09 01 14

Mehdi répond aux lettres de quelques fans..

Qui n'a été amoureuse de Mehdi, l'ami de Belle, craquant bonhomme qui évoluait parmi les hommes, quand ce n'était à bord de la Mary-Morgane... aussi beau que buté, grand frère en âge, petit, à l'écran. Qui n'a prêté l'oreille aux rumeurs délétères qui entourèrent sa supposée disparition de la scène médiatique? 

"Confusion des sentiments, confusion des événements...Il fallait remettre de l'ordre dans tout cela, démêler le vrai du faux. C'est pourquoi, cinquante ans après, j'éprouve le besoin de dérouler la bobine de ma drôle de vie"

Une bobine fameusement captivante.  

Sous le prétexte de répondre à quelques-unes des innombrables missives que lui valait sa célébrité, Mehdi El Mezouari  El Glaoui, âgé aujourd'hui de cinquante-sept ans, délie sa langue et le fil de sa vie. Une vie marquée par la difficile gestion d'une célébrité précoce et d'une relation fusionnelle, à sa mère, Cécile Aubry.

Un témoignage surprenant de sincérité, d'ouverture et même d'humilité.

Emancipé avant l'heure, Mehdi part à la conquête de sa liberté, de son identité, multipliant les  petits boulots précaires et grandes rencontres amicales. La quête de ses origines marocaines - Mehdi est le fils d'un caïd de Ouarzazate  lui-même fils d'un pacha, dont la prospérité a pris fin avec celle du protectorat français - lui révèle les secrets de son sang mais aussi la complexité de porter un nom à ce point ...investi quand on ne parle pas la langue du pays.

"Mon nom est un passeport pour les vérifications en tout genre, les petites vexations et les innombrables pertes de temps. Je suis Le Marocain en France. Et LE Français au Maroc. Petit Blanc, chez les uns, petit Beur, chez les autres."

Césarisé en 1985 pour la production d'un court-métrage, Première Classe, Mehdi El Glaoui poursuit sa carrière sur les planches, devant et  derrière la caméra. Marié à  l'actrice Virginie Stevenoot, orphelin de   "Pucky", sa maman,  décédée en 2010, il endosse le rôle d'André, le chasseur, dans le superbe remake de Belle et Sébastien  produit par Nicolas Vanier (fin 2013 - voir chronique sur ce blog) . Assez remarquable est la bienveillance qu'il manifeste à l'égard de la production et de Felix Bossuet, le nouveau Sébastien.

Décidément, ce récit est pétri d'apaisement, d'élégance et de nostalgie positive.

Ce faisant, l"acteur se montre clairement ouvert à l'avenir, à toute nouvelle proposition

" Je ne voudrais pas que Sébastien soit le seul tube de ma vie. Je voudrais qu'on m'offre la possibilité de m'évader de mon enfance"

Apolline Elter

La Belle histoire de Sébastien, Mehdi, Témoignage, Ed. Michel Lafon, décembre 2013, 240 pp, 17,95 €

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14 12 13

L'histoire de ma vie

"Il n'y avait  pas de mise au point, insiste Cécilia Attias,  c 'est juste l'histoire de ma vie. Et dans cette histoire, il se trouve que j'ai traversé un certain nombre de moments où j'ai eu des expériences et je raconte ce qui s'est passé à ces moments- là en espérant que les gens découvrent qui je suis à travers ces expériences et ces moments" * 

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  La lecture d'Une envie de vérité , récit autobiographique de l'ex-Première dame de France, épouse de Nicolas Sarkozy au-delà des  élections présidentielles de 2007 et  remariée, depuis 2008,  avec Richard Attias,  vous fera découvrir une femme d'exception, qui intègre un parcours riche d'expériences et de rencontres aux plus hauts niveaux , en une philosophie empreinte d'altruisme, de valeurs fortes et de tolérance. Une femme dont l'élégance et la courtoisie innées sont ancrées sur de vraies qualités de coeur.

D'ascendance à la fois belge - sa grand-mère était anversoise - espagnole, par son grand-père Alfonso Albéniz, fils du célèbre compositeur Isaac Albéniz - russe, par son père André Ciganer, cadette d'une fratrie de trois garçons,  Cécilia Attias nous trace l'histoire d'une enfance heureuse, malgré une lourde opération cardiaque, choyée, aussi, et de l'expérience de vie que lui apportèrent ses mariages avec Jacques Martin, père de ses deux filles, Judith et Jeanne-Marie, Nicolas Sarkozy - avec qui elle partagea près de deux décennies  et un fils, Louis - et Richard Attias, dont "la rencontre présentait le caractère de l'évidence".  Un homme de passion,  personnalité solaire et généreuse qui contribue à la force positive qui émane du  couple.

Les années passées à Neuilly, Bercy et place Beauvau et quelque cinq mois à L'Elysée, au service de la République impriment  en cette femme de convictions  les respects  de la chose politique, de l'engagement remarquable de  Nicolas Sarkozy  et l'idée qu'il y a moyen, quand on le veut,  de faire bouger les choses.  L'isolement inhérent à l'exercice du pouvoir,  les  trahisons de fausses amitiés, le spectre de la transparence  et la désinformation entretenue par une  presse malveillante seront obstacles à la sérénité d'une vie par trop privée d'intimité.

Détaillé, le chapitre consacré à la libération, fin juillet 2007 des infirmières bulgares et du médecin palestinien, incarcérés en Lybie, en dit long sur l'empathie - et le courage - de la Première dame.  Une prise de conscience vitale, qui sera à l'origine de la création, deux ans plus tard, de la Cécilia Attias Foundation,  focalisée sur l'aide à la détresse féminine. Nous y reviendrons dans l'article que consacrera l'Eventail de février à la rencontre du jeudi 5 décembre  avec Cécilia Attias.

Un  entretien chaleureux et riche qui nous permit, notamment d'évoquer l'importance vitale, constitutive de la musique dans la vie de l'arrière-petite-fille d'Isaac Albéniz.  La question "proustienne" de la musique à laquelle elle s'identifiait le plus fut dotée d'une réponse protéïforme: " Probablement un morceau de musique classique. J'aime profondément  Mozart. Je pense que la musique de Franz Liszt est une musique dans laquelle je me retrouve (...) ou Chopin peut-être. Et puis, de la musique de jazz:  je pourrais me retrouver dans une musique d'Amstrong facilement, puis dans la soul music, je pourrais vous citer Andy Crawford.. ..Je pense que la liste serait interminable puisque j'aime la musique avec un M majuscule quelle qu'elle soit  (...) J'ai besoin de ça pour vivre. "

Je vous invite à poursuivre la conversation en découvrant l'article consacré en L'Eventail de février

 

Apolline Elter

Une envie de vérité, Cécilia Attias, autobiographie, Ed. Flammarion, oct. 2013, 320 pp, 19,90 €

 

* Entretien avec Cécilia Attias, jeudi 5 décembre 2013

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03 12 13

Un destin hors norme !

Frida Une biographie de Frida Kahlo.jpgÀ l'occasion de l'exposition « Frida Kahlo/Diego Rivera. L'art en fusion » présentée jusqu'au 15 janvier 2014 au musée de l'Orangerie à Paris, les Éditions Flammarion publient Frida Une biographie de Frida Kahlo, un essai d'Hayden Herrera retraçant la vie mouvementée de cette artiste majeure et légendaire née avec le XXe siècle.

On y apprend que « l'artiste-peintre qu'on ne nommait que par son prénom était aussi chatoyante, dans ses robes traditionnelles colorées, que son langage était effronté. Mais elle était aussi sensible, abîmée et malade. Un accident de bus à 18 ans la plongea dans une souffrance physique constante. Depuis, Frida Kahlo ne cessa de vivre dans un "conflit entre une Frida morte et une Frida vivante", une dualité excessivement humaine . (...).

Jeune élève rebelle de l'École nationale préparatoire de Mexico, puis militante communiste, elle côtoya très tôt les muralistes et les artistes révolutionnaires. Elle créa un art singulier, comme un miroir de sa vie, qui suscita l'admiration de Pablo Picasso, Juan Miro ou encore Vassili Kandinsky. »

On y découvre aussi, à travers de nombreuses lettres et extraits de son journal intime, « qu'elle fut l'amie de Nelson Rockefeller, de Tina Modotti ou encore d'André Breton et qu'elle vécut ses drames amoureux avec Trotski ou Nickolas Muray sous l'ombre maritale, irremplaçable et mystique de Diego Rivera.

Soixante ans après sa disparition, l'histoire de cette femme à l'humour et à l'imagination débordants reste aussi extraordinaire, aussi bouleversante que sa légende et que son univers pictural. »

Et c'est peu de le dire...

Bernard DELCORD

Frida Une biographie de Frida Kahlo par Hayden Herrera, Paris, Éditions Flammarion, collection « Grandes biographies », octobre 2013, 634 pp. en noir et blanc et un cahier de 16 pp. quadrichromie au format 15 x 23,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

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14 11 13

Féministe avant la lettre

 

" L'incognito est la première règle. Elle doit avoir l'air d'une mendiante tibétaine jusque dans les moindres détails. Son déguisement est fabriqué avec les moyens du bord: elle teint ses cheveux bruns en noir avec des bâtons d'encre de Chine, les épaissit avec des crins de yack pour former des lourdes nattes, puis recouvre son visage et ses mains d'une épaisse couche de suie récupérée au fond d'une marmite de charbon, voire de cacao. Les Tibétains étaient d'une saleté à la limite du vraisemblable, il lui fallait afficher  à la fois un teint hâlé et une bonne couche de crasse..."

Si l'histoire retient avant tout  d'Alexandra David-Néel, qu'elle fut la première femme européenne à pénétrer, en 1924, accompagnée de son fidèle Aphur Yongden dont elle fera son fils adoptif , dans la cité tibétaine interdite de Lassa, la biographie que lui consacre Jennifer Lesieur révèle l'incroyable palette de vie de l'exploratrice, aventurière, chanteuse d'opéra, journaliste, philosophe mystique et boudhiste, franc-maçonne, écrivain, parisienne et... bruxelloise, qui mourut centenaire, en son sanctuaire  de méditation provençal, Samten Dzong,  de Digne-les-Bains.

Une personnalité forte, indépendante, érudite qui porta haut et fort la cause féministe.

Une biographie alerte, enjouée, fabuleuse.

Alexandra David-Néel,Jennifer Lesieur, biographie  Ed. Folio biographies, Inédit, oct.2013, 300 p.

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09 11 13

Un talent multiple ô combien singulier…

Ghelderode Qui suis-je.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 09/11/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Dans Ghelderode Qui suis-je ?, un petit essai très documenté et abondamment illustré, l'universitaire française Jacqueline Blancart-Cassou, qui a défendu sa thèse d'État et publié de nombreux travaux sur l'œuvre d'Adolphe Martens (1898-1962) ainsi qu'une édition critique de son Théâtre oublié, introduit à la compréhension de ses écrits aussi variés qu'étranges, en les replaçant dans leur contexte historique, sociologique, politique et culturel.

Car il n'est guère aisé pour le profane de s'y retrouver dans le foisonnement baroco-expressionnisto-flamand de langue française constitutif de chefs-d’œuvre comme Barabbas, Pantagleize, L'Histoire Comique de Keizer Karel, Escurial, Hop Signor !, L’École des Bouffons, La Balade du Grand Macabre, Sortilèges ou La Flandre est un songe, dans lesquels se mêlent tout à la fois la gouaille marollienne, les marionnettes de Toone, les visions d'Ensor, les conceptions théâtrales d'Antonin Artaud et les réflexions du Groupe du Lundi mâtinées d'anarchisme, d'expressionnisme et d'errances consécutives de l'usage de morphine.

Un cocktail détonant qui connut son heure de gloire à Paris dès 1947, au point que l'on parla même de « ghelderodite aiguë » – entre 1949 et 1953 – pour qualifier son succès dont la pérennité persiste de nos jours.

Une fameuse histoire belge !

Bernard DELCORD

Ghelderode Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2013, 126 pp. en noir et blanc  au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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09 10 13

Le retour du grand Jacques...

Brel rêver un impossible rêve.jpgIl y a 35 ans, le 9 octobre 1978, Jacques Brel s'éteignait à Bobigny avant d'être inhumé aux Marquises où il s'était retiré pour lutter – en vain – contre le cancer des poumons qui le rongeait.

Il avait 49 ans.

On le sait, notre grand Jacques a marqué son époque – et la nôtre – par des chansons qui secouèrent vigoureusement le cocotier (Les bourgeois, Les bigotes, Les Flamandes, Les biches, Ces gens-là, Les flamingants...), décrivirent le monde (Le plat pays, Amsterdam, Les Marquises) et le passé (Bruxelles, Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?) ou renouvelèrent le genre amoureux (Ne me quitte pas, La chanson des vieux amants, Orly…), mais aussi par son jeu d'acteur dans des films mémorables (Mon oncle Benjamin, Les risques du métier, La bande à Bonnot, L'emmerdeur...) et dans une comédie musicale mythique (L'homme de la Mancha).

Dans Brel rêver un impossible rêve (paru chez Hugo et Cie à Paris), un remarquable essai biographique nourri des témoignages de proches ou de collaborateurs de l'artiste et illustré de photos prises par son photographe attitré, le journaliste français Alain Wodrascka ressuscite le poète qui, avec Brassens, Ferré et Ferrat, redonna à la chanson sa vigueur et sa créativité originelles, celles des œuvres d'un Rutebeuf ou d'un François Villon.

Chapeau bas !

Bernard DELCORD

Brel rêver un impossible rêve par Alain Wodrascka, photographies de Jean-Pierre Leloir, Paris, Éditions Hugo et Cie, septembre 2013, 144 pp. en quadrichromie au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 € (prix France)

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02 10 13

Le retour du grand Jacques...

Brel rêver un impossible rêve.jpgIl y a 35 ans, le 9 octobre 1978, Jacques Brel s'éteignait à Bobigny avant d'être inhumé aux Marquises où il s'était retiré pour lutter – en vain – contre le cancer des poumons qui le rongeait.

Il avait 49 ans.

On le sait, notre grand Jacques a marqué son époque – et la nôtre – par des chansons qui secouèrent vigoureusement le cocotier (Les bourgeois, Les bigotes, Les Flamandes, Les biches, Ces gens-là, Les flamingants...), décrivirent le monde (Le plat pays, Amsterdam, Les Marquises) et le passé (Bruxelles, Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?) ou renouvelèrent le genre amoureux (Ne me quitte pas, La chanson des vieux amants, Orly…), mais aussi par son jeu d'acteur dans des films mémorables (Mon oncle Benjamin, Les risques du métier, La bande à Bonnot, L'emmerdeur...) et dans une comédie musicale mythique (L'homme de la Mancha).

Dans Brel rêver un impossible rêve (paru chez Hugo et Cie à Paris), un remarquable essai biographique nourri des témoignages de proches ou de collaborateurs de l'artiste et illustré de photos prises par son photographe attitré, le journaliste français Alain Wodrascka ressuscite le poète qui, avec Brassens, Ferré et Ferrat, redonna à la chanson sa vigueur et sa créativité originelles, celles des œuvres d'un Rutebeuf ou d'un François Villon.

Chapeau bas !

Bernard DELCORD

Brel rêver un impossible rêve par Alain Wodrascka, photographies de Jean-Pierre Leloir, Paris, Éditions Hugo et Cie, septembre 2013, 144 pp. en quadrichromie au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 € (prix France)

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30 07 13

La vie nous appelle, oui !


41Z4daUGrOL__.jpgDans ce livre superbe et tellement explicite de la démarche de Boris Cyrulnik, éclairée par sa propre vie, je vous propose quelques extraits qui vous en donneront le ton.

 

Même quand tout va bien, un indice suffit pour réveiller une trace du passé. La vie quotidienne, les rencontres, les projets enfouissent le drame dans la mémoire, mais à la moindre évocation, une herbe entre les pavés, un perron mal construit, un souvenir peut surgir. Rien ne s'efface, on croit avoir oublié, c'est tout. 

 

La vie est folle, n'est-ce pas ? C'est pour ça qu'elle est passionnante...

Les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle.

 

Voilà ce qui se passe quand on pense au passé. Le sel de nos larmes nous transforme en statue et la vie s'arrête.

 

On ne provoque pas l'attachement d'un enfant en le gavant, on l'écoeure, c'est tout. C'est en le sécurisant et en jouant avec lui qu'on tisse le lien.

 

Les souvenirs ne font pas revenir le réel, ils agencent des morceaux de vérité pour en faire une représentation dans notre théâtre intime.

 

Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.

 

On ne peut pas opposer une fiction où tout serait inventé au témoignage qui dirait la vérité. Je pense même que l'imagination est proche du souvenir.

 

Les "swingers" étaient les plus nombreux, au point que le simple fait de s'habiller en "zazou", avec des vestes longues et des chaussures bicolores devenait une manifestation de sympathie pour les Juifs, ce qui provoquait l'intervention de la police.

 

La lauréate expliquait que lorsqu'on invente un personnage de roman, dès la deuxième ligne, c'est lui qui nous entraîne. Il suffit de le suivre et de commenter ce qu'il fait.

 

Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre.

 

Mais quand on a été blessé dans son enfance, la crypte qui s'est installée dans notre âme est difficile à déverrouiller.

 

« Sauve-toi, la vie t'appelle » de Boris Cyrulnik, Odile Jacob 2012, 291 pp. 22X14,4X2,6 cm. 22 euros, Kindle 19,99 euros.

 

27 07 13

Une adolescente d'aujourd'hui...

Amy Winehouse.jpgPersonnage baltringue doté d'une voix hors normes, Amy Winehouse la bien nommée – elle picolait dur...– voit sa courte (1983-2011) vie habilement retracée dans une BD aux tons sombres qui met en exergue ses addictions diverses et sa révolte permanente mais sans objet.

Car qu'importe que cette adolescente attardée se sentait mal dans sa peau, qu'elle couchaillait avec le premier venu, qu'elle avait – paradoxe – une mentalité de midinette, qu'elle se griffait, se piquait (et pas seulement le nez...), se croyait nulle, usait d'un langage de charretier, vivait dans la crasse et avala son bulletin de naissance à 27 ans comme quelques-uns de ses semblables ?

La voix demeurera, avec ses intonations graves, son phrasé jazzy, son côté Sinatra et ses accents de sincérité musicale...

C'est bien ce qui compte !

Bernard DELCORD

Amy Winehouse par Patrick Eudeline, Christophe Goffette & Javi Fernandez, Bruxelles, Éditions Jungle, collection « Thriller », octobre 2012, 46 pp. en quadrichromie au format 24,3 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12,95 €

26 06 13

« Il n’y a pas que l’argent ! Le bonheur compte aussi. » (Somerset Maugham)

Villa Mauresque.jpgSous sa couverture un peu provocatrice, Villa Mauresque, la biographie en forme de graphic novel de l'écrivain anglais Somerset Maugham parue aux Éditions La Table Ronde à Paris sous la plume de François Rivière et agrémentée de (beaux) dessins de Jean-Louis Floc'h constitue une grande réussite tant sur le plan littéraire que technique, en particulier par l'usage habile de la multiplication des points de vue.

Écoutons les auteurs :

« Somerset Maugham, personnage extravagant, dramaturge, romancier et nouvelliste à succès (citons entre autres Un Homme d'Honneur, Le Fil du Rasoir, Servitude humaine, Mr Ashenden, agent secret, Le Sortilège malais, Catalina, L'Humeur passagère et des dizaines de "short stories"...) a vécu du milieu des années trente à la fin de sa vie sur la Riviera française dans une magnifique demeure baptisée "Villa Mauresque" [1] où défila tout ce qui comptait alors dans le monde des arts et des lettres. Ses amis se nommaient Churchill, Cocteau, H.G. Wells et Ian Fleming. C'est à l'écrivain, mauvaise langue et toujours lucide, que nous avons donné la parole, ainsi qu'à un cercle de familiers qui ne se privent pas de dire ce qu'ils pensent du "grand homme", de ses hauts-faits comme de ses servitudes : son propre frère, son neveu Robin, le chroniqueur Beverly Nichols, son rival malheureux Hugh Walpole, sa partenaire au bridge Barbara Bach et sa cuisinière, Annette. »

Si on ajoute que Maugham, qui vivait exclusivement de ses écrits, était fabuleusement riche (il employait treize personnes à la Villa Mauresque) et homosexuel sans complexes, qu'il fut espion en Russie durant la Première Guerre mondiale, qu'il était médecin et que son œuvre, inspirée par la manière d'Oscar Wilde et des naturalistes français, fait de lui le Maupassant britannique, on a réuni tous les ingrédients pour une plongée passionnante dans ce récit de vie épatant, qui se lit d'une traite et que l'on reprend ensuite pour en savourer les finesses so British.

Bravo, les artistes !

Bernard DELCORD

Villa Mauresque par Floc'h & Rivière, Paris, Éditions La Table Ronde, juin 2013, 150 pp. en noir et blanc au format 18,5 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 € (prix France)



[1] Construite à l'instigation du roi Léopold II pour... son confesseur.

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