02 06 11
David Fincher a tourné une nouvelle version de Millenium
Le film du réalisateur de Seven sortira début 2012 avec Daniel Craig dans le rôle de Michael Blomqvist. Le cinéma américain ira-t-il aussi loin dans le glauque que la version du compatriote de Stieg Larsson ? Nous verrons si le résultat est à la hauteur de cette ahurissant trailer sur bande sonore de cover de Led Zeppelin. L'attente va être longue.
Brice Depasse
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17 11 10
Juste Veber
Le livre de souvenirs d'un des cinéastes français les plus célébrés.
Le papa de François Pignon a beaucoup à raconter. Sur ses films (rien que la liste de ceux qui sont devenus cultes nous ferait l'article) qu'il a écrits et/ou réalisés, sur les acteurs qu'il a dirigés ou fait parler, sur les réalisateurs pour qui il a écrit (dans l'ombre ou la lumière).
Belle surprise, Francis Veber a autant d'humour dans la vie que sur le papier ou la pellicule.
La preuve par neuf avec ce (bel) entretien avec Nicky réalisé pour Liberty TV. Jamais à court de répliques, l'auteur du Diner de cons va vous en raconter de bien belles sur Depardieu, Audiard, Besson, Carmet, Richard, Villeret, ...
Que cela reste entre nous, Francis Veber, Robert Laffont, septembre 2010, 324P., 21€00.
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01 11 10
Le grand n'importe quoi
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22 07 10
L'homme qui voulait jouer Douglas Kennedy
Romain Duris (L’auberge espagnole, Les poupées russes) endosse le rôle principal dans l’adaptation cinématographique du best seller de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vivre, en salles le 3 novembre prochain. Devant la caméra d’Eric Lartigau (Prête-moi ta main), aux côtés de Catherine Deneuve et de Marina Foïs, il incarne le personnage de Ben Bradford, cet avocat trentenaire qui a réussi à New York professionnellement et familialement (une femme, deux enfants). Il déchante lorsqu’il se rend compte que sa femme le trompe et, un rapide retour sur lui-même plus tard, se dit qu’il n’a pas pris le chemin de vie qui lui convenait.
Au vu de l’interview de France 3 réalisée sur le tournage (cliquez ici), l’adaptation ramène personnages et action en France. En attendant le 3 novembre, l’histoire de Douglas Kennedy vous attend en format poche chez Pocket. Nous, on aime.
Nicky Depasse
L’homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy, Pocket, juin 2004, 496p., 7€30.
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17 06 10
Le bonheur, maintenant
Jean Becker est un grand adaptateur de best sellers cultissimes (L'été meurtrier, Effroyables jardins, ...). S'emparer de "La tête en friche", un des plus beaux romans de la rentrée 2008 était une évidence. Le film est beau. Il est actuellement sur les écrans.
Bonheur intense. Vous êtes en vacances et vous lisez, sur une terrasse, une plage ou dans un train. A chaque page de ce roman, vous riez. Vous riez de tout votre saoul et priez que ça ne finisse jamais. Autour de vous, les gens sourient. Posez-les yeux sur eux et comptez-les, qui vous envient de tenir un tel trésor entre les mains. Un curieux ose : Quel est ce livre si drôle ? Vous susurrez : La tête en friche.
Comme dit Germain, le narrateur (110 kg de muscles, locataire d'une caravane, se méfie des mots et de ceux qui parlent "tout en guirlande et poils de cul") : "Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... -et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."
J'ajouterais que certains livres ont le pouvoir de transfigurer la vie. Dans La tête en friche, un faux dur, inculte et paresseux se prendra d'amitié pour une vieille dame, Camus et un dictionnaire. Ses compères, sublimement croqués dans leurs conversations de comptoir, n'en reviendront pas de la métamorphose. Qu'on se le chuchote à l'oreille : ce chef-d'œuvre d'humour et d'émotion pure est signé Marie-Sabine Roger. Foncez chez votre libraire, dès le 20 août !
Valérie Nimal
La tête en friche, un film de Jean Becker d'après le roman de Marie-Sabine Roger, Editions du Rouergue, août 2008, 224 pages, 16,50 euros.
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28 03 10
Buffet froid à 22 balles
Alors que L'immortel, le film de Richard Berry est sur tous les écrans, l'occasion est trop belle de rappeler qu'il est l'adaptation de l'excellent livre de FOG, paru il y a trois ans et disponible en poche chez "J'ai Lu".
Vingt-deux balles, c’est ce que s’est pris Charly Garlaban, un des trois caïds qui se partagent Marseille et sa région. Malgré les soixante tours du soleil qu’il affiche au compteur, Charly, la gentille crapule, le méchant sympathique, le victimisé malgré lui, héros du roman, va survivre à ses huit exécuteurs. Et la police de Marseille de le surnommer «l’Immortel ».
Gare donc à ses agresseurs et à leur commanditaire ! Zigzaguant entre les manœuvres du maître d’œuvre de son éradication manquée et l’enquête de la police, l’Immortel remonte à la source du remous qui a troublé l’eau calme du vieux port.
Giesbert avoue une grande tendresse pour Marseille. De la compassion aussi pour ces Marseillais coincés entre les malfrats, les politiciens, les promoteurs immobiliers et le stade de l’O.M..
Avec plus de finesse que l’inspecteur Harry naguère avec la ville de San Francisco, l’auteur de ce roman bâti avec des pierres de la Bonne Mère et parfumé par des idiomes qui fleurent bon les calanques de Cassis, écrit à coup de rafales de mitraillette.
Une lecture très agréable qui ne vous laissera pas tranquille avant le mot de la fin, même si, comme moi, vous n’êtes pas client de la littérature de genre.
Musclé mais savoureux.
Brice Depasse
Photo : Alain Trellu
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16 01 10
On The Road again...
À propois du film de John Hillcoat, adapté de La route de Cormac McCarthy
L’adaptation d’un grand livre au cinéma m’a toujours paru la gageure par excellence, et la bande-annonce de La Route, d’après Cormack Mc Carthy, m’avait fait craindre le pire. Or, contre toute attente, le film de John Hillcoat est nettement « moins pire » que je ne le craignais, même s’il pèche par son écriture de blockbuster stéréotypé – on imagine ce que le Tarkovski de L’Enfance d’Ivan en eût fait -, sur un scénario (Joe Penhall) à la fois très proche du roman, avec des citations litaniques de bon aloi, et le tirant vers la romance édulcorée, surtout vers la fin. La force expressive du film tient principalement à l’évocation d’une terre dévastée implosant littéralement après un hiver nucléaire d’origine indéterminée, dans une nature aussi dénaturée que les animaux humains qui y errent. L’interprétation du duo principal d’un père (un Viggo Mortensen à dégaine christique) et de son jeune fils (Kodi Smit-McPhee), fuyant plein Sud après la défection désespérée de la mère (Charlize Theron), est également appréciable, même si le jeune garçon, du club des gentils, est à la fois un peu trop joli malgré ses tribulations effrayantes, et sentencieux aux franges de l’édification christo-new age. Mais la vraie faiblesse du film est ailleurs : dans lemanque de réelle réappropriation cinématographique du roman. La question de la poésie et de l’inspiration de McCarthy, qui se respirent littéralement dans le texte (original si possible) de l’écrivain, se pose alors, non résolue à mon avis. Par contraste, on pourrait citer la version de Wise Blood, roman génial de Flannery O’Connor, par John Huston, celle de L’Idiot de Dostoïevski par Akira Kurosawa, ou le Mouchette de Bernanos par Bresson, notamment.
Reste tout de même une illustration honnête de La Route, ou le développement du rôle de la mère, elliptique dans le roman, apparait moins comme une trahison que dans le souci légitime d’ « humaniser » un désespoir absolu que certains lecteurs n’auront pas compris (ou admis)dans les présupposés les plus radicaux du roman dont la visée évangélique reste bien présente, parfois jusqu’à l’image lénifiante…
Jean-Louis KUFFER
Pour en savoir plus sur le livre, cliquez sur sa couverture.
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17 12 09
Déjà classique !
L'immortel conte de Charles Dickens A christmas carol connaît ce qui pourrait être une énième version cinématographique. Tout a été fait autour de ce qui est le plus populaire des contes de Noël, même Mickey et les Muppets l'ont interprété. Et pourtant la version de Zemeckis vaut beaucoup plus que l'intérêt de la 3D (heureusement utilisée) : l'histoire de Dickens est magnifiée le réalisateur de Forrest Gump qui dirige admirablement Jim Carrey et Gary Oldman. Un vrai bijou cinématographique avec ou sans lunettes 3D.
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11 11 09
Ces gens seraient morts de toute façon ...
Les amateurs de cette littérature de genre qu'est le thriller ont été déçus par cette oeuvre d'un de ses maîtres : John Le Carré. Et pour cause, avec The constant gardiner, l'auteur de "L'espion qui venait du froid" commet une double digression qui va troubler les amateurs de suspense : il s'intéresse à un problème de société grave qu'il ne peut se permettre de préparer à une sauce "commerciale" et sur laquelle se grève une histoire d'amour ... vraie.
Résultat : une belle page de la littérature a été écrite.
Une société pharmaceutique teste au Kenya sur des êtres humains un médicament contre la tuberculose dont les effets de la molécule ne sont pas encore maîtrisés. L'épouse d'un diplomate anglais, heurtée par cette attitude criminelle, paye de sa vie l'enquête qu'elle mène sur cette affaire. Son mari, trop occupé par son jardin, n'a rien vu, rien su. La mort brutale de son épouse va remonter le fil rompu et découvrir le pot-aux-roses.
John Le Carré a en 2001 judicieusement dénoncé le comportement inadmissible de cette entreprise dont l'objet social est pourtant de soigner et de sauver des vies.
Tout comme Fernando Meirelles, le réalisateur brésilien (La cité de Dieu) qui adaptera fidèlement son roman au cinéma quatre ans plus tard, Le Carré souligne au marqueur fluo la dérive criminelle qui guette les décideurs économiques dans leur raisonnement : toutes les vies n'ont pas le même prix dans le monde "car de toute façon, ces gens malades de la tuberculose seraient morts".
Une grande conclusion fort bien écrite et admirablement mise en scène : les Africians ne sont pas des cobayes".
Nicky Depasse
The constant gardener ou La constance du jardinier, John Le Carré, Points, 2005, 518p., 8€00.
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25 10 09
Coraline au pays des parents heureux
Coraline Jones a découvert dans la grande maison où elle vient d'aménager avec ses parents un appartement identique au sien, un autre monde où tout est fait pour son bonheur : des autres parents attentifs, des voisins amusants, bref le paradis si tous ces gens n'avaient pas des boutons à la place des yeux.
Ce conte fantastique et noir de Neil Gaiman a été porté à l'écran par Henry Selick, l'homme qui réalisa L'étrange Noël de Mr Jack pour Tim Burton. Ce film qui vient de paraître en DVD est donc à conseiller vivement aux parents et aux grands enfants mais à déconseiller aux petits coeurs impressionnables.
Le livre et le film, excellents, ont remporté de nombreux prix outre Manche et Atlantique. L'histoire a même été adaptée en comédie musicale à Broadway et en bande dessinée.
Coraline est un futur classique, sans aucun doute.
Nicky Depasse
Coraline, Neil Gaiman, Albin Michel jeunesse, juin 2009, 152p., 10€00.
Coraline, un film de Henry Selick, produit par Tim Burton, DVD Universal, octobre 2009, 19€99.
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