01 02 13

So British!

L'amour, toujours l'amour.gifAuteure d'essais décapants (J'ai épousé un Français, Snobismes et voyages), de biographies remarquées (Le Roi Soleil, Madame de Pompadour, Voltaire amoureux) et traductrice dans la langue de Shakespeare de La Princesse de Clèves, la très francophile, très noble et très Honorable romancière britannique Nancy Mitford (Londres, 1904–Versailles, 1973) – elle était l'aînée des six filles du baron Redesdale et exerça un rôle prépondérant dans la vie mondaine des deux côtés du Channel – évoque avec humour le milieu aristocratique de l'Angleterre de l'entre-deux-guerres dans ses romans, dont À la poursuite de l'amour, qui obtint un succès colossal à sa parution en 1945.

Les Éditions Omnibus à Paris ont eu l'excellente idée de faire reparaître la version française ce best-seller, accompagnée de trois autres textes (L'amour dans un climat froid, Le Cher Ange et Pas un mot à l'ambassadeur), dans une belle compilation au titre très Frenchy, L'amour, toujours l'amour, véritable condensé de drôlerie, de finesse et d'esprit, plein de fantaisie et de gaieté, dont le thème central est l'amour : celui dont rêvent les fillettes exaltées, celui que plus tard elles espèrent et recherchent, celui qu'elles manigancent ou encore celui qu'elles croient trouver dans le mariage.

Un bijou d'humour, serti dans ce mélange de tradition et d'excentricité propre à la haute société anglaise et qui fait le charme indémodable de la parfois perfide Albion...

Bernard DELCORD

L'amour, toujours l'amour par Nancy Mitford, Paris, Éditions Omnibus, janvier 2013, 928 pp. en noir et blanc au format 13,4 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 27 € (prix France)

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23 01 13

La dépanneuse de la langue française

Dictionnaire des difficultés du français.gifRevue et mise à jour par le linguiste Daniel Blampain qui fut son ancien collaborateur universitaire, la sixième édition du Dictionnaire des difficultés du français de Joseph Hanse – qui a été, avant que lui succède André Goosse, le maître incontesté de la philologie romane à « Louvain-la-Veuve » [1], deux ténors dont nous avons eu le bonheur de suivre les cours dans notre jeunesse –, est parue chez De Boeck-Duculot à Louvain-la-Neuve, un événement considérable pout tous ceux que passionnent ou qui ont à user de la langue de Molière telle qu'elle se pratique aujourd'hui tant à l'oral qu'à l'écrit.

Pour rappel, Joseph Hanse, né à Floreffe en 1902 et décédé à Watermael-Boitsfort le 7 novembre 1992, est donc un grammairien belge de la langue française.

En 1925, il termine un doctorat en philosophie et lettres à l’Université catholique de Louvain. Sa thèse, consacrée à l’œuvre de Charles De Coster, est distinguée par l’Académie royale de langue et de littérature françaises. Jeune enseignant, il se consacre à l’écriture et à la défense de la langue. Il s’oppose à la Grammaire de l’Académie française, qu’il qualifie d’autoritaire, et réclame la création d’une institution supérieure à l’Académie.

Après la Seconde Guerre mondiale, il est à l’origine des Biennales internationales de la langue française. C'est au cours de la première édition, tenue à Québec, qu'est créé le Conseil international de la langue française, qu'il présida de 1968 à 1991.

Devenu professeur à l’UCL, il publie en 1949 la première édition du Dictionnaire des difficultés grammaticales et lexicologiques, suivi de différents travaux qui deviendront des ouvrages de référence pour la langue française, dont le Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne, paru en 1983 et régulièrement réédité depuis.

Sa passion pour les lettres belges l'incita à participer activement à la création des Archives et Musée de la littérature en 1958, une institution destinée à contribuer à la mémoire littéraire francophone aujourd'hui dirigée par l'un de ses fils spirituels, Marc Quaghebeur.

Joseph Hanse a été membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, le premier président du Conseil supérieur de la langue française de Belgique et le président fondateur du Conseil international de la langue française. [2]

La nouvelle édition de son œuvre maîtresse (désormais dotée d'une application iPad), à la fois dictionnaire et grammaire, brille par sa clarté, sa vivacité et son sens de la pédagogie en présentant par ordre alphabétique chaque difficulté de prononciation, d'orthographe, de vocabulaire ou de syntaxe.

Une réponse immédiate et nuancée est apportée aux difficultés rencontrées par l'usager : les constructions de phrases difficiles ; les verbes et leurs prépositions ; les modes et les temps ; les pluriels, les féminins ; les termes prêtant à confusion ; les mots difficiles à orthographier ; les usages régionaux, familiers ou populaires ; les néologismes, les anglicismes...

Un must pour tous ceux qui se posent des questions sur la langue française et son utilisation, élèves ou parents, étudiants ou enseignants, auteurs ou lecteurs, journalistes ou chroniqueurs, mémorialistes ou tweeteurs, acteurs ou spectateurs, professionnels de la communication ou poètes en herbe, rédacteurs de rapports ou de lettres d'amour, francophones ou non francophones...

Un livre indispensable à tous, donc !

Bernard DELCORD

Dictionnaire des difficultés du français (6e édition) par Joseph Hanse  & Daniel Blampain, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck-Duculot, octobre 2012, 729 pp. en noir et blanc au format 15 x 24 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 45,00 €


[1] Surnom donné à  l'UCL après qu'elle eût été chassée de la bonne ville flamande de Leuven pour s'en aller croître et embellir en Wallonie, dans la cité nouvelle de Louvain-la-Neuve.

[2] Voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Hanse .

22 01 13

Un humaniste souriant...

Mémoires (Amadou Hampâté Bâ).gifAnticipant involontairement la guerre qui déchirerait son pays, les Éditions Actes Sud en Arles ont fait paraître en mars 2012, dans leur belle collection « Thesaurus », les Mémoires du grand écrivain malien Amadou Hampâté Bâ né vers 1900 à Bandiagara (Mali) et mort le 15 mai 1991 à Abidjan (Côte-d'Ivoire). Au conseil exécutif de l'Unesco, où il siégeait, et à travers ses différents ouvrages, toujours consacrés à la tradition et aux civilisations africaines, il s'est rendu célèbre pour son inlassable activité au service des cultures orales.

Le prière d'insérer de l'ouvrage est d'une précision limpide :

« Voici, pour la première fois réunis en un unique volume, les Mémoires d'Amadou Hampâté Bâ, le grand défenseur des cultures orales africaines et du dialogue entre les civilisations. Ce témoignage (qui couvre les années 1900 à 1933), d'une ampleur et d'une richesse exceptionnelles, constitue certainement l'œuvre la plus importante de l'auteur.

Loin de s'attacher à la forme habituelle de l'autobiographie, Amadou Hampâté Bâ, servi par la prodigieuse mémoire des peuples de tradition orale, revisite les souvenirs d'une enfance et d'une adolescence bousculées par des événements familiaux et bientôt politiques.

Dans Amkoullel l'enfant peul, il présente ainsi la vie des Maliens (nourris de l'enseignement du français en même temps que des principes de l'Islam), alors aux prises avec les contraintes de la colonisation. On y voit défiler une étonnante galerie de portraits, d'Africains comme d'administrateurs français dépeints avec verve.

Au début du second volume, Oui mon Commandant !, l'auteur, alors âgé de vingt-deux ans, entame sa carrière au sein de l'administration coloniale. De Ouagadougou à la Haute-Volta, il apprend à côtoyer ses supérieurs hiérarchiques. C'est durant cette période qu'il se marie, fonde une famille et voyage en commençant à noter tous les récits oraux dont il deviendra peu à peu le dépositaire. L'ouvrage s'achève en 1933 lorsqu'à son retour au Mali, en homme mûri, il retrouve son maître Tierno Bokar.

À la fois roman d'aventures, document sociologique et vaste fresque historique, ces Mémoires portent la marque d'un humanisme et d'un esprit de tolérance qui leur confèrent une véritable dimension universelle et en font sans doute l'une des œuvres maîtresses d'Amadou Hampâté Bâ.

À travers ce témoignage unique, où l'humour surgit à chaque page, et où la curiosité et la soif de savoir sont omniprésentes, on peut comprendre la trajectoire qui mènera un jour l'enfant de Bandiagara jusqu'à l'Unesco où il lancera, pour appeler au sauvetage des traditions orales, la phrase que l'on sait : "En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle" ».

On ne peut mieux dire !

Bernard DELCORD

Mémoires par Amadou Hampâté Bâ, préface de Théodore Monod, photographies de Philippe Dupuich, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Thesaurus », mars 2012, 854 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 28 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage plein de sagesse les quelques lignes suivantes :

PENSÉES

« Même s'il n'est qu'une petite mare de brousse, chacun d'entre nous peut essayer de maintenir pure et paisible l'eau de son âme, afin que le soleil puisse s'y mirer tout entier. »

« Sache ô néophyte !, que le savoir est plus précieux que l'ambre pur et le corail blanc. Il vaut mieux que l'or sans mélange et le diamant sans altération. Pourquoi ? Parce que le savoir est l'unique fortune que l'on peut entièrement donner sans en rien la diminuer. »

« Si tu sais que tu ne sais pas, tu sauras. Si tu ne sais pas que tu ne sais pas, tu ne sauras pas. »

« Même si l'or est enveloppé dans un chiffon souillé et jeté sur un "village d'ordures", cela ne diminue en rien la valeur de l'or. »

« Les caprins, ovins et bovins et leurs maîtres peuls sont presque frères. Mais à bien regarder les choses, ce sont les Peuls qui semblent avoir été créés pour servir le troupeau et non les bêtes pour profiter aux Peuls. »

« Qu'est-ce que Dieu sinon un potier, et en même temps un casseur de pots ? »

21 01 13

Un artiste mythique…

Hopper.gifC'est le 28 janvier 2013 que s'achèvera aux Galeries du Grand Palais à Paris l'exposition consacrée à l'essentiel de l'œuvre du peintre new-yorkais Edward Hopper (1882-1967) qui marqua le XXe siècle d'une empreinte profonde avec notamment  The Wine Shop (1909), Road in Maine (1914), Girl at Sewing Machine (1921), New York Pavements (1924), House by the Railroad (1925), Automat (1927), Hotel Room (1931), New York Movie (1939), Nighthawks (1942), Summertime (1943), Pennsylvania Coal Town (1947), Office in a Small City (1953), Western Motel (1957), People in the Sun (1960), Two Comedians (1965), des représentations de la vie quotidienne oscillant entre réalisme, onirisme et intériorité et qui expriment la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre nature et monde moderne.

À ceux qui l'ont vue, à ceux qui la visiteront et à ceux qui l'auront manquée, nous ne saurions trop recommander le remarquable petit ouvrage de son initiateur, l'historien d'art Didier Ottinger, intitulé Hopper Ombre et lumière du mythe américain, paru aux Éditions Gallimard dans la collection « Découvertes », qui rassemble et commente une centaine de documents allant des toiles de jeunesse du peintre à ses plus grandes œuvres en passant par ses illustrations commerciales, ses gravures, des photographies, des documents d'archives, des tableaux de comparaison avec d'autres artistes…

Un véritable régal !

Bernard DELCORD

Hopper Ombre et lumière du mythe américain par Didier Ottinger, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », septembre 2012, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,60 € (prix France)

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20 01 13

Histoires des origines...

Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine.gifQui n'a jamais entendu parler des dieux de l'Olympe, des exploits d'Hercule, des voyages de Jason et d'Ulysse, de Thésée affrontant le Minotaure dans le Labyrinthe, d'Achille traînant le corps d'Hector sous les remparts de Troie, d'Enée traversant les Enfers ?

Des noms qui font rêver, des aventures prodigieuses, pleines de merveilles, de bruit et de fureur mais dont on ne connait pas toujours les détails.

Comblant ce vide, le très complet (1024 pp., 330 entrées, 1000 textes de 70 auteurs [1], 9 cartes et 8 généalogies) Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine illustré par les récits de l'Antiquité, un fort intéressant ouvrage collectif rédigé sous la direction d'Annie Collognat et publié par les Éditions Omnibus à Paris, rappelle combien la mythologie gréco-romaine est constituée d'un ensemble foisonnant de belles histoires imbriquées les unes dans les autres, remarquables de cohérence dans leur apparente diversité, car elles cherchent à donner un sens et un ordre aux mystères du monde.

Constamment repris et réutilisés depuis l'Antiquité dans la littérature comme dans les arts, ces récits fabuleux n'ont jamais cessé d'irriguer notre culture occidentale.

Un passionnant retour aux sources !

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine illustré par les récits de l'Antiquité, ouvrage collectif sous la direction d'Annie Collognat, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2012, 1024 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs et à rabats, 30 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort savant la notice suivante :

BACCHUS

Bacchus est honoré à Rome et dans les campagnes d'Italie comme dieu agraire : il protège la vigne. Les Romains ont repris aux Grecs non seulement l'histoire de Dionysos, mais encore une de ses épithètes, Bacchos, pour désigner ce dieu. Ils l'assimilent à une divinité italique, Liber pater. Représenté sous les traits d'un homme barbu d'âge mûr, Liber favorise la fertilité des champs : une année de famine, au début de la République, les livres sibyllins ordonnent aux Romains d'adopter le culte d'une triade divine, Cérès, Liber, Libera, dont les attributions reprennent celle de la triade grecque Déméter-Dionysos-Coré, qui protège les moissons et les autres récoltes. Comme chez les Grecs, la fertilité des champs est liée à la fécondité des hommes, donc à la sexualité.

Les auteurs chrétiens sont scandalisés par les indécences du culte de Liber en Italie : on y exhibe un phallus.

Les fêtes nocturnes en l'honneur de Bacchus connaissent beaucoup de succès mais suscitent rumeurs et scandales. Plus sans doute pour leur caractère exotique et anarchique que pour des raisons morales. Le Sénat romain interdit donc les Bacchanales en 186 avant J.-C. Les mystères célébrés autour de Bacchus-Dionysos, initiation qui assure le salut de l'âme après la mort, gardent pourtant de nombreux adeptes, en particulier dans les cercles orphiques.

Ovide développe une version originale de la relation entre Bacchus et Ariane, et raconte dans les Métamorphoses deux épisodes moins courants de la légende. Attaqué par des pirates tyrrhéniens lors d'un voyage à Naxos, Bacchus les change en dauphins. À la recherche de son ami Silène, il obtient l'aide de Midas pour le retrouver, et le récompense en lui accordant la réalisation de son vœu le plus cher.


[1] D'Homère, d'Ésope, de Sophocle, d'Aristophane, d'Eschyle, d'Euripide, d'Hérodote, d'Hippocrate, d'Aristote, de Platon, de Xénophon, de Sappho, de Virgile, d'Ovide, d'Horace, de Pline l'Ancien, de Tite-Live, d'Apulée, de Cicéron, de Plutarque, de Sénèque, de Pétrone, de saint-Augustin, entre autres.

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20 01 13

Un régal aussi pour les yeux...

Le Paris des gourmets.jpgPrésentant, dans Le Paris des gourmets (publié chez Flammarion), de belles et bonnes adresses de la capitale française regroupées en trois catégories – Paris Splendeur, Paris Nostalgique et Paris Audacieux – le chroniqueur Pierre Rival et le photographe Christian Sarramon proposent au lecteur un parcours gourmand croisant des décors historiques ou conçus par les plus grands architectes d'aujourd'hui avec des boutiques rétro ou design.

Dans Paris Splendeur, on part à la découverte d'adresses de brasseries anciennes et d'adresses constituant de véritables petits musées de la gastronomie ou offrant des produits d'exception.

Paris Nostalgique recense des bistrots, des tables incontournables, des épiceries fines, des torréfacteurs et des maisons où l'on retrouve le goût de l'enfance.

Quant à Paris Audacieux, il réunit des maisons de bouche dont le décor a été conçu par de grands décorateurs contemporains, des restaurants où l'on revisite la tradition et d'autres où l'on propose des saveurs et des parfumes venus d'ailleurs.

Un must pour les amateurs de bonne chère, habitants ou visiteurs de la Ville-Lumière !

Bernard DELCORD

Le Paris des gourmets Belles et bonnes adresses par Pierre Rival, photographies de Christian Sarramon, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2012, 304 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 24,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 26 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce bel ouvrage la présentation suivante :

BRASSERIE GALLOPIN

Gallopin a été le rendez-vous des boursicoteurs jusque dans les années quatre-vingt-dix, quand la Bourse de Paris a opté pour le tout-électronique. Ils échangeaient les bons tuyaux dans les coursives du bar anglais ou dans la salle du fond avec sa jolie verrière 1900. Les vitres sont gravées à l'acide des initiales du nom du propriétaire et de « devises » en anglais, of course...

Le bar anglais est un concept typiquement français, reflet de l'anglomanie qui saisit périodiquement la société parisienne depuis le XVIIIe siècle.

Les années 1880, en dépit de la rivalité coloniale entre les deux puissances, voient ce sentiment atteindre des sommets, se manifester dans de nombreux domaines, de l'élégance masculine à l'adoption du « tea time ». Les bars anglais fleurissent à partir de cette époque, et l'un des premiers à s'ouvrir à Paris, en 1878, ne se situe pas par hasard dans le quartier de la Bourse.

Les Golden Boys de l'époque vont prendre très vite leurs habitudes chez Gallopin, imités en cela par le petit personnel des courtiers et des crieurs de la corbeille. Les inscriptions à l'acide sur les verres qui ornent la devanture, intitulées « American drinks », « Luncheon bar » ou encore le bandeau en lettres dorées qui les surmonte et où l'on peut lire « Stock Exchange Luncheon Bar », ne laissent d'ailleurs subsister aucune équivoque sur la destination de l'établissement.

Gustave Gallopin, marié à une Anglaise héritière de la riche famille des Wyborn qui a fait fortune dans le commerce à succursales multiples, y lance la mode des cocktails et propose des bocks de bière servis dans des chopes en argent qu'il baptise de son nom, tradition encore en honneur aujourd'hui.

Une grande baignoire en zinc remplie d'eau et de glace abritera longtemps une collection de bouteilles de champagne prêtes à l'usage pour célébrer les coups de Bourse réussis.

La décoration actuelle est mise en place à partir de 1886, date peinte au plafond. Le grand bar, ainsi que les boiseries de style victorien qui lambrissent les différentes pièces de l'établissement sont réalisés dans un seul bois précieux, l'acajou de Cuba, et proviennent directement de Londres. Les chapelières, les lustres aux tulipes de verre, façonnés en cuivre par des artisans parisiens, achèvent cependant de donner la touche britannique à cet ensemble très cohérent.

En 1900, pour célébrer l'Exposition universelle, Gustave Gallopin met la touche finale à son œuvre en fermant la salle du fond d'un grand mur verrière d'opaline, à fleurs et branches en émaux translucides, dont le motif Art nouveau se répète à l'infini dans un astucieux jeu de miroirs. En été, cette verrière coulisse, découvrant un petit jardin.

Malgré les nombreux propriétaires qui se sont succédé au fil des décennies, le Gallopin est resté dans son jus. Même si la Bourse a quitté depuis longtemps le palais Brongniart, une clientèle d'hommes d'affaires reste sensible à sa carte traditionnelle, avec les plateaux de fruits de mer, l'andouillette de Troyes à la ficelle « cinq A » ou le chateaubriand, haricots verts frais et surtout ce décor immuable qui rappelle que Paname avait aussi sa City.

Brasserie Gallopin – 40, rue Notre-Dame-des-Victoires - 75002 Paris

Tél. : 00 33 1 42 36 45 38

www.brasseriegallopin.com

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18 01 13

À la redécouverte du temps perdu…

Le grand livre des marques cultes.gifCompilation de 500 recettes à cuisiner avec des produits d'enseignes bien connues (jambon cru Aoste, moutarde Amora, boisson cacaotée Banania, confiture Bonne-Maman, caramel Carambar, petit ourson en guimauve Cémoi, Chamallows Haribo, crème de marrons Clément Faugier, spécialités laitières Fjord, ketchup Heinz, saucisses Knacki, conserves de poisson La Belle-iloise, fromage fondu La Vache qui rit, spéculoos Lotus, barre chocolatée Mars, bonbons Michoko, chocolat Milka, lait concentré sucré Nestlé, pâte à tartiner Nutella, roquefort Papillon, biscuits Petit Lu, boisson Ricoré, galettes Saint-Michel, fromage Saint-Môret, bonbons Smarties, barres Twix...), Le grand livre des marques cultes, un bel ouvrage collectif paru aux Éditions Marabout à Paris, ravira non seulement les amateurs de produits agro-alimentaires pérennes et typiquement français, mais aussi tous ceux qui, à la façon de Marcel Proust, aiment à ressusciter leur enfance ou leur jeunesse par les papilles !

Un recueil d'excellentes recettes pour la mémoire...

Bernard DELCORD

Le grand livre des marques cultes, ouvrage collectif, Paris, Éditions Marabout, octobre 2012, 312 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleur, 19,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage aux accents nostalgiques la recette suivante :

PAPILLOTES DE CABILLAUD AU ROQUEFORT PAPILLON

Pour 4 personnes

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 20 minutes

Ingrédients :

2 bulbes de fenouil (ou 4 petits poireaux)

800 g de filets de cabillaud

1 petit bouquet de coriandre

100 g de roquefort Papillon

Huile d'olive

1 citron vert

Sel et poivre

Recette :

Préchauffer le four à 200°C.

Laver les fenouils et les couper en deux.

Retirer la partie dure située à la base du fenouil.

Les couper en quartiers.

Essuyer le poisson avec du papier absorbant puis saler et poivrer.

Couper 4 grands rectangles de papier sulfurisé.

Déposer au milieu de chaque rectangle 2 quartiers de fenouil puis disposer par-dessus un filet de cabillaud, 3 tiges de coriandre et 1/4 de roquefort.

Arroser d'un filet d'huile d'olive.

Replier les bords du rectangle et former une papillote.

Disposer les papillotes sur la plaque du four.

Enfourner et laisser cuire 20 minutes.

Servir, accompagné de 1/4 de citron vert et de riz.

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15 01 13

Il y en a pour tous les goûts !


RENDEZ-VOUS VITE SUR LE SITE DES GUIDES DELTA (www.deltaweb.be) ET GAGNEZ L'UN DES 10 GUIDES MIS EN JEU POUR LES LECTEURS DE LIRE EST UN PLAISIR !

Guide Delta Belgique 2013.jpgL'édition 2013 du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg disponible depuis peu en librairie, recense par provinces et pour un prix inchangé, 2060 restaurants, hôtels et salles de séminaire du Royaume et de son voisin tout en permettant, par un système ingénieux de huit index placés en fin d’ouvrage, de sélectionner aussi les restaurants par ordre alphabétique en général et par ordre alphabétique dans chaque province, par type de cuisine (africaine, américaine, arabe, australienne, bangladeshi, belge, brésilienne, cambodgienne, caribéenne, chinoise, congolaise, espagnole, éthiopienne, flamande, française, grecque, indienne, italienne, japonaise, juive, latino-américaine, libanaise, luxembourgeoise, maghrébine, marocaine, mauricienne, méditerranéenne, mexicaine, du Monde, provençale, russe, sarde, scandinave, thaïe, tunisienne, vietnamienne… mais aussi à la bière, bio, bistronomique, de bistrot, bourgeoise, de brasserie, contemporaine, créative, familiale, de fusion, gastronomique, internationale, du marché, de la mer, orientale, de petite restauration, de saison, de terroir, végétarienne…), et en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salons particuliers VIP ou de salles de séminaire, mais aussi de la quiétude ou de la beauté des lieux.

Pour chaque établissement, l’ouvrage fournit une quantité considérable d’informations objectives (coordonnées diverses, nom du propriétaire, date de fondation, type de cuisine, gamme de prix, exemples de propositions à la carte, origine des vins, nombre de couverts, types de cartes de crédit acceptées, facilités pour les personnes handicapées, jeux pour les enfants à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, présence d'un bar, d’un fumoir, d’une terrasse, d'une piscine en plein air ou couverte, d'un garage, d’un parking ou d’un service voiturier…) complétées, quand l’entreprise les mérite, d’appréciations sous forme de logos (nombre de toques, beau cadre, belle cave, bon rapport qualité-prix, coup de cœur Delta…) et de commentaires rédigés par les chroniqueurs de la maison – qui ont opéré en toute indépendance, nous pouvons l’attester !

 Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

 Enfin, et l’initiative doit être vivement soulignée, ce guide renferme un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier (sans qu’il doive l’annoncer au moment de réserver, ce qui est très bien…) d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 65 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 3 250 euros !

 Une seule utilisation de ce Passeport rembourse donc le prix d’achat du Guide !

 Formidable, non ?

 Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2013, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 2012, 656 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,75 €



[1] Delta d’Or : Philippe Meyers à Braine-l'Alleud et De Jonkman à Sint-Kruis ; Delta d’Argent : Le Cyrano à Waimes et Jer à Hasselt ; Delta de Bronze : Les Trois P'tits Bouchons  à Mont-sur-Marchienne et Kommilfoo à Anvers. Lauréats par type de cuisine : À la truite argentée à Malmedy (cuisine de terroir) ; La Cité Impériale à Mettet (cuisine chinoise) ; Momo la Crevette à Waterloo (cuisine de la mer) ; Taverne de la Fermette à Rochehaut-sur-Semois (cuisine régionale belge) ; Tom's Dinner à Bruges (cuisine bistronomique) et Il Trionfo à Knokke-Heist (cuisine italienne). À ces noms, il convient d'adjoindre les lauréats des prix des internautes plébiscités par les visiteurs du site www.deltaweb.be, à savoir Les Sœurs Grises à Huy (cuisine française) et L'Île d'Anvers à Anvers (cuisine française et belge).

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13 01 13

Le Proust letton...

Œuvres choisies (von Kaiserling).gifL'éditeur présente en termes fort justes les Œuvres choisies Histoires de château parues récemment en Arles chez Actes Sud dans leur traduction française : « Considéré comme un maître par Thomas Mann, le comte Eduard von Keyserling (1855-1918) est incontestablement l'écrivain le plus représentatif de l'impressionnisme allemand et l'exemple parfait de l'esprit "fin de siècle". Issu d'une lignée de barons baltes de langue allemande, installés aux confins de la Prusse-Orientale dont dépendait la Courlande (actuelle Lettonie) jusqu'au début du XXe siècle, il dépeint, dans une langue élégante et subtilement ironique, le crépuscule d'une société encore somptueuse mais irrévocablement poussée vers sa fin ».

L'ouvrage rassemble treize textes exemplaires de l'auteur, intitulés respectivement Beate et Mareile, Été brûlant, Harmonie, Son expérience de l'amour, Dumala, Cœurs bigarrés, Versant sud (adapté au cinéma en 1989 par Daniel Vigne sous le titre Comédie d'été), Le Murmure des vagues, Maisons du soir, Nicky, Altesses, Dans un coin tranquille et Les Enfants des beaux jours, de véritables petits bijoux de subtilité dans lesquels l'auteur se sert de la lumière et des subtiles variations de la nature pour peindre les derniers beaux jours de l'aristocratie balte, ses châteaux, ses chasses, ses rituels, tout un art de vivre raffiné qui illustre l'impossibilité de l'amour et l'impuissance à contenir les passions exacerbées d'une société encore fastueuse mais déjà consciente d'un déclin irréversible. [1]

 Un classique à (re)découvrir absolument.

Bernard DELCORD

Œuvres choisies Histoires de château par Eduard von Kaiserling, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Thesaurus », octobre 2012, 893 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)



[1]  Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Eduard_von_Keyserling

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12 01 13

L'Ibérie gourmande...

Le Livre de la cuisine espagnole.gifAprès avoir fait paraître de la même auteure Le Livre de la cuisine juive, les Éditions Flammarion à Paris ont publié récemment Le Livre de la cuisine espagnole par Claudia Roden, un ouvrage qui, dans sa version originale américaine, a été couronné du Prix du meilleur livre de cuisine étrangère au Cookbook Awards 2012.

Ainsi que l'atteste l'ouvrage, la cuisine espagnole est à elle seule un livre d'histoire. On y retrouve les racines celtes et wisigothes, les invasions romaines, les influences mauresques et juives et l'attrait pour les produits du Nouveau Monde ou la gastronomie française qui ont façonné le pays et enrichi de mille saveurs les recettes du terroir ibérique.

Et Claudia Roden transmet avec enthousiasme dans sa compilation savoureuse, au travers des 250 recettes qu'elle y a rassemblées, des petits trésors amassés pendant près de cinq ans au fil de ses voyages dans toute la péninsule, en goûtant, observant et recueillant l'histoire de chacune des préparations.

Qui constituent 250 rayons de soleil éclatant dans les assiettes !

Bernard DELCORD

Le livre de la cuisine espagnole  par Claudia Roden, traduction française d'Aurélie Tronchet, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2012, 511 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35,00 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage de caractère la recette suivante :

Ragout d'agneau au lait à la mode des bergers

(Cordero a la pastora)

Dans Don Quichotte, Cervantès décrit Andrés, un jeune homme de quinze ans qui garde les moutons de Juan Haldudo, el rico (le riche). Son maître le bat et lui retient son salaire parce que, comme il l'explique à Don Quichotte, les moutons disparaissent et il est certain que c'est le garçon qui les vend ou les mange. Don Quichotte croit Andrés innocent et intervient en sa faveur, ce qui ne fait qu'empirer sa situation

Les bergers se nourrissaient en effet d'agneau quand ils passaient de longs mois loin de chez eux avec leurs troupeaux. Ils cuisaient la viande dans le lait de brebis, mais auraient-ils ajouté du vin, comme dans cette recette ? Ils auraient pu échanger quelques fromages pour s'en procurer J'ai cuisiné ce plat avec du filet de collet d'agneau. Il est devenu très tendre, et le vin, le lait et les herbes ont apporté un délicieux goût aux pommes de terre.

Pour 4 à 6 personnes

Ingrédients :

750 g de collet d'agneau, découpé en gros morceaux (environ 6-7 cm)

3 cuillerées à soupe d'huile d'olive

4 gousses d'ail hachées

250 ml de vin blanc sec

7 clous de girofle

2 brindilles de thym

2 feuilles de laurier

500 g de pommes de terre nouvelles de taille moyenne, épluchées et coupées en deux

1 cuillerée à café de sucre (optionnel)

250 ml de lait entier

Sel et poivre

Recette :

Faites chauffer l'huile dans une grande cocotte.

Mettez les morceaux d'agneau et faites-les dorer légèrement sur toute leur surface sur feu vif.

Baissez le feu, ajoutez l'ail en remuant et laissez-le tout juste colorer.

Ajoutez le vin, les clous de girofle, le thym et les feuilles de laurier.

Portez à ébullition puis ajoutez les pommes de terre, salez et poivrez.

Laissez mijoter, en couvrant. sur feu doux pendant environ 1 h 15 jusqu'à ce que la viande soit tendre et que le liquide ait été absorbé.

Ajoutez un peu de sucre si le vin est trop sec et s'il est nécessaire d'adoucir la sauce.

Incorporez le lait.

Salez encore si nécessaire, et laissez cuire pendant 5 minutes pour réchauffer.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |