29 03 14

Ceci est un grand peintre...

Magritte.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Si sa gestion muséale fut contestée par d'aucuns ces derniers temps, Michel Draguet, docteur en philosophie et lettres et agrégé de l'enseignement supérieur en philosophie et lettres, par ailleurs toujours directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, est sans conteste l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la vie et de l'œuvre de l'auteur de Ceci n'est pas une pipe à qui il a consacré une remarquable biographie parue sous le simple titre de Magritte chez Gallimard dans la fameuse collection « Folio ».

Rédigé dans une langue parfaite et avec un grand talent narratif, cet essai remarquable vulgarise avec brio la pensée et les techniques de l'un des plus grands artistes du XXe siècle qui « fit subir aux espaces et aux objets une infinité de modifications, fragmenta l'échelle onirique, inventa des territoires nouveaux, transforma des espaces connus, pratiqua une utilisation incongrue des titres : Ceci continue à ne pas être une pipe, Le Salon au fond d'un lac, La Philosophie dans le boudoir. »

Car, sous son air bonhomme, le Bruxellois René Magritte (1898-1967) ne manquait ni d'humour contestataire ni de zwanze, mais avec une conscience aiguë du malaise humain qu'il transcendait dans l'imaginaire, et de la vanité des choses, dont il riait avec désespoir.

Un paradoxe bien belge, à l'instar de nos institutions politiques ô combien surréalistes...

Magritte par Michel Draguet, Paris, Éditions Gallimard, collection« Folio biographies », février 2014, 413 pp. en noir et blanc et un cahier photo de 8 pp. en couleurs au format 10,7 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,90 € (prix France)

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21 03 14

À l'extrême droite, toute !

Agatha Christie Qui suis-je.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

L'une des meilleures sources pour connaître l'extrême droite rampante est très certainement constituée par les écrits des supporters de ce mode de pensée qui, à l'instar du personnage d'Alex d'Orange mécanique flairant le sadisme sublimé dans la IXe symphonie de Beethoven, débusquent les accointances avec leurs idées dans des œuvres en apparence anodines.

C'est le cas avec Agatha Christie Qui suis-je ? paru chez Pardès à Grez-sur-Loing, un essai très documenté dans lequel la journaliste lepéniste et révisionniste Camille Galic, ancienne patronne des magazines Rivarol et Écrits de Paris et actuelle chroniqueuse de Présent, décrit avec moult détails et grande gourmandise les opinions sulfureuses et les certitudes réactionnaires de la « reine du crime » (1890-1976) relatives aux races et aux peuples ou au catholicisme traditionnaliste, ainsi que sa fascination-répulsion pour le national-socialisme.

Une suite de révélations à contre-courant et solidement étayées, qui nous feront désormais jeter sur les enquêtes de Miss Marple et d'Hercule Poirot un regard quelque peu désabusé...

Bernard DELCORD

Agatha Christie Qui suis-je ? par Camille Galic, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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21 03 14

Les griffes du Tigre...

Le Monde selon Clemenceau.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 21/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

L'historien Jean Garrigues, dans Le Monde de Clemenceau paru chez Tallandier à Paris, derrière la personnalité du défenseur de Dreyfus, du tombeur de ministères des années 1880, du briseur de grèves de 1906 et du Père la Victoire de 1918, donne à voir le caractère et les traits d'esprit d'un « grand homme d'État, véritable icône patriotique, passionnément laïque et démocrate, cocardier, rebelle et autoritaire, féministe et misogyne, rêveur et philosophe, amoureux et querelleur, drôle et sensible, féroce et tendre à la fois », qui excellait dans les joutes oratoires et les petites phrases assassines.

Florilège ironique :

« Donnez-moi trente trous du cul et je vous fais une Académie française. »

« Pour prendre une décision, il faut un nombre impair de personnes, et trois, c'est déjà trop. »

« Somme toute, les Anglais ont fait aux Boers d'Afrique du Sud ce que nous sommes très fiers d'avoir fait aux Arabes d'Afrique du Nord, aux Malgaches, aux Tonkinois, ce que les Allemands nous ont fait à nous-mêmes. »

« La démocratie ? Le pouvoir pour les poux de manger les lions... »

« Il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate. »

« On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

Le portrait d'un homme lucide...

Bernard DELCORD

Le Monde selon Clemenceau par Jean Garrigues, Paris, Éditions Tallandier, février 2014, 334 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,90 € (prix France)

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18 02 14

Merveilleuse humanité

Visuel Trois Nuage au pays des nénuphars.jpgNuage Doré, Nuage bleu, Nuage rose..trois fillettes vivent une enfance secouée de guerre, de bombardements américains,  en ce Viêt Nam septentrional des années soixante, gouverné par les communistes. 

" Construit de faits réels et de souvenirs d'enfance, ce récit romancé, est avant tout une lettre d'amour que j'adresse à la mémoire de mon grand-père maternel et à mes parents, à qui je dois tout et qui m'ont tout donné, surtout quand, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils n'avaient absolument plus "rien".

Ecrit par Nuage Rose, la cadette, ce témoignage tendre et vivifiant restitue avec une exquise fraîcheur le regard d'une enfant sur un quotidien par bien des égards, dantesque: séparées de leur mère, les "trois Nuage" vivront  presque une décennie, aux côtés de Bô, leur père, médecin, obstétricien, urgentiste,..appelé sur tous les fronts.  Loyal envers  l'idéal communiste, ce dernier élève ses filles "comme de parfaites petites prolétaires" . S'il ne peut subvenir à leur confort ni à leurs besoins alimentaires, il parvient à leur préserver une part de poésie, d'enfance, d'humour  et surtout d'amour, germe d'équilibre affectif et de réussite intellectuelle. Appelé en renfort,  "Grand-père", père de Mé, la maman,  "francophone et francophile dans l'âme", soutient d'une merveilleuse humanité, cette éducation admirable.

" Ainsi grandissent les Nuage, entre l'impératif et le jeu, mais dans l'urgence, toujours, d'un présent menacé d'être sans lendemain. Les circonstances ne laissent à personne le loisir de questionner, contester: car désobéir ou négliger de faire son devoir peut avoir des conséquences fatales. Les fillettes sont obéissantes et elles ont une confiance absolue en Bô, en son autorité bienveillante. "

Une lecture recommandée.

 Trois Nuage au pays des nénuphars, Nuage Rose, autobiographie, Société des écrivains, 2013, 248 pp, 20 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 01 14

Le dur désir de durer de Michel Drucker

Michel Drucker, Drucker, interview, Robert LaffontMichel Drucker semble de plus en plus réfléchir à la fin de la vie professionnelle. A un âge où la toute grande majorité de sa génération vit une retraite paisible, l'homme est toujours au sommet de la pyramide télévisuelle et médiatique.

Il n'imagine toujours pas vivre hors de la lumière et cela lui inspire ce livre dont nous avons parlé ce jour-là dans Café de Flore sur Radio Judaïca, dans l'intimité d'un face-à-face : 


podcast


podcast

Michel Drucker, interview, lumiere, oubli, nicky depasse

Photo : Gianni Candido

Écrit par Nicky Depasse dans Biographies, Café de Flore, Podcasts | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 01 14

Mehdi répond aux lettres de quelques fans..

Qui n'a été amoureuse de Mehdi, l'ami de Belle, craquant bonhomme qui évoluait parmi les hommes, quand ce n'était à bord de la Mary-Morgane... aussi beau que buté, grand frère en âge, petit, à l'écran. Qui n'a prêté l'oreille aux rumeurs délétères qui entourèrent sa supposée disparition de la scène médiatique? 

"Confusion des sentiments, confusion des événements...Il fallait remettre de l'ordre dans tout cela, démêler le vrai du faux. C'est pourquoi, cinquante ans après, j'éprouve le besoin de dérouler la bobine de ma drôle de vie"

Une bobine fameusement captivante.  

Sous le prétexte de répondre à quelques-unes des innombrables missives que lui valait sa célébrité, Mehdi El Mezouari  El Glaoui, âgé aujourd'hui de cinquante-sept ans, délie sa langue et le fil de sa vie. Une vie marquée par la difficile gestion d'une célébrité précoce et d'une relation fusionnelle, à sa mère, Cécile Aubry.

Un témoignage surprenant de sincérité, d'ouverture et même d'humilité.

Emancipé avant l'heure, Mehdi part à la conquête de sa liberté, de son identité, multipliant les  petits boulots précaires et grandes rencontres amicales. La quête de ses origines marocaines - Mehdi est le fils d'un caïd de Ouarzazate  lui-même fils d'un pacha, dont la prospérité a pris fin avec celle du protectorat français - lui révèle les secrets de son sang mais aussi la complexité de porter un nom à ce point ...investi quand on ne parle pas la langue du pays.

"Mon nom est un passeport pour les vérifications en tout genre, les petites vexations et les innombrables pertes de temps. Je suis Le Marocain en France. Et LE Français au Maroc. Petit Blanc, chez les uns, petit Beur, chez les autres."

Césarisé en 1985 pour la production d'un court-métrage, Première Classe, Mehdi El Glaoui poursuit sa carrière sur les planches, devant et  derrière la caméra. Marié à  l'actrice Virginie Stevenoot, orphelin de   "Pucky", sa maman,  décédée en 2010, il endosse le rôle d'André, le chasseur, dans le superbe remake de Belle et Sébastien  produit par Nicolas Vanier (fin 2013 - voir chronique sur ce blog) . Assez remarquable est la bienveillance qu'il manifeste à l'égard de la production et de Felix Bossuet, le nouveau Sébastien.

Décidément, ce récit est pétri d'apaisement, d'élégance et de nostalgie positive.

Ce faisant, l"acteur se montre clairement ouvert à l'avenir, à toute nouvelle proposition

" Je ne voudrais pas que Sébastien soit le seul tube de ma vie. Je voudrais qu'on m'offre la possibilité de m'évader de mon enfance"

Apolline Elter

La Belle histoire de Sébastien, Mehdi, Témoignage, Ed. Michel Lafon, décembre 2013, 240 pp, 17,95 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 12 13

L'histoire de ma vie

"Il n'y avait  pas de mise au point, insiste Cécilia Attias,  c 'est juste l'histoire de ma vie. Et dans cette histoire, il se trouve que j'ai traversé un certain nombre de moments où j'ai eu des expériences et je raconte ce qui s'est passé à ces moments- là en espérant que les gens découvrent qui je suis à travers ces expériences et ces moments" * 

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  La lecture d'Une envie de vérité , récit autobiographique de l'ex-Première dame de France, épouse de Nicolas Sarkozy au-delà des  élections présidentielles de 2007 et  remariée, depuis 2008,  avec Richard Attias,  vous fera découvrir une femme d'exception, qui intègre un parcours riche d'expériences et de rencontres aux plus hauts niveaux , en une philosophie empreinte d'altruisme, de valeurs fortes et de tolérance. Une femme dont l'élégance et la courtoisie innées sont ancrées sur de vraies qualités de coeur.

D'ascendance à la fois belge - sa grand-mère était anversoise - espagnole, par son grand-père Alfonso Albéniz, fils du célèbre compositeur Isaac Albéniz - russe, par son père André Ciganer, cadette d'une fratrie de trois garçons,  Cécilia Attias nous trace l'histoire d'une enfance heureuse, malgré une lourde opération cardiaque, choyée, aussi, et de l'expérience de vie que lui apportèrent ses mariages avec Jacques Martin, père de ses deux filles, Judith et Jeanne-Marie, Nicolas Sarkozy - avec qui elle partagea près de deux décennies  et un fils, Louis - et Richard Attias, dont "la rencontre présentait le caractère de l'évidence".  Un homme de passion,  personnalité solaire et généreuse qui contribue à la force positive qui émane du  couple.

Les années passées à Neuilly, Bercy et place Beauvau et quelque cinq mois à L'Elysée, au service de la République impriment  en cette femme de convictions  les respects  de la chose politique, de l'engagement remarquable de  Nicolas Sarkozy  et l'idée qu'il y a moyen, quand on le veut,  de faire bouger les choses.  L'isolement inhérent à l'exercice du pouvoir,  les  trahisons de fausses amitiés, le spectre de la transparence  et la désinformation entretenue par une  presse malveillante seront obstacles à la sérénité d'une vie par trop privée d'intimité.

Détaillé, le chapitre consacré à la libération, fin juillet 2007 des infirmières bulgares et du médecin palestinien, incarcérés en Lybie, en dit long sur l'empathie - et le courage - de la Première dame.  Une prise de conscience vitale, qui sera à l'origine de la création, deux ans plus tard, de la Cécilia Attias Foundation,  focalisée sur l'aide à la détresse féminine. Nous y reviendrons dans l'article que consacrera l'Eventail de février à la rencontre du jeudi 5 décembre  avec Cécilia Attias.

Un  entretien chaleureux et riche qui nous permit, notamment d'évoquer l'importance vitale, constitutive de la musique dans la vie de l'arrière-petite-fille d'Isaac Albéniz.  La question "proustienne" de la musique à laquelle elle s'identifiait le plus fut dotée d'une réponse protéïforme: " Probablement un morceau de musique classique. J'aime profondément  Mozart. Je pense que la musique de Franz Liszt est une musique dans laquelle je me retrouve (...) ou Chopin peut-être. Et puis, de la musique de jazz:  je pourrais me retrouver dans une musique d'Amstrong facilement, puis dans la soul music, je pourrais vous citer Andy Crawford.. ..Je pense que la liste serait interminable puisque j'aime la musique avec un M majuscule quelle qu'elle soit  (...) J'ai besoin de ça pour vivre. "

Je vous invite à poursuivre la conversation en découvrant l'article consacré en L'Eventail de février

 

Apolline Elter

Une envie de vérité, Cécilia Attias, autobiographie, Ed. Flammarion, oct. 2013, 320 pp, 19,90 €

 

* Entretien avec Cécilia Attias, jeudi 5 décembre 2013

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03 12 13

Un destin hors norme !

Frida Une biographie de Frida Kahlo.jpgÀ l'occasion de l'exposition « Frida Kahlo/Diego Rivera. L'art en fusion » présentée jusqu'au 15 janvier 2014 au musée de l'Orangerie à Paris, les Éditions Flammarion publient Frida Une biographie de Frida Kahlo, un essai d'Hayden Herrera retraçant la vie mouvementée de cette artiste majeure et légendaire née avec le XXe siècle.

On y apprend que « l'artiste-peintre qu'on ne nommait que par son prénom était aussi chatoyante, dans ses robes traditionnelles colorées, que son langage était effronté. Mais elle était aussi sensible, abîmée et malade. Un accident de bus à 18 ans la plongea dans une souffrance physique constante. Depuis, Frida Kahlo ne cessa de vivre dans un "conflit entre une Frida morte et une Frida vivante", une dualité excessivement humaine . (...).

Jeune élève rebelle de l'École nationale préparatoire de Mexico, puis militante communiste, elle côtoya très tôt les muralistes et les artistes révolutionnaires. Elle créa un art singulier, comme un miroir de sa vie, qui suscita l'admiration de Pablo Picasso, Juan Miro ou encore Vassili Kandinsky. »

On y découvre aussi, à travers de nombreuses lettres et extraits de son journal intime, « qu'elle fut l'amie de Nelson Rockefeller, de Tina Modotti ou encore d'André Breton et qu'elle vécut ses drames amoureux avec Trotski ou Nickolas Muray sous l'ombre maritale, irremplaçable et mystique de Diego Rivera.

Soixante ans après sa disparition, l'histoire de cette femme à l'humour et à l'imagination débordants reste aussi extraordinaire, aussi bouleversante que sa légende et que son univers pictural. »

Et c'est peu de le dire...

Bernard DELCORD

Frida Une biographie de Frida Kahlo par Hayden Herrera, Paris, Éditions Flammarion, collection « Grandes biographies », octobre 2013, 634 pp. en noir et blanc et un cahier de 16 pp. quadrichromie au format 15 x 23,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

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14 11 13

Féministe avant la lettre

 

" L'incognito est la première règle. Elle doit avoir l'air d'une mendiante tibétaine jusque dans les moindres détails. Son déguisement est fabriqué avec les moyens du bord: elle teint ses cheveux bruns en noir avec des bâtons d'encre de Chine, les épaissit avec des crins de yack pour former des lourdes nattes, puis recouvre son visage et ses mains d'une épaisse couche de suie récupérée au fond d'une marmite de charbon, voire de cacao. Les Tibétains étaient d'une saleté à la limite du vraisemblable, il lui fallait afficher  à la fois un teint hâlé et une bonne couche de crasse..."

Si l'histoire retient avant tout  d'Alexandra David-Néel, qu'elle fut la première femme européenne à pénétrer, en 1924, accompagnée de son fidèle Aphur Yongden dont elle fera son fils adoptif , dans la cité tibétaine interdite de Lassa, la biographie que lui consacre Jennifer Lesieur révèle l'incroyable palette de vie de l'exploratrice, aventurière, chanteuse d'opéra, journaliste, philosophe mystique et boudhiste, franc-maçonne, écrivain, parisienne et... bruxelloise, qui mourut centenaire, en son sanctuaire  de méditation provençal, Samten Dzong,  de Digne-les-Bains.

Une personnalité forte, indépendante, érudite qui porta haut et fort la cause féministe.

Une biographie alerte, enjouée, fabuleuse.

Alexandra David-Néel,Jennifer Lesieur, biographie  Ed. Folio biographies, Inédit, oct.2013, 300 p.

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09 11 13

Un talent multiple ô combien singulier…

Ghelderode Qui suis-je.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 09/11/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Dans Ghelderode Qui suis-je ?, un petit essai très documenté et abondamment illustré, l'universitaire française Jacqueline Blancart-Cassou, qui a défendu sa thèse d'État et publié de nombreux travaux sur l'œuvre d'Adolphe Martens (1898-1962) ainsi qu'une édition critique de son Théâtre oublié, introduit à la compréhension de ses écrits aussi variés qu'étranges, en les replaçant dans leur contexte historique, sociologique, politique et culturel.

Car il n'est guère aisé pour le profane de s'y retrouver dans le foisonnement baroco-expressionnisto-flamand de langue française constitutif de chefs-d’œuvre comme Barabbas, Pantagleize, L'Histoire Comique de Keizer Karel, Escurial, Hop Signor !, L’École des Bouffons, La Balade du Grand Macabre, Sortilèges ou La Flandre est un songe, dans lesquels se mêlent tout à la fois la gouaille marollienne, les marionnettes de Toone, les visions d'Ensor, les conceptions théâtrales d'Antonin Artaud et les réflexions du Groupe du Lundi mâtinées d'anarchisme, d'expressionnisme et d'errances consécutives de l'usage de morphine.

Un cocktail détonant qui connut son heure de gloire à Paris dès 1947, au point que l'on parla même de « ghelderodite aiguë » – entre 1949 et 1953 – pour qualifier son succès dont la pérennité persiste de nos jours.

Une fameuse histoire belge !

Bernard DELCORD

Ghelderode Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2013, 126 pp. en noir et blanc  au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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