14 01 07

Le retour d'Hannibal Lecter

Hannibal lecterLors de la sortie d’Hannibal, le troisième roman de Thomas Harris à mettre en scène le Dr Lecter dans ses exactions, j’avoue avoir eu toutes les difficultés du monde à m’attacher à cette lourde histoire de vengeance fomentée par un milliardaire reclus. Harris quittait alors les rivages du thriller de serial killer pour entrer de plein pied dans une sorte de compte rendu morbide et faussement provocateur de la vie d’un assassin. Un assassin qui, paradoxalement, n’a jamais été aussi intense et fascinant que lorsqu’il se trouvait derrière les barreaux ! C’est également dans Hannibal que Harris effleurait, déjà, le concept des origines du Mal et tentait une explication du comportement de son monstre moderne.
Aujourd’hui, pour un retour coordonné sur les grands écrans et dans quasi toutes les librairies du monde, le passé d’Hannibal devient le centre névralgique de tout un roman … profondément ennuyeux !
Attention, je ne fais pas partie de cette catégorie de lecteur qui exige d’un écrivain qu' il creuse, encore et toujours le même sillon et loin de moi l’idée de critiquer le choix de Thomas Harris se s’éloigner plus encore ici de l’enquête policière ou du suspense horrifique. Il faut d’ailleurs admettre que lorsque vous avez « Le Silence des Agneaux » sur votre C.V. vouloir faire encore plus fort s’avère sans doute relever du domaine de l’impossible exploit.
Mais tout de même… De là à tricoter un opus qui ressemble à une adaptation vite faite de scénario (c’est le cas, Harris à bouclé le script avant de s’atteler au roman) , où les personnages ressemblent pour la plupart à des archétypes (le soldat pervers, le traître, l’oncle bienveillant, les vilains copains d’orphelinat, la tante mystérieuse et sensuelle, …), où la pseudo intrigue démarre enfin après 200 pages d’exposition et où les métaphores faciles se disputent les soudains changements de ton (pas toujours compréhensibles), il y a de la marge.
D’autant que l’on parle ici d’Hannibal Lecter. Une figure devenue quasi mythique par le biais du Silence des Agneaux. Un tueur en série entouré de mystère dont la force résidait dans l’apparente « pureté » de son caractère déviant. Hannibal était le Mal incarné et tout le monde se fichait de savoir pourquoi. Mieux, sans explication, la « bête humaine » n’en devenait que plus effrayante. Avec Hannibal, puis avec ces Origines du Mal, Thomas Harris essaie de nous « vendre » son personnage avec une complexité, un fond, une série de justifications à rebours qui déçoivent plus qu’elles intéressent. Parce qu’évidemment, ce qui est montré n’est jamais aussi puissant que ce qui reste du domaine de l’imaginaire. Ce qui s’explique ne fait plus peur. Pire, lorsque l’explication devient laborieuse, comme dans ce nouveau volume, l’intérêt s’étiole… Allez m’sieur Harris, laissez tomber tous ces juteux contrats d’adaptation cinématographique et réinventez nous un thriller qui fout la frousse ! On n'attend que ça !
Dr Corthouts

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 01 07

Hannibal rise : la bande-annonce

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 01 07

Le prestige

PRIESTAu tournant du siècle dernier, deux prestidigitateurs accèdent à la célébrité en suivant chacun leur propre voie. L’autobiographie du premier, Alfred Borden, débute le roman. On y apprend comment il acquit sa technique éblouissante grâce à un travail acharné soutenu par un profond amour pour la belle prestidigitation. Le second, Rupert Angier, bâtit sa réputation sur des séances de spiritisme montées de toutes pièces, avec un art tout aussi consommé. Lors d’une de ces séances, Borden démasque Angier, entamant ainsi une querelle qui les opposera tout le reste de leur vie.
Leur duel prend, dans un premier temps, la forme d’une recherche continuelle de tours de prestidigitation de plus en plus spectaculaires, mais, rapidement, Borden devient l’objet des attaques constantes d’Angier. Celui-ci en vient à saboter son show, à faire courir des bruits sur lui...
La lecture du journal intime d’Angier permet de mieux comprendre cet acharnement en donnant aux événements un tout autre éclairage. Ce journal intime constitue la deuxième partie du roman. Le lecteur, qui avait pris fait et cause pour Borden, y découvre que sa version des faits était largement tronquée. Borden lui-même ignore que son intervention lors de la séance de spiritisme a causé la mort avant terme du premier enfant d’Anger. Et par la suite, son comportement n’a cessé de mettre en danger la vie d’Angier. Ce dernier met au point un appareillage électrique qui lui permet de se télétransporter d’un endroit à l’autre de la scène. L’électricité en est encore à ses balbutiements en ce début du vingtième siècle et l’appareillage est extrêmement sensible et dangereux. Borden commet l’irréparable.
Ces deux documents nous sont donnés à lire par l’intermédiaire de Kate et d’Andrew, les petits-enfants respectivement d’Angier et de Borden. Le duel qui opposa leurs ancêtres déteint encore aujourd’hui sur leur vie. Un jumeau d’Alfred, partiellement dématérialisé par un passage imprévu dans la machine d’Angier, survit quelque part. La crypte de famille de Kate renferme, elle, de bien étranges résidus des expériences d’Angier. Il leur appartient maintenant de mettre le point final à ces querelles funestes et peut-être d’éliminer à jamais les stupéfiantes séquelles qu’elles ont laissées.
Le roman est à quatre voix successives. Chaque acteur nous en donne un éclairage nouveau avant de laisser progresser l’action. La technique de Priest est phénoménale. Chaque version réveille les images suscitées par les précédentes et les éclaire d’un jour nouveau, souvent cruel.
La psychologie des personnages profite pleinement de cette technique. On se passionne pour le destin de chacun. Très visuel, surtout dans la mise en scène des séances de prestidigitation. La reconstitution d’époque est féerique. Nombreux coups de théâtre, évidemment. Passionnant de bout en bout. Écriture limpide, élégante, hypnotique.
Une véritable perle. Très large gamme d’émotions. Des images qui restent en mémoire. Une audace scénaristique qui s’appuie sur une technique sans failles.
Priest est un grand écrivain. Il nous avait déjà donné, notamment, Le Monde inverti, voici un nouveau chef-d’œuvre dans sa bibliographie. Ce livre a obtenu le World Fantasy Award en 1996 et le James Tait Black Memorial Prize en 1995.
Marc Bailly

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (2) |  Facebook | |

14 01 07

The Prestige : le trailer du film

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 01 07

Nos amis les Terriens : le trailer

Bientôt en salles.

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

08 01 07

Courez !

COBEN FILMLe film culotté de Guillaume Canet (qui dirige admirablement un François Cluzet au mieux de sa forme, François Berléand et André Dussolier à contre-emploi) est toujours à l'affiche. Ne ratez pas cette étonnante adaptation française du livre d'Harlan Coben, le plus éblouissant des auteurs américains de thriller.
Critique de Christophe Corthouts en cliquant sur la couverture et interview exclusive de l'auteur toujours disponible via le moteur de recherche ci-contre.

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

08 01 07

"Ne le dis à personne" : On va regarder à quoi ça ressemble !

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 12 06

Le retour du Concile de Pierre

GRANGELes éditeurs ne s’en privent pas (d’ailleurs pourquoi s’en priveraient-ils ?), l’adaptation d’un roman à succès au cinéma débouche toujours sur la réédition de l’œuvre sous une couverture inspirée de l’affiche. C’est encore le cas avec ce retour du Concile de Pierre de Jean Christophe Grangé, à la case « grand format » affublée d’une photo de Monica Belluci quasi méconnaissable.
Sans doute le roman le plus résolument fantastique de l’auteur des Rivières Pourpres (attendez-vous à quelques excursions du côté du chamanisme et des métamorphoses), « Le Concile de Pierre » est une aventure pleine de mystères, de manipulations et de retournements de situation typiquement « Grangé ».
Lorsque Diane Thiberge adopte un enfant Thailandais, elle semble enfin avoir trouvé un sens à une vie jusque là marquée par une terrible agression et une longue solitude. Pourtant, suite à un accident de voiture, l’enfant bascule dans le coma. Autour de Diane, tout s’écroule… Mais des événements mystérieux s’enchaînent également, au point que la jeune femme finit par comprendre qu’il ne peut s’agir de coïncidence.
La formule Grangé est connue, mélange intelligent de complots, de suspense et de terreur personnelle. Mais dans Le Concile de Pierre, le faiseur de best-sellers français, ose entrer de plein pied dans un univers fantastique, refusant avec courage, un retour trop convenu à la rationalité ou à quelques théories fumeuses de scientifique-fiction. Certes, ce parti pris troublera peut-être des lecteurs en recherche d’une solution réaliste à toute l’intrigue. Mais d’un autre côté, ce parfum de poésie et de « monstruosité à l’ancienne » permet au roman de se poser en représentant décalé et hautement recommandable d’une mouvance best-seller parfois trop peu surprenante.
Je m’en voudrais de ne pas dire deux mots sur le film, puisque c’est évidemment dans ce cadre que le roman retrouve les têtes de gondoles et les vitrines. Deux mots : « Aïe, ouille ». Ca ira ?
Heu… Juste en passant, pas besoin de flinguer votre tirelire pour la version « Monica » du roman, Le Concile de Pierre est disponible en Livre de Poche sous une couverture plus neutre… mais moins chère. Mais bon, n’en parlez à personne !
Chris Corthouts.

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (1) |  Facebook | |

27 12 06

Le concile de Pierre : La bande annonce

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 12 06

Le concile de Pierre : Making of

Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |  Facebook | |