22 11 11

De main de maître

entre_tes_mains_01.j_1.jpg" Me consacrer à la chirurgie de la main à une époque où elle était encore pratiquement inexistante en France tenait de la gageure,..."

 

 Né en 1915,  Raoul Tubiana vit une enfance heureuse et choyée en Algérie. La santé fragile de sa maman,  son décès, confirment sa vocation pour la médecine.  Il  étudie en France et devient chirurgien.

 

 La guerre de 40-45 lui donne l'occasion d'exercer pleinement son métier, loin de sa famille, réfugiée à Saint-Tropez. Elle scelle également son destin puisque qu'il découvre, à cette occasion,  de nouvelles techniques  qui feront de lui un chirurgien des mains renommé.

 

Récit jalonné de rencontres prestigieuse - il croisera les  route et amitié de Bernard Buffet, Raymond Queneau,  Louise de Vilmorin, Coco Chanel, .. et même, par deux fois, le Général de Gaulle - le livre de Raoul Tubiana offre un regard intéressant sur un XXe siècle, traversé ...de main de maître.

Apolline Elter

 

Entre tes mains. Un chirurgien traverse le siècle, Raoul Tubiana, biographie, France Empire, septembre 2011, 294 pp, 22 €

 

 

 

 

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19 11 11

Jubilatoire

je-jubilerai-jusqu-a-100ans.jpg" Je dis souvent que le temps qui passe ne pèse que sur les épaules de ceux qui ne savent pas tendre  les bras"

 

Exquise Marthe Mercadier.

 

S'il est vrai que les épreuves - un an de mutisme absolu, deux ans de paralysie, conséquence d'une chute, l'épreuve de la guerre et, à son insu,  de la Résistance- cela vous forge une personnalité, la pétillante octogénaire est la preuve qu'avec un zeste d'envie, on célèbre la vie,... à l'envi.

 

"En vie...deux mots qui, réunis, n'en font qu'un et pas n'importe lequel: envie."

 

.Joie de vivre, exubérance parfois éreintante ...sont  les leitmotive d'un parcours résolument placé sous le signe de la baraka.

 

Un parcours que la célèbre actrice trace à l'attention de ses lecteurs, revisitant quelques événements majeurs du XXe siècle et l'engagement social et politique qui est le sien.

 

Un parcours placé sous le signe de l'amitié qui fait revivre les grands noms des planches et du petit écran, Francis Blanche, Micheline Presle, Jean le Poulain, Michel Serrault, Michèle Morgan, André Bourvil, Fernandel... et autres célébrités tels  Edith Piaf, Jacqueline Auriol, Blaise Cendrars, ....

 

Un parcours dévoué à la générosité, à sa famille aimée, ses animaux chéris, et une jouvence dont cette nouvelle Denise Grey,  nous révèle quelques secrets truffés d'humour:

 

"Il y a encore quelques mois, lorsqu'un moins de vingt ans me reconnaissait dans la rue, cela relevait du miracle...ou de mauvais traitement à enfant de parents fanatiques! Puis, j'ai participé à l'émission de télévision "Danse avec les stars." Depuis, je ne peux plus passer devant un lycée, un collège ou même une école maternelle sans qu'on m'y délivre un sourire ou quelques mots que, faute d'une parfaite  audition, j'imagine gentils".

 

L'adepte des bains de siège glacés et des joggings dans le bois de Boulogne pourrait de la sorte réaliser un voeu qui devient également cher à nos yeux:

"J'aimerais assez atteindre mes quatre-vingt-dix-sept ans. On serait alors en 2025 et je pourrais fêter le cinq centième anniversaire du statut d'actrice."

 

Une vraie, belle et radieuse leçon de vie.

 

Apolline Elter

 

Je jubilerai jusqu'à cent ans. Souvenirs et bons conseils, Marthe Mercadier, avec la collaboration d'Alain Morel, biographie, Flammarion, octobre 2011, 239 pp, 19 €

Billet de saveur

 

AE: Après cette vibrante et délicieuse plongée dans un parcours pour le moins tonique, nous serions curieux de connaître, chère Marthe Mercadier, votre madeleine de Proust:

 

Marthe Mercadier:  Ma madeleine, ce sont trois personnes qui ont eu une importance toute particulière au cours de mon enfance et durant ma jeunesse (souvenirs renforcés par mes promenades dans Paris) : Napoléon III, Hausmann et Offenbach.

 

Mes grands-parents m’ont transmis tout ce que Napoléon III et Haussmann ont fait pour la France. Il y a eu beaucoup de joie, d’enthousiasme dans tous les travaux qu’ils ont réalisés pour la France, pour Paris : on en parle peu je trouve, ce qui est bien dommage car cela est vraiment important.

 

On a dit beaucoup de bien de leurs aménagements dans les villes françaises, on a dit que la France était belle (et elle l’est toujours). Napoléon III et Haussmann ont participé au renouveau de la France, ils ont triplé les réseaux de chemins de fer de notre pays.

 

Offenbach a, quant à lui, bercé mon enfance : c’était un grand musicien, dès que j’entends une de ses œuvres, je replonge dans mes souvenirs . »

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23 10 11

« Précipitez-vous dessus, mille sabords ! »

 

Le vrai capitaine Haddock.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 23/10/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Apparu pour la première fois dans le Crabe aux pinces d’or (1941), le capitaine Haddock, meilleur ami de Tintin, vient donc de fêter ses 70 ans, l’année même où le cinéaste américain Steven Spielberg remet au premier plan mondial les personnages créés par Hergé.

 

On sait depuis Le secret de la licorne (1942) que ce marin d’eau salée au tempérament colérique, grand consommateur de whisky et bel imprécateur de jurons, descend du chevalier François de Hadoque, capitaine de la marine sous Louis XIV.

 

Mais on ignore généralement que le véritable inspirateur du personnage, un certain Herbert James Haddock (1861-1946 : il aurait donc eu 150 ans cette année…), fut un capitaine de la marine britannique, commandant (en 1912) de l’Olympic, le navire jumeau du Titanic, puis, en 1914-15, de la « dummy fleet » (une flottille de 14 navires marchands maquillés en bâtiments de guerre pour leurrer la Kriegsmarine) avant de d’accéder à la fonction enviable d’aide de camp du roi en 1916.

 

Tintinophile passionné, le physicien belge Louis Francken, ci-devant professeur de faculté et donc homme très sérieux, s’est passionné pour ce personnage tout aussi pittoresque que celui d’Hergé, et il en a fourni la biographie complète et rigoureuse – autant que passionnante – aux Éditions Avant-Propos à Waterloo qui ont eu quant à elles l’excellente idée de la publier, sous le titre Le vrai capitaine Haddock, Herbert James.

 

Nul doute que les fans innombrables du plus grand reporter belge se disputeront cet ouvrage particulièrement captivant…

 

PÉTRONE

 

Le vrai capitaine Haddock, Herbert James par Louis Francken, Waterloo, Éditions Avant-Propos, octobre 2011, 187 pp. en noir et blanc au format 17 x 23,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,95 €

 

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22 10 11

France la belle, la rebelle

40c8978e1c1e601622e17326fd81ab29-300x300.gifOrphelins du décès de Jean Ferrat,  de sa voix belle,  chaude et grave, lisez, contemplez, compulsez  ce bel album, il vous apaisera...

 

Pouvait-on en effet rendre meilleur hommage au chantre d'Antraigues que de tracer sa vie en ses lignes essentielles  d'en illustrer le parcours d'aquarelles et de fusains...sobres et expressifs.

 

" Il faisait revivre la France généreuse, la France courageuse. France la belle, la rebelle..."

 

Journaliste sportif, Nelson Monfort, parcourt la vie de Jean né Tenenbaum depuis la disparition déchirante de son père au camp d'Auschwitz , sa rencontre avec Christine Sèvres, sa première épouse', Isabelle Aubret, son "alter ego" féminine,  Colette Laffont, sa seconde et dernière compagne et tous les amis, les vrais, qui ont compté pour lui. Du voyage à Cuba, accompli au printemps 1967, il reviendra gonflé d'espoir en une société nouvelle et..de cette moustache qui fait  désormais partie intégrale de son look. Souvent malmené par les media, il suscitera, dans son public, un attachement qui transcende la mort. Intégrité, fidélité d'amour et d'amitié...sont les maîtres-mot d'une vie et d'un portrait dont Jean Ferrat aurait sûrement fait son bagage pour l'Au-Delà. La présentation aérée du texte est modulée d'aquarelles paysagères et de nombreux portraits, signés de la main de Philippe Lorin,peintre, illustrateur et dessinateur.

 

Est-il meilleure invitation à écouter, en boucle et émotion, les inoubliables " Aimer à perdre la raison", "Ma France", "Nul ne guérit de son enfance", "Potemkine", "Nuit et Brouillard"...et tout simple "C'est beau la vie"...

 

Apolline Elter

 

Jean Ferrat. Aimer à perdre la raison, Nelson Monfort (texte) et Philippe Lorin (illustrations), beau livre, Editions du Rocher, septembre 2011, 112 pp, 24 €

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20 10 11

Réconcilier la science et Dieu ?

Le Lotus et le Cosmos.jpgLongtemps j'ai cru que les religions remplissaient par des "mystères" nos ignorances scientifiques ; je sais aujourd'hui après la lecture de plusieurs ouvrages passionnants de Trinh Xuan Thuan ("La mélodie secrète" ou "L'infini dans la paume de la main") que la science peut s'accommoder de l'existence d'un Dieu ! Dans "Le Cosmos et le Lotus", sous-titré "Confessions d'un astrophysicien", le célèbre savant d'origine vietnamienne, mais éduqué à la française et formé aux Etats-Unis, explique son parcours professionnel et personnel, mais aussi en deuxième partie de l'ouvrage, il détaille très clairement le point actuel de ses recherches. Le titre le dit, il est imprégné de traditions bouddhiste et confucéenne, mais finalement n'est pas d'accord avec tous leurs préceptes. Il m'est difficile de rendre compte de mes notes de lecture (j'en ai une dizaine de pages, des notations qui me paraissent essentielles pour ma propre compréhension de l'existence), donc j'essaie d'esquisser des pistes. Sur l'unicité de la nature : "La nature est donc belle parce qu'elle possède un ordre, parce qu'elle est régie par des lois. Plus étonnant encore, ces lois peuvent être exprimées en termes mathématiques". L'auteur met aussi en parallèle, ce qui me réjouit, le processus de la création scientifique et celui de la création artistique. "Quand on crée une oeuvre d'art, on a le même sentiment de s'être approché un bref instant de la Vérité éternelle, d'avoir soulevé un modeste pan du Grand Mystère". Sa grande idée est, bien sûr, que tout a été prévu pour que l'homme apparaisse et puisse contempler la création, ici et maintenant. Que nous sommes reliés à tout. "Le simple fait de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe". Mais aussi "Nous descendons tous d'un seul et même organisme, une cellule primitive datant d'environ 3,8 milliards d'années". On connaît un peu cette théorie des atomes qui changent en onde ou en point selon l'observateur. "Ce concept de changement perpétuel et omniprésent rejoint ce que dit la cosmologie moderne : tout bouge, tout change, tout évolue, tout est impermanent, du plus petit atome à l'univers entier en passant par les galaxies, les étoiles et les hommes." Et cette incroyable affirmation, qui nous donne de l'espoir, qui gonfle l'âme : "Si l'univers est aussi vaste, c'est pour permettre notre présence. Si l'univers est tel qu'il est, c'est parce que l'homme est là pour l'observer et se poser des questions." Il reste bien des problèmes à régler (comme l'unification des quatre forces fondamentales dans la nature) et nous connaissons aussi le théorème de Gödel qui dit qu'il existe une limite à notre connaissance d'un système donné, car nous faisons nous-mêmes partice de ce système. L'auteur nous parle encore de tant de choses : de la liberté, de la spiritualité, de la créativité... Un livre qui exalte, qui nous change !

Jacques MERCIER

"Le Cosmos et le Lotus", Trinh Xuan Thuan, édition Albin Michel, 264 pp. 19 euros.

17 10 11

Portrait d’un salaud talentueux

 

Pierre Drieu La Rochelle par Jacques Cantier.gifFort belle biographie de Pierre Drieu La Rochelle que celle parue récemment chez Perrin sous la plume de l’historien Jacques Cantier. Basée sur une riche documentation maniée avec érudition, elle s’attache à démonter et reconstruire les mécanismes complexes de la vie d’un écrivain qu’il est heureux de découvrir ou de mieux appréhender. Car Drieu, comme Céline ou Aragon (avec qui il se lia d’amitié avant que l’un et l’autre se vouent une haine farouche), fut autant un salaud par ses idées qu’un génie par son talent.

Soulignant bien la marque indélébile des atrocités de la Grande Guerre dans l’âme et les lettres de l’auteur de La comédie de Charleroi, Cantier nous redessine, à travers le récit sa vie, tout le décor du Paris littéraire et artistique des années folles d’abord, et de l’Occupation ensuite.

On y retrouve, à l’instar de tous les « paumés » de la guerre,  un Drieu archétype du jeune intellectuel issu d’une famille bourgeoise (famille et classe qu’il fustigera plus tard dans sa Rêveuse bourgeoisie), revenu des combats dans un monde qui n’est plus le sien, et dont l’engagement vers le fascisme semble être l’évolution naturelle. Appartenant un temps au cercle des surréalistes, il céda petit à petit à la séduction des sirènes d’un Ordre Nouveau qui balaierait ce monde qu’il haïssait. C’est sur cette progression intellectuelle que Cantier revient fort à propos dans les premiers développements de son ouvrage, s’appuyant sur les textes de Drieu où il se met lui-même en scène avec ses proches, amis et ennemis (notamment dans son très fameux Gilles), pour brosser le portrait d’une génération de jeunes gens déçus par leurs contemporains et pour qui cette « révolution à droite » semblait être la seule planche de salut face au danger du bolchévisme.

L’évolution de ses engagements politiques des années trente à l’Occupation trouve bien entendu une place de choix dans cette biographie, au même titre que ses rapports confus avec le monde de l’édition (en particulier avec Gallimard) et les revues auxquelles il collabora, sans jamais pourtant tomber dans la facilité du jugement ou dans le récit trop fastidieux. Son accession à la tête de la NRF et sa direction de la revue sont ainsi, par exemple, fort bien évoquées.

Au final, du Don Juan de Paris durant les années vingt à celui du Drieu collaborationniste des années grises, c’est le portrait d’un homme qui nous apparaît tantôt bien fragile et triste (dans une époque qui le fut tout autant), tantôt cruel et ambitieux. Un homme pétri d’idées horribles, et pourtant doté d’un immense talent dont on fait la connaissance intime durant les quelques heures où l’on dévore cet ouvrage passionnant.

 

EUTROPE

 

Pierre Drieu La Rochelle par Jacques Cantier, Paris, Éditions Perrin, avril 2011, 315 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée monochrome, 22 € (prix France)

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08 10 11

Le Rastignac d'Oléron

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" C'est ainsi que dans une chambre d'hôpital naît ce qui deviendra l'une des plus belles histoires de la couture française. Qui aurait pu imaginer que le jeune affranchi de La Rochelle et un créateur de génie à la santé fragile formeraient un couple devenu légendaire."


"Jeune affranchi de La Rochelle", "Rastignac d'Oléron, d'Yves Saint Laurent, le célèbre compagnon,  Pierre Bergé cultive un certain hermétisme. Pour preuve, il n'a pas cautionné la publication de cette biographie  - brillante - que lui consacre  la journaliste Béatrice Peyrani.

 

 Qu'à cela ne tienne, la vie de l'autodidacte de génie se révèle en tous points passionnante: "Monté" à Paris, sans bac, le natif d'Oléron rencontre, à l'aube des ses vingt ans, le peintre, Bernard Buffet.  Epris, les jeunes gens s'en iront vivre huit années en Provence qui verront l'art de Bernard Buffet et sa montée en cotation, décuplée par l'énergie d'une relation fusionnelle. Car c'est le trait majeur qui jaillit du portrait de Pierre Bergé: pygmalion inspiré, il offre le tapis rouge de la notoriété et... de la fortune, à ceux dont il "manage"' le destin.  La rencontre avec Yves Saint Laurent scellera la constitution d'un empire majeur de la mode.

 

" Si Yves, tel un général, se lance dans la grande bataille de la mode, Pierre, en Mazarin de l'ombre, entend déjà hisser la maison Yves Saint Laurent au firmament des étoiles de la haute couture."

 

Une relation qui durera quarante années, ponctuées de bonheur, de crises et de ruptures jusqu'à la séparation fatale que constitueront le décès d'Yves Saint Laurent et la vente, en 2009, de la collection Bergé- Saint Laurent.

 

Ami de Giono, de Jean Cocteau, de François Mitterand, Pierre Bergé se serait volontiers vu écrivain; la vie le guidera en d'autres sphères qui le propulsera  à l'inauguration et aux commandes de l'Opéra Bastille, du Globe et du journal Le Monde, dont il est le récent copropriétaire.

 

Rarement homme de l'ombre aura été si solaire.

 

Apolline Elter

Pierre Bergé. Le faiseur d'étoiles. Béatrice Peyrani, essai, éd. Pygmalion, sept.2011382 pp, 22 €

 

Billet de faveur

AE: Béatrice Peyrani, c'était un exercice particulièrement périlleux d'écrire la biographie d'un personnage vivant, sans sa caution. Cela incite ceux qui l'ont approché à une prudente réserve lorsque vous les interrogez. Pensez-vous que dans le chef de Pierre Bergé, cette mise à distance est indifférence, faute de temps ou coquetterie?

 

Béatrice Peyrani: Pierre Bergé n’est pas homme à se retourner sur son passé. Cette enquête qui m’a permis pendant plus de deux ans d’interroger prés d’une centaine de personnes- jusqu’à d’anciens camarades de lycée à La Rochelle - me l’a démontré, rien ne compte plus pour Bergé que le présent et le futur. A bientôt 81ans, le faiseur d’étoiles n’est pas prêt à gaspiller une minute de son temps pour la nostalgie. Comme à l’aube de ses 18 ans, il semble toujours impatient de se lancer dans de nouvelles entreprises et a visiblement fait sien le conseil de son ami Cocteau, "Il ne s’agit pas d’être admiré, mais d’être incontournable". Incontournable, le coactionnaire du journal Le Monde l’est évidemment dans une France de nouveau en pleine campagne électorale.

 

AE: Avez-vous eu un écho, une réaction de  Pierre Bergé depuis la parution de l'ouvrage?

 

Béatrice Peyrani: A ce jour pas encore. Mais je sais que plusieurs de ses proches sont en train de le lire.

 

AE : Pouviez-vous trouver meilleure enseigne pour publier la biographie de Pierre Bergé qu’un éditeur répondant au nom de .. « Pygmalion » ?

 

Béatrice Peyrani: « Pygmalion », un nom rêvé bien sûr et idéal pour la biographie d’un faiseur d’étoiles !

 


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06 09 11

Portes ouvertes

686903-charles-aznavour-d-une-porte-l-autre-637x0-2.jpg" Je ne prétends pas faire partie  des petits rigolos légers et inconstants, qui sautillent sur toute chose, mais je suis d'un naturel optimiste. Mieux encore, ce naturel, je le cultive. Ainsi je réserve la légèreté aux moments graves et délicats, ce qui me permet de prendre, quand c'est nécessaire, les choses avec insouciance et humour."

 

Prenant le lecteur à sympathique parti d'un monologue vif et direct, le célèbre chanteur évoque ses origines - arméniennes -  sa vie, riche de portes ouvertes et d'expériences, ses partis-pris,vigoureux, assénant au passage quelques griffes d'humeur aux comportements qui n'ont pas sa faveur. ..

 

Par cette publication qui coïncide avec sa rentrée des classes à l'Olympia - il s'y produira du 7 septembre au 6 octobre prochains - le fringant octogénaire livre le  mode d'emploi de ses spectacles: " Vous pourrez battre le rappel sans cesse, je ne réapparaîtrai pas, (...) Je ne calcule pas, je donne tout et je pars", le mode d'approche de sa personne.

 

Un autoportrait lucide, simple et direct, agréablement  truffé d'autodérision.

 

" De l'ombre à la lumière, il n'y avait qu'un pas, mais ce pas-là, il a été l'affaire de toute mon existence."


Apolline Elter

 

Charles Aznavour. D'une porte l'autre. autobiographie, Ed. Don Quichotte, septembre 2011, 164 pp, 14,9 €

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04 08 11

Bachi-Bouzouks & Co

 

Le vrai capitaine Haddock.jpgArchibald Haddock peut avaler pipe et jurons – mille sabords ! – et remercier Louis Francken pour le travail accompli à la recherche de ses ancêtres Le vrai Capitaine Haddock - Herbert James paru aux Éditions Avant-Propos à Bruxelles.

 

« Entre Haddock et l'Olympic, Smith et le Titanic, La grande histoire n'a retenu que le tandem perdant ! ...Et au fond, cela ne rejoint-il pas, pour la postérité, la volonté de discrétion qu'Herbert James Haddock a affichée durant toute sa vie ? »

 

Capitaine de la marine sous Louis XIV, le chevalier François de Hadoque cèdera rapidement la vedette à Herbert James Haddock (1861-1915), figure emblématique du recueil. Un héritage que revendique – sacrebleu ! – le bouillant capitaine d'Hergé, qui apparaissait pour la première fois – voici tout juste 70 ans – dans le Crabe aux Pinces d'Or (1941).

 

Tintinophile averti, grand reporter pour le coup, Louis Francken nous invite à plonger, sans calembredaines, cataplasmes ni catachrèse, en ce début de grand 20e. Les chantiers de la White Star, la Royal Navy, les mythiques Olympic et Titanic, la Grande Guerre et les exploits du Commodore Haddock révèlent une personnalité d'envergure qui aurait sombré dans l'anonymat le plus complet sans l'intervention de son tonitruant « frère de la côte » et du bien inspiré Louis Francken.

 

Apolline ELTER

 

Le vrai Capitaine Haddock - Herbert James par Louis Francken, Bruxelles, Éditions Avant-Propos, juillet 2011, 186 pp. (+/- 50 illustrations), 19,95 €

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03 08 11

« Rien n'est trop difficile pour la jeunesse. » (Socrate)

 

Colette à 20 ans.gif« Pour qu'ils deviennent des classiques, il fallait d'abord qu'ils soient des originaux. »

 

Cinquième volume d'une sympathique collection qui saisit les écrivains marquants de la littérature française « à l'âge crucial » de vingt ans, aube de leur vocation et d'une œuvre parfois entamée, l'opus consacré à Colette Marie Céline Lachaud est… un délice.

 

« Que fait une jeune femme de 20 ans nouvellement mariée ?  Elle dépend de son mari. Et quand celui-ci est un critique mondain, invité à toutes les pièces de théâtre, concerts, et fréquentant les salons, eh bien elle le suit. »

 

Échappant à sa vie de province et aux difficultés financières de ses parents, Sidonie-Gabrielle Colette vient en effet d'épouser en 1893, le 15 mai de ses vingt ans, le prestigieux Henri Gauthier-Villars, alias Willy. Le mariage s'est fait à la sauvette et constitue une mésalliance aux yeux de la famille Gauthier-Villars. La montée à Paris de la petite provinciale qui roule les « r » à la façon bourguignonne ne se fera pas sans heurts ni humiliations. Willy la traite comme une petite fille et n'hésite pas à la tromper. La griserie de la vie mondaine a pour corolaire une souffrance que la jeune mariée s’efforce de cacher à sa maman, l'ambitieuse Sidonie. Colette sombrera dans la maladie dès janvier 1894, pour en sortir plus forte, insolente et... Parisienne, à la fin de l'été d’une année « chrysalide » qui voit Colette se dégrossir de son enveloppe provinciale pour affronter la vie de la Capitale.

 

La focalisation sur une période d'un (bon) an, s'assortit d'une mise en perspective sur la vie entière de l'écrivain, depuis sa tendre enfance jusqu'à son décès, relatant ses trois mariages, ses succès littéraires, ses écrins d'écriture, la naissance de Bel-Gazou et les aventures scandaleuses qui émaillèrent son parcours ; les portraits de Sidonie, sa mère, de Jules, son père et de Willy, son premier mari, éclairent la personnalité d'une artiste passionnée par la vie et les expériences qu'elle pouvait lui procurer.

 

Un récit alerte et vivant, qui se lit comme un roman.

 

Apolline ELTER

 

Colette à 20 ans Une apprentie pas sage par Marie Céline Lachaud, Paris, Au Diable Vauvert, collection « À 20 ans », septembre 2010, 154 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 12 € (prix France)

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