17 09 12

Pour le prochain bulletin...

Ma commune, je vote pour.jpgConçu par l'asbl bruxelloise Gouvernance & Démocratie-Conseils et édité chez et à Averbode, le fascicule intitulé Ma commune ? Je vote pour ! s'adresse en priorité aux élèves des 2e et 3e degrés de l'enseignement secondaire belge, mais il éclairera utilement les connaissances et la réflexion de tous les citoyens du pays à la veille des prochaines élections communales (qui, rappelons-le, auront lieu le 14 octobre 2012).

En voici le sommaire et une brève énumération des questions auxquelles il y est répondu :

1. LA COMMUNE PROCHE DU CITOYEN

Les 589 communes du Royaume, qui disposent de leur propre autonomie, quoique restreinte par les autorités supérieures, œuvrent dans l'intérêt général de leurs habitants et organisent la vie en société sur leur territoire. Quelles sont leurs compétences et de quels moyens pratiques et légaux disposent-elles ?

2. ADMINISTRATION ET NOUVELLES TECHNOLOGIES

Quelles sont les fonctions de l'administration communale et comment recourent-elles aux nouvelles technologies (carte d'identité électronique, Internet et guichet électronique) ? Quelles sont les fonctions du secrétaire communal et du receveur communal ?

3. À LA TÊTE DE LA COMMUNE

A. Le conseil communal (Qui le compose ? Quelles sont ses fonctions ? Comment les remplit-il ?)

B. Le collège des bourgmestre et échevins (Qui le compose ? Quelles sont ses fonctions ? Comment les remplit-il ? Qu'est-ce que le budget communal ? Pourquoi est-il essentiel ? Comment l'élabore-t-on ? Et comment l'exécute-t-on ?)

C. Le bourgmestre (Comment est-il désigné ? Quel est son rôle ? Quelles sont ses attributions ?)

4. COUP DE JEUNE AU CONSEIL COMMUNAL

Certaines communes ont mis en place un conseil communal pour les jeunes. De quoi s'agit-il ? Quels sont ses buts ? Comment fonctionne-t-il ?

5. PARTICIPATION DU CITOYEN

Quels sont les mécanismes démocratiques qui permettent aux citoyens de la commune d'émettre leur avis et de participer activement à l'organisation de leur commune et comment fonctionnent-ils (consultation populaire, interpellation et question écrite, enquêtes publiques, commission consultative, conseils communaux des enfants, des jeunes et des aînés, pétitions...) ?

6. ÉLECTIONS COMMUNALES : MODE D'EMPLOI

A. L'élection du bourgmestre (Les nouvelles modalités)

B. Les électeurs (Qui peut voter ?)

C. Les candidats (Quelles sont les conditions pour l'être ?)

D. Comment voter (En pratique...)

E. Après les votes (Comptage des voix, chiffre électoral, résultats, représentation proportionnelle)

Le livret se conclut par une bibliographie (livresque et sur Internet) et par une courte présentation de l'asbl Gouvernance & Démocratie-Conseils spécialisée dans le domaine de l'éducation à la citoyenneté.

Bernard DELCORD

Ma commune ? Je vote pour ! par l'asbl Gouvernance & Démocratie-Conseils, Averbode, Éditions Altiora Averbode, collection « Actualquarto », 20 pp. en quadrichromie au format 21 x 29,7 cm sous couverture papier en couleurs, 4,95 €

09 09 12

De la cuisine de caractère…

Les bonnes recettes du Pays basque.gifFidèle à ses traditions, la cuisine basque offre une place de choix aux influences gasconnes, béarnaises ou espagnoles et on trouvera dans Les bonnes recettes du Pays basque de Pénélope Puymirat, un sympathique recueil paru aux Éditions Glénat à Grenoble, soixante-six préparations typiques au sein desquelles l'agneau, le jambon ou le piment se déclinent en une multitude de recettes savoureusement authentiques.

S'y côtoient donc des conseils pour préparer la sangria, les tapas et les pintxos, les truites à la navarraise, le merlu koskera, l'omelette farcie à la morue, la daurade ou les encornets à la plancha, les moules à la basquaise, la cassolette de gambas, les chipirons à la luzienne, la tortilla au chorizo, le coulis de piquillos, la taloa, les haricots cuisinés, les brochettes de poulet mariné, la piperade, les tomates ou les champignons farcis, l'agneau de lait au piment d'Espelette, le xamango cuisiné, les palombes à la bayonnaise, les magrets de canard au miel, le foie gras poêlé aux raisins, le béret basque, l'ossau iraty aux cerises noires, le gâteau au chocolat et au piment...

Des plats de terroir à l'âme un peu rude, certes, mais d'une grande générosité !

Bernard DELCORD

Les bonnes recettes du Pays basque par Pénélope Puymirat, illustrations de Jean-Luc Boiré, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Carnets d'ici », mai 2012, 96 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 14,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 15,50 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage aux accents robustes la recette suivante :

AXOA

L'axoa (prononcez « achoa ») est une recette traditionnelle du Pays basque. Mais si l'axoa est par définition un « hachis de veau », il est préférable de couper la viande en petits morceaux afin qu'elle garde sa tenue. La cocotte mitonne ensuite pendant deux heures et embaume la maison d'une bonne odeur de ragoût. Servez ce plat avec un vin corsé et, ensuite, laissez-vous aller à une petite sieste...

Pour 6 personnes

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 2 heures

Ingrédients :

800 g d'épaule de veau

1 poivron rouge

6 piments verts doux

1 douzaine de pommes de terre

1 gros oignon

1 gousse d'ail

20 cl de bouillon de veau (ou de légumes)

1 grosse cuillère à soupe de graisse de canard (ou d'huile d'olive)

1 pincée de piment d'Espelette

Thym, romarin

2 feuilles de laurier

1 petit bouquet de persil ciselé

Sel

Recette :

Faites bouillir 20 cl d'eau et ajoutez un bouillon cube, de veau ou de légumes.

Dans une grande cocotte en fonte, faites fondre la graisse de canard à feu doux.

Pelez et émincez l'ail et l'oignon.

Faites-les revenir dans la cocotte.

Lavez les piments et le poivron.

Ôtez les graines.

Coupez-les en petits dés.

Faites-les dorer dans la cocotte.

Coupez la viande en petits cubes de 1 cm environ et faites-les dorer à leur tour.

Remuez, montez un peu le feu et laissez le tout cuire ainsi pendant 5 minutes.

Ajoutez le thym, le laurier, le romarin, le sel et le piment d'Espelette.

Versez le bouillon.

Couvrez et laissez mijoter à feu doux pendant 1 h 30.

Pelez les pommes de terre, coupez-les en petits dés et ajoutez-les.

Couvrez.

Après 10 minutes, ôtez le couvercle et montez le feu pour que le jus s' évapore.

Ajoutez le persil.

Servez bien chaud !

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06 09 12

À votre santé !

Les secrets de la levure de bière.gifGrâce au petit ouvrage de Bernard Montelh intitulé Les secrets de la levure de bière paru aux Éditions Larousse à Paris, vous pourrez aisément, par le recours aux vitamines (B1, B2, B3, B5B6, B8, B9), aux minéraux (calcium, chrome, cuivre, fer, magnésium, phosphore, potassium, sélénium, soufre et zinc), aux oligosaccharides (bêta-glucanes et mannanes), aux antioxydants (glutamate, glutathion) ainsi qu'aux probiotiques qu'elle contient, aider votre corps à lutter contre la fatigue, le stress, l’acné, l'eczéma ou les infections vaginales, renforcer vos ongles et vos cheveux, entretenir votre peau, prévenir les maladies nosocomiales intestinales… et même améliorer (un peu) votre glycémie si vous êtes atteint de diabète de type 2.

L'auteur rappelle au passage que la bière est la plus ancienne boisson élaborée par l'homme, puisque les premières preuves de son existence sont attestées à Sumer en Mésopotamie, 4 000 ans avant notre ère, et que la levure de bière est à l'origine de la découverte du pain, vraisemblablement en Égypte et à la même époque.

Il indique également que c'est le physicien et chimiste français Charles Cagniard de Latour qui identifia les levures comme des organismes vivants responsables de la fermentation et que c'est Louis Pasteur qui, vingt ans plus tard, en expliqua le mécanisme, ouvrant la voie à  la culture à grande échelle de levure de bière pour les premières grandes boulangeries industrielles, cette même levure de bière que l'on utilise aussi aujourd'hui pour la production d' un carburant non fossile, le bioéthanol, par la fermentation de la canne à sucre au Brésil ou du maïs aux États-Unis.

Un produit antique aux nombreux bienfaits actuels !

Bernard DELCORD

Les secrets de la levure de bière par Bernard Montelh, Paris, Éditions Larousse, février 2012, 93 pp. en bichromie au format 12 x 16 cm sous couverture Intégra en couleurs, 4,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce petit livre roboratif la recette originale suivante :

Pain à la cocotte

Cuire du pain dans une cocotte, comme un rôti : voilà une variante curieuse, mais intéressante, car elle vous permet d'obtenir un pain très gonflé et particulièrement moelleux.

Pour un gros pain

Ingrédients :

500 g de farine

20 g de levure fraîche ou 1 sachet de levure en poudre

300 g d'eau tiède

1,5 cuillère à café de sel

1 cuillère à soupe d'huile d'olive

1 cuillère à soupe de sucre

1 filet de citron (facultatif)

Recette :

Diluez la levure dans un peu d'eau tiède.

Mélangez farine, sel, sucre; ajoutez l'eau, l'huile, la levure diluée, puis le citron.

Pétrissez, laissez lever environ 2 heures, pétrissez à nouveau.

Garnissez le fond d'une cocotte en fonte de papier sulfurisé, placez-y la pâte légèrement aplatie, puis fermez le couvercle.

Laissez lever la pâte à nouveau 1 h 30.

Incisez le dessus plusieurs fois avec une lame.

Badigeonnez de lait, saupoudrez de farine.

Enfournez à four froid, thermostat 240°C (8) pour 45 minutes, couvercle fermé.

Ne soulevez pas le couvercle avant les 35 premières minutes.

Au bout de 45 minutes, si la cuisson ne semble pas suffisante, prolongez-la 5 minutes par 5 minutes sans couvercle.

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03 09 12

Ceci (n')est (pas) une Belgique…

Le bonheur des Belges.gifIl se confirme au fil de ses publications que Patrick Roegiers est bien l'un de nos plus grands auteurs, qui manie la langue française avec un brio époustouflant et construit ses textes en virtuose de l'architecture du verbe.

Dans son roman intitulé Le bonheur des Belges qui vient de paraître chez Grasset à Paris et qui constitue sans conteste un ouvrage majeur de la rentrée littéraire, il fait en outre preuve d'une imagination débordante, alliée à un esprit d'analyse d'une grande acuité pour proposer le pendant hilare du fameux Chagrin des Belges de Hugo Claus et pour décrypter à sa manière la mort de la Belgique de Papa et l'effondrement progressif du pays le plus improbable du monde, mais aussi le plus original et l'un des plus productifs qui soient sur le plan de l'imagination artistique, culturelle et... politique.

Se livrant à un jeu de massacre des plus désopilants, Patrick Roegiers y appelle à la barre, à travers le récit fantasmagorique, allumé et bondé d'anachronismes livré par un héros de onze ans sans prénom ni parents (on lui donne du « Vilain Flamand »), des témoins de la belgitude aussi variés que Yolande Moreau en mère assassine, Victor Hugo à Waterloo lors d'une reconstitution de la bataille, Jacques Brel qui chante la naissance du pays avec la Malibran, les quatre fils Aymon en visite à l'Exposition Universelle de 1958, le collaborateur fasciste Léon Degrelle se prenant pour Tintin, mais aussi Pieter Bruegel, Thyl Ulenspiegel, le Manneken-Pis, Henri Conscience, Guido Gezelle, Verhaeren, Maeterlinck, Verlaine, Nadar, le Père Damien, Adolphe Sax, James Ensor, Maurice Grevisse, Ghelderode, Magritte, Simenon, Marguerite Yourcenar, Eddy Merckx, Maurice Béjart, Albert Frère, Dirk Frimout, Toots Thielemans, Johnny Hallyday, Adamo, Sœur Sourire, Plastic Bertrand, Benoît Poelvoorde, Hercule Poirot, Bob et Bobette, Gaston Lagaffe (ainsi que Bart De Wever et Marc Dutroux !) ou Hugo Claus himself, sans oublier les mythiques références au Tour des Flandres cycliste, aux batailles des Éperons d'or et de l'Yser... ainsi que l'érection d'un « mur de betteraves » séparant Flamands et Francophones !

Un fameux bazar !

Bernard DELCORD

Le bonheur des Belges par Patrick Roegiers, Paris, Éditions Grasset, mars 2012, 452 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,00 € (prix France)

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02 09 12

Au pays des moines

La Thudinie et la route des abbayes.jpgLe nouvel opus de la collection « Les guides Télétourisme » dirigée aux Éditions Racine/RTBF à Bruxelles par Guy Lemaire, le journaliste de télévision bien connu, s'intitule La Thudinie et la route des abbayes et il emmène le lecteur, à travers de nombreuses promenades, à la découverte de la région de Thuin et de ses monastères, à savoir ceux de Lobbes, de Bonne-Espérance et d'Aulne.

Outre de nombreuses informations historiques, géographiques, intellectuelles et artistiques ainsi que la description des itinéraires, l'ouvrage propose des rubriques sur les produits du terroir, les logements et tous les hauts lieux de la gastronomie locale.

De plus, les diverses activités culturelles et sportives de la région sont présentées dans un calendrier annuel illustré tandis que près de 300 photos en couleurs illustrent la beauté et présentent les curiosités de la région.

Un guide d'une belle convivialité !

Bernard DELCORD

La Thudinie et la route des abbayes par Jean-Marie Horemans, Jean Meurant, Maurice Servais, avec la collaboration de Christine Charue & Fabrice Deruysscher sous la supervision de Tommy Leclercq, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, collection « Les guides Télétourisme » sous la direction de Guy Lemaire, juin 2012, 176 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort bien fait les quelques lignes suivantes :

L'histoire de l'abbaye d'Aulne

Le monastère primitif aurait été fondé au VIIe siècle, peut-être sur les vestiges ou à proximité d'une villa romaine qui lui aurait donné son nom Alna, d'origine latine. Le fondateur de l'abbaye, un brigand repenti du nom de Haschus, surnommé Landelin (Landelinus = originaire de Landelies), serait mort à Crespin en 686. Quant aux dates de création (637, 656 ou 657), elles diffèrent selon les auteurs.

Second fondateur d'Aulne, Ursmer lui imposera la règle de saint Benoît vers 690, règle qui exige de trouver dans un même environnement eau courante et eau de source, prés, champs, jardin et possibilité d'installation de ferme, de moulin, de boulangerie, ainsi que d'ateliers pour divers métiers, afin que les moines ne doivent ni ne puissent sortir, sans raison valable, de leur monastère.

En 880 (882 ou 888, selon les textes), l'abbaye d'Aulne connaîtra une première destruction par les Normands, Elle en subira une seconde par les Hongrois en 956.

En 961, avec la plupart des communes de la Thudinie méridionale, elle passe sous Éracle dans le domaine de l'évêché de Liège qui deviendra principauté lorsque les droits régaliens seront accordés à Notger par Othon Ier, empereur romain de la Nation germanique.

Si, pendant trois ou quatre ans (1144-1147), le monastère d'Aulne passe sous la règle de saint Augustin, avec la bénédiction du prince évêque Albéron II (ou Adalbéron) et sous la conduite d'un abbé Raoul ou Radulphe, c'est cependant en 1147 que se situe le tournant le plus important de l'histoire d'Aulne : saint Bernard obtient que l'abbaye passe sous la règle cistercienne, soit dédiée à Notre-Dame et y fait envoyer de Cîteaux six moines dont le premier abbé sera Francon de Morville.

En 1205, pour satisfaire au besoin de solitude des moines, le prince-évêque Hugues de Pierrepont, qui fit de fréquents séjours à l'abbaye, oblige la population du village d'Aulne à déménager à une lieue du monastère.

Le XIIIe siècle est considéré, pour Aulne, comme le siècle d'or : plus de 60 moines et 300 convers, ceux- ci constituant la main-d'œuvre dans un domaine agricole qui ne cesse de croître. De 1214 à 1247, on édifie l'abbatiale gothique à l'emplacement d'une église plus ancienne ; Aulne, abbaye masculine, est dotée de l'autorité sur le monastère cistercien des religieuses de Soleilmont ; elle l'obtiendra aussi sur celui de l'Olive à Morlanwelz et sur celui d'Aywiers en Brabant wallon. Au plan moral et religieux, son renom s'élargit à l'Europe : le bienheureux Simon d'Aulne est reçu au Vatican pour ses dons de thaumaturge ; Baudouin d'Aulne, après un apostolat en Livonie et Courlande, deviendra archevêque de Thrace !

Les XIVe et XVe siècles seront loin d'être aussi favorables à Aulne qui subira un lent déclin, matériel et spirituel : le relâchement à l'égard de la règle, les guerres dues aux appétits des ducs de Bourgogne, les épidémies et notamment la Grande Peste.

Au siècle suivant, à la suite de l'effondrement de la croisée du transept, il faudra reconstruire le chœur, plus élancé dorénavant, et le transept avec la grande verrière flamboyante. En 1536, l'abbaye sera saccagée par un corps français et, quelques années plus tard, à la suite des guerres de religion, par des réformés iconoclastes.

Le milieu du XVIe siècle verra aussi, quoique tardivement, la naissance de l'imprimerie typographique dans la région. À l'initiative de l'abbé d'Aulne, Jean de Lannoy, imprégné de l'esprit de la Renaissance, un Lorrain du nom de Guillaume Cordier (à ne pas confondre avec un abbé du même nom), imprimera à Binche une Vie de Sainte Lutgarde, moniale d'Aywiers qui, à la suite d'une vie miraculeuse en Wallonie, réussira à ne jamais parler le français et deviendra de ce fait l'une des patronnes de la Flandre.

La fin du XVIe siècle et le XVIIe siècle sont marqués par l'avènement d'abbés plus responsables, mais le « siècle de malheur », caractérisé par des guerres européennes incessantes (guerre de Trente ans, guerre de la Ligue d'Augsbourg, guerres de succession d'Espagne, guerre de Hollande), entraîne pour l'abbaye des occupations et des déprédations, hollandaises notamment, des réquisitions ou des pillages de la part des belligérants du nord comme du sud, qui profitent du statut d'indépendance perméable et désarmée de la Principauté. Il en résulte pour l'abbaye d'énormes difficultés financières.

Pour Aulne, l'histoire se terminera tristement en 1794. Tout en démontrant sa capacité à renaître toujours, l'abbaye entamera son chant du cygne, ce seront les « derniers feux du crépuscule », comme l'écrira finement un auteur. Des abbés de valeur, providentiels mais dépensiers, Barthélemy Louant, Maur Mélotte ou Joseph Scrippe, vont entreprendre la reconstruction complète de leur monastère, à l'exception de l'abbatiale. Remacle Leloup, le célèbre dessinateur et graveur liégeois, qui visitera Aulne vers 1740, voulant montrer le faste qui y régnait et l'accueil sympathique qu'il y avait reçu, représenta le monastère surmonté d'une importante fumée sortant de la cheminée des cuisines... C'était sa façon originale d'annoncer les étoiles du Michelin !

Las, en 1789, avec la Révolution liégeoise et quelques graves erreurs politiques des moines et de leur abbé, ce sera le commencement de la fin. L'abbaye prête ses canons pour mâter la révolution populaire à Thuin ; elle refuse de vendre le blé au prix légal imposé par la famine et, mieux, l'abbé Herset fait condamner à mort un pauvre hère, coupable de vol de nourriture. En 1793 et 1794, l'abbaye héberge des officiers autrichiens. Ajoutons la richesse et le faste affichés par le monastère et l'envie qu'ils ne manquent pas de susciter dans la population... Tout cela aboutit au sac au pillage et à l'incendie du 14 mai 1794, perpétrés tant par les troupes républicaines que par la population locale.

Plus tard, l'abbé Herset, avec les assignats garantis par les Biens nationaux, rachètera l'abbaye en ruines, échouera à rétablir une communauté et, sous l'Empire français, rédigera un testament dans le but de créer un hospice à Aulne, testament approuvé par Napoléon, à Bayonne, en 1808.

Malgré les ennuis suscités par un ancien moine, Jean-Baptiste Cordier, rentré dans le siècle, qui exigea et obtint un quart des biens, le home pour vieillards put ouvrir ses portes en 1856. C'est en 1883 que sera consacrée l'église moderne, dédiée à saint Joseph. Aulne sera érigée en paroisse distincte de Gozée en 1928. Auparavant, en 1896, un accord signé entre l'État belge (ministère des Travaux publics) et la Commission administrative de l'hospice a permis la visite des ruines aux touristes, à la condition impérative que les autorités veillent, par les travaux nécessaires à la sécurité des bâtiments comme à celle des visiteurs.

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01 09 12

« La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme. » (Winston Churchill)

La Russie de A à Z.gifÀ cheval sur l’Asie du Nord (74,7 %) et sur l’Europe (25,3 % de sa superficie) et s'étendant d’ouest en est (de Kaliningrad à Vladivostok) sur plus de 9 000 km pour une superficie de 17 millions de km² (soit deux fois celle des États-Unis, 31 fois celle de la France, 413 fois celle de la Suisse et 557 fois celle de la Belgique), la Fédération de Russie qui compte neuf fuseaux horaires est un État de 142 millions d'habitants, dont 115 millions de Russes.

Les minorités ethniques y sont représentées par 150 « petits peuples » vivant pour beaucoup à l'est de l'Oural, en Sibérie, dans le Caucase ou au Daguestan et 10 à 15 % de la population sont des musulmans tandis que les deux tiers des Russes se disent orthodoxes.

Moyennement démocratique (c'est un euphémisme...), ce pays fortement urbanisé et industrialisé dispose de ressources minières et énergétiques importantes et il possède des frontières terrestres avec 16 pays (dans l’ordre inverse des aiguilles d’une montre, en partant du plus au nord) : la Norvège, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Biélorussie, la Lituanie, la Pologne, l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la République populaire de Chine, la Mongolie et la Corée du Nord. Elle possède également des frontières avec deux républiques séparatistes de Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dont elle a reconnu l’indépendance en 2008. [1]

La démographie y est chancelante en raison de l'alcoolisme, du climat, de la situation sociale de ses habitants et de la propagation du sida, entre autres.

Le guide magistral d'Alexandre Billette intitulé La Russie de A à Z (édité par André Versaille à Bruxelles) présente ce mastodonte géographique, historique, politique et culturel sous la forme d’un abécédaire de 120 entrées [2] décrivant ce pays gigantesque sous toutes les coutures, qu'il s'agisse de ses villes, de ses populations, de la vie politique, de la société, des figures de la création artistique, des richesses touristiques, de la gastronomie...

Écoutons l'auteur :

« La Russie ? “Un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme”, disait en son temps Winston Churchill. Soixante ans plus tard, l'expression n'a pas pris une ride. Certes, depuis la chute de l'empire soviétique, le pays s'est ouvert sur le monde. À quatre heures de vol de Paris ou de Bruxelles, la Russie est accessible aux voyageurs, aux investisseurs, aux étudiants. Et les autorités du pays entendent profiter des Jeux olympiques de Sotchi en 2014 et de la Coupe du Monde de football en 2018 pour faire de la Russie une destination incontournable sur la carte du monde touristique. (...)

À cheval sur deux continents, la Russie n'est pas vraiment asiatique, sans être tout à fait européenne. Partir à la découverte de ce pays, c'est aller à la rencontre d'une société multiconfessionnelle, multiethnique, terre chrétienne mais aussi terre d'Islam et de chamanes, qui abrite plus d'une centaine de peuples et autant de langues et de traditions.

Aller à la rencontre de la société russe, c'est aussi découvrir une population toujours imprégnée de culture soviétique, le cœur d'un ancien empire qui peine toujours à effectuer un travail de mémoire sur cette période dramatique. Le cliché est tenace, sans doute parce qu'il n'est pas faux : au premier abord, les Russes seraient méfiants, froids, taciturnes.

Ce que l'on évoque moins souvent, c'est l'hospitalité, la générosité, la solidarité qui caractérisent la société russe, dès lors que la glace a été rompue et que le premier verre de thé brûlant (ou de vodka) a été partagé. Deux extrêmes qui définissent ce pays immense, terre de tous les paradoxes ».

L'ouvrage est prolongé, pour chacune de ses entrées, par des photos, des vidéos, des illustrations sonores et par plus d’un millier de liens disponibles sur le site www.abc-voyageur.com.

Comme tous les titres de la collection « Les abécédaires du voyageur », cet ouvrage présente la Russie sans détour ni concession, mais aussi sans oublier cette caractéristique essentielle – surtout dans un pays aussi froid...– qu'est la chaleur humaine.

Bernard DELCORD

La Russie de A à Z par Alexandre Billette, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Les abécédaires du voyageur », avril 2012, 227 pp. en bichromie au format 12,4 x 21,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 €


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Russie.

[2] Abkhazie, Alaska, Alcools, Arctique, Armée, Asie centrale, Aviation, Baïkal, Bania, Beslan, Biélorussie, Bolchoï, Bureaucratie, Café Pouchkine, Caviar, Chevtchouk, Chiens, Chine, Classes moyennes, Conflit russo-géorgien, Conquête de l’espace, Cosaques, Crimée, Daguestan, Datcha, Démographie, Douma, Drapeau, Écho de Moscou, Église orthodoxe, Eltsine, Fuseaux horaires, Gazprom, Gorbatchev, Goulag, Hiver, Hockey sur glace, Homosexualité, Hymne national, Icônes, Internet, Jirinovski, Kaliningrad, KGB et FSB, Khodorkovski,, Kommunalka, Kouriles, Kremlin, Lénine, Limonov, Maison blanche, Medvedev, Mer Noire, Métro, Mikhalkov, Minorités ethniques et petits peuples, Monogorod, Moscou, Navalnyï, Nemtsov, Nucléaire, Opposition politique, Ossétie du Sud, Oural, Parc Gorki, Parti communiste, Place Rouge, Politkovskaïa, Poutine, Presse, Rouble, Russie Juste, Russie Unie, Soljenitsyne, Télévision, Trains, Transnistrie, Vacances, Villages Potemkine, Villes fermées, Vladivostok, Voitures, Volga, Vyssotski, Xénophobie.

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01 09 12

Les lettres françaises dans tous leurs États…

Dictionnaire de la littérature française et francophone.gifPublié sous la direction de Pascal Mougin qui a coordonné le travail dune cinquantaine de spécialistes, le Dictionnaire de la littérature française et francophone paru récemment aux Éditions Larousse à Paris constitue une somme remarquable d’informations autant qu’une source inépuisable de découverte pour les amateurs de littérature et un outil de travail indispensable pour les étudiants et les enseignants.

En sus d’une partie dictionnaire de 350 entrées consacrées aux écrivains de langue française, d’Adam de la Halle à Émile Zola en passant par les noms incontournables pour arriver jusqu’à Christine Angot (si, si !), Tonino Benacquista, Didier Daeninckx, Philippe Delerm, Boris Gamaleya, Nancy Huston, Camille Laurens, Henri Lopes, Jean-Patrick Manchette, Marie N’Diaye, Yasmina Reza ou Jean-Philippe Toussaint, cet ouvrage s’ouvre par une chronologie littéraire argumentée allant du Moyen Âge au XXIe siècle et exposant avec clarté et concision l’histoire des genres, des formes, des moyens, des écoles, des mouvements et des courants esthétiques qui ont façonné non seulement les lettres de l’Hexagone, mais aussi celles de la Belgique, de la Suisse, du Québec, des Antilles, de l’Afrique du Nord et de l’Afrique Noire, de Maurice, de Madagascar…

Un voyage passionnant dans le temps et dans l’espace !

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la littérature française et francophone sous la direction de Pascal Mougin, Paris, Éditions Larousse, collection « In extenso », mars 2012, 592 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 21,50 € (prix France)

Liste des entrées :

Adam de la Halle, Achard, Adam le Bossu, Adamov, Adenet le Roi, Alain-Fournier, Alexakis, Allais, Angot, Anouilh, Apollinaire, Aragon, Arnothy, Arrabal, Artaud, Aubigné, Audiberti, Aymé, Bâ, Baïf, Balzac, Barbey d’Aurevilly, Barjavel, Barrès, du Bartas, Barthes, Georges Bataille, Bauchau, Baudelaire, Pierre Bayle, Hervé Bazin, Beaumarchais, Beauvoir, Beckett, Belleau, Benacquiste, Ben Jelloun, Benoît de Sainte-Maure, Bergounioux, Bernanos, Bernardin de Saint-Pierre, Beti, Bianciotti, Blondin, Boileau, Boileau-Narcejac, Bon, Bonnefoy, Bossuet, Alphonse Boudard, Daniel Boulanger, Bouraoui, Bove, Breton, Butor, Calvin, Camus, Carco, Emmanuel Carrère, Céline, Cendrars, Césaire, Chamoiseau, Char, Chateaubriand, de Chazal, Andrée Chédid, Cheng, Chénier, Chessex, Chevillard, Chrétien de Troyes, Christine de Pisan, Cioran, Cixous, Claudel (Paul & Philippe), Cocteau, Colette, Philippe de Commynes, Maryse Condé, Constant, Corneille, Courteline, Crébillon Fils, Cyrano de Bergerac, Daeninckx, Léon-Gontran Damas, Daninos, Frédéric Dard, Alphonse Daudet, Philippe Delerm, Depestre, Descartes, Des Forêts, Desforges, Desnos, Desportes, Devi Nirsimloo-Ananden, Dhôtel, Dib, Diderot, Djebar, Djian, Drieu La Rochelle, du Bellay, Dubillard, Ducharme, Duhamel, Dumas, Duras, Echenoz, Eluard, Érasme, Ernaux, Exbrayat, Fanon, Fénelon, Fernandez, Feydeau, Flaubert, Fleutiaux, France, Frankétienne, Frison-Roche, Froissart, Gamaleya, Garnier, Théophile Gautier, Gautier d’Arras, Gautier de Coinci, Gauvin, Genet, Genevoix, Germain, Gide, Giono, Giraudoux, Glissant, les Goncourt, Gracq, Gréban, Green, les sœurs Groult, Hervé Guibert, Guillaume de Machaut, Guitry, Guyotat, Ludovic Halévy, Anne Hébert, Houellebecq, Hugo, Huston, Huysmans, Ionesco, Jaccottet, Max Jacob, Jammes, Japrisot, Jarry, Jean Bodel, Jean Renart, Jodelle, Joinville, Jonquet, Jouhandeau, Jouve, Kateb, Kessel, Koltès, Kourouma, Kristof, Kundera, Louise Labé, Labiche, La Boétie, Labou Tansi, Laclavetine, Laclos, Mme de La Fayette, Laferrière, La Fontaine, Laforgue, Lagarce, Lamartine, Larbaud, La Rochefoucauld, La Sale, Laurens, Lautréamont, Léautaud, Le Clézio, Leduc, Leiris, Lesage, Lopes, Loti, Maalouf, Mac Orlan, Maeterlinck, Makine, Malherbe, Mallarmé, Mallet-Joris, Malraux, Manchette, René Maran, Marguerite d’Angoulême, Marivaux, Marot, Roger Martin du Gard, Maunick, Maupassant, François Mauriac, Maurois, Mauvignier, Maximin, Louis-Sébastien Mercier, Mérimée, Merle, Mertens, Michaux, Michelet, Michon, Miron, Modiano, Molière, Montaigne, Montesquieu, Montherlant, Morand, Musset, Navarre, N’Diaye, Nerval, Nimier, Nizan, Nodier, Amélie Nothomb, Nourissier, Novarina, Charles d’Orléans, Jean d’Ormesson, Orsenna, Oster, Ouologuem, Pagnol, Pascal, Péguy, Pennac, Perec, Pergaud, Perrault, René Philoctète, Pinget, Ponge, Antoine François Prévost, Proust, Prévert, Quéffelec (Henri & Yann), Queneau, Quignard, Rabelais, Racine, Jacques Réda, Mathurin Régnier, Renan, René d’Anjou, Restif de La Bretonne, cardinal de Retz, Reverdy, Reza, Rimbaud, Rivoyre, Robbe-Grillet, Christiane Rochefort, Olivier Rolin, Rolland, Romains, Ronsard, Jean de Rotrou, Rouaud, Roubaud, Roumain, Rousseau, Roussel, Rutebeuf, Sabatier, Sade, Sagan, Sainte-Beuve, Saint-Exupéry, Saint-John Perse, Saint-Simon, Sallenave, Salvayre, Sand, Nathalie, Sarraute, Sartre, Scarron, Scève, Schéhadé, Mme de Scudéry, Segalen, la comtesse de Ségur, Semprun, Senghor, Mme de Sévigné, Simenon, Claude Simon, Sollers, Charles Sorel, Soupault, Mme de Staël, Stendhal, Sue, Supervielle, Taine, Tardieu, Tocqueville, Topor, Tournier, Jean-Philippe Toussaint, Tremblay, Tristan l’Hermite, Troyat, Tzara, Urfé, U Tam’si, Vailland, Valéry, Vallès, Vaugelas, Vautrin, Vercors, Verhaeren, Verlaine, Verne, Vialatte, Vian, Théophile de Viau, Vigny, Villehardouin, Villiers de l’Isle Adam, Villon, Vinaver, Volodine, Voltaire, Wace, Wiesel, Martin Winckler, Yourcenar, Zola.

27 08 12

Bravo, l'artiste !

Pablo Casals.gifNé en Catalogne le 29 décembre 1876 et mort le 22 octobre 1973 à San Juan (Porto-Rico), proposé –sans succès –pour le prix Nobel de la paix en 1958, le grand violoncelliste Pablo Casals a vécu près d'un siècle.

En 1905, il fonde avec Jacques Thibaud et Alfred Cortot un trio mythique de la première moitié du XXe siècle et il deviendra bientôt un musicien adulé, réclamé clans le monde entier.

Tout au long de sa longue vie, Casals fut un défenseur acharné et enthousiaste du violoncelle, mais aussi de la musique dans une inébranlable foi dans les valeurs qu'elle peut transmettre. Ses enregistrements sont habités de cet enthousiasme et de son énergie.

Il essaye de favoriser l'accès à la musique pour le plus grand nombre, que ce soit avec des associations de concerts, la création de ses divers orchestres ; il jouera même dans des conditions mouvementées lors de la guerre d'Espagne.

Dans la période difficile des années d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale, il restera inflexible sur ses idéaux, quelles qu'en soient les conséquences pour sa carrière : lors de la guerre civile, il soutiendra les républicains espagnols et s'exilera en 1939. Apôtre de la paix, il était également un défenseur acharné de la Catalogne. Dès 1933, il refuse de jouer en Allemagne et, après guerre, il ne donne plus de concerts pour marquer sa désapprobation du laxisme de la communauté internationale envers le régime politique du caudillo Franco. Il participe néanmoins à plusieurs galas de soutien au mouvement pacifiste et antifasciste de son ami Louis Lecoin et n'aura de cesse de venir en aide à ses compatriotes réfugiés.

Refusant également de se produire en Union soviétique et effrayé par la prolifération des armes nucléaires, il milite en tant que pacifiste et donne le 24 octobre 1958 un concert au siège de l'ONU à New York au cours duquel il délivre un message en faveur de la dignité et de la paix, retransmis à la télévision et à la radio dans quarante pays, qui aura un retentissement considérable.

Son village d'adoption est Prades, dans les Pyrénées-Orientales : après une longue période de silence, il y crée un Festival Pablo-Casals en 1950 pour le bicentenaire de la mort de Bach ; il y invite les plus grands interprètes de son temps pour en faire un haut-lieu de ferveur musicale et il y participera encore à l'âge de 90 ans.

Il se fixe enfin à San Juan de Porto Rico, y crée l'orchestre symphonique en 1957, compose et, inlassablement, transmet son art lors de nombreuses « master classes ». Casals était un ami personnel de la reine Elisabeth de Belgique, veuve du roi Albert Ier et passionnée par la musique.

Il aura donc eu plusieurs vies. La vie d'un enfant fier et précoce, qui très tôt subjugue par sa virtuosité. La vie d'un musicien acclamé aux quatre coins de la planète. Celle d'un chef d'orchestre « engagé » honoré dans son pays. Celle, après la prise du pouvoir de Franco en Espagne, d'un exilé au cœur brisé. Celle d'un protestataire inflexible qui crie haut et fort son désaveu de toute forme de dictature en faisant taire son violoncelle. Celle d'un « créateur » de festival auprès de qui les musiciens les plus prestigieux accourent. La vie enfin d'un presque centenaire respecté œuvrant inlassablement pour la paix dans le monde.

Dans Pablo Casals. Un musicien, une conscience, paru chez Gallimard dans la belle collection « Découvertes », Jean-Jacques Bedu, vice-président du Centre méditerranéen de littérature et délégué général des Prix Méditerranée, met le lecteur au diapason de ce musicien humaniste qui a fait du violoncelle l'égal du piano ou du violon, et de la musique un moyen d'expression de la liberté.

Bernard DELCORD (avec Wikipedia)

Pablo Casals. Un musicien, une conscience par Jean-Jacques Bedu, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », mai 2012, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,60 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié de ce livre passionnant la photo suivante et la légende qui l'accompagne :

Pablo Casals (2).jpg

 En 1955, Pablo Casals accueillit à Prades des hôtes de marque, la reine Élisabeth de Belgique et sa fille, Marie-Josée, ex-reine d'Italie. Élisabeth de Belgique était une excellente violoniste (ci-contre, en 1955), qui suivit les enseignements d'Eugène Ysaye. En 1942, elle s'opposa aux rafles dans les quartiers juifs, intervint personnellement pour obtenir des libérations, et l'un de ses châteaux fut transformé en orphelinat, où des enfants juifs purent être sauvés. Casals avait un profond respect pour « cette grande dame qui, aussi bien aux heures sombres qu'aux jours de triomphe, est parvenue à incarner l'âme de son peuple par sa bonté agissante, et, par toutes les nobles vertus qui font d'Elle l'une des personnalités les plus attachantes, les plus dignes d'admiration ». La reine de Belgique reviendra à Prades en 1961 et en 1965.

27 08 12

Pour mettre son handicap à l'index !

Nouvelles règles de Golf illustrées 2012-2015.gifTous les quatre ans, conjointement avec l'United States Golf Association, le Royal & Ancient Golf Club of St Andrews (Écosse) qui est l'autorité dirigeante du golf sur la planète, en charge du développement de ce sport et de l'organisation de l'Open Championship, publie une mise à jour des règles de ce sport.

Car ces deux associations, qui opèrent avec le consentement de 143 organisations regroupant amateurs et professionnels et qui agissent au nom de 30 millions de joueurs dans 128 pays, administrent pour le monde entier les règles du golf, celles du statut d'amateur et de l'équipement standard, et elles établissent le classement mondial amateur.

Le texte officiel de la nouvelle mise à jour des règles du jeu a été traduit dans la langue de Voltaire par la Fédération  française de golf qui vient de le faire paraître chez Flammarion à Paris sous le titre Nouvelles règles de Golf illustrées 2012-2015 et il  régit toutes les situations auxquelles peut être confronté un joueur sur un parcours : obstructions, pierres dans les bunkers, trous d'aération, modification du lie, balle injouable ou perdue, obstacles d'eau, détritus...

L'ouvrage comprend plus de 100 photographies et près de 70 illustrations qui aident très efficacement à une meilleure compréhension du jeu.

Avis à tous les (futurs) Tiger Woods de la Francophonie !

Bernard DELCORD

Nouvelles règles de Golf illustrées 2012-2015 établies par le Royal & Ancient Golf Club of St Andrews et traduites par la Fédération française de golf, Paris, Éditions Flammarion, août 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22,90 € (prix France)

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25 08 12

L'ami des gosiers…

Le gourou du vin.gifFils de viticulteurs du Libournais, chantre de la micro-oxygénation du vin lors de la vinification et ami du fameux dégustateur américain Robert Parker, le « roi de l'assemblage » Michel Rolland est l'œnologue le plus consulté et le plus médiatique de la planète.

Depuis les années 1960, il a initié les mutations majeures de la production de vin et de la viticulture, puis les a transposées à travers le monde : États-Unis, Argentine, Espagne, Italie, Portugal, Maroc, Chili, Inde, Mexique, Afrique du Sud, Brésil, Bulgarie, Grèce, Canada, Croatie, Israël, Arménie, Turquie, Suisse, Chine...

Une telle carrière ne pouvait qu'engendrer la jalousie des cagots et l'incompréhension des ignares, et c'est donc tout naturellement que notre homme apparaît dans le film Mondovino du réalisateur écologiste américain – et ayatollah sans palais – Jonathan Nossiter, un factum d'une mauvaise foi crasse dans lequel Michel Rolland est présenté et dénoncé comme un des grands régisseurs de la standardisation des vins, autant économique que culturelle, évoluant vers une uniformisation du goût international.

De telles assertions péremptoires autant que gratuites méritaient d'être redressées, et elles le sont avec verve et brio dans Le gourou du vin paru à Grenoble aux Éditions Glénat sous la plume de Michel Rolland et d'Isabelle Bunisset, un texte réjouissant dans lequel l'incriminé se raconte pour la première fois, d'épisodes cocasses en événements marquants, de vérités rétablies en polémiques assumées.

Pro magna vini gloria !

Bernard DELCORD

Le gourou du vin par Michel Rolland avec Isabelle Bunisset, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Carnets d'ici », avril 2012, 203 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage œnologique les quelques lignes suivantes :

LA HONGRIE

J'effectuai une première visite en Hongrie avec Jean-Paul Marmin et Jeffrey Davies en juillet 1989. Les caves, installées autour du lac Balaton, me semblaient toutes plus vieilles et sales les unes que les autres. Ce fut une de mes plus piteuses dégustations hors de France : les vins, franchement mauvais, avaient des goûts étrangers, d'une « complexité » difficile à imaginer.

Deuxième visite en novembre 1989. Le pays était alors en liesse, le mur de Berlin venait de tomber. La fin du communisme rendait les esprits euphoriques. Je me rendis à Tokaj avec Jean-Michel Arcaute, qui souhaitait investir dans ces vins liquoreux, fameux depuis le XVIe siècle.

Cette année-là, l'État voulait vendre ses propriétés, réunies sous un même nom délicat, « Kombinat », avec les vignes, les caves et les stocks de vin. Une série de dégustations, sans doute les plus drôles de ma carrière, commençait.

Dans des caves creusées à vingt mètres sous terre étaient entreposés des vins horribles, mais aussi des trésors. C'est ainsi que j'ai pu goûter des tokays 6 puttonyos de 1957 encore en fûts, des essencias de quarante ans, qui faisaient seulement 4° d'alcool. Cette errance vineuse dans les cryptes du temps nous fit découvrir des flacons exceptionnels. Seule ombre au tableau : à chacune de nos visites, tous les deux mois, on ne nous présentait jamais les mêmes échantillons.

On peut trouver plusieurs variantes de tokay. L'essencia est le résultat de l'écoulement naturel des jus sucrés, provenant des raisins botrytisés stockés dans de grands conteneurs, qui reçoivent jusqu'à cinq tonnes de fruits. Le moût peut atteindre une concentration de six cents grammes par litre. Il est infermentescible. Seul le vieillissement dans les caves permet à l'humidité ambiante de diluer la surface. Alors, le taux de sucre abaissé autorise la fermentation, qui est stoppée presque aussitôt par l'alcool. Quelques mois plus tard, la dilution de la surface laissera s'enclencher de nouveau la fermentation. C'est la raison pour laquelle des vins en fûts depuis vingt ans possèdent un titre alcoolique de 4 à 5°. La qualité des vins de Tokay s'échelonne de 3 à 6 puttonyos. La tradition était de mélanger les jus pressés de trois, quatre, cinq ou six hottes spéciales [1] avec un fût [2] de vin sec de l'année précédente. Ce coupage gardait des taux de sucre allant jusqu'à deux cents grammes par litre pour les plus élevés. Il refermentait et restait en cave à 13°C durant plusieurs années avant la commercialisation.

Les moûts pressés, avec des teneurs en sucre très variables, étaient mis en cave. Lors de la fermentation, ils produisaient du gaz carbonique. Conséquence : personne ne descendait contrôler les barriques pendant trois ou quatre mois. Il fallait attendre que le CO2 s'évacuât. À ce moment-là seulement, on pouvait procéder à un bilan des fûts : certains étaient fermentés, d'autres en arrêt de fermentation, d'autres encore perdus à cause d'une acidité volatile trop élevée. J'avais imaginé qu'il n'était pas compliqué de faire barboter le CO2 qui se dégageait des barriques dans de la soude pour former un carbonate quelconque...

Je me souviens des ouvriers de la propriété me regardant descendre les marches de la cave, avec ma bougie au bout d'un bâton, tel un mineur, afin de vérifier l'absence de gaz. Ils étaient sûrs qu'ils ne me reverraient pas vivant. Quand je remontai avec un large sourire, ils n'en crurent pas leurs yeux ; j'étais un miraculé. Je me souviens aussi de leur réaction quand furent installées les cuves en inox. À pas feutrés, ils s'en approchaient. Ils attendaient alors que nous ayons le dos tourné pour les caresser, longuement, comme un fruit défendu.



[1] Hottes portées à dos d'homme (puttonyos en hongrois) pour le transport des raisins.

[2] Contenant 128 litres.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Œnologie | Commentaires (0) |  Facebook | |