16 01 10

Huit ans de traque

DEL PONTEPendant huit ans, de 1999 à 2007, Carla del Ponte, ex procureure générale des tribunaux pénaux internationaux (TPI) pour le Rwanda et l’ex Yougoslavie, a été le cauchemar de la diplomatie internationale. Se préoccupant comme d’une guigne des convenances, elle rue dans les brancards en tentant de réorganiser deux TPI souvent lourds et inefficaces. En cause : la bureaucratie onusienne et les faux-fuyants utilisés tant par les nationalistes encore au pouvoir en ex‐Yougoslavie que par des dirigeants occidentaux généralement encensés. Elle n’hésite pas à attaquer de front, non plus qu’à réhabiliter des personnalités déchues comme Colin Powell. Ce nouveau regard intérieur sur des personnalités publiques est à raison présenté comme l’un des principaux atouts de ce témoignage. Son autobiographie donne une image très claire des difficultés qu’il y a à construire un système destiné à juger des criminels “de haut niveau”, qui n’ont pas participé directement aux massacres.
Cet ouvrage permet également de comprendre un peu mieux, et de manière très synthétique, les grands enjeux de ces conflits. Madame la Procureure apparaît comme un personnage intransigeant n’ayant pour seule devise que de rendre la justice, sans pitié pour les bourreaux non plus que pour les victimes. Que feraient-ils de ma pitié, semble-t-elle dire. Cette absence de compassion, présentée comme nécessaire pour rester objective, ôte malheureusement toute possibilité de s’identifier et de rentrer pleinement dans ce personnage hors normes. Au final, ce livre reste une vision personnelle des deux plus grandes tragédies des années 1990 et de la poursuite de leurs principaux instigateurs. Difficile de trouver la place et le public de cet ouvrage qui n’est ni objectivement historique, ni suffisamment rempli de rebondissements pour pouvoir prétendre au titre de thriller. Il fait néanmoins partie de ces livres qui, grâce à leur style et malgré leur densité, se lisent d’une traite. Un ouvrage en demi-teinte, donc, à recommander aux passionnés et aux spécialistes capables de prendre le recul nécessaire pour en apprécier la richesse.
Xavier VANVAERENBERGH

Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Héloïse d’Ormesson, 649p., octobre 2009, 25€00.

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11 12 09

Coeur de cristal

CALLASDepuis le premier jour, Maria avait été une enfant rejetée, dont le destin serait voué à la solitude.
C'est sous l'angle de la fragilité, de la revanche - voire vengeance - à prendre sur une enfance rendue d'autant plus pénible qu'elle était dotée d'un physique disgracieux, qu'Alfonso Signorini, journaliste italien, nous présente l'altière diva.
Révélé tôt, le don de sa prodigieuse voix s'alliera à une fierté naturelle, un travail acharné et une ambition portée haut pour faire de Maria Callas la star que la postérité retiendra. 
De son mariage avec Giovanni Battista, "Titta" Meneghini, riche commendattore italien, à ses amours passionnées avec Aristote Onassis - qui jamais pourtant ne l'épousera -Maria Callas gardera la suprême blessure de la maternité impossible: mort sitôt né, en 1960,  le petit Omerino consacrera une souffrance existentielle  d'autant plus douloureuse que dissimulée. Jusqu'à sa mort,  le 16 septembre 1977  Maria Callas se rendra,  tous les premiers lundis du mois, au cimetière de Bruzzano, près de Milan, sur la tombe de son enfant. L'événement marquera, selon l'auteur, le début du déclin de sa carrière. Un programme de tournées, par trop chargé, l'empêchait également de ménager sa voix comme elle aurait dû.
Un livre à lire, en écoutant les interprétations majeures de la diva,  au sein de la Norma, Traviatta  ou de Gianni Schicchi, tellement cher à Ari Onassis.
Je suis à la fois fière et fragile! Et si je m'attriste à la pensée qu'en souffrant, je souffre cent fois plus que les autres, je sais que quand je suis heureuse, je le suis mille fois plus qu'eux.
Apolline Elter

Fière et fragile Maria Callas, Alfonso Signorini - Traduit de l'italien par Raymond Voyat, biographie, éditions du Rocher, novembre 2009, 256 pp, 19 €

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14 09 09

Sur les traces d’Arthur Rimbaud…

MONFREID (cover)Connaissez-vous Henry de Monfreid ? Cet aventurier français, doublé d’un écrivain de talent, est né à La Franqui près de Leucate (Aude) en 1879 et est mort à Ingrandes (Indre) en 1974. Il fut l’ami de Gauguin, de Teilhard de Chardin et de Kessel. En 1911, se lançant sur les pas de Rimbaud, il s’est rendu à Djibouti où il est devenu marchand de café, puis marin sur un boutre en mer Rouge, pêcheur de perles, trafiquant d’armes et de haschich, contrebandier et même vaguement pirate, avant d’acheter une minoterie et de construire une centrale électrique. Converti à l’Islam en 1914, il prit le nom de Abd el Haï, (« l'esclave du Vivant ») puis devint agent secret au service de la France durant la Première Guerre mondiale et de l’Italie durant la Seconde. Fait prisonnier par les Anglais, il fut déporté au Kenya où il devint chasseur et pêcheur, avant de regagner son pays en 1947. Les nombreux récits (plus de 25 livres publiés) qu’il tira de ses aventures connurent un succès considérable et pérenne : Les secrets de la mer Rouge (1931), La croisière du haschich (1933), Les guerriers de l’Ogaden (1936), Du Harrar au Kenya (1949), Les lionnes d’or d’Éthiopie (1964), Lettres d’Abyssinie (1999, posthume), Lettres de la mer Rouge (2000, posthume)… Rédigés dans un style flamboyant et d’une surprenante modernité, ils décrivent un monde d’hommes, âpre et rugueux, fonctionnant selon un code moral très particulier où religion, violence et respect des traditions font bon ménage. Les Éditions Pardès à Grez-sur-Loing viennent de lui consacrer, sous la plume de Francis Bergeron, une courte biographie intitulée Monfreid, Qui suis-je ?, passionnante en diable même si certains préjugés de l’auteur ou sa propension à rechercher le « politiquement incorrect » dans l’œuvre de Monfreid peuvent appeler quelques restrictions. Mais après tout, les aventuriers de la vie et des mots, à l’instar de Rimbaud, ont rarement les mains propres !
Bernard DELCORD

Monfreid, Qui suis-je ? par Francis Bergeron, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, 2009,
128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm, 12 €

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06 09 09

Starwalker

MICHAELJACKSONJe m'intéresse à la façon dont Elvis s'est détruit parce que je n'ai pas l'intention d'en faire autant.
Après l'émoi causé par sa mort accidentelle, cette phrase écrite par Michael Jackson en 1988 a une résonance particulière. La nouvelle publication de Moonwalk, l'unique autobiographie de la plus grande star de tous les temps, est bouleversante de vérité et de naïveté. Même si vingt années nous séparent de ces confessions, tout est déjà dit.
Quelques morceaux choisis :

La presse écrit les choses les plus bizarres sur mon compte, continuellement. Je ne supporte pas que l’on déforme la réalité et je ne lis jamais ce que l’on écrit sur moi, même si on m’en parle souvent. Je ne comprends pas pourquoi les journalistes éprouvent le besoin d’inventer des choses sur moi.
Comme mon père avait neuf enfants et mon oncle huit, la famille était une véritable colonie de vacances.
Personne ne m’a obligé à devenir le petit Michel, le chanteur soliste – je l’ai fait et j’ai aimé ça – mais c’était un travail dur. Quand on faisait un disque, on entrait parfois en studio juste après l’école sans avoir le temps de manger. Quand j’arrivais chez moi, et qu’il était onze heures ou minuit, j’étais tellement fatigué que je n’avais pas faim.
Par contre, moi, je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa me rendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal que j’essayais de me rebiffer et de rendre ses coups, ce qui ne faisait qu’aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure à travers la figure, ou je tentais de lui porter un coup de poing. Du coup, j’en prenais encore plus que tous les autres réunis.
On en a vu de toutes les couleurs pendant cette période. Dans une boîte, je me souviens qu’il y avait un trou entre la cloison de la loge des musiciens et les toilettes des femmes. On pouvait mater à travers une fente et je dois avouer que j’ai vu des trucs inoubliables …
Je suis fier pourtant d’avoir pu m’en sortir pas trop mal. Bon nombre d’enfants du show-business ont fini dans la drogue : Frankie Lymon, Bobbie Driscoll, etc.
Quand je suis à la maison, je m’habille n’importe comment. Je porte ce qui me tombe sous la main. Ca m’arrive de passer des journées entières en pyjama. J’aime les chemises flanelle, les vieux pantalons et les vieux pulls, bref, les vêtements simples.

Moonwalk, Michael Jackson, Michel Lafon, 1988-2009, 304p., 22€ env.

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03 09 09

Michel Sardou intégral

SARDOU1En juin dernier, je vous proposais un extrait la longue interview que m'avait accordé Michel Sardou avant sa diffusion sur Nostalgie (cliquez sur la couverture). En voici l'intégralité.

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 3
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 4


Et qu'on n'en parle plus : autobiographie, Michel Sardou, XO, juin 2009, 224p., 17€90.

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14 06 09

Parole d'ours !

SARDOUNostalgie et Michel Sardou vous donnent rendez-vous le dernier week-end de juin.
En prélude, je vous invite à écouter deux extraits de l'entretien que l'artiste m'a accordé et au cours duquel nous avons évoqué son autobiographie, donc sa vie privée et professionnelle.
Et le livre ? Agréable, amusant et très bien écrit. Quelques astuces littéraires intéressantes. Quant aux révélations, il y en a. Bien sûr. Mais tout n'est pas dit. Car l'auteur-chanteur ne s'en cache pas : Le reste, c'est mes oignons ... Je ne veux pas qu'on me connaisse.

Brice Depasse

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2

Et qu'on n'en parle plus : autobiographie, Michel Sardou, XO, juin 2009, 224p., 17€90.

Interview intégrale :

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 3
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 4

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08 06 09

La femme qui n'était jamais seule

DION BOMBARDIERCélèbre présentatrice de la télévision québécoise, Denise Bombardier est connue pour ses interventions musclées et ses sorties tonitruantes. Ayant accompagné Céline Dion tout au long de sa dernière tournée mondiale, on pouvait s'attendre à un livre bien épicé.
Mais il n'en est rien car les deux femmes sont liées par une solide amitié (Denise Bombardier a d'ailleurs signé une des chansons du dernier album de Céline en français). Les amateurs de croustillant et de voyeurisme ne s'y retrouveront pas. Par contre, pour les admirateurs, reste un livre essentiel puisqu'il raconte la face cachée de la diva en tournée mais aussi en famille.
Mais en live, sur l'antenne de Nostalgie, au micro de Philippe & Laure, le naturel de Denise Bombardier va-t-il revenir au galop ? C'était ce matin, dans le Grand Morning.


L'énigmatique Céline Dion, Denise Bombardier, XO, mai 2009, 233p., 18€90.

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17 05 09

Jacques Chirac, précurseur ?

CHIRACD'origine normande, diplômée en droit des affaires et en droit international, Véronique Dorey a fait, en 2002, un passage au QG de Jacques Chirac. Elle signe un essai, auprès des Editions Racine - belges - qui présente Jacques Chirac sous un jour assez neuf, délié de sa bride présidentielle : Jacques Chirac , universaliste, précurseur de Barack Obama ? Avec une vision libérale comme corollaire politique et économique.
Et l'auteur de souligner l'importance de réalisations directement dues à Jacques Chirac, telle la Fondation qui porte son nom ou le Musée Branly. Le soutien marqué à la science et à la technologie révèlent l'humanisme de l'ancien président français, son intérêt vis-à-vis de tout ce qui peut améliorer la connaissance de l'Homme.
Comparant les actions - et personnalités - d'une série de leaders, dont Bill Clinton, Geroge.W. Bush, Nicolas Sarkozy, ....l'auteur consacre un chapitre entier à Barack Obama, personnage "solaire", pharaonique, qu'elle n'hésite pas à identifier à Toutankhamon: "Obama est le"visage", ce Toutankhamon qui renverse les données traditionnelles pour changer la "face" de ce qui décide et dirige pour nous. La "Renaissance". Obama est l'ambition maîtrisée et la responsabilité, le rayonnement d'un pays qui exige un bon dosage de fermeté et de règne diplomate. Un savant dosage d'instinct et d'amour de soi."
La seconde partie de l'essai se nourrit de contributions, entendez "interviews" d'une dizaine de personnalités de pays et cultures variées, Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, Jean Chrétien, ancien Premier Ministre canadien, Charles Berling,... Point commun entre ces leaders: ce sont tous de grands humanistes.
En annexe - intéressante: La Déclaration universelle de droits de l'homme (datée du 10 décembre 1948)
Apolline Elter

Jacques Chirac, humaniste et universel, Véronique Dorey, Editions Racine, avril 2009, 24,95 €

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08 05 09

Monsieur le gendre de la Marquise

GRIGNANJacqueline Duchêne nous offre, par le biais du portrait de François Adhémar de Monteil, comte de Grignan un éclairage passionnant sur le trio que formaient la Marquise de Sévigné, sa fille, Françoise-Marguerite, future comtesse de Grignan et le comte lui-même. Surnommé le "Matou", par deux fois veuf, François de Grignan épouse, en troisièmes noces, "la plus jolie fille de France", Françoise de Sévigné, laquelle a refusé prudemment les avances du Roi Louis XIV et rencontre, partant, quelque difficultés à trouver un beau parti. Embourbé dans une série de dettes et de charges, le comte réalise un mariage d'argent, lequel, heureusement n'est pas dénué de sentiment et de fierté envers sa nouvelle épouse. Cette dernière se reconnaît de la "disposition" envers lui...
De son côté, la Marquise est ravie que sa fille échappe à un mariage d'amour : "Son gendre ne lui fera jamais ombrage dans le coeur de Françoise, elle en est sûre".
Nommé Lieutenant général de Provence, François de Grignan doit se résoudre à partir seul: Françoise est enceinte et sa marquise de Maman a décidé de la garder à ses côtés. Elle accouche de Marie-Blanche qu'elle confiera à la garde de la Marquise, trois mois plus tard, le 4 février 1671, tandis qu'elle rejoint enfin son époux en Provence et découvre, au sommet d'un piton rocheux, le château de Grignan. Le couple Grignan aura six enfants, à la grande ire de la Marquise, inquiète pour la santé de sa chère fille. Louis-Provence, affublé d'un double prénom qui fait honneur tant au Roi qu'à la charge de son père et Pauline, future marquise de Simiane, seront les plus connus d'entre eux. Ecartelée entre l'interventionnisme de sa mère et sa réelle inclinaison pour son époux- preuve d'amour suprême que l'"héroïque signature" du 23 mai 1675, par laquelle elle délie son époux de toutes dettes sur sa dot et se porte caution des siennes - Françoise partagera sa vie entre Grignan et Paris. Elle s'occupera loyalement, de ses deux belles-filles, orphelines du premier mariage. Un train de vie excessif, lié aux besoins de la charge et au maintien du rang, des dettes et soutiens familiaux requis auront peu à peu raison de l'immense fortune des Grignan. Leur fille Pauline, devenue seule héritière, devra vendre l'intégralité des biens pour couvrir les dettes de la succession.
"Pauvre vieux Grignan, toute sa vie la proie des débiteurs, des prêteurs, étranglé par les arrérages, les contrats, voué à payer - avec un argent qu'il n'a point et qu'il doit emprunter - les créances de son père, de ses frères,de ses filles, de son fils, les siennes propres! Courageux vieux Grignan qui a su pourtant, au nom de son roi bien-aimé, gouverner au mieux pendant quarante-cinq ans la Provence, et en gérer les impôts plus habilement que ses ressources personnelles."
Apolline Elter

François de Grignan, Jacqueline Duchêne, Editions Jeanne Laffitte, octobre 2008, 176 pp, 22 €

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10 04 09

Un gentleman des lettres

MERIMEEL’auteur de La Vénus d’Ille, de Carmen, de Colomba, de Mateo Falcone et d’une fameuse dictée, s’il a quelque peu sombré dans l’oubli de nos contemporains, demeure pour ses « happy few » un écrivain de talent doublé d’un homme passionnant (et inversement). C’est ce que vient opportunément rappeler le journaliste Pierre Pellissier en faisant paraître ces jours-ci chez Tallandier à Paris un Prosper Mérimée de derrière les fagots littéraires qui vaut son pesant de distinction(s). Car il retrace avec un beau brio et une grande vivacité de plume les travaux et les jours (il naquit à Paris en 1803 et mourut à Cannes en 1870) de l’un des plus augustes personnages des lettres et de la culture sous le Second Empire, ami de Hugo, de Stendhal, de Sand, de Musset, de Delacroix ou d’Ampère, Zorro de l’architecture publique avec Viollet-Leduc (nommé à l’inspection générale des Monuments historiques en 1834, il fut co-artisan du sauvetage de nombreux joyaux du patrimoine français comme Chinon, Vézelay, Saint-Savin, Chenonceaux, Saintes, Carcassonne, Orange, Cordes ou les arènes de Nîmes), grand voyageur (Angleterre, Espagne, Rhénanie, Corse, Italie, Grèce, Asie Mineure, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Hongrie, Bavière, Prusse, Écosse, parfois à plusieurs reprises, sans parler de ses innombrables tournées et visites d’inspection aux six coins de l’hexagone), séduisant coureur de femmes autant que de chemins, polyglotte émérite (il pratiquait à l’oral et à l’écrit le grec, l’anglais, l’arabe et le russe), académicien français (il succéda en 1844 à Charles Nodier) admirateur de l’œuvre de Walter Scott, traducteur de Pouchkine, Gogol et Tourgueniev, taulard en 1852, sénateur en 1853, qui vécut intensément et en dépit de la maladie (durant les 18 dernières années, probablement un cancer pulmonaire), six ou sept existences à la fois. Quels talents !

Bernard DELCORD

Prosper Mérimée
par Pierre Pellissier, Paris, Éditions Tallandier, mars 2009, 585 pp. au format 14,5 x 21,5 cm, 30 €

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