17 01 16

Une icône de la pop belge…

Le Grand Jojo – Tout va très bien.jpgIncarnation et idole de la belgitude à la brusseleir dans Ce Pays aussi bien qu’au-delà des frontières, Jules Jean Vanobbergen est né le 6 juillet 1936 à Ixelles et, à la veille de ses 80 ans, notre ami Brice Depasse, chroniqueur d’histoire de la musique et de la chanson sur Radio Nostalgie, a eu l’excellente idée de rédiger sa biographie parue aux Éditions de la Renaissance du Livre et chez Universal Music Books à Bruxelles sous le titre Le Grand Jojo – Tout va très bien, un ouvrage empathique complété d’un cahier de photographies en couleurs dans lequel l’auteur s’est montré digne de son sujet par la fluidité du récit mais aussi, et surtout, par des grâces d’écriture et des intertitres qui valent leur pesant de pralines, de caricoles et de gueuze lambic…

En découvrant la vie et la carrière de l’inoubliable auteur-interprète de « tubes planétaires surréalistes » comme Jules César – qui n’a pas vu la mine éberluée de Michel Drucker interviewant notre homme après qu’il eut chanté ce tube historique dans une émission dominicale a raté un grand moment d’histoire de la télévision française –, du Sergent Flagada, du Tango du Congo, d’Éléonore, de Victor le footballiste, d’E viva Mexico, de Sitting Bull, d’Ookie Pookie, de Valencia, d’Angelina, d’On a soif ! et autres Gina Stromboli ou Happy bière day, on mesure à quel point, en dépit des vicissitudes de l’existence, l’humour et la dérision font partie de l’ADN de notre peuple[1], divisé en tribus et en factions certes, mais toujours prêt à bien rigoler, une fois !

Signalons aux puristes que le texte se clôt par la discographie complète de l’artiste et par le texte intégral de nombreuses chansons.

Un ouvrage qui réveille bien des souvenirs amusants liés aux destinées d’une Patrie des Arts et des Lettres qui ne l’est pas moins…

Bernard DELCORD

Le Grand Jojo – Tout va très bien par Brice Depasse, préface de Jacques Mercier, Bruxelles, Éditions de la Renaissance du Livre & Universal Music Books, novembre 2015, 192 pp. en noir et blanc + un cahier de 32 pp. en quadrichromie au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 €.

 

[1] dont on sait pertinemment qu’il n’existe pas, ce qui ne change rien…

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

03 01 16

Guerres et steppes...

Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale.jpgNicolas II : coupable ou martyr ? Coupable et martyr ? Longtemps, l’histoire officielle, d’inspiration marxiste, l’a accablé, chargé de tous les crimes, accusé de toutes les erreurs. Depuis 1998, la spectaculaire révision de son rôle, de son attitude, de son influence, les drames personnels qu’il a subis, l’engrenage de la Première Guerre mondiale, nous montrent un autre souverain et un homme différent de celui qu’on présentait, dépassé par les événements, miné par la fatalité et finalement broyé par une histoire particulièrement tragique.

Dans une passionnante biographie illustrée intitulée Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale (Paris, Éditions Perrin), l’historiographe français Jean des Cars, spécialiste averti et faisant autorité de la noblesse européenne et des familles régnantes [1], dresse le portrait du couple formé par Nicolas II et Alexandra Fedorovna et celui de leurs enfants : les grandes duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis, qui naîtra hémophile, un calvaire pour son entourage, une menace sur la dynastie.

Écoutons-le :

 « Il y a près d'un siècle, le massacre de la famille impériale de Russie, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, a horrifié le monde. Aujourd'hui, le dernier tsar, Nicolas II, son épouse Alexandra, leurs filles, les quatre grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia, et leur fils le tsarévitch Alexis, que l'Église orthodoxe a canonisés en 2003 en raison de leur “comportement chrétien”, font l'objet d'un culte et d'une vénération populaires.

On oublie souvent que les membres du couple impérial, très amoureux, avaient vécu, dans leur jeunesse respective, des traumatismes familiaux les ayant marqués à vie. Même leur mariage, maladroitement célébré en plein deuil de la Cour après le décès prématuré d'Alexandre II, fait coïncider leur bonheur avec la lourde charge de l'Empire russe. Dans leur intimité, la tsarine vit dans la terreur des crises menaçant la vie de son petit garçon hémophile et la culpabilité d'être la responsable de sa maladie.

Dès son avènement, le nouveau tsar déçoit. Après l'autoritarisme affirmé de son père, on espérait de cet homme de 26 ans un certain libéralisme, un intérêt envers les souffrances du peuple. La déception sera grande. Nicolas II est un autocrate, fidèle à la rigueur politique d'Alexandre III, pour le meilleur et pour le pire. Le pire arrive bientôt : en 1904, la catastrophique guerre contre le Japon est suivie de la “première Révolution” de 1905 qui l'oblige à des concessions.

Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale (photo du bal costumé).jpg

Le 13 février 1903, au palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, un grandiose bal costumé commémore le bicentenaire de la fondation de la ville par Pierre le Grand. Dans leurs costumes de Cour du XVIIe siècle, le tsar et la tsarine sont méconnaissables.

Le meilleur est sa vie personnelle et familiale, n'était la santé du tsarévitch qui permettra à Raspoutine de gagner la confiance des souverains jusqu'à exercer une influence désastreuse. Au même moment, la Russie se modernise et hisse l'Empire au rang des grandes puissances mondiales. Malheureusement, le déclenchement de la guerre à l'été 1914 conduit l'Europe dans une hécatombe dont personne n'avait mesuré l'ampleur ni la durée et qui pousse le tsar à abdiquer.

Pour la famille impériale, le calvaire commence : de la résidence surveillée de Tsarskoïe Selo jusqu'au transfert en Sibérie, de Tobolsk à Ekaterinbourg, la fin des Romanov est programmée. Leur exécution sonne le glas définitif de l'Empire. Mais nul, alors, ne pouvait supposer que cette fin elle-même serait la condition de leur future réhabilitation. »

Une histoire palpitante, d’amour, de guerre, de révolution, d’injustice et de mort, comparable à celle du magnifique Docteur Jivago de Boris Pasternak et tout aussi formidablement racontée, mais bien réelle, hélas !

Bernard DELCORD

Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, octobre 2015, 462 pp. en quadrichromie au format 16 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 28,40 € (prix Belgique)

 

[1] Journaliste et écrivain, Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars, né en 1943, est l’historien des grandes dynasties européennes et de leurs plus illustres représentants. Parmi ses grands succès : Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines, La Saga des favorites et Le Sceptre et le sang. Ses ouvrages font l’objet de traductions, notamment en Europe centrale.

19 12 15

Qui ne badine avec l'amitié

" La fidélité en amitié est une des plus belles qualités de Benoît Poelvoorde."

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Fort d'une complicité - sans complaisance, il insiste - de quelque vingt ans avec l'acteur belge Benoît Poelvoorde, Hugues Dayez aurait certainement pu esquisser sa biographie. Il ne l'a pas voulu, préférant nous restituer les entretiens significatifs  menés depuis 1922, à Cannes-  année de sortie du film-culte, Ca s'est passé près de chez vous, jusqu'à ces derniers mois, à l'occasion de la sortie conjointe du Tout nouveau Testament et d' Une famille à louer.

Une façon de laisser libre et intéressante parole à l'acteur, sans effaroucher sa pudeur, ni s'égarer dans les méandres de sa vie privée.

Les rencontres réalisées lors de L'Intime Festival - dont le Namurois Bernard Poelvoorde est l'instigateur - nous avaient déjà révélé un être sensé, sensible,  lecteur éclectique et pointu, sous sa carapace encombrante de joyeux luron; les entretiens, finement menés par notre Monsieur Cinéma belge,  révèlent l'être généreux et l'authenticité de ses choix de vie. Des réponses franches, sans tabou qui transpercent les entretiens de régulières remises en question.

" Benoît se pose beaucoup de questions mais n'a pas de plan de carrière. C'est ce qui fait son charmer...et son talon d'Achille."

Le  portrait  subtil d'un acteur qui a su rendre le Belge "tendance" à Paris sans perte d'identité, ni fusion dans un moule.

Poelvoorde, L'inclassable, Entretiens (1992-2015), Hugues Dayez, Ed. La Renaissance du Livre, nov. 2015, 274 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 12 15

L'idée de Dieu, l'idée de l'âme

_vieilliard baron tourpê.jpgCe n'est pas un livre facile, mais quel bonheur de suivre ce dialogue entre le docteur en philosophie, Emmanuel Tourpe, et le professeur émérite de philosophie, en particulier la philosophie de la religion, connu pour ses travaux sur l'idéalisme allemand (Novalis, Hördelin), sur Bergson et Lavelle, qu'est Jean-Louis Vieillard-Baron. « L'idée de Dieu, l'idée de l'âme » passe en revue sa vie, ses études, ses oeuvres, ses idées.

Voici ce qu'il dit de la religion : « La religion chrétienne a joué un rôle dans ma vocation philosophique ; car elle avait deux atouts à mes yeux, sa doctrine, intellectuellement très attrayante, très axée sur les mystères de l'existence, et très spéculative aussi avec la prodigieuse élaboration de la Trinité, et la prière comme exercice spirituel, dépouillement de l'âme devant Dieu. J'étais beaucoup moins sensible, à tort certainement, à l'aspect communautaire, à l’Église comme union institutionnelle des croyants, à l'aspect sacramentel aussi. »

Il est intéressant de suivre et de comprendre aussi sa manière d'étudier. Il dit « Concentrer son attention, c'est cela qui est une vraie décision philosophique. » Et ceci qui est superbe : « Très tôt j'ai eu la chance de me jeter à l'eau pour apprendre à nager, tant bien que mal, souvent mal, mais parfois bien. Au moins, j'ai eu la satisfaction, comme Montaigne, de me faire une vérité à moi. Je pressentais que je ne pouvais être sage que par moi-même. Il a fallu beaucoup de temps pour y parvenir. »

A propos du temps : « Mais, entre le temps physique des choses et le temps vécu de la conscience, il y a deux intermédiaires instructifs : le temps biologique, qui est le temps de la croissance et du vieillissement, et le temps social, qui est le temps de la vie en commun. Le premier nous ouvre vers le temps cosmique ; le second nous oriente vers l'histoire des hommes. »

« C'est le passé qui, s'il est évoqué, et quand nous le rappelons, devient présent. »

Bien sûr à propos de l'âme : « Nous avons à faire une essence de l’existence qui nous est donnée. »

Et surtout : « En fait, c'est tout au cours de notre vie qui nous constituons notre âme et l'éternisons. Plus nous sommes engagés dans les affaires du monde et plus nous nous éloignons de notre âme. Il faut une certaine sagesse pour savoir prendre sa place dans l’éternité. »

Tout ce qui concerne l'art et les artistes m'a particulièrement intéressé, voici, par exemple : « Je ne suis pas certain que les artistes soient bien conscients de tout ce qu'ils mettent dans leur art. Mais je suis certain d'une chose : c'est que les artistes médiocres n'attachent d'importance qu'à la technique de leur art, alors que les vrais artistes ont une pensée personnelle vigoureuse et profonde. »

Et : « L'appréciation des oeuvres d'art est difficile et exigeante ; certains n'aiment ni les musées ni les salles de concert. »

Et : « Dans ce domaine, la connaissance ne nuit pas à l'émotion, heureusement. »

Et surtout : « Dans notre univers médiatique, la culture reste l'élément le plus déterminant de l’émancipation individuelle et collective. »

Cette phrase de Rainer Maria Rilke dans « Lettres à un jeune poète », que vous connaissez peut-être, devrait nous apparaître à tout moment de doute dans nos métiers de création : « La critique est la pire ennemie de l'art, car ce qui convient aux œuvres d'art, ce n'est pas la critique, mais l'amour. »

Bonne découverte ! Je ne vous donne encore qu'une phrase essentielle :

« C'est à nous qu'il appartient d'avoir une âme en réalisant notre vocation personnelle. »

 

Jacques MERCIER

 

« L'idée de Dieu, l'idée de l'âme », Essai, Jean-Louis Vieillard-Baron et Emmanuel Tourpe. 192 pp. Les dialogues des petits Platons 2014. 18 euros.

01 11 15

Saisons d’enfer…

Verlaine en Belgique (cover).jpgIllustré de nombreux documents, pour la plupart inédits ou peu connus et publié dans le cadre des activités de Mons 2015, capitale européenne de la culture, le livre de Bernard Bousmanne [1] intitulé Verlaine en Belgique et paru aux Éditions Mardaga à Bruxelles sert de catalogue à l’exposition Verlaine Cellule 252 Turbulences poétiques qui se tient jusqu’au 24 janvier 2016 au BAM (Musée des Beaux-Arts de Mons).

En voici l’excellente présentation par l’éditeur, en tout point conforme au contenu du livre :

« Véritable roman épique, cet ouvrage d’histoire littéraire débute par la dispute à Bruxelles entre Arthur Rimbaud (1854-1891) et Paul Verlaine (1844-1896), amants passionnels, et le coup de feu à l’origine du procès judiciaire à l’encontre de l’auteur des superbes Romances sans paroles. Le récit se déplace ensuite vers la prison de Mons où Verlaine, condamné à deux ans d’emprisonnement (1873-1875), termine plusieurs de ses chefs-d’œuvre. Truffé d’anecdotes historiques, le livre relate longuement ces années sous les verrous en les replaçant dans l’univers carcéral de l’époque. Au “régime de la pistole”, orphelin de Rimbaud, Verlaine vit alors sa propre Saison en enfer derrière les barreaux.

En 1893, on retrouve le poète lors de son retour en Belgique pour une série de conférences. Il a 49 ans mais en paraît vingt de plus. Il passe alors d’hôpitaux en garnis provisoires, s’abîme dans l’alcool et l’absinthe. Se traînant en clochard ténébreux, il est tiraillé entre les deux harpies qui partagent ses dernières années d’existence : Eugénie Krantz, une fielleuse sournoise et irascible, et Philomène Boudin, une vague prostituée. Pourtant, beaucoup voient dans ce vieux faune taciturne le plus grand écrivain français depuis la mort de Victor Hugo. Toute la Belgique littéraire et artistique se presse pour l’écouter.

Grâce à cet ouvrage, le lecteur est plongé pour la première fois au cœur même de cet épisode tumultueux de la vie du poète. Il accompagne ce dernier, pas à pas, à travers plus de 200 documents, pour la plupart peu connus, retrouvés après cinq ans de recherches dans les réserves des principales bibliothèques européennes ou conservés en collections privées.

En filigrane de ce destin d’écriture, se cachent les différents acteurs de cette « aventure Verlaine » : sa mère, Élisa Dehée, Mathilde Mauté, l’épouse bafouée, son fils Georges, le juge Théodore t’Serstevens, mais aussi Félicien Rops, Oscar Wilde, Victor Hugo, Stéphane Mallarmé, témoins essentiels de cette errance magnifique, d’autres encore…

Et, bien sûr, dans l’ombre, Rimbaud, le “Satan adolescent”… » 

Verlaine en Belgique (Lettre de Rimbaud à Verlaine).jpg

Lettre de Rimbaud à Verlaine écrite à Londres le 7 juillet 1873.

Bruxelles, KBR, Cabinet des manuscrits, ms. II 6368, fol. 23r.

Bernard DELCORD

Verlaine en Belgiquepar Bernard Bousmanne, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « Histoire », octobre 2015, 352 pp. en quadrichromie au format 30 x 23 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 €

 

Informations pratiques :

Verlaine. Cellule 252 Turbulences poétiques

Cette exposition vous plonge dans un « cheminement Verlaine » à travers l’homme et ses textes, à partir de nombreux documents originaux et exceptionnels.

Adresse :

BAM

Rue Neuve, 8

B-7000 Mons

Horaires :

Du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 jusqu’au 24/01/2016

Tarifs :

12€ / 9€ (ticket combiné avec l’exposition Parade Sauvage)

Réservations individuelles par téléphone au 00 32(0)65 39 59 39 ou sur le site www.mons2015.eu

Réservations pour les  groupes et visites guidées par téléphone au 00 32(0)65 35 34 88 ou sur le site groupes@ville.mons.be

Une coproduction de la Fondation Mons 2015, du Pôle muséal de la Ville de Mons et de la Bibliothèque royale de Belgique.


[1] Docteur en histoire de la civilisation médiévale et président du Centre international de Codicologie, Bernard Bousmanne dirige depuis près de vingt ans le Département des Manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique où sont conservés la plupart des documents de « l’Affaire Rimbaud-Verlaine ». Membre du comité scientifique de la Revue Verlaine, il est notamment l’auteur d’une monographie intitulée Reviens, reviens, cher ami. Rimbaud-Verlaine. L’Affaire de Bruxelles (Calmann-Lévy) consacrée aux relations entre les deux poètes.

17 10 15

Autant en a emporté le vent…

Robert Lee Qui suis-je.jpgIl y a 150 ans s’achevait la guerre de Sécession survenue entre 1861 et 1865 et impliquant les États-Unis d'Amérique (« l'Union »), dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (« la Confédération »), dirigés par Jefferson Davis et qui rassemblaient onze États du Sud qui avaient fait sécession des États-Unis.

L'Union comprenait tous les États abolitionnistes et cinq États « frontaliers » esclavagistes. Elle était dirigée par Abraham Lincoln et le Parti républicain. Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition dans les territoires détenus par les États-Unis. Sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 entraîna une première sécession de sept États du Sud, avant même que Lincoln ne prenne ses fonctions.

Les combats commencèrent le 12 avril 1861, lorsque les forces confédérées attaquèrent une installation militaire de l'Union à Fort Sumter, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, parce que les soldats nordistes avaient refusé de l'évacuer malgré les menaces des sudistes.

Lincoln répondit en mobilisant une armée de volontaires dans chaque État, ce qui conduisit à la sécession de quatre États esclavagistes sudistes supplémentaires. Durant la première année de la guerre, l'Union s'assura du contrôle de la frontière des États sécessionnistes et établit un blocus naval alors que les deux camps renforçaient leur armée et leurs ressources.

En 1862, des batailles comme celles de Shiloh et d'Antietam causèrent des pertes comme jamais dans l'histoire militaire américaine.

Dans l'Est, le chef militaire de la Confédération, Robert E. Lee (1807-1870), remporta une série de victoires sur les armées de l'Union, mais il perdit la bataille de Gettysburg au début de juillet 1863, ce qui constitua un tournant de la guerre.

Les victoires de Vicksburg et de Port Hudson remportées par Ulysses Grant achevèrent la prise de contrôle du fleuve Mississippi par les troupes de l'Union.

Grant mena de sanglantes batailles d'usure contre Lee en 1864, l'obligeant à défendre Richmond en Virginie, la capitale des Confédérés. Le général de l'Union William Sherman prit Atlanta en Géorgie, et commença sa marche vers la mer, dévastant une large partie du territoire de la Géorgie. Puis la résistance des Confédérés s'effondra après la reddition du général Lee au général Grant à Appomattox, le 9 avril 1865.

Pour l’anecdote, notons que la plantation d'Arlington de Robert Lee a été saisie par les troupes nordistes et ses terres transformées en cimetière militaire (Cimetière national d'Arlington).

Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, cette guerre provoqua la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes.

Considéré par les historiens comme la charnière technique entre les guerres napoléoniennes et les guerres plus modernes qui suivirent, c’est le conflit le plus meurtrier qu'aient connu les USA à ce jour.

Il mit fin à l'esclavage aux États-Unis, restaura l'Union et renforça le rôle du gouvernement fédéral.

Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer sur la pensée américaine contemporaine [1].

Fait peu connu du grand public, on a recensé environ 26 000 engagés français, dont environ 40% combattirent avec le Nord, et 60% environ avec le Sud. Les données étant très imprécises, on ne sait si ces chiffres comprennent ou pas les 3 000 citoyens français de la Légion française (French Brigade) de La Nouvelle-Orléans, sous le commandement d’officiers comme Philippe de Marigny de Mandeville, Albin Rochereau, Félix Ferrier, Brogniet et Charles Janvier.

Le triple cinquantenaire de la chute de la Confédération sudiste a été l’occasion de diverses publications nostalgiques [2] aux États-Unis, mais aussi en France où le journaliste d’extrême droite Alain Sanders [3] a donné aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing une biographie intitulée Robert Lee Qui suis-je ? qui, si elle donne clairement dans l’hagiographie politico-militaire sudiste, n’en constitue pas moins l’une des deux seules biographies du général disponibles en langue française [4] et une intéressante source documentaire (bibliographique et photographique, notamment) pour les historiens.

Voici ce qu’il en dit :

« Considéré comme l’un des meilleurs stratèges de l’armée des États-Unis, Robert Edward Lee était tout désigné – le poste lui fut proposé – pour diriger les forces unionistes nordistes pendant la guerre de Sécession. Sa loyauté sans failles à la Virginie de ses ancêtres lui fit choisir, tout au contraire, de prendre le commandement en chef des forces confédérées sudistes. Il est ainsi passé à la postérité comme le héros symbolique de ce que les Sudistes d’hier et d’aujourd’hui ont appelé “la Cause”.

Nous proposons le portrait d’un homme qui ne sollicita jamais aucun mandat politique et qui n’approuvait pas, en tant qu’institution [5], l’esclavage, “mal moral et politique”.

Seule figure de l’histoire des États-Unis capable de contrebalancer celle d’Abraham Lincoln [6], il fut l’incarnation même du gentleman sudiste, dans la lignée des Cavaliers de Charles Ier opposés aux Têtes Rondes du dictateur Cromwell.

Un soldat chrétien, mais pas un puritain.

Après la défaite, il revint à la vie civile et contribua, sans jamais rien renier, à la difficile réconciliation du Nord yankee et du Dixieland.

La popularité de Lee, surnommé “l’homme de marbre”, jamais démentie malgré les coups du sort, s’accrut encore après sa disparition, jusqu’à atteindre et dépasser la “frontière” entre le Nord et le Sud, la célèbre Mason-Dixon Line. »

Nous ajouterons pour notre part qu’après la guerre, il devint président de l'université de Washington (à Lexington, en Virginie), qui fut rebaptisée Washington and Lee University après sa mort et est aujourd’hui l’une des plus vieilles et des plus prestigieuses universités des États-Unis.

Lee soutint le programme du président Andrew Johnson prônant la reconstruction, tout en s'opposant aux propositions des Républicains radicaux visant à donner aux esclaves libérés le droit de vote et à retirer le droit de vote aux ex-Confédérés [7].

Ce fut peut-être un assez honnête homme, mais englué dans une cause indéfendable…

Car la réduction en esclavage d’un être humain par un autre est, a été et sera toujours une abomination !

SOMMAIRE :

Introduction

I Un gentleman exemplaire

II Un héros tragique

III Les Lee, une élite virginienne

IV Les Custis d’Arlington

V La guerre mexicaine

VI L’affaire de Harpers Ferry

VII Général en chef de Virginie

VII L’effort de guerre

IX Sur les champs de bataille

X Terres sanglantes

XI La mort au bout de tous les chemins

XII Gettysburg

XII Sur la défensive

XIII Le début de la fin

XIV Le Sud à genoux

XV Le tombeau du général Lee

Annexes

Bernard DELCORD

Robert Lee Qui suis-je ? par Alain Sanders, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2015, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[2] Voire racistes…

[3] Voici la présentation que son livre donne de lui : « Journaliste au quotidien Présent, spécialiste de l'Amérique française, Alain Sanders est l'auteur de quelque 80 ouvrages : recueils de poésies, pièces de théâtre, romans, essais, bandes dessinées, reportages. Il est l'auteur, avec Bernard Lugan, de l'adaptation et des paroles des Partisans blancs. Animateur de l'association Country Music attitude, membre de la SACEM, il est parolier de nombreuses chansons country ».

[4] Celle de Vincent Bernard, Robert E. Lee, la légende sudiste, parue chez Perrin en 2014 et qui compte 450 pages, est exhaustive et très documentée, mais d’un abord complexe.

[5] C’est nous qui soulignons…

[6] À l’époque seulement, bien entendu…

05 09 15

Il est minuit, docteur Schweitzer

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Avec plaisir, je redécouvre les « Souvenirs de mon enfance » d'Albert Schweitzer, édités par Albin Michel. Outre l'intérêt des faits, de sa manière de penser, nous trouvons un bien joli style, peut-être dû aussi à la traduction faite par son oncle, Charles Schweitzer, le grand-père de Jean-Paul Sartre ! "Un petit bijou littéraire" en dira Herman Hesse.

Je note, entre autres, cette réflexion à propos de la poésie : « Aujourd'hui comme jadis, je pense qu'un poème ne supporte aucun commentaire. Il faut le sentir et le vivre. »

Mais je ne veux pas analyser ce livre, simplement vous faire part des pensées qui me sont venues. Le titre : « Il est minuit, docteur Schweitzer » me paraît un, si pas le, titre qui me demeure le plus gravé dans ma mémoire. Un titre magnifique tout d'abord d'une pièce de Gilbert Cesbron (qui était chroniqueur de radio et écrivain) ensuite du film de Haguet en 1952, avec Pierre Fresnay dans le rôle du Docteur !

Pourquoi est-il gravé de cette manière ? Parce que c'était mon enfance, un des premiers films qu'on m'a emmené voir ? Parce qu'on en parlait plus longtemps, alors qu'aujourd'hui tout file plus vite, une mode en remplaçant une autre, une chanson un autre tube, un mot un autre ?

Car c'est aussi le cas des titres suivants (livres, films...), qui me paraissent si magiques, si bien choisis : « Chiens perdus sans colliers » (du même Cesbron), « Premier de cordée », « Bonjour tristesse », « Un certain sourire », « Quand on n'a que l'amour », « La guerre de Troie n'aura pas lieu », « Le petit Prince », « Les quatre cents coups », « Le septième sceau »....

2015 est le cinquantenaire de la mort du docteur.

Jacques MERCIER

"Souvenirs de mon enfance", Albert Schweitzer, Edition Albin Michel, 2015, 140 pp. 14 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Biographies, Jacques Mercier, Récits | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 08 15

« Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves. » (Herbert Marcuse)

Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination.jpgIngénieur de formation, Claude Dupuydenus a étudié la philosophie auprès d'Herbert Marcuse, dont il a été l'assistant à l'université de Californie de 1966 à 1969. Il a fait paraître, chez Autrement à Paris, la première biographie en langue française de ce maître à penser, sous le titre Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination.

Fils aîné d'une famille juive aisée de Berlin, Herbert Marcuse (1898-1979) a passé plus de la moitié de sa vie aux États-Unis, où il s'est exilé dès 1933.

Après la Première Guerre mondiale qu’il accomplit dans des unités de l'arrière, il adhère en 1917 au parti social-démocrate (SPD) qu’il quitte après l'assassinat de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg en 1919 pour rallier le mouvement spartakiste.

Il étudie ensuite à Berlin puis à Fribourg-en-Brisgau la Germanistik ainsi que la philosophie et l’économie politique.

Élève de Martin Heidegger dont il fut l’assistant à Fribourg-en-Brisgau et sous la direction de qui il rédigea une thèse sur Hegel avant d’entrer en désaccord profond avec son maître, il devint membre de l'École de Francfort en 1932, puis, quand Hitler accéda au pouvoir, il émigra à New York, où il fut embauché par l'Institut de Recherche sociale, mais aussi par l’Office of Strategic Services (OSS), où il travailla sur un programme de dénazification.

Les sources de la pensée de Marcuse se trouvent dans la lecture combinée de Marx et de Freud, mais aussi de Hegel, Husserl et Lukacs.

Il est notamment l'auteur d'Éros et Civilisation (1955) et de L'Homme unidimensionnel (1964), paru en France en 1968, qui veut démontrer le caractère inégalitaire et totalitaire du capitalisme des « Trente Glorieuses ».

En 1968, Marcuse voyage en Europe où il prononce de multiples conférences et entretient de nombreuses discussions avec les étudiants. Il devient alors une sorte d'interprète théorique de la formation des mouvements estudiantins en Europe et aux États-Unis [1].

Durant sa carrière, il a côtoyé Max Horkheimer [2], Theodor Adorno [3], Angela Davis [4], il a débattu durement avec Erich Fromm [5] et il a mené ses combats philosophiques avec une conviction sans égale : contre le nazisme, la barbarie, le libéralisme et les mécanismes de domination.

La biographie que lui consacre Claude Dupuydenus retrace le parcours personnel et intellectuel d'un penseur acharné qui fut présenté comme l'une des grandes figures de Mai-68.

On redécouvre l'homme, mais aussi une époque et surtout une pensée philosophique clairement expliquée et parfaitement accessible au lecteur non averti.

Une gageure !

Sommaire :

– Une famille aisée, allemande et juive

– Un adolescent insouciant devenu guerrier

– Conjurer les échecs de 1919

– Penser en Allemagne avant le nazisme

– Le libéralisme engendre la barbarie

– Aux Affaires étrangères américaines

– L'après-guerre jusqu'en 1954

Bernard DELCORD

Herbert Marcuse ou les vertus de l'obstination par Claude Dupuydenus, préface de Michel Onfray, Paris, Éditions Autrement, collection « Universités populaires et Cie », février 2015, 302 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)


[2] Max Horkheimer (1895-1973) est un philosophe et un sociologue allemand qui fut de 1930 à 1969 le directeur de l'Institut de recherche sociale (Institut für Sozialforschung) à l’origine de la célèbre École de Francfort, et un des fondateurs de la théorie critique (Kritische Theorie). Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Horkheimer

[3] Theodor W. Adorno, 1903-1969, est un philosophe, sociologue, compositeur et musicologue allemand. En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l'un des principaux représentants de l'École de Francfort. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_W._Adorno

[4] Angela Yvonne Davis, née le 26 janvier 1944 à Birmingham en Alabama, est une militante des droits de l'homme, professeure de philosophie et militante communiste de nationalité américaine. Active au sein du mouvement des droits civiques aux États-Unis, membre des Black Panthers, elle fut poursuivie par la justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers, qui se solda par la mort d’un juge californien en août 1970. Emprisonnée vingt-deux mois à New York puis en Californie, elle fut finalement acquittée et poursuivit une carrière universitaire qui la mena au poste de directrice du département d’études féministes de l’université de Californie. En 1965, Herbert Marcuse, alors en poste à l’Université de San Diego, avait accepté de reprendre la direction de sa thèse, initialement tenue par Adorno, sur « le concept philosophique de la liberté chez Kant, et ses rapports sur la lutte de la libération des Noirs ». Elle la soutiendra en 1969. En 2012, elle a été proclamée docteure honoris causa de l'Université libre de Bruxelles. Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Angela_Davis et http://bougnoulosophe.blogspot.be/2011/04/angela-davis-pa...

[5] Erich Fromm (1900-1980) était un psychanalyste humaniste états-unien d'origine juive allemande. Il fit ses études à l'université de Heidelberg puis à celle de Munich et enfin à l'Institut de Psychanalyse de Berlin. Il fut avec Adorno, Marcuse et d'autres, un des premiers représentants de l'École de Francfort. Il a greffé d'une façon critique et originale la thèse freudienne sur la réalité sociale de l'après-guerre aux États-Unis où il a vécu à partir de 1934. Il a enseigné au Bennington College, à la Columbia University, à celle du Michigan, à Yale, à l’École de Palo Alto et à l'Université Nationale du Mexique. Source : http://1libertaire.free.fr/EFromm05.html

11 08 15

Le Pollux du Castor…

Sartre.jpgFigure emblématique de la littérature et de la philosophie française de son temps, Jean-Paul Sartre (1905-1980) fut un penseur révolutionnaire dont l'œuvre et la personnalité ont marqué la vie intellectuelle et politique de la France de 1945 à la fin des années 1970.

Son œuvre comporte des essais et textes philosophiques majeurs, comme L'Être et le Néant (1943), L'existentialisme est un humanisme (1946), Réflexions sur la question juive (1946), Questions de méthode (1957) ou encore la Critique de la raison dialectique (1960), Situations (I, 1947, à X, 1976), mais aussi des textes littéraires : des nouvelles (Le Mur), des romans (La Nausée, Les Chemins de la liberté), des pièces de théâtre (Les Mouches, Huis clos, La Putain respectueuse, Le Diable et le Bon Dieu, Les Séquestrés d'Altona). Il a publié des études biographiques sur de nombreux artistes comme Le Tintoret, Mallarmé, Baudelaire, Faulkner ou Jean Genet, ainsi qu'une vaste étude sur Gustave Flaubert, L'Idiot de la famille (1971-1972). Un texte court, mais important est son étude autobiographique, Les Mots, qui évoque les onze premières années de sa vie.

Intransigeant et fidèle à ses idées, il a toujours rejeté les honneurs ; il a notamment refusé le prix Nobel de littérature en 1964. Exception notable, il a cependant accepté le titre de docteur honoris causa de l'Université de Jérusalem en 1976 [1].

Fort bien documenté quoique par trop hagiographique à notre goût (notre homme était souvent droit comme un « s » [2]…) et sobrement intitulé Sartre, un bel album de bandes dessinée retrace son engagement politique jusque 1964 [3], la genèse et l’impact de ses écrits, sa relation avec Simone de Beauvoir [4] et avec les maîtresses de celle-ci, la création du mouvement existentialiste, les rapports avec Paul Nizan, Albert Camus, Maurice Merleau-Ponty, Raymond Aron ou encore avec Boris Vian.

Un pan d’histoire turbulente de la vie culturelle française, quand elle était sous la férule péremptoire de l’« agité du bocal », comme disait Céline…

Bernard DELCORD

Sartre par Mathilde Ramadier & Anaïs Depommier, Bruxelles, Éditions Dargaud, mars 2015, 160 pp. en quadrichromie au format 21 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 17,95 €.


[2] Songeons ici à son attitude pour le moins trouble sous l’Occupation.

[3] D'abord en liaison avec le Parti communiste, puis avec des courants gauchistes dans les années 1970.

[4] Qu’il surnommait le Castor.

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14 05 15

Une adolescence française

FREDERIC MITTERRAND, adolescence, interviewIl était venu il y a quelques mois nous parler de ses années de Ministre de la Culture, à cheval entre son président, Nicolas Sarkozy et ses convictions d'homme de gauche.

Dans ce nouveau livre où il raconte ses années de jeunesse, Frédéric Mitterrand nous livre la clé du précédent ouvrage en parlant de son admiration pour De Gaulle et pour son oncle François M.

Après un pas de danse pour une référence cinématographique, cet art qu'il aime tant, Frédéric Mitterrand se livre au micro de Nicky, dans une interview qui a été diffusée en avril dernier sur Radio Judaïca :


podcast
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Une adolescence, Frédéric Mitterrand, Robert Laffont, mars 2015, 198 pages, 18€50.

FREDERIC MITTERRAND, Une adolescence, Robert LAffont, 2015