19 11 11

Jubilatoire

je-jubilerai-jusqu-a-100ans.jpg" Je dis souvent que le temps qui passe ne pèse que sur les épaules de ceux qui ne savent pas tendre  les bras"

 

Exquise Marthe Mercadier.

 

S'il est vrai que les épreuves - un an de mutisme absolu, deux ans de paralysie, conséquence d'une chute, l'épreuve de la guerre et, à son insu,  de la Résistance- cela vous forge une personnalité, la pétillante octogénaire est la preuve qu'avec un zeste d'envie, on célèbre la vie,... à l'envi.

 

"En vie...deux mots qui, réunis, n'en font qu'un et pas n'importe lequel: envie."

 

.Joie de vivre, exubérance parfois éreintante ...sont  les leitmotive d'un parcours résolument placé sous le signe de la baraka.

 

Un parcours que la célèbre actrice trace à l'attention de ses lecteurs, revisitant quelques événements majeurs du XXe siècle et l'engagement social et politique qui est le sien.

 

Un parcours placé sous le signe de l'amitié qui fait revivre les grands noms des planches et du petit écran, Francis Blanche, Micheline Presle, Jean le Poulain, Michel Serrault, Michèle Morgan, André Bourvil, Fernandel... et autres célébrités tels  Edith Piaf, Jacqueline Auriol, Blaise Cendrars, ....

 

Un parcours dévoué à la générosité, à sa famille aimée, ses animaux chéris, et une jouvence dont cette nouvelle Denise Grey,  nous révèle quelques secrets truffés d'humour:

 

"Il y a encore quelques mois, lorsqu'un moins de vingt ans me reconnaissait dans la rue, cela relevait du miracle...ou de mauvais traitement à enfant de parents fanatiques! Puis, j'ai participé à l'émission de télévision "Danse avec les stars." Depuis, je ne peux plus passer devant un lycée, un collège ou même une école maternelle sans qu'on m'y délivre un sourire ou quelques mots que, faute d'une parfaite  audition, j'imagine gentils".

 

L'adepte des bains de siège glacés et des joggings dans le bois de Boulogne pourrait de la sorte réaliser un voeu qui devient également cher à nos yeux:

"J'aimerais assez atteindre mes quatre-vingt-dix-sept ans. On serait alors en 2025 et je pourrais fêter le cinq centième anniversaire du statut d'actrice."

 

Une vraie, belle et radieuse leçon de vie.

 

Apolline Elter

 

Je jubilerai jusqu'à cent ans. Souvenirs et bons conseils, Marthe Mercadier, avec la collaboration d'Alain Morel, biographie, Flammarion, octobre 2011, 239 pp, 19 €

Billet de saveur

 

AE: Après cette vibrante et délicieuse plongée dans un parcours pour le moins tonique, nous serions curieux de connaître, chère Marthe Mercadier, votre madeleine de Proust:

 

Marthe Mercadier:  Ma madeleine, ce sont trois personnes qui ont eu une importance toute particulière au cours de mon enfance et durant ma jeunesse (souvenirs renforcés par mes promenades dans Paris) : Napoléon III, Hausmann et Offenbach.

 

Mes grands-parents m’ont transmis tout ce que Napoléon III et Haussmann ont fait pour la France. Il y a eu beaucoup de joie, d’enthousiasme dans tous les travaux qu’ils ont réalisés pour la France, pour Paris : on en parle peu je trouve, ce qui est bien dommage car cela est vraiment important.

 

On a dit beaucoup de bien de leurs aménagements dans les villes françaises, on a dit que la France était belle (et elle l’est toujours). Napoléon III et Haussmann ont participé au renouveau de la France, ils ont triplé les réseaux de chemins de fer de notre pays.

 

Offenbach a, quant à lui, bercé mon enfance : c’était un grand musicien, dès que j’entends une de ses œuvres, je replonge dans mes souvenirs . »

Écrit par Apolline Elter dans Biographies, Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 10 11

Quand Bruxelles sort en boîte (à images)…

 

Bruxelles fait son cinéma.pngDans Bruxelles fait son cinéma, un petit essai éclairant fort brillamment rédigé (par le cinéphile Georges Lebouc) et très habilement illustré (par le photographe Laurent Poma ) qui vient de paraître chez 180° éditions à Saint-Gilles, le lecteur apprend tout, à travers la présentation d’une sélection de 60 films, sur les liens entretenus par le cinéma avec la capitale belge de l’Europe, et ils sont nombreux !

 

Bien entendu, la plupart des cinéastes de chez nous ont choisi la ville de Tintin pour cadre de l’un ou l’autre de leurs films. Cela va du précurseur Alfred Machin (Saïda a enlevé Manneken-Pis, 1913), bien oublié aujourd’hui, à Jaco van Dormael (Mr Nobody, 2009), sans oublier Gaston Schoukens (Bossemans et Coppenolle, 1938, Un « Soir » de joie, 1954), André Delvaux (Belle, 1972), Jacques Brel (Le Far West, 1973), Benoît Lamy (Home sweet Home, 1973), André Ernotte (Rue Haute, 1976), Gérard Corbiau (Le Maître de Musique, 1988), Stijn Coninx (Koko Flanel, 1990, Daens, 1993), Rémy Belvaux (C’est arrivé près de chez vous, 1993), Jan Bucquoy (La Vie sexuelle des Belges, 1994), Alain Berliner (J’aurais voulu être un danseur, 2005)…

 

Mais nombre de réalisateurs français ont aussi tourné dans la cité des Kiekefretters : Philippe Fourastié (La Bande à Bonnot, 1968), Claude Chabrol (La Rupture, 1970, Le Sang des autres, 1984), Alain Resnais (Providence, 1976), Bertrand Blier (Préparez vos mouchoirs, 1977), Claude Miller (Mortelle randonnée, 1982), Patrice Leconte (Monsieur Hire, 1988), Jacques Rouffio (L’Orchestre rouge, 1989), Éric-Emmanuel Schmitt (Odette Toulemonde, 2006), François Ozon (Angel, 2007), Laurent Tirard (Le petit Nicolas, 2008), Yann Moix (Cineman, 2010) et Dany Boon (Rien à déclarer, 2010), par exemple.

 

Sans oublier l’un(e) ou l’autre cinéaste venu(e) notamment des États-Unis (Fred Zinnemann, Au risque de se perdre, 1959, avec l’actrice Audrey Hepburn née à Ixelles en 1929), de Pologne (Jerzy Skolimowski (Le Départ, 1967) ou des Pays-Bas (Dorothée van den Berghe (Meisje, 2002), de même que diverses scènes et épisodes de Meurtres à domicile, Louis la Brocante, Les Anges gardiens, Les Barons et de bien d'autres longs métrages.

 

Qui ont fait leur chouchou de Bruxelles, en quelque sorte…

 

Bernard DELCORD

 

Bruxelles fait son cinéma par Georges Lebouc, photographies de Laurent Poma, introduction par Henri Sonet, Bruxelles, 180° éditions, collection "Bruxelles ma belle", septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 21 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 €

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27 06 11

« Il n'y a aucun mérite à être quoi que ce soit. » (Marcel Mariën)

 

L’Imitation du Cinéma.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 27/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Le 15 mars 1960, parodiant à sa manière le livre de dévotion chrétienne L’Imitation de Jésus-Christ du moine allemand Thomas a Kempis (1380-1471), l’écrivain surréaliste belge Marcel Mariën (1920-1993), qui était aussi poète, essayiste, éditeur, photographe, cinéaste, créateur de collages et d'objets insolites tout autant que révolutionnaire d’obédiences diverses, fit projeter un film dont il était l’auteur et dont Tom Gutt [1] (1941-2002) était l’acteur principal, L’Imitation du Cinéma, une farce érotico-freudienne anticléricale qui fit un beau scandale durant quelques jours avant d’être interdite une bonne fois pour toutes.

 

Or ne voilà-t-il pas qu’un petit éditeur belge, La Maison d’à côté, vient de ressortir en DVD cette histoire d’un jeune homme du XXsiècle qui, pour trop avoir lu l’œuvre mystique du sous-prieur de l’abbaye de Zwolle, choisit de se faire crucifier… par imitation.

 

Il n’y a pas loin, on s’en doute, du comique à la provocation et au blasphème mais, si l’on ne peut que louer la qualité du travail technique réalisé pour mettre ce film surréaliste (le seul, en somme, avec Le chien andalou et L’âge d’or de Buñuel) à la portée du public contemporain, force est de constater qu’il a beaucoup perdu de son impact et que l’on se surprend trop souvent à bayer aux corneilles devant ses recherches d’effet devenues quelque peu surannées…

 

Sic transit gloria rerum novarum !

 

PÉTRONE

 

L’Imitation du Cinéma de Marcel Mariën, Histoire d’un film ignoble (comprenant le film de 52’ sur DVD, quelques bonus, une interview de l’auteur et un livret de 87 pp. analysant l’histoire du film, augmenté de textes de Marcel Mariën), Bruxelles, La Maison d’à côté, septembre 2010, un coffret cartonné en noir et blanc au format 15 x 15 cm, 27,60 €



[1] Le petit-fils du célèbre ministre des Finances Camille Gutt (1884-1971) qui exerça ses fonctions de 1940 à 1945 avant de devenir… le premier directeur général du Fonds monétaire international de 1946 à 1951.

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17 06 11

Le cinéma de Guillaume Musso


Le cinéma de Guillaume Musso par nickydepasse

02 06 11

David Fincher a tourné une nouvelle version de Millenium

Le film du réalisateur de Seven sortira début 2012 avec Daniel Craig dans le rôle de Michael Blomqvist. Le cinéma américain ira-t-il aussi loin dans le glauque que la version du compatriote de Stieg Larsson ? Nous verrons si le résultat est à la hauteur de cette ahurissant trailer sur bande sonore de cover de Led Zeppelin. L'attente va être longue.

Brice Depasse

 

17 11 10

Juste Veber

9782221114445-1.jpgLe livre de souvenirs d'un des cinéastes français les plus célébrés.

Le papa de François Pignon a beaucoup à raconter. Sur ses films (rien que la liste de ceux qui sont devenus cultes nous ferait l'article) qu'il a écrits et/ou réalisés, sur les acteurs qu'il a dirigés ou fait parler, sur les réalisateurs pour qui il a écrit (dans l'ombre ou la lumière).

Belle surprise, Francis Veber a autant d'humour dans la vie que sur le papier ou la pellicule.

La preuve par neuf avec ce (bel) entretien avec Nicky réalisé pour Liberty TV. Jamais à court de répliques, l'auteur du Diner de cons va vous en raconter de bien belles sur Depardieu, Audiard, Besson, Carmet, Richard, Villeret, ...

 

Que cela reste entre nous, Francis Veber, Robert Laffont, septembre 2010, 324P., 21€00.




 

01 11 10

Le grand n'importe quoi

22 07 10

L'homme qui voulait jouer Douglas Kennedy

9782266087988FS.gifRomain Duris (L’auberge espagnole, Les poupées russes) endosse le rôle principal dans l’adaptation cinématographique du best seller de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vivre, en salles le 3 novembre prochain. Devant la caméra d’Eric Lartigau (Prête-moi ta main), aux côtés de Catherine Deneuve et de Marina Foïs, il incarne le personnage de Ben Bradford, cet avocat trentenaire qui a réussi à New York professionnellement et familialement (une femme, deux enfants). Il déchante lorsqu’il se rend compte que sa femme le trompe et, un rapide retour sur lui-même plus tard, se dit qu’il n’a pas pris le chemin de vie qui lui convenait.

Au vu de l’interview de France 3 réalisée sur le tournage (cliquez ici), l’adaptation ramène personnages et action en France. En attendant le 3 novembre, l’histoire de Douglas Kennedy vous attend en format poche chez Pocket. Nous, on aime.

Nicky Depasse

 

L’homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy, Pocket, juin 2004, 496p., 7€30.

 

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17 06 10

Le bonheur, maintenant

roger3 Jean Becker est un grand adaptateur de best sellers cultissimes (L'été meurtrier, Effroyables jardins, ...). S'emparer de "La tête en friche", un des plus beaux romans de la rentrée 2008 était une évidence. Le film est beau. Il est actuellement sur les écrans.
Bonheur intense. Vous êtes en vacances et vous lisez, sur une terrasse, une plage ou dans un train. A chaque page de ce roman, vous riez. Vous riez de tout votre saoul et priez que ça ne finisse jamais. Autour de vous, les gens sourient. Posez-les yeux sur eux et comptez-les, qui vous envient de tenir un tel trésor entre les mains. Un curieux ose : Quel est ce livre si drôle ? Vous susurrez : La tête en friche.
Comme dit Germain, le narrateur (110 kg de muscles, locataire d'une caravane, se méfie des mots et de ceux qui parlent "tout en guirlande et poils de cul") : "Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... -et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."
J'ajouterais que certains livres ont le pouvoir de transfigurer la vie. Dans La tête en friche, un faux dur, inculte et paresseux se prendra d'amitié pour une vieille dame, Camus et un dictionnaire. Ses compères, sublimement croqués dans leurs conversations de comptoir, n'en reviendront pas de la métamorphose. Qu'on se le chuchote à l'oreille : ce chef-d'œuvre d'humour et d'émotion pure est signé Marie-Sabine Roger. Foncez chez votre libraire, dès le 20 août !
Valérie Nimal

La tête en friche, un film de Jean Becker d'après le roman de Marie-Sabine Roger, Editions du Rouergue, août 2008, 224 pages, 16,50 euros.

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28 03 10

Buffet froid à 22 balles

IMMORTELAlors que L'immortel, le film de Richard Berry est sur tous les écrans, l'occasion est trop belle de rappeler qu'il est l'adaptation de l'excellent livre de FOG, paru il y a trois ans et disponible en poche chez "J'ai Lu".
Vingt-deux balles, c’est ce que s’est pris Charly Garlaban, un des trois caïds qui se partagent Marseille et sa région. Malgré les soixante tours du soleil qu’il affiche au compteur, Charly, la gentille crapule, le méchant sympathique, le victimisé malgré lui, héros du roman, va survivre à ses huit exécuteurs. Et la police de Marseille de le surnommer «l’Immortel ».
Gare donc à ses agresseurs et à leur commanditaire ! Zigzaguant entre les manœuvres du maître d’œuvre de son éradication manquée et l’enquête de la police, l’Immortel remonte à la source du remous qui a troublé l’eau calme du vieux port.
Giesbert avoue une grande tendresse pour Marseille. De la compassion aussi pour ces Marseillais coincés entre les malfrats, les politiciens, les promoteurs immobiliers et le stade de l’O.M..
Avec plus de finesse que l’inspecteur Harry naguère avec la ville de San Francisco, l’auteur de ce roman bâti avec des pierres de la Bonne Mère et parfumé par des idiomes qui fleurent bon les calanques de Cassis, écrit à coup de rafales de mitraillette.
Une lecture très agréable qui ne vous laissera pas tranquille avant le mot de la fin, même si, comme moi, vous n’êtes pas client de la littérature de genre.
Musclé mais savoureux.
Brice Depasse




  FRANZ-OLIVIER GIESBERT - Brice Depasse 4

GIESBERT2Photo : Alain Trellu

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