08 05 11

Enfin un philosophe optimiste !

Ferry autobio.jpgUne fois n'est pas coutume, je vous propose ici le texte de mon billet écrit dans mon propre blog (http//jacquesmercier.wordpress.com) à propos de l'autobiographie de Luc Ferry, publiée sous forme d'entretiens avec Alexandra Laignel-Lavastine.

Hier soir, ai terminé la lecture de l'autobiographie de Luc Ferry, enfin une sorte d'autobiographie écrite sous forme de dialogue et sous-titrée : "L'anticonformiste". Ce que j'en retiens avant tout, c'est une vision de l'avenir et qui n'est pas pessimiste ! Comme cela fait du bien ! Sa vision était déjà exposée dans son brillant et récent ouvrage : "La révolution de l'amour", mais il s'en explique longuement ici, avec son propre cheminement, ses origines, ses expériences, sa confrontation (d'où l'anticonformisme) avec les autres penseurs et/ou philosophes français. Je relève, par exemple sur mai 68 : "C'était aussi une période de grande liberté et d'aventures multiples, une période tumultueuse où l'on croyait que tout était permis du moment que l'on s'aime. J'en suis moins convaincu aujourd'hui, sans doute parce que je suis devenu plus soucieux des autres." Cela me touche d'autant plus que cette semaine je serai interviewé par Elodie de Sélys à propos d'un numéro de "Ce jour-là", excellente émission, consacré aux années 60. J'aime chez Ferry la clarté des choses. Ainsi à propos de notre civilisation : "Pour les Européens, trois grands principes éducatifs servent globalement de guide : l'amour, la loi et les oeuvres. Autrement dit : l'élément chrétien, l'élément juif et l'élément grec." Mais c'est surtout dans l'état actuel et les années qui viennent que Luc Ferry m'intéresse le plus. "Si la mondialisation s'est progressivement mise en place depuis le XVIII° siècle avec l'essor du capitalisme, la révolution numérique des années 90 nous a fait basculer dans autre chose." Et d'expliquer que le cours du monde semble nous échapper, soumis à la seule logique adaptative de la nécessité et de l'urgence. Mais il voit au-delà : "Deux mouvements - le désenchantement (mondialisation et déconstruction) et le réenchantement (sacralisation de l'humain à travers l'invention de la famille moderne - traversent la modernité démocratique." Et ceci encore : "Le seul lien social qui se soit approfondi, enrichi et intensifié depuis deux siècles est celui qui unit les générations à partir de l'expérience familiale. Je suis convaincu que c'est en elle, mais surtout à partir d'elle, qu'apparaissent de nouvelles formes de solidarité dans le reste de la société." ... Il y a encore beaucoup à dire et à commenter. Mais je vous renvoie au livre (Denoël) si voulez en savoir plus ! Pour ma part, je souris en refermant le livre, un peu plus confiant dans l'évolution du monde ! Avouez que c'est plutôt rare de pouvoir être aussi optimiste, car on entend surtout des appels à l'indignation, au désespoir,etc

 

Jacques MERCIER

 

Luc Ferry, l'anticonformiste (une autobiographie intellectuelle), entretiens avec Alexandra Laignel-Lavastine, Edition Denoël 2011, 390 pp. Photo Miguel Medina. 22 euros.

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25 04 11

La farce tranquille…

 

Brassens ou la liberté.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 22/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Reproduisant, au fil d’un récit dessiné par Joann Sfar et de commentaires rédigés par Clémentine Deroudille, des photographies, des manuscrits, des textes inédits, des extraits du « carnet de bord » personnel et même une recette de cuisine du maître, le catalogue de l’exposition Brassens ou la liberté qui se tient à la Cité de la musique à Paris[1] jusqu’au 21 août 2011 constitue une biographie pour le moins originale de l’auteur du « Gorille » et de l’« Auvergnat », foisonnante, conviviale et riche de vie.

Libertaire sans chichis et ami sans façons, Georges Brassens y apparaît en tout cas pour ce qu’il était : un géant de la poésie, fin lettré, musicien habile, artiste inspiré, révolutionnaire débonnaire, « compaing » fidèle, amant timide et Ravachol souriant, bouffant tantôt de la vache enragée sans maugréer et tantôt savourant avec délectation les beaux livres, les vins fins et le bon tabac offerts par le succès.

Moustachu dans l’âme, c’est-à-dire revêtu du masque de l’autorité virile, il cachait derrière ce masque un fin sourire bonhomme pour débiter tranquillement des propos dévastateurs de l’ordre établi, préludes à de sobres élans de fraternité réelle et d’amour profond de son prochain…

Un homme, un vrai ! Et de lettres, en plus…

 

PÉTRONE

 

Brassens ou la liberté par Clémentine Deroudille & Joann Sfar, Paris, coédition Dargaud/Cité de la Musique, mars 2011, 335 pp. en quadrichromie au format 23 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)



[1] Cité de la musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris. L’exposition « Brassens ou la liberté » est ouverte du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, et jusqu'à 22h tous les vendredis jusqu'au 24 juin 2011. Fermeture le lundi.

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16 04 11

Avec ceux qui "font" les auteurs !

nadeau.jpgMaurice Nadeau nous raconte de l'intérieur, en journaliste et en écrivain, la jungle des éditions littéraires. C'est évidemment passionnant pour ceux qui aiment lire et écrire. Intitulés "Grâces leur soient rendues", les derniers mots de sa préface, ces "mémoires littéraires" parcourent en effet un grand pan de l'histoire de la littérature. L'auteur qui fut le plus souvent au service des autres, s'excuse : "Ecrire, j'en ai l'habitude : des centaines, des milliers d'articles, quelques ouvrages de hasard. C'est là qu'est le hic : journaliste, pas vraiment écrivain. Le surfing." Maurice Nadeau fut journaliste et directeur littéraire. Il a découvert entre autres Roland Barthes, Georges Bataille, Samuel Beckett, Tahar Ben Jelloun, Hector Bianciotti, Jorge Luis Borgès. Dans des chapitres de quelques pages, il raconte fort bien l'amitié (Miller, par exemple), les arcanes du métier, les jalousies, les rancoeurs, les pièges; mais aussi Julliard, Gallimard, Denoël, les éditions qui décident de la vie des auteurs. Il s'attarde avec bonheur et précision sur André Breton et le surréalisme ; sur le "nouveau roman", sur les revues littéraire, sur les jurys, sur les correspondances. Non seulement c'est une mine précieuse de renseignements sur la traversée du siècle, comme on l'indique, mais c'est écrit d'une plume juste et claire, qui convient parfaitement au propos. Quelques extraits ? Voici un passage d'un article paru dans Combat" en 1949: "C'est que, pour Breton, la valeur d'un poème se mesure à d'autres critères que le bonheur d'expression, la qualité du chant, le pouvoir des suggestions. Compte davantage à ses yeux la possibilité que possède ou non ce poème de nous ouvrir une porte sur l'inconnu." Ou dans le chapitre consacré à Maurice Blanchot. Il découvre par hasard un texte de lui qui dit :"Le signe de son importance, c'est que l'écrivain n'ait rien à dire..." Et d'écrire : "Voilà qui renverse mes convictions. J'ai toujours pensé qu'écrire c'est "exprimer", et plus encore "s'exprimer", révéler au lecteur éventuel la vision que l'écrivain se fait du monde, des autres et, pourquoi pas, de lui-même. Maurice Blanchot voit le romancier dans un état très particulier qu'il dit être "l'angoisse"..." Des réflexions comme celles-là remplissent le livre et non seulement donnent à lire, mais à réfléchir sur le monde de l'édition et de ceux qui en font partie !


Jacques MERCIER

 

"Grâces leur soient rendues", mémoires littéraires, Maurice Nadeau. Ed. Albin Michel. 482 pages. 24 euros.

10 04 11

Une plume française…

 

Françoise.gif« Françoise eut plusieurs vies et sut brouiller les pistes. Elle s'échappait toujours et n'aimait pas parler d'elle. Elle préférait parler des autres, écrire sur les autres, comprendre les autres. »

 

Ceux qui ont lu de Christine Ockrent le magistral Françoise Giroud. Une ambition française, publié peu de temps après le décès de celle-ci(2003), s'interrogent peut-être sur le bien-fondé d'une nouvelle biographie. La démarche de Laure Adler dans Françoise paru chez Grasset à Paris est autre et, du coup, légitime : basée sur la découverte d'archives inédites et sur des journées passées à l’IMEC (Institut des mémoires de l'édition contemporaine), la biographie se fait plus intime – en témoigne le titre réduit au prénom seul – et trace un portrait de Françoise Giroud, visité sous l'angle de sa fragilité et de ses rapports parfois complexes avec la vérité.

 

« Françoise Giroud a toujours eu des rapports compliqués avec la vérité. Elle savait ne pas se souvenir de ses erreurs, niait, s'obstinait, comme dans l'épisode des lettres anonymes, détestait qu'on la prenne en défaut, comme dans sa querelle avec Mendès France, et feignait de ne pas être blessée quand elle était attaquée par ses ennemis, ainsi que le montre son attitude lors de la contestation de son titre de médaillée de la Résistance. Depuis longtemps, elle a décidé qu'elle ne se regardait pas dans l'image que les autres se faisaient d'elle-même mais qu'elle obéissait à ses propres instincts. »

 

Figure de proue du journalisme engagé, Françoise Giroud a porté Elle et L'Express sur les fonts baptismaux, entamant, avec la naissance de ce dernier magazine, la grande histoire d'amour qui l'unira à Jean-Jacques Servan-Schreiber. Ce dernier était alors marié à Madeleine Chapsal.

 

Retraçant chaque étape de la vie de la panthère –ainsi que la surnomme JJSSLaure Adler en analyse les marques laissées sur son tempérament : née France Gourdji, elle essaiera de pallier la déception paternelle de n'avoir eu un fils. La mort de son père, émigré de Turquie pour s'être opposé au rapprochement de son pays avec l'Allemagne, précipitera progressivement la famille dans la dégringolade financière. Françoise Giroud commencera sa vie active en tant que scripte pour le cinéma. Après la guerre 40-45 qui la verra entrer en résistance, elle fondera, aux côtés d'Hélène Gordon-Lazareff, revenue des États-Unis la tête farcie d'idées de modernité, le magazine Elle. Quelque temps plus tard, elle lance L'Express – la grande aventure journalistique de sa vie – aux côtés de JJSS, avec pour but avoué de faire entrer Pierre Mendès France au gouvernement.

 

La mort de ses proches, sa mère, Douce, sa sœur et surtout celle d'Alain son fils, disparu au cours d'une expédition à ski, seront des épreuves particulièrement marquantes de son existence, ainsi que la séparation d'avec JJSS qui lui vaudra une tentative de suicide, ratée, à son grand dépit. Battante et pudique, Françoise rechignera viscéralement à se plaindre, trouvant auprès de Jacques Lacan, le célèbre psychiatre, suivi et réconfort. Reste la question juive que l'intéressée avait toujours occultée, sur foi d'un serment fait à sa Maman. Elle éclaire, elle aussi, le portrait d'une personnalité extrêmement attachante dont nombre de journalistes contemporains aiment à se revendiquer.

 

« Est-ce la manière si particulière qu'a Françoise Giroud de mêler le sentimental au politique, de percer les êtres à l'aide de peu de mots, de faire des phrases de plus en plus courtes, percutantes, au risque de bousculer, parfois, la syntaxe ? »

 

La future secrétaire d'État à la Condition féminine – sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing – avait, innée, le sens de la formule. Une formule ponctuée d'ironie, d’émotion ou... assassine. Elle avait le courage de ses options et d'une vie qui ne lui a pas toujours fait de cadeaux.

 

L'éclairage que nous offre Laure Adler est un vivant hommage à une figure marquante du XXsiècle et à sa vérité.

 

Apolline ELTER

 

Françoisepar Laure Adler, Paris, Éditions Grasset, collection « Biographie », janvier 2011, 494 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

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28 03 11

Itinéraire d'une enfant de banlieue


papawnot.jpg

«Papa was not a rolling stone» est le titre du premier ouvrage écrit de la main de Sylvie Ohayon, la célèbre publicitaire. Sortie en janvier 2011 chez les éditions Robert Lafont, cette autobiographie est très bien accueillie.


Rencontre avec Raphaël Pirlet, un jeune stagiaire (très prometteur) de notre équipe.

 

Sylvie Ohayon sort son premier ouvrage, une autobiographie. Mais d'où est venue cette idée ?
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Une biographie qui peu à peu s'illumine, comme un enfant grandit, Sylvie Ohayon nous raconte.
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Qui dit biographie dit confession, Sylvie Ohayon se livre, mais jusqu'où ?


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Au travers du récit de sa vie, Sylvie Ohayon montre qu’elle a grandi avec plusieurs personnalités dont Kamel Ouali ou J.J.Goldman.


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Une biographie rendue public, c’est un fardeau qui s'allège mais à qui est personnellement adressé cet ouvrage ?


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29 01 11

Livre de Bord N°99 : Les lieux du crime & Françoise Sagan

 

Invités : Genviève Moll (Françoise Sagan) et Jean-Michel Turpin (Sur les lieux du crime) aux Editions de la Martinière.

Livre de Bord sur Liberty TV, le mardi à 18.05, mercredi à 20.05, jeudi à 20.05, vendredi à 12.05, samedi à 14.05, dimanche à 16.05 et le lundi à 18.05.

 

 


Livre de Bord N°99 : Les lieux du crime & Françoise Sagan
envoyé par BriceDepasse. - Films courts et animations.

20 01 11

ABBA : le poids de la bio, le choc des photos


ABBA story par Jean-Marie POTIEZ & Brice Depasse sur Nostalg
envoyé par nostalgie. - Regardez la dernière sélection musicale.


ABBA : une légende nordique, Jean-Marie Potiez, Ed. Didier Carpentier, septembre 2010, Beau Livre grand format, 160p., 29€50.

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08 01 11

Tous mortels !

ragon.jpgLe livre "Ils se croyaient illustres et immortels..." de Michel Ragon est à la fois une vue très intéressante sur la fin de vie de quelques hommes illustres, mais aussi et surtout un livre qui fait réfléchir aux valeurs importantes. Parmi celles-ci la gloire, la fortune et le pouvoir, on le sait, n'ont qu'une place toute relative ! Et surtout ne durent que le temps d'une mode (cela revient parfois) mais dans les exemples de Ragon même pas le temps de toute une vie. Les anecdotes sont bien choisies et nous rendent proches Descartes, Pound, Clemenceau, Dumas ou Sagan. J'aime les citations en exergue. Gustave Flaubert : "On est reconnu pendant cinq ans, dix ans, quinze ans (c'est déjà beaucoup) puis tout sombre, hommes et livres". Louis-Ferdinand Céline : "On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne." Petit livre sur l'illusion, sur le temps qui passe, sur l'aspect dérisoire des choses matérielles. La vie c'est ce que l'on est et pas ce que l'on a, j'ai toujours en tête cette phrase et Michel Ragon nous la remet en mémoire de bien belle façon ! Ajoutons sans être aussi pessimiste aujourd'hui ce que Charles De Gaulle écrivait : "La vieillesse est un naufrage" pour être complet.

Tant qu'il est temps, essayons de faire le tri dans les valeurs proposées et choisissons bien !

Jacques MERCIER

 

Ils se croyaient illustres et immortels... par Michel Ragon. Edition Albin Michel 2011. 162 pp. Format 13cm/18,5cm. 15 euros.

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30 12 10

Une fresque dessinée pour Napoléon !

napoleon.jpgC'est le premier ouvrage édité pour Nicolas Dandois, carolorégien issu de l'atelier de BD de Saint-Luc à Bruxelles, et c'est excellent ! Voici le premier tome d'une saga consacrée à Napoléon, intitulé "Eté 1815". Un si beau travail de dessinateur que les planches ont été exposées au Musée Wellington à Waterloo ! On raconte dans ce volume la mort de Napoléon, l'autopsie, etc. ensuite on remonte dans l'Histoire jusqu'à la fin politique de l'empereur après sa défaite. Dans sa demeure de Malmaison, hanté par le souvenir de Joséphine, il ne maîtrise plus son destin... Pierre d'Harville dans la préface écrit : "Oui, Nicolas a de l'audace, c'est bien le rôle d'un auteur de bande dessinée. J'ai aimé les intrigues, les scènes de guerre, les scènes de lit. Napoléon tonne, grogne, sourit parfois, commande souvent." En noir et blanc, les dessins s'inscrivent totalement dans la sensibilité actuelle, même réflexion pour le format. Une formidable façon de redécouvrir ce personnage fascinant et contesté. On attend donc les autres tomes !

Jacques MERCIER

 

Ete 1815, Napoléon - Tome 1, écrit et dessiné par Nicolas Dandois. Editions Des ronds dans l'O. Sept 2010. 160 pp. Format 16,5 cm/24 cm. 16,50 euros.

28 12 10

Inventer sa vie !

lavilliers.jpgQuel livre étrange ! Une biographie de Bernard Lavilliers, d'abord acceptée, puis refusée, puis poursuivie par Michel Kremer, critique musical... Etrange parce qu'on y retrouve vraiment - avec admiration - tout le parcours de Bernard Lavilliers, ses disques, ses motivations... mais aussi ses mensonges : les inventions auxquelles - moi-même dans les années 70 - tout le monde a cru ! Il ne fut pas boxeur, il n'eut pas une enfance malheureuse, il ne fut pas chauffeur de poids lourd en Amazonie... et même, oui, il a copié, plagié beaucoup de textes de poètes qu'il aimait ! Le résultat est trouble : ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, mais comme s'il nous avait trompé, il faut qu'on tolère, accepte et pardonne... Ce serait dommage de ne retenir que ses erreurs, car le livre est surtout une excellente analyse de sa place dans la chanson française. L'auteur cite d'ailleurs cette déclaration de Blaise Cendrars à propos de son célèbre roman "Le Transsibérien" : "Qu'importe si j'ai pris ce train, puisque je l'ai fait prendre à des milliers de gens." En effet ! On comprend bien le processus de création de Lavilliers : "Lavilliers aime écrire en état d'urgence..."mais ne pas tout raconter" explique-t-il lui-même dans une interview "La chanson aime le non-dit, le non-lieu et les personnages secrets. Elle aime le flou, ce qui se passe ailleurs, de l'autre côté de la logique." Je ne connais pas beaucoup de plus juste définition de l'écriture d'un texte de chanson. On croise dans le livre Nicoletta (idées noires), Ray Barretto, Corto Maltese, Léo Ferré... et ses femmes, Lisa, Evelyne... Tout le parcours incroyable du petit Stéphanois, né Bernard Oulion, devenu Bernard Lavilliers.

Jacques MERCIER

Les vies liées de Lavilliers, par Michel Kemper. Edition Flammarion. Collection pop culture. novembre 2010. 388 pp. 20 euros.

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