18 08 07
Le roman de Renart
Le roman de Renart est un des piliers de l’histoire de la littérature enseignée à l’école. Aujourd’hui considéré comme un texte à destination de la jeunesse, il fût à l’époque une série de contes (le premier écrit au XII° siècle) décrivant la société à travers des caractères incarnés par des animaux typés. Parmi les quatre mille pages du livre (dont la version définitive fût figée au XIV° siècle), Pierre Coran propose une sélection de fables retraduites du Roman et réécrites en octosyllabes (comme au Moyen-Âge mais aussi dans la Grèce antique). Ayant laissé, çà et là, quelques mots et expressions en Roman, l’auteur, qui connaît bien les enfants, nous livre un recueil drôle, frais et chantant.
Une très belle édition du Roman de Renart que, sans ce livre, nous nomerions aujourd'hui un goupil.
Et pourquoi ne pas nous mettre à la lecture d’histoire du Moyen-Âge pour nos enfants de 8-10 ans ? Pour sûr, ils vont adorer !
Nicky Depasse
Mes seigneurs,
Oyez, s’il vous plaît bien,
Je vois qu’en vérité
Vous n’avez nulle envie
D’ouïr une homélie
Ou une vie de saint.
Lors, je vais, sans dédit
Si vous daignez me croire
Vous conter des histoires
De Renart, le Goupil
Et du loup Ysengrin.
Pour autant que vous consentiez
A m’ouïr de belle façon,
Par ma voix, le dit, s’il vous sied,
Peut vous donner doctes leçons
De tolérance et de sagesse
Puisque maintes gens n’ont de cesse,
Auparavant comme aujourd’hui,
D’être férus d’ignominie.
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29 07 07
Zadig et Volt ... euh non, Zadig de Voltaire
Voltaire étant un de mes auteurs préférés, j'ai relu avec bonheur cet été "Zadig ou la destinée". Dans ce merveilleux conte oriental, Zadig, être empli de bon sens, affronte les malheurs d'une vie tumultueuse avec l'impavidité de l'homme sage. En amour, trahi par Sémire et déçu par Azora, il trouve refuge en Dieu et la Nature et se passionne pour les plantes. Un amour (l'amour fou, l'amour de sa vie) qui va le rattraper en la personne de la reine Astarté. Mais Astarté est la femme du roi Moabdar qui a fait de Zadig son premier ministre.Zadig fuit Babylone (et une mort certaine), croyant son amour perdu à jamais. En chemin il croise un ermite et un ange qui lui prédit sa destinée.
Une morale, fruit de la sagesse de Zadig, clôt chaque chapitre, chaque épisode de sa vie qui est un conte à part entière.
Je ne suis pas la seule fan de Zadig et de Voltaire. Une ligne de vêtements avec des boutiques sur Bruxelles et Paris (à St Germain !) ont pris leur nom. Même Fred Beigbeder est fou des pulls en V de la marque "Zadig et Voltaire" (Au secours, pardon). Je dois dire que j'y ai succombé également : rien que le nom donne envie. Et quel livre !
Moralité : vous voyez, au XXI° siècle, Voltaire enchante et émerveille toujours : il est même passé au merchandising de luxe !
Nicky Depasse
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01 10 05
Des avis partagés sur Albert Camus
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01 10 05
Passion commune : Emile Zola
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06 08 05
Dupin détective
Edgar Allan Poe n'est pas seulement le plus grand poète américain et l'initiateur de la littérature fantastique moderne. Il fut aussi le précurseur du roman policier qu'un Conan Doyle imitera dans la création de son Sherlock Holmes. Pour vous en convaincre, lisez les deux nouvelles réunies dans ce livre. Elles ont toutes deux le même héros, Dupin, un détective français oeuvrant à Paris (que Poe décrit dans les détails sans jamais y avoir mis les pieds, un exploit à cette époque) au cours du XIX° siècle. Tout ce qui fera le succès du genre s'y trouve déjà : la logique implacable du personnage principal, le criminel impropable ou encore la solution de l'énigme que personne ne découvre et qui pourtant se trouve sous le nez des protagonistes. On n'a pas fait mieux depuis, il faut le reconnaître.
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23 07 05
L'année Sartre
Bernard Lallement avertit d'emblée le lecteur : il ne s'agit pas d'une enième biographie du plus grand philosophe du XX° siècle. Celui qui fut (avec Sartre) un des fondateurs du journal Libération focalise son essai sur le thème des femmes (Simone de Beauvoir bien sûr, les innombrables maîtresses et, enfin et surtout, la mère de l'auteur de la Nausée) et le difficile rapport de Sartre avec la psychanalyse. Le lien entre ces deux thèmes est évident. Bien sûr, Lallement évoque tous les engagements manqués (la résistance pendant l'occupation, mai 68) et aveugles de Sartre (les USA, Staline, Castro, Mao) mais surtout il nous fait découvrir un homme d'une générosité rare. La lecture et l'écriture furent toute la vie de Sartre, une passion qui naquit devant la bibliothèque de son grand-père alors qu'il était "tout môme". Bernard Lallement cite d'ailleurs cette magnifique phrase que Sartre écrivit dans "Les mots", son autobiographie : "Quelquefois, je m'approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient comme des huîtres et je découvrais la nudité de leurs organes intérieurs, des feuilles blêmes et moisies, légèrement boursouflées, couvertes de veinules noires, qui buvaient l'encre et sentaient le champignon."
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21 07 05
A propos des classiques
"Je tremble toujours de n'avoir écrit qu'un soupir quand je crois avoir noté une vérité." Stendhal. "Les gens sont-ils méchants parce qu'ils sont bêtes ou sont-ils bêtes parce qu'ils sont méchants ?" Sollers. "La philosphie n'est que l'opinion des passions." Diderot. "Ils se sont faits dévôts de peur de n'être rien." Voltaire. "Tout doit changer pour que rien ne change." Lao Tseu. "La politique est la forme la plus élevée de la charité." Pie XII. "Un désespoir paisible, sans convulsions de colère et sans reproches au ciel est la sagesse même." Alfred de Vigny. "On voudrait revenir à la page où l'on aime et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts." Lamartine. "La peste soit de l'importunité et des importuns." Molière. "L'esprit dompté assure le bonheur." Boudha. Toutes ces phrases de "classiques", toutes ces petites vérités sont dans les livres. Elles m'aident dans chaque moment de la vie. Certes, on peut vivre sans les livres mais on vivra moins bien. Quant à la Grande Vérité, "elle reste toujours à trouver puisqu'elle est infinie." Sartre.
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21 07 05
Classiques
L'agenda des sorties de livres sur une saison est pléthorique. Et passer une année à sauter d'une nouveauté à l'autre, c'est passionant. Seule ombre _majeure_ au tableau : si on veut lire tous les ouvrages des auteurs qu'on rencontre, on ne trouve plus un instant pour ouvrir un autre livre. A titre d'exemple, si j'ai (bien sûr) reçu les Dan Brown, je ne les pas encore ouverts (ce sera chose faite, heureusement d'ici fin juillet). Oui, le chroniqueur littéraire a de la chance de remplir ses bibliothèques aux frais de la princesse. Oui il peut rencontrer (fugacement) les plus grands auteurs du moment. Non il ne fait pas ce qu'il veut, ne lit pas ce qu'il doit. Il ne peut espérer que Dieu lui prête vie pour profiter du temps qui lui restera pour se plonger dans l'immensité de ce qu'on appelle les classiques.
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07 07 05
Marc-Aurèle
"La douceur est une force invincible : que fera le plus insolent des hommes si tu persistes à le traiter avec douceur ?" "Le peu de temps qui te reste à vivre, ne le perds pas à penser aux affaires des autres, à moins que ce ne soit pour le bien de la société". "Vouloir que les méchants ne commettent point de fautes, c'est folie. D'autre part, admettre qu'ils soient pour les autres les méchants qu'ils sont et vouloir en même temps qu'ils s'abstiennent de toute faute envers toi, c'est raisonner en insensé et en despote". Et dire que cet homme fut empereur. Que ne furent-ils tous pas taillés dans le même bois ! Et puisque le livre montré ci-contre recueille des écrits du stoïcien Epictète, cela me rappelle cette phrase de lui : "Ne demande point que ce qui arrive, arrive comme tu le veux mais veux ce qui arrive et tu vivras une vie heureuse."
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07 07 05
Relisez Sénèque
Ressortez cet homme du contexte barbant des cours de latin. Oubliez que vous vous êtes ennuyé en le traduisant et lisez-le en français dans le texte. Comme Marc-Aurèle un siècle plus tard, Sénèque est un authentique philosophe dont la simplicité fait la force absolue. A l'heure où le monde occidental recherche encore la vérité auprès de gourous exotiques chinois, tibétains ou japonais (que je ne conteste pas) il serait bon de redécouvrir la sagesse des gréco-romains. S'il vous plaît, ne les snobez pas : des phrases aussi simples que "Il n'y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va" et "Les destins conduisent celui qui accepte et traînent celui qui refuse" peuvent vous mener loin si vous savez les garder en mémoire.
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