25 12 12

Des millésimes d'anthologie !

Guide Hachette des vins 2013.gifConstituant la 28e édition du plus lu de par le monde des guides d'achat français (il en existe même désormais une version en mandarin...), le Guide Hachette des vins 2013 constitue à l'évidence un excellent cru, constitué d'une quantité impressionnante d’informations sur une sélection de 10 000 vins (des récoltes 2009 et 2010) résultant de la dégustation à l'aveugle, en toute indépendance et impartialité, de 40 000 crus par 1500 spécialistes, excusez du peu !

Chacun des vins de la sélection a été noté de 0 à 3 étoiles, et 550 coups de cœur ont été attribués aux cuvées les plus remarquables, qui voient leur étiquette reproduite dans l'ouvrage.

Tous les grands crus, toutes les appellations d’origine et tous les vins de pays produits en France, en Suisse et au Luxembourg y sont passés en revue, en ce compris les vins bio, et le lecteur y trouvera aisément ce qu’il cherche grâce à un classement par régions, par appellations et par noms de vins, à des onglets de couleurs, à une table des cartes, à un glossaire (« Les mots du vin ») et à quatre index (des appellations, des communes, des producteurs et des vins, cela va de soi).

Pour chaque vin, en plus d’un commentaire détaillé, le guide indique son nom, le millésime dégusté, la note de dégustation, la superficie de production, le nombre de bouteilles produites, le mode d’élevage, la liste des bons millésimes, la fourchette de prix en euros, le rapport qualité-prix, le nom et l’adresse du producteur, l’horaire des visites, la possibilité d’acheter à la propriété, l’existence d’un gîte rural ou d’une chambre d’hôte (avec gamme de prix) et, bien entendu, son éventuelle classification « coup de cœur » par le jury.

Écoutons ce qu'en dit le directeur de la publication, Stéphane Rosa : « Comme chaque année, le guide repart à zéro et met au jugement les derniers millésimes mis en bouteille dans chaque appellation, Dans cette édition, place au 2009 pour les grands crus bordelais notamment : les dégustations confirment qu'il s'agit bien d'un millésime admirable, plein de rondeur et de générosité, Mais le 2010 s'annonce tout aussi remarquable, un grand millésime d'équilibre, témoins les vins dégustés dans les appellations régionales du Bordelais ou encore dans le Blayais et le Bourgeais, 2009-2010 fait ainsi penser à l'illustre duo 1989-1990... 2010 est aussi très réussi dans la Vallée de la Loire (chinon, bourgueil, saint-nicolas, liquoreux...) et en Bourgogne, avec des rouges tendus et des blancs minéraux (superbe année dans le Chablisien). Bref, du beau et du bon ! »

Le livre de chevet de tout acheteur, consommateur ou amateur du bien boire et du bien vivre qui se respecte !

Bernard DELCORD

Guide Hachette des vins 2013, Paris, Éditions Hachette, septembre 2012, 1400 pp. en quadrichromie au format 14 x 22 cm sous couverture cartonnée, 29 € (prix France)

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25 12 12

Bonum vinum laetificat cor hominis…

Le vin en cent poèmes.gifCélébrant Le vin en cent poèmes, dans un fort joli ouvrage paru aux Éditions Omnibus à Paris, Julia Hung mêle les textes inspirés aux belles images en couleurs pour chanter les louanges du breuvage que les dieux, si on en croit les Anciens, ont réservé aux hommes et que le philosophe Gaston Bachelard a décrit comme « un corps vivant où se tiennent en équilibre les "esprits" les plus divers, les esprits volants et les esprits pondérés, conjonction d'un ciel et d'un terroir ».

Si pour beaucoup d'auteurs l'ivresse est un sortilège libérateur, ainsi que l'ont écrit Aristide Bruant, lord Byron, Gustave Flaubert, Horace, Victor Hugo, Omar Khayyâm, Tchang Kien, Jean de La Fontaine, Li Po, Thomas Moore, Abû Nuwâs, Jacques Prévert, Paul Valéry, Paul Verlaine, François Villon, William Butler Yeats et même l'Ancien Testament (dans L'Ecclésiaste II, 3-4), d'autres ont en outre loué les bienfaits du jus de la treille, comme Guillaume Apollinaire, François Coppée, Robert Desnos, saint Jean (hé oui, dans son évangile, XV, 1-7), Molière, Gérard de Nerval, Pablo Neruda, François Rabelais, Pierre de Ronsard et William Shakespeare, tandis que certains mettaient en exergue le rôle de la terre et le travail de l'homme, à l'instar d'Anacréon, de Gabrielle Colette, Gaston Couté, Alphonse Daudet, Joachim du Bellay, Alphonse de Lamartine et Jean Richepin.

Mais, rappelle Julia Hung, si le vin « est synonyme de gaieté et de convivialité, c'est un ami qui peut se révéler traître »... Et de citer la terrible phrase de Charles Baudelaire : « Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable ».

Un livre à savourer, donc, avec sagesse !

Bernard DELCORD

Le vin en cent poèmes, textes réunis et présentés par Julia Hung, Paris, Éditions Omnibus, août 2012, 216 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cette anthologie bachique les quelques lignes suivantes :

À mes amis

(Casimir Delavigne)

Fugaces...

Labuntur anni

Horace

 

Ô mes amis, que ce banquet m'enchante !

J'aime ces jeux, ce désordre et ces cris,

Des vins fumants la pourpre étincelante,

Ces fruits épars et ces joyeux débris.

 

Dans soixante ans, quand l'âge impitoyable

Fera trembler les flacons dans ma main,

Puisse Bacchus nous rassembler à table,

Et nul de nous ne manquer au festin !

 

Nous chanterons d'une voix moins sonore ;

Mais que Bacchus dicte nos derniers vers :

Buvons à lui, qu'un jus brûlant colore

Nos fronts pâlis par quatre-vingts hivers !

 

Plongeons nos sens dans une heureuse ivresse :

Le lierre, mes amis, sied bien aux cheveux blancs ;

Ses rameaux verts couvrent de leur jeunesse

Les vieux ormeaux dépouillés par les ans.

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24 12 12

Splendeurs d'Afrique

L'Art africain.gifEnseignant l'histoire des arts africains à la prestigieuse Université internationale de l'Art à Florence, le professeur italien Ezio Bassani est une autorité mondiale en la matière et il vient de faire paraître, chez Skira à Milan et chez Flammarion à Paris, un magnifique ouvrage, sobrement intitulé L'Art africain, qui enthousiasmera les spécialistes les plus chevronnés et fera écarquiller les yeux des lecteurs plus dilettantes, tant les illustrations s'avèrent remarquables par le choix des sujets et la qualité de la photographie.

Écoutons l'auteur :

« L'univers infini de la sculpture africaine est le résultat d'un processus évolutif complexe et diversifié. C'est une mosaïque extrêmement variée produite par une histoire riche, aux multiples facettes, faite de contaminations stylistiques provoquées par les contacts, les migrations, les guerres et les alliances. L'objectif de cet ouvrage est de présenter la sculpture africaine traditionnelle à son plus haut niveau par une sélection d'œuvres qui n'ont pas été créées pour le marché de l'art mais pour répondre aux besoins religieux, politiques et même esthétiques des anciennes sociétés africaines, et d'exposer sous une forme simple et synthétique l'état des connaissances actuelles sur ses caractéristiques historiques, formelles, symboliques et fonctionnelles.

L'illustration et le commentaire de plusieurs groupes de sculptures – figures, masques et objets utilitaires – permettent de poser concrètement certains des problèmes fondamentaux de l'art africain et d'apporter les réponses obtenues par la recherche actuelle : la datation et l'historicité par exemple, les rapports avec les premiers commanditaires européens, ou l'attribution des œuvres à leurs auteurs.

Les œuvres présentées et illustrées sont en bois ou moins fréquemment en ivoire, mais certaines sculptures peuvent aussi avoir été réalisées dans d'autres matériaux, comme le métal ou la terre cuite. Ces dernières sont d'ailleurs mises au jour en nombre de plus en plus important par les fouilles qui se sont intensifiées au cours des dernières décennies et qui sont en train de modifier le panorama artistique du continent, en révélant des cultures anciennes insoupçonnées aux côtés des cultures classiques et plus connues d'Ifé et du Bénin. »

Pour les amateurs de belles choses, une véritable féerie !

Bernard DELCORD

L'Art africain par Ezio Bassani,  traduction française de Jérôme Nicolas, Milan-Paris, Éditions Skira/Flammarion, septembre 2012, 301 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 31,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 55,00 € (prix France)

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24 12 12

Les James Bond de l'Hexagone...

Dans les archives inédites des services secrets.gifBourré d'illustrations photographiques remarquables et rédigé sous la direction de Bruno Fuligni, l'ouvrage intitulé Dans les archives inédites des services secrets : un siècle d'histoire et d'espionnage français (1870-1989), paru aux Éditions de l'Iconoclaste en 2010 mais toujours disponible en librairie et en version club chez France Loisirs, a été réalisé à partir des principaux fonds d'archives du renseignement français : le Service historique de la Défense (SHD) qui conserve les dossiers secrets des quatre armes – Terre, Marine, Air, Gendarmerie –, ainsi que les fonds issus de la Résistance et du 2e Bureau que le général de Gaulle constitua en exil à Londres et qui devint le BCRA (Bureau central de Renseignement et d'Action) ; la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), qui ne possèdent pas moins de quatre « musées secrets », véritables salles de trophées abritant la mémoire du renseignement français (faux papiers, prises de guerre, prototypes d'émetteurs clandestins, appareils photo miniatures, matériel réformé d'écoute ou de détection, rapports déclassifiés...) ; les archives de la Préfecture de police (APP) avec nombre de dossiers sur les personnalités les plus diverses, avant comme après la création des Renseignements généraux en 1907 ; et les Archives nationales (AN) qui conservent le fichier de la Haute-Commission interalliée en Rhénanie ainsi que les dossiers de l'ancienne cour de Sûreté de l'État, qui jugea les affaires d'espionnage de 1963 à 1981.

Fermées jusqu'alors, ces archives ont été ouvertes pour la première fois à un éditeur qui a travaillé en toute indépendance, choisi les sujets, les documents et les auteurs. Plus encore, des dérogations exceptionnelles ont été obtenues sur des affaires contemporaines, au-delà des dates habituelles de communication des archives.

Deux années durant, une équipe de 42 chercheurs [1] a exhumé des centaines de cartons d'archives, consulté des milliers de documents et d'images, photographié des dizaines d'objets et prises de guerre, souvent difficiles d'accès. Au total, ce sont plus de 800 trésors qui ont été sélectionnés et reproduits dans cet ouvrage. Autant de pièces inédites qui donnent aux événements un nouvel éclairage historique.

De la défaite de 1870 à la fin de la Guerre froide, ces pages retracent les grandes heures de l'espionnage et du contre-espionnage français. La naissance des services, l'évolution de leurs techniques, mais aussi leur rôle décisif dans la grande Histoire : l'affaire Dreyfus, la révolution bolchevik, la montée du nazisme, le stalinisme, la France libre à Londres, les préparatifs du Débarquement, la guerre d'Algérie, l'opération de Kolwezi, l'affaire Farewell.

On y croise de grandes figures d'espions – le capitaine d'Amade, le colonel Pellé, Bolo Pacha, Fantômas, Otto Skorzeny, le colonel Passy, Georges Pâques –et des séductrices de légende comme La Païva, Mistinguett, Mata Hari ou Joséphine Baker, sans oublier les gadgets comme les pigeons équipés d'un appareil photographique à déclenchement automatique utilisés durant la Première Guerre mondiale ou les foulards en soie sur lesquels étaient imprimés des codes lisibles à l'aide d'une mini-loupe par les opérateurs radio de la Résistance entre 1940 et 1944.

Un livre qui donne presque raison à Woody Allen qui assurait : « J'aurais voulu être espion, mais il fallait avaler des microfilms et mon médecin me l'a interdit »...

Bernard DELCORD

Dans les archives inédites des services secrets : un siècle d'histoire et d'espionnage français (1870-1989), ouvrage collectif sous la direction de Bruno Fuligni, Paris, Éditions de l'Iconoclaste, collection « Mémoires », octobre 2010, 351 pp. en quadrichromie au format 27 x 32,7 cm sous couverture brochée (cartonnée en version club chez France Loisirs) en couleurs, 69 € (prix France)


[1] Sébastien Albertelli, David Alliot, Chantal Antier, Pierre Assouline, Grégory Auda, Serge Berstein, Michaël Bourlet, Emmanuelle Braud, François Cathala, Gérard Chaliand, Alexandre Courban, Pierre fournié, Bruno Fuligni, Jean Garrigues, Frédéric Guelton, Jean-Claude Guillebaud, Gabrielle Houbre, Anne-Aurore inquembert, Jean-Noël Jeanneney, Christian Kessler, Jean Lacouture, Denis Lefebvre, Tagdual Le Guen, Stéphane Longuet, Laure Mandeville, Jean-Jacques Marie, Bernard Marrey, Jean Martinant du Préneuf, Jean-Dominique Merchet, Dominique Missika, Alain Pagès, Frédéric Pagès, Vincent Prévi, Jean-Pierre Rioux, Orlando De Rudder, Alexandre Sheldon-Duplaix, Gérard Siary, Dominique Soulier, Benjamin Stora, Samuël Tomei, Marie-Catherine Villatoux & Thomas Wieder.

24 12 12

Le grand livre des accordailles...

Vins & mets (1).jpgIssu de l'école hôtelière de Tain-l'Hermitage en 1998, Nicolas Rebut est l'un des meilleurs sommeliers au monde, qui a fait ses armes dans de grands établissements prestigieux comme la Maison Pic à Valence et Bernard Loiseau à Saulieu, avant de devenir chef sommelier au Louis XV-Alain Ducasse à Monaco et enfin au Meurice à Paris.

En collaboration avec Chihiro Masui, journaliste et écrivain culinaire, il a rédigé pour les Éditions Flammarion à Paris un ouvrage très utile et très éclairé intitulé Vins & mets Une affaire de goût, par lequel il met ses connaissances œnologiques exceptionnelles et son expérience longanime à la disposition de ses lecteurs en offrant son analyse de 100 vins français, 100 profils choisis depuis les grands vins mythiques aux découvertes encore inconnues du public pour réaliser des accords classiques, certes, mais aussi des unions osées et des mariages exotiques ou insolites.

Car, écrivent nos deux compères, « nous vivons dans un monde nouveau, plus cosmopolite. Notre alimentation a changé. Nos vins se sont adaptés. Nous aimerons toujours déguster un carré d'agneau avec un Saint-Joseph, un pâté de lièvre avec un Morey-Saint-Denis, un sauté de veau avec un Vougeot 1er cru... Osez maintenant des nems de crevettes avec un grand Meursault, des sushis avec un Pouilly-Fumé, un masala dosa avec une Coulée de Serrant, et un canard laqué avec un Musigny grand cru ! ».

À rebours des habituelles questions d'association d'un vin à un mets, Nicolas Rebut fait du produit de la treille l'élément-clé du menu en l'associant à des fruits de mer, des poissons, des viandes, des volailles, des légumes, des épices et des cuisines des cinq continents.

Avec lui, pas à dire, la mondialisation, c'est bon !

Bernard DELCORD

Vins & mets Une affaire de goût par Nicolas Rebut & Chihiro Masui, photographies de Richard Haughton, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2012, 256 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 31,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage gouleyant la présentation suivante :

Château La mission Haut-Brion

Vins & mets (2).jpg

 Appellation :

Pessac-Léognan

Propriétaire :

Domaine Clarence Dillon S.A.S

Président et directeur général : S.A.R. le Prince Robert de Luxembourg

Région :

Bordeaux

Commune :

Pessac

Terroir :

Sol graveleux, sableux et sous-sol argilo-sableux, calcaire

Cépages :

45,4 % merlot, 43,9 % cabernet sauvignon,

9,7 % cabernet franc, 1 % petit verdot

Millésimes exceptionnels :

1929, 1945, 1959, 1961, 1982, 1986, 1989, 1990, 1998,2000,2003,2005,2009

Bons millésimes :

1979,1985, 1995, 2001, 2006, 2010

Accords :

Gigue de chevreuil, filet de sanglier, côte de biche, lièvre à la royale, bœuf wagyu, truffe noire, foie gras, coq, trompette des morts, cèpe, artichaut, aubergine, pomme de terre, haricot rouge, réglisse, cerise, figue, rhubarbe, chocolat au lait

Accords osés :

dos de cabillaud piqué de truffe noire,

canard à la vapeur puis frit

Accords interdits :

Mets simples

Commentaire :

Ce grand vin de graves allie la puissance et l'onctuosité, expressions du terroir unique de  Pessac-Léognan Le château La mission Haut-Brion possède une texture veloutée inégalable, une fraîcheur, une profondeur et un charme plus évidents lorsque le vin est jeune, vers 5 à 6 ans. Il reste cependant accessible à tout moment et on pourra le laisser reposer pendant 30 ans : dans ce cas, il devra accompagner des mets travaillés, avec beaucoup de texture, comme des gibiers en sauce.

À 8 ans, on pourra le déguster avec un bœuf waqvu et son jus de rôti où la matière serrée et la puissance du vin formeront un accord intense avec le moelleux de la viande. Le côté racé du terroir et de la viande créeront une explosion de saveurs. On retrouve les mêmes caractéristiques bien qu'avec des saveurs très différentes dans la cuisine chinoise, avec le canard cuit à la vapeur puis arrosé d'huile bouillante (heung son gap) : du moelleux de la viande, un fumet presque croustillant et une intensité de goût qui seront délicieusement enveloppés par la texture veloutée et la fraîcheur du vin.

Au-delà d'une dizaine d'années, il mettra en avant toute la complexité d'une tarte à la truffe noire et au beurre demi-sel. Une harmonie de saveurs, d'arômes et de textures: persistance aromatique de la truffe, profondeur du vin.

Une côte de biche au feu de bois avec des champignons d'automne se mariera avec un vin de 20 ans pour un accord sensuel, gourmet, mêlant la finesse et la concentration des saveurs. Les saveurs fumées et toastées de la viande seront adoucies par le caractère juteux et velouté du vin.

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22 12 12

Éclats de rire assurés !

Dictionnaire amoureux de l'Humour.gifLe Dictionnaire amoureux de l'Humour que Jean-Loup Chiflet a fait paraître récemment aux Éditions Plon à Paris est un véritable petit bijou d'inventivité, de drôlerie et d'esprit !

De Rabelais à Fernand Raynaud, de Montesquieu à Coluche, de Voltaire à Georges Wolinski, de Diderot à Jean Yanne, de Gustave Flaubert à Valérie Lemercier, d'Anatole France aux Monty Python, de Georges Feydeau à Frédéric Dard, de Jules Renard à Bourvil, des Pataphysiciens aux Oulipiens et de Molière à Antoine Blondin, sans oublier Jonathan Swift, Talleyrand, Winston Churchill, Sacha Guitry, Pierre Dac, Alexandre Vialatte, Jules Romains, Francis Ponge, Jacques Prévert, Eugène Ionesco, Woody Allen, Georges Perec, Emil Cioran, Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, Pierre Desproges, Philippe Geluck, les surréalistes belges et tant d'autres, l'auteur a essayé d'analyser le mécanisme complexe de l'humour : s'agit-il vraiment d'un « excès de sérieux », comme le pensait Tristan Bernard, ou d'une « tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie » comme le laissait plutôt entendre Raymond Queneau ?

Vaste débat...

En voici quelques arguments :

S'agissant, par exemple, de jeux de mots : « Madame Bovary passait son temps à tromper l'ennui et son mari. » (Gustave Flaubert) ; « En voyant le lit vide, il le devint. » (Ponson du Terrail) ; « À défaut de sonnettes, ils tirent la langue. » (Paul Valéry).

De définitions de mots croisés : « N'est baisée que par des hommes du monde – Main (Max Favalelli) ; « A réussi à se caser comme nègre en littérature – Tom » (Robert Scipion) ; « Mesure de redressement –aphrodisiaque » (Léo Campion).

De leçons de vie : « Je me serais bien suicidé, mais j'étais en analyse avec un freudien de stricte obédience, et ils vous font payer les séances manquées. » (Woody Allen) ; « En France, le ridicule ne tue pas. On en vit. » (Henri Jeanson) ; « Comment rira celui qui mourra le dernier ? » (Jacques Sternberg).

De constats scientifiques : « Tout corps plongé dans une baignoire reçoit un coup de téléphone. » (Francis Blanche)

De slogans politiques : « Le Bas-Var aux Bas-Varois ! » (Alphonse Allais)

De beauté féminine : « Elle était vraiment très belle ; même les valises qu'elle avait sous les yeux venaient de chez Gucci. » (Kenny Everett)

D'histoire « C'est en 1967 que Magritte cassa sa pipe. » (Alain Dantinne)

D'autodérision : « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi... J'aurais pu être noir. » (Ray Charles)

Et de constats de toutes sortes : « Les marmottes qui pissent au lit passent un sale hiver. » (Vincent Haudiquet) ; « Le problème des vacances, c'est qu'on ne peut pas téléphoner du bureau. » (Jean-Jacques Vanier) ; « Lorsque les gens mangent, ils en profitent pour alimenter la conversation. » (Raymond Devos)

De quoi convaincre les esprits les plus chagrins !

Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de l'Humour par Jean-Loup Chiflet, dessins d'Alain Bouldouyre, Paris, Éditions Plon, collection « Dictionnaires amoureux », novembre 2012, 706 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 € (prix France)

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22 12 12

Un livre qui décoiffe…

Spa Francorchamps.gifParu aux Éditions Graton/Dupuis dans la collection « Les Dossiers Michel Vaillant », le bel album intitulé Spa Francorchamps mêle réalité historique et fiction dessinée pour raconter l'histoire de ce circuit mythique belge, haut lieu de la course automobile internationale qui apparaît dans de nombreuses aventures de Michel Vaillant entre 1958 et 1982.

Le récit très informé du journaliste spécialisé Alain van den Abeele, illustré de planches du dessinateur Jean Graton et rehaussé de photographies d'archives ainsi que d'images de presse, y retrace les grands moments de ce lieu légendaire, maintes fois qualifié par les professionnels de « plus beau circuit du monde », qui fut depuis 1924 le théâtre de nombreux exploits – de Juan Manuel Fangio, de Jackie Stewart, de Jacky Ickx, de Henri Pescarolo, d'Ayrton Senna, de Fernando Alonso, de Sebastian Vettel ou de Michael Schumacher notamment...

L'ouvrage se clôt, comme tous ceux de cette belle collection, sur une magnifique galerie de dessins d'automobiles de course, allant de la FN « Prince Baudouin » (1933) et la Maserati 8 CM (1934) à la Red Bull RB7 (2011) en passant notamment par la Lotus-Climax 25 (1962), la Ferrari 250 GTO (1963), la Ford Capri II (1979), la Porsche 956 (1982) ou la Benetton B192-Ford (1992).

Souvenirs, souvenirs...

Bernard DELCORD

Spa-Francorchamps par Alain van den Abeele et Jean Graton, préface de Jacky Ickx, Éditions Graton/Dupuis, collection « Les Dossiers Michel Vaillant », août 2012, 124 pp. en quadrichromie au format 22 x 29,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 20,50 €

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20 12 12

Résurrections artistiques

Le musée impossible.gif

Le texte ci-joint a été expédié dans la newsletter de décembre 2012 des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) puis mis en ligne sur leur site (http://www.deltaweb.be/restaurants-hotels-Resurrections-artistiques+1982+f).

Faisant admirer à ses lecteurs, dans Le musée impossible paru aux Éditions de la Renaissance du Livre à Waterloo, 40 œuvres d'art de grande valeur et de toutes provenances qu'on ne peut plus voir aujourd'hui parce qu'elles ont malheureusement été volées [1], cachées [2], perdues [3], détruites [4] ou transformées [5], la corédactrice en chef de la revue Cassandre Céline Delavaux a produit un travail époustouflant qui ne pourra qu'enthousiasmer les esthètes et les amoureux de l'art sous toutes ses formes.

Car, au-delà de l'originalité du projet, il faut aussi rendre hommage à la clarté du propos, à la simplicité de l'exposé, à la justesse des informations, à la sagacité des commentaires et à la qualité des reproductions photographiques qui font de l'ouvrage – eh oui – une authentique œuvre d'art !

Bernard DELCORD

Le musée impossible par Céline Delavaux,  Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre, octobre 2012, 191 pp. en quadrichromie au format 21 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22 €



[1]  La Tapisserie de la Vie du Christ et de la Vierge (atelier d'Arras, 1511), le Portrait d'un jeune homme (ca 1511) par Raphaël, la Nativité avec Saint Laurent et Saint François d'Assise (1609) par Le Caravage, Le Concert (1664) de Johannes Vermeer, le Stradivarius Davidoff-Morini, un violon de légende fabriqué par Antonio Stradivari en 1727, l'épée du sacre de Charles X, incrustée de 1576 diamants et fabriquée en 1825 par l'orfèvre Jacques-Évrard Bapst, Le Garçon au gilet rouge (1889) de Paul Cézanne, Winter in springs (1949) de Jackson Pollock, la Figure étendue (1969-1970) de Henry Moore.

[2]  Les peintures de Lascaux datant du paléolithique, les fresques d'Akrotiri (1600 avant Jésus-Christ) à Santorin, la maison de Marcus Lucretus Fronto (Ier siècle de notre ère) à Pompéi, les peintures murales du monastère du mont Athos, l'Allégorie de la fécondité (1640) par Francesco Albani, Les vieilles (1808-1812) de Francisco Goya, l'Autoportrait avec le portrait du docteur Farill (1951) par Frida Kahlo, L'homme qui marche (1960) d'Alberto Giacometti.

[3]  Le Dyscophore (ca 390 avant Jésus-Christ) de Naucydès d'Argos, les Avertissements de la préceptrice aux dames de cour (VIe siècle de notre ère) de Gu Kaïzhi, Léda et le cygne (1510-1515) de Léonard de Vinci, L'Excision de la pierre de la folie (XVIe siècle) de Pierre Bruegel l'Ancien d'après Jérôme Bosch, le collier de la reine Marie-Antoinette (ca 1773) par les bijoutiers Boehmer et Bassenge, les joyaux (XVIIe-XXe siècles) des Romanov, tsars de Russie, Surrounded Islands (1980-1983) par Christo et Jeanne-Claude, l'Encerclement à dix (1999) de Felice Varini.

[4]  Les Bouddhas de Bâmiyân (Ve siècle de notre ère) en Afghanistan détruits en 2001 par des talibans aussi sauvages qu'incultes sous les ordres du sinistre mollah Omar, La Danse macabre de Berne (1516-) de Niklaus Manuel, L'Adoration des mages (1620) de Gerrit van Honthorst, La Bacchanale (XVIIe siècle) de Pierre-Paul Rubens, Le Berger endormi (XVIIIe siècle) de François Boucher, La Philosophie (1899) de Gustav Klimt, L'Homme à la croisée des chemins (1932) de Diego Rivera, House (1993) de Rachel Whiteread, la collection Saatchi d'œuvres britanniques de la fin du XXe siècle détruite par un incendie en 2004.

[5]  Le Shâh Nâmeh, un splendide manuscrit persan du XVIe siècle, Les Ménines (1656) de Diego Vélasquez, le Régent, un somptueux diamant trouvé en 1698 et qu'arbora Napoléon, la Maison (1969-1992) en céramique blanche de Jean-Pierre Raynaud, Spiral Jetty (1970) de Robert Smithson, The Sphere (1971) de Fritz Koenig, endommagée par les attentats du11 septembre 2001.

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20 12 12

Un livre à scandale…

Ni droite ni gauche.jpgTrès attendue, la quatrième édition augmentée de Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France vient de paraître chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio histoire », un essai dont la parution initiale en 1983 fit l'effet d'une bombe dans le monde des historiens à la pensée tout imprégnée – à tort – des mythes communistes et gaullistes relatifs à la collaboration de (nombreux) Français avec l'occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

Né en 1935, Zeev Sternhell est un universitaire israélien connu pour avoir été le seul historien institutionnel à considérer que le fascisme a existé en France. Il estime même que l'idéologie fasciste est née en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, avant d'être adoptée dans d'autres pays, notamment en Italie. [1]

Il affirme que « si l'Allemagne est la patrie de l'orthodoxie marxiste, la France est le laboratoire où se forgent les synthèses originales du XXe siècle. C'est là que se livrent les premières batailles qui mettent aux prises le système libéral avec ses adversaires; c'est en France que se fait cette première suture de nationalisme et de radicalisme social que fut le boulangisme; c'est la France qui engendre aussi bien les premiers mouvements de masse de droite que ce premier gauchisme que représentent Hervé ou Lagardelle, gauchisme qui conduira finalement ses adeptes aux portes du fascisme ». [2]

Pour Sternhell en effet, le fascisme est le fruit d'un refus du marxisme par une partie de la gauche française. À la fin du XIXe siècle, le courant syndicaliste révolutionnaire est très puissant en France, il domine la CGT et s'oppose à la social-démocratie. Rejetant le marxisme qu'ils assimilent au réformisme social-démocrate, les syndicalistes révolutionnaires vont chercher d'autres voies.

Est alors élaboré par Georges Sorel (1847-1922) le principe de la « grève générale » qui sert de mythe mobilisateur, avec la « violence créatrice » des masses organisées en syndicats. « Le syndicat : tout l'avenir du socialisme réside dans le développement autonome des syndicats ouvriers. » (Matériaux pour une théorie du prolétariat). Mais les masses restant rétives au projet syndicaliste révolutionnaire, la déception amène l'adhésion massive à l'idéologie nationaliste.

C'est en quelque sorte un retour à l'idéologie de Proudhon soutenu par Napoléon III, et la mise en avant du corporatisme : la société est divisée en corporations, le tout chapeauté par l'État.

Les royalistes de l'Action française s'empresseront de reprendre cette idée en expliquant que le royalisme, c'est « l'anarchie plus un » : le roi au milieu des corporations maintient la cohésion sociale.

Et cela explique aussi pourquoi en 1914, les syndicalistes révolutionnaires s'engageront massivement dans l'Union sacrée, jusqu'à Émile Pouget qui expliquait avant celle-ci les valeurs du sabotage contre le capitalisme. [3]

Mais revenons-en à Ni droite ni gauche :

Rarement livre aura à ce point été au cœur de tous les grands débats historiographiques, intellectuels et politiques depuis sa première parution en 1983. Il n'empêche : malgré la virulence du front du refus opposé dès l'origine par certains historiens, il s'est imposé comme une des références majeures pour l'histoire du fascisme et de la catastrophe européenne du XXe siècle. De quoi s'agit-il ? Enfermés dans le schéma des trois droites (légitimiste, orléaniste, bonapartiste), nombre d'historiens soutenaient que la France avait été, par sa culture républicaine, rationaliste, universaliste et humaniste, immunisée contre le fascisme ; en sorte que le régime de Pétain, appuyé sur l'Action française, était un ultime sursaut de la droite légitimiste.

Zeev Sternhell fait exploser littéralement ce mur de l'oubli. D'abord, en révélant l'existence en France dès le XIXe siècle d'une droite révolutionnaire, organiciste, particulariste, irrationaliste, antidémocratique et antihumaniste. [4] Puis, avec cet ouvrage, en mesurant l'ampleur, dans l'entre-deux-guerres, de la contamination des intellectuels - quand bien même l'occupation nazie en fera basculer plus d'un dans la Résistance – par cette droite révolutionnaire et sa révolte contre la République et la démocratie.

Vichy, régime à beaucoup d'égards plus brutal et sanguinaire que le fascisme italien, est un pur produit de l'histoire nationale ; son essence se trouve dans cette droite révolutionnaire qui réussit à légitimer chez les meilleurs esprits l'idée qu'il fallait inventer une autre forme de communauté nationale autour du Chef et des chevaleries d'experts. La guerre froide et l'enrôlement des intellectuels dans les deux camps effaceront chez les uns le souvenir des ces textes, voire blanchiront d'authentiques collaborateurs en penseurs libéraux.

« Il convient de mentionner le niveau intellectuel tout à fait exceptionnel de la littérature et de la pensée fascistes [en France]. L'œuvre de Gentile mise à part, il n'existe nulle part en Europe d'idéologie fasciste de qualité comparable. Il importe ensuite de souligner que, parallèlement à l'aspect mystique et irrationnel, romantique et émotionnel, le fascisme français s'est donné aussi une dimension planiste, technocratique et "managériale", serait-on tenté de dire.

Cet aspect essentiel, et souvent méconnu, du fascisme provient de la crise du socialisme d'alors, elle-même résultat de l'impuissance de la pensée marxiste à répondre au défi que présente la crise du capitalisme. Plus qu'ailleurs, c'est en France que fleurissent toutes les chapelles du fascisme, tous les clans et groupuscules possibles et imaginables. Ce foisonnement de tendances et d'écoles est certes pour beaucoup dans l'impuissance politique du fascisme français.

Mais il atteste aussi de sa richesse idéologique et de son potentiel. L'imprégnation fasciste dans ce pays fut bien plus profonde et les milieux touchés bien plus nombreux qu'on ne l'imagine ou qu'on ne le reconnaît d'ordinaire. » [5]

Un essai salutaire, n'en déplaise aux esprits simplistes et au politiquement correct…

Bernard DELCORD

Ni droite ni gauche. L'idéologie fasciste en France par Zeev Sternhell, quatrième édition augmentée, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio histoire n°203 », décembre 2012, 1075 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)


[1] http://actionantifasciste.fr/documents/analyses/15.html

[2] In Zeev Sternhell, La droite révolutionnaire : les origines françaises du fascisme 1885-1914, Folio histoire n°85.

[3] http://actionantifasciste.fr/documents/analyses/15.html

[4] La Droite révolutionnaire 1885-1914. Les origines françaises du fascisme, Folio histoire n°85.

[5] Ni droite ni gauche: l'idéologie fasciste en France.

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19 12 12

« Il n'y a rien d'immoral dans mes livres, seulement des meurtres… » (Agatha Christie)

Agatha Christie. La romance du crime.gifLe texte ci-joint a été expédié dans la newsletter de décembre 2012 des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) puis mis en ligne sur leur site (http://www.deltaweb.be/restaurants-hotels-Il-n-y-a-rien-d...).

Grand spécialiste d'Agatha Christie, romancier de talent et journaliste littéraire avisé, François Rivière est le concepteur prolixe et habile de scénarios de bandes dessinées (Le Privé d'Hollywood, Victor Sackville, Maître Berger), notamment avec Jean-Claude Floc'h ou Edgar P Jacobs. Il est aussi l'auteur de récits policiers très enlevés et de biographies fort averties de Patricia Highsmith, d'Edgar P Jacobs ou d'Enid Blyton.

Il a fait paraître récemment à Paris aux Éditions de La Martinière, sous le titre Agatha Christie. La romance du crime, un passionnant ouvrage fort bellement illustré dans lequel il évoque la vie de la célèbre créatrice d'Hercule Poirot et de Miss Marple, une romancière anglaise adorée par le public français qui la découvrit en 1927 et universellement connue par le biais de ses novels – avec ses 2,5 milliards de livres écoulés à travers le monde, Agatha Christie (1890-1976), dont les écrits ont été maintes fois adaptés au cinéma et à la télévision, est l'écrivain le plus lu après Shakespeare, et seule la Bible dépasse son œuvre en nombre d'exemplaires vendus ! –, mais dans le privé une femme secrète, pétrie de morale et experte en poisons (elle en connaissait tous les secrets, un savoir acquis durant la Première Guerre mondiale quand elle fut infirmière volontaire au White Cliff Hospital de Torquay dans le Devon, une station balnéaire où vinrent se réfugier de nombreux Belges – ce fait étant à l'origine de l'invention du détective venu du Plat Pays).

Car son public ignore généralement que, née Agatha Miller, elle tomba follement amoureuse en 1912 d'Archibald Christie, un pilote de la Royal Air Force qu'elle épousa le 25 décembre 1914 et avec qui elle parcourut le monde, qu'en décembre 1926 elle mit en émoi toute l'Angleterre en disparaissant lorsque son mariage battit de l'aile, et qu'en 1930 elle épousa en secondes noces un archéologue, Sir Max Mallowan, qu'elle suivit sur ses chantiers de fouilles, en Syrie et en Irak notamment.

Et beaucoup de ses lecteurs se demandent « où elle allait chercher tout ça », s'agissant des solutions de ses histoires policières.

Nous ne saurions trop leur conseiller la lecture de l'excellent ouvrage de François Rivière : il y donne la clé de l'énigme...

Bernard DELCORD

Agatha Christie. La romance du crime par François Rivière, Paris, Éditions de La Martinière, octobre 2012, 216 pp. en quadrichromie au format 20 x 26,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 32 € (prix France)

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