09 07 12

Beautés multiples...

Debussy, la musique et les arts.gifConçu par des historiens de l'art, des musicologues et même un compositeur, le somptueux catalogue de l'exposition Debussy, la musique et les arts qui se tient jusqu'au 11 juin 2012 au musée de l'Orangerie à Paris( avant d'être montrée à Tokyo, au Bridgestone Museum of Arts, du 14 juillet au 14 octobre prochains), est publié aux Éditions Skira/Flammarion et rend compte avec une belle lumière des influences artistiques subies par le grand compositeur français (1862-1918), à qui l'on doit des œuvres majeures comme Prélude à l'après-midi d'un faune (1894), Pelleas et Mélisande (1902, sur un livret de Maurice Maeterlinck), La Mer (1905), Jeux (1912) ou encore les Sonate pour violoncelle et piano (1915), Sonate pour flûte, alto et harpe (1915) et Sonate pour violon et piano (1917).

L'ouvrage, publié à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, montre comment et avec quelle remarquable créativité Debussy puisa pour une bonne part son inspiration dans la poésie et les arts visuels de ses contemporains, et met en perspective les développements thématiques de sa musique avec les sources qui leur ont donné naissance.

À travers des œuvres de Pierre Bonnard, Camille Claudel, Camille Corot, Henri-Edmond Cross, Gabriele D'Annunzio, Edgar Degas, Jean Delville, Maurice Denis, Émile Gallé, Paul Gauguin, Vassily Kandinsky, Gustav Klimt, Pierre Louÿs, Claude Monet, Edvard Munch, Odilon Redon, Pierre-Auguste Renoir, Erik Satie, Igor Stravinsky, Félix Vallotton, Édouard Vuillard... s'esquissent des passerelles entre formes mélodiques et images, proposant au passage une autre histoire des arts du tournant des XIXe et XXe siècles, en France et en Europe.

Bernard DELCORD

Debussy, la musique et les arts, ouvrage collectif sous la direction de Guy Cogeval & Jean-Michel Nectoud, Paris, Éditions Skira/Flammarion,  février 2012, 208 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 35,50 € (prix France)

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03 07 12

De l'art on ne peut plus belge...

Alfred Courtens Sculpteur.jpgFils de Franz Courtens (1854-1943), un peintre flamand renommé, le sculpteur Alfred Courtens (1889-1967), qui s'est surtout fait connaître par des représentations de nos rois, des portraits de nos reines et des bustes de personnalités, est l'auteur de la célèbre statue équestre du roi Albert Ier érigée au Mont des Arts à Bruxelles, face à la Bibliothèque royale.

Formé auprès de Charles Van der Stappen (à qui on doit La mort d'Ompdrailles et Le Sphinx mystérieux) et de Thomas Vinçotte (auteur de la Statue de François Anneessens, sur la place éponyme, et du Quadrige du Cinquantenaire), Alfred Courtens est à la fois proche du symbolisme pour l'inspiration, de Jean-Baptiste Carpeaux par le côté coquin de certains visages et d'Auguste Rodin par l'aspect non fini de certaines de ses œuvres.

Il s'est aussi adonné à l'art délicat de la médaille et du bas-relief et son inventivité demeura jusqu'à son dernier jour, fraîche et enthousiaste : maternités pleines de grâce, bustes naturels de femmes et d'enfants y côtoient les figures de l'Art déco et les portraits virils. Son Caprice lui avait valu le fameux prix Godecharle en 1913.

L'historienne d'art Axelle de Schaetzen, à qui nous avons repris ces informations, lui a consacré tout récemment aux Éditions Racine à Bruxelles une belle monographie intitulée Alfred Courtens Sculpteur, un ouvrage qui se veut une découverte complète et intimiste de l'artiste en partant de ses dessins et de ses œuvres de jeunesse.

Une magnifique occasion de (re)découvrir la production d'un artiste « officiel » certes, mais en tous points remarquable !

Bernard DELCORD

Alfred Courtens Sculpteur par Axelle de Schaetzen, Bruxelles, Éditions Racine, juin 2012, 144 pp. en quadrichromie au format 18 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,99 €

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01 07 12

So exciting!

Les Mystères du West End.gifRivale en son temps d'Agatha Christie, la femme de lettres britannique Margery Allingham (1904-1966) a donné naissance en 1929 au personnage d'Albert Campion – un détective aussi excentrique que génial et aux antipodes d'Hercule Poirot – qui apparaît dans dix-sept romans et de nombreuses nouvelles.

Après avoir édité en 2010 La Maison des morts étranges, les Éditions Omnibus à Paris viennent de faire paraître, une nouvelle fois préfacé par le grand spécialiste des choses d'outre-Manche qu'est l'écrivain et scénariste François Rivière, un deuxième recueil des œuvres de Margery Allingham, Les Mystères du West End et autres aventures d'Albert Campion, qui rassemble cinq romans passionnants : Mort d'un fantôme (paru en 1934), La mode est au linceul (1938), Les deniers du traître (1941), La nuit du tigre (1952) et Il n'est pire sourd (1958).

Décrit physiquement comme un jeune homme mince, rasé de près, aux cheveux filasses et aux yeux clairs cachés derrière d'énormes lunettes d'écailles, Albert Campion brille par son intelligence et sa perspicacité, certes, mais aussi par sa voix légèrement de fausset et son bavardage humoristique et absurde, des traits banals et une silhouette dégingandée qu'il promène cette fois dans les milieux artistiques ou dans les coulisses de la haute couture, dans les bas-fonds les plus sordides de la capitale du Royaume-Uni et dans les salons huppés de l'aristocratie British pour des enquêtes où l'humour le dispute au mystère et l'ingéniosité au suspense.

Pour le plus grand plaisir des aficionados du genre !

Bernard DELCORD

Les Mystères du West End et autres aventures d'Albert Campion par Margery Allingham, préface de François Rivière, Paris, Éditions Omnibus, juin 2012, 1120 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 28,00 € (prix France)

01 07 12

« La santé est le premier devoir de la vie. » (Oscar Wilde)

 

Abécédaire de la santé familiale0001.jpgEn quelque 650 questions-réponses, l'Abécédaire de la santé familiale de Didier Galibert, paru à Escalquens aux Éditions Dangles, aborde avec les mots de tout le monde les maux et les soins de tous les jours : acné, allergies, maladie d'Alzheimer, angine, anorexie, protection des artères, arthrose, asthme et sport, baisse de l'audition, ballonnements, BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), bronchiolite, cancers, maladies cardiaques, caries, chute des cheveux, irritation du côlon, méthodes de contraception, cystite, renforcement des défenses immunitaires, dépression, diabète, entorse, troubles de l'érection, fatigue, fièvre, crise de foie, fractures, gingivite, maux de gorge, grippe, surveillance de la grossesse, halitose (mauvaise haleine), hépatites, usage des huiles essentielles, hypertension artérielle, incontinence urinaire, insomnie, jambes lourdes, désir de rester jeune, aliments de la longévité, malaises, troubles de la mémoire, ménopause, migraine, minceur, mycoses, saignements du nez, obésité, oméga-3, ostéoporose, maladie de Parkinson, maladies parodontales (des tissus de soutien des dents), maladies de la peau, action des pollens, pneumonie, poux, usage des probiotiques, affections de la prostate, psoriasis, insuffisance rénale, rhumatismes, rhume, ronflements, rosacée, troubles du sommeil, reprise du sport, stress, sevrage tabagique, tests à domicile, problèmes de thyroïde, tonus, toux, trac des examens, troubles de la vésicule biliaire, de la vision, recours au yoga et zona.

Ce faisant, l'ouvrage (il a été rédigé par un journaliste spécialisé qui sait y faire...) apporte aussi à son utilisateur une meilleure connaissance de son corps ainsi que des différentes pathologies qui s'y rattachent.et il lui permettra d'entamer le dialogue avec son médecin – ou son pharmacien – en toute quiétude et avec précision.

Un vrai code de santé !

Bernard DELCORD

Abécédaire de la santé familiale  par Didier Galibert, Escalquens, Éditions Dangles, mai 2012, 176 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage didactique les quelques lignes suivantes :

Les oméga-3

De quelle famille d'aliments les oméga-3 font-ils partie ?

Les oméga-3 font partie de la famille des matières grasses : les lipides. Il existe trois grandes familles de nutriments : les protéines, les glucides et les lipides.

À quoi correspond le chiffre 3 ?

C'est tout simplement parce qu'ils correspondent à trois acides gras qui entrent dans leur composition. Les oméga-3 sont des acides gras dits « essentiels » : notre corps est incapable de les fabriquer. C'est pourquoi il faut absolument qu'ils soient apportés par l'alimentation.

Quelle est leur propriété principale ?

C'est tout d'abord pour leur rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires que les oméga-3 sont reconnus. Ils luttent contre l'athérome, ces plaques de cholestérol qui bouchent les artères. Ainsi les populations consommant en grande quantité du poisson, comme les Japonais ou les Esquimaux, sont-elles moins touchées par les maladies cardiovasculaires.

Sont-ils bénéfiques pour le cerveau ?

Les oméga-3 ont également une action bénéfique sur l'activité du cerveau. Celui-ci contient en effet énormément de lipides. D'après certains médecins, les oméga-3 auraient des effets contre la dépression.

Existe-t-i1 de nombreux produits de beauté à base d'oméga-3 ?

Les oméga-3 agiraient également sur la qualité de la peau, et plus particulièrement sur son hydratation, d'où la sortie sur le marché de crèmes enrichies en oméga-3.

Dans quels aliments les trouve-t-on principalement ?

Les aliments les plus riches en oméga-3 sont l'huile de noix, les noix, l'huile de colza, les poissons gras comme le saumon, les anchois, les sardines, le hareng et le maquereau.

Y a-t-il une façon particulière de les cuisiner ?

Les oméga-3 supportent mal la chaleur. Aussi, pour les poissons, il est conseillé de privilégier la cuisson vapeur ou en papillote, et d'éviter la cuisson à l'huile ou au beurre.

Pourquoi parle-t-on également d'« oméga-6 » ?

Parce qu'une alimentation contenant des oméga-3 doit aussi contenir des oméga-6. Ceux-ci se cachent dans l'huile de tournesol ou de maïs, la viande... Par exemple, si vous mangez beaucoup de poissons gras (riches en oméga-3), il faudra prendre un peu d'huile de tournesol (et inversement).

Les oméga-3 se trouvent-ils uniquement dans l'alimentation ?

On trouve les oméga-3 dans l'alimentation, mais les laboratoires savent les fabriquer en gélules à partir de l'huile de poisson et vous pouvez donc les trouver sous forme de compléments alimentaires en pharmacie.

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26 06 12

Wallonie, terre d'accueil

Migrants flamands en Wallonie.jpgNous ne saurions trop recommander la lecture ô combien instructive d'un remarquable essai traduit du néerlandais et intitulé Migrants flamands en Wallonie, 1850-2000. Il a paru aux Éditions Racine à Bruxelles à l'occasion de l'exposition éponyme conçue par le KADOC (Centre de documentation et de recherche : religion - culture - société de la KU Leuven), placée sous la houlette des historiens Idesbald Goddeeris et Roeland Hermans et présentée au Grand-Hornu Images du 18 mars au 27 mai 2012, à la demande du Président et des membres du Collège de la Province du Hainaut.

La version originale de l'ouvrage constitue quant à elle le numéro 26 de la série « Bijdragen Museum van de Vlaamse Sociale Strijd » de la Province de Flandre-Orientale, publié à l'occasion de l'exposition « Vlaamse migranten in Wallonië, 1850-2000 » organisée par le même KADOC-KU Leuven au Provinciaal Cultuurcentrum Caermersklooster de Gand entre avril et juin 2011.

On y apprend qu'au cours des cent cinquante dernières années, poussés par la pauvreté voire la misère, des centaines de milliers de Flamands ont émigré en Wallonie et y ont fait souche.

C'étaient des agriculteurs, des mineurs ou des ouvriers... Si certains rentraient chaque semaine chez eux et si d'autres séjournaient en Wallonie pour la saison des récoltes, beaucoup se sont établis définitivement – et souvent avec bien des difficultés – dans la partie méridionale de la Belgique.

Écoutons Claude Durieux, actuel gouverneur de la Province du Hainaut :

« Les traces laissées depuis la moitié du XIXe siècle par l'immigration flamande en Wallonie sont si nombreuses que nous ne les relevons même plus. Elles se sont fondues dans le paysage et ont coloré nos patronymes. De la même manière, nous avons tendance à oublier les réalités – souvent douloureuses – auxquelles elles renvoient. Si nous avons encore conscience du quotidien pénible, par exemple, des milliers d'immigrés italiens ou polonais qui fuirent la misère pour grossir les contingents d'hommes et de femmes engagés dans l'industrie alors prospère du sud de notre pays, il est peut-être judicieux de nous rappeler que nos voisins du nord connurent parfois un destin semblable. À l'heure où la Belgique traverse l'un des moments les plus difficiles de son histoire, la Province de Hainaut, en collaboration avec la Province de Flandre-Orientale, a choisi de faire œuvre de mémoire et d'éclairer ce temps où les Flamands quittaient les campagnes du plat pays, non pour rechercher la richesse, mais pour échapper à la pauvreté.

Ayant travaillé au fond des mines, dans la métallurgie, l'industrie verrière et l'agriculture, ils ont participé à la vie culturelle et associative wallonne, ont créé des associations, de petits commerces et ont formé de véritables quartiers au sein de communes telles que La Louvière, Liège ou Gilly. Certains sont repartis, d'autres sont restés, ont fondé une famille. Leurs descendants ne se souviennent pas toujours du destin hors du commun de leurs aïeux, des sacrifices auxquels ils ont consenti et de leur apport à la fois tangible et symbolique au cœur de la réalité wallonne. »

Dans cet ouvrage, des historiens et des spécialistes comme Guido Fonteyn, Henk Byls, Franck Caestecker, Luc Vandeweyer, Mathias Cheyns, Yves Segers, Koen Verbruggen, Yves Quairiaux ou Anne Morelli, entre autres, se sont penchés sur ce phénomène, ont déchiffré les mouvements migratoires et analysé les processus d'établissement. Ils ont étudié le rôle mobilisateur de l'Église et du mouvement flamand ou encore envisagé la migration flamande en Wallonie dans un contexte plus large. Outre des analyses scientifiques, le livre présente des témoignages d'émigrés flamands et l'ensemble est illustré par de nombreuses photographies inédites.

Un livre à méditer longuement, de part et d'autre de la frontière linguistique !

Bernard DELCORD

Migrants flamands en Wallonie 1850-2000 sous la direction d'Idesbald Goodderis & Roeland Hermans, photographies de Layla Aerts, Bruxelles, Éditions Racine, collection « Campus », mars 2012, 248 pp. en quadrichromie au format 21 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,99 €

26 06 12

Le poids des mots...

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale.gifLes Éditions André Versaille à Bruxelles ont fait paraître naguère un passionnant recueil rassemblant, établis par Dominique Mongin, Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, un ouvrage qui propose une lecture originale de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale à travers des allocutions prononcées par les principaux acteurs du conflit : Léon Blum, Arthur Neville Chamberlain, Winston Churchill, Pierre Cot, Édouard Daladier, Dwight Eisenhower, Francisco Franco, Charles de Gaulle, Joseph Goebbels, Haïlé Sélassié, Heinrich Himmler, Hirohito, Adolf Hitler, Henri de Kérillis, Pierre Laval, Léopold III, Benito Mussolini, Philippe Pétain, Pie XII, Hubert Pierlot, Marcel Pilet-Golaz, Franklin Roosevelt, Jan-Christiaan Smuts, Joseph Staline, Harry Truman et Jean Zay.

Chaque discours est replacé dans son contexte historique, expliqué – tant du point de vue de son origine que de sa portée – et mis en perspective avec les grandes décisions qui ont rythmé le déroulement de la guerre. Cette démarche permet de comprendre la postérité de ces textes et la place qu'ils occupent dans la mémoire collective.

La première partie de l'ouvrage concerne la période 1935-1939 et met en exergue l'échec du système de « sécurité collective ». La deuxième partie s'intéresse aux débuts du conflit (1939-1940) et donne des coups de projecteurs sur la Guerre éclair, la Drôle de guerre, la Résistance et la Collaboration. La troisième partie (1941-1942) montre comment d'une guerre « régionale », limitée à l'Europe, on est passé à une guerre mondiale. La quatrième et dernière partie (1943-1945) traite de la progression des Alliés vers la victoire finale et l'avènement d'un nouvel ordre international.

Un livre qui en dit long sur le plus grand conflit de l'histoire !

Bernard DELCORD

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, édition établie par Dominique Mongin, préface de Maurice Vaïsse, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Références », avril  2010, 443 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,90 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage essentiel les fameuses phrases suivantes :

DISCOURS DE WINSTON CHURCHILL DU 13 MAI 1940 (EXTRAITS)

Vendredi dernier, dans la soirée, Sa Majesté m'a confié la mission de former un nouveau gouvernement. C'était le vœu, la volonté clairement exprimée du Parlement et de la nation qu'il reposât sur les bases les plus larges, et comprît tous les partis, tant ceux qui soutenaient l'ancien gouvernement que les partis d'opposition. Je me suis acquitté de la partie la plus importante de cette tâche. Un cabinet de guerre constitué de cinq membres a été formé, qui représente, avec les libéraux de l'opposition, l'unité de la nation. Les chefs des trois partis ont accepté de servir dans le cabinet de guerre ou aux plus hauts postes de l'État. Les trois ministères en charge de la Défense nationale sont pourvus. Étant donné l'extrême urgence et la gravité des événements, il était indispensable que tout cela fût accompli en un seul jour. Beaucoup d'autres postes, des postes clés, ont été attribués hier, et je soumettrai, dès ce soir, une liste complémentaire à Sa Majesté. J'espère en finir dans la journée de demain avec la nomination des principaux ministres. Celle des autres ministres prend d'ordinaire un peu plus de temps, mais je suis convaincu qu'à la prochaine réunion du Parlement, cette partie de ma tâche aura été menée à bien, et que le gouvernement sera au complet.

J'ai jugé que l'intérêt général commandait d'inviter la Chambre à se réunir aujourd'hui. Étant du même avis, M. le président a pris les mesures nécessaires, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Résolution de la Chambre.

Au terme du débat, nous proposerons l'ajournement de la Chambre jusqu'au mardi 21 mai, avec, bien évidemment, la possibilité de nous réunir plus tôt, si nécessaire. Les députés seront informés aussitôt que possible des affaires à traiter durant cette semaine. J'invite maintenant la Chambre, par la motion que je propose, à exprimer son approbation des mesures prises et à voter sa confiance au nouveau gouvernement.

Former un gouvernement d'une telle envergure et d'une telle complexité constitue déjà, en soi, une lourde entreprise. Mais n'oublions pas que nous sommes à l'aube d'un des plus grands affrontements de l'Histoire, que nous combattons sur de nombreux fronts en Norvège et en Hollande, qu'il faut nous tenir prêts en Méditerranée, que la bataille aérienne ne connaît aucune trêve, et que de nombreux préparatifs, déjà signalés par mon honorable ami et prédécesseur, doivent être faits ici, chez nous. Dans la crise que nous traversons, j'espère que la Chambre pardonnera la brièveté de mon discours. J'espère qu'aucun de mes amis et collègues, ou anciens collègues, touchés par le remaniement ministériel, ne me tiendra rigueur, en aucun cas, si, pressé d'agir dans de telles circonstances, j'ai négligé les usages.

Enfin, je voudrais tenir à la Chambre le même langage qu'à mes collègues du gouvernement : « Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Nous faisons face à la plus terrible des épreuves. Nous avons devant nous maints longs mois de lutte et de souffrance. Vous demandez ce qu'est notre politique ? Je peux vous le dire : c'est faire la guerre, sur mer, sur terre et dans les airs, par tous les moyens, avec toute la puissance et avec toute la force qu'il plaira à Dieu de nous donner ; faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse, sans égale dans le sinistre et lamentable catalogue du crime humain. Voilà notre politique. Vous me demandez quel est notre but ? Je vous réponds d'un mot : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de toute terreur, aussi longue et difficile que puisse être la route, la victoire ; car sans victoire, il n'est point de salut. Prenez-en conscience : point de salut pour l'Empire britannique, point de salut pour tout ce que l'Empire britannique a toujours défendu, point de salut pour le désir et la force qui ont de tout temps poussé l'humanité, toujours plus avant, vers le progrès.

Mais c'est plein d'espoir et d'enthousiasme que j'assume ma tâche car, je le sais, les hommes ne peuvent pas manquer à notre cause. En cet instant, je ressens le droit d'exiger le concours de tous et je proclame : « En avant donc, marchons tous ensemble, dans la force de notre unité ».

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25 06 12

Des révélations en rafales...

La mort sur une frontière lointaine.jpgDans La mort sur une frontière lointaine paru chez Luc Pire à Liège, l'historien anglais Charles Whiting –par ailleurs auteur du Dernier assaut paru chez le même éditeur en 2011– jette une lumière crue et peu louangeuse sur l'action de Dwight Eisenhower et de son entourage, qu'il accuse d'avoir manqué, pour de très mauvaises raisons, l'occasion d'une victoire totale contre le Troisième Reich en septembre 1944.

À cette époque, la Wehrmacht a été défaite en France et les Allemands refluaient vers leur propre frontière, vivement poursuivis par le général Patton à la tête de la 3e Armée ainsi que par le général Patch et sa 7e Armée.

Entre les Allemands en fuite et la frontière se trouvait la 1re Brigade SAS britannique, forte de 2500 hommes. La mission de cette unité parachutiste d’élite était de soulever la résistance locale, de saboter les lignes allemandes et, de façon générale, de créer la pagaille de sorte que la 3e Armée de Patton et la 7e de Patch puissent atteindre rapidement la ligne Siegfried.

Cette combinaison alliée offrait la possibilité de terminer victorieusement la guerre à l’ouest avant l’hiver.

Cependant, le commandant suprême allié, le général Eisenhower, ordonna une progression sur un large front et la chance fut manquée, ce qui entraîna la poursuite des combats jusqu’en mai 1945.

La mort sur une frontière lointaine, qui écorne au passage certains poncifs à propos des « bonnes » relations entre la Résistance française et les troupes alliées, est un récit trépidant truffé d'informations nouvelles sur le rôle joué par les SAS à l’époque et sur le refus d’Eisenhower de permettre à la 3e Armée de Patton d’effectuer la poussée décisive.

Un fameux pavé dans la mare !

Bernard DELCORD

La mort sur une frontière lointaine par Charles Whiting, traduction de Paul Maquet et Josette Maquet-Dubois, Liège, Éditions Luc Pire, mai 2012, 247 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

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22 06 12

Pour que l'été soit torride...

Cahiers de vacances Clara Morgane.jpgLes Cahiers de vacances Clara Morgane parus sous la direction de Frank Spengler et Clara Morgane aux Éditions Blanche à Paris proposent au lecteur des exercices ludiques et coquins pour réviser sa culture générale tout en approfondissant quelques notions de français, de langues, de mathématiques ainsi que de sciences de la vie et de la terre.

Largement tourné vers l'érotisme au sens large, le contenu de l'ouvrage se fonde, on s'en doute, sur la pédagogie la plus moderne et la plus ouverte, tournée vers l'expérimentation et l'apprentissage pratique.

Et avec Clara Morgane comme professeur, nul doute que chacun fera son possible pour donner le meilleur de soi-même !

Bernard DELCORD

Cahiers de vacances Clara Morgane sous la direction de Frank Spengler et Clara Morgane, Paris, Éditions Blanche, mai 2012, 48 pp. en quadrichromie au format 21 x 29 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce petit livre très hot le questionnaire suivant :

Hommes et femmes parlent de sexe mais pas de la même façon, quoique... Essayez de retrouver si c'est une femme ou un homme qui est à l'origine des citations suivantes.

1. « Le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde, une simple pensée le soulève. »

OH

OF

2. « Une fois, j'ai fait l'amour pendant une heure cinq. C'était le jour du changement d'heure. »

OH

OF

3. « Les femmes rougissent d'entendre nommer ce qu'elles ne craignent aucunement de faire. »

OH

OF

4. « Si une femme ferme les yeux quand on l'embrasse, c'est pour mieux voir l'homme par qui elle aimerait être embrassée. »

OH

OF

5. « Les femmes préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre aux hommes qui les comprennent sans les prendre. »

OH

OF

6. « Le meilleur moment dans l'amour, c'est quand on monte l'escalier. »

OH

OF

 

Réponses : toutes ces phrases ont été prononcées par des hommes.

1 : Frédéric Dard alias San-Antonio

2 : Garry Shandling

3 : Montaigne

4 : Sacha Guitry

5 : Marcel Prévost

6 : Georges Clemenceau

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22 04 12

Un Monde à la Page !

10003243SriLnka©R.Dominique_unesco_01.jpgCe lundi 23 avril, sous l’égide de l’UNESCO, il sera temps de fête la Journée Mondiale du Livre et du droit d’auteur. 24 heures entièrement consacrée à la célébration de notre objet fétiche à travers la planète entière ! On sait à quel point la lecture, l’écriture et l’éducation sont des clés essentielles pour assurer le développement social des jeunes... et des moins jeunes. L’UNESCO a donc décidé de fêter le livre, à travers le monde, depuis 1995. Vous pourrez trouver tous les détails de cette grande journée ICI, mais en attendant, l’équipe de Lire est Un Plaisir vous propose un véritable tour du monde littéraire avec un coup de projecteur sur leurs auteurs... venus d’ailleurs !

Entre un avion, un bateau et deux lectures de bio rock’n’roll, Brice Depasse nous confie : « Mes auteurs étrangers favoris : Philip Roth (Un homme, J’ai épousé un communiste), Umberto Eco (Le nom de la rose), Paul Auster (Brooklyn follies), Russell Banks (Trailer park, La réserve).Je sais, ce n’est pas original. ». Gwendoline Fusillier, qui passe une partie de ses journées à rattraper nos boulettes de mise en ligne prend tout de même le temps de lire « international ». La preuve : « Le premier qui me vient à l'esprit est sans doute: « Jamais sans ma Fille » de Betty Mahmoody, publié en 1987. Sinon dans un style plus léger j'aime beaucoup: Anna Sam: « Les tribulations d'une caissière » et « Conseil d'une amie à la clientèle » ou encore Sophie Kinsella avec sa série « Accro du shopping » et enfin Katarina Mazetti: « Le mec de la tombe d'à côté » et « Le caveau de la famille ». Quant à Jacques Mercier, lui qui a si bien incarné les quatre coins de notre Belgique dans Forts en Tête, il n’hésite pas à voyager entre les lignes : « J’adore Lawrence Durrell, surtout dans le "Quatuor d'Alexandrie", une tétralogie qui comporte : "Justine", "Mountolive", "Balthazar" et "Cléa". Il s'agit de la ville d'Alexandrie et de la même histoire vue par les protagonistes. J'ai peu rencontré d'atmosphère aussi fortes : peut-être chez F. S. Fitzgerald ? C'est dans "Justine" que l'auteur écrit : "Une ville devient un univers lorsqu'on aime un seul de ses habitants »... ». Quand à votre serviteur, c’est à travers les romans de Stephen King que, tout jeune, il a baigné dans la culture américaine... Avant de se forger un amour immodéré pour les thrillers au feu des brûlots incendiés par James Elroy, Ernest Hemingway ou encore Graham Masterton... Sans parler de Dona Leone et son oeuvre vénitienne !

Le monde entier célèbre le livre, durant toute une journée... Pour les 364 autres ? Lire est un Plaisir s’en charge !  

Chris Corthouts

18 01 12

Vie et mort d'un scélérat

Trotski.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 18/01/2012 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Un vieil écrivain trotskiste belge à qui nous avions demandé en 1987, dans le cadre de recherches menées pour un projet de thèse doctorale, pourquoi il avait collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, nous répondit qu'il admirait les réalisations sociales du IIIe Reich et que si pour les atteindre il fallait se mettre dans le camp du national-socialisme, cela passait par pertes et profits, car « on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs »...

Cette réflexion cynique nous est revenue à la lecture du formidable Trotski publié aux Éditions Perrin à Paris, une biographie magistrale rédigée par un historien britannique (on connaît leur sérieux) enseignant à l'université d'Oxford, Robert Service, ayant eu accès à quantité de documents officiels russes (merci la chute du Mur de Berlin) et d'archives privées qui lui ont permis de remettre les pendules à l'heure une bonne fois pour toutes.

Car si l'adversaire de Staline eut longtemps – et a encore parfois – les faveurs d'intellos bobos quelque peu naïfs qui voyaient en lui le prophète de la révolution à visage humain, on est en réalité loin du compte, et sur tous les plans.

Voici le portrait synthétique qu'en donne Robert Service : « Révolutionnaire, chef de guerre, mais aussi écrivain brillant, amoureux des femmes, Juif en conflit avec ses racines, père de famille, icône puis bouc émissaire et victime traquée, Léon Trotski a vécu l'une des vies les plus extraordinaires qui soient. Fondateur de l'Armée rouge, opposant à son rival Staline qui le pourchasse à partir de 1929, en Turquie, en France puis au Mexique, sa vie s'achève dans un apogée de violence à l'image de son existence tourmentée. Théoricien “pur” d'apparence, cet homme aussi monstrueux que génial fut habité par l'obsession du pouvoir, sans jamais parvenir à le conserver ».

On ajoutera que Trotski apparaît aussi dans l'ouvrage comme un être sanguinaire, tortueux, opportuniste (dans ses rapports – façon girouette –avec Lénine, par exemple), lâche (notamment vis-à-vis de son épouse et de ses deux premiers enfants qu'il abandonna à leur sort en s'évadant de Sibérie en 1902), traître à ses origines et à ses amis (ainsi, il coucha sans vergogne avec Frida Kahlo, la femme de Diego Rivera qui l'avait accueilli en exil au Mexique en 1937 : « Faites du bien à un vilain, il vous crache dans la main », dit l'adage), tricheur (son autobiographie est un tissu de mensonges), extraordinairement imbu de sa personne, dépourvu de tout sens humain, parfaitement incapable d'empathie et, plus aberrant encore, très médiocre politique.

Bref, un beau salaud, comme aurait rugi Jean-Paul Sartre...

PÉTRONE

Trotski par Robert Service, Paris, Éditions Perrin, septembre 2011, 620 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 €  (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |