27 12 12

Plus clair et complet que ça, tu meurs !

Le marketing.jpgS'adressant non seulement aux étudiants de licence et de master en marketing et en management, aux étudiants en dernière année de lycée à orientation gestion, mais aussi aux professionnels du secteur (entreprises, consultants, formateurs), l'imposante somme des spécialistes britanniques Paul Baines, Chris Fill & Kelly Page parue dans sa traduction française aux Éditions De Boeck à Louvain-la-Neuve sous le titre Le marketing. Des fondamentaux à la pratique contemporaine constitue sans conteste le nec plus ultra en la matière, tout en demeurant parfaitement accessible à tout amateur intéressé.

C'est que l'ouvrage, à l'édition duquel votre serviteur a apporté sa modeste contribution, est construit autour de sept points forts :

1. Son approche est à la fois pédagogique, pragmatique et managériale : chaque chapitre se termine par un résumé, des questions de révision, des thèmes à débattre, des références bibliographiques et des renvois au site Web.

2. Son propos est international car il intègre des exemples de pays francophones (France, Belgique, Québec et Suisse).

3. Ses auteurs sont à la fois professeurs d'université et actifs dans la vie professionnelle.

4. Son positionnement est très ouvert et son approche actuelle et dynamique amène le lecteur à réfléchir pour mieux mémoriser ensuite.

5. Tout en couleur, il est illustré de nombreux encadrés, études de cas, photos et figures.

6. Il se termine par un glossaire de plus de 500 entrées avec les termes en français et en anglais, un index des notions et un index des noms propres.

7. Il est doté sur Internet d'un site compagnon (www.lemarketing.deboeck.com) proposant de nombreuses ressources complémentaires.

Les auteurs vont à la rencontre des lecteurs, en s’intéressant d’abord à leurs propres comportements face à des situations marketing réelles et concrètes, et ils invitent les lecteurs à y réfléchir. L’ouvrage adopte ainsi une démarche innovante et chaque chapitre est rédigé selon un même fil conducteur :

– présentation d’un aperçu illustratif ;

– des questions sur le problème que soulève cet aperçu ;

– des réflexions, explications, citations de chercheurs de référence, ainsi que des propositions  de compléments illustratifs sur le site ;

– en fin de chapitre, une synthèse qui relie les points clés dans un ordre rationnel, des questions de révision et des questions de discussion, ainsi qu’une bibliographie.

Un manuel limpide et précis qui met le marketing à la portée de tous...

Bernard DELCORD

Le marketing. Des fondamentaux à la pratique contemporaine par Paul Baines, Chris Fill & Kelly Page, adaptation française et avant-propos par Jacques Dioux, traduction française de Nathalie Tramonte, préface de Jean-Watin-Augouard, postfaces de Patrick Gabriel & Emmanuelle Le Nagard, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, juillet 2012, 775 pp. en quadrichromie au format 11 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 59,50 €

26 12 12

« Quid novi sub sole ? Nihil... » (Quoi de neuf sous le soleil ? Rien...)

Lettre à mon frère pour réussir en politique.jpgNé à Arpinum, à 100 km au sud-est de Rome, Quintus Tullius Cicero (103/2-43 av. J.-C.) est le frère cadet de Marcus, le fameux avocat Cicéron. Ayant reçu à l'instar de aîné une solide formation intellectuelle en droit, rhétorique et philosophie, il gravit le cursus honorum (questure, édilité) et devient légat de Pompée en Sardaigne (57) puis de César en Gaule (54).

En 64, il avait rédigé une Lettre à mon frère pour réussir en politique (parue dans sa traduction française aux Éditions Les Belles Lettres à Paris), un petit manuel de campagne électorale (Commentariolum petitionis) dans lequel il expose 58 astuces pour être élu à Marcus qui prépare alors sa candidature au consulat (Cicéron sera d'ailleurs brillamment élu l'année suivante à la magistrature suprême).

Les conseils qu'il y dispense demeurent d'une actualité brûlante et l'on ne peut qu'être grandement admiratif à leur lecture tant l'auteur a fait preuve de clairvoyance, d'intelligence, de subtilité – et de pérennité.

Qu'on en juge par ces mots : « ... il faut parler de cette autre part de l'activité d'un candidat qui consiste à s'assurer la faveur du peuple. Cela exige que l'on connaisse les électeurs par leur nom, qu'on sache les flatter, qu'on soit assidu, qu'on soit généreux, qu'on excite l'opinion, qu'on éveille des espérances politiques. D'abord, le soin que tu prends de bien connaître les citoyens, fais-le paraître à tous les yeux, et perfectionne cette connaissance chaque jour. Je crois qu'il n'y a rien qui rende plus populaire et dont on vous sache plus gré. Ensuite, dis-toi bien que ce qui n'est pas dans ta nature, tu dois savoir feindre assez pour avoir l'air de le faire naturellement. Par exemple, l'aménité, celle qui convient à un homme bon et aimable, ne te fait pas défaut, mais cela ne suffit pas, la flatterie s'impose : elle a beau être mauvaise et avilissante dans la vie ordinaire, elle n'en est pas moins, quand on est candidat, une nécessité. Elle est coupable, en effet, quand elle corrompt l'homme à qui elle s'adresse ; quand elle le rend plus bienveillant, elle est moins à blâmer, et elle constitue vraiment une nécessité pour le candidat dont l'air, la physionomie, le langage doivent être changeants et s'adapter aux façons de penser et de sentir de tous ceux qu'il aborde ».

Cela ne vous fait penser à personne ?

À la mort de César, le triumvirat (Lépide, Marc-Antoine et Octavien) décide la proscription des deux frères et Quintus est assassiné sur la route qui le mène de Tusculum à Arpinum, à la fin novembre ou au début décembre 43.

Ce qui n'arrive plus guère, convenons-en, à nos élus.

Vous avez dit : « Dommage... » ?

Bernard DELCORD

Lettre à mon frère pour réussir en politique par Quintus Cicéron, traduction de L. A. Constans, Paris, Éditions Les Belles Lettres, janvier 2012, 101 pp. en noir et blanc au format 8 x 11 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 2,80 € (prix France)

25 12 12

Des foudres de guerre...

Les Mercenaires.gifAprès avoir ressorti en 2011 Les Centurions [1] de Jean Lartéguy (dont l’édition originale date de 1960), les Presses de la Cité à Paris ont remis Les Mercenaires sur le métier (le roman avait paru en 1954 sous le titre Du sang sur les collines), et c'est une bonne nouvelle pour les amateurs de récits pleins de sang, de sueur et de larmes.

On se souviendra qu'ancien officier de commandos dans l’Armée française de libération durant la Seconde guerre mondiale puis correspondant de guerre du Paris Match de la grande époque, Prix Albert Londres 1955, Jean Lartéguy, narrateur remarquable, couvrit successivement la révolution d'Azerbaïdjan (1945), les conflits de Palestine (1948, 1956, 1967), de Corée (1950-53), d’Indochine (1946-54), d’Algérie (1954-62) puis du Viêt Nam (1959-65) et enfin différentes révolutions en Amérique Latine (années 60-70).

Dès l'incipit, l'auteur donne le ton : « Les mercenaires que j'ai rencontrés et dont parfois j'ai partagé la vie combattent de vingt à trente ans pour refaire le monde. Jusqu'à quarante ans, ils se battent pour leurs rêves et cette image d'eux-mêmes qu'ils se sont inventée. Puis, s'ils ne se font pas tuer, ils se résignent à vivre comme tout le monde, mais mal, car ils ne touchent pas de retraite, et ils meurent dans leur lit d'une congestion ou d'une cirrhose du foie. Jamais l'argent ne les intéresse, rarement la gloire, et ils ne se soucient que fort peu de l'opinion de leurs contemporains. C'est en cela qu'ils diffèrent des autres hommes ».

Ces mercenaires au destin héroïque et pitoyable sont le capitaine Lirelou, ses camarades et son mentor Faugât, un Auvergnat communiste rencontré en 1936 dans les Brigades internationales durant la guerre d'Espagne. On suit ces hommes sur les principaux théâtres de guerre du milieu du XXe siècle, de la guerre d'Espagne à la Seconde Guerre mondiale dans les premiers commandos parachutistes, puis en Indochine au sein d'un maquis contre le Viêt-Minh, jusqu'à la guerre de Corée où des Français combattirent sous mandat de l'ONU.

Loin d'être une apologie de la guerre, ce texte apporte une réflexion sur les thèmes de l'engagement, de la résistance, de la fidélité à ses camarades et du sens de l'honneur du soldat pour qui parfois la désobéissance est la seule façon de rester fidèle à ses engagements [2].

C'est le roman de la fierté nationale déçue, des énergies qui n'ont pas trouvé leur emploi, des sacrifices sans foi et sans cause. Plus encore que les centurions, ces mercenaires sont pour la plupart des aventuriers à l'état pur, inoubliables figures d'hommes, les fils maudits d'un siècle de violence...

Bernard DELCORD

Les Mercenaires par Jean Lartéguy, Paris, Presses de la Cité, novembre 2012, 443 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 21,50 € (prix France)


[1] http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2011/12/18/un-grand-roman-a-la-kessel.html

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mercenaires_%28roman%29

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25 12 12

Des millésimes d'anthologie !

Guide Hachette des vins 2013.gifConstituant la 28e édition du plus lu de par le monde des guides d'achat français (il en existe même désormais une version en mandarin...), le Guide Hachette des vins 2013 constitue à l'évidence un excellent cru, constitué d'une quantité impressionnante d’informations sur une sélection de 10 000 vins (des récoltes 2009 et 2010) résultant de la dégustation à l'aveugle, en toute indépendance et impartialité, de 40 000 crus par 1500 spécialistes, excusez du peu !

Chacun des vins de la sélection a été noté de 0 à 3 étoiles, et 550 coups de cœur ont été attribués aux cuvées les plus remarquables, qui voient leur étiquette reproduite dans l'ouvrage.

Tous les grands crus, toutes les appellations d’origine et tous les vins de pays produits en France, en Suisse et au Luxembourg y sont passés en revue, en ce compris les vins bio, et le lecteur y trouvera aisément ce qu’il cherche grâce à un classement par régions, par appellations et par noms de vins, à des onglets de couleurs, à une table des cartes, à un glossaire (« Les mots du vin ») et à quatre index (des appellations, des communes, des producteurs et des vins, cela va de soi).

Pour chaque vin, en plus d’un commentaire détaillé, le guide indique son nom, le millésime dégusté, la note de dégustation, la superficie de production, le nombre de bouteilles produites, le mode d’élevage, la liste des bons millésimes, la fourchette de prix en euros, le rapport qualité-prix, le nom et l’adresse du producteur, l’horaire des visites, la possibilité d’acheter à la propriété, l’existence d’un gîte rural ou d’une chambre d’hôte (avec gamme de prix) et, bien entendu, son éventuelle classification « coup de cœur » par le jury.

Écoutons ce qu'en dit le directeur de la publication, Stéphane Rosa : « Comme chaque année, le guide repart à zéro et met au jugement les derniers millésimes mis en bouteille dans chaque appellation, Dans cette édition, place au 2009 pour les grands crus bordelais notamment : les dégustations confirment qu'il s'agit bien d'un millésime admirable, plein de rondeur et de générosité, Mais le 2010 s'annonce tout aussi remarquable, un grand millésime d'équilibre, témoins les vins dégustés dans les appellations régionales du Bordelais ou encore dans le Blayais et le Bourgeais, 2009-2010 fait ainsi penser à l'illustre duo 1989-1990... 2010 est aussi très réussi dans la Vallée de la Loire (chinon, bourgueil, saint-nicolas, liquoreux...) et en Bourgogne, avec des rouges tendus et des blancs minéraux (superbe année dans le Chablisien). Bref, du beau et du bon ! »

Le livre de chevet de tout acheteur, consommateur ou amateur du bien boire et du bien vivre qui se respecte !

Bernard DELCORD

Guide Hachette des vins 2013, Paris, Éditions Hachette, septembre 2012, 1400 pp. en quadrichromie au format 14 x 22 cm sous couverture cartonnée, 29 € (prix France)

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25 12 12

Bonum vinum laetificat cor hominis…

Le vin en cent poèmes.gifCélébrant Le vin en cent poèmes, dans un fort joli ouvrage paru aux Éditions Omnibus à Paris, Julia Hung mêle les textes inspirés aux belles images en couleurs pour chanter les louanges du breuvage que les dieux, si on en croit les Anciens, ont réservé aux hommes et que le philosophe Gaston Bachelard a décrit comme « un corps vivant où se tiennent en équilibre les "esprits" les plus divers, les esprits volants et les esprits pondérés, conjonction d'un ciel et d'un terroir ».

Si pour beaucoup d'auteurs l'ivresse est un sortilège libérateur, ainsi que l'ont écrit Aristide Bruant, lord Byron, Gustave Flaubert, Horace, Victor Hugo, Omar Khayyâm, Tchang Kien, Jean de La Fontaine, Li Po, Thomas Moore, Abû Nuwâs, Jacques Prévert, Paul Valéry, Paul Verlaine, François Villon, William Butler Yeats et même l'Ancien Testament (dans L'Ecclésiaste II, 3-4), d'autres ont en outre loué les bienfaits du jus de la treille, comme Guillaume Apollinaire, François Coppée, Robert Desnos, saint Jean (hé oui, dans son évangile, XV, 1-7), Molière, Gérard de Nerval, Pablo Neruda, François Rabelais, Pierre de Ronsard et William Shakespeare, tandis que certains mettaient en exergue le rôle de la terre et le travail de l'homme, à l'instar d'Anacréon, de Gabrielle Colette, Gaston Couté, Alphonse Daudet, Joachim du Bellay, Alphonse de Lamartine et Jean Richepin.

Mais, rappelle Julia Hung, si le vin « est synonyme de gaieté et de convivialité, c'est un ami qui peut se révéler traître »... Et de citer la terrible phrase de Charles Baudelaire : « Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable ».

Un livre à savourer, donc, avec sagesse !

Bernard DELCORD

Le vin en cent poèmes, textes réunis et présentés par Julia Hung, Paris, Éditions Omnibus, août 2012, 216 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cette anthologie bachique les quelques lignes suivantes :

À mes amis

(Casimir Delavigne)

Fugaces...

Labuntur anni

Horace

 

Ô mes amis, que ce banquet m'enchante !

J'aime ces jeux, ce désordre et ces cris,

Des vins fumants la pourpre étincelante,

Ces fruits épars et ces joyeux débris.

 

Dans soixante ans, quand l'âge impitoyable

Fera trembler les flacons dans ma main,

Puisse Bacchus nous rassembler à table,

Et nul de nous ne manquer au festin !

 

Nous chanterons d'une voix moins sonore ;

Mais que Bacchus dicte nos derniers vers :

Buvons à lui, qu'un jus brûlant colore

Nos fronts pâlis par quatre-vingts hivers !

 

Plongeons nos sens dans une heureuse ivresse :

Le lierre, mes amis, sied bien aux cheveux blancs ;

Ses rameaux verts couvrent de leur jeunesse

Les vieux ormeaux dépouillés par les ans.

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24 12 12

Splendeurs d'Afrique

L'Art africain.gifEnseignant l'histoire des arts africains à la prestigieuse Université internationale de l'Art à Florence, le professeur italien Ezio Bassani est une autorité mondiale en la matière et il vient de faire paraître, chez Skira à Milan et chez Flammarion à Paris, un magnifique ouvrage, sobrement intitulé L'Art africain, qui enthousiasmera les spécialistes les plus chevronnés et fera écarquiller les yeux des lecteurs plus dilettantes, tant les illustrations s'avèrent remarquables par le choix des sujets et la qualité de la photographie.

Écoutons l'auteur :

« L'univers infini de la sculpture africaine est le résultat d'un processus évolutif complexe et diversifié. C'est une mosaïque extrêmement variée produite par une histoire riche, aux multiples facettes, faite de contaminations stylistiques provoquées par les contacts, les migrations, les guerres et les alliances. L'objectif de cet ouvrage est de présenter la sculpture africaine traditionnelle à son plus haut niveau par une sélection d'œuvres qui n'ont pas été créées pour le marché de l'art mais pour répondre aux besoins religieux, politiques et même esthétiques des anciennes sociétés africaines, et d'exposer sous une forme simple et synthétique l'état des connaissances actuelles sur ses caractéristiques historiques, formelles, symboliques et fonctionnelles.

L'illustration et le commentaire de plusieurs groupes de sculptures – figures, masques et objets utilitaires – permettent de poser concrètement certains des problèmes fondamentaux de l'art africain et d'apporter les réponses obtenues par la recherche actuelle : la datation et l'historicité par exemple, les rapports avec les premiers commanditaires européens, ou l'attribution des œuvres à leurs auteurs.

Les œuvres présentées et illustrées sont en bois ou moins fréquemment en ivoire, mais certaines sculptures peuvent aussi avoir été réalisées dans d'autres matériaux, comme le métal ou la terre cuite. Ces dernières sont d'ailleurs mises au jour en nombre de plus en plus important par les fouilles qui se sont intensifiées au cours des dernières décennies et qui sont en train de modifier le panorama artistique du continent, en révélant des cultures anciennes insoupçonnées aux côtés des cultures classiques et plus connues d'Ifé et du Bénin. »

Pour les amateurs de belles choses, une véritable féerie !

Bernard DELCORD

L'Art africain par Ezio Bassani,  traduction française de Jérôme Nicolas, Milan-Paris, Éditions Skira/Flammarion, septembre 2012, 301 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 31,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 55,00 € (prix France)

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24 12 12

Les James Bond de l'Hexagone...

Dans les archives inédites des services secrets.gifBourré d'illustrations photographiques remarquables et rédigé sous la direction de Bruno Fuligni, l'ouvrage intitulé Dans les archives inédites des services secrets : un siècle d'histoire et d'espionnage français (1870-1989), paru aux Éditions de l'Iconoclaste en 2010 mais toujours disponible en librairie et en version club chez France Loisirs, a été réalisé à partir des principaux fonds d'archives du renseignement français : le Service historique de la Défense (SHD) qui conserve les dossiers secrets des quatre armes – Terre, Marine, Air, Gendarmerie –, ainsi que les fonds issus de la Résistance et du 2e Bureau que le général de Gaulle constitua en exil à Londres et qui devint le BCRA (Bureau central de Renseignement et d'Action) ; la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) et la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), qui ne possèdent pas moins de quatre « musées secrets », véritables salles de trophées abritant la mémoire du renseignement français (faux papiers, prises de guerre, prototypes d'émetteurs clandestins, appareils photo miniatures, matériel réformé d'écoute ou de détection, rapports déclassifiés...) ; les archives de la Préfecture de police (APP) avec nombre de dossiers sur les personnalités les plus diverses, avant comme après la création des Renseignements généraux en 1907 ; et les Archives nationales (AN) qui conservent le fichier de la Haute-Commission interalliée en Rhénanie ainsi que les dossiers de l'ancienne cour de Sûreté de l'État, qui jugea les affaires d'espionnage de 1963 à 1981.

Fermées jusqu'alors, ces archives ont été ouvertes pour la première fois à un éditeur qui a travaillé en toute indépendance, choisi les sujets, les documents et les auteurs. Plus encore, des dérogations exceptionnelles ont été obtenues sur des affaires contemporaines, au-delà des dates habituelles de communication des archives.

Deux années durant, une équipe de 42 chercheurs [1] a exhumé des centaines de cartons d'archives, consulté des milliers de documents et d'images, photographié des dizaines d'objets et prises de guerre, souvent difficiles d'accès. Au total, ce sont plus de 800 trésors qui ont été sélectionnés et reproduits dans cet ouvrage. Autant de pièces inédites qui donnent aux événements un nouvel éclairage historique.

De la défaite de 1870 à la fin de la Guerre froide, ces pages retracent les grandes heures de l'espionnage et du contre-espionnage français. La naissance des services, l'évolution de leurs techniques, mais aussi leur rôle décisif dans la grande Histoire : l'affaire Dreyfus, la révolution bolchevik, la montée du nazisme, le stalinisme, la France libre à Londres, les préparatifs du Débarquement, la guerre d'Algérie, l'opération de Kolwezi, l'affaire Farewell.

On y croise de grandes figures d'espions – le capitaine d'Amade, le colonel Pellé, Bolo Pacha, Fantômas, Otto Skorzeny, le colonel Passy, Georges Pâques –et des séductrices de légende comme La Païva, Mistinguett, Mata Hari ou Joséphine Baker, sans oublier les gadgets comme les pigeons équipés d'un appareil photographique à déclenchement automatique utilisés durant la Première Guerre mondiale ou les foulards en soie sur lesquels étaient imprimés des codes lisibles à l'aide d'une mini-loupe par les opérateurs radio de la Résistance entre 1940 et 1944.

Un livre qui donne presque raison à Woody Allen qui assurait : « J'aurais voulu être espion, mais il fallait avaler des microfilms et mon médecin me l'a interdit »...

Bernard DELCORD

Dans les archives inédites des services secrets : un siècle d'histoire et d'espionnage français (1870-1989), ouvrage collectif sous la direction de Bruno Fuligni, Paris, Éditions de l'Iconoclaste, collection « Mémoires », octobre 2010, 351 pp. en quadrichromie au format 27 x 32,7 cm sous couverture brochée (cartonnée en version club chez France Loisirs) en couleurs, 69 € (prix France)


[1] Sébastien Albertelli, David Alliot, Chantal Antier, Pierre Assouline, Grégory Auda, Serge Berstein, Michaël Bourlet, Emmanuelle Braud, François Cathala, Gérard Chaliand, Alexandre Courban, Pierre fournié, Bruno Fuligni, Jean Garrigues, Frédéric Guelton, Jean-Claude Guillebaud, Gabrielle Houbre, Anne-Aurore inquembert, Jean-Noël Jeanneney, Christian Kessler, Jean Lacouture, Denis Lefebvre, Tagdual Le Guen, Stéphane Longuet, Laure Mandeville, Jean-Jacques Marie, Bernard Marrey, Jean Martinant du Préneuf, Jean-Dominique Merchet, Dominique Missika, Alain Pagès, Frédéric Pagès, Vincent Prévi, Jean-Pierre Rioux, Orlando De Rudder, Alexandre Sheldon-Duplaix, Gérard Siary, Dominique Soulier, Benjamin Stora, Samuël Tomei, Marie-Catherine Villatoux & Thomas Wieder.

24 12 12

Le grand livre des accordailles...

Vins & mets (1).jpgIssu de l'école hôtelière de Tain-l'Hermitage en 1998, Nicolas Rebut est l'un des meilleurs sommeliers au monde, qui a fait ses armes dans de grands établissements prestigieux comme la Maison Pic à Valence et Bernard Loiseau à Saulieu, avant de devenir chef sommelier au Louis XV-Alain Ducasse à Monaco et enfin au Meurice à Paris.

En collaboration avec Chihiro Masui, journaliste et écrivain culinaire, il a rédigé pour les Éditions Flammarion à Paris un ouvrage très utile et très éclairé intitulé Vins & mets Une affaire de goût, par lequel il met ses connaissances œnologiques exceptionnelles et son expérience longanime à la disposition de ses lecteurs en offrant son analyse de 100 vins français, 100 profils choisis depuis les grands vins mythiques aux découvertes encore inconnues du public pour réaliser des accords classiques, certes, mais aussi des unions osées et des mariages exotiques ou insolites.

Car, écrivent nos deux compères, « nous vivons dans un monde nouveau, plus cosmopolite. Notre alimentation a changé. Nos vins se sont adaptés. Nous aimerons toujours déguster un carré d'agneau avec un Saint-Joseph, un pâté de lièvre avec un Morey-Saint-Denis, un sauté de veau avec un Vougeot 1er cru... Osez maintenant des nems de crevettes avec un grand Meursault, des sushis avec un Pouilly-Fumé, un masala dosa avec une Coulée de Serrant, et un canard laqué avec un Musigny grand cru ! ».

À rebours des habituelles questions d'association d'un vin à un mets, Nicolas Rebut fait du produit de la treille l'élément-clé du menu en l'associant à des fruits de mer, des poissons, des viandes, des volailles, des légumes, des épices et des cuisines des cinq continents.

Avec lui, pas à dire, la mondialisation, c'est bon !

Bernard DELCORD

Vins & mets Une affaire de goût par Nicolas Rebut & Chihiro Masui, photographies de Richard Haughton, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2012, 256 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 31,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage gouleyant la présentation suivante :

Château La mission Haut-Brion

Vins & mets (2).jpg

 Appellation :

Pessac-Léognan

Propriétaire :

Domaine Clarence Dillon S.A.S

Président et directeur général : S.A.R. le Prince Robert de Luxembourg

Région :

Bordeaux

Commune :

Pessac

Terroir :

Sol graveleux, sableux et sous-sol argilo-sableux, calcaire

Cépages :

45,4 % merlot, 43,9 % cabernet sauvignon,

9,7 % cabernet franc, 1 % petit verdot

Millésimes exceptionnels :

1929, 1945, 1959, 1961, 1982, 1986, 1989, 1990, 1998,2000,2003,2005,2009

Bons millésimes :

1979,1985, 1995, 2001, 2006, 2010

Accords :

Gigue de chevreuil, filet de sanglier, côte de biche, lièvre à la royale, bœuf wagyu, truffe noire, foie gras, coq, trompette des morts, cèpe, artichaut, aubergine, pomme de terre, haricot rouge, réglisse, cerise, figue, rhubarbe, chocolat au lait

Accords osés :

dos de cabillaud piqué de truffe noire,

canard à la vapeur puis frit

Accords interdits :

Mets simples

Commentaire :

Ce grand vin de graves allie la puissance et l'onctuosité, expressions du terroir unique de  Pessac-Léognan Le château La mission Haut-Brion possède une texture veloutée inégalable, une fraîcheur, une profondeur et un charme plus évidents lorsque le vin est jeune, vers 5 à 6 ans. Il reste cependant accessible à tout moment et on pourra le laisser reposer pendant 30 ans : dans ce cas, il devra accompagner des mets travaillés, avec beaucoup de texture, comme des gibiers en sauce.

À 8 ans, on pourra le déguster avec un bœuf waqvu et son jus de rôti où la matière serrée et la puissance du vin formeront un accord intense avec le moelleux de la viande. Le côté racé du terroir et de la viande créeront une explosion de saveurs. On retrouve les mêmes caractéristiques bien qu'avec des saveurs très différentes dans la cuisine chinoise, avec le canard cuit à la vapeur puis arrosé d'huile bouillante (heung son gap) : du moelleux de la viande, un fumet presque croustillant et une intensité de goût qui seront délicieusement enveloppés par la texture veloutée et la fraîcheur du vin.

Au-delà d'une dizaine d'années, il mettra en avant toute la complexité d'une tarte à la truffe noire et au beurre demi-sel. Une harmonie de saveurs, d'arômes et de textures: persistance aromatique de la truffe, profondeur du vin.

Une côte de biche au feu de bois avec des champignons d'automne se mariera avec un vin de 20 ans pour un accord sensuel, gourmet, mêlant la finesse et la concentration des saveurs. Les saveurs fumées et toastées de la viande seront adoucies par le caractère juteux et velouté du vin.

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22 12 12

Éclats de rire assurés !

Dictionnaire amoureux de l'Humour.gifLe Dictionnaire amoureux de l'Humour que Jean-Loup Chiflet a fait paraître récemment aux Éditions Plon à Paris est un véritable petit bijou d'inventivité, de drôlerie et d'esprit !

De Rabelais à Fernand Raynaud, de Montesquieu à Coluche, de Voltaire à Georges Wolinski, de Diderot à Jean Yanne, de Gustave Flaubert à Valérie Lemercier, d'Anatole France aux Monty Python, de Georges Feydeau à Frédéric Dard, de Jules Renard à Bourvil, des Pataphysiciens aux Oulipiens et de Molière à Antoine Blondin, sans oublier Jonathan Swift, Talleyrand, Winston Churchill, Sacha Guitry, Pierre Dac, Alexandre Vialatte, Jules Romains, Francis Ponge, Jacques Prévert, Eugène Ionesco, Woody Allen, Georges Perec, Emil Cioran, Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, Pierre Desproges, Philippe Geluck, les surréalistes belges et tant d'autres, l'auteur a essayé d'analyser le mécanisme complexe de l'humour : s'agit-il vraiment d'un « excès de sérieux », comme le pensait Tristan Bernard, ou d'une « tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie » comme le laissait plutôt entendre Raymond Queneau ?

Vaste débat...

En voici quelques arguments :

S'agissant, par exemple, de jeux de mots : « Madame Bovary passait son temps à tromper l'ennui et son mari. » (Gustave Flaubert) ; « En voyant le lit vide, il le devint. » (Ponson du Terrail) ; « À défaut de sonnettes, ils tirent la langue. » (Paul Valéry).

De définitions de mots croisés : « N'est baisée que par des hommes du monde – Main (Max Favalelli) ; « A réussi à se caser comme nègre en littérature – Tom » (Robert Scipion) ; « Mesure de redressement –aphrodisiaque » (Léo Campion).

De leçons de vie : « Je me serais bien suicidé, mais j'étais en analyse avec un freudien de stricte obédience, et ils vous font payer les séances manquées. » (Woody Allen) ; « En France, le ridicule ne tue pas. On en vit. » (Henri Jeanson) ; « Comment rira celui qui mourra le dernier ? » (Jacques Sternberg).

De constats scientifiques : « Tout corps plongé dans une baignoire reçoit un coup de téléphone. » (Francis Blanche)

De slogans politiques : « Le Bas-Var aux Bas-Varois ! » (Alphonse Allais)

De beauté féminine : « Elle était vraiment très belle ; même les valises qu'elle avait sous les yeux venaient de chez Gucci. » (Kenny Everett)

D'histoire « C'est en 1967 que Magritte cassa sa pipe. » (Alain Dantinne)

D'autodérision : « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi... J'aurais pu être noir. » (Ray Charles)

Et de constats de toutes sortes : « Les marmottes qui pissent au lit passent un sale hiver. » (Vincent Haudiquet) ; « Le problème des vacances, c'est qu'on ne peut pas téléphoner du bureau. » (Jean-Jacques Vanier) ; « Lorsque les gens mangent, ils en profitent pour alimenter la conversation. » (Raymond Devos)

De quoi convaincre les esprits les plus chagrins !

Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de l'Humour par Jean-Loup Chiflet, dessins d'Alain Bouldouyre, Paris, Éditions Plon, collection « Dictionnaires amoureux », novembre 2012, 706 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 € (prix France)

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22 12 12

Un livre qui décoiffe…

Spa Francorchamps.gifParu aux Éditions Graton/Dupuis dans la collection « Les Dossiers Michel Vaillant », le bel album intitulé Spa Francorchamps mêle réalité historique et fiction dessinée pour raconter l'histoire de ce circuit mythique belge, haut lieu de la course automobile internationale qui apparaît dans de nombreuses aventures de Michel Vaillant entre 1958 et 1982.

Le récit très informé du journaliste spécialisé Alain van den Abeele, illustré de planches du dessinateur Jean Graton et rehaussé de photographies d'archives ainsi que d'images de presse, y retrace les grands moments de ce lieu légendaire, maintes fois qualifié par les professionnels de « plus beau circuit du monde », qui fut depuis 1924 le théâtre de nombreux exploits – de Juan Manuel Fangio, de Jackie Stewart, de Jacky Ickx, de Henri Pescarolo, d'Ayrton Senna, de Fernando Alonso, de Sebastian Vettel ou de Michael Schumacher notamment...

L'ouvrage se clôt, comme tous ceux de cette belle collection, sur une magnifique galerie de dessins d'automobiles de course, allant de la FN « Prince Baudouin » (1933) et la Maserati 8 CM (1934) à la Red Bull RB7 (2011) en passant notamment par la Lotus-Climax 25 (1962), la Ferrari 250 GTO (1963), la Ford Capri II (1979), la Porsche 956 (1982) ou la Benetton B192-Ford (1992).

Souvenirs, souvenirs...

Bernard DELCORD

Spa-Francorchamps par Alain van den Abeele et Jean Graton, préface de Jacky Ickx, Éditions Graton/Dupuis, collection « Les Dossiers Michel Vaillant », août 2012, 124 pp. en quadrichromie au format 22 x 29,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 20,50 €

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