20 04 13

Prose gastronomique

Gestapo et chocolat.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

S'étant lancées dans un genre nouveau, le roman culinaire, les Éditions Memory à Tenneville ont fait coup double en publiant Gestapo et chocolat de Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs d'Amandine Fairon & Olivier Bauche, deux textes issus de l'association d'un écrivain et d'un maître des fourneaux, complétés des recettes originales faisant partie intégrante de l'intrigue, présentées sous forme de fiches détachables.

Voici l'argument du premier : Julien vient passer quelques jours à Williers, un village près d’Orval où il venait en vacances chez son grand-père lorsqu’il était enfant, afin de rencontrer Valentin qu’il a connu par le Net. Tous deux se découvrent une passion pour le chocolat et projettent d’écrire un livre sur celui-ci. Mais qui était le grand-père de Julien et qui est vraiment Valentin ?

Et celui du second : Vika, jeune étrangère, rencontre Thomas dans un bar marchois et l'accompagne à son cours de cuisine à « La Gloriette ». C’est dans les lettres qu’elle envoie à sa grand-mère que Vika dévoile une histoire douloureuse entrecoupée de recettes de cuisine qu’elle partage avec son aïeule.

Des livres à dévorer !

Bernard DELCORD

 Prestidigi' Saveurs.jpgGestapo et chocolat par Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs par Amandine Fairon & Olivier Bauche, Tenneville, Éditions Memory, février 2013, 82 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun

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16 04 13

« Kangourou, puce géante » (Jules Renard)

Histoires naturelles.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

En 1894, l'écrivain français Jules Renard (18-1910) faisait paraître son célèbre roman autobiographique Poil de carotte, mais aussi les savoureuses Histoires naturelles que les Éditions Soliflor à Bruxelles ont eu l'excellente idée de remettre ces jours-ci sur le marché, dans une version merveilleusement illustrée par Benjamin Rabier (1864-1939).

Un petit bijou livresque qui permet de découvrir une facette plus tendre d'un écrivain souvent sarcastique et drôle, ami en son temps d' Alphonse Allais, d'Edmond Rostand, de Courteline, des Goncourt, de Tristan Bernard, de Lucien Guitry, d'Octave Mirbeau ou de Sarah Bernhardt et connu aujourd'hui du grand public par les fréquentes citations de son œuvre dans la très populaire émission « Les grosses têtes » de Philippe Bouvard...

Bernard DELCORD

Histoires naturelles par Jules Renard, illustrations de Benjamin Rabier, Bruxelles, Éditions Soliflor, novembre 2012, 167 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage souriant les quelques brèves observations suivantes :

L'écureuil

Du panache ! Du panache ! Oui, sans doute ; mais, mon petit ami, ce n'est pas là que ça se met.

Le cafard

Noir et collé comme un trou de serrure.

Le ver luisant

Que se passe-t-il ? Neuf heures du soir et il y a encore de la lumière chez lui.

La baleine

Elle a bien dans la bouche de quoi se faire un corset, mais avec ce tour de taille....

Le brochet

Immobile à l'ombre d'un saule, c'est le poignard dissimulé au flanc du vieux bandit.

Les fourmis

Chacune d'elles ressemble au chiffre 3. Et il y en a i il y en a ! Il y en a 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3... jusqu'à l'infini.

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15 04 13

Bellissimo !

Les Macchiaioli.jpgUne exposition de prestige intitulée « Les Macchiaioli, 1850-1877. Des impressionnistes italiens ? » se tient au musée de l'Orangerie jusqu'au 22 juillet 2013, puis à Madrid, à la Fondation MAPFRE, du 20 septembre 2013 au 5 janvier 2014.

À cette occasion, Marie-Paule Vial, directrice du musée de l'Orangerie, et Béatrice Avanzi, conservateur au musée d'Orsay, toutes deux commissaires de l'exposition, ont rédigé un superbe et original petit ouvrage à modules pliants (pour mieux voir les œuvres) intitulé Les Macchiaioli Des impressionnistes en Toscane (coédité par les Éditions Gallimard et le musée de l'Orangerie, paru dans la fameuse collection « Découvertes Gallimard »), qui en constitue le catalogue.

On y apprend que, « principalement toscans, mais venant aussi d'autres régions de la péninsule, des artistes comme Telemaco Signorini, Giovanni Fattori, Silvestro Lega, Odoardo Borrani, Giuseppe Abbati, constituent un groupe rebelle à Florence, capitale intellectuelle de l'Italie dans les années 1850. Ils se réunissent au Café Michelangelo, autour du critique d'art Diego Martelli, et ils sont bientôt baptisés du nom de Macchiaioli.

Les Macchiaoli – littéralement "les tachistes", veulent rompre avec le néoclassicisme et le romantisme, en affirmant la nécessité de travailler en plein air. Ils choisissent souvent des formats en longueur, pour prouver à travers des panoramas leur goût du paysage et de la lumière. Pour la première fois, des artistes italiens prennent comme sujet le monde paysan, dans sa rude vie quotidienne, mais leur registre couvre également de belles scènes d'intérieur, au décor et aux personnages intimistes.

Leur époque est aussi celle de la lutte pour l'indépendance, puis pour l'unité italienne. Ces jeunes gens sont engagés dans la guerre contre l'Autriche, et jouent un rôle important dans le Risorgimento. Ils sont présents au cœur des batailles, mais savent aussi peindre les autres acteurs de cette révolution que sont les femmes, patriotes de la première heure, occupées par exemple à coudre en cachette le nouveau drapeau italien.

À travers tous ces thèmes, les Macchiaioli se révèlent comme l'un  des mouvements les plus poétiques de cette période, très proche des recherches plastiques des artistes impressionnistes français ».

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Les Macchiaioli Des impressionnistes en Toscane par Béatrice Avanzi et Marie-Paule Vial, Paris, coédition Gallimard/Musée de l'Orangerie, collection « Découvertes Gallimard », numéro hors-série, avril 2013, 36 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm avec des modules pliants sous couverture cartonnée en couleurs, 8,90 € (prix France)

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13 04 13

Crime et châtiments...

L'Enfer d'une saison.jpg Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13 avril 2013 de l’édition belge du magazine Marianne :

L'académicien belge Jean-Baptiste Baronian est l'un des meilleurs spécialistes actuels des inspirateurs de la poésie symboliste (on lui doit, publiées chez Gallimard, de remarquables biographies de Baudelaire en 2006, de Verlaine en 2008 et de Rimbaud en 2009) et ses connaissances intimes de la vie et de la production littéraire de ces géants des lettres constituent un avantage décisif pour leur mise en perspective auprès du public.

C'est pourquoi son roman L'Enfer d'une saison paru ces jours-ci à Paris constitue un événement considérable, qui retrace au plus près les événements ayant conduit Paul Verlaine, l'auteur des Poèmes saturniens, à la prison de Mons après qu'il eut, à Bruxelles le 10 juillet 1873, tiré deux coups de revolver sur Arthur Rimbaud, et qui décrit dans un style flamboyant les dix jours d'errance « à la fois mystérieuse, vertigineuse et magnifique » de ce dernier dans la capitale belge, où il est allé de surprise en surprise.

Une pérégrination qui certes bouleversa le destin de « l'homme aux semelles de vent », mais aussi celui de la littérature française tout entière...

Un livre captivant, dans tous les sens du terme !

Bernard DELCORD

L'Enfer d'une saison par Jean-Baptiste Baronian, Paris, Éditions de Fallois/L'Âge d'homme, février 2013, 179 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 € (prix France)

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13 04 13

Bienvenue chez les Flamands carolos...

La merditude des choses.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13 avril 2013 de l’édition belge du magazine Marianne :

Saluons comme il se doit la parution en poche, chez 10/18 à Paris, de la version française (l'ouvrage a été traduit en douze langues) de La merditude des choses, un roman flamboyant pondu – c'est le mot ! – en 2008 par l'écrivain flamand Dimitri Verhulst (né en 1972) et dont l'adaptation cinématographique de Felix Van Groeningen remporta le prix Art & Essai 2009 au Festival de Cannes.

L'auteur y raconte, dans un style breughelien et avec des accents qui rappellent ceux du grand Hugo Claus [1], son enfance à Nieuwerkerken près d'Alost.

En voici le pitch : Dimitri vit chez sa grand-mère dans un trou perdu de Flandre, avec son père et ses trois oncles – des soiffards invétérés buvant sa maigre pension et fans furieux de Roy Orbison. Entre deux cuites, des amours sales, une course cycliste nudiste et la ronde des huissiers, le clan des Verhulst ne travaille pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité, et vit en parasite, fier de sa nullité. Une certaine forme de bonheur, qui ne convainc pas les services sociaux...

Ni les flamingants parvenus façon (Vlaanderen) Bar(s)t De Wever ?

Bernard DELCORD

La merditude des choses par Dimitri Verhulst, traduit du néerlandais par Danielle Losman, Paris, Éditions 10/18, février 2013, 215 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture souple en quadrichromie, 7,50 € (prix France)



[1] Exemples : « Palmyre avait tout d'une sirène : elle était mince et sentait le poisson ». « Il y a deux personnes que je hais. Deux femmes. De l'une je suis né, et l'autre est en ce moment en train de mettre au monde mon enfant ». « Nos meubles n'allaient plus rapporter grand-chose en vente publique, ils avaient été trop souvent la cible malheureuse d'une frustration dont il fallait se défouler ».

 

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11 04 13

« Tiens, voilà du boudin ! » (Air connu)

La légion étrangère.jpgUn volumineux ouvrage intitulé La Légion étrangère Histoire et dictionnaire, rédigé par 55 spécialistes sous la direction d'André-Paul Comor, maître de conférences honoraire à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a été publié récemment à Paris, aux Éditions Robert Laffont.

En voici la présentation par le maître d'œuvre du livre, parfaitement conforme à son contenu :

« "Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité" ; "Chaque légionnaire est ton frère d'armes, quelle que soit sa nationalité, sa race ou sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir le membres d'une même famille" ; "La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu' au bout et, s'il le faut, en opérations, au péril de ta vie" : les articles l, II et VI du code d'honneur du légionnaire expriment tout l'esprit de la Légion étrangère, institution et société  militaire d'exception.

Créée en 1831, aujourd'hui forte de 7 200 hommes de 150 nationalités, elle constitue bel et bien une famille, avec ses glorieux faits d'armes, ses légendes, ses drames, ses rites et ses règles. En son sein se côtoient des héros et des oubliés de l'Histoire, "des aventuriers et des distraits, des brutaux et des poètes, des monte-en-l'air et des aristos", comme l'écrit Étienne de Montety dans sa préface. Bref, un univers profondément romanesque, qui est aussi un modèle d'intégration.

De cette famille, la littérature, les chansons et le cinéma se sont depuis longtemps emparés, entretenant le mythe du légionnaire qui a tout quitté pour prendre un nouveau départ sous une identité dite "déclarée". Ce soldat d'élite dont le passé reste toujours très mystérieux, tatoué mais sujet au "cafard", amateur de femmes, de bagarres et de pinard, chante à bon droit Non, je ne regrette rien : "C'est payé, oublié, balayé. Je me fous du passé !" Au-delà de ce mythe, et s'affranchissant des clichés, cet ouvrage offre en près de huit cents entrées la première synthèse de l'histoire de la Légion étrangère. Sont présents les hommes [1] – avant tout –, les batailles, les traditions et le vocabulaire légionnaires, les conditions de vie, de recrutement,  les uniformes et l'histoire des régiments, mais aussi tous les sujets rarement traités comme la désertion, la propagande ou l'espionnage. Historiens, peintres et écrivains racontent aussi ces "Français par le sang versé" qui depuis 1831 ne vivent que pour leurs idéaux.

Les articles consacrés aux maladies et aux pathologies, aux plaisirs (l’alcool, les femmes, le bordel militaire de campagne) et à l’acculturation apportent des éclairages inattendus, nouveaux à plus d’un titre, sur la vie quotidienne du légionnaire au temps des colonies. Le lecteur est plongé dans ce microcosme, le plus souvent imaginé et imaginaire depuis la fin du XIXe siècle. Nul ne s’étonnera de la place dédiée à la littérature (souvenirs ou mémoires, journaux et romans), à la presse, aux représentations en général (la chanson, le théâtre, l’opérette) et au cinéma en particulier.

Les aspects les plus neufs relèvent de l’histoire des relations internationales, plus exactement des relations franco-allemandes marquées par des crises et des tensions qui ont jalonné le premier XXe siècle (1900-1962). Le dictionnaire est précédé d’un texte – "Étrangers au service de la France" – sur la "préhistoire" de la Légion étrangère et comprend, outre une chronologie comparée, une bibliographie inédite, les premières discographie et filmographie sur la Légion, des cartes, plans et croquis, ainsi que des tableaux accompagnant divers documents et planches d’insignes. »

Loin de n'être qu'un plaidoyer pro domo, cette somme passionnante ne fait l'impasse ni sur les crimes ou les errements de certains képis blancs fameux comme Roger Degueldre, Pierre Sergent et Jean-Marie Le Pen ni sur les arguments des adversaires de l'armée en général et de la Légion en particulier, comme Bernard Clavel ou Jules Roy.

Une courte anthologie s'attache de surcroît à faire découvrir l’âme sensible qui se cache derrière le légionnaire anonyme...

On regrettera cependant qu'il ne soit pas fait mention de l'œuvre littéraire de Jean Lartéguy et qu'une entrée spécifique n'ait pas été consacrée aux Belges qui furent innombrables à s'engager... comme le montre le chant officiel de la Légion dont le boudin peut aussi bien faire référence à la préparation de viande qu'à la toile de tente roulée sur le havresac du soldat.

Bernard DELCORD

La Légion étrangère Histoire et dictionnaire sous la direction d'André-Paul Comor, préface d'Étienne de Montety, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », mars 2013, 1147 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 32 € (prix France)



[1] NDLR : on se souviendra que des artistes, et non des moindres, ont été légionnaires (le poète suisse Blaise Cendrars, l'écrivain allemand Ernst Jünger, l'écrivain hongrois Arthur Koestler, le jazzman américain Cole Porter, le peintre allemand Hans Hartung, le sculpteur biélorusse Ossip Zadkine et l'acteur d'origine corse Philippe Léotard...) ou ont tenté de l'être (Guillaume Apollinaire, Jean Genêt, Pierre Mac Orlan, Curzio Malaparte...)

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06 04 13

Héros et zéros...

Eisenhower et ses généraux.jpgLe texte ci-dessous a été inséré dans la livraison du 6 avril 2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire MARIANNE :

Issue de la KUL comme l'ex-gros qui gouverne désormais Anvers d'une poigne (de garde) de fer, la Flamande Ingrid Baraitre est, pour sa part, une véritable historienne, dont les travaux d'envergure ont porté sur les biographies de George Patton et d'Eleanor Roosevelt.

On lui doit aussi une brillante étude scientifique sur les rapports conflictuels – autant que surréalistes – entre Eisenhower et ses généraux durant la Seconde Guerre mondiale, fruit d'un véritable travail de fourmi dans les archives militaires de Washington et de Londres, dont la traduction française vient de paraître aux Éditions Luc Pire à Liège, dans une collection dirigée par votre serviteur.

Preuves à l'appui, l'auteure rhabille le cassant – et bien cassé – Field Marchal Montgomery pour l'hiver (résumons : un pleutre arrogant doublé d'un vantard, dont les innombrables atermoiements ont provoqué la bataille d'Ardenne – et son demi-million de morts – qui sans lui ne se serait pas produite), mais aussi le naïf Eisenhower, obnubilé par des arrière-pensées politiques, l'insolent Patton jouant les stars devant la presse avant de se faire dégommer par elle et de virer sa cuti en devenant antisémite, le contrarié Bradley furax de s'être fait piquer deux armées par Montgomery...

À se demander comment les crabes d'un tel panier ont pu gagner la guerre...

Bernard DELCORD

Eisenhower et ses généraux par Ingrid Baraitre, Liège, Éditions Luc Pire, mars 2013, 390 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 27 €

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06 04 13

Écrits du pot de chambre...

Derrière le miroir.jpgLe texte ci-joint a été inséré dans la livraison du 6 avril 2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire MARIANNE :

Après avoir lu la traduction d'articles de Bart De Wever (donnés naguère aux journaux De Morgen et De Standaard) parue récemment aux Éditions Le Cri à Bruxelles sous le titre Derrière le miroir, un factum dans lequel l'auteur s'en prend à ses adversaires en termes scatologiques [1], nous nous sommes demandé s'il était séant de lui répliquer sur le même ton.

Toutefois, réflexion faite et parce que nous sommes bien élevé, nous avons décidé de demeurer poli.

Nous n'écririons donc pas que ce pensum est une diarrhée de mots sur une constipation d'idées.

Nous feindrons d'ignorer que, bien qu'imprimé sur un papier quelque peu glissant, l'ouvrage devrait mettre du baume sur les hémorroïdes de ses lecteurs.

Nous ne relèverons pas que pour ceux qui, comme nous, ne souffrent pas de cette infirmité, le contact avec la « pensée » du leider flamingant aura, au contraire, semblé rugueux, bien que nous ne l'ayons décryptée que d'un derrière distrait.

Nous ne nous exclamerons pas en paraphrasant l'humoriste français Jacques Bodoin : « Quand je vis arriver tout cela, je crus que c'était de la merde, et quand je l'eus lu, je regrettai que cela n'en fût pas ».

Nous ne proférerons pas envers l'auteur l'anathème que Léon Degrelle, un autre grand démocrate, jeta à la tête d'un ministre catholique d'avant-guerre : « Taisez-vous donc, excrément vivant ! ».

Nous ne ferons rien de tout cela, donc.

Quoique...

Bernard DELCORD

Derrière le miroir par Bart De Wever, traduction et annotations de Cécile Préaux, préface de Christian Laporte, Bruxelles, Éditions Le Cri, collection « Essais politiques », février 2013, 261 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 €



[1] Exemples : L'écrivain Benno Barnard, à qui il n'a pas eu l'heur de plaire, pas davantage d'ailleurs  que l'historien Marc Reynebeau, est « un perroquet qui piaillait des insultes mémorisées. Les pirates [comme Reynebeau] aiment ce genre de perroquet (...) même s'ils savent que leurs déjections publiques atterrissent partiellement sur leur épaule ». (p. 147). Quant aux artistes modernes, quand ils n' n'adoptent pas ses convictions politiques, ils « ne donnent plus d'expression à la beauté de l'Homme, mais à sa laideur. (...) L'œuvre Cloaca, que Wim Delvoye présenta en 2000 – une machine qui imite la digestion en transformant la nourriture en fausse merde, qui fut ensuite vendue au public, crotte par crotte – peut servir de cas d'école ici ». ( pp. 107-108). « Personne ne se refuse une petite soirée de masturbation idéologique avec nos prétendus thuriféraires du KVS [le Théâtre royal flamand de Bruxelles]. » (p. 195), etc., etc.

29 03 13

« La bonté ne se ternit pas » (proverbe congolais)

Bas-Congo cover.jpgLe splendide ouvrage de Chantal Tombu et Alain Huart intitulé Bas-Congo paru aux Éditions Weyrich à Neufchâteau emmène le lecteur ébloui à la rencontre du Bas-Congo, ou Kôngo central, l’une des plus anciennes provinces du pays, telle qu'elle apparaît aujourd'hui, tout en contrastes et en surprises.

Diverses villes sont présentées en détail, autant par des photographies – magnifiques – que par des textes variés, vraiment instructifs.

Matadi, capitale provinciale et principal port d’importation de la RDC, est notamment décrite par le biais de l'épopée des grands explorateurs qui y séjournèrent, de Diego Cão à Stanley. Boma, ville natale du premier président congolais, Joseph Kasa-Vubu, est abordée en tant que capitale de l'État indépendant de Léopold II, tandis que la nouvelle Jérusalem qu'est Nkamba se voit dépeinte avec son église africaine pouvant accueillir jusqu’à 32  000 personnes assises.

L’écosystème de la province, dégradé, fait l’objet d’une réflexion approfondie, notamment à propos des régions d'Inga (avec son barrage, mais aussi les chutes de Zongo et de Vampa, de même que les gorges du Kwilu), de l'estuaire du fleuve Congo et ses mangroves, de la façade atlantique (Banana, Moanda, la Tonde, Kitona...) ou encore du Mayumbe, avec son cacao et son café...

Un chapitre est consacré à l'esclavage tel qu'il a sévi dans la région de 1500 à 1920, et un autre aborde par le menu la culture et la consommation du manioc telles qu'elles se pratiquent de nos jours.

Les auteurs proposent en outre des itinéraires thématiques, quantifiés en temps et distance, pour permettre à chaque touriste de visiter les plus beaux endroits, mais aussi de partir à la rencontre des Congolais et de découvrir leur vie actuelle.

Pour ceux qui, comme nous, connaissent la région, cet ouvrage est un véritable coup de cœur. Et pour ceux qui ne la connaissent pas, une alléchante invitation au voyage !

Bernard DELCORD

Bas-Congo par Chantal Tombu et Alain Huart, Neufchâteau, Éditions Weyrich, collection « Africa », février 2012, 200 pp. en quadrichromie au format  à l'italienne 25 x 21 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 34 €

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28 03 13

La gastronomie du soleil...

Déjeuner en Provence.gifChef étoilé et viticulteur, propriétaire de cinq établissements en Provence dont le plus connu est l'Oustau de Baumanière ouvert par son grand-père en 1945, une grande maison de bouche dont il présente les meilleures recettes dans Déjeuner en Provence paru aux Éditions Flammarion à Paris, Jean-André Charial est un fervent défenseur des pratiques biodynamiques et biologiques qui travaille exclusivement dans le respect du produit.

Des villages fortifiés aux champs de lavande, des vignobles aux marchés locaux, il fait découvrir dans son ouvrage une des plus belles régions du monde et rêver autour d'un déjeuner ensoleillé, tandis que ses recettes permettront de prolonger le voyage en dégustant bouillabaisse, poissons ruisselants, ratatouilles, chèvre chaud, asperges du Gard, barigoules, aïoli et pistou, fougasses, clafoutis aux cerises et autres mets délicieux de la région.

Ce fort beau livre enjolivé de nombreuses citations est présenté par Patricia Wells, une auteure américaine primée qui vit à Paris depuis 1980. Elle a écrit plus d'une douzaine de titres, dont Patricia Wells à la maison en Provence (1996). Elle a également été la seule femme américaine critique gastronomique pour une publication française majeure, L'Express.

Quant aux photographies de Rachael McKenna, une Néo-zélandaise installée dans le sud de la France, elles raviront vos pupilles et vos papilles lors de cette balade au cœur du pays des santons, de la pétanque et des tournesols !

Bernard DELCORD

Déjeuner en Provence par Jean-André Charial, photographies de Rachael McKenna, introduction de Patricia Wells, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2012, 233 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 30,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage à l'accent sympathique la recette suivante :

LAPIN AUX CAROTTES

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 lapin

3 cuillerées à soupe d'huile d'olive

2 échalotes

l cuillerée à soupe de farine

75 cl de vin blanc

1 kg de carottes

1/2 branche de thym

2 feuilles de laurier

Sel, poivre noir du moulin

Recette :

Demander à votre boucher de découper le lapin en 8 morceaux.

Saisir les morceaux de lapin dans l'huile d'olive.

Assaisonner.

Ajouter les échalotes hachées.

Laisser suer 2 minutes.

Ajouter la farine, remuer, mouiller au vin blanc à moitié et couvrir.

Laisser mijoter 40 minutes en remuant de temps en temps.

Éplucher et couper les carottes en rondelles.

Les mettre dans une casserole d'eau froide salée et ajouter le thym et le laurier.

Porter à ébullition, laisser cuire 15 minutes.

Égoutter les carottes dans une passoire, les ajouter au lapin.

Laisser mijoter 10 minutes à feu doux.

Servir.

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