27 02 11

The Babel’s bible

Dictionnaire des langues.gifRédigé par 151 spécialistes venus de tous les horizons et placés sous la houlette de trois chercheurs du CNRS français, le Dictionnaire des langues qui vient de paraître aux Presses universitaires de France à Paris constitue une somme extraordinaire traitant peu ou prou des 6000 idiomes utilisés aujourd’hui à travers le monde tout en décrivant par le menu 200 langues diverses (et, le cas échéant, leurs familles ou sous-familles), regroupées géographiquement par continent.

La plupart de ces descriptions, rédigées selon un plan-type homogène, sont issues d’une recherche de première main, réalisée par des auteurs pionniers ou premiers descripteurs de la langue qu’ils traitent.

Bien entendu, l’ouvrage s’intéresse aux langues de grand rayonnement (comme le chinois classique, le mandarin, l’anglais, le français, l’arabe…), à celles qui constituent les assises de la culture mondiale (le sanskrit, l’araméen, l’hébreu, l’indo-aryen ancien, le grec ancien, le latin, le tibétain, le japonais, le gotique, le swahili…), à celles qui se singularisent (le breton, le gallois, le finnois, le magyar, le basque…), à celles qui influencent leur zone économique ou de chalandise (le hindi, le cantonais, le vietnamien, le turc, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le wolof…), à celles qui participent de métissages historiques plus ou moins récents (les créoles de toutes sortes, le yiddish…) ou encore à celles qui font rêver l’amateur de voyages lointains (le tahitien, le wallisien, le caribe…).

Et si d’aventure vous brûliez d’en savoir plus sur l’afar, le bambara, le bantoïde, le bedja, le bété, l’évenk, l’igbo, le khasi, le nivkh, le môn, le mwotlap, le peau-de-lièvre, le same du Nord ou le tagalle tupi, ce dictionnaire est fait pour vous !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des langues sous la direction d’Emilio Bonvini, Joëlle Busutill et Alain Peyraube, Paris, Presses universitaires de France, collection « Quadrige », janvier 2011, 1705 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 49 € (prix France)

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21 02 11

Les mots pour le faire…

Les 100 mots de la sexualité.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/02/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

La lecture des 100 mots de la sexualité, un petit ouvrage collectif paru sous la direction de Jacques André aux Presses universitaires de France à Paris dans la célèbre collection « Que sais-je ? », s’avère édifiante à plus d’un titre. C’est que le vocabulaire traitant de l’une des principales préoccupations sinon activités humaines, ne cesse de s’enrichir tout en continuant à tourner –comment dire ?–, autour du pot…

 

Car les thèmes classiques du baiser, des préliminaires, des caresses, de la virginité, du devoir conjugal, de la migraine, de la contraception, des zones érogènes, de la libido, de l’érotisme, de la frigidité, de l’orgasme, de la masturbation, de l’éjaculation précoce, du fiasco, du démon de midi, du don-juanisme, de la transgression, des maladies sexuellement transmissibles, de l’adultère et de l’éducation sexuelle des enfants se voient aujourd’hui concurrencés par des approches plus concrètes, voire scabreuses : l’amour virtuel, le coming-out, l’homosexualité, le travestissement, la bisexualité, la transsexualité, la pornographie, le viol, l’addiction au sexe, les godemichés, l’échangisme, le libertinage, les partouzes, l’exhibitionnisme, le sadomasochisme, la pédophilie, la zoophilie…

 

De quoi donner le tournis aux esprits coincés, des désirs de tournantes aux abrutis et plus d’un tour dans leur sac aux plus entreprenants…

 

PÉTRONE

 

Les 100 mots de la sexualité, ouvrage collectif sous la direction de Jacques André, Paris, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », février 2011, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,00 € (prix France)

 

 (Liste des 100 mots : Abstinence, chasteté – Adultère – Allumeuse – Amant/Maîtresse – Backroom – Bain de minuit – Baiser [Le] – Bander, mouiller – Bonobo – Bordel – Cambrure – Caresse [tendresse] – Chair – Chevelure – Clitoridienne/Vaginale – Cochonnerie – Coming out – Coup de foudre – Crime passionnel – Cruauté – Cul – Cunnilingus – Démon de midi – Désirer – Devoir conjugal – Don Juan – Draguer [Séduire] – Échangisme – Éducation sexuelle – Éjaculation précoce – Érotisme – Excision – Exhibitionnisme/Voyeurisme – Extase mystique – Faire l’amour, coucher, baiser – Fantasme – Fellation – Femme fatale – Fessée – Fiasco [impuissance] – Fist fucking – Fleur bleue – Fornication [péché] – Frigidité – Frustré [mal-baisé] – Godemiché – Harcèlement sexuel – Harem – Hétéro/Homo/Bi – Impur, souillure – Inceste – Insulte, injure – Intimité – Jalousie – Jouissance [orgasme] – Libération sexuelle – Libertin – Libido – Lolita – Lubrique – Masturbation – Migraine – Missionnaire, levrette, 69… – Nu – Nymphomane – Odeurs – Orgie, partouze – Parents [vie sexuelle des] – Passivité [activité] – Pédophilie – Pénétration [vaginisme] – Pénis, phallus, bite, zizi… – Perversion – Poils [épilation] – Porno – Post coïtum animal triste – Préliminaires – Procréation (contraception) – Puberté – Pudeur – Putain, chienne, salope [rabaissement de la femme] – S/M [sado-masochisme] – Sécrétions – Seins – Sex addict – Sexe, genre [Transsexuel] – Sexualité infantile, sexualité de l’enfant – Sexuellement transmissible [Sida, etc.] – Sodomie – Songes impurs [pollution nocturne] – Sortir avec – String [lingerie féminine] – Talons aiguilles – Transgression [interdit] – Travesti, Drag-Queen – Vagin, chatte, trou… – Viol – Virginité [dépucelage] – Virtuel [sexualité Internet] – Zone érogène [point G])

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14 02 11

Un portable au disque dur très complet…

Dixel 2011.gifPoursuivant sur la lancée de l’édition 2010, le Dixel 2011 demeure une belle réussite !

 

Il est vrai que pour réaliser la deuxième mouture du dictionnaire encyclopédique Le Robert en un seul volume, cet éditeur de référence y a une nouvelle fois mis le paquet : 2097 pages en couleurs, au contenu d’une richesse plantureuse, alimentées par 150 collaborateurs, 58 000 mots (avec leur orthographe et, le cas échéant, leur conjugaison, leur étymologie, leurs synonymes et leurs contraires, les expressions et les locutions ainsi que des renvois analogiques), 150 000 définitions, 28 000 noms propres, 5 000 illustrations, 1 500 dossiers encyclopédiques (incluant des citations, des analyses d’œuvres d’art, des planches thématiques originales ainsi que des cartes géographiques et historiques) et l’accès gratuit pour l’acheteur pendant quatre ans au site Internet de l’ouvrage, qui reprend son texte intégral ainsi que de fort nombreux enrichissements (mis à jour mensuellement) comme une banque de 6 500 images et un conjugateur, tout en renvoyant aussi à plus de 500 autres sites de qualité…

 

Bien entendu, on y trouve également ce qui fait la pérennité des dictionnaires Le Robert, comme l’ouverture aux évolutions langagières les plus récentes et aux mots nouveaux (il y en a 90 parmi lesquels biogaz, buzz, composteur, énergivore, hoax, nanosciences, nerd, plug-in, streaming, widget ou wiki). Les noms communs et les noms propres sont repris dans un seul corpus alphabétique, ces derniers étant toutefois présentés en rouge pour éviter toute confusion, et l’on y trouve aussi bien Aung San Suu Kyi, Nathalie Baye, David Bowie, Merce Cunningham, Bertrand Delanoë, Umberto Eco, Marc Fumaroli, Magic Johnson, Karl Lagerfeld, Sébastien Loes, Bob Marley, Yannick Noah, Ali Akbar Rafsandjani, Éric-Emmanuel Schmitt, Philippe Sollers, Quentin Tarantino ou Herman Van Rompuy, sans oublier les classiques de tout poil, façon Racine, Corneille, Molière et La Fontaine…

 

Un ouvrage remarquable !

 

Bernard DELCORD

 

Dixel 2011, Paris, Éditions Le Robert, juin 2010, 2097 pp. en quadrichromie au format 16,6 x 24,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € incluant 4 ans d’abonnement au site Internet (prix France)

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05 01 11

Les raisons de la colère

Dictionnaire du pamphlet.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 05/01/2011 de l'hebdomadaire satirique belge en ligne SATIRICON.BE (www.satiricon.be:

 

Avec son Dictionnaire du pamphlet paru en Suisse chez Infolio, le Liégeois Frédéric Saenen a fait œuvre utile, celle de remettre en avant un genre littéraire plus que jamais indispensable par les temps qui courent de funeste politiquement correct et de chasses aux sorcières anti ceci et anti cela qui en sont le corollaire. On lui saura donc grand gré d’avoir rappelé que si Victor Hugo, Émile Zola, Georges Bernanos, les surréalistes ou Louis-Ferdinand Céline en sont les parangons, d’autres fulminateurs ont égayé (ou exaspéré, ce qui est également parfois très bien) leurs contemporains en trempant la plume dans le vitriol ou la dynamite : Charles Baudelaire, Léon Bloy, François-René de Chateaubriand, Paul-Louis Courier, Arthur de Gobineau, Jean Giono, Julien Gracq, Lamennais, Jean Paulhan, Charles Péguy, Romain Rolland, Jules Roy, le marquis de Sade, Louis Veuillot…

L’auteur recense aussi la contribution à cette littérature polémique des très droitiers Maurice Bardèche, René Benjamin, Henri Béraud, Léon Daudet, Pierre Dominique, Édouard Drumont, Jacques Laurent, Albert Paraz, Robert Poulet, Lucien Rebatet ou Pol Vandromme, ainsi que celle des plus ou moins à gauche Julien Benda, Gilles Châtelet, Régis Debray, Georges Darien, Roger Garaudy, Remy de Gourmont, Guy Hocquenghem, Pierre Jourde, Hanns-Erich Kaminski, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx), Annie Le Brun, François Mitterrand, Éric Naulleau ou Paul Nizan, comme d’ailleurs celle des inclassables Salvador Dali, René Étiemble, Jean-Edern Hallier, Philippe Muray et Marc-Édouard Nabe, tout en abordant l’un ou l’autre thème particulier (les pamphlets durant la Révolution française, dans Le Crapouillot ou Le Père Duchesne, contre le cancer américain, sur Internet, contre Charles de Gaulle, à propos de la pornographie, autour du rap ou contre Michel Sardou)…

« Article de journal, brochure de quelques feuillets ou pavé de deux mille pages, le pamphlet vaut autant par sa force de dénonciation que par ses qualités rhétoriques et stylistiques. Il peut atteindre au sublime comme au sordide », écrit Frédéric Saenen. Nous ajouterons que la profondeur de son irrévérence et de son irrespect dans tous les azimuts constituent un excellent baromètre de la démocratie. N’en déplaise aux ligues de vertu qui s’effarouchent pour un rien, et aux magistrats qui en sont devenus le bras armé…

 

PÉTRONE

 

Dictionnaire du pamphlet par Frédéric Saenen, Gollion, Éditions Infolio, collection « illico », juin 2010, 190 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 10 €

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20 11 10

Pour guérir… sans risquer d’en mourir !

Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.gifœuvre irremplaçable, tant pour le grand public que pour les spécialistes, le Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France reparaît ces jours-ci aux Éditions Omnibus à Paris, préfacé par Clotilde Boisvert, la fondatrice de l’École des Plantes de la capitale française.

Publié pour la première fois en 1947, il avait été rédigé « d’après l’ensemble de nos connaissance actuelles » par le chanoine Paul-Victor Fournier (1877-1964), docteur ès-lettres et docteur ès-sciences, un professeur et homme d'Église qui nourrissait pour la botanique une passion hors du commun. On lui doit notamment Les Quatre Flores de France, un livre tenu encore de nos jours pour une référence majeure pour l’identification des plantes sur le terrain.

Son Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France répertorie 1500 plantes dont il fournit la description botanique illustrée, les dénominations savantes et communes, étrangères et vernaculaires, la composition chimique, les manières de les employer, une posologie et une mise en garde contre les dangers éventuels selon les indications et les prescriptions des Anciens mais aussi celles de l'École de Phytothérapie moderne.

Grâce à lui, on saura donc tout (ou en tout cas beaucoup) de l’abricotier, des capucines, des ciguës, du chanvre, du gui, de l’héliotrope, du houblon, de l’ivraie, du micocoulier, des nénufars, des pimprenelles, des résédas, des tabacs, des ronces, des rosiers et des églantiers, de la vigne, mais aussi de l’aigremoine, de la barbe de bouc, de la belle-de-nuit, des benoîtes, de la bourse-à-pasteur, du charme, des dentaires, des globulaires, du jujubier, des larmes de Job, des pulmonaires, du sceau-de-Salomon, des vesces ou encore des vipérines…

L’ouvrage se conclut par une bibliographie de l’auteur, une liste des vertus et propriétés des simples, un répertoire thérapeutique, une table de correspondance avec Les Quatre Flores de France, un index des noms français savants et populaires et un index des noms botaniques latins.

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France par Paul-Victor Fournier, préface de Clotilde Boisvert, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2010, 1047 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 35 € (prix France)

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18 11 10

Le Who’s who des salauds

Dictionnaire des fascismes et du nazisme.jpgPlaie du XXsiècle avec les communismes russe et chinois et né comme eux sur les ruines de la Première Guerre mondiale, le fascisme est une entreprise complexe, totalitaire et protéiforme de destruction de l’homme, de la culture et de la civilisation qui a pris des visages divers : mussolinisme, hitlérisme, vichysme, rexisme, flamingantisme, salazarisme, franquisme, phalangisme, péronisme, oustachisme, codréanisme et on en passe, toujours accompagnées d’horreurs, de racisme, d’antisémitisme, de nationalisme, de trahisons, de violence, de torture, d’injustices, de massacres, de répressions, de déportations, d’exécutions, d’anti-intellectualisme, de sadisme et de bêtise.

Pour aider à s’y retrouver, les historiens français Pierre Berstein et Serge Milza ont fait paraître tout récemment à Bruxelles chez André Versaille, un remarquable Dictionnaire des fascismes et du nazisme qui passe en revue non seulement les hommes qui en firent l’histoire, les théories qu’ils s’efforcèrent de mettre en œuvre, leurs pratiques politiques, économiques et sociales, mais aussi les origines de leurs idées et de leur action ainsi que les événements marquants et les persécutions qui jalonnèrent les régimes qu’ils mirent en place.

Dans cet ouvrage remarquablement documenté et qui ne se limite ni à l'Europe, ni aux années 1919-1945, les sujets traités sont présentés sous forme d'articles suivis d'une bibliographie spécialisée, tandis qu’un système de renvois entre articles facilite la circulation entre les notions tout en permettant au lecteur d'élargir son information autour du thème questionné. De plus, une chronologie comparée, une bibliographie par thème et un index complètent ce dictionnaire conçu comme un tout encyclopédique.

Un ouvrage qui se doit de figurer dans la bibliothèque de l’honnête homme du XXIe siècle…

 

Bernard DELCORD 

 

Dictionnaire des fascismes et du nazisme par Serge Berstein & Pierre Milza, Bruxelles, André Versaille éditeur, collections « références », novembre 2010, 782 pp. en noir et blanc au format 24 x 16 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 49,90 €

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27 10 10

Pour les amoureux des mots

Dictionnaire historique de la langue française.gifVéritable bible de l’histoire des mots de notre langue, la nouvelle édition (la précédente date de 1998) du Dictionnaire historique de la langue française paru aux Éditions Le Robert à Paris sous la direction d’Alain Rey ravira tous les amateurs de belles aventures de l’esprit, celles qu’a vécues le lexique français à travers les âges et sur les cinq continents.

Car on y apprend des milliers de choses, des plus sérieuses (par exemple, s’agissant du mot « guerre », que l’étymologie est francique, le mot « werra », mais que le latin « duellum », qui donne « bellum », a engendré « duel », « belliqueux », « belligérant », « parabellum » mais aussi « rebelle » et ses dérivés, tandis que l’indoeuropéen « pel » qui signifiait « agiter » a fait naître « polemos » en grec ancien puis « polémique » et « polémarque » en français) aux plus insolites (comme le fait que la graphie du mot « atchoum » a été fixée en 1875, ou que le verbe « flipper » est apparu dans les années 1970).

À travers les notices de l’ouvrage qui traite de thèmes nombreux (la politique, la société, la santé, les arts, la culture, la vie quotidienne, la gastronomie, la sexualité et on en passe…), c’est toute l’histoire de la Francophonie qui transparaît en filigrane de cet ouvrage majeur, avec le génie créateur des peuples qui la composent et la font vivre, leur inventivité, leur adaptabilité et leur humour.

Un livre de référence qui se savoure comme un bon vin…

Bernard DELCORD


Dictionnaire historique de la langue française sous la direction d’Alain Rey, nouvelle édition, Paris, Le Robert, octobre 2010, 2618 pp. en noir et blanc au format 22,4 x 29 cm  sous couverture cartonnée en couleurs, 99 € (prix France)

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14 07 10

Fortissimi sunt Belgae !

Dictionnaire des belgicismes (Francard).jpg

Préfacé par le magicien des mots Bruno Coppens, le Dictionnaire des belgicismes rédigé sous la direction du linguiste Michel Francard qui vient de paraître à Louvain-la-Neuve aux Éditions De Boeck-Duculot aborde avec un beau sérieux (le travail philologique est d’envergure) un sujet des plus actuels : le français tel qu’il se cause encore en Belgique, petit pays en voie d’extinction sous la poussée de quelques germanolâtres des années quarante…

Or, on le sait depuis César, « de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves » ! Aussi n’hésitent-ils pas à se réunir (le plus souvent dans un caberdouche, surtout quand il y a du « fotbal » à la tévé) pour tûter à fond quelques pintes de pils, de kriek, de trappiste ou de bière d’abbaye (jamais d’eau spitante !), sans faire de leur air ni prendre un air de deux airs, mais au contraire en y allant franc battant et en entonnant selon les circonstances la Brabançonne ou le Chant des Wallons ! Car chez ces castards, « tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », et ils inventent aisément les mots pour le dire : « Ferdoum, s’ils continuent à faire de leur nez comme ça, les flamingants, les descendants d’inciviques et autres smeirlaps djoum-djoum auront à leurs fesses et ils pourront tchouler ! »

Heureusement, dans Ce Pays, il n’y a pas que le communautaire (le « Nord » et le « Sud » arrivent d’ailleurs presque toujours à se rabistoquer ensemble au Fédéral), et on sait y rire en en racontant des belles mais, surtout, on aime bien guindailler, que ce soit à la côte, chez les Brusseleirs ou dans les Ardennes. D’ailleurs, l’apport de la Belgique à l’art de la ripaille est indiscutable et incomparable, et il n’y a qu’ici, tous les descendants du grand Ambiorix vous le diront, que l’on prépare correctement le filet américain, les fondus au fromage, la tomate-crevettes, les moules-frites, l’anguille ou de la truite à l’escavèche, le filet d’elbot, le waterzooi, le pain à la grecque, la confiture de groseilles vertes et même une bonne jatte de café, sans parler, bien entendu, des fricadelles, des vitoulets, du stoump, des smoutebollen, de la salade de blé, des chicons, des pommes de terre pétées, des couques de Dinant, de la tarte al djote ou au maton ou des gaufres au sucre impalpable... De quoi avoir bon tout le temps, non ? Mais sans trop faire le goulafe, quand même !

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des belgicismes par Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet et Aude Wirth, préface de Bruno Coppens, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck-Duculot, juin 2010, 400 pp. en noir et blanc au format 13 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 24,50 €


 

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14 07 10

Cherchez la femme…

Dictionnaire des favorites.gifDans son Dictionnaire des favorites, publié à Paris aux Éditions Pygmalion, le biographe, essayiste et romancier Henri Pigaillem s’intéresse de près aux maîtresses de passade, de passage ou de longue durée qui, des Mérovingiens à Napoléon III, ont pimenté la vie des souverains français, éclipsé l’influence de leurs épouses légitimes et marqué d’une empreinte plus ou moins profonde les choix politiques de leurs augustes amants. Divas, comédiennes, courtisanes, princesses, elles jouèrent toujours de leurs charmes, souvent de leur intelligence et parfois de leur sens de l’État pour mettre la main à la pâte et griffer leur œuvre de chair d’une façon plus ou moins indélébile. Et si l’on évoque encore aujourd’hui les noms d’Agnès Sorel, de Diane de Poitiers ou de Gabrielle d’Estrées, de la duchesse Louise de Polignac, des comtesses du Barry ou de Castiglione, des marquises de Pompadour ou de Montespan, de miss Howard, de Mademoiselle George ou de Marie Walewska, on ignore par contre bien souvent que Gondsinde et Ingonde furent les favorites ce Clotaire Ier (ca 497-561), qu’Alpaïde fut celle de Pépin de Herstal (ca 635-714), que Bertilde, Nantilde, Racnétrude et Wulfegonde se partagèrent successivement le bon roi Dagobert 1er (ca 600-638) dont, du coup, on comprend mieux pourquoi il avait si souvent la culotte à l’envers, que Robert le Pieux pécha sans vergogne avec Berthe de Bourgogne, que Louis XI se reposa des devoirs machiavéliques de sa charge harassante dans les bras de Phélise de Regnard et de Marguerite de Sassenage, que le Vert Galant et Louis XIV eurent chacun 12 maîtresses officielles tandis que Louis XV affiche un score de 18 égéries et que les deux Napoléon se retrouvent ex aequo à 14 partout. Quelle santé ! Et quelle passionnante leçon d’histoire…

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des favorites par Henri Pigaillem, Paris, Éditions Pygmalion, juin 2010, 493 pp. en noir et blanc (+ 16 pp. hors-texte en couleur) au format 16 x 25 cm sous couverture cartonnée et jaquette en quadrichromie, 30,00 € (prix France)

 



 

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04 07 10

Une belle performance !

Le Petit Larousse illustré 2011Le Petit Larousse illustré 2011 est un grand cru qui aligne des chiffres impressionnants : 150 000 définitions (dont
150 nouvelles, comprenant les très belges « brèle », « ket »,
« outre-Quiévrain » et « pelant(e) »), 28 000 noms propres (dont 50 font leur entrée, parmi lesquels Philippe Geluck, Daniel Cohn-Bendit, Sabine Azéma, Line Renaud, Guy Bedos, Pénélope Cruz, Sean Penn, François Cheng et Philippe Delerm), 5 000 illustrations, 300 cartes, 105 planches illustrées
(8 nouvelles sont consacrées aux coraux, aux plantes carnivores, aux habitats traditionnels, aux grands ponts du monde, aux animaux en voie de disparition, aux épices, aux prix Nobel de la paix et à la Coupe du monde de football), 40 dessins humoristiques (de Cabu, MissTic, Moebius, Soledad, Wolinski…) et… un micro-dictionnaire offert en cadeau,
Le Plus Petit Dictionnaire Larousse. Sans oublier, bien entendu, les fameuses pages roses où fleurissent citations, proverbes et phrases historiques à quoi s’ajoute une chronologie universelle illustrée recensant 1200 événements, et le tout pour une trentaine d’euro. Ce qui prouve au passage la véracité de l’adage selon lequel « Qui peut le plus peut le moins » !
Bernard DELCORD
Le Petit Larousse illustré 2011, Paris, Éditions Larousse, juin 2010, 1811 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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