16 08 12

¡Hasta la revolucion!

Instruments de design management 2.pngBien que s'opérant à l'insu de la plupart des gens, une révolution industrielle est en marche depuis un petit nombre d'années, qui met le design non plus en finale et non pas au cœur mais bien à l'initiale de la production industrielle de biens, avec toutes les conséquence que l'on devine sur les modifications de l'approche technologique et des rapports entre designers  et ingénieurs, ces derniers étant désormais au service de la créativité des premiers.

Cette révolution a nécessité la mise en place de nouvelles formes de prise de décision dans les entreprises, concrétisées par une approche dite du design management – aux frontières et aux attributions parfois encore floues dans certains esprits conservateurs – entièrement tournée vers les processus d'innovation à travers des pratiques nouvelles en interaction, le project management, le design stratégique et la gestion du méta-projet.

Or, il n'est pas de design sans appréhension émotionnelle du réel, tant il est vrai, comme le souligne le professeur Norman [1], que doit être pris en compte le fait « que les objets que nous utilisons tous les jours nous apportent ou non du plaisir et que la personnalité de chacun de nous est également déterminée par les objets qu'il utilise : nous les choisissons, les apprécions, non seulement pour le rôle qu'ils jouent pour nous, mais aussi pour les sensations qu'ils nous donnent ».

Il en résulte un chambardement généralisé non seulement dans les pratiques de production industrielle mais aussi de commercialisation à tous les niveaux, y compris de communication publicitaire, des pratiques que l'on désigne désormais sous le vocable de design thinking et qui doivent être abordées avec des méthodologies nouvelles.

 

Instruments de design management 3.pngC'est ce que démontrent avec autant de clarté que de brio les auteurs de deux ouvrages parus récemment aux Éditions De Boeck à Louvain-la-Neuve, intitulés respectivement Instruments de design management (par Cabirio Cautela [2], Francesco Zurlo [3], Kamel Ben Youssef [4] et Stéphane Magne [5]) et Design émotionnel (par Donald A. Norman), dans lesquels la théorie est illustrée de nombreux cas pratiques qui permettront aux lecteurs intéressés par ces questions (étudiants, managers ou curieux de modernité) de mesurer l'ampleur des bouleversements en cours.

Sans qu'il faille pour autant leur faire un dessin !

Bernard DELCORD

Instruments de design management par Cabirio Cautela, Francesco Zurlo, Kamel Ben Youssef & Stéphane Magne et Design émotionnel par Donald A. Norman, traduction et adaptation française de Kamel Ben Youssef, Cyril de Charentenay & Saverio Sbalchiero, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck Université, collection « Design & Innovation », février et mai 2012, 312 et 251 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 27,50 € et 29,00 €



[1] Il a été professeur de sciences cognitives à l'Université de Californie (San Diego) et professeur de sciences informatiques et de design à l'Université Northwestern dans l'Illinois et au KAIST, en Corée. Il a également été vice-président des technologies de pointe chez Apple.

[2] Docteur en management, Cabirio Cautela enseigne à l’École Polytechnique de Milan.

[3] Francesco Zurlo est docteur en design industriel et professeur agrégé de design industriel à l’École Polytechnique de Milan.

[4] Kamel Ben Youssef est professeur certifié d’économie et gestion à l'IUT de Ville d'Avray (Université de Paris X-Nanterre).

[5] Stéphane Magne est maître de conférences en marketing à l’Institut d'Administration des Entreprises de Toulouse (Université Toulouse-Capitole) et docteur en sciences de gestion, diplômé de l'École supérieure de Commerce à Montpellier.

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16 08 12

Pour mener grand train...

Roulez carrosses 2.gifÉdité à l'occasion de l'exposition éponyme organisée par l'Établissement public du château de Versailles en partenariat avec la région Nord-Pas-de-Calais et la Ville d'Arras (et présentée au musée des Beaux-Arts d'Arras du 17 mars 2012 au 10 novembre 2013), le fort bel ouvrage intitulé Roulez carrosses ! paru chez Skira Flammarion à Paris ravira, comme l'indiquent les auteurs, les passionnés « de voitures hippomobiles et, en l'occurrence, de voitures historiques, toutes du plus grand luxe et toutes différentes : voitures de promenade des enfants de Louis XVI, berlines du mariage de Napoléon Ier, char funèbre de Louis XVIII, carrosse du sacre de Charles X... »

« D'autres chefs-d'œuvre, fleurons des collections versaillaises, les accompagnent : un ensemble de peintures de Van der Meulen dont la célèbre Entrée de Louis XIV à Arras, de grands portraits royaux, ou des pièces uniques comme ces traîneaux de fantaisie dans lesquels Louis XV puis Marie-Antoinette sillonnaient en hiver les allées enneigées du parc de Versailles. Ce rassemblement est l'occasion d'un discours où s'enchevêtrent épisodes de la grande histoire, entrées des souverains dans la capitale artésienne, événements dynastiques et usages de cour, rapportés et commentés par d'éminents historiens. »

« Grâce à la contribution des meilleurs spécialistes des voitures hippomobiles, les amateurs de belles voitures, quant à eux, découvriront ce qu'étaient les grands carrosses d'apparat – du "carrosse moderne" inventé sous Louis XIV jusqu'aux voitures de gala de la présidence de la République –, quels en étaient les innovations techniques, le raffinement de leurs accessoires et l'extrême richesse de leur ornementation, en un temps où l'art de la carrosserie française connaissait son apogée. »

Cette première exposition hippomobile française qui rassemble aussi des tableaux, des sculptures, des chaises à porteurs et des harnachements de chevaux, grâce aux véhicules méconnus qu'elle présente, permet à ses visiteurs –et aux lecteurs de son catalogue – de parcourir l'Histoire de France de Louis XIV à la IIIRépublique... à bride abattue !

Bernard DELCORD

« Roulez carrosses ! », ouvrage collectif, Paris, Éditions Skira Flammarion, mars 2012, 256 pp. en quadrichromie au format 26 x 26 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)

Roulez carrosses 3.jpg

Coupé de ville de forme boule par Aubry, carrossier à Paris, vers 1805

(Compiègne, Musée national de la voiture et du tourisme)

 

Informations pratiques :

ARRAS MUSÉE DES BEAUX-ARTS

22, rue Paul-Doumer - 62000 Arras (France)

Tél. + 33 (0)3 21 71 26 43

www.versaillesarras.com

Tarifs :

Tarif plein : 7 euros

Tarif réduit : 4 euros (plus de 65 ans, étudiants, enseignants, détenteurs d'une carte d'invalidité ou d'une carte famille nombreuse et détenteurs d'un billet du château de Versailles)

15 08 12

Un roman rimbaldien...

Les grands masques.gifMarc Quaghebeur est sans conteste l'un de nos intellectuels les plus brillants (spécialiste de Rimbaud et grand africaniste, il est par ailleurs le meilleur connaisseur actuel des lettres françaises de Belgique dont il manie l'éventail jusque dans ses productions totalement ignorées) et de nos hauts fonctionnaires les plus actifs (ancien commissaire du livre au ministère de la Culture et professeur des universités, il est aussi le patron, à l'Albertine, des Archives et Musée de la littérature).

Il a fait paraître récemment aux Éditions du grand Miroir à Waterloo un roman labyrinthique intitulé Les grands masques, dans lequel le lecteur est mené de Bruxelles à Kinshasa en passant par Bucarest, Paris et La Paz dans un tourbillon d'intrigues et de questions qui furent au cœur des préoccupations et des réalités du siècle passé, à travers un récit dans lequel un couple d'amants, l'artiste peintre Paul De Cormois (fils d'Henri, l'exécuteur testamentaire de son grand-oncle Ernest, qui rallia de Gaulle à Londres avant d'épouser Élisabeth de Hauteville en 1946) et Suzanne Andrieux (fille du docteur Élysée Andrieux, qui, après sa déportation à Dachau, se rapprocha du parti communiste belge) se lancent sur les traces d'une certaine Milena Lilienfeld, épouse Jean Lavigne.

Voici le pitch, donné par l'éditeur :

« Que s'est-il passé entre Milena Lilienfeld, intellectuelle roumaine engagée et espionne de haut vol, et le peintre et résistant Ernest De Cormois ? Sa figure, qui hante ce roman comme le cœur de Milena, ne cesse d'échapper, de tramer et de se donner. C'est que, dans ce récit, chacun avance masqué et plonge au pire de l'Histoire du XXe siècle. Quels intérêts sordides y font courir en Afrique et ailleurs des personnages aux passés troubles ? Quels enjeux se cachent derrière l'assassinat à Houlgate du mari de Milena Lilienfeld ? Qu'a découvert Ernest De Cormois à la fin de sa vie, au seuil de son chef-d'œuvre pictural, Les Juifs de Vienne ? Un demi-siècle après les rencontres décisives des principaux protagonistes, Paul et Suzanne se voient subitement projetés sur les traces (...) de Jean et d'Élysée, d'Élisabeth et de Milena. L'histoire inconnue de leurs ascendants est aussi celle du siècle qui les a faits. Ils en sont les héritiers bien au-delà de ce qu'ils croyaient savoir. Lettres et billets, fax et SMS, dialogues et monologues trament ce roman mosaïque dans lequel se perd un couple d'amants. L'Art et la Politique y jouent un pas de deux qu'on leur reconnaît rarement. »

Un roman à clés, bien entendu (les initiés s'amuseront du portrait fantasque et fantasmé de certains personnages et de l'auteur lui-même) qui se lit comme un Bateau ivre abordant aux rivages de notre temps.

Bernard DELCORD

Les grands masques par Marc Quaghebeur, Waterloo, Éditions du Grand Miroir, mai 2012, 349 pp. en noir et blanc au format 12 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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15 08 12

Du grand art !

 101 chefs d'œuvre de Manet à Dürer.jpgLa collection de peinture ancienne et moderne du musée des Beaux-Arts de Tournai peut être considérée comme une des plus belles en Belgique.

Fruit du génie du grand architecte de l'Art nouveau, Victor Horta (1861-1947), et inauguré le 17 juin 1928, le Musée des Beaux-Arts de Tournai est un bâtiment extraordinaire, tant est originale la combinaison de salles rayonnantes disposées autour d'un hall central polygonal.

Il fut spécialement conçu pour qu'y soient présentées les très riches collections léguées à la Cité des Cinq Clochers par le mécène bruxellois Henri Van Cutsem décédé en 1904, collections qui s'enrichirent au fil du temps à force d'achats, de dons et de legs au point de constituer aujourd'hui une passionnante approche globale de l'histoire de la production picturale européenne du XVe siècle à nos jours.

Parmi les pièces majeures, citons, outre les primitifs (divers anonymes, Robert Campin, Roger de le Pasture, Jean Gossart, Pierre Bruegel l'Ancien, Jean Bruegel I...) et quelques maîtres des XVIIe et XVIIIe siècles (Rubens, Jordaens, Watteau...), mais surtout son ensemble impressionniste (Monet, Seurat, Van Gogh, Toulouse-Lautrec…) qui assurent le rayonnement international du musée abritant également les deux seuls tableaux d'Édouard Manet conservés en Belgique, Argenteuil (1874) et Chez le Père Lathuille (1879), des toiles mondialement célèbres.

Le musée a été rénové tout récemment. À cette occasion, et sous la direction de son conservateur Jean-Pierre de Rycke, cette superbe institution de Wallonie présente une exposition de prestige rassemblant une sélection de 100 créations (80 peintures, 19 dessins et 1 gravure) majeures classées par genre iconographique, qui forment une sorte de miroir général de la vie en sept sections et temps forts : Le bonheur de vivre (Manet, Khnopff, Watteau...), Les travaux et les jours (De Braekeleer, Constantin Meunier…), Éloge de la Folie (Ensor, Jordaens, Dürer, Tiepolo, Lebrun, Delville, Rops…), Matières et illusion (Kalf, Van Kessel…), La Vérité de l’être (Campin, Van Dyck, David, Fantin-Latour, Greuze, Delacroix, Stevens, Courbet, Émile Claus…), Au cœur de l’univers (les Bruegel, Monet, Seurat, Van Gogh…), Foi et Dévotion (Roger de le Pasture – alias Van der Weyden –, Hugo Van der Goes, Gossart, David II Teniers, Rubens…)

Ces 100 œuvres sont complétées par une 101e, le bâtiment lui-même à travers une présentation exceptionnelle des plans et esquisses originaux de Victor Horta.

C'est donc tout naturellement que cette magnifique exposition s'intitule 101 chefs d'œuvre de Manet à Dürer et le somptueux catalogue qu'elle propose à la vente, publié par les Éditions Racine à Bruxelles (et par conséquent également disponible en librairie), en constitue une belle trace impérissable.

Tant il est vrai, comme l'assurait Oscar Wilde, que « la Vie imite l'Art bien plus que l'Art n'imite la Vie »...

Bernard DELCORD

101 chefs d'œuvre de Manet à Dürer par Jean-Pierre de Rycke, Bruxelles, Éditions Racine, janvier 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 25 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,95 €

Informations pratiques :

Musée des Beaux-Arts

Enclos Saint-Martin

7500 Tournai

Téléphone : +32 69 33 24 31

Email : musee.beaux-arts@tournai.be

Web : www.tournai.be/musee-beaux-arts

Exposition jusqu'au dimanche 30 septembre 2012 de 10h à 17h30

Fermeture le mardi

Tarifs :

Normal : 6 € par personne

Réduit : 4 € par personne (groupes, séniors, jeunes jusque 18 ans)

 

 

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16 07 12

Un sac d'embrouilles...

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 16/07/2012 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Richement illustré, le petit essai de Paul Gerbaud intitulé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo-palestinien, paru aux Éditions Hatier à Paris dans la remarquable collection des « Guides visuels », fait le point en images sur ce qui est peut-être le plus long conflit de l'histoire puisqu'il plonge ses racines dans l'empire romain, plus précisément la révolte des Juifs sous Titus qui dura de 66 à 70 après J.C. et se conclut par la prise de Jérusalem, la destruction du Temple et la dispersion des Juifs dans la Romania.

Abordant le problème à partir du XIXe siècle dans l'empire ottoman, dans l'empire russe et en Europe, l'auteur rappelle qui fut Theodor Herzl et ce que sont le sionisme et le nationalisme arabe, décrit l'embrouillamini diplomatique de la Première Guerre mondiale (la politique du colonel Lawrence, les accords Sykes-Picot, la déclaration Balfour, les pressions de Chaïm Weizmann et de Zeev Jabotinsky, la création de la légion juive) et de ses suites (le mandat britannique sur la Palestine, les velléités indépendantistes de la dynastie hachémite, la création de la Haganah et de l'Agence juive, la montée des tensions en Terre sainte, l'arrivée massive de Juifs, entre 1929 et 1939, en raison de la montée des périls en Allemagne et ailleurs, la rébellion arabe de 1936, le ralliement de David Ben Gourion à la lutte des Britanniques contre l'Axe en 1940, l'adhésion du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, à la cause de Hitler, le congrès sioniste de Biltmore [USA] en 1942 revendiquant un État juif sur l'ensemble de la Palestine...).

Après la Libération de l'Europe et la découverte de la Shoah, le mouvement sioniste durcit son action contre les Anglais en vue de créer un État indépendant (assassinat de lord Moyne au Caire en 1944 et attentat contre l'hôtel King David à Jérusalem en 1946) et organise l'arrivée massive et clandestine de Juifs en Palestine tandis qu'est fondée la Ligue arabe au Caire en 1945.

En 1947, dépassés par les événements et la violence sioniste (provoquée notamment par le mouvement terroriste Irgoun sous la direction de Menahem Begin et par le groupe Stern, carrément fasciste, mené par Yitzhak Shamir – ces deux hommes deviendront premiers ministres d'Israël...), les Britanniques remettent leur mandat aux Nations unies.

On connaît la suite : la guerre civile entre les communautés arabe et juive, la création de l'État d'Israël en 1948, les guerres israélo-arabes à répétition (1948, 1956, 1967, 1982), la création des camps, la fondation du Fatah par Yasser Arafat (1959) et de l'OLP à l'instigation de Nasser (1964), Septembre noir (Jordanie, 1970), le terrorisme des fedayins (point culminant : le massacre d'athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972), les accords Sadate-Begin à Camp David en 1978, les intifadas (1987, 2000), la création du Hamas (1987), les accords d'Oslo (1993) et l'assassinat de Yitzhak Rabin (1995) par un Juif d'extrême droite, les provocations et la politique sanglante d'Ariel Sharon, celle tout aussi sanglante du Hamas, la création du Mur de sécurité, le blocus de Gaza...

Avec pour toile de fond, ajouterons-nous, l'occupation et l'annexion (en cours) par Israël des territoires palestiniens et la spoliation continue de leurs populations, en dépit des protestations internationales.

Quel bazar !

PÉTRONE

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien par Paul Gerbaud, préface de Pascal Boniface, Paris, Éditions Hatier, collection « Guides visuels », janvier 2012, 224 pp. en quadrichromie au format 11 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 10,90 € (prix France)

 

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16 07 12

Vive le sport mondialisé !

Un siècle d'Olympisme (2012).jpgLes Jeux olympiques modernes ont été relancés en 1896 par le baron Pierre de Coubertin à Athènes, berceau des jeux dans l'Antiquité. Le plus grand événement sportif du monde est devenu – tous les quatre ans – le rendez-vous incontournable de tous les amateurs de sport sous toutes ses formes.

En prévision de ceux qui se dérouleront prochainement à Londres, les Éditions de la Renaissance du Livre à Waterloo ont fait paraître une version mise à jour d'Un siècle d'Olympisme, le best-seller de Geoffroy Deffrennes qui présente, avec une très riche iconographie (plus de 1000 photographies reproduisant compétitions, documents d'époque, affiches...), tous les jeux de 1896 à nos jours.

Chacun d'entre eux est resitué dans son contexte historique et local (la ville d'accueil, le stade, les installations...) tandis que tous les sports sont évoqués par l'image et à travers les résultats.

Portraits de grands athlètes, nouvelles disciplines, évolution des techniques, description des performances, anecdotes et événements historiques complètent ce vaste tableau riche en découvertes.

« Le sport est l'espéranto des races », écrivait Jean Giraudoux (1882-1944) – le mot « race » étant à prendre dans l'acception de « peuple », bien entendu...

Comme il avait raison !

Bernard DELCORD

Un siècle d'Olympisme - Les J.O. de 1896 à nos jours par Geoffroy Deffrennes, Waterloo, La Renaissance du Livre, mai 2012, 367 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 31,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 39,50 €

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16 07 12

La province méconnue

Province du Limbourg.jpgLa collection « Histoire et patrimoine des communes de Belgique », coéditée par les Éditions Dexia et Racine à Bruxelles, constitue par le texte et l'iconographie une magnifique carte d'identité des onze provinces belges et le volume consacré à la Province du Limbourg répertorie et décrit le patrimoine culturel et naturel des 44 communes [1] de cette province trop peu connue du Nord de notre pays, dont la plus grande partie du territoire regroupe l'ancien comté de Looz et la partie thioise (usant d'un dialecte germanique) du quartier de Hesbaye.

La rédaction, dirigée et supervisée par Omer Vandeputte, en a été confiée à une large palette d’auteurs locaux, différents pour chaque commune, tandis que l’iconographie (400 prises de vue inédites et véritablement superbes) a été spécialement créée pour cette publication par le photographe Johan De Meester.

Une série de thèmes transversaux –l'histoire de l'exploitation houillière, les différents courants artistiques, les surnoms typiques ou l'impact des croyances populaires sur la vie quotidienne– sont en outre traités par des auteurs spécialisés sous forme d'encadrés hors texte.

Par ailleurs et à cette occasion, l'Institut Géographique National a réalisé, au format du livre, un cahier de cartes de la province du Limbourg à l'échelle 1/100 000, reprenant toutes les communes et localités fusionnées.

Last but not least, un index détaillé reprend en fin d’ouvrage, à côté des noms des communes et localités, ceux des principales curiosités et de tous les monuments et sites classés de la province, qu’il s’agisse d’abbayes, d'aérodromes, d'agglomérations, d'auberges, de bâtiments, de béguinages, de bois, de bras de la Meuse, de brasseries, de buffets d'orgues, de cafés, de calvaires, de camps militaires, de caveaux, de cathédrales, de casinos, de centres d'apiculture, de centres culturels, de centres de visiteurs, de champignonnières, de chapelles, de châteaux, de châteaux d'eau, de chocolateries, de cimetières y compris militaires, de cloîtres, de commanderies de l'ordre teutonique, de cours épiscopales et seigneuriales, de couvents, de croix, de demeures, de domaines, d'écomusées, d’églises, d'étangs, de fermes, de fontaines, de forêts, de gares, de géorama, de grands-places, de grottes, de halles, de hameaux, d'hôpitaux, d'hôtels, d’hôtels de ville, de jardins, de lacs, de maisons communales, professionnelles ou corporatives, de maisons natales, de manoirs, de marchés, de mémorial, de mines, de monuments, de moulins à vent, à eau et banals, de musées, de palais de justice, de panoramas, de parcs, de pavillons de chasse, de places, de planétariums, de ponts, de portes, de presbytères, de prieurés, de puits, de refuges, de remparts, de réserves naturelles, de routes, de rues, de ruines, de séminaires, de statues, de tombes anciennes, de tours, de trésors d'église, de tumulus, de vallées, de vergers, de villas et, bien entendu, de villages reconstitués.

À découvrir absolument !

Bernard DELCORD

Province du Limbourg, ouvrage collectif sous la direction d’Omer Vandeputte, photographies de Johan De Meester, Bruxelles, coédition Dexia/Racine, collection « Histoire et patrimoine des communes de Belgique », janvier 2012, 375 pp. en quadrichromie au format 21 x 29 cm sous couverture cartonnée et jaquette en quadrichromie, 34,95 €


[1] Arrondissement de Hasselt  As, Beringen, Bourg-Léopold (Leopoldsburg), Diepenbeek, Genk, Gingelom, Halen, Ham, Hasselt, Herck-la-Ville (Herk-de-Stad), Heusden-Zolder, Lummen, Nieuwerkerken, Opglabbeek, Saint-Trond (Sint-Truiden), Tessenderlo, Zonhoven, Zutendaal.

Arrondissement de Maaseik : Bocholt, Bree, Dilsen-Stokkem, Hamont-Achel, Hechtel-Eksel, Houthalen-Helchteren, Kinrooi, Lommel, Maaseik, Meeuwen-Gruitrode, Neerpelt, Overpelt, Peer.

Arrondissement de Tongres Alken, Bilzen, Fourons (Voeren), Heers, Herstappe, Hoeselt, Kortessem, Lanaken, Looz (Borgloon), Maasmechelen, Riemst, Tongres (Tongeren), Wellen.

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09 07 12

« Je veux être Chateaubriand ou rien ! » (Victor Hugo)

Chateaubriand.gifMonument historique sur un monument littéraire, le Chateaubriand de Jean-Claude Berchet paru chez Gallimard à Paris dans la collection « Biographies » fera date dans l'histoire des lettres romantiques en général, et du père d'Atala (1801), de René (1802) et des Mémoires d'outre-tombe (1849-50, posthume) en particulier.

C'est que l'ouvrage, véritablement magistral et remarquablement informé, mais aussi écrit d'une plume alerte qui n'est pas sans rappeler – sur un ton différent – celle de L'Homme des Mémoires d'outre-tombe du très contestataire et très enflammé Henri Guillemin, oscille sans cesse entre la production livresque foisonnante, la vie sentimentale à rebondissements et les engagements politiques tumultueux du grand écrivain légitimiste pour brosser un portrait moral contrasté : « le "bon garçon" de la famille et des intimes, ou le pair de France qui interpelle les rois ; le séducteur irrésistible et le fidèle adorateur de Juliette Récamier ; le poète de la mélancolie ou de la tendresse et le polémiste incisif de la Légitimité ».

Écoutons à nouveau ce que nous en dit l'auteur :

« François-René, vicomte de Chateaubriand, est né à Saint-Malo en 1768, sous Louis XV, dans une Bretagne encore féodale, et il est mort en pleine révolution de 1848. Au cours de cette longue existence ont passé les régimes et les constitutions. Il a beaucoup vécu et beaucoup vu depuis Combourg : le Paris révolutionnaire, les Indiens de Niagara, les taudis de Londres, Rome par deux fois, les corneilles de l'Acropole, les murs de Jérusalem. Et au milieu de ces tribulations, il a eu le temps de devenir le plus grand écrivain de sa génération.

C'est aussi le premier "enfant du siècle" à être entré en politique sous la Restauration pour ne plus en sortir. Il en a épousé les vicissitudes sans jamais renoncer à son idéal de liberté aristocratique, qui conjugue la tradition et le progrès, la légitimité royale et la citoyenneté, le double héritage de l'Ancien Régime et de la Révolution. C'est dire que pour ses contemporains, Chateaubriand fut souvent une énigme. »

Et pour les lecteurs d'aujourd'hui, l'ouvrage passionnant de Jean-Claude Berchet est incontestablement un « must » pour les amateurs de belle(s) et bonne(s) histoire(s) !

Bernard DELCORD

Chateaubriand par Jean-Claude Berchet, Paris, Éditions Gallimard, collection « Biographies », mars 2012, 1050 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,50 € (prix France)

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09 07 12

Idées limpides...

Histoire de la philosophie occidentale.gifMathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique, Bertrand Russel (1872-1970) fut, avec l'Austro-anglais Ludwig Wittgenstein (1889-1951), l'un des plus grands penseurs du siècle dernier.

Auteur avec Alfred Whitehead des fameux Principia Mathematica (1910-1913) qui révolutionnèrent l'approche des mathématiques, Russel appliqua à la philosophie les principes de la logique formelle et de l'analyse du langage, une autre révolution.

Cela déboucha notamment sur une monumentale Histoire de la philosophie occidentale dont Jorge Luis Borges assurait qu'elle serait le seul ouvrage qu'il emporterait sur une île déserte et que l'éditeur Jean-Claude Zylberstein a récemment incluse dans sa magnifique collection « Le goût des idées » – sans conteste la bibliothèque idéale de tout lecteur d'aujourd'hui – qui paraît aux Éditions Les Belles Lettres à Paris.

Écoutons-le :

« Il existe peu d'histoires de la philosophie en français, et celles que l'on peut lire s'adressent à des spécialistes ou à des étudiants. L'œuvre de Bertrand Russell, en revanche, est accessible à tous, sans que pour cela l'exposé des différents systèmes perde en quoi que ce soit de son exactitude et de sa rigueur. C'est donc un tableau cohérent et complet de la philosophie occidentale, de l'Antiquité à nos jours que "l'honnête homme" trouvera ici.

Complet, cela va de soi, car l'érudition de l'auteur ne saurait être mise en défaut. Cohérent, car une pensée sous-entend et anime cet ouvrage, cette pensée que les philosophes sont à la fois des effets et des causes : ils sont les effets des circonstances sociales, de la politique et des institutions de leur temps ; ils sont la cause (s'ils sont heureux) des nouvelles croyances qui façonneront la politique et les institutions des âges futurs.

Cet ouvrage capital de Bertrand Russell, grand penseur anglais, Prix Nobel 1950, a un double caractère : non seulement il est nourri de pensée comme un livre de philosophie, mais il se lit avec tout l'intérêt qu'on apporte à un livre d'histoire. ».

Bertrand Russel fut aussi un homme d'engagement proche des libertaires qui ne cessa de déranger l'establishment (on se souvient du fameux et retentissant « tribunal d'opinion » qu'il instaura en novembre 1966 avec Jean-Paul Sartre pour dénoncer les crimes commis durant la guerre du Viêt Nam) des idées, des sciences et de la politique.

Un grand personnage, donc !

Bernard DELCORD

Histoire de la philosophie occidentale par Bertrand Russell, traduction par Hélène Kern, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût des idées » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, décembre 2011, deux volumes de 565 pp. et 1006 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, réunis en coffret cartonné, 29,50 € chacun (prix France)

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09 07 12

Welcome in Europe!

La Croatie de A à Z.gifRédigé par Jean-Arnault Dérens, agrégé d'histoire et grand spécialiste de la Croatie (dont il assure la couverture journalistique pour de nombreux médias francophones comme Le Monde diplomatique, Politique internationale, Ouest-France ou La Libre Belgique tout en étant rédacteur en chef du Courrier des Balkans), l'excellent guide intitulé La Croatie de A à Z est édité par André Versaille à Bruxelles en vue de l'entrée de ce pays dans l'Union européenne qu'elle rejoindra le 1er juillet 2013.

Comme tous les titres de la collection « Les abécédaires du voyageur » (qui propose aussi des ouvrages traitant de l'Afrique du Sud, de la Colombie, du Congo ex-belge, de la Grèce, de l’Inde, de l’Iran, du Maroc, du Mexique, de la Thaïlande, de la Tchéquie et de la Russie), cet ouvrage présente la Croatie avec empathie mais sans langue de bois à travers une centaine d'entrées qui la décrivent sous les angles les plus divers.

Écoutons l'auteur :

« Dubrovnik, Split, Zadar, Hvar, Korcula… D’illustres cités antiques et médiévales, des îles paradisiaques nichées au cœur de l’Adriatique… La Croatie fait rêver, et attire sans cesse plus de visiteurs. Pourtant, qui connaît vraiment ce petit pays à l’invraisemblable forme de croissant, partagé entre une longue façade maritime, et les plaines de la Pannonie ? Qui sait que l’Empereur romain Dioclétien, Nikola Tesla, "l’inventeur" du courant alternatif, et le maréchal Tito sont nés en Croatie ? La Croatie, indépendante depuis vingt ans, est riche d’une histoire longue et tourmentée, souvent méconnue ou caricaturée.

Tiraillée entre les influences méditerranéennes, centre-européennes et balkaniques, longtemps partagée entre la domination austro-hongroise et celle de la Sérénissime république de Venise, la Croatie va bientôt rejoindre l’Union européenne. Ce sont des intellectuels croates qui inventèrent, au XIXe siècle, l’idée "yougoslave", mais la Croatie se sépara de la Yougoslavie en 1991, au prix d’une guerre sanglante, dont les blessures ne sont pas toutes cicatrisées, même si la Croatie essaie de normaliser ses relations avec ses voisins, notamment avec la Serbie.

Oui, les Croates sont bien les inventeurs de la cravate, et les chiens dalmatiens ont quelque chose à voir avec la Dalmatie mais, derrière la façade touristique, la Croatie garde encore bien d’autres secrets… »

Ces secrets, vous les découvrirez à travers les différents thèmes abordés, à savoir :

Sa culture : Cinéma, Cuisine, Football, Korcula et “l’école de Korcula”, Miroslav Krleza, Littérature, “Sorcières croates”, Turbofolk…

Son économie : Agriculture, Chantiers navals, Jadrolinija, Tourisme…

Les facettes de son identité : Catholicisme, Croates, Diaspora, Échiquier, Judaïsme, Langue croate, Minorités, Serbes…

Sa géographie : Adriatique, Alpes dinariques, Balkans, Bora, Dalmatie, Goli Otok, Hvar, Istrie, Lacs de Plitvice, Slavonie, Vis…

Son histoire : Autriche-Hongrie (ou empire des Habsbourg), Bleiburg (massacre de), Guerre de 1991-1995, Krajina, Oustachi, Printemps croate, Rasa, Sabor, Mgr Josip Juraj Strossmajer, Nikola Tesla, Tito…

Ses relations extérieures : Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Intégration européenne, Kosovo, Kotor et les Bouches de Kotor, Monténégro, Serbie, Slovénie, Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie…

Sa vie politique : Extrême droite, Feral Tribune, Ante Gotovina, HDZ, Stjepan Mesic, Ivo Sanader, SDP, Franjo Tudjman, Vétérans de guerre…

Ses grandes villes : Dubrovnik, Osijek, Rijeka, Vukovar, Zadar, Zagreb…

Autant de personnages, lieux et sujets qui donnent à voir le kaléidoscope d’une Croatie à l’étonnante silhouette, du sud de l’Adriatique aux confins serbes et hongrois.

Cet ouvrage est prolongé, pour chacune de ses entrées, par des photos, des vidéos, des illustrations sonores et par plus d’un millier de liens disponibles sur le site www.abc-voyageur.com.

Bernard DELCORD

La Croatie de A à Z par Jean-Arnault Dérens, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Les abécédaires du voyageur », avril 2012, 237 pp. en bichromie au format 12,4 x 21,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Guides | Commentaires (0) |  Facebook | |