1942), de Jean-Michel Charlier, de Maurice Tillieux, de Jan Waterschoot ou de Willy Vandersteen, de grosses pointures, on en conviendra, qu'ils fussent des traîtres ou des résistants des deux côtés de ce qui n'était pas encore la frontière linguistique...

Les supports ne sont pas oubliés (le Journal de Spirou, Voilà, le Soir volé et le « faux Soir », Bravo !, Franc Jeu, Het Mannekensblad...) ni les auteurs mineurs, ni le rôle des hommes politiques de tout poil ou de la Propaganda Abteilung.

Un essai joyeusement transformé qui restera dans les annales... et sur l'estomac de certains !

Bernard DELCORD

Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation par Frans Lambeau, préface de Philippe Goddin, Bruxelles, André Versaille éditeur, mars 2013, 334 pp. en quadrichromie au format à l'italienne 30 x 21 cm sous couverture brochée en couleur et à rabats, 34,50 €

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21 03 13

Des recettes gratinées !

 

Petits gratins et soufflés.gifLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be).

Par ces temps de froidure hivernale prolongée, quoi de plus agréable que de mettre en pratique l'une ou l'autre des 70 recettes proposées par Emmanuelle Naddeo et Christine Serbource dans leur ouvrage Petits gratins et soufflés paru à Issy-les-Moulineaux aux Éditions Atlas, une compilation de saveurs diverses destinées à être servies en entrées, allant du classique à l'original et dont chaque recette est illustrée de photographies pas-à-pas pour son exécution ?

Que l'on soit partisan des indémodables tomates farcies, du hachis Parmentier, des lasagnes de saumon à l'oseille, de la tartiflette, des oignons farcis à la viande, de la moussaka ou encore des soufflés au fromage, sans oublier les petits gratins de légumes ou de poissons, à moins que l'on ne préfère se lancer dans l'aventure d'un Parmentier aux patates douces, d'un clafoutis au poulet et au parmesan, d'un bavarois de poivrons, de flans au jambon blanc, d'un gratin dauphinois au roquefort voire d'un crumble de poires au safran ou de mini soufflés au chocolat, ce recueil de savoureuses petites préparations a tout pour réchauffer le cœur !

Bernard DELCORD

Petits gratins et soufflés par Emmanuelle Naddeo et Christine Serbource, Issy-les-Moulineaux, Éditions Atlas, collection « Les Bonnes Saveurs », septembre 2012, 159 pp. en quadrichromie au format 29 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage fort appétissant la recette suivante :

CRUMBLE CITRONNÉ AU MERLAN ET AUX ARTICHAUTS

Une entrée cuisinée qui peut se transformer en plat de poisson froid à la vinaigrette. Cette présentation en verrine avec le crumble citronné apporte une saveur fraîche et attrayante.

Pour 4 grandes verrines ou 8 petites.

Ingrédients :

2 filets de merlan

4 fonds d'artichauts surgelés

2 citrons verts non traités

1 cuiller à soupe de basilic haché

30 g de chapelure

40 g de beurre

3 cuillers à soupe d'huile d'olive

1 cuiller à soupe de sésame

Sel, poivre

Recette :

Lavez et essuyez les citrons verts.

Râpez- en les zestes.

Dans un bol. mélangez la chapelure, les zestes et les graines de sésame.

Faites chauffer une casserole d'eau salée et faites-y cuire les fonds d'artichauts 10 minutes. Dans une poêle, faites cuire les filets de poisson avec un peu d'huile pendant 5 minutes de chaque côté.

Salez et poivrez.

Égouttez les fonds d'artichauts et rafraîchissez-les.

Coupez-les en petits dés.

Lorsque les filets de poisson sont froids, émiettez-les grossièrement.

Répartissez les miettes de poisson et d'artichaut dans des verrines.

Faites une sauce avec l'huile d'olive, le jus d'un citron, le basilic haché, une pincée de sel et de poivre.

Émulsionnez et répartissez la sauce dans les verrines.

Faites fondre le beurre dans une poêle antiadhésive.

Versez-y le mélange de chapelure, de zeste et de sésame.

Faites dorer légèrement ce mélange en remuant avec une spatule, 1 à 2 minutes.

Salez et poivrez.

Répartissez la chapelure dans les verrines.

Coupez le second citron en rondelles, puis recoupez les rondelles en deux.

Décorez les verrines avec ces tranches de citron.

J'achète :

Vous pouvez choisir d'autres filets de poisson blanc, comme le flétan ou la sole.

Le poisson doit pouvoir s'émietter facilement.

Vous pouvez aussi utiliser des filets de poisson surgelés.

Dans ce cas, faites-les décongeler au préalable.

Pour gagner du temps, vous pouvez remplacer les fonds d'artichauts surgelés par des fonds en boîte, mais ils sont généralement moins bons.

Les citrons verts ont une saveur typique, très rafraîchissante, mais vous pouvez préférer les citrons jaunes, qui sont plus doux.

Variante :

Pour simplifier, vous pouvez supprimer le basilic et les graines de sésame.

Pour des verrines de poisson froid, sans cuisson, vous pouvez remplacer les filets par du thon au naturel (ou encore du crabe, ce qui ferait une entrée beaucoup plus onéreuse).

Mélangez-le avec une cuillerée de crème fraîche ou de mayonnaise afin qu'il soit plus moelleux et arrosez-le de vinaigrette au citron comme dans notre recette.

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13 03 13

Leçons de vie...

 

De la providence.jpgPhilosophe romain, homme d'État et écrivain, Sénèque (en latin Lucius Annaeus Seneca) est né dans l'actuelle Cordoue, en Espagne, vers 4 avant Jésus-Christ et est mort le 12 avril 65.

Conseiller à la cour impériale sous Caligula et précepteur de Néron, Sénèque fut pour un temps précepteur et mentor de ce dernier avant d'être discrédité et acculé au suicide. Ses traités philosophiques comme De la colère, Sur la vie heureuse (en latin, De Vita beata) ou De la brièveté de la vie (De Brevitate vitæ), et surtout ses Lettres à Lucilius exposent ses conceptions philosophiques stoïciennes : « Le souverain bien, c'est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu ».

Dans De la providence dont l'excellente traduction française du professeur en Sorbonne Émile Bréhier (1876-1952) vient d'être rééditée chez Gallimard dans la collection « Folio 2 € sagesse », il s'adresse à son ami Lucilius en adoptant le point de vue divin pour expliquer « pourquoi, si le monde est régi par une providence, les gens de bien éprouvent tant de maux ».

En voici la conclusion :

« Bravez la mort : elle est pour vous le néant ou une nouvelle vie. Avant tout j’ai voulu qu’on ne pût vous retenir malgré vous : la retraite est ouverte. Renoncez-vous à combattre ?

Fuyez, vous êtes libres ; de toutes les nécessités que je vous ai imposées, il n’en est point que j’aie rendue plus facile que la mort. Votre âme est sur une pente rapide, entraînante. Ouvrez les yeux, et voyez combien est court et dégagé le chemin qui mène à la liberté. Je n’ai pas mis d’aussi longs obstacles à la sortie qu’à l’entrée de cette vie. Le sort aurait eu sur vous trop d’empire, si l’homme avait autant de peine à mourir qu’à naître. Pas d’instant, pas de lieu qui ne vous enseigne combien il est aisé le rompre avec la nature et de lui renvoyer son présent. (...) Ce qu’on appelle mourir, cet instant où l’âme se sépare du corps passe trop vite pour être saisi dans sa rapidité. Que les étreintes d’un lacet vous suffoquent, que l’eau vous intercepte la respiration ; que la dureté du sol où se fait votre chute vous fracasse la tête ; que des charbons ardents avalés ferment passage à l’air que vos poumons exhalent, quel que soit le moyen, l’effet est prompt. Ne rougissez-vous pas de craindre si longtemps ce qui dure si peu ? »

Vu comme ça, évidemment…

Bernard DELCORD

De la providence suivi de Lettres à Lucilius (lettres 71 à 74) par Sénèque, traduction d'Émile Bréhier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio 2 € sagesses », janvier 2013, 96 pp. en noir et blanc au format 10,8x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 2 €

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12 03 13

Pour cuisiner sur un rythme endiablé !

Pudding Rock se met à table.jpgFemme à la personnalité intéressante et affirmée, autodidacte passionnée de cuisine et chef inspirée, Danièle Zaif a ouvert trois restaurants dans la capitale de l'Europe : Eat & love, Cooking et Pudding Rock, dans lesquels elle s'est attelée à revisiter le lunch du midi, en faisant une découverte quotidienne, en multipliant verrines et petits plats, en faisant s’entrechoquer les saveurs et les épices, en passant avec bonheur d’un bon pain de veau maison aux brochettes de poulet à l’indienne, à un velouté de panais ou à une tagliata de bœuf grillé aux framboises...

Elle a aussi fait paraître , aux Éditions Racine à Bruxelles, un recueil de recettes fort justement intitulé Pudding Rock se met à table dans lequel elle partager avec ses nombreux aficionados les grands et les petits secrets de ses nombreuses trouvailles culinaires.

C’est frais, c’est bon, c’est inventif, que demander de plus ?

Bernard DELCORD

Pudding Rock se met à table par Danièle Zaif, photographies de Mireille Roobaert, Bruxelles, Éditions Racine, mai 2012, 184 pp. en quadrichromie au format 20 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,95 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage sans chichis la recette suivante :

CARBONNADES PAS SI FLAMANDES QUE ÇA !

Pour 4 personnes

Préparation : 25 minutes

Cuisson : 2 heures

Ingrédients :

l poignée de mélange de dattes, mangues, écorces d'oranges confites

l kg de carbonnades de bœuf

2 oignons coupés en petits morceaux

10 g de moutarde de Dijon

30 g de cassonade

l bouquet garni (thym, laurier, vert de poireau, persil plat)

4 tranches de pain d'épices

20 g de beurre

l grande bouteille de bière brune de Chimay

l cuillère à café de vinaigre blanc

Sel et poivre du moulin

Recette :

Faire revenir la viande dans une poêle avec un peu de beurre.

Réserver la viande.

Faire suer les oignons dans la même poêle.

Ajouter la cassonade et faire caraméliser.

Répartir la viande égouttée sur les oignons, couvrir de bière.

Verser une cuillère à soupe de vinaigre et déposer le bouquet garni.

Déposer les tranches de pain d'épices tartinées de moutarde, sel, poivre, une poignée de figues, dattes et écorces d'orange (mélangées).

Couvrir et enfourner à l00°C ou sur un feu très doux pendant 2 heures.

Astuce :

Si la sauce est trop liquide, réchauffer en enlevant le couvercle pendant une dizaine de minutes.

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