10 04 10

Ecrire est un plaisir

9782873866563 Un titre proustien pour un ouvrage riche de mémoires - non conformes - et de vies, qui verront l'homme d'Etat, professeur d'Economie, académicien, écrivain  - avec 43 publications à son actif - peintre, poète, mélomane... avertis, époux aimant, fils respectueux et père d'une famille nombreuse décrire ses multiples existences en les présentant comme un recueil d'expériences plutôt qu'un catalogue de souvenirs indélébiles.
De sa prime jeunesse louvaniste aux voyages en Globalistan, vaste village qu'est devenu le monde, Mark Eyskens nous livre une vision planétaire des XXe siècle et XXIe siècle naissant, ne négligeant pour autant sa patrie d'attache que constitue la Belgique, via les portraits de Gaston Eyskens, son père, du Roi Baudouin dont il fut proche et d'une multitude de personnalités rencontrées.
Quand j'ai quitté le gouvernement en 1992, j'étais resté un idéaliste sans illusion, ce qui est mieux que de finir en illusionniste sans idéal. Et le lecteur de découvrir, au-delà de la chronique d'années passées  au service de l'Etat et des événements qui l'ont marqué, la quête d'un sens à la vie qui compose avec la fatalité de l'entropie, de la disparition inéluctable de la vie sur Terre.
Une somme de quelque 650 pages,  dense, riche et  brillante, écrite en français par un grand homme qui se sait affublé d'une propension maladive à l'écriture: "Mon mal scriptural est par ailleurs aggravé par la passion pour la parole, pour les improvisations et les discours à l'emporte-pièce. Certains savants ont diagnostiqué une forme d'incontinence verbale appelée logorrhée, incurable dans l'état actuel des connaissances scientifiques" ...et d'un humour très attachant.
Apolline ELTER

A la recherche du temps vécu. Mes vies. Mark Eyskens, Ed. Racine, 672 pp, février 2010, 29,95 €

Lisez l'interview de Mark EYSKENS par notre collègue, journaliste politique, Michel GEYER en cliquant sur la couverture du livre.

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14 03 10

Salut, l’artiste !

Jean FerratSeule biographie du poète (et unique à ce jour, Jean Ferrat : de la fabrique aux cimes par Bruno Joubrel paru en 2008 aux Belles Lettres à Paris étant le texte remanié d'une thèse de doctorat de musicologie), le Jean Ferrat de Jean-Dominique Brierre paru en 2003 aux Éditions de l’Archipel à Paris revient sur le devant de la scène avec les adieux définitifs à l’auteur, compositeur et interprète décédé le 13 mars 2010 à Aubenas en Ardèche, où il s’était retiré dès 1973. Benjamin de quatre enfants, il était né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine) d’une mère fleuriste et d’un père bijoutier. Celui-ci, d’origine juive (le vrai nom de Ferrat était Tenenboom), fut déporté à Auschwitz où il est mort le 5 octobre 1942. Ce drame de l’enfance, et le fait qu’il a été caché par l’un des responsables de la résistance communiste en région toulousaine, marqueront au fer rouge le cœur et la conscience du chanteur qui, s’il connut le succès dès 1960 avec Ma Môme, a crevé les plafonds en 1963 avec Nuit et Brouillard, un hommage formidable aux victimes de la barbarie nazie. Compagnon de route du parti communiste, partisan des révolutions russe et cubaine (Potemkine, Oural ouralou, Camarade, Cuba si), interprète inspiré d’Aragon (Les yeux d’Elsa, C’est si peu dire que je t’aime, Les lilas, Heureux celui qui meurt d'aimer), admirateur de Lorca et de Neruda, il fut lui aussi un grand chantre de l’amour (C’est toujours la première fois, Nous dormirons ensemble, Tu ne m'as jamais quitté) et un poète sensible à la vie quotidienne des petites gens (La Montagne, On ne voit pas le temps passer, Sacré Félicien) en même temps qu’un militant politique de gauche (Ma France, En groupe en ligue en procession, La Commune, Pauvre Boris [en hommage à Vian]) et un défenseur du féminisme (La femme est l'avenir de l'homme, Une femme honnête n’a pas de plaisir). Progressivement revenu du communisme après l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 (Au printemps de quoi rêvais-tu ?, Le bilan), il s’est retiré dans un village lointain d’où il prenait de temps à autre la plume pour enguirlander les instances ministérielles françaises en raison de leur manque de soutien aux jeunes artistes non commerciaux. C’était un homme généreux, fidèle en amour et en amitié, discret dans sa vie privée, qui traîna à jamais la mort injuste de l’auteur de ses jours. L’une de ses dernières chansons, enregistrée en 1991, s’intitule d’ailleurs Nul ne guérit de son enfance. Il est même hélas des enfances qui vous tuent à jamais…
Bernard DELCORD

Jean Ferrat par Jean-Dominique Brierre, Paris, L’Archipel, 2003, 281 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,95 €

Ce livre n’était plus disponible mais l'éditeur en ressortira une version mise à jour avec nouvelle couverture le 31 mars 2010.

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09 02 10

La jeunesse tumultueuse de Georges Brassens

LONJONLa jeunesse tumultueuse de Georges Brassens racontée pour la première fois dans un livre. On y découvre plusieurs révélations sur l’enfance du chanteur poète. Brassens était un cancre à l’école jusqu’à ce jour du 22 octobre 1936. Georges a alors 15 ans et le déclic se fait : c’est certain, il sera chanteur !
Certains diront qu’on lui aurait donné le bon Dieu sans confession. Pourtant, un jour, Brassens se laisse entrainer. Il va commencer à voler. Georges Brassens poète, chanteur et plutôt beau gosse. Il n’en faut pas plus pour que les filles lui tombent dans les bras. Il en profite mais ça lui cause aussi des ennuis avec les RG – les Renseignements généraux.
Différentes anecdotes sont compilées dans cet ouvrage.
Nicolas Gaspard

  BERNARD LONJON - Nicolas Gaspard 1
  BERNARD LONJON - Nicolas Gaspard 2

J’aurais pu virer malhonnête, Bernard Lonjon, éditions du Moment, janvier 2010, 281p., 19€95

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16 01 10

Huit ans de traque

DEL PONTEPendant huit ans, de 1999 à 2007, Carla del Ponte, ex procureure générale des tribunaux pénaux internationaux (TPI) pour le Rwanda et l’ex Yougoslavie, a été le cauchemar de la diplomatie internationale. Se préoccupant comme d’une guigne des convenances, elle rue dans les brancards en tentant de réorganiser deux TPI souvent lourds et inefficaces. En cause : la bureaucratie onusienne et les faux-fuyants utilisés tant par les nationalistes encore au pouvoir en ex‐Yougoslavie que par des dirigeants occidentaux généralement encensés. Elle n’hésite pas à attaquer de front, non plus qu’à réhabiliter des personnalités déchues comme Colin Powell. Ce nouveau regard intérieur sur des personnalités publiques est à raison présenté comme l’un des principaux atouts de ce témoignage. Son autobiographie donne une image très claire des difficultés qu’il y a à construire un système destiné à juger des criminels “de haut niveau”, qui n’ont pas participé directement aux massacres.
Cet ouvrage permet également de comprendre un peu mieux, et de manière très synthétique, les grands enjeux de ces conflits. Madame la Procureure apparaît comme un personnage intransigeant n’ayant pour seule devise que de rendre la justice, sans pitié pour les bourreaux non plus que pour les victimes. Que feraient-ils de ma pitié, semble-t-elle dire. Cette absence de compassion, présentée comme nécessaire pour rester objective, ôte malheureusement toute possibilité de s’identifier et de rentrer pleinement dans ce personnage hors normes. Au final, ce livre reste une vision personnelle des deux plus grandes tragédies des années 1990 et de la poursuite de leurs principaux instigateurs. Difficile de trouver la place et le public de cet ouvrage qui n’est ni objectivement historique, ni suffisamment rempli de rebondissements pour pouvoir prétendre au titre de thriller. Il fait néanmoins partie de ces livres qui, grâce à leur style et malgré leur densité, se lisent d’une traite. Un ouvrage en demi-teinte, donc, à recommander aux passionnés et aux spécialistes capables de prendre le recul nécessaire pour en apprécier la richesse.
Xavier VANVAERENBERGH

Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Héloïse d’Ormesson, 649p., octobre 2009, 25€00.

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11 12 09

Coeur de cristal

CALLASDepuis le premier jour, Maria avait été une enfant rejetée, dont le destin serait voué à la solitude.
C'est sous l'angle de la fragilité, de la revanche - voire vengeance - à prendre sur une enfance rendue d'autant plus pénible qu'elle était dotée d'un physique disgracieux, qu'Alfonso Signorini, journaliste italien, nous présente l'altière diva.
Révélé tôt, le don de sa prodigieuse voix s'alliera à une fierté naturelle, un travail acharné et une ambition portée haut pour faire de Maria Callas la star que la postérité retiendra. 
De son mariage avec Giovanni Battista, "Titta" Meneghini, riche commendattore italien, à ses amours passionnées avec Aristote Onassis - qui jamais pourtant ne l'épousera -Maria Callas gardera la suprême blessure de la maternité impossible: mort sitôt né, en 1960,  le petit Omerino consacrera une souffrance existentielle  d'autant plus douloureuse que dissimulée. Jusqu'à sa mort,  le 16 septembre 1977  Maria Callas se rendra,  tous les premiers lundis du mois, au cimetière de Bruzzano, près de Milan, sur la tombe de son enfant. L'événement marquera, selon l'auteur, le début du déclin de sa carrière. Un programme de tournées, par trop chargé, l'empêchait également de ménager sa voix comme elle aurait dû.
Un livre à lire, en écoutant les interprétations majeures de la diva,  au sein de la Norma, Traviatta  ou de Gianni Schicchi, tellement cher à Ari Onassis.
Je suis à la fois fière et fragile! Et si je m'attriste à la pensée qu'en souffrant, je souffre cent fois plus que les autres, je sais que quand je suis heureuse, je le suis mille fois plus qu'eux.
Apolline Elter

Fière et fragile Maria Callas, Alfonso Signorini - Traduit de l'italien par Raymond Voyat, biographie, éditions du Rocher, novembre 2009, 256 pp, 19 €

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14 09 09

Sur les traces d’Arthur Rimbaud…

MONFREID (cover)Connaissez-vous Henry de Monfreid ? Cet aventurier français, doublé d’un écrivain de talent, est né à La Franqui près de Leucate (Aude) en 1879 et est mort à Ingrandes (Indre) en 1974. Il fut l’ami de Gauguin, de Teilhard de Chardin et de Kessel. En 1911, se lançant sur les pas de Rimbaud, il s’est rendu à Djibouti où il est devenu marchand de café, puis marin sur un boutre en mer Rouge, pêcheur de perles, trafiquant d’armes et de haschich, contrebandier et même vaguement pirate, avant d’acheter une minoterie et de construire une centrale électrique. Converti à l’Islam en 1914, il prit le nom de Abd el Haï, (« l'esclave du Vivant ») puis devint agent secret au service de la France durant la Première Guerre mondiale et de l’Italie durant la Seconde. Fait prisonnier par les Anglais, il fut déporté au Kenya où il devint chasseur et pêcheur, avant de regagner son pays en 1947. Les nombreux récits (plus de 25 livres publiés) qu’il tira de ses aventures connurent un succès considérable et pérenne : Les secrets de la mer Rouge (1931), La croisière du haschich (1933), Les guerriers de l’Ogaden (1936), Du Harrar au Kenya (1949), Les lionnes d’or d’Éthiopie (1964), Lettres d’Abyssinie (1999, posthume), Lettres de la mer Rouge (2000, posthume)… Rédigés dans un style flamboyant et d’une surprenante modernité, ils décrivent un monde d’hommes, âpre et rugueux, fonctionnant selon un code moral très particulier où religion, violence et respect des traditions font bon ménage. Les Éditions Pardès à Grez-sur-Loing viennent de lui consacrer, sous la plume de Francis Bergeron, une courte biographie intitulée Monfreid, Qui suis-je ?, passionnante en diable même si certains préjugés de l’auteur ou sa propension à rechercher le « politiquement incorrect » dans l’œuvre de Monfreid peuvent appeler quelques restrictions. Mais après tout, les aventuriers de la vie et des mots, à l’instar de Rimbaud, ont rarement les mains propres !
Bernard DELCORD

Monfreid, Qui suis-je ? par Francis Bergeron, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, 2009,
128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm, 12 €

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06 09 09

Starwalker

MICHAELJACKSONJe m'intéresse à la façon dont Elvis s'est détruit parce que je n'ai pas l'intention d'en faire autant.
Après l'émoi causé par sa mort accidentelle, cette phrase écrite par Michael Jackson en 1988 a une résonance particulière. La nouvelle publication de Moonwalk, l'unique autobiographie de la plus grande star de tous les temps, est bouleversante de vérité et de naïveté. Même si vingt années nous séparent de ces confessions, tout est déjà dit.
Quelques morceaux choisis :

La presse écrit les choses les plus bizarres sur mon compte, continuellement. Je ne supporte pas que l’on déforme la réalité et je ne lis jamais ce que l’on écrit sur moi, même si on m’en parle souvent. Je ne comprends pas pourquoi les journalistes éprouvent le besoin d’inventer des choses sur moi.
Comme mon père avait neuf enfants et mon oncle huit, la famille était une véritable colonie de vacances.
Personne ne m’a obligé à devenir le petit Michel, le chanteur soliste – je l’ai fait et j’ai aimé ça – mais c’était un travail dur. Quand on faisait un disque, on entrait parfois en studio juste après l’école sans avoir le temps de manger. Quand j’arrivais chez moi, et qu’il était onze heures ou minuit, j’étais tellement fatigué que je n’avais pas faim.
Par contre, moi, je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa me rendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal que j’essayais de me rebiffer et de rendre ses coups, ce qui ne faisait qu’aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure à travers la figure, ou je tentais de lui porter un coup de poing. Du coup, j’en prenais encore plus que tous les autres réunis.
On en a vu de toutes les couleurs pendant cette période. Dans une boîte, je me souviens qu’il y avait un trou entre la cloison de la loge des musiciens et les toilettes des femmes. On pouvait mater à travers une fente et je dois avouer que j’ai vu des trucs inoubliables …
Je suis fier pourtant d’avoir pu m’en sortir pas trop mal. Bon nombre d’enfants du show-business ont fini dans la drogue : Frankie Lymon, Bobbie Driscoll, etc.
Quand je suis à la maison, je m’habille n’importe comment. Je porte ce qui me tombe sous la main. Ca m’arrive de passer des journées entières en pyjama. J’aime les chemises flanelle, les vieux pantalons et les vieux pulls, bref, les vêtements simples.

Moonwalk
, Michael Jackson, Michel Lafon, 1988-2009, 304p., 22€ env.

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03 09 09

Michel Sardou intégral

SARDOU1En juin dernier, je vous proposais un extrait la longue interview que m'avait accordé Michel Sardou avant sa diffusion sur Nostalgie (cliquez sur la couverture). En voici l'intégralité.

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 3
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 4


Et qu'on n'en parle plus : autobiographie, Michel Sardou, XO, juin 2009, 224p., 17€90.

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14 06 09

Parole d'ours !

SARDOUNostalgie et Michel Sardou vous donnent rendez-vous le dernier week-end de juin.
En prélude, je vous invite à écouter deux extraits de l'entretien que l'artiste m'a accordé et au cours duquel nous avons évoqué son autobiographie, donc sa vie privée et professionnelle.
Et le livre ? Agréable, amusant et très bien écrit. Quelques astuces littéraires intéressantes. Quant aux révélations, il y en a. Bien sûr. Mais tout n'est pas dit. Car l'auteur-chanteur ne s'en cache pas : Le reste, c'est mes oignons ... Je ne veux pas qu'on me connaisse.

Brice Depasse

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2

Et qu'on n'en parle plus : autobiographie, Michel Sardou, XO, juin 2009, 224p., 17€90.

Interview intégrale :

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 3
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 4

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08 06 09

La femme qui n'était jamais seule

DION BOMBARDIERCélèbre présentatrice de la télévision québécoise, Denise Bombardier est connue pour ses interventions musclées et ses sorties tonitruantes. Ayant accompagné Céline Dion tout au long de sa dernière tournée mondiale, on pouvait s'attendre à un livre bien épicé.
Mais il n'en est rien car les deux femmes sont liées par une solide amitié (Denise Bombardier a d'ailleurs signé une des chansons du dernier album de Céline en français). Les amateurs de croustillant et de voyeurisme ne s'y retrouveront pas. Par contre, pour les admirateurs, reste un livre essentiel puisqu'il raconte la face cachée de la diva en tournée mais aussi en famille.
Mais en live, sur l'antenne de Nostalgie, au micro de Philippe & Laure, le naturel de Denise Bombardier va-t-il revenir au galop ? C'était ce matin, dans le Grand Morning.


L'énigmatique Céline Dion, Denise Bombardier, XO, mai 2009, 233p., 18€90.

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