16 11 16

« S’il te plaît, dessine-moi un Mouton Rothschild. » (Auteur inconnu)

Guide des vins 2017 par Michel Bettane & Thierry Desseauve.jpgDepuis 1995, Michel Bettane et Thierry Desseauve guident leurs lecteurs pour choisir et apprécier les meilleurs vins de France. Publiés aux États-Unis, au Japon et en Chine, ils sont reconnus internationalement comme les plus grands spécialistes des vins de l’Hexagone.

Après avoir sillonné toute la France pour déguster des milliers de vins avec leur équipe d'experts, ils présentent leur sélection 2017 :

– Plus de 9800 vins disponibles à la propriété ou dans la distribution ;

– Le meilleur de la production française : 2116 domaines, maisons et châteaux ;

– Les seconds vins de crus issus des plus grands domaines ;

– Les coups de cœur des auteurs : les meilleurs vins à des prix accessibles réalisés par des vignerons de talent ;

– Des vins bio.

Grâce à ses conseils éclairés sur les domaines, les vignobles, les cuvées, les appellations ; le système de notation, l'indication des prix de vente et les informations sur le moment idéal de dégustation, ce guide complet et pratique vous aidera dans vos achats et dans la découverte de nouvelles bouteilles.

Ce guide contient aussi un palmarès, que voici pour l’année 2017 :

– La personnalité de l'année : Pierre Trimbach, Trimbach

– Le vin de l'année : Château Coutet, Barsac 2015

– La révélation de l'année : Les Carmes Haut-Brion

– La progression du l'année : Thierry Germain, Domaine des Roches Neuves

– La signature de l'année : AdVini

– Le vignoble de l'année : Corse-Calvi

Par ailleurs, l’acquisition de l’ouvrage permet de bénéficier d’un accès premium au site www.bettanedesseauve.com permettant de retrouver l’ensemble des commentaires de l’ouvrage ainsi que ceux consacrés à 900 producteurs et 2 200 vins supplémentaires dégustés cette année.

À consulter sans modération !

Bernard DELCORD

Guide des vins 2017 par Michel Bettane & Thierry Desseauve, Paris, Éditions Flammarion, août 2016, 960 pp. en quadrichromie au format 14 x 21,6 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

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16 11 16

Trois textes magistraux…

Dix thèses sur la guerre.jpgÉlie Barnavi, né en 1946 à Bucarest (Roumanie), est un historien, essayiste, chroniqueur et diplomate israélien (De 2000 à 2002, il a été ambassadeur d’Israël en France), professeur émérite d’histoire de l’Occident moderne à l’Université de Tel-Aviv, Conseiller scientifique auprès du Musée de l’Europe à Bruxelles.

En 1967, il a fait son service militaire dans les paras lors de la guerre des Six Jours. Membre du mouvement La paix maintenant, il a appelé, dans une lettre co-signée en novembre 2014 par 660 figures publiques israéliennes, les parlementaires européens à reconnaître immédiatement l'État palestinien.

Il travaille actuellement au développement du grand projet européen d’exposition relative aux relations entre l’Europe et la civilisation musulmane au fil des siècles [1].

Chez Flammarion, dans la fameuse collection « Champs », il a republié récemment trois essais remarquables, Dix thèses sur la guerre, Israël – Un portrait historique et Les religions meurtrières.

Du premier, voici ce qu’il nous explique :

« Ces Dix thèses sur la guerre constituent un exercice d'écriture singulier : je ne suis pas un spécialiste d'histoire militaire. Ma "légitimité" vient d'ailleurs : la guerre fait partie de mon expérience de citoyen et de soldat. Elle a accompagné toute ma vie, et pénétré ma façon de m'exprimer et de penser. (…)

J'ai toujours été fasciné par le mystère fondamental que, me semble-t-il, la guerre recèle. Enrôlés dans une entreprise destinée à tuer leurs semblables et à y risquer leur propre vie, les humains sont appelés à faire fi, tout à la fois, de l’interdit moral de ne point attenter à la vie d’autrui et de l’instinct de conservation qui leur commande de préserver la leur. Pour ce faire, il leur faut remplir un certain nombre de conditions psychologiques, sociales et culturelles (…). La guerre pose aussi un certain nombre de défis éthiques, juridiques et philosophiques. Tel est pour l’essentiel l’objet de ces “thèses”. (…)

Historien de formation et universitaire de métier, je tente ici d'oublier ce que j'ai lu afin de poser sur le phénomène de la guerre un regard neuf, aussi "innocent" que possible. Partir non des livres, mais de l'expérience. J'aimerais croire que, nourrie de la réflexion, l'expérience de la guerre m'a au moins apporté un surcroît de lucidité. Mais l'intellectuel dans la guerre est-il mieux armé pour l'appréhender que Monsieur Tout-le-Monde ? Peut-être. »

Sa présentation du deuxième ouvrage est tout aussi claire :

Israël – Un portrait historique.jpg

« Plutôt que de faire une histoire de facture classique de l'État d'Israël, j'ai voulu en brosser à larges traits, à travers les problèmes qu'il a eu à affronter depuis sa venue au monde, le profil historique. Il est assurément difficile de condenser en si peu de pages une histoire aussi pleine que celle de l'État juif. Il est encore plus difficile, sinon parfaitement absurde, de prétendre à la froide objectivité sur un sujet aussi brûlant, aussi passionnément disputé que celui-là.

Mais si l'on fait grâce à l'historien de l'impartialité de l'entomologiste, on est en droit d'attendre de lui une rigoureuse honnêteté intellectuelle, sans laquelle il sera peut-être un excellent pamphlétaire, mais sûrement un exécrable historien. Je me suis par conséquent efforcé de respecter scrupuleusement le précepte que Cicéron propose à l'historien : ne rien oser dire qu'il sache faux, oser dire tout ce qu'il croit vrai. »

Et, pour le troisième, écoutons l’éditeur :

Les religions meurtrières par Élie Barnavi.jpg

« Un spectre hante le monde : le terrorisme à fondement religieux, surtout islamique. Cet essai tente d'expliquer les ressorts de ce phénomène, religieux mais aussi politique, sans nul doute le plus angoissant de notre temps. En exposant une série de "thèses" brèves et fortement argumentées, l'auteur situe ce phénomène dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il explique pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est aujourd'hui plus forte dans l'islam que dans d'autres systèmes religieux tout aussi politiques que lui ; mais il n'en reste pas là : il cherche avant tout à définir les moyens de combattre cette tentation.

Rédigé dans une langue simple et illustré par des exemples concrets, Les religions meurtrières se veut le vade-mecum du citoyen déboussolé face à cet ennemi auquel il doit désormais se mesurer. »

Nous n’aurions pu mieux dire !

Bernard DELCORD

Dix thèses sur la guerre par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2014], collection « Champs essais », septembre 2015, 144 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 6 € (prix France)

Israël – Un portrait historique par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [1982,1988], collection « Champs histoire », septembre 2015, 439 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)

Les religions meurtrières – Nouvelle édition par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2006, 2008], collection « Champs actuel », mai 2016, 192 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 7 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lie_Barnavi

12 11 16

« On a chanté les Parisiennes, leurs petits nez et leurs chapeaux… » (Luis Mariano)

Agenda 2017 Les Parisiennes.jpgKiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian, est un dessinateur de presse français, né le 25 août 1923 au Caire dans une famille d’Arméniens francophiles. Venu à Paris en 1948, il fait paraître des dessins politiques dans diverses publications, mais aussi une rubrique intitulée « Carnets de belles » dans Ici Paris, de 1955 à 1964.

En 1959, Marcel Dassault demande à Kiraz d’assurer dans son hebdomadaire Jours de France deux pages de dessins d’humour qu’il propose d’intituler « Les Parisiennes ». Jusqu’en 1987, Kiraz y publiera près de 25 000 dessins.

Les personnages en sont de jeunes femmes filiformes aux yeux en amande et aux jambes démesurées, tout à la fois élégantes, écervelées, acidulées, pimpantes, sexy, légères et insolentes, placées dans des situations glamour et facétieuses.

Par la suite et aujourd'hui encore, Kiraz a continué et continue de publier leurs aventures dans Gala (de 1995 à 2000), Paris Match, Grazia (Italie), les hebdomadaires espagnols ABC et Ola ainsi que dans Playboy (depuis 1970) où le dessin se fait plus coquin.

Par ailleurs, les Éditions Larousse à Paris proposent pour l’année 2017 un agenda très élégant, avec une maquette tout en raffinement et illustré de planches et de dessins des Parisiennes.

Le chic du chic !

Bernard DELCORD

Agenda 2017 Les Parisiennes avec des dessins de Kiraz, Paris, Éditions Larousse, août 2016, 160 pp. en quadrichromie au format 22,3 x 22,3 cm sous couverture Intégra en couleurs, 14,95 € (prix France)

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09 11 16

Sagesse hippique…

Mille et un proverbes sur le cheval.jpgLes Mille et un proverbes sur le cheval présentés par Jean-Louis Gouraud, un amusant petit ouvrage paru à Monaco aux Éditions du Rocher, rassemble, en provenance de partout, des sentences, maximes et autres aphorismes sur la plus noble conquête de l’homme qui reflètent les rapports très particuliers qu’entretiennent depuis des temps immémoriaux le cavalier et sa monture.

Florilège :

– Quand l’alezan fuit sous le soleil, il devient vent.

– Le cavalier est un homme mis à la disposition d’un cheval.

– Quand le cheval transpire, le cavalier se salit.

– Un âne est un cheval pour celui qui va à pied.

– Le cheval court, le cavalier se vante.

– Valet à cheval s’estime prince.

– Un âne reste un âne, même s’il se trouve parmi des milliers de chevaux.

– Comparer l’homme au baudet porte tort au baudet.

– Le cheval galeux se lie d’amitié avec le cheval aveugle.

– Les plus grands ennemis du cheval sont le repos et la graisse.

– Lorsque le cheval se distingue, il ne doit pas oublier que c’est au bœuf qu’il doit son orge.

– Un cheval peut bien courir ventre à terre, il ne se débarrassera pas de sa queue.

Notre conclusion ?

–Ils se ressemblent comme deux crottins d’un même cheval !

Bernard DELCORD

Mille et un proverbes sur le cheval présentés par Jean-Louis Gouraud, Monaco, Éditions du Rocher, collection « Cheval Chevaux », octobre 2016, 137 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12,90 € (prix France)

07 11 16

« Tintin ? Mon unique rival... » (Charles de Gaulle)

Hergé, Tintin & compagnie .jpgCoédité par les maisons Gallimard et Moulinsart dans la collection « Découvertes Gallimard » à l'occasion de l'exposition “ Hergé » présentée aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris jusqu'au 15 janvier 2017 en collaboration avec le Musée Hergé à Louvain-la-Neuve, le petit ouvrage fort joliment illustré de Dominique Maricq intitulé Hergé, Tintin & compagnie constitue une galerie de portraits des principaux personnages des aventures du jeune reporter créé en 1929 par le dessinateur Georges Remi, alias Hergé, père de la fameuse ligne claire belge qui fit les grandes heures et les grandes œuvres de la bande dessinée belge.

On y trouve donc la présentation et le pédigrée de Tintin, de Milou, du capitaine Haddock, du professeur Tournesol, de Dupont et Dupond, de Bianca Castafiore, de Tchang, du bandit Rastapopoulos, mais aussi du domestique Nestor, de l'agent soviétique Boustringovitch, du sorcier congolais Muganga, du gangster Al Capone, de l'égyptologue Philémon Siclone, du Chinois Wang Jen-Ghié, le général Alcazar et son épouse Peggy, l'explorateur Ridgewell, le marchand d'armes Basil Bazaroff, du docteur Müller, d'Abdallah, de la voyante Madame Yamilah, du petit Indien Zorrino, de l'ingénieur nucléaire Frank Wolff, du courtier d'assurances Séraphin Lampion, du boucher Sanzot, du sherpa Tharkey, du pianiste Igor Wagner et du milliardaire Laszlo Carreidas.

Une fameuse brochette d'échantillons humains de tout poil !

Bernard DELCORD

Hergé, Tintin & compagnie par Dominique Maricq, Paris, Éditions Gallimard et Éditions Moulinsart, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », septembre 2016, 64 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 9,20 € (prix France)

Informations pratiques :

Hergé, Tintin & compagnie (affiche).jpg

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Entrée du public :

Galeries nationales

Entrée Clemenceau, place Clemenceau, Paris 8e

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Accès des personnes à mobilité réduite :

Avenue du Général Eisenhower – Porte B - pour les expositions situées dans les Galeries Nationales

Des places de stationnement pour personnes handicapées, sous réserve de disponibilité, sont situées dans l'avenue du Général Eisenhower devant le square Jean Perrin.

Une salle de l’exposition Hergé n’est pas accessible aux personnes en fauteuil roulant (salle accessible uniquement par 11 marches)

Horaires :

Jusqu'au 15 janvier 2017

Hors vacances scolaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h et en nocturne jusqu’à 22h le mercredi

Vacances scolaires (du 18 décembre 2016 au 2 janvier 2017) : samedi, dimanche, lundi de 10h à 20h

Nocturnes les mercredis, jeudis et vendredis jusqu’à 22h

Fermetures anticipées à 18h les samedis 24 et 31 décembre

Fermé le mardi

Fermé le 25 décembre

Tarifs :

Normal : 13 €

Réduit : 9 €

Tribu (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) : 35 €

Conformément au plan Vigipirate niveau alerte attentats et vigilance renforcée, et afin d'assurer la sécurité des visiteurs, le Grand Palais applique les mesures préventives décidées par le gouvernement pour les administrations publiques. Le Grand Palais est ouvert dans les conditions habituelles mais l'accès est interdit à toutes les valises, sacs de voyages et sacs à dos de taille supérieure au format A3.

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06 11 16

« Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier. » (Talleyrand)

À la table des diplomates (cover).jpg

Des festins du Camp du Drap d’Or donnés par François Ier en l’honneur d’Henri VIII en 1520 jusqu’à celui la Cop 21 en 2015, une vingtaine de grands rendez-vous diplomatiques [1] sont racontés en textes et en images sous l’angle culinaire par des historiens et des spécialistes de renom [2] dans À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas, 1520-2015 paru sous la direction de Laurent Stéfanini [3] aux Éditions de l’Iconoclaste à Paris en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises.

Pour la première fois y sont montrés une sélection de menus et de documents inédits provenant des fonds d’archives du service de protocole du Quai d’Orsay, mais aussi de l’Élysée.

Parallèlement à ce travail historique, de grands chefs d’aujourd’hui [4] y commentent les menus avec leur regard de gastronome et revisitent, avec leur savoir-faire, la recette d’un des plats servis à l’époque.

À la table des diplomates  (menu).jpg 

Menu du dîner de 480 couverts servi dans la galerie des fêtes de l’Hôtel de ville de Paris

à l’occasion du baptême du fils de Napoléon III.

Un moyen passionnant de faire découvrir au lecteur l’histoire du « repas à la française » (inscrit au patrimoine de l’Unesco) et comment ce savoir-faire culinaire a joué un rôle -parfois fondamental- dans les événements qui ont fait l’histoire et contribué au rayonnement de la France à travers le monde.

Bernard DELCORD

À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas 1520-2015, ouvrage collectif sous la direction de Laurent Stéfanini Paris, Éditions de l’Iconoclaste en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises, octobre 2016, 366 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil estival la recette suivante, de Marc Haeberlin revisitant un plat servi à l’occasion de la signature du traité de l’Élysée en 1963 :

Le homard Thermidor aux algues

Pour 2 personnes

Ingrédients :

1 homard breton de 600g

1 cuillère à café poudre de moutarde à l'anglaise

¼ de litre de sauce armoricaine

1 cuillère à soupe de cognac

100 g d'algues wakamé cuites

2 cuillères à soupe de chapelure

Pour la mousse :

125 g de chair de sole

125 g de crème fleurette

1 œuf entier

Sel, poivre, muscade

Recette :

Cuire le homard à l'eau bouillante salée durant 6 minutes.

Le fendre en deux.

Retirer la chair de la queue et décortiquer la pince.

Couper la chair de la queue en escalopes et la redisposer dans chaque ½ carcasse.

Badigeonner d'un peu de cognac.

Dans un blender, faire la mousse de sole avec la chair de sole, la crème fleurette, l'œuf, sel, poivre, muscade et la poudre de moutarde à l'anglaise.

Étaler cette préparation sur chaque ½ homard, parsemer d'un peu de chapelure.

Rôtir à four chaud (220°C) durant 8 minutes.

Disposer sur un peu de sauce armoricaine.

Parsemer d'algues wakamé cuites.

Disposer sur le dessus la pince de homard.

 

[1] Le mariage d’Henri IV et Marie de Médicis à Lyon le 17 décembre 1600, la signature de la paix des Pyrénées par Louis XIV et Philippe IV d’Espagne en 1660, la réception de la nouvelle dauphine Marie-Josèphe de Saxe par Louis XV au château de Choisy en 1747, le mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche en 1810, le Congrès de Vienne en 1815, le baptême du prince impérial le 14 juin 1856, l’inauguration du canal de Suez le 18 novembre 1869, le banquet de Guillaume Ier à Versailles à l’issue de la guerre de 1870, la signature de l’alliance franco-russe en 1897, les expositions universelles de 1889 et 1900, la venue en France du président américain Wilson après la victoire de 1918, celle de Winston Churchill en novembre 1944, la visite officielle de Nikita Khrouchtchev en 1960, celle de John et Jacqueline Kennedy en 1961, celle du shah d’Iran la même année, le traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande en 1963, le dîner offert par Charles de Gaulle au Premier ministre  québécois en 1967, le voyage officiel de François Mitterrand en Chine en 1983, le banquet en l’honneur de Yasser Arafat en 1993, celui de la visite d’Elisabeth II d’Angleterre en 2004

[2] Louis Amigues, Jean- Pierre Babelon, Séverine Blenner-Michel, Jacques-Olivier Boudon, Hélène Carrère d’Encausse, Corinne Defrance, Jean-Pierre Filiu, Bruno Fuligni, Marc Haeberlin, Tristan Hordé, André Kaspi, François Kersaudy, Vincent Laniol, Ulrich Pfeil, Franck Philippe, Florent Quellier, Patrick Rambourg, Isabelle Richefort, Maurice Vaïsse et Hubert Védrine.

[3] Laurent Stéfanini, diplomate et amateur d'histoire, a été chef du protocole de 2010 à 2016 et a contribué à organiser la présidence française du G8 et du G20 en 2011, ainsi que la conférence de Paris sur les changements climatiques de 2015. Il est aujourd'hui l'ambassadeur de France auprès de l'Unesco.

[4] Ghislaine Arabian, Olivier Bellin, Jean-Pierre Billoux, Yves Camdeborde, Thierry Charrier, Alain Dutournier, Adeline Grattard, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Xavier Hamon, Patrick Henriroux, Arnaud Lallement, Stéphanie Le Quellec, Régis Marcon, Thierry Marx, Jacques Maximin, Alain Passard, Michel Portos, Andrée Rosier, Benjamin Toursel, Pierre Troisgros et Mathieu Viannay.

 

02 11 16

« La poésie est le miroir brouillé de notre société. Et chaque poète souffle sur ce miroir : son haleine différemment l'embue. » (Louis Aragon)

Donc, revue sonore de poésie n°1.gif« Donc, c’est une nouvelle revue. De poésie. Un vrai défi.

Donc, une revue qu’on écoute. Une qui mêle des voix. Parce que les voix, ça porte loin. Jusqu’au cœur de chacun. Des voix nouvelles, des assurées, des qui font leurs premiers pas, des d’humbles géants, des qui poussent jusqu’au chant. En vers, en prose, entre les deux. Des voix de poètes, de chanteurs, un petit peu d’hier et beaucoup d’aujourd’hui.

Un numéro inaugural imaginé au coin d’une table, réalisé dans l’euphorie, entre amis et avec beaucoup d’inédits.

De la poésie concrète ou lyrique, énigmatique, douce ou violente, tranchante ou apaisante. Des mots. Des mots dits. Parce que la poésie, ça s’adresse à tout le monde. Ça peut changer le monde. À commencer ici. Alors, vous offrir une revue. Un grand spectacle. Juste entre nous. Qui commence, Donc, »

C’est en ces mots que son comité éditorial [1] présente le premier numéro – à nos yeux et à nos oreilles particulièrement réussi – de la revue sonore Donc, publiée aux Éditions Thélème à Paris, qui constitue une fameuse gageure autant qu’une belle aventure littéraire : un florilège lu, parfois par leur auteur, à l’instar de celui que nous reproduisons ci-dessous, de textes poétiques de qualité inscrits tout à la fois dans l’actualité du moment et dans l’intemporalité des vagues de l’âme humaine.

« Bravo, les gars, pour ces instants pas du tout pouet-pouet ! », aurait pu en dire l’ami VERHEGGEN…

Bernard DELCORD

Donc, revue sonore de poésie, n°1, collectif, Paris, Éditions Thélème, septembre 2016, 1 CD MP3, 13,8 cm x 18,7 cm durée 1h36, 9,90 € (téléchargement : 7,90 €)

 

Au sommaire du premier numéro :

Jean-Pierre VERHEGGEN & Jacques BONNAFFÉ • Le Poési

Stéphane BATAILLON • Édito

Julien ALLOUF lit RABELAIS • Gargantua – L’Abbaye de Thélème

Brigitte FONTAINE • Éloge de l’hiver − Inédit

Michaël LONSDALE lit Victor HUGO • Jeanne fait son entrée

Aurélia LASSAQUE • Je porte un bracelet

Arthur H • Le son et la lumière − Inédit

Mâya DE FAY, musique de Vincent BONNEFOIS • Élise à la grise mine

Christian OLIVIER lit APOLLINAIRE • Le pont Mirabeau

Yves BONNEFOY • Poèmes

Stéphane BATAILLON • 1961 − Inédit

James NOËL • Les cigales − Inédit

Perrine GRISELIN • Le désespoir non plus

Juanito SANCHEZ • La Paloma de Pilar

Linda Maria BAROS • Je sors dans la rue avec l’ange − Inédit

Christian OLIVIER lit APOLLINAIRE • Les cloches version chantée

Stéphane BATAILLON • Prépare toi à la pluie − Inédit

Aurélia LASSAQUE • Chant traditionnel occitan – Donne-moi un nom

Alain BASHUNG lit Bernard De VENTADOUR • Chanter ne peut guère valoir

Victor BLANC • Catabase

Les frères SUAREZ-PAZOS & Sylvain CLÉMENT • Tomas Tranströmer

Arthur H • À cheval en rêve

Philippe JACCOTTET • Poèmes

Mâya DE FAY, musique de Quentin POURCHOT • Branlade de morue

Brigitte FONTAINE • Portrait de l’artiste en déshabillé de soie

Jean-Pierre VERHEGGEN • Inédits

 

Extrait : Les dix commandements du parfait petit curé djihadiste

Allah ! Allah faveur de l'obscurité naissante, tu te rendras sur les lieux où commettre ce que les infidèles appellent un attentat !

Allah ! Allah ronde tu relèveras la présence éventuelle de patrouilles de militaires ou de policiers armés jusqu'aux dents !

Allah ! Allah dérobée, quand toutes les chances seront de ton côté, tu placeras en catimini les charges explosives sous le châssis d'un véhicule à l'arrêt !

Allah ! Allah sauvette, tu t'éclipseras en quatrième vitesse, ou selon les circonstances !

Allah ! Allah douce, tu te fondras discrètement dans la foule pour te faire oublier !

Allah ! Allah minute près, tu régleras le dispositif de commande à distance pour tout faire péter !

Allah ! Allah bonne heure, tu déclencheras le mécanisme pour accomplir la mission héroïque dont le prophète t'a chargé !

Allah ! Allah claire fontaine, tu iras te mirer, fier de l'exploit que tu viens de réaliser !

Allah ! Allah salope, tu iras y laver ton cul et ton cerveau malpropres !

(Jean-Pierre VERHEGGEN, texte inédit, avec l’amicale autorisation de l’auteur)

 

[1] Adeline Defay, Emmanuelle Leroyer et Stéphane Bataillon.

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26 10 16

Un quart de quarteron…

Salan Qui suis-je.jpgLe journaliste français d’extrême droite Jean-Paul Angelelli [1] est né à Alger en 1934 et il a fait son service militaire de 1960 à 1962 dans l'ouest constantinois, au 3e escadron du 6e régiment de Spahis, et il fut à cette époque décoré de la croix de la Valeur militaire avec citation. Il a été professeur certifié d'histoire-géographie aux lycées de Pithiviers (de 1962 à 1969) et de Beauvais (de 1969 à 1994) avant de décrocher le titre de docteur en histoire (titre de sa thèse : L'Algérie et l'opinion française en 1930, Nanterre, 1972) et de poursuivre sa carrière d’enseignant. Il est actuellement vice-président de l'association des Amis de Raoul Salan.

Fils du général André Zeller, Bernard Zeller est né en 1946. Polytechnicien (X66), docteur-ingénieur, ingénieur en chef de l'armement, il a fait carrière dans les industries spatiale et de défense où il a tenu des postes de direction. Il fut président de l'association des Amis de Raoul Salan de 2004 à 2015.

Ils sont les auteurs de Salan, Qui suis-je ? aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing, une biographie remarquable – et nos lecteurs connaissent nos convictions, très éloignées de celles des auteurs et du sujet de leur ouvrage – du général d’armées Raoul Salan (1899-1984) qui fut commandant en chef des forces terrestres, aériennes et navales en Indochine (1953-54) puis commandant supérieur interarmées en Algérie (1956-1959) et gouverneur militaire de Paris (1959-1960) avant de prendre part à une tentative de coup d’État militaire contre Charles de Gaulle et de diriger l’OAS, une sanglante organisation terroriste et colonialiste.

Admis à Saint-Cyr en 1917, Salan est affecté au 5e Régiment d’infanterie coloniale (RIC) à Lyon le 14 août 1918. Chef de section à la 11e compagnie, il participe aux combats de novembre 1918 dans la région de Verdun (Saint-Mihiel, Les Éparges, Fort de Bois-Bourru, Côte de l’Oie, Cumières-le-Mort-Homme) et est cité à l’ordre de la brigade en date du 29 décembre 1918. Ces combats ont marqué le jeune officier pour la vie.

Détaché dans l’administration coloniale en Extrême-Orient (1924-1937), il sort de la tourmente de 1940 avec trois citations. En 1944-1945, du débarquement en Provence à l’Allemagne, il mène ses troupes jusqu’à la victoire et est cité deux fois à l’ordre de l’Armée, les 29 avril et 2 décembre 1945, pour son action à la tête du 6e régiment d’infanterie coloniale et à la tête de l’infanterie de la 9e division d’infanterie coloniale.

En Indochine, aux côtés du général Philippe Leclerc, en 1945, puis du général Jean de Lattre de Tassigny, en 1951, il défend cette colonie qu’il a bien connue dans l’entre-deux-guerres. Il y affronte un ennemi implacable : le Viêt-minh, après avoir négocié sans succès avec Hô Chi Minh en 1946 à Đà Lạt et à Fontainebleau.

En 1958, après avoir échappé à un attentat au bazooka commis le 16 janvier 1957 par des ultras qui lui reprochaient, outre d’avoir « bradé l’empire » en Indochine, une addiction à l’opium, des opinions socialistes et une appartenance à la franc-maçonnerie, Raoul Salan avait soutenu Charles de Gaulle, revenu aux affaires publiques après une traversée du désert longue de 12 années, avant de participer en avril 1961 au putsch d’Alger contre de Gaulle qu’il accusait de trahison [2] et de prendre la tête de l’Organisation de l’armée secrète (1961-1962), une organisation politico-militaire clandestine française, créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle.

On se souvient de la fameuse bourde de langage commise le 23 avril 1961 par Charles de Gaulle qui, dénonçant la tentative de putsch dirigée par Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller et Raoul Salan, commença son intervention radio-télévisée par : « Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamento militaire. (…) Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite… » [3]

Arrêté le 20 avril 1958 et condamné à la détention criminelle à perpétuité, Raoul Salan fut libéré le 15 juin 1968 et rétabli dans l’intégralité de ses droits le 3 décembre 1982 (sous la présidence de François Mitterrand).

En dépit de son parti-pris très laudateur, l’essai de Jean-Paul Angelelli et de Bernard Zeller présente, à nos yeux, deux avantages essentiels : d’une part, la remise en perspective factuelle de l’embrouillamini politico-militaire qui entraîna la chute de l’empire colonial français et dont les militaires firent les frais, et, d’autre part, le récit de la vie entière de Raoul Salan (et pas seulement de l’époque des événements en Algérie), le tout permettant de mieux comprendre comment il et comment on en était arrivé là…

Bernard DELCORD

Salan Qui suis-je ? par Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », juin 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

 

Sommaire :

 

ENFANCE ET JEUNESSE

Une enfance heureuse

La Grande Guerre et la campagne de Syrie (1918-1921)

 

PASSION INDOCHINOISE

 

LA GUERRE DE 1939-45 ET SES PRÉMICES

Le Service de renseignement intercolonial

La campagne de France

Vichy (août 1940-février 1942)

Dakar (février 1942-août 1943)

Alger (septembre 1943-mai 1944)

Le débarquement de Provence

Vers la victoire (hiver 1944-printemps 1945)

 

LA GUERRE D'INDOCHINE (1945-1954)

Salan diplomate (1945-1946)

Négociations entre la France et le Viêt-minh

Les débuts de l'affrontement avec le Viêt-minh

Avec de Lattre (1951)

Commandant en chef en Indochine

Diên Biên Phu et la fin de la présence de la France en Indochine

 

RESPONSABILITÉS SUPRÊMES EN ALGÉRIE

Le chef de guerre

L'affaire du bazooka

Les batailles d'Alger

Le 13 mai 1958

Délégué général en Algérie

Bilan algérien

Vers le passage dans la réserve

 

LE PASSAGE DANS L'ILLÉGALITÉ, LE PUTSCH ET L'OAS

Intermède espagnol

Le putsch

À la tête de l'OAS

Arrestation du général Salan

 

PROCÈS

Ouverture et déclaration du général Salan

Témoignages

Réquisitoire, plaidoiries et verdict

Les suites du procès

 

DÉTENTION, LIBERTÉ, FIN

À Tulle

Liberté recouvrée

La fin

 

[1] Jeune étudiant à l'université, il milita au Cercle Henri Quatre (Lycéens et Étudiants d'Action française) et, durant toute sa carrière jusqu’aujourd’hui, il a collaboré ou collabore encore à La Nation française, à Rivarol (quitté en 2010) et aux revues Est-Ouest, Écrits de Paris, L’Algérianiste, Nous les Africains, Mémoire Vive. Il fut candidat sur les listes u Front national en 1988.

[2] Le 13 mai 1958 à Alger, Raoul Salan avait participé à la formation d’un « comité de salut public » appelant le général de Gaulle au pouvoir pour sauver l’Algérie française. À cet égard, le « Vive le général de Gaulle ! » lancé le 15 mai 1958 par Salan à l’issue de son discours prononcé au balcon du gouvernement général fut décisif et Charles de Gaulle devint président du Conseil le 1er juin suivant. Dans des discours prononcés successivement les 4 et 6 juin 1958 à Alger puis à Mostaganem, de Gaulle, s’adressant à ceux qui l’avaient ramené au pouvoir, s’écria : « Je vous ai compris » et « Vive l’Algérie française ! » avant de proposer l’autodétermination pour l’Algérie le 16 septembre 1959…

[3] Pour « un quatuor ». Quarteron, quarteronne (de l’espagnol cuarterón, de cuarto, quart) est un nom qui désigne un métis ayant un quart d'ascendance noire et trois quarts d'ascendance blanche… (Dictionnaire Larousse)

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Pour remonter dans le passé…

Manuel de paléographie française.jpgNicolas Buat, conservateur en chef du patrimoine, est directeur adjoint des Archives de Paris et Évelyne Van den Neste, conservateur général du patrimoine, est chef du Service des archives et de l’information documentaire de la Présidence de la République française. Archivistes-paléographes, ils sont chargés depuis plus de dix ans du cours de paléographie organisé aux Archives départementales du Val-de-Marne.

Ils sont aussi les auteurs, aux Éditions Les Belles Lettres à Paris, d’un Manuel de paléographie française et d’un Dictionnaire de paléographie française qui passionneront les historiens et seront de la plus grande utilité pour les archivistes, les conservateurs de bibliothèques et de musées, les notaires, les généalogistes, les mémorialistes, les romanistes, les étudiants, les thésards, les membres de cercles d’histoire locale et nationale, et, plus largement, toutes les personnes amenées à déchiffrer des textes rédigés entre le XVe et le XVIIIe siècle.

Voici ce qu’ils nous écrivent de leurs deux ouvrages :

« De la fin du Moyen Âge à la Révolution, la façon d'écrire le français a beaucoup évolué, et le tracé des lettres encore plus rapidement que l'orthographe ou la grammaire. Pour lire les sources originales de l'histoire de France, de la charte royale au plus humble registre paroissial, il est indispensable de maîtriser certains codes et certaines règles : c'est ce qu'enseigne la paléographie.

Quel lecteur de documents anciens n'a pas été confronté à des difficultés pour déchiffrer un texte ? Quel amateur d'archives n'a pas été rebuté par une écriture jugée illisible, désorienté par une orthographe erratique, perdu par un vocabulaire abscons ? Outil pratique et pédagogique, le Manuel de paléographie française a été conçu pour que chacun, néophyte ou expert, puisse surmonter ces difficultés, à son rythme et en parfaite autonomie.

C'est pourquoi il s'intéresse essentiellement aux écritures de la période postérieure à 1450, couvrant trois siècles d'un Ancien Régime riche en fonds d'archives patiemment reconstitués après les désastres de la guerre de Cent ans. Une nouvelle ère s'ouvre alors, avec le triomphe de la langue française et la généralisation des écritures liées, bientôt qualifiées de gothiques, auxquelles les greffiers et tabellions vont demeurer attachés jusqu'au XVIIIe siècle.

Abondamment illustré, l’ouvrage se compose de deux parties distinctes : un exposé en six chapitres des principes et des méthodes de la paléographie, suivi de neuf parcours d'exercices, à la fois thématiques et progressifs.

Cet apprentissage permet aux paléographes débutants, mais aussi aux plus confirmés, de se familiariser avec le dessin des lettres, de repérer les abréviations des mots, de comprendre des tournures de phrases aujourd'hui archaïques, en bref, d'exercer au quotidien son œil paléographique…

Dictionnaire de paléographie française.jpg

Conçu quant à lui comme un ouvrage de base, le Dictionnaire de paléographie française s'adresse aussi bien à l'érudit qu'au simple curieux. Plus commode qu'un manuel, il est le compagnon idéal du chercheur en salle de lecture. Il se laisse également feuilleter avec plaisir : comme tout dictionnaire, il offre avec plus de 2 500 entrées, 12 000 exemples et 15 000 illustrations un trésor d'associations de mots et d'images, de découvertes inattendues.

Certains mots font encore l'objet de planches particulières : autre, faire, icelui, Jehan, maître, pour, présent, que... Il ne s'agit en aucun cas d'un dictionnaire de mots rares ! Ce sont au contraire les termes les plus courants qui sont les plus difficiles à lire ou à interpréter, parce qu'ils sont écrits en abrégé ou perdus dans des formules au sens obscur. Les exemples sont là pour montrer les associations de mots et d'idées les plus fréquentes dans les actes de procédure ou de la pratique notariale.

Régler une querelle de voisinage, obtenir un dégrèvement d'impôts, passer un contrat de travail, organiser une succession : ces soucis de la vie quotidienne étaient également ceux de nos ancêtres, et nous sommes nombreux à vouloir en retrouver le témoignage dans des liasses et des registres parfois très anciens.

Les archives publiques sont ouvertes à tous, et ce dictionnaire aidera son utilisateur à remonter le temps, peut-être bien au-delà de ce qu’il espérait. »

De précieux outils de décryptage !

Bernard DELCORD

Manuel de paléographie française par Nicolas Buat et Évelyne Van den Neste, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Sources », mai 2016, 313 pp. en noir et blanc au format 14,6 x 21,6 cm sous couverture brochée en bichromie, 25 € (prix France)

Dictionnaire de paléographie française, nouvelle édition revue et augmentée, par Nicolas Buat et Évelyne Van den Neste, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Sources », mai 2016, 803 pp. en noir et blanc au format 14,6 x 21,6 cm sous couverture brochée en bichromie, 45 € (prix France)

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Un humoriste décapant…

Courteline Qui suis-je.jpgJacqueline Blancart-Cassou, agrégée de lettres classiques et docteur d’État, est professeure honoraire à l’université Paris XIII-Nord. S’intéressant à la littérature dramatique et, en particulier, au comique, elle a consacré sa thèse au Rire de Michel de Ghelderode. Elle est l’auteur d’ouvrages sur les œuvres de ce dernier, de Jean Anouilh, de Georges Feydeau, d’Eugène Labiche, et de nombreux articles concernant divers dramaturges des XIXe et XXe siècles. Elle a reçu en 2004 la première édition du prix triennal attribué par la Fondation internationale Michel de Ghelderode.

On lui doit aussi, paru chez Pardès à Grez-sur-Loing, un passionnant Courteline Qui suis-je ?, petit essai biographique et critique très documenté et abondamment illustré dans lequel elle se penche sur la destinée personnelle et littéraire d’un des orfèvres de l’humour théâtral français de la Belle Époque

Voici la présentation qu’elle nous en donne :

« Georges Moineau est né à Tours, fils d’un auteur connu de chroniques judiciaires, qui signe Jules Moinaux. Élevé d’abord dans cette ville chez ses grands-parents, il vit ensuite à Paris, puis sera interne durant six années au collège de Meaux. Réformé après un bref service militaire, il devient employé de bureau [1], mais peu assidu à ce travail.

Sous le nom de Courteline, il écrit des chroniques dans des journaux, et les développe sous forme de contes ou de romans ; il fonde la revue Paris-Moderne [2] ; il fait la satire de la vie militaire, dans Les Gaîtés de l’escadron (1886) et Le Train de 8 h 47 (1891), et de l’administration dans Messieurs les ronds-de-cuir (1893).

En 1892, il rencontre sa première compagne, qui lui donnera deux enfants, et se tourne vers le théâtre. Dans de courtes comédies, il évoque des relations de couples (Boubouroche, La Peur des coups) et se moque de la police et de la Loi (Le commissaire est bon enfant, Les Balances).

Georges Courteline circa 1890.jpg

 Georges Courteline (vers 1890)

Devenu veuf, il se remarie. Il fait jouer une comédie, La Paix chez soi, puis un pastiche de Molière, La Conversion d’Alceste, écrit un roman, Les Linottes (1912), enfin La Philosophie de Georges Courteline (1917).

Il est promu commandeur de la Légion d’honneur [3] et élu à l’Académie Goncourt [4]. Mais sa santé est atteinte : il doit subir l’amputation d’une jambe [5] et, quatre ans plus tard, de l’autre ; il ne survivra pas à la seconde opération. Il meurt le 25 juin 1929.

Son œuvre abondante, précise et vivace dans la raillerie, en fait l’égal d’un Feydeau ou d’un Labiche. »

On ajoutera que Courteline, tout commandeur de la Légion d’honneur qu’il fut, était un grand amateur de canulars – on lui doit, par exemple, l’invention du déconomètre – ainsi qu’un académicien Goncourt fort peu conformiste, comme en témoignent ses armoiries et sa devise reproduites dans l’ouvrage de Madame Blancart-Cassou, et que nous nous faisons un plaisir de livrer à l’admiration de nos lecteurs :

Courteline (armoiries et devise).jpg

Un bien vaste programme, comme l’a dit un jour Charles de Gaulle en découvrant l’inscription « Mort aux cons ! » sur une Jeep de la 2e division blindée du général Leclerc, qui fut la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944, lors de la bataille pour la libération de la capitale française…

Bernard DELCORD

Courteline Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », août 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

Quelques citations de Georges Courteline :

« Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet. »

« L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l'escalier ceux qui partent en avance. »

« Obliger les hommes à se laver et ne point leur donner de serviettes, toute l’ânerie militaire est là. »

« Il y a deux sortes de femmes : celles qu'on compromet et celles qui vous compromettent. »

« Un des plus clairs effets de la présence d'un enfant dans un ménage est de rendre complètement idiots de braves gens qui sans lui n'auraient été que de simples imbéciles. »

« Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole. »

« Il n ' y a pas de milieu dans la vie : dès qu'on n'est plus jeune, on est vieux, et au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge. »

« Il est étrange qu'un seul terme exprime la Peur de la mort, la Peur de la souffrance, la Peur du ridicule, la Peur d'être cocu et la Peur des souris, ces divers sentiments de l'âme n'ayant aucun rapport entre eux. »

« Je veux être enterré avec une brosse à habits pour quand je tomberai en poussière. »

 

[1] En 1880, comme expéditionnaire au ministère de l'Intérieur, à la Direction générale des cultes, où, ça ne s’invente pas, il a pour directeur Charles Dumay, un anticlérical convaincu…

[2] En 1881.

[3] En 1921.

[4] Le 24 novembre 1926.

[5] La droite, le 5 janvier 1925, en raison d’une gangrène sèche consécutive d’une inflammation de l'orteil compliquée par le diabète.