28 01 12

Michel Galabru ne sait pas dire non

Michel GalabruEntretien réalisé au théâtre de Paris pour Ciné Clip Clap et Livre de bord
Une émission de Nicky Depasse sur Liberty TV
Janvier 2012

Michel Galabru, Je ne sais pas dire non !, Michel Lafon, novembre 2011, 18€95, 317p.


Michel Galabru ne sait pas me dire non par nickydepasse

26 01 12

Jésus a existé !

Jésus petitfils.jpgC'est un travail remarquable de synthèse historique qu'a réalisé dans "Jésus" Jean-Christian Petitfils ! Se plaçant volontairement en dehors du champ religieux, il a confronté toutes les sources fiables, celles de ses confrères archéologues, ethnologues, etc. et bien entendu celles des textes, s'appuyant en particulier sur l'Evangile de Jean, le témoin privilégié. On apprend, par exemple, que l'expression "fils de Dieu" était largement utilisée avant l'avènement du Christ : "Dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda, les rois étaient considérés comme "fils de Dieu"... L'auteur fait la part des choses entre la symbolique, les allégories et ce qui semble la vérité. Ce qui reste est l'essentiel, de toutes façons : "Dieu est amour" écrit dans sa première épître Jean l'évangéliste qui a le mieux compris son message. Sa bonté est infinie. Elle va au-delà de toute représentation." On y apprend aussi (avant la religion) ce qu'est la morale de Jésus : "Jésus vise l'intention qui renferme déjà en elle le mal. C'est dans la haine du prochain, plus encore dans la colère, la rancune, l'animosité que réside la racine du meurtre. C'est cette racine qui doit être éradiquée. D'où la nécessité d'une réconciliation des hommes entre eux, préalables à toute prière." On parle évidemment aussi de l'expression ambigüe "le fils de l'homme", des femmes, de la vie future. Un livre passionnant que j'ai lu (est-ce un détail) avec attention en version numérique ! Cela dit, a-t-on un message, aujourd'hui plus que njamais, plus vital que "Aimons-nous les uns les autres..." ?

Jacques MERCIER

"Jésus", par Jean-Christian Petitfils, Edition Fayard, 2011, 690 pages en version brochée, 23,75 euros.- en version kindle 18,99 euros.

24 01 12

On n'a pas tous les jours 20 ans

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"En 1819,  Honoré  veut "commencer par un chef-d'oeuvre". Travailler "pour la postérité" et non "pour le goût actuel".

Difficile de prétendre qu'à 20 ans, Honoré ait déjà réalisé de grandes choses. Mais il est le modèle du jeune homme pauvre qui parcourra La (future) Comédie humaine.

En 1819, le (futur) romancier n'est encore que Balzac - son père n'adopte en effet la particule que deux ans plus tard - mais  il a en  lui, il le sent, il le sait, les germes du génie..

Pour l'heure, ses parents lui louent une pauvre mansarde à Paris tandis qu'Honoré réalise qu'il ne suivra pas la voie notariale prescrite par son père. Ce sépulcre aérien  ..et monacal sera l'assise parfaite de son inspiration: "Il faut matériellement peu à celui qui vit pour accomplir de grandes choses dans l'ordre moral"

Enfant mal aimé  - sa mère a vingt ans à sa naissance, tandis que son père en a plus de cinquante -  Honoré recherchera, sa vie durant, parmi  ses maîtresses et les  femmes de son  entourage, la tendresse maternelle qui a manqué à son enfance.  Laure de Berny, Laure d'Abrantès, Claire de Castries et Eve Hanska que le dandy  épouse en mars 1850, cinq mois avant son décès, prodigueront au romancier l'affection recherchée. Ainsi que Laure, sa soeur tant aimée et  Zulma Carraud, amie et  complice à vie.

Une expérience ratée dans le domaine de l'édition, entre 1826 et 1828 et la faillite qui s'ensuit,  obligera Honoré à rembourser ses créanciers jusqu'à la fin de sa vie.  Il le fera par l'écriture prolifique de romans.  La Comédie humaine est ainsi mise en route avec la publication en 1830 de la première série des Scènes de la vie privée  [Ndlr: dont la lecture intensive fut l'objet du mémoire de nos propres vingt ans... ] et l'introduction du principe des personnages récurrents. Trait de génie qui vaudra à Balzac la réputation d'être le plus grand romancier du XIXe siècle ....

Rédigée de la main d'Anne-Marie Baron, présidente de la Société des Amis de Balzac, cette nouvelle  publication de la collection "A vingt ans" lève, avec maîtrise  et précision, le voile sur une série d'énigmes visant la personnalité du romancier.

Apolline Elter

Honoré de Balzac à 20 ans.  L'esclave de sa volonté, Anne-Marie Baron, Ed. Au Diable vauvert, coll. " A 20 ans", janvier 2012, 168 pp, 12 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (3) |  Facebook | |

18 01 12

Vie et mort d'un scélérat

Trotski.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 18/01/2012 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Un vieil écrivain trotskiste belge à qui nous avions demandé en 1987, dans le cadre de recherches menées pour un projet de thèse doctorale, pourquoi il avait collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, nous répondit qu'il admirait les réalisations sociales du IIIe Reich et que si pour les atteindre il fallait se mettre dans le camp du national-socialisme, cela passait par pertes et profits, car « on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs »...

Cette réflexion cynique nous est revenue à la lecture du formidable Trotski publié aux Éditions Perrin à Paris, une biographie magistrale rédigée par un historien britannique (on connaît leur sérieux) enseignant à l'université d'Oxford, Robert Service, ayant eu accès à quantité de documents officiels russes (merci la chute du Mur de Berlin) et d'archives privées qui lui ont permis de remettre les pendules à l'heure une bonne fois pour toutes.

Car si l'adversaire de Staline eut longtemps – et a encore parfois – les faveurs d'intellos bobos quelque peu naïfs qui voyaient en lui le prophète de la révolution à visage humain, on est en réalité loin du compte, et sur tous les plans.

Voici le portrait synthétique qu'en donne Robert Service : « Révolutionnaire, chef de guerre, mais aussi écrivain brillant, amoureux des femmes, Juif en conflit avec ses racines, père de famille, icône puis bouc émissaire et victime traquée, Léon Trotski a vécu l'une des vies les plus extraordinaires qui soient. Fondateur de l'Armée rouge, opposant à son rival Staline qui le pourchasse à partir de 1929, en Turquie, en France puis au Mexique, sa vie s'achève dans un apogée de violence à l'image de son existence tourmentée. Théoricien “pur” d'apparence, cet homme aussi monstrueux que génial fut habité par l'obsession du pouvoir, sans jamais parvenir à le conserver ».

On ajoutera que Trotski apparaît aussi dans l'ouvrage comme un être sanguinaire, tortueux, opportuniste (dans ses rapports – façon girouette –avec Lénine, par exemple), lâche (notamment vis-à-vis de son épouse et de ses deux premiers enfants qu'il abandonna à leur sort en s'évadant de Sibérie en 1902), traître à ses origines et à ses amis (ainsi, il coucha sans vergogne avec Frida Kahlo, la femme de Diego Rivera qui l'avait accueilli en exil au Mexique en 1937 : « Faites du bien à un vilain, il vous crache dans la main », dit l'adage), tricheur (son autobiographie est un tissu de mensonges), extraordinairement imbu de sa personne, dépourvu de tout sens humain, parfaitement incapable d'empathie et, plus aberrant encore, très médiocre politique.

Bref, un beau salaud, comme aurait rugi Jean-Paul Sartre...

PÉTRONE

Trotski par Robert Service, Paris, Éditions Perrin, septembre 2011, 620 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 €  (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 12 11

Les 150 printemps de Victor Horta

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Quand, en 1901, Victor Horta (1861-1947) s'attaque à la construction de l'Hôtel, pour son frère de Loge, l'avocat Max Hallet, il a déjà de belles réalisations à son actif: les hôtels Autrique, Van Eetvelde, Tassel, Solvay, ....notamment. Il peut dès lors décliner son génie en toute maturité, s'adaptant, comme chaque fois, aux besoins spécifiques de son commanditaire.

 

Député socialiste, dévoué à la cause des plus démunis, Max Hallet préfère le raffinement à toute forme d'ostentation.

 

Le marbre blanc veiné alternera dès lors avec des sols en mosaïque,  soutenant, réverbérant la luminosité remarquable des lieux. L'omniprésence de boiseries et de courbes réchauffe le coup d'oeil tandis que  l'usage des ferronneries et de métal doré allège le côté imposant des lieux.

 

De son côté, Madame Hallet, passionnée de fleurs,  se verra construire, à l'entresol, un jardin - d'hiver - ...extraordinaire: jaillies de la façade,  trois baies vitrées, lobées  offrent, sur le jardin extérieur,  une perspective en triple cul-de-four. Les radiateurs en épousent les courbes. L'eau de pluie, nécessaire à l'arrosage des plantes, est acheminée dans la pièce par un système des plus ingénieux...signé Horta.

 

Réalisation majeure de l'architecte de génie, l'Hôtel Hallet est un des rares joyaux rescapés de la destruction ou de transformations indues. Acquis en 2006, par Michel Gilbert, passionné d'Art Nouveau et propriétaire de quatre immeubles Horta, l'hôtel a bénéficié d'une restauration intégrale, dans le plus pur souci de son aspect originel. Il est désormais ouvert au public, sur rendez-vous et théâtre de réceptions privées.

 

Passionnée par l'oeuvre de Victor Horta, Michèle Goslar signe ici une monographie remarquable: elle intègre la biographie de l'Hôtel Hallet dans la perspective complète de la vie et  de l’œuvre de l’architecte mais aussi  de l'époque et de l’aménagement de la célèbre avenue Louise. L'occasion rêvée pour le lecteur de rassembler, d'organiser ses connaissances sur le sujet. Les quelque cinquante illustrations soulignent magnifiquement le propos et rendent la visite virtuelle très engageante.

 

Une lecture hautement recommandée.

 

A (s')offrir sans hésitation.

 

Apolline Elter

 

Hôtel Hallet, signé Horta, Michèle Goslar, Beau-livre,  Ed. Avant-Propos, octobre 2011, 96 pp, 24,95 €

 Billet de faveur

 

 AE : Michèle Goslar, passionnée de l’œuvre de Victor Horta, vous  l’êtes aussi de celle – littéraire – de Marguerite Yourcenar. Rappelons que vous avez créé et que vous dirigez Le Centre international de Documentation Marguerite Yourcenar, à Bruxelles.  A part le fait, comme vous le rappelez, que la célèbre écrivain est née, avenue Louise, établissez-vous un lien entre ces deux passions ?

 

Michèle Goslar : Finalement, Marguerite Yourcenar et Victor Horta ont nombre de points en commun : sens du travail acharné et lent (un livre important tout les dix ans pour Yourcenar, remise sur le chantier de ses constructions pour Horta ; recherche de l’expression la plus « exacte » pour les deux ; audace de la pensée dans les deux cas…) même si c’est le hasard d’une interview de Gérard Valley sur la biographie de Yourcenar qui m’a mise sur la voie de la continuation de l’écriture…  et la rencontre du livre sur la Maison du Peuple qui m’a conduite à écrire sur Horta. Loin de l’accident de l’avenue Louise, Yourcenar comme Horta sont, pour moi, deux passions. La seule différence entre eux, pour moi, est que l’une est écrivain et l’autre architecte.

La monographie sur l’hôtel Hallet n’est qu’une excroissance d’un gros ouvrage sur Victor Horta qui doit paraître chez Mercator d’ici peu. J’y ai travaillé pendant 12 ans et c’est Michel Gilbert qui, connaissant cet autre vaste projet, m’a demandé de rédiger un livre sur son hôtel ouvert au public et à divers événements car il n’en existait pas.

 

 AE : L’année 2011 célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Victor Horta.  Michel Gilbert lui rend un hommage remarquable avec la restauration , parachevée, de l’Hôtel Hallet :

 

Michèle Goslar : J’ai dédicacé mon gros livre sur Horta à Michel Gilbert qui réalise un travail de restauration remarquable des hôtels qu’il a acquis, construits par l’architecte. Je suis heureuse que le livre sur l’hôtel Hallet soit sorti pour cet anniversaire. J’escomptais que le livre sur la vie et l’œuvre de Horta sortirait aussi en 2011, mais il n’est annoncé que pour mars 2012, afin de le rendre unique, notamment par les illustrations (des plans de toutes les constructions de Horta).

Écrit par Apolline Elter dans Arts, Beaux Livres, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 12 11

Quand Jean-Jacques devient Rousseau

9782846262989FS.jpg" A 30 ans passés, souvent dépressif et prompt à se croire atteint de toutes sortes de maux dont il  ne souffre pas, Jean-Jacques ne sait pas encore qui il est, sinon qu'il ressent comme un tout animé en lui, qui peut s'appeler sa personne, cette concentration vivante d'expériences faites, de savoirs accumulés, de connaissances et de talents assumés."

 

Un des atouts de cette collection  "A 20 ans" décidément chère à notre blog, est qu'elle ne force pas le propos... A 20 ans, Jean-Jacques n'est pas encore Rousseau. Il n'a, inscrit au plus profond de lui, que cet "impétueux désir de liberté", cette indépendance à tout crin qui sera sa signature existentielle. Qu'à cela ne tienne, Claude Mazauric trace, dans un essai passionnant, la genèse du "fondateur d'une anthropologie révolutionnaire", dont nous sommes clairement les héritiers.

 

Né à Genève , issu d'une lignée d'horlogers calvinistes, le jeune JJR  fuit la ville à l'âge de 16 ans.

 

Il lui faut tout d'abord renier sa foi et  rallier la religion catholique. C'est sur la bonne... foi de sa conversion  qu' il est confié à Madame de Warrens, laquelle joue un rôle majeur dans l'éducation de "Petit " (JJR), devient sa mère de substitution  ("Maman") et entreprend, quelques années plus tard, de le déniaiser.

 

 Ensuite, il lui faut ouvrir son esprit à tout ce qui se présente à lui: on voit ainsi le jeune adulte découvrir avec passion la musique , la chimie, la médecine..engranger en lui, au gré de promenades  en des lieux chers et profitables à son esprit, la matière qui nourrira sa pensée.  Telle George Sand à Nohant, " C'est aux Charmettes, en effet, que s'est formée la grande synthèse intellectuelle, faite de savoirs, de lectures, de découvertes et de réflexions, dans laquelle Jean-Jacques a par la suite puisé pour donner naissance à une oeuvre proprement gigantesque."

 

Une pensée qui nourrira, à son tout, les générations  à venir.

 

" En introduisant finalement la conscience des réalités de classe dans la philosophie des Lumières, Rousseau le roturier ouvre la voie à une démarche critique qui, trois générations plus tard, sera au fondement de la pensée théorique et politique du jeune Karl Marx."

 

Jean-Jacques Rousseau à 20 ans. Un impétueux désir de liberté, Claude Mauzaric, Ed. Au  Diable Vauvert, avril 2011, 156 pp, 12 €

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26 11 11

Le dernier amour de George Sand

images.jpg"Voilà peut-être ce que l'on appelle la maturité: le sentiment du bonheur, la capacité d'en jouir, la conscience de sa fragilité."

 

C'est à la figure d'Alexandre Manceau - le "dernier amour" de George Sand que la biographe Evelyne Bloch-Dano s'attache, dans un essai vivant, brillant, passionnant.

 

La célèbre écrivain a 45 ans quand Alexandre Manceau entre dans sa vie; il en a 13 de moins. A première vue, il paraît son valet, attentif à ses moindres désirs, lui qui "se met tout entier dans un verre d'eau qu'il m'apporte ou dans une cigarette qu'il m'allume." Mais la relation est bien plus riche qu'il n'y paraît: "seul homme à la mesure de la générosité [sandienne]", Alexandre sera 15 ans durant le compagnon "à la fois homme et femme comme elle",  d'une George Sand apaisée, simplement heureuse d'aimer. La période est  féconde pour l'écrivain qui publiera alors  pas moins de cinquante ouvrages. Seule la mort d'Alexandre, en 1865, rompra l'harmonie du couple.

 

Au départ de cette période de quinze ans et d'une analyse approfondie du couple Sand - Manceau, Evelyne Bloch-Dano autopsie la relation violente qui unit George Sand à Solange, sa fille: fille présumée  de Stéphane d'Ajasson de Grandsagne, Solange restera toute sa vie, « la part d'ombre » (et d'échec) de sa mère.

 

En parallèle et écho contrasté, la relation tendre, généreuse, passionnée qui lie  l'écrivain à son fils chéri, Maurice, alias "Bibi",  à ses petits-enfants, dont sa chère Nini, tragiquement décédée,  à sa belle –fille, Lina Calamatta - "J'adore ma nouvelle fille » - et à  tous ces enfants d'adoption que George Sand couvera de son aile bienveillante.

 

Et puis, il y a le  portrait de Nohant,  la demeure qui incarne l'hospitalité légendaire de sa propriétaire (rendez-vous, demain à 17 heures pour un High Tea centré sur un magnifique passage de l'ouvrage). Nohant qui aura vu tant de personnalités de prestige, Balzac, Flaubert, Tourgueniev, Liszt, Marie d'Agoult, Théophile Gauthier, Edmond Plauchut.... s'assoir à sa table, goûter aux joies d'un séjour qui pouvait parfois se prolonger plusieurs années...

 

Merveilleuse George Sand, sincère, altruiste et entière dans ses engagements.

 

Une lecture hautement recommandée

 

Apolline Elter

 

Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, septembre 2010, 320 pp, 20 € 

 

Billet de ferveur

 

AE: Evelyne Bloch-Dano,  vous voyez en Nohant, la "texture du paysage mental" de George Sand. Le lecteur sent battre le coeur de la demeure, à travers les passages que vous lui consacrez. (Quand) nous concocterez-vous  une biographie de Nohant?

 

Evelyne Bloch-Dano: Ce n’est pas dans mes projets ! J’ai jadis consacré un livre à la maison d’Émile Zola (Le roman d’une maison – Chez les Zola à Médan Payot), mais on a déjà beaucoup écrit sur Médan…

 

 AE: George Sand se serait-elle éprise d'Alexandre Manceau si elle l'avait rencontré, dix ans plus tôt?

 

Evelyne Bloch-Dano:  Comment savoir ? Probablement, non.  Dix ans plus tôt, à peu de choses près, elle rencontrait Chopin…

 

AE: A votre avis, quelle serait la "madeleine de Proust" de George Sand?

 

Evelyne Bloch-Dano: Je renvoie vos lecteurs au très beau début du chapitre 11 de la deuxième partie de Histoire de ma vie, dans lequel elle évoque la mémoire et les souvenirs d’enfance…

 

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22 11 11

De main de maître

entre_tes_mains_01.j_1.jpg" Me consacrer à la chirurgie de la main à une époque où elle était encore pratiquement inexistante en France tenait de la gageure,..."

 

 Né en 1915,  Raoul Tubiana vit une enfance heureuse et choyée en Algérie. La santé fragile de sa maman,  son décès, confirment sa vocation pour la médecine.  Il  étudie en France et devient chirurgien.

 

 La guerre de 40-45 lui donne l'occasion d'exercer pleinement son métier, loin de sa famille, réfugiée à Saint-Tropez. Elle scelle également son destin puisque qu'il découvre, à cette occasion,  de nouvelles techniques  qui feront de lui un chirurgien des mains renommé.

 

Récit jalonné de rencontres prestigieuse - il croisera les  route et amitié de Bernard Buffet, Raymond Queneau,  Louise de Vilmorin, Coco Chanel, .. et même, par deux fois, le Général de Gaulle - le livre de Raoul Tubiana offre un regard intéressant sur un XXe siècle, traversé ...de main de maître.

Apolline Elter

 

Entre tes mains. Un chirurgien traverse le siècle, Raoul Tubiana, biographie, France Empire, septembre 2011, 294 pp, 22 €

 

 

 

 

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19 11 11

Jubilatoire

je-jubilerai-jusqu-a-100ans.jpg" Je dis souvent que le temps qui passe ne pèse que sur les épaules de ceux qui ne savent pas tendre  les bras"

 

Exquise Marthe Mercadier.

 

S'il est vrai que les épreuves - un an de mutisme absolu, deux ans de paralysie, conséquence d'une chute, l'épreuve de la guerre et, à son insu,  de la Résistance- cela vous forge une personnalité, la pétillante octogénaire est la preuve qu'avec un zeste d'envie, on célèbre la vie,... à l'envi.

 

"En vie...deux mots qui, réunis, n'en font qu'un et pas n'importe lequel: envie."

 

.Joie de vivre, exubérance parfois éreintante ...sont  les leitmotive d'un parcours résolument placé sous le signe de la baraka.

 

Un parcours que la célèbre actrice trace à l'attention de ses lecteurs, revisitant quelques événements majeurs du XXe siècle et l'engagement social et politique qui est le sien.

 

Un parcours placé sous le signe de l'amitié qui fait revivre les grands noms des planches et du petit écran, Francis Blanche, Micheline Presle, Jean le Poulain, Michel Serrault, Michèle Morgan, André Bourvil, Fernandel... et autres célébrités tels  Edith Piaf, Jacqueline Auriol, Blaise Cendrars, ....

 

Un parcours dévoué à la générosité, à sa famille aimée, ses animaux chéris, et une jouvence dont cette nouvelle Denise Grey,  nous révèle quelques secrets truffés d'humour:

 

"Il y a encore quelques mois, lorsqu'un moins de vingt ans me reconnaissait dans la rue, cela relevait du miracle...ou de mauvais traitement à enfant de parents fanatiques! Puis, j'ai participé à l'émission de télévision "Danse avec les stars." Depuis, je ne peux plus passer devant un lycée, un collège ou même une école maternelle sans qu'on m'y délivre un sourire ou quelques mots que, faute d'une parfaite  audition, j'imagine gentils".

 

L'adepte des bains de siège glacés et des joggings dans le bois de Boulogne pourrait de la sorte réaliser un voeu qui devient également cher à nos yeux:

"J'aimerais assez atteindre mes quatre-vingt-dix-sept ans. On serait alors en 2025 et je pourrais fêter le cinq centième anniversaire du statut d'actrice."

 

Une vraie, belle et radieuse leçon de vie.

 

Apolline Elter

 

Je jubilerai jusqu'à cent ans. Souvenirs et bons conseils, Marthe Mercadier, avec la collaboration d'Alain Morel, biographie, Flammarion, octobre 2011, 239 pp, 19 €

Billet de saveur

 

AE: Après cette vibrante et délicieuse plongée dans un parcours pour le moins tonique, nous serions curieux de connaître, chère Marthe Mercadier, votre madeleine de Proust:

 

Marthe Mercadier:  Ma madeleine, ce sont trois personnes qui ont eu une importance toute particulière au cours de mon enfance et durant ma jeunesse (souvenirs renforcés par mes promenades dans Paris) : Napoléon III, Hausmann et Offenbach.

 

Mes grands-parents m’ont transmis tout ce que Napoléon III et Haussmann ont fait pour la France. Il y a eu beaucoup de joie, d’enthousiasme dans tous les travaux qu’ils ont réalisés pour la France, pour Paris : on en parle peu je trouve, ce qui est bien dommage car cela est vraiment important.

 

On a dit beaucoup de bien de leurs aménagements dans les villes françaises, on a dit que la France était belle (et elle l’est toujours). Napoléon III et Haussmann ont participé au renouveau de la France, ils ont triplé les réseaux de chemins de fer de notre pays.

 

Offenbach a, quant à lui, bercé mon enfance : c’était un grand musicien, dès que j’entends une de ses œuvres, je replonge dans mes souvenirs . »

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23 10 11

« Précipitez-vous dessus, mille sabords ! »

 

Le vrai capitaine Haddock.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 23/10/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Apparu pour la première fois dans le Crabe aux pinces d’or (1941), le capitaine Haddock, meilleur ami de Tintin, vient donc de fêter ses 70 ans, l’année même où le cinéaste américain Steven Spielberg remet au premier plan mondial les personnages créés par Hergé.

 

On sait depuis Le secret de la licorne (1942) que ce marin d’eau salée au tempérament colérique, grand consommateur de whisky et bel imprécateur de jurons, descend du chevalier François de Hadoque, capitaine de la marine sous Louis XIV.

 

Mais on ignore généralement que le véritable inspirateur du personnage, un certain Herbert James Haddock (1861-1946 : il aurait donc eu 150 ans cette année…), fut un capitaine de la marine britannique, commandant (en 1912) de l’Olympic, le navire jumeau du Titanic, puis, en 1914-15, de la « dummy fleet » (une flottille de 14 navires marchands maquillés en bâtiments de guerre pour leurrer la Kriegsmarine) avant de d’accéder à la fonction enviable d’aide de camp du roi en 1916.

 

Tintinophile passionné, le physicien belge Louis Francken, ci-devant professeur de faculté et donc homme très sérieux, s’est passionné pour ce personnage tout aussi pittoresque que celui d’Hergé, et il en a fourni la biographie complète et rigoureuse – autant que passionnante – aux Éditions Avant-Propos à Waterloo qui ont eu quant à elles l’excellente idée de la publier, sous le titre Le vrai capitaine Haddock, Herbert James.

 

Nul doute que les fans innombrables du plus grand reporter belge se disputeront cet ouvrage particulièrement captivant…

 

PÉTRONE

 

Le vrai capitaine Haddock, Herbert James par Louis Francken, Waterloo, Éditions Avant-Propos, octobre 2011, 187 pp. en noir et blanc au format 17 x 23,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,95 €

 

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