08 05 13

Assiettes princières...

La cuisine du pacha.jpg

Le texte ci-dessous a été expédié dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA  puis mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Proposant au lecteur de visiter le magnifique jardin andalou qu'il possède dans la médina de Fès, un ancien verger qui fut jadis une dépendance secrète du célèbre palais Mokri et qu'il a transformé avec son épouse Catherine en luxueuse maison d’hôtes, l'antiquaire et décorateur Michel Biehn, par ailleurs gastronome fameux, offre à découvrir par la même occasion, dans La cuisine du pacha paru tout récemment aux Éditions Flammarion à Paris, la quintessence des recettes de la cuisine marocaine traditionnelle, mais revisitée par des chefs du cru pour en faire des plats du marché, actuels, goûteux et légers.

Et, de la tajine de congre aux raisins jusqu'à la tarte aux courgettes en passant par les spaghettis au citron, la salade de fruits et d'aiguillettes de poulet au thé, les tagliatelles à l'orange, la pastilla de pigeon ou les piments verts farcis, c'est un véritable festival de saveurs et de fragrances !

Pour faire de vous un pacha...

Bernard DELCORD

La cuisine du pacha par Michel Biehn, photographies de Bruno Suet, Paris, Éditions Flammarion, avril 2013, 189 pp. en quadrichromie au format 20 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage aux senteurs orientales la recette suivante :

COUSCOUS VERT

Recette de Bruno, chef du restaurant Le 7.

Voilà un couscous irréprochablement traditionnel dans le déroulement de sa recette, mais tout à fait contemporain par le choix de ses ingrédients. Il marie la semoule d'orge parfumée à l'huile d'argan et la viande de poulet et n'utilise que des légumes de couleur verte : simple, chic et délicieux comme toute la cuisine de Bruno, actuelle, tendance et élégante, comme la salle du 7, à deux pas du Jardin.

En cuisine :

Dans un grand plat en terre vernissée ou dans une bassine, verser 500 grammes de semoule d'orge, puis 2 cuillerées à soupe d'huile d'argan et mélanger avec les doigts.

Humecter d'un peu d'eau en l'égrenant et laisser gonfler un quart d'heure.

Découper un beau poulet de grain en huit morceaux.

Dans le bas du couscoussier, verser 2 litres d'eau, puis ajouter 2 oignons en quartiers, les morceaux de poulet, une bonne cuillerée à café de gingembre en poudre, du sel et du poivre, 1 botte lavée de coriandre et une de persil, 1 branche de céleri et 1 oignon coupé en dés.

Laisser cuire à petits bouillons 30 minutes.

Mais dès que ça bout, placer le haut du couscoussier garni de la semoule gonflée sur la marmite.

Quand la vapeur traverse la semoule, retirer promptement le haut et verser la semoule dans le même plat que tout à l'heure, saler au sel fin, et à l'aide d'un peu d'eau froide, continuer d'égrener la semoule avec une fourchette d'abord, puis entre les doigts.

Remettre la semoule dans le haut du couscoussier et ce dernier sur la marmite.

Ajouter alors dans le bouillon la moitié d'un chou vert coupée en six, 6 petites courgettes, 6 petits bulbes de fenouil. 6 fonds d'artichaut, 200 grammes de gros haricots verts plats, 200 grammes de fèves débarrassées de leurs deux peaux et 200 grammes de petits pois.

Dès que l'ébullition reprend et que la vapeur traverse à nouveau la semoule, la retirer du feu, la verser à nouveau dans le grand plat et la mélanger avec 80 grammes de beurre frais.

Couvrir d'un papier sulfurisé pour garder la chaleur.

La cuisson des légumes sera terminée lorsque la pointe d'un couteau les traversera sans difficulté.

Ils doivent être fermes, mais cuits et verts.

Dans un grand plat creux de service, dresser une montagne de semoule, déposer les viandes au sommet, puis disposer harmonieusement les légumes tout autour.

Servir le bouillon passé brûlant à part.

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08 05 13

Sacré Charlemagne !

Charlemagne.gifÉditeur de grand talent et au nez creux, Jean-Claude Zylberstein (qui a fait aussi les grandes heures des Éditions 10-18) anime chez Tallandier à Paris la collection de poche « Texto » qui ambitionne de donner à ses lecteurs le goût de l'histoire et de la (re)découverte de textes d'un intérêt majeur.

C'est donc fort logiquement qu'il y a accueilli récemment le Charlemagne [1]de Jean Favier [2], une biographie monumentale du deuxième père de l'Europe médiévale (le premier étant, à nos yeux, Benoît de Nursie – ca 480-547– , fondateur de l'ordre bénédictin dont la Règle essaima dans tout le continent qu'elle marqua d'une empreinte indélébile).

Voici comment notre éminent confrère présente l'ouvrage :

« Successeur des Césars, Charlemagne (742-814) dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité.

Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien.

Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste. »

Ajoutons que le livre est rédigé dans une langue superbe, ce qui ne gâte rien !

Bernard DELCORD

Charlemagne par Jean Favier, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, mars 2013, 769 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)


[1] L'édition princeps a paru chez Fayard en 1999.

[2] Membre de l'Institut de France et président de la Commission d'histoire de Paris, ancien professeur aux universités de Rennes, de Rouen et de la Sorbonne, ancien directeur d'études à l'École pratique des hautes études à Paris, ex- président de la Bibliothèque nationale de France, le médiéviste Jean Favier (né en 1932) est un historien français parmi les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle et d'aujourd'hui.

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06 05 13

Bobards en vrac...

Les grands mensonges de l'Histoire.jpgSe penchant pour les Éditions Hugo Cie à Paris sur Les grands mensonges de l'Histoire, Patrick Pesnot et Monsieur X (qui ne sont autres que les animateurs de l'émission « Rendez-vous avec X » sur France Inter) se livrent au décapage en règle de 30 dossiers [1] plus ou moins (et plutôt plus que moins) bidouillés par la raison d'État et qui corroborent l'affirmation de Napoléon Ier : « L’Histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord ».

Sont ainsi notamment passés à la moulinette la conversion de Clovis, l'assassinat d'Henri IV, la bataille du pont d'Arcole, l'exécution du maréchal Toukhatchevski, la disparition du dignitaire nazi Martin Bormann, l'affaire des « avions renifleurs », le procès des époux Ceausescu, l'opération « Tempête du désert » ou encore le mythe des armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Un bel exercice de contre-désinformation !

Bernard DELCORD

Les grands mensonges de l'Histoire par Patrick Pesnot et Monsieur X, Paris, Éditions Hugo & Cie, collection « Hugo Docs », mai 2013, 319 pp. en noir et blanc au format 15x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,95 € (prix France)



[1] 1. Le baptême de Clovis ; 2. La grand-peur de l’an mil ; 3. La papesse Jeanne ; 4. Ravaillac, seul assassin d’Henri IV ? ; 5. Le mariage secret entre Mazarin et Anne d'Autriche ; 6. Fouquet : la lutte de l’écureuil et de la couleuvre ; 7. La guillotine aurait dû s’appeler « Louison »  ; 8. Le petit tambour d’Arcole ; 9. L’explosion du cuirassé Maine devant Cuba en 1898 : une provocation ? ; 10. Les Protocoles des Sages de Sion ; 11. La guerre de 14-18 : le grand bourrage de crâne ; 12. L’affaire Caillaux ou le mensonge du Tigre ; 13. Toukhatchevski, le Bonaparte rouge ; 14. Les mythes de Pearl Harbour ; 15. Katyn, un mensonge de 50 ans ; 16. Le démantèlement du réseau « Prosper » : une mystification meurtrière ; 17. Opération Mincemeat : l’homme qui n’a jamais existé ; 18. L’homme qui croyait être un espion (l'affaire Cicéro) ; 19. Les mystères Bormann ; 20. Staline et les Juifs : un demi-siècle de mensonges ; 21. L'affaire Trémeaud : les vrais faux nazis du KGB ; 22. Les mensonges de Budapest ; 23. Melouza : propagandes autour d’un massacre en Algérie en 1957 ; 24. Des avions au très long nez ; 25. Bokassa, l’empereur cannibale ; 26. La Guerre des Étoiles n’aura pas lieu ; 27. Le journal d’Hitler ; 28. Roumanie, 1989 : la révolution truquée ; 29. 1991 : les couveuses koweïtiennes ; 30. Curveball, la balle trompeuse et l'invasion de l'Irak en 2003.

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05 05 13

Théorie explosive...

Le prêtre et le Big Bang.jpgNé à Charleroi en 1894 et mort à Leuven en 1966, le chanoine Georges Lemaître, physicien, astronome et mathématicien de très haut vol formé à Louvain, à Harvard et au MIT de Boston fut l'un des plus grands savants du XXe siècle, dont la critique des travaux de son ami Einstein (qui croyait au caractère statique de l'univers) déboucha en 1927 sur la théorie – belge donc – du Big Bang, c'est-à-dire d'expansion de l'univers à partir d'un atome primitif [1].

Ce catholique à la foi solidement ancrée avait aussi été un volontaire héroïque de la Première Guerre mondiale et il fut décoré de la croix de guerre pour son action pleine de panache durant la bataille de l'Yser, où il avait eu Joris Van Severen comme compagnon d'armes.

Entré au séminaire de Malines en 1920 et dans les ordres en 1923, il concilia ses pratiques religieuses et ses connaissances scientifiques, en prônant par exemple une lecture symbolique et non pas littérale de la Genèse.

Soutenu par Pie XII (qui n'était donc pas aussi coincé qu'on le croit en matière doctrinale...), professeur à l'Université catholique de Louvain de 1926 jusqu'à sa mort, Georges Lemaître fut aussi nommé en 1960 par le pape Jean XXIII à la tête de l'Académie pontificale des sciences à Rome, institution qu'il maintint à l'abri des assauts conservateurs de la Curie.

Ardemment opposé à la partition de l'Université de Louvain (qui intervint pourtant en 1968 à l'instigation des flamingants menés, entre autres, par l'aujourd'hui très belgicain Wilfried Martens), Georges Lemaître a reçu de brillants honneurs posthumes puisque l'astéroïde 565 porte son nom, de même que le cinquième et dernier ATV, véhicule automatique de transfert européen, ravitailleur de la Station spatiale internationale (ISS).

Une rumeur persistante chez ses anciens élèves assure que le chanoine Lemaître ne pouvait donner de cours que dans le chahut et qu'il réclamait celui-ci de ses étudiants, en leur demandant s'ils étaient malades lorsque le calme régnait dans l'auditoire.

Professeur, lui aussi, à l'UCL, le romaniste Vincent Engel lui a consacré tout récemment chez JC Lattès à Paris une remarquable biographie intitulée Le prêtre et le Big Bang qui se lit à la vitesse de la lumière tant elle est passionnante.

Une contribution essentielle à l'histoire mondiale des sciences... et au rayonnement de Charleroi !

Bernard DELCORD

Le prêtre et le Big Bang par Vincent Engel, Paris, Éditions JC Lattès, avril 2013, 218 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)



[1]  Il est vrai que dès 1922, le Russe Alexandre Friedman avait abordé la question dans la revue Zeitschrift für Physik, mais il s'agissait d'une simple ébauche, dont Lemaître ignorait tout. Or, pour que la théorie tienne, il fallait y intégrer une autre découverte, de Lemaître également, l'estimation stable de la fameuse constante de Hubble (qui était également l'un de ses maîtres et amis).

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05 05 13

Vive les femmes rondes !

La gloire de Rubens.jpgChantant à nouveau et d'outre-tombe (l'ouvrage avait paru chez Grasset en 1991) aux Belles Lettres à Paris La gloire de Rubens avec beaucoup de lyrisme ironique, l'essayiste français Philippe Muray (1945-2006) secoue comme à son habitude de « néo-réactionnaire » (à en croire ses détracteurs) joyeusement anarchisant (selon nous) le cocotier par une approche éminemment personnelle en affirmant tout de go que l'art et les femmes, pour lui, c'est kif-kif et donc ça se prend au débotté avant de les oublier.

Il n'empêche que ses fulgurances langagières à la Céline mâtiné de Jarry font souvent mouche, en raison de son empathie pour la représentation des corps féminins – glorieux et bien en chair – par le maître baroque flamand (1577-1640) dont il donne ici une biographie décapante assortie de considérations décoiffées sur son œuvre.

Tout en réglant son compte au féminisme d'aujourd'hui, consternant de maigreur corporelle et intellectuelle...

Une imagination de la femme que, lecture faite, on n'est en tout cas pas près d'oublier !

Bernard DELCORD

La gloire de Rubens par Philippe Muray, Paris, Éditions Les Belles Lettres, avril 2013, 245 pp. en noir et blanc et 16 pages en quadrichromie au format 14,8x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France)

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01 05 13

« L'art véritable est anticipateur » (Saint-Pol-Roux)

 

Autour du Chat noir.jpgFondé en 1881 par Rodolphe Salis (1851-1897) et fréquenté notamment par Toulouse-Lautrec, Edgar Degas, Édouard Manet, Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Juan Gris, Alfred Jarry, Aristide Bruant, Erik Satie ou Claude Debussy, le Chat noir à Montmartre fut notamment un haut lieu de la vie de bohème entre 1880 et 1910, comme le montre le magnifique ouvrage intitulé Autour du Chat noir Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910 (Éditions Skira/Flammarion, Paris) qui présente de nombreuses reproductions de dessins, de toiles, de photographies et de d'affiches permettant de découvrir à quel point ce cabaret artistique fut un creuset de la création « underground » de l'époque, dont les expérimentations fortement teintées d'humour anticipèrent les mouvements dadaïstes et surréalistes.

Ainsi en alla-t-il par exemple du Mona Lisa avec une pipe (1887) d'Eugène Bataille qui préfigure la fameuse Joconde à moustaches de Marcel Duchamp (L.H.O.O.Q., 1919) et des monochromes d’Alphonse Allais – un rectangle rouge intitulé Récolte de tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge (1884) ou un autre, blanc, Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige (1883), annonçant le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch (1918) [1].

Si ces tableaux ne sont pas reproduits dans l'ouvrage, on peut en admirer d'autres, comme un étonnant Christ noir de Paul Gauguin (1893) ou une surprenante affiche d'Édouard Vuillard pour un spectacle du Théâtre libre (Monsieur Bute, 1890).

Bravo, les artistes !

Bernard DELCORD

Autour du Chat noir Arts et plaisirs à Montmartre 1880-1910, ouvrage collectif, Milan-Paris, Éditions Skira/Flammarion, octobre 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25,50 € (prix France)



[1]Pour de plus amples informations : http://savatier.blog.lemonde.fr/2012/11/30/exposition-autour-du-chat-noir-au-musee-de-montmartre/

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28 04 13

Gourmandises campagnardes

La cuisine est dans le pré.gifLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de mars 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Présentant 52 recettes à base de plantes sauvages comestibles et médicinales à glaner dans la nature, le petit ouvrage de François Couplan intitulé La cuisine est dans le pré paru aux Éditions Soliflor à Bruxelles vient à point nommé pour le retour des beaux jours.

Chaque plante, classée par mois de sa floraison, est illustrée en couleurs et décrite en détail sur le plan botanique, ses utilisations sont précisées et une recette surprenante proposée.

Grâce à l'auteur, directeur du Collège Pratique d'Ethnobotanique, vous pourrez ainsi préparer de la liqueur d'arbouse, du vin de violette, des canapés d'alliaire, des fleurs confites de tussilage, une soupe de plantain, un pesto d'orties aux noix, un tartare de criste-marine, de la racine de bardane sautée au gingembre, du coquelicot à la bourbouillade, un gombo de mauve sylvestre, des jets de houblon à la sauvage, un risotto de salicorne, un curry de millet au chutney d'épine vinette, des escalopes de tofu aux pousses d'épicéa, du riz pressé à l'égopode, une fondue végétale aux feuilles de tilleul, un pâté de glands, des navets au genièvre, des chiques de sureau noir, de la panna cotta à l'aspérule, de la confiture crue de cornouilles, un flan de myrrhe odorante ou du yaourt glacé au sureau rouge...

Original, n'est-il pas ?

Bernard DELCORD

La cuisine est dans le pré par François Couplan, Bruxelles, Éditions Soliflor, novembre 2012, 167 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage très utile les quelques lignes suivantes, bien de saison :

Le pissenlit

Le pissenlit est certainement la plante sauvage la plus récoltée dans nos régions. À juste titre : il pousse dans le moindre pré, il est facile à reconnaître avec ses touffes de feuilles dentées et ses célèbres fleurs jaunes, et il ne manque pas d'intérêt. Sa richesse nutritionnelle est remarquable (deux fois plus de vitamine C que les agrumes, autant de provitamine A que la carotte, davantage de calcium que le lait, plus de fer que les épinards) et ses vertus médicinales favorables au foie peuvent être mises à profit en le mangeant en salade ou comme légume.

Son amertume plus ou moins prononcée est signe de propriétés dépuratives que l'on peut mettre à profit au sortir de la saison froide, et même toute l'année.

Où trouve-t-on la plante ?

Le pissenlit abonde dans les prairies, les jardins, les friches, les bois clairs et les chemins.

Usages alimentaires

Les feuilles se mangent crues, en salade et forment, cuites, un excellent légume. La racine de pissenlit est appréciée au Japon, sautée dans un peu d'huile avec de la sauce de soja, ou bien en beignets. Torréfiée comme la racine de chicorée, c'est un bon succédané du café. Les boutons floraux peuvent être ajoutés crus aux salades ou conservés dans le vinaigre comme les câpres. Les capitules égayent les plats de leur splendide jaune d'or. On en prépare un « vin » et un « miel », en fait un sirop épais, jaune et parfumé.

Usages médicinaux

La plante entière fortifie l'estomac, aide le foie à éliminer et se montre dépurative, laxative et diurétique.

Description

Nom latin : taraxacum officinale.

Aspect : plante vivace de 3 à 50 cm, renfermant dans toutes ses parties un latex caoutchouteux de couleur blanche.

Tige : hampe florale simple, creuse, rosée, glabre, totalement dépourvue de feuilles.

Feuilles : en rosette, généralement divisées en lobes aigus dirigés vers le bas, parfois seulement plus ou moins dentées, voire même presque entières.

Fleurs : toutes ligulées, d'un jaune d'or, réunies en capitules entourés de bractées allongées et aiguës, solitaires à l'extrémité de la hampe florale.

Fruits : secs, allongés, terminés par un bec très fin surmonté d'une aigrette, formant une boule duveteuse.

Pissenlit aux graines croustillantes

Ingrédients :

100 g de racines de pissenlit

30 g de graines de courge

30 g de graines de tournesol

l cuiller à soupe de tamari

400 g de feuilles de pissenlit

1cuiller à soupe de vinaigre de vin

l cuiller à soupe d'huile d'olive

1 cuiller à soupe d'huile de colza

Sel.

Recette :

Coupez les racines de pissenlits en rondelles et faites-les griller dans une poêle.

Ajoutez les graines de courge et de tournesol et faites-les griller.

Ajoutez le tamari hors du feu, remuez et réservez.

Coupez les feuilles de pissenlit et mettez-les dans un saladier.

Ajoutez les racines et les graines, le vinaigre, l'huile et le sel.

Remuez et dégustez.

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28 04 13

Pour les globe-trotters des papilles

En famille autour du monde.gifLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de mars 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Fruit d'une collaboration de plusieurs années entre le Musée de l'Alimentarium Junior à Vevey et le Musée Suisse du Jeu à La Tour-de-Peilz, l'ouvrage de Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat publié à Nyon par la filiale helvétique des Éditions Glénat sous le titre En famille autour du monde explore les pans les plus caractéristiques des grandes cultures du monde en proposant au lecteur de se lancer en famille ou entre jeunes copains à la découverte des sensations, des ingrédients, des goûts, des ustensiles, des jeux, des valeurs, des us et coutumes propres à la France, à la Suisse, à l'Italie, à la Turquie, à la Russie, à l'Inde, à la Chine, aux États-Unis, au Mexique, à la Côte d'Ivoire et au Maghreb, dans un grand voyage tout en saveurs et en fragrances.

Les illustrations sont superbes, le propos est original et on apprend avec bonheur une foule de choses dans bien des domaines relevant de la gastronomie, de l'histoire, de la géographie, de la culture, de la religion, de la vie quotidienne, des mentalités et du divertissement (comme les règles du jeu chinois de la jungle, du jeu turc du pishti ou du jeu africain d'awélé sans oublier le 421 ô combien hexagonal).

Un bel exemple d'ouverture au monde !

Bernard DELCORD

En famille autour du monde. Jeux, repas et traditions par Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat, Nyon, Éditions Glénat Suisse, août 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 20 x 27 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 € (prix France)

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28 04 13

Vivement les vacances !

Cahier de vacances Clara Morgane 2013.jpgPour chasser la grisaille ambiante et provoquer un été torride, les Éditions Blanche à Paris ont fait paraître la version 2013 des Cahiers de vacances Clara Morgane, un petit fascicule qui permettra aux adultes de réviser leurs connaissances érotiques sous la férule de l'ex-porno star qui fait désormais dans le plus soft.

L'occasion d'en découvrir de bien bonnes (à Connorsville, dans le Wisconsin, il est interdit à un homme de tirer un coup – de feu – avec son pistolet lorsque sa femme a un orgasme…), des très chaudes (un salarié français sur trois a vécu une aventure amoureuse ou sexuelle au travail), des très épineuses (dans l'État de Floride, il est interdit d'avoir des relations sexuelles avec un porc-épic...), des très précautionneuses (au Pérou, un homme célibataire n'a pas le droit de partager sa demeure avec une femelle lama...), des très surprenantes (en Turquie, l'adultère est plus fréquent qu'en France ou aux États-Unis…), voire des carrément renversantes (le plus long jet de sperme a été validé à 5,71 mètres…).

Chaud devant, ça tache !

Bernard DELCORD

Cahier de vacances Clara Morgane, Paris, Éditions Blanche, avril 2013, 48 pp. quadrichromie au format 21x 29 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,99 € (prix France)

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20 04 13

Un beau ridiculum vitae...

Un jour, je serai Prix Nobelge.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

Ayant décidé non pas de poétiser plus haut que son luth, mais d'aller à la postérité (contrairement à Alphonse Allais qui préférait aller hériter à la poste), notre compatriote – par ailleurs ni con ni patriote – Jean-Pierre Verheggen s'est fendu, chez Gallimard à Paris, d'Un jour, je serai prix Nobelge, un texte par lequel il postule à la plus haute distinction honorifique de Ce (petit et plat) Pays qui donna à la francophonie ses lettres de noblesse par l'entremise des chansons du Grand Jojo, des cours de savoir-vivre de Jef Kazak et de la prose politique du maire de Champignac.

Si la concurrence est rude, notre homme ne manque pas d'arguments, excipant qu'il peut d'un ridiculum vitae à faire pâlir le Baudelaine de Coluche ou le Rimbot de Guy Bedos, qui ne sont pourtant pas de la petite bière !

Qu'on en juge :

Il croule sous les honneurs, comme le Prix « Marins d'eau douce » dans le cadre des « Voyageurs étonnés d'être à Saint-Malo » ou le Grand Prix Jean de La Fontaine décerné par l'Académie de Fontaine-l'Évêque pour « Le rat Deville et le rat Duchamp ».

Il fut conseiller conjugal pour familles de mots recomposées. Il s'est penché, pour le Journal international de l'Automobile Club, sur « Les problèmes de stationnement à Mégara ». Il a chanté les vertus et la suavité incomparables du pet de nonne, ce beignet soufflé en alizé de bure. Il est l'auteur du fameux Casse-toi, vieille Muse ! Il a narré les aventures méconnues de Popeye privé d'épinards et d'Icare dans son jus...

Voici quelques perles parmi ses hilarantes traductions gréco-latines : – Festina lente : Tina est un peu lente de la fesse. – Verba volant, scripta manent  : quand Verba est au volant et Scripta aux manettes, c'est dans le fossé direct ! – Gnôthi seauton : à force de te goinfrer de gnocchi, tu vas bientôt peser cinq à six tonnes. – Carpe diem : Dieu a pêché gros ! – Castigat ridendo mores : même quand on le castra pour affaire de mœurs, il se bidonnait...

Pas de toute, à l'en croire, il finira dans les Emmanuelle scolaires !

Bernard DELCORD

Un jour, je serai prix Nobelge par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, avril 2013, 132 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,90 € (prix France)

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