23 03 08

Du rapport entre le cinéma et la littérature anglophone

ECLATS DU NOIRLes Publications de l’Université de Provence et, plus particulièrement, leur collection « Regards sur le Fantastique », viennent de faire paraître un second volume d’essais, après Fenêtres sur l’obscur, toujours sous la direction de Max Duperray.
La thématique abordée par les quelques quinze auteurs relève des rapports entre littérature et cinéma anglophone. La première partie de l’ouvrage est plus axée sur la littérature avec, tout d’abord, un article dense et passionnant de Gaëtane Plottier-Poisson sur le roman gothique, et sa figure centrale du ‘scélérat’. Suivent l’analyse de The Lady of the Shroud, roman peu fréquenté de Bram Stoker, puis sur les histoires de Sherlock Holmes (C.Doyle) et de Father Brown (G.K.Chesterton).
C’est ici qu’apparaît le concept d’hybridité générique figurant au sous-titre, et qui signifie tout simplement ‘mélange des genres‘. Mais déjà pointent les textes relatifs au cinéma, qui dorénavant prendront le dessus (Polanski, Wise). Il serait vain de tout citer, et je n’épinglerai que quelques analyses pertinentes, tout en signalant d’emblée que le lecteur se doit d’avoir un solide bagage cinématographique, supposé acquis par chaque contributeur.
Hitchcock et White Chapel (Frenzy), David Lynch ou le fantastique dans le film noir (Lost Highway), David Cronenberg ou le retour du malsain (The Fly, Crash) et le corps refoulé (Spider). On poursuit par une découverte : le film de détection ‘rétro-romain’ de Lindsay Davis ou les aventures d’un privé à l’époque de l’empereur romain Vespasien (Isabelle Roblin). Zoom, par après, sur Memento, Chinatown, Hidden Agenda ou Gosford Park. Ne sont ignorés ni le film d’horreur ni le ‘wrong turn movie’ (Psycho, Freddy, Texas Chains Massacre).
Judicieux texte de Daniel Tron à propos de l’influence de Lewis Caroll sur des films comme Matrix, Trainspotting ou Being John Malkovich, dans lequel l’auteur n’hésite pas à appeler l’astronome Stephen Hawkins à la rescousse.
En conclusion, une série de textes brillants, parfois un rien abscons par l’emploi d’un langage très ‘universitaire’ mais qui, dans la droite ligne de la collection, enrichira certainement les amateurs de cette « hybridation » entre cinéma et littérature. En bonus : une interview, en anglais, de David Cronenberg.
Bruno Peeters

Eclats du Noir, Généricité et hybridation dans la littérature et le cinéma du monde anglophone, Textes rassemblés par Max Duperray, Gilles Menegaldo et Dominique Sipière, Publications de l’Université de Provence, coll. « Regards sur le Fantastique », novembre 2007, couverture : dessin de Max Duperray, 354p, 27 euros.

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23 02 08

Millenium au cinéma

MILLENIUM1La trilogie de Stieg Larsson va être portée à l'écran. Le tournage du premier film, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, une production suédoise, a commencé le 26 février.
C'est le réalisateur danois Niels Arden Oplev adapte le premier volet de cette trilogie avec un casting exclusivement scandinave. La première de Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est attendue pour le 30 janvier 2009 dans sa version originale.
Gageons que nous ne devrons pas attendre très longtemps avant de pouvoir assister à la projection d'une version française vu que les ventes de Millenium ont déjà dépassé les 700.000 exemplaires pour les trois tomes.
Actes Sud prévoit d'ailleurs franchir le cap du million d'exemplaires d'ici le mois d'avril.
Lisez et écoutez notre chronique de cette trilogie en cliquant sur la couverture.

«Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes », de Stieg Larsson, Actes Sud, Collection Actes Noirs, 574p, juin 2006, 22€80

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04 02 08

Les cerfs-volants de Kaboul

HOSSEINISuite à l'incroyable succès mondial de ce roman, l'adaptation cinématographique vient d'Amérique. Le film réalisé par Marc Foster (Finding Neverland) sera sur nos écrans le 13 février.
Vincent Engel nous avait parlé du livre de Khaled Hosseini à sa sortie, chez Belfond. Il est aussi disponible en poche chez 10:18.
On croirait de prime abord que Les cerfs-volants de Kaboul s’inscrit dans la série de ces romans qui, à l’instar de ceux de Yasmina Khadra, traitent de ce problème majeur de notre temps : le terrorisme et le conflit qui oppose l’Occident à un certain Islam. Mais le roman de Khaled Hosseini, Afghan vivant aux U.S.A., dépasse cette thématique conjoncturelle pour toucher à une question universelle : qui est notre père ?
A travers le destin de deux hommes : Amir, le fils d’un riche Afghan du temps paisible et glorieux d’avant l’invasion russe, et Hassan, son domestique chiite. Hassan lui est dévoué jusqu’à la mort, acceptant tout de son maître et ami, même l’humiliation. Amir aime Hassan mais pas assez pour le protéger, le défendre. Alors qu’Hassan se serait fait tuer pour lui.Peut-être parce qu’Amir souffre de l’affection que son père porte, malgré la différence de classes, à cet Hassan un peu idiot, au bec de lièvre disgracieux.Toutes ces questions sont enfouies après le déferlement de la guerre, l’effondrement d’un monde. Réfugiés en Californie, Amir et son père connaissent la vie pauvre des réfugiés. Et puis, le destin rappellera Amir en Afghanistan, pour lui proposer une chance de se racheter...
Bien sûr, il y a dans ce livre des “ingrédients” qui font penser à un film américain bien fait : trop de coïncidences, trop de fils parfaitement liés entre eux. Mais l’émotion est là, vive, bouleversante, et l’on ne peut lâcher ce livre qui renvoie au lecteur l’image de ses faiblesses, humaines, trop humaines. Et puis, on se prend à rêver de ce pays magnifique, on salive à la description des plats. Et l’on songe avec tristesse que ce monde-là n’existe plus, désormais, que dans les livres.
Vincent Engel

«Les cerfs-volants de Kaboul», de Khaled Hosseini, Belfond, 2004, 20€, 383p, Editions 10 : 18, 2006, 8€50, 405p

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23 01 08

Pas de pays pour les vieux hommes

McCARTHY2Nous vous l'avions annoncé lors du dernier Festival de Cannes ; les frères Coen ont adapté un des derniers romans de Cormac McCarthy, "Non ce n'est pas pour le vieil homme" (paru chez L'Olivier). "No country for the old men" dont le deuxième tome sur le même sujet a obtenu le prix Pullitzer : "La route" (Cliquez sur la couverture pour la chronique du Dr Corthouts à son sujet).
McCarthy avec sa plume acérée qui fait passer celle de Russel Banks pour du tendre duvet, possède l'univers idéal à la verve de Joël et Ethan Coen : la violence déboulant dans la vie de paumés pathétiques au fin fond des Etats-Unis. L'association des trois est dérangeante et explosive.
Ames sensibles, vous savez ce qu'il vous reste à faire : ne pas aller voir ce film qui sort en salles aujourd'hui.
Brice Depasse



« Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme » de Cormac McCarthy, L’Olivier, janvier 2007, 292p, 21€00

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08 12 07

Une vie suffit-elle ?

1001 filmsVous pensez tout connaître sur le cinéma, les acteurs, les réalisateurs, les films... et bien détrompez-vous. Ce livre vous en apprendra encore et encore.
Rédigé par une soixantaine de critiques du monde entier, 1001 films vous plonge au cœur d’un siècle de cinéma mondial qui commence avec Voyage dans la lune en 1903 pour se terminer avec Volver en 2006.
La présentation par classement chronologique vous permettra de suivre l’évolution du cinéma de ses balbutiements jusqu’à nos jours. Tous les genres y sont représentés : western, comédies musicales, documentaires, animation, thrillers, mais aussi la SF et le fantastique, bien entendu.
Evidemment on vous parlera des chefs-d’œuvre incontournables, mais aussi de films moins connus aux qualités indéniables. Le grand mérite de 1001 films est justement de rendre compte de cet éclectisme planétaire.
Chaque film est présenté sous son titre de distribution en France suivi du titre original mais aussi des autres titres usuels, le pays d’origine de la production, la durée en minutes, les principaux collaborateurs (producteurs, réalisateurs, scénaristes, directeurs photo, compositeurs, acteurs, etc.). Sont également mentionnées les grandes récompenses internationales.
Une vraie somme qui contient également près de 1000 photos, des commentaires qui allient érudition et perspicacité, une liste chronologique des films, une liste alphabétique des réalisateurs et l’index général des titres en version originale et en version française.
Que demandez de plus, vraiment ?
Un must incontournable.
Marc Bailly

«1001 films à voir avant de mourir », de Steven Jay Schneider, Omnibus, 960p, 31€50

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BLADE RUNNERJ'ouvre juste une parenthèse pour vous signaler que le véritable Director's cut de Blade Runner, ce chef d'oeuvre du cinéma intelligent, sort enfin cette semaine après 25 ans de malentendus entre la Warner et Ridley Scott.
Brice Depasse

« Blade Runner : Final cut », de Ridley Scott, Warner, 2007, 112 min, 24€98

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08 12 07

Une boussole dorée pour la Noël

BOUSSOLE AFFICHEJe vous en parlais il y a quelques semaines avec une bande annonce à la clé, « La Boussole Dorée », alias « Les Royaumes du Nord » le premier tome de la trilogie de Philip Pullman, est sur tous les écrans depuis ce mercredi. Véritable hit incontournable de la littérature anglo-saxonne moderne, cette merveilleuse quête initiatique est peut-être un peu moins connue chez nous que le petit sorcier à lunettes ou les aventures de Gandalf et sa clique, mais développe tout de même un univers cohérent, épique et franchement critique à l’encontre du pouvoir. C’est d’ailleurs sur ce dernier point, sans surprise, que les premières critiques du film achoppent. La technologie d’aujourd’hui permet de rendre crédible un Londres « décalé » où croisent des zeppelins et où des ours polaires portent une armure… Mais les scénaristes se sont bien gardés de transposer à l’écran la charge sévère de Pullman contre l’establishment religieux. Evidemment, ce premier film vise surtout à ravir sa couronne au Seigneurs des Anneaux dans le cœur des amateurs de fantasy et tout le monde sait que ce n’est guère en soulevant la controverse sur les allumés de la soutane qu’un producteur peut espérer remporter le pactole aux Etats-Unis. Mais, fi de cynisme en cette période festive, l’univers de Pullman semble avoir été restitué avec une minutie et un goût certain… Et l’on espère surtout que les spectateurs se précipiteront, dès leur sortie des salles, vers les trois volumes des aventures de la pétillante Lyra !
Dr Corthouts

Cliquez sur l'affiche ou sur la photo pour regarder la bande annonce et lire notre chronique sur la trilogie.

«A la croisée des mondes : L'intégrale », de Philip Pullman , Gallimard Jeunesse, 1024p, 25€

Acheter «A la croisée des mondes : L'intégrale»

BOUSSOLE PHOTO

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11 11 07

Invitation au cinéma et à la lecture

lheurezeroNostalgie et Lire est un plaisir vous offrent non seulement quatre places pour aller voir "L'heure zéro" de Pascal Thomas avec François Morel, Danielle Darrieux, Laura Smet et Chiara Mastroianni mais aussi le roman d'Agatha Christie dont il est adapté. Le film a réalisé le plus grand nombre d'entrées sur Paris le jour de sa sortie en salles mercredi dernier. Pour gagner ce livre et les quatre entrées, cliquez ici. Vous avez jusqu'au mardi 12 novembre à minuit pour participer au tirage au sort (concours réservé aux internautes belges). Les cinq gagnants seront avertis par retour de mail.
Quelle drôle d'idée a eue Guillaume Neuville de rassembler pour des vacances de fin d'été à la Pointe aux Mouettes, chez sa tante la riche Camilla Tressilian, son ex-épouse Aude et la nouvelle tenante du titre, l'explosive Caroline, sous prétexte d'en faire des amies...
C'est de l'inconscience pour ne pas dire plus car il n'a quand même pas la naïveté de croire qu'elles vont tomber dans les bras l'une de l'autre.
Si ces deux femmes que tout oppose ne se sont pas encore écharpées, c'est qu'elles se retiennent. Pour l'instant. Les vertus calmantes de l'air marin et de la côte Bretonne, sans doute.... Mais les choses n'en resteront pas là.Deux Madame Neuville sous le même toit, c'est une de trop. D'autant que l'Heure Zéro arrive : celle où tout converge pour que le crime parfait soit exécuté dans ses moindres détails...
Réticente à l'idée de recevoir sous son toit les deux épouses Neuville, Mme Tressilian finit par s'y résoudre. Elle sait qu'on ne peut rien contre l'évolution des moeurs.
Cette étrange réunion de famille tourne à la tragédie, lorsque l'on trouve un beau matin Mme Tressilian assassinée dans son lit, le crâne fracassé...


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11 11 07

Darling sur les écrans

teule darlingL'adaptation cinématographique du fameux roman de Jean Teulé est actuellement projetée dans les salles. Réalisé par Christine Carrière avec Marina Foïs et Guillaume Canet dans les rôles principaux, le film est une belle adaptation d'un livre à déconseiller aux personnes trop sensibles. Un tour de force quand on sait que l'immense talent de Jean Teulé est de conter des histoires sordides avec une légèreté héroïque, faisant passer le lecteur du sourire à l'épouvante. L'auteur nous avait parlé de Darling il y a quelques mois :

Darling Film
«Darling», de Jean Teulé, Pocket, 5€51

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JEAN TEULE - Brice Depasse 2



Darling
envoyé par caro8049

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02 11 07

Stardust : Le Mystère de l'étoile

STARDUSRNeil Gaiman est un écrivain à part. Il s’est d’abord fait connaître dans le monde des Comics avec la série Sandman. Auteur prolifique et polyvalent, il publie régulièrement depuis 1990 des romans au ton original. Stardust, sorti en 1999, vient de se voir décliner en version cinématographique avec des acteurs comme Robert De Niro et Michelle Pfeifer, rien que ça. L’un de ses romans, American Gods, obtient le Prix Bob Morane en 2003.
Le pitch en quelques mots. En Grande-Bretagne, à côté du petit village de Wall, un grand mur percé d’une porte donne accès au Pays des Fées. Cette porte ne s’ouvre que tous les neuf ans. Tristan est amoureux de Victoria, et pour lui prouver son amour, il lui promet de lui rapporter l’étoile filante tombée de l’autre côté du mur. Mais ladite étoile filante se révèle être une belle jeune fille qui se prénomme Yvaine.
Commencent alors pour les deux jeunes gens de folles aventures où ils devront déjouer les pièges tendus par de machiavéliques princes, échapper à un trio de sorcières malveillantes et côtoyer une bande de pirates dirigée par le capitaine Shakespeare.
Stardust est un conte de fées qui contient tous les archétypes du genre : une quête, des méchants pas beaux, un amoureux qui veut conquérir la femme qu’il aime, mais avec la « patte » unique d’un Neil Gaiman en pleine possession de ses moyens. Le film comporte un lot d’effets spéciaux qui raviront les amateurs du genre. De l’humour, de l’aventure, des acteurs qui s’en donnent à cœur joie satisferont un public à la recherche d’évasion.
Marc Bailly

«Stardust : Le Mystère de l'étoile», Neil Gaiman, Au Diable Vauvert, 299p, 18€50

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18 10 07

Guerre et paix sur votre écran

Tolstoi2Après « Rome », l’Europe lance une nouvelle série (plutôt ici une télésuite) au budget cyclopéen et au résultat hollywoodien : « Guerre et paix » d’après le classique de Léon Tolstoï. Première diffusion sur France 2 le 6 novembre à 20 heures 50 et à partir du vendredi 19 octobre sur La Une (chaîne belge) à 20h45.
Coproduite par les télévisions de états européens, cette nouvelle adaptation est réellement somptueuse.
Le format de quatre épisodes de 90 minutes a permis de transposer à l’écran plus de deux tiers du roman fleuve de Tolstoï. Servi par une belle distribution, Clémence Poésy, Malcom Mc Dowell, le film a bénéficié d’un budget de 28 millions d’euros, nécessité 16 000 figurants et 105 lieux de tournages (en Russie, en Lituanie, …).
Vous pouvez regarder, en exclusivité, ci-dessous les cinq premières minutes du premier épisode.

TOLSTOI 1

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