04 03 08

Une vie, la vie de Simone Veil

VEILPour ses quatre-vingts ans, fêtés le 13 juillet 2007, Simone Veil, née Simone Jacob, raconte sa vie politique, ses engagements à la lueur des circonstances tragiques qui ont mis fin à une enfance familiale sereine et affectueuse : la déportation à Birkenau (Auschwitz).
Le récit de l'enfer est sobre, pudique.
"La logique des camps est implacable" (p 74 )Quelques - rares -adjuvants atténuent la cruauté de la tragédie, mais si peu. La Libération en 1945 ne signe pas la fin du calvaire : les anciens détenus sont mis en quarantaine - isole ment dû notamment à l'épidémie de typhus qui emportera la maman de Simone Veil, à la veille de la Libération - et puis ils suscitent une injuste méfiance qui n'est peut-être que le reflet d'une mauvaise conscience latente:
"Pendant longtemps, ils ont dérangé. Beaucoup de nos compatriotes voulaient à tout prix oublier ce à quoi nous ne pouvions nous arracher; ce qui, en nous, est gravé à vie. Nous souhaitions en parler, et on ne voulait pas nous écouter." (p 99)
Désormais, Simone Veil a une vie à construire.
Elle fera Sciences-Po, se mariera, à l'automne 1946, avec Antoine Veil dont elle aura trois fils, Jean, Nicolas (décédé il y a peu) et Pierre-François.
Après un passage dans la magistrature (1954), elle est propulsée conseiller technique au cabinet de René Pelven, Ministre de la Justice sous le gouvernement Pompidou. C'est alors que commence la carrière politique de cette grande dame, centriste, laïque, rendue célèbre par son combat en faveur de l'IVG, ses engagements pour la construction de l' Europe - illustrés par treize années de présence au Parlement européen dont trente mois de présidence - son bail de neuf ans au sein du Conseil constitutionnel, sa réticence à s'inféoder à un parti précis - à l'exception d'un récent et court passage au sein de l'UDF. Un leit-motiv : la loyauté et le refus de la langue de bois.
C'est ainsi qu'à travers les quelque 250 pages consacrées à sa longue vie - plutôt que carrière - politique, Simone Veil nous donne tout de go, sans ambages ni précautions oratoires, son interprétation des faits, sa vision des personnes qui ont émaillé la vie politique de ces cinquante dernières années. Nous lui savons gré de cette fresque hautement instructive.
Une vie. Une vie loyale. Une vie au service du bien public.
Apolline Elter

Une vie, Simone Veil, Stock, Paris, novembre 2007 400pp (annexes comprises).

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26 02 08

Victor Hugo 2/2

GALLO HUGO« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. »
Les Contemplations

En ce jour anniversaire de la naissance de Victor Hugo (1802) - ce n'était pas hier, je vous le concède - voici la deuxième partie de notre feuilleton-blog, inspiré de l'ouvrage de Max Gallo (cliquez sur la couverture pour lire la première partie).

Victor Hugo se sent vulnérable depuis le décès de Léopoldine. C’est un fardeau qu’il portera toute sa vie, s’adonnant même à une époque (exil à Jersey) à des séances de spiritisme dans le but d’entrer en contact avec elle.
Il poursuit cependant ses vies affectives – une nouvelle maîtresse, Léonie d’Aunet – de plume et politique. En 1846, Claire, la fille de Juliette Drouet meurt et c’est le deuil de Léopoldine qui lui revient de plein fouet.
1848, ce sont les émeutes, Paris est en ébullition – la Place royale est baptisée la Place des Vosges. Victor Hugo déménage vers un lieu plus sûr. Louis Napoléon Bonaparte est élu Président de la République à la fin de l’année.
Les relations entre Victor Hugo et celui qui deviendra trois ans plus tard l’empereur Louis Napoléon Bonaparte se distendent pour devenir franchement hostiles. Déçu, Victor Hugo invite le peuple à se rebeller contre lui. Cela lui vaudra un exil de 19 ans.
Exil
Exil qui le conduit d’abord à Bruxelles. Victor Hugo habitera sur la Grand-Place de Bruxelles tandis que Juliette Drouet à qui il doit la vie et la sauvegarde de sa malle de manuscrits, s’installe dans la Galerie Saint-Hubert. Il écrit Napoléon le Petit, entièrement dirigé contre l’Empereur. Cela lui vaut un deuxième exil – La Belgique ne peut / ne veut plus le garder en ses frontières – « l’exil dans l’exil » qui le mène à l’île de Jersey. Il rassemble les siens, Adèle et ses enfants, autour de lui. Le livre fera fureur. Il s’attelle à la rédaction des Châtiments,, guère plus amène envers son ennemi. L’exil convient à son inspiration, à son combat et aux aventures charnelles de plus en plus nombreuses qu’il s’offre.
Le ciel se gâte bientôt - dû à un rapprochement entre la Reine d’Angleterre et L’Empereur honni - et VH reçoit un ordre d’expulsion. Exit Jersey, direction Guernesey, l’île voisine.
Il y passera des années très heureuses mais beaucoup trop recluses pour le reste de sa famille, Adèle, son épouse, ses deux fils et surtout, Adèle H, sa fille, follement éprise d’un lieutenant Pinson, passion qui la mènera à la folie. Sans compter Juliette maintenue en captivité constante mais consentie.
Le 16 mai 1856, il achète Hauteville House, produit des deux premières éditions des Contemplations.
En 1860, il se replonge dans la rédaction des « Misérables », commencé douze années plus tôt. C’est une œuvre majeure de la bibliographie de Victor Hugo. Elle sonne comme l’expression de sa philosophie, son testament politique et religieux « Je crois en Dieu. Je crois à l’âme. Je crois à la responsabilité des actions. Je me recommande au père universel. Comme les religions en ce moment sont au-dessous de leur devoir envers l’humanité et envers Dieu, aucun prêtre n’assistera à mon enterrement et je laisse mon cœur aux doux êtres que j’aime. » (p275) L’œuvre, achevée fin juin 1861, à Waterloo et publiée l’année suivante, l’année de ses soixante ans : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal de mon œuvre » (p 295) La vente des premiers exemplaires a des allures de vente Harry Potter. (cfr p 301).
Les années passent. Son épouse Adèle meurt en 1868 d’une attaque d’apoplexie. Il découvre avec bonheur la joie d’être grand-père, attentif et attendri par George et Jeanne, les enfants de son fils Charles. Il consignera cette expérience dans L’art d’être grand-père. Le 5 septembre 1870 sonne la fin de l’Empire (4 septembre) et de 19 années d’exil. Cette date consacre son retour à Paris, entrecoupé, en 1871, de quelques séjours belges et luxembourgeois lors des batailles civiles de 1871.
Victor Hugo vieillit et sent l’imminence de la fin depuis de longues années. Seuls l’appel de la chair, l’attrait des jeunes servantes qu’il rétribue pour leurs services et dont il consigne toutes les rencontres dans ses carnets et sous des noms de code, lui procurent inspiration et sentiment de jeunesse. A ses côtés, depuis toujours Juliette Drouet l’observe avec une jalousie qui a pour corolaire la générosité sans faille de sa passion. Elle s’éteint le 11 mai 1883 au terme d’un demi-siècle d’amour absolu.
Victor Hugo meurt le 22 mai 1885, à l’âge de 83 ans. Enterrement en grandes pompes. Sa dépouille sera placée au Panthéon.
Apolline Elter

Victor Hugo. 2. Je serai celui-là, Max Gallo. En édition de poche (Pocket) Paris, juin 2005, 607 pp, 20€00.

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29 01 08

Je suis une force qui va !

GALLO HUGO ILa célèbre phrase d'Hernani est le titre du premier tome de la biographie de Victor Hugo magistralement tracée par Max Gallo.
Quelque 500 pages écrites au présent, de cette écriture élégante aux formules fortes, parfois lapidaires qui sont la signature de l'historien, tracent l'exacte moitié de la vie du poète, de sa naissance en 1802 "Ce siècle avait deux ans…" à la mort tragique, en 1843, à Villequier, de sa fille chérie, Léopoldine.
Le récit de son ascension s'illustre par deux formules: la première, célèbre, est consignée, le 10 juillet 1816 en son journal: "Je veux être Chateaubriand ou rien" ; la seconde jaillit, en 1830, de la bouche du célèbre écrivain: "Je m'en vais, Monsieur, et vous venez."
Max Gallo nous livre un récit vivant, étonnamment actuel - il suffit de constater l'indépendance d'esprit peu commune dont sa Maman faisait part - de l'enfance du grand homme,au sein de sa fratrie et du couple parental séparé, de sa jeunesse, ses amours, amitiés, ambitions, évolution politique, ...sans oublier la genèse de ses oeuvres.
Magistral, de lecture vivante, vibrante, captivante.
Apolline Elter

Victor Hugo. I. Je suis une force qui va!, Max Gallo, Paris, Editions XO, 2001, 494 pp, 20€.

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22 01 08

Quelque chose et lui

LENORMANAprès l'excellentissime autobiographie de Michel Fugain, c'est au tour de Gérard Lenorman de publier non pas sa biographie mais des souvenirs qui en étonnent plus d'un, vu qu'on le voit partout actuellement. Le lecteur découvre un enfant meurtri par une carrence d'amour maternel causé par l'absence d'un père, coupable d'avoir été un occupant, un boche des années 40-45. Bien que Lenorman ait évoqué cette meurtrissure dans une de ses chansons, la révélation reste entière et le personnage n'en apparaît que plus attachant. Car il n'est pas question que de cela, loin s'en faut dans Je suis né à vingt ans .

  GERARD LENORMAN - Joel Habay 1
  GERARD LENORMAN - Joel Habay 2
  GERARD LENORMAN - Joel Habay 3

« Je suis né à vingt ans » de Gérard Lenorman, Calmann-Lévy, 250p, novembre 2007, 18€00

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05 01 08

Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ?

DRUCKERQuelqu'un de bien. De très bien.
Voilà la réponse que vous pouvez adresser, en toute sérénité, Michel Drucker, à votre père, Abraham Drucker, généraliste, pneumologue dévoué à sa normande patientèle, père intransigeant dont l'ombre et le regard surplombent le récit de votre vie.
" On ne peut pas comprendre l'homme que je suis ni mon parcours professionnel sans ce leitmotiv qui va hanter ma vie après avoir bousillé mon enfance: réussir, ne plus jamais connaître l'échec" (p 44)
Rédigée avec la plume complice de Jean-François Kervéan, l'autobiographie que Michel Drucker offre à ses lecteurs est une mine de lucidité, de sincérité - la fausse modestie nous est épargnée - et d'enseignement sur le métier public que l'animateur exerce.
Quarante années de sacerdoce auprès de la télévision du Service public - seules quatre années passées auprès d'une chaîne privée interrompront cet engagement choisi - l'influence magistrale de grandes pointures à la Zitrone, Michèle Arnaud, les "murs épais des (studios de) Cognacq-Jay" , les événements de mai 68, leurs conséquences, les relations cordiales, le plus souvent amicales et tellement respectueuses avec les plus grandes personnalités des mondes politique et de la Variété rendent le récit particulièrement riche.
Et puis, il y a cette façon si attachante de parler des siens, son épouse, Dany, ses frères, surtout Jean Drucker, d'un an son aîné dont le décès le marque tant, ses parents - pour qui il a toujours cette attitude d'enfant prêt à se repentir - ses nombreux amis, qu'on se dit qu'il y a une réelle grandeur d'âme à considérer de façon si aimable les membres de son entourage.
De rares coups de griffe, une majorité de coups de chapeau, des chapitres émouvants, tel celui où il évoque le couple présidentiel Chirac avec une respectueuse tendresse, telle est la marque imprimée par l'animateur dont la courtoisie n'a d'égale que le professionnalisme et l'anxiété répétée de ne pas y arriver.
Quelques pages consacrées à son hypocondrie notoire, ce "job à plein temps" qu'il évoque avec une pudique jubilation et le sujet est clos.
"Ma carrière commence chaque matin. Il n'y a pas d'âge pour avoir le goût des autres".( p 270).
Cette carrière-passion, Michel Drucker, "médecin des âmes" entend la mener jusqu'à son dernier souffle, à l'instar , une fois encore, de son médecin de père.
C'est tout le bien que l'on peut souhaiter à ses innombrables fans, aux millions de spectateurs de "Vivement dimanche".
Apolline Elter

Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi?, Michel Drucker et Jean-François Kervéan, Paris, Robert Laffont, novembre 2007, 316 pp, 21€

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02 01 08

Les 330 printemps d’Antonio Vivaldi

VIVALDI MARNATVous le savez, je le sais: Antonio Vivaldi fête, le 4 mars 2008, son 330ème anniversaire.
Voici que depuis deux jours, à la faveur des vacances et de la trêve de Noël, je me replonge dans l'écoute assidue de certaines de ses oeuvres, l'étude passionnée de sa biographie.
A ce sujet, Wikipédia, l'encyclopédie libre, lui consacre un article remarquable, long de 34 pages. Quant à Marcel Marnat, il a publié une série de réflexions averties, au format de poche, chez Fayard/ Mirare, en janvier 2003. Le bien-fondé de cette érudition ne s'éclaire cependant qu'à la lueur de repères biographiques solidement ancrés; en d'autres termes, l'ouvrage a des allures de conversation réservée aux initiés.
Violoniste virtuose, prêtre roux, aussi bigot que peu porté à célébrer la messe - il arrête de la dire trois ans après son ordination en 1703 - génial architecte du concerto à l'italienne dont il structure la forme en trois mouvements (vif-lent-vif) sans s'y laisser enfermer, vantard invétéré, imprésario d'opéra, Vivaldi exploite avec une rare richesse chromatique la palette de tous les instruments de musique disponibles à l'époque. Sa santé déficiente - il devait être asthmatique ou angoissé de l'être - exige la compagnie constante de femmes autour de lui, infirmières potentielles, ce qui lui vaudra bien des contreverses.
Marcel Marnat explique impute au calme massif qui règne à Venise, sitôt que l'on quitte les trajets touristiques balisés, l'éclosion d'oeuvres musicales de génie : "...un besoin ressenti depuis toujours de tirer parti de ce calme pour communiquer autrement que par la parole. Ainsi meuble-ton par le chant et la musique. L'oreille impolluée des Vénitiens allait permettre aux musiciens du cru de conquérir plus d'espace, de magnifier, même en plein air, non seulement les timbre les plus ténus (guitare, harpe, luth, mandoline) mais encore d'être possédés par un souci constant d'exploiter les instruments courants selon leurs ressources les plus subtiles." (p 29)
Puisqu'il le dit.
A suivre.
Apolline E

«Antonio Vivaldi», de Marcel Marnat, Fayard, Mirare, 106p, 2003, 6€50

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06 12 07

Un bon à tout et mauvais à rien

GUITRYPassez donc une soirée avec Sacha Guitry L’homme orchestre d’Olivier Barrot et Raymond Chirrat, paru ces jours-ci chez Gallimard, vous ne le regretterez pas ! C’est que la vie du maître (« qui fut tout à la fois auteur dramatique et comédien, metteur en scène et cinéaste, écrivain et poète, moraliste et mémorialiste, dessinateur et journaliste, collectionneur acharné et pamphlétaire courageux », comme les auteurs se plaisent à le rappeler) fut à la hauteur de son œuvre… Ce véritable touche-à-tout, né en 1885 et décédé en 1957 à l’issue d’une carrière où la gloire et les femmes se sont entremêlées, parmi lesquelles cinq épouses, a en effet flirté sa vie durant avec la subtilité et les bons mots, qui émaillent les 124 pièces de théâtre (Deburau, N’écoutez pas mesdames !, Mon père avait raison, Désiré, Le Mot de Cambronne…) et les 36 films (Le Roman d’un tricheur, La Poison, Tôa, Napoléon, Si Versailles m’était conté…) dont il est l’auteur, mais aussi les slogans publicitaires, les articles, les pensées, les souvenirs et les réflexions qu’il a livrés au public, son seul véritable amour. On se souvient qu’à la question : « Êtes-vous pour ou contre les femmes ? », ce faux misogyne avait répondu « Je suis contre… tout contre ! », qu’il assurait qu’« on les a dans ses bras – puis un jour sur les bras – et bientôt sur le dos » et que lorsqu’un procureur, en 1944, l’accusa d’intelligence avec l’ennemi, il feignit de plaider coupable, assurant que « de l’intelligence, [il] en avait eu beaucoup… » Une accusation qui ne tenait guère, mais valut 60 jours d’incarcération à l’auteur de Faisons un rêve avant de déboucher sur un non-lieu, deux mois qui brisèrent les ressorts de sa mécanique spirituelle. Il s’orienta alors vers la causticité, notamment avec Le Diable boiteux , un hommage appuyé à l’ondoyant Talleyrand, sans pour autant abandonner la dérision : « Comment allez-vous ? » lui demandèrent, dans ses derniers jours, des amis qui le croisaient circulant dans une voiture d’infirme. « Vous voyez, comme sur des roulettes ! » Un petit essai passionnant, à prolonger par une visite de l’exposition Sacha Guitry, une vie d’artiste qui se tient à la Cinémathèque française (51, rue de Bercy à 75012 Paris) jusqu’au 18 février 2008.
Bernard Delcord

Olivier BARROT & Raymond CHIRRAT, Sacha Guitry L’homme orchestre, Paris, Gallimard, collection Découvertes, 2007, 128 pp., 13,50 €

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26 11 07

La belle histoire de Michel Fugain

FUGAINMichel Fugain a tort de clamer dans ses interviews qu'il n'est pas un écrivain et qu'il ne le sera jamais. Il a renoncé à un livre d'entretiens pour écrire de sa main sa propre biographie. De la première ligne à la dernière émotion, tout n'est que belles lettres et grandes histoires.
Des rires et une larme est un grand roman où tous les personnages sont vrais et les faits avérés. L'aventure du chanteur, le militantisme du père, la déchirure des départs, les rouleaux de pélicules, le premier coup de foudre, les Olympias combles et comblés, Paris qui tend les bras, tout est admirablement conté dans ce livre (et raconté dans ce long entretien).

  MICHEL FUGAIN - Brice Depasse 1
  MICHEL FUGAIN - Brice Depasse 2
  MICHEL FUGAIN - Brice Depasse 3
  MICHEL FUGAIN - Brice Depasse 4

Michel Fugain17
«Des rires et une larme », Michel Fugain, Michel Lafon, 473p, 14€00

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Photo : Alain Trellu

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25 11 07

Here's to you, Mr Zimmerman

BONA la lecture du premier volume de ses chroniques en 2005 (cliquez sur la couverture ci-contre), il était apparu clairement que lire et connaître Bob Dylan, c'était toucher une partie du XX° siècle et de sa culture. Brecht, Woodstock, Guthrie, Ginsberg, New-York, Rimbaud.
Après avoir si bien approché les Stones, François Bon s'est attelé à la dure tâche de raconter un homme qui ne se connaît pas lui-même. Phénomène littéraire, légende de la musique et de la poésie, Bob Dylan aura, depuis John Lennon jusqu'à l'auteur de cette passionante (et autre) biographie suscité en nous un effet miroir, volontairement ou non.
François Bon est de ces rares auteurs qui marient admirablement le rock avec la littérature; vous auriez tort de vous en priver.
Brice Depasse

  FRANCOIS BON - Brice Depasse 1
  FRANCOIS BON - Brice Depasse 2


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Photo : Alain Trellu

« Bob Dylan : une biographie », François Bon, Albin Michel, 485p, 20€90

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02 08 07

La véritable Mireille Mathieu

BONINI Une chronique signée par un bloggeur de skynet qui s'il n'ignore rien de Paul Auster et de Marguerite Yourcenar, est aussi particulièrement bien placé pour parler de ce livre d'Emmanuel Bonini, le marathonien des biographes du showbiz français.Voici un ouvrage traité en toute sincérité et vérité comme l'a souligné Mme Jacqueline Cartier, journaliste et auteur de « Oui, je crois » (Laffont,1987), une autre biographie sur Mireille Mathieu.
Loin des clichés conventionnels, cet ouvrage aborde de façon intéressante les 40 ans de carrière de la demoiselle d'Avignon, qui a vendu plus de 122 millions de disques et chante couramment dans plusieurs langues.
Les nombreuses citations et témoignages soutiennent l'intérêt du lecteur qui découvre une « Mathieu » touchante, version Bonini, à la faveur d'informations inédites. Je pense notamment au témoignage du généreux M. Raoul Colombe(jadis adjoint au maire d'Avignon) que l'auteur qualifie de « levier initial de la gloire de Mireille Mathieu ».
Les éloges émis par l'auteur à l'adresse de la demoiselle d'Avignon s'appuient sur des faits observés et commentés dans un souci d'objectivité. Bien que certains propos soient parfois cuisants, notamment en ce qui concerne la relation professionnelle avec Johnny Stark, jamais ils ne transgressent le seuil la vie privée de l'artiste dans ce qu'elle a de plus intime.
Emmanuel Bonini admire donc le talent de Mademoiselle de France et ne le cache pas. N'écrit-il pas : « Mireille Mathieu est une chanteuse. Une vraie. Une artiste internationale qui refuse le play-back sur scène et paiecomptant avec son public. La Française la plus universellement connue après Brigitte Bardot. Il était temps de nous en souvenir. »
Sitôt le livre fermé, il m'est resté le sentiment d'une réussite couronnée par un professionnalisme à toute épreuve. La « petite » est dotée d'une fragilité secourue par une volonté peu commune. En toute circonstance, sa vocation est de chanter pour le meilleur et pour le pire. M. Bonini n'a pas eu le goût du scandale ; il est parti à la recherche de« sa véritable Mireille Mathieu » en nous laissant rétrospectivement le soin de découvrir la nôtre. Les félicitations adressées à l'auteur par Monsieur Raymond Marcillac souligne l'intérêt de cet ouvrage.
Ricochet (Jean-Claude Fanssens)

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