21 10 12

Quel boulot !

Dictionnaire du travail.gifRédigées par 138 spécialistes reconnus, français et étrangers (parmi lesquels Mateo Alaluf et Pierre Desmarez de l'ULB ainsi que Matthieu de Nanteuil de l'UCL), placés sous la direction de quatre universitaires éminents, Antoine Bevort, Annette Jobert, Michel Lallement & Arnaud Mias, les 860 pages compactes du Dictionnaire du Travail paru aux Presses Universitaires de France à Paris dans la fameuse collection « Quadrige » présente l'objet « travail » dans toute sa diversité, depuis le registre du subjectif et de l'intime jusqu'à l'activité au sein de l'atelier, du bureau ou de la firme multinationale en passant par les transformations imposées par la mondialisation, et les disciplines qui y sont convoquées couvrent un large champ d'investigation et de réflexion : sociologie, droit, histoire, économie, psychologie ou encore médecine et ergonomie.

Grâce à cet outil sans équivalent, le lecteur, qu'il soit simple citoyen, étudiant ou spécialiste de la question au sens large du terme (professionnel des ressources humaines, patron ou cadre d'entreprise, militant syndical...) peut découvrir les facettes du travail d'hier et d'aujourd'hui à travers le dernier état de la recherche sur des thèmes ou des débats liés à l'activité, à l'emploi et aux relations professionnelles.

Plusieurs types d’entrées sont proposés : la manière dont le travail est pratiqué et vécu (risques, performance, rémunération, pénibilité, relations de services, discrimination, conflits…), les identités et catégories professionnelles (patronat, ouvriers…), les mondes sociaux du travail (éducation, entreprise, professions, retraites...) ou encore les multiples statuts et institutions liés au travail (chômage, syndicats, droit du travail…). D’autres entrées mettent en scène des auteurs, des paradigmes et des approches disciplinaires (Marx, capitalisme, socialisme, théorie de la régulation sociale, économie du travail, coût du travail, reconnaissance, suicide…) ou aident à voir le travail à travers le prisme d’événements marquants (Premier Mai, Front Populaire).

Le livre se complète de deux index permettant de voyager aisément parmi toutes ces notions.

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Dictionnaire du travail sous la direction d'Antoine Bevort, Annette Jobert, Michel Lallement & Arnaud Mias, Paris, Éditions des Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », janvier 2012, 860 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 32,00 € (prix France)

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20 10 12

Verlan... gage

Dictionnaire érotique de l'argot.gifLe Dictionnaire érotique de l'argot de notre ami – au patronyme ô combien prédestiné – Georges Lebouc, qui vient de paraître aux Éditions Avant-propos à Waterloo, constitue sans conteste un remarquable outil pour la compréhension de la langue verte d'aujourd'hui et d'hier, dans l'une de ses thématiques essentielles.

Car l'argot parisien, on l'ignore souvent, est né au Moyen Âge, en tant que code crypté des voleurs et des prostituées d'abord, des métiers et de la police ensuite, avant d'investir la littérature avec Jean Bodel d'Arras au XIIe siècle, François Villon au XVe siècle et, plus tard, avec des auteurs aussi divers que François Rabelais, Victor Hugo, Honoré de Balzac, Arthur Rimbaud, Georges Courteline, Jean Richepin, Francis Carco, Louis-Ferdinand Céline, Pierre Mac-Orlan, Marcel Aymé, Jean Genêt, Raymond Queneau, Frédéric Dard (alias San-Antonio), Alphonse Boudard, et de se déployer dans la vie quotidienne avec de nombreux chansonniers comme Aristide Bruant, Maurice Chevalier, Pierre Perret, Renaud ou Serge Gainsbourg, sans oublier les rappeurs contemporains de tout poil et les films de toute nature qui ont abordé le sujet.

L'intérêt majeur de l'ouvrage de Georges Lebouc réside dans son approche tout à la fois raisonnée (nous avons affaire à un romaniste) et ludique (le thème s'y prête on ne peut mieux) de la terminologie sexuelle argotique dans ses diverses variétés (javanais, largonji, louchébem, verlan, veul...), complété par des exercices amusants qui ne sont pas sans rappeler ceux de L'argot par la méthode à Mimile de Boudard et Luc Étienne qui firent s'esclaffer une génération entière.

Un livre gaillard et drôle, certes, mais en aucun cas obscène ou déplacé.

Sauf pour les grenouilles de bénitier, les pères-la-pudeur, les tenants de la pruderie et les admirateurs du Tea Party...

Tant pis pour eux  !

Bernard DELCORD

Dictionnaire érotique de l'argot par Georges Lebouc, Waterloo, Éditions Avant-propos, septembre 2012, 223 pp. en noir et blanc au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 16,95 €

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20 10 12

Kin la Belle

Kinshasa.gifDernière escale en date de la Francophonie (son XIVe sommet s'y est tenu du 12 au 14 octobre 2012), mégapole de l'Afrique Centrale, la capitale de la République Démocratique du Congo est une cité vivace qui bouillonne de dynamisme en dépit de la situation sociale désastreuse de nombre de ses habitants.

C'est aussi une ville d'une grande richesse historique, humaine, culturelle, culinaire et festive, comme le montre le guide fort sympathique et très bien fait intitulé Kinshasa, paru récemment dans la collection du « Petit futé » sous la plume de Philippe Wyvekens, Caroline Thirion et Médard Tambwe.

L'occasion pour les amoureux de l'Afrique Centrale de s'en aller par l'imagination à la (re)découverte haute en couleurs des marchés de légumes et de fruits, des « ligablos », de la moambe, du saka-saka, des bières Primus et Skol, du rhum du Kwilu, de l'art « Wata », de la musique de Papa Wemba, Koffi Olomide, de la « Génération Wenge », du « ndombolo » et à la rencontre des « ambianceurs », des « sapeurs », des « boss », des «Mario » et des « chayeurs », ou bien de partir en escapade vers le sanctuaire des bonobos à Lukaya, les rapides de Kinsuka, le barrage d'Inga, les ports de Matadi et de Boma, la maison de Stanley à Vivi, la réserve de biosphère de Luki, les hippopotames de Luango-Nzami, le parc marin des mangroves à Moanda, l'embouchure du fleuve à Banana...

Dépaysement garanti !

Bernard DELCORD

Kinshasa par Philippe Wyvekens, Caroline Thirion et Médard Tambwe, Bruxelles, Éditions Néocity, collection « Le petit futé », septembre 2012, 264 pp. en quadrichromie au format 12 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,95 €

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20 10 12

Tous en selle !

Cheval en majesté.gifNoblesse des origines, grâce martiale, puissance sublime, fougue grandiose, agilité prodigieuse : telles sont les caractéristiques des animaux décrits et racontés dans le magnifique ouvrage intitulé Cheval en majesté, paru récemment chez Flammarion à Paris sous la plume de Tamsin Pickeral, expert équestre, et d'Astrid Harrisson, photographe de renom dans le monde anglo-saxon.

Fruit de leur ambitieux projet, ce beau livre rend un vibrant hommage à la splendeur du cheval, son élégance, sa puissance, sa remarquable adaptabilité et il met en lumière son extraordinaire diversité en présentant près de 80 races différentes (pur-sang arabe, andalou ou anglais, poney Shetland ou Welsh, mustang, camarguais, percheron, Paso Fino argentin, mais aussi Stock Horse australien, American Saddlebred, Suffolk Punch, Manipuri indien, Trotteur Orlov, Cob normand, Kladruber tchèque, Belge à sang chaud...).

Au fil des pages, on découvre le rôle central que cet être intelligent a joué dans nos sociétés : tour à tour animal de trait, partenaire de guerre et de sport ou compagnon de voyage, le cheval est demeuré notre plus fidèle allié par-delà les siècles et sur tous les continents.

Et sans rechigner à la tâche...

Bernard DELCORD

Cheval en majesté par Tamsin Pickeral, photographies d'Astrid Harrisson, avant-propos de Pat Parelli, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2012, 288 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 29,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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20 10 12

Bonne année et bonne santé…

Calendrier Aslan 2013 (1).jpgHasards du calendrier – c'est le cas de le dire ! –, dans les jours qui ont précédé le décès de  Sylvia Kristel, l'icône sexy des seventies pour son rôle d'Emmanuelle au cinéma en 1974, les Éditions La Musardine à Paris ont mis en vente un calendrier 2013 ressemblant treize des fameuses Pin up d'Aslan, des dessins de jolies filles dénudées qui firent la gloire de celui qui les croqua à la même époque et qui contribuèrent au succès du magazine masculin de charme Lui, le pendant français du mensuel yankee Playboy, fondé par Daniel Filipacchi et Frank Ténot en 1963 avec les bénéfices de Salut les copains.

Outre des images incitant (un peu) à la bagatelle, Lui proposait (en guise de prétexte à l'achat, certes, mais pas seulement) des articles de fond traitant de la vie politique, économique, artistique et culturelle et on y retrouvait de grandes signatures, comme celles de François Truffaut, Jean-Louis Bory, Marcel Duhamel (le fondateur de la Série noire), Jacques Lanzmann (le romancier qui fut aussi parolier de Jacques Dutronc), Siné, Gérard Lauzier, Philippe Labro...

Ce calendrier (il y en eut deux autres, en 2011 et 2012) constitue un nouveau florilège des talents graphiques et de l'imagination créative d'Alain Gourdon (c'est le vrai nom d'Aslan) puisqu'on y trouve des représentations de jeunes filles anonymes... et de vedettes de l'époque (Sylvie Vartan ou Jean Manson, par exemple) telles qu'il les rêvait – du moins le suppose-t-on – en fort simple appareil.

Calendrier Aslan 2013 (2).jpgDe l'érotisme vintage et nostalgique, un peu fleur bleue et très bon chic bon genre, bien loin du trash porno omniprésent sur l'Internet d'aujourd'hui...

Bernard DELCORD

Calendrier Pin up 2013 par Aslan, Paris, Éditions La Musardine, septembre 2012, 14 pp. grand format en quadrichromie, 16,90 € (prix France)

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18 10 12

Des textes « hors de toute littérature » (Félix Fénéon, 1886)

Cent poèmes d'Arthur Rimbaud.jpgVoilà que paraît ces jours-ci aux Éditions Omnibus à Paris, établi et présenté par Jean-Baptiste Baronian, un magnifique ouvrage intitulé Cent poèmes d'Arthur Rimbaud qui met en équation une centaine de textes de « L'homme aux semelles de vent » avec de nombreux chefs-d'œuvre de la peinture, connus ou méconnus, dont certains sont de stupéfiantes révélations.

Il faut dire que Jean-Baptiste Baronian est l'un des meilleurs spécialistes actuels des inspirateurs de la poésie symboliste (on lui doit, publiées chez Gallimard, de remarquables biographies de Baudelaire en 2006, de Verlaine en 2008 et de Rimbaud en 2009) et que ses connaissances intimes de leur production littéraire constituent un avantage décisif pour leur mise en perspective auprès du public.

Il propose ici un choix de textes particulièrement éclairants, en vers et en prose, accompagnés d'un appareil iconographique original et très étoffé (des photographies, des manuscrits et des reproductions de tableaux de Rembrandt, de Delacroix, de Courbet, de Rops, de Toulouse-Lautrec, de Cézanne, de Van Gogh, de Puvis de Chavannes, de Goya, de Monet, de Gustave Doré... mais aussi de Malerba, de Fortuny, de Lebasque, de Séon...), propice à la mise en lumière des fulgurances, rageuses ou non, du jeune poète maudit.

Un exercice d'empathie d'une immense virtuosité !

Bernard DELCORD

Cent poèmes d'Arthur Rimbaud. Édition établie et présentée par Jean-Baptiste Baronian, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2012, 216 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,50 € (prix France)

17 10 12

Mots d'adieu…

Ils sont partis avec panache.gifCompilant les paroles prononcées au seuil de la mort par des personnages célèbres allant de Jules César à Jimi Hendrix ou par d'illustres inconnus, l'édifiant petit essai de Michel Gaillard intitulé Ils sont partis avec panache, paru récemment à Paris aux Éditions Points dans la collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, ouvre d'innombrables petites portes sur l'éternité si pas de l'âme, à tout le moins de l'esprit humain, et donne à voir l'essentiel des choses.

Ainsi, au moment suprême, le bluesman américain Lowell Fulson (1921-1999) maugréa-t-il : « Ne faites pas n'importe quoi avec mon pognon » tandis que le grand maître du jeu d'échecs Sawielly Tartakower (1887-1956) aurait murmuré : « Cette fois, je suis vraiment très, très mat » et que le président des États-Unis Theodore Roosevelt (1858-1919) ordonna : « Éteignez la lumière ».

De son côté, l'écrivain Alfred Jarry (1873-1907) demanda : « Passez-moi un cure-dents » alors que le poète britannique John Keats (1795-1821) assura : « Je peux déjà sentir les fleurs qui poussent au-dessus de moi » et que Beaumarchais s'exclama : « Bonne nuit, tout le monde ! ».

Lady Nancy Astor (1879-1964), qui fut la première parlementaire de Grande-Bretagne, voyant ses enfants réunis à son chevet, s'interrogea : « Est-ce mon anniversaire ou suis-je en train de mourir ? ».

En 1987, au moment de passer sur la chaise électrique en Louisiane pour le meurtre d'un couple, Jimmy Glass ironisa : « J'aurais préféré aller à la pêche ». Quant à David Stoker, lorsqu'il reçut l'injection létale le 16 juin 1997, il se déclara « prêt pour le rock'n roll », bien après que Henri Désiré Landru (1869-1922) eût dit à son confesseur : « Eh bien quoi, ce n'est qu'un mauvais moment à passer... ».

Malcolm X (1925-1966) conseilla à ses assassins, trois hommes qui tirèrent seize fois sur lui : « Du calme, les gars ! ».

Et l'écrivain bougon Paul Léautaud (1872-1956) rendit l'âme en marmonnant : « Et maintenant, foutez-moi la paix ! ».

Un livre qui donne (presque) envie de mourir !

Bernard DELCORD

Ils sont partis avec panache par Michel Gaillard, Paris, Éditions Points, collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, septembre 2012, 249 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 6,90 € (prix France)

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02 10 12

Le Grand Charles sous toutes les facettes

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Charles de Gaulle.gifAvec Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Charles de Gaulle paru chez Hatier à Paris dans la collection des « Guides visuels », André Botzaris aborde par un texte d'une parfaite clarté soutenu par une iconographie remarquable la biographie de l'homme politique français qui marqua la France contemporaine d'une empreinte indélébile.

C'est dès l'enfance et jusqu'à la mort qu'il s’est identifié à la France et à son destin en embrassant la carrière des armes d'abord, celle de la politique ensuite, pour façonner un pays aux institutions à son image, celles de la Ve République.

Né le 22 novembre 1890 à Lille, il est lieutenant à la déclaration de la Première Guerre mondiale et capitaine en 1916, année où il est blessé au combat, fait prisonnier et interné en Allemagne pendant 32 mois.

Entre 1919 et 1921, il est envoyé en Pologne pour participer à la formation de la nouvelle armée du pays. Durant l'entre-deux-guerres, il appartiendra à l'entourage de Philippe Pétain qui appuiera sa carrière.

Il s'en détache cependant pour des divergences d'approche (l'État-major, face à la montée des périls, optant pour une stratégie défensive autour de la Ligne Maginot alors que de Gaulle préconisait la guerre de mouvement basée sur les blindés).

On connaît la suite : l'invasion de mai 1940, le départ pour la Grande-Bretagne, l'appel du 18 juin, les Forces Françaises Libres, les rapports difficiles avec Churchill et Roosevelt (ce dernier, dans une lettre au premier, appelait le général faisant fonction « notre migraine commune »…), le Gouvernement provisoire jusqu'en 1946, l'appel de Bayeux la même année, la création du RPF, le semi-échec qui s'ensuit en 1951, l'exil à Colombey, le « je vous ai compris » d'Alger en 1958, le retour au pouvoir, la lutte contre l'OAS et les dissidents de l'Armée, la Ve République en 1962, la décolonisation ratée, Mai-68, le triomphe électoral de juin, le référendum perdu en avril 1969, le départ à la retraite et la fatale rupture d'anévrisme du 9 novembre 1970.

Le récit simple, d’une grande clarté et richement illustré d'André Botzaris permet de comprendre ce destin hors normes et cette « certaine idée de la France » qui persiste aujourd'hui bien au-delà du gaullisme.

Bernard DELCORD

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Charles de Gaulle – Guide visuel à destination des esprits curieux et pressés par André Botzaris, préface de Baptiste Léon, Paris, Éditions Hatier, collection « Guides visuels », janvier 2012, 220 pp. en quadrichromie au format 16 x 11 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,99 € (prix France)

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01 10 12

Meurtre à la Grand-Place de Bruxelles…

Le martyr de l'Étoile.jpgAprès le binôme Meurtre à Waterloo par Jean-Baptiste Baronian et Les dépeceurs de Spa par Marc J. Hermant parus à l'automne dernier, la collection de romans policiers belges « Kill and read » dirigée par votre serviteur et coéditée par la SNCB à Bruxelles et les Éditions Luc Pire à Liège s'est enrichie en septembre 2012 d'un nouveau titre, Le martyr de l'Étoile, signé Évelyne Guzy.

En voici le pitch :

« Bruxelles, Grand-Place. Sous les colonnes de la maison de l’Étoile, une silhouette noire s’effondre au pied de la statue d’Éverard t’Serclaes, héros emblématique à l’esprit frondeur. Laureen G. n’est pas vraiment là par hasard. Chercheuse infatigable, elle passe sa vie à fouiller les sites islamistes radicaux. Elle alerte aussitôt son amie, Marie B., une journaliste que le 11-Septembre a rendue célèbre. Laureen pense avoir tout compris, tout prévu. Mais la victime n’est pas celle qu’elle croit...

Commence alors une enquête sauvage, dans un Bruxelles dont la symbolique, réelle ou fantasmée, livrera graduellement les secrets d’un crime bien orchestré, une sorte d’assassinat ciblé.

Qui est capable d’un tel raffinement ? »

Diplômée en journalisme et communication de l’Université libre de Bruxelles, chercheuse en rhétorique et argumentation et spécialiste de l'islamisme radical, Évelyne Guzy a notamment dirigé l’essai Attentats-suicides. Le cas israélo-palestinien (Éditions Luc Pire, 2004). Elle a également publié un roman, Dans le sang (Bernard Gilson Éditeur, 2009), et une histoire urbaine, Bruxelles-les-Eaux (Maelström, 2010). Elle a aussi contribué à des ouvrages collectifs, littéraires ou scientifiques. Le Martyr de l’Étoile signe son incursion dans l’univers du roman noir.

Un « polar » à rebondissements propre aussi à susciter le débat et la réflexion autour du fondamentalisme musulman et de ses lectures hermétiques voire cabalistiques du Coran.

Bernard DELCORD

Le martyr de l'Étoile par Évelyne Guzy, Liège, coédition SNCB/Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », septembre 2012, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

22 09 12

De la dépendance à l'Indépendance…

Du Congo belge à la République du Congo.gifParu sous la direction du professeur Michel Dumoulin et de trois assistants en histoire de l'UCL (Anne-Sophie Gijs, Pierre-Luc Plasman et Christian Van de Velde), le passionnant essai intitulé Du Congo belge à la République du Congo 1955-1965 paru récemment à Bruxelles aux Éditions P.I.E. Peter Lang dans leur nouvelle collection « Outre-mers » mêle les contributions scientifiques [1] aux récits de témoins [2] des événements pour aborder l'histoire des cinq années qui ont précédé et suivi l'Indépendance du Congo belge (accordée le 30 juin 1960).

Outre son approche à la fois historiographique et technique, cet ouvrage examine de nombreux épisodes et aspects qui furent au cœur du processus de décolonisation comme le voyage du roi Baudouin en 1955, la politique du gouvernement général, l'action syndicale en Belgique, la guerre froide, l'assassinat de Patrice Lumumba, le lobbying des agents coloniaux et des colons belges entre 1960 et 1962, le contentieux financier belgo-congolais et la zaïrianisation, la crise de Stanleyville et de l'Est du Congo en 1964…

Sont également appelées à la barre les sources documentaires comme l'émission télévisée 9 millions, les reportages de la RTB d'alors (parmi lesquels ceux, fameux, du journaliste Frédéric François) et les films d'archives.

De nombreuses pages sont enfin consacrées aux modalités d'aides belges, européennes et internationales à l'Afrique noire après 1960 (l'idée de développement à l'époque coloniale, l'association Europe-Afrique et le Congo belge, l'apparition des idées de coopération, d'association et de développement après l'Indépendance, la naissance de la coopération européenne au développement, de la banque européenne d'investissement, les modes de fonctionnement de la coopération française avec l'Afrique sub-saharienne francophone...).

Une vaste somme d'informations accessibles (ici, foin du charabia universitaire) propres à alimenter utilement la réflexion des uns et des autres sur un sujet encore polémique de nos jours, à savoir  (l'échec de) la décolonisation et ses conséquence actuelles.

Bernard DELCORD

Du Congo belge à la République du Congo 1955-1965 sous la direction de Michel Dumoulin, Anne-Sophie Gijs, Pierre-Luc Plasman et Christian Van de Velde, Bruxelles, Éditions P.I.E. Peter Lang, collection « Outre-mers », janvier 2012, 374 pp. en noir et blanc au format 15 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 45,50 €



[1] Outre celles des directeurs de l'ouvrage, on y trouve des synthèses de Francis Balace (ULG), Gauthier de Villers (UCL), Étienne Deschamps (UCL), Jean-Louis Moreau, Jean-Marie Mutamba Makombo (Unikin), Damien Poelaert (UCL), Philippe Raxhon (ULG), Maria Stella Rognoni (Universités de Florence et de Pérouse), Walter Schicho (Université de Vienne), Pierre Tilly (FUCAM), Frédéric Turpin (Université d'Artois), Urban Vahsen (Université de Trèves), Patricia Van Schuylenbergh (UCL) et Émile Willaert.

[2] Hans Carle, Étienne Davignon, Jacques Franck, Frédéric François, Charles-Ferdinand Nothomb, Patrick Nothomb, Louis De Clerck, Jules Fafchamps, Jules Hollants van Loocke et Pierre Wustefeld.

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