02 12 07

Pour les amateurs de sensations fortes

COLLINSUn inédit en français du génial William Wilkie Collins (1824-1889), l’écrivain victorien père du roman policier et maître du suspense, le rival (et ami) de Dickens célébré par Jorge Luis Borges et l’inspirateur d’Alfred Hitchcock, cela se savoure à petites gorgées ! D’autant que tous les ingrédients ont été réunis par l’auteur de La femme en blanc, d’Histoires regrettables et de Pierre de lune pour mettre, aussi sûrement que deux et deux font quatre, les nerfs de ses lecteurs en pelote et pour façonner avec Passion et repentir un petit bijou du genre : la rencontre fortuite de deux jeunes sujettes de Sa Gracieuse Majesté sur le front franco-allemand en 1870, la pluie et le vent, un grand malheur, une usurpation d’identité, un passé trouble, un présent effrayant et un avenir incertain, une belle histoire d’amour, des rebondissements inouïs, le triomphe du devoir, un portrait de femme époustouflant et – last but not least – les méchancetés et les bassesses d’une « bonne société » so British… Quel talent !
Bernard Delcord

William Wilkie COLLINS, "Passion et repentir", Paris, Éditions Phébus, 2007, 336 p, 20,00 €

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18 10 07

La guerre et la paix

TOLSTOÏ « La Guerre et la Paix » tel que traduit en Français par la main de Léon Tolstoï est LE roman qui révolutionna le genre dans les années 1860. Anecdote amusante, c’est dans une conversation qu’il tînt avec Léon Proudhon à Bruxelles que Tolstoï trouva le titre de son livre. « La guerre et la paix » c’est l’histoire politique de la Russie (et sociale des Russes) à l'époque de Napoléon.
L’impossibilité pour les innombrables acteurs de ce drame de changer le cours de l’histoire n’est pas sans évoquer l’idéologie de la Russie des tsars rouges du XX° siècle.
Le nombre de destinées brassées par Tolstoï rend tout pitch impossible. Nous dirons qu’il parle tout à la fois de la noblesse russe, du servage, des grandes familles (les Rostov et les Bezoukhov), de la guerre, d’Austerlitz, de Napoléon et sa campagne de Russie.
Les adaptations cinématographiques ont été nombreuses depuis le fim (muet) de Yakov Protazanov et Vladimir Gardin en 1915 (et donc pendant le règne du dernier des Romanov) à la première adaptation télé de la BBC avec Anthony Hopkins.
Ci-dessous, le trailer de la version de King Vidor en 1956 avec Henry Fonda et Audrey Hepburn.

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19 08 07

La guerre de Troie a bien eu lieu

ILIADETroie est un mythe qui a toujours marqué les esprits. Elle appartient à la légende des villes martyres comme Pompéï, Carthage ou Alesia.
Les Troyens et les Achéens ne sont pas ennemis; ils sont, dans leur affrontement, les victimes des dieux.
L'Iliade raconte en quinze mille vers, quelques semaines des dix années que dura le siège de la capitale du royaume de Priame. Aujourd'hui, 2.800 ans après la rédaction de l'oeuvre d'Homère, 3.300 ans après les faits, personne n'ignore les noms d'Achille et d'Hélène. Mais qui le lit encore ? Convenons-en, la lecture de l'Iliade est fastidieuse, même dans la récente traduction d'Alessandro Baricco (cliquez sur la couverture). Car Homère (qu'il fût un mythe ou non, originaire de Chios ou d'ailleurs) a écrit l'Iliade pour le chanter dans les cours e rèce à l'époque des premiers jeux olympiques. Son but était de flatter une aristocratie qui le payait pour cela. D'où une lourdeur généalogique intempestive qui encombre la modernité du texte. Rendre L'Iliade (ainsi que l'Odyssée) accessible au XXI° siècle nécessite une adaptation qui fait fi des contraintes poétiques et alimentaires du VIII° siècle av J-C. Ce que fait Michel Wonoroff dans cette nouvelle édition qui paraît chez Casterman.
Un souhait. Qu'un écrivain inspiré s'en empare pour lui insuffler le rythme et le ton d'un roman actuel. L'Iliade a tout pour faire un nouveau Salammbô, un best seller qui ramènerait les touristes en masse devant ses remparts. Il sufit d'une étincelle pour rallumer le feu de l'imagination populaire.
Brice Depasse

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18 08 07

Le roman de Renart

RENARTLe roman de Renart est un des piliers de l’histoire de la littérature enseignée à l’école. Aujourd’hui considéré comme un texte à destination de la jeunesse, il fût à l’époque une série de contes (le premier écrit au XII° siècle) décrivant la société à travers des caractères incarnés par des animaux typés. Parmi les quatre mille pages du livre (dont la version définitive fût figée au XIV° siècle), Pierre Coran propose une sélection de fables retraduites du Roman et réécrites en octosyllabes (comme au Moyen-Âge mais aussi dans la Grèce antique). Ayant laissé, çà et là, quelques mots et expressions en Roman, l’auteur, qui connaît bien les enfants, nous livre un recueil drôle, frais et chantant.
Une très belle édition du Roman de Renart que, sans ce livre, nous nomerions aujourd'hui un goupil.
Et pourquoi ne pas nous mettre à la lecture d’histoire du Moyen-Âge pour nos enfants de 8-10 ans ? Pour sûr, ils vont adorer !
Nicky Depasse

Mes seigneurs,
Oyez, s’il vous plaît bien,
Je vois qu’en vérité
Vous n’avez nulle envie
D’ouïr une homélie
Ou une vie de saint.
Lors, je vais, sans dédit
Si vous daignez me croire
Vous conter des histoires
De Renart, le Goupil
Et du loup Ysengrin.
Pour autant que vous consentiez
A m’ouïr de belle façon,
Par ma voix, le dit, s’il vous sied,
Peut vous donner doctes leçons
De tolérance et de sagesse
Puisque maintes gens n’ont de cesse,
Auparavant comme aujourd’hui,
D’être férus d’ignominie.

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29 07 07

Zadig et Volt ... euh non, Zadig de Voltaire

ZADIGVoltaire étant un de mes auteurs préférés, j'ai relu avec bonheur cet été "Zadig ou la destinée". Dans ce merveilleux conte oriental, Zadig, être empli de bon sens, affronte les malheurs d'une vie tumultueuse avec l'impavidité de l'homme sage. En amour, trahi par Sémire et déçu par Azora, il trouve refuge en Dieu et la Nature et se passionne pour les plantes. Un amour (l'amour fou, l'amour de sa vie) qui va le rattraper en la personne de la reine Astarté. Mais Astarté est la femme du roi Moabdar qui a fait de Zadig son premier ministre.Zadig fuit Babylone (et une mort certaine), croyant son amour perdu à jamais. En chemin il croise un ermite et un ange qui lui prédit sa destinée.
Une morale, fruit de la sagesse de Zadig, clôt chaque chapitre, chaque épisode de sa vie qui est un conte à part entière.
Je ne suis pas la seule fan de Zadig et de Voltaire. Une ligne de vêtements avec des boutiques sur Bruxelles et Paris (à St Germain !) ont pris leur nom. Même Fred Beigbeder est fou des pulls en V de la marque "Zadig et Voltaire" (Au secours, pardon). Je dois dire que j'y ai succombé également : rien que le nom donne envie. Et quel livre !
Moralité : vous voyez, au XXI° siècle, Voltaire enchante et émerveille toujours : il est même passé au merchandising de luxe !
Nicky Depasse

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01 10 05

Des avis partagés sur Albert Camus

Charles DANTZIG 2 - Brice Depasse

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01 10 05

Passion commune : Emile Zola

Pour moi vint en premier "Au bonheur des dames", pour Charles Dantzig ce fut "L'argent", deux chefs d'oeuvre de la saga des Rougon-Macquart.

Charles DANTZIG 3 - Brice Depasse

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06 08 05

Dupin détective

Edgar Allan Poe n'est pas seulement le plus grand poète américain et l'initiateur de la littérature fantastique moderne. Il fut aussi le précurseur du roman policier qu'un Conan Doyle imitera dans la création de son Sherlock Holmes. Pour vous en convaincre, lisez les deux nouvelles réunies dans ce livre. Elles ont toutes deux le même héros, Dupin, un détective français oeuvrant à Paris (que Poe décrit dans les détails sans jamais y avoir mis les pieds, un exploit à cette époque) au cours du XIX° siècle. Tout ce qui fera le succès du genre s'y trouve déjà : la logique implacable du personnage principal, le criminel impropable ou encore la solution de l'énigme que personne ne découvre et qui pourtant se trouve sous le nez des protagonistes. On n'a pas fait mieux depuis, il faut le reconnaître.

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23 07 05

L'année Sartre

Bernard Lallement avertit d'emblée le lecteur : il ne s'agit pas d'une enième biographie du plus grand philosophe du XX° siècle. Celui qui fut (avec Sartre) un des fondateurs du journal Libération focalise son essai sur le thème des femmes (Simone de Beauvoir bien sûr, les innombrables maîtresses et, enfin et surtout, la mère de l'auteur de la Nausée) et le difficile rapport de Sartre avec la psychanalyse. Le lien entre ces deux thèmes est évident. Bien sûr, Lallement évoque tous les engagements manqués (la résistance pendant l'occupation, mai 68) et aveugles de Sartre (les USA, Staline, Castro, Mao) mais surtout il nous fait découvrir un homme d'une générosité rare. La lecture et l'écriture furent toute la vie de Sartre, une passion qui naquit devant la bibliothèque de son grand-père alors qu'il était "tout môme". Bernard Lallement cite d'ailleurs cette magnifique phrase que Sartre écrivit dans "Les mots", son autobiographie : "Quelquefois, je m'approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient comme des huîtres et je découvrais la nudité de leurs organes intérieurs, des feuilles blêmes et moisies, légèrement boursouflées, couvertes de veinules noires, qui buvaient l'encre et sentaient le champignon."

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21 07 05

A propos des classiques

"Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir quand je crois avoir noté une vérité." Stendhal. "Les gens sont-ils méchants parce qu'ils sont bêtes ou sont-ils bêtes parce qu'ils sont méchants ?" Sollers. "La philosphie n'est que l'opinion des passions." Diderot. "Ils se sont faits dévôts de peur de n'être rien." Voltaire. "Tout doit changer pour que rien ne change." Lao Tseu. "La politique est la forme la plus élevée de la charité." Pie XII. "Un désespoir paisible, sans convulsions de colère et sans reproches au ciel est la sagesse même." Alfred de Vigny. "On voudrait revenir à la page où l'on aime et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts." Lamartine. "La peste soit de l'importunité et des importuns." Molière. "L'esprit dompté assure le bonheur." Boudha. Toutes ces phrases de "classiques", toutes ces petites vérités sont dans les livres. Elles m'aident dans chaque moment de la vie. Certes, on peut vivre sans les livres mais on vivra moins bien. Quant à la Grande Vérité, "elle reste toujours à trouver puisqu'elle est infinie." Sartre.

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