20 01 16

« Amour sacré de la Patrie… »

Dictionnaire amoureux de la Belgique.jpgNé en 1942, l’académicien belge Jean-Baptiste Baronian est l'auteur d'une soixantaine de livres (romans, recueils de nouvelles, essais, biographies…). Il est également éditeur et critique littéraire.

Il a fait paraître chez Plon à Paris un passionnant et volumineux Dictionnaire amoureux de la Belgique, ouvrage qu’il présente comme un vagabondage sentimental à travers la Belgique d'hier et d'aujourd'hui, ainsi qu'une célébration de ses personnalités les plus connues et de ses figures les plus méconnues.

Écoutons ce qu’il en dit :

« Roland de Lassus, Pieter Bruegel, Pierre Paul Rubens, André-Modeste Grétry, Léopold II, Félicien Rops, Fernand Khnopff, Émile Verhaeren, Georges Simenon, Norge, Hergé, René Magritte, Paul Delvaux, Django Reinhardt, Jacques Brel, Eddy Merckx, Jean-Claude Van Damme, Amélie Nothomb, les frères Dardenne, Simon Leys, Justine Henin, Albert Frère, Stromae… eux et des dizaines d'autres, ils sont tous là, au même titre que de drôles de personnages comme Clément Doucet, l'énorme complice de Jean Wiéner, ou Louis Hennepin, le premier homme à avoir atteint les sources du Mississipi.

Mais la Belgique ne serait pas ce qu'elle est sans ses grands mythes : le surréalisme et le fantastique, les béguinages et les châteaux, les Schtroumpfs et les belgicismes, le chocolat et la bière, les moules et les frites, les vacances au littoral et celles dans les Ardennes, la balle pelote et les courses cyclistes, Quick et Flupke, Anderlecht et le Standard…

Et puis toutes ces villes (Bruxelles, Liège, Anvers, Bruges ou Ostende), et toutes ces choses bizarres, parfois secrètes et mystérieuses, qu'on ne trouve nulle part ailleurs : les Agathopèdes, la fête des chats, la guerre de la vache, la pataphonie…

Auxquelles sont également mêlés quelques étrangers de renom tels que Jean Froissart, Victor Hugo, Paul Verlaine, Karl Marx ou Giacomo Puccini, qui ont droit chacun à une entrée. »

Il n’y manque que Jules César et son fameux « fortissimi sunt Belgae » !

Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de la Belgique par Jean-Baptiste Baronian, dessins d’Alain Bouldouyre, Paris, Éditions Plon, collection « Les dictionnaires amoureux », octobre 2015, 775 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 11 15

Good for a good business…

Dictionnaire de marketing et de e-commerce.jpgJean-Jacques Cariou est diplômé de l’Université de Paris 1 Sorbonne et professeur agrégé de marketing. Il enseigne principalement à l’École Hôtelière de Bordeaux-Talence et, selon les époques, à l’Université de Paris 1 Sorbonne, à l’École de Management Hôtelier de Savignac et en MBA “Hospitality” de l’ESG à Paris. Il est également consultant auprès d’entreprises du secteur hôtelier pour les questions de positionnement, d’études de marchés et de faisabilité de projets.

Il est par ailleurs l’auteur, aux Éditions BPI à Clichy, d’un Dictionnaire de marketing et de e-commerce particulièrement adapté au domaine de l’hôtellerie-restauration et du tourisme.

Son ouvrage regroupe en effet les principaux concepts du marketing et le vocabulaire en usage dans ce domaine, auxquels s’ajoute le vocabulaire très spécifique du e-commerce, de la distribution électronique et du web marketing. Il propose des définitions pour tous ces mots, la plupart du temps en anglais (comme cloacking, effet billboard, mouse tracking, product feed,…) et souvent obscurs pour les personnes non-spécialistes.

C’est par conséquent un outil essentiel pour tous les acteurs (professeurs, étudiants, professionnels…) de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Bernard DELCORD

Dictionnaire de marketing et de e-commerce par Jean-Jacques Cariou, Clichy, Éditions BPI, octobre 2015, 320 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 31 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 10 15

Patronymes hydrologiques…

Les noms de rivières de Wallonie.jpgRédigé par Jean Loicq [1], membre de la Section wallonne de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie et professeur ordinaire émérite de l’Université de Liège [2], le dictionnaire analytique et historique consacré aux noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones paru chez Peeters à Leuven étudie pour la première fois l'ensemble des noms de cours d'eau de la Région Wallonne telle qu’elle est définie dans la Belgique fédérale d’aujourd’hui, en ce compris donc les territoires germanophones (actuels ou qui l’ont été), de Gemmenich à Athus en passant par Eupen et Saint-Vith..

Précédé d'une introduction sur le passé linguistique de la Wallonie et de sa lisière germanophone, cet ouvrage savant replace chacun d'eux dans sa situation hydrographique, reproduit avec leur contexte les formes les plus anciennes de son nom et, autant que possible, en précise l'étymologie et la signification première.

La Wallonie, et surtout l'Ardenne, étant riche en hydronymes d'origine celtique, voire « paléo-européenne », cette enquête prend une dimension comparative qui fait de l'ouvrage une contribution à l'histoire ethnolinguistique de l'Europe.

D'un autre côté, l'attention portée à nombre de petits cours d'eau oubliés, souvent de dénomination dialectale, restitue leur mémoire, les introduit dans la recherche internationale et contribue à la sauvegarde d'une part méconnue du patrimoine wallon.

Conçu dans une perspective principalement onomastique, le répertoire met en évidence l’archaïsme de cet aspect de notre patrimoine linguistique et fait connaître aussi nombre d’hydronymes secondaires à demi oubliés, mais intéressants, et perdus dans des monographies locales. Ce travail, qui n’a jamais été entrepris à pareille échelle, n’entend donc pas se borner à la nomenclature actuelle [3].

Une contribution à la science qui intéressera les géographes, les historiens, les linguistes comparatistes et les dialectologues.

Bernard DELCORD

Les noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones par Jean Loicq, Leuven, Éditions Peeters, collection « Mémoires de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie. Section Wallonne », n°26, décembre 2014, XIX-406 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 25,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 75 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce dictionnaire érudit la notice suivante, en supprimant les abréviations pour faciliter la lecture :

L’Inson

Parfois Hinson, Linson, wallon a inson : ruisseau à Grupont (Luxembourg, Neufchâteau), affluent droit de la Lomme formé de plusieurs branches à Awenne, dans la forêt de Saint-Hubert. - 1618 « rieux d'enson », 1669 « au ruisseau d 'Enson » (Lesse, n°13). - Ce nom, visiblement ancien et qui rappelle Hingeon, suggérerait un original *hag in-is-on- « ruisseau de la forêt » (cf. Haine), bien que H manque aux graphies du XVIIe siècle ; mais, dans cette région, la prononciation wallonne sans aspiration initiale n'enseigne rien. L'étymologie proposée par Carnoy (germanique hehn­ is-on, « ruisseau des prés », cf. vieux slave, « regain ») n'est appuyée par aucun élément de comparaison.


[1] Licencié-agrégé en philosophie et lettres ULG (philologie classique) [1956] ; candidat en histoire et littératures orientales (Inde-Iran) [1957] ; élève titulaire de l’École des hautes études de la Sorbonne (linguistique indo-européenne, italique, celtique ; antiquités romaines et gallo-romaines ; protohistoire européenne) [1962] ; stagiaire CNRS auprès de la Direction des antiquités de Haute-Provence (1962) ; docteur en philosophie et lettres ULG (1972).

[2] Professeur d’histoire et archéologie romaines et de civilisation celtique [1980-1998] ; professeur honoraire resté titulaire de cours de 3e cycle (1998-2003).

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 07 15

Encyclopédie gastronomique…

Dictionnaire gourmand.jpgDu canard d'Apicius à la purée de Joël Robuchon, les 188 entrées du Dictionnaire gourmand de l’historienne Marie-Hélène Baylac paru chez Omnibus à Paris traitent de la petite et de la grande histoire des aliments et des mets, proposent 512 recettes et tours de main inattendus, des anecdotes croustillantes, des précisions nutritionnelles, des explications sur les variétés de fruits et de légumes, sur les morceaux des viandes et des poissons, sur les cépages des vins, sur les produits de saison, sur leurs qualités, mais aussi des extraits d'œuvres d'écrivains, des références artistiques de toutes sortes, des indications de vocabulaire, des renvois bibliographiques...

Tout en répondant à des questions comme : quand et comment les produits que nous consommons sont-ils entrés dans le répertoire culinaire ? Comment sont nés et ont évolué les plats les plus emblématiques ? Quels témoignages en véhiculent la littérature, la peinture, le cinéma, la chanson ? Pourquoi, finalement, le « repas gastronomique des Français » a-t-il été inscrit par l'Unesco au patrimoine culturel immatériel de l'humanité ?

Une mine d’informations savoureuses !

Bernard DELCORD

Dictionnaire gourmand – Du canard d'Apicius à la purée de Joël Robuchon par Marie-Hélène Baylac, Paris, Éditions Omnibus, collection « Cuisiner ! », mai 2014, 1 477 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 31 € (prix France)

Voici la recette d’un dessert unanimement apprécié depuis bien longtemps :

Abricots Condé

Pour 6 personnes

Ingrédients :

700 g d’abricots

200 g de riz

1 litre de lait entier

1 gousse de vanille

280 g de sucre en poudre

2 cuillerées de kirsch

Fruits confits (cerises et losanges d'angélique)

Beurre

Recette :

Préparez un riz au lait :

Versez 200g de riz à grains ronds dans une casserole d'eau portée à ébullition.

Laissez le riz dans l'eau 3 minutes puis égouttez-le et versez-le dans une casserole contenant 1 litre de lait entier parfumé avec 1 gousse de vanille fendue en deux.

Faites cuire très doucement pendant une demi-heure puis ajoutez 100g de sucre en poudre et poursuivez la cuisson 15 à 20 minutes (le riz doit s'écraser).

Versez le riz dans un moule ovale très légèrement beurré et laissez- le refroidir à température ambiante.

Pendant ce temps, préparez les abricots :

Dans une casserole, faites fondre 180g de sucre en poudre dans ¼ de litre d'eau.

Laissez bouillir 2 minutes puis ajoutez 700g d'abricots mûrs à point coupés en deux et débarrassés de leurs noyaux.

Faites frémir doucement.

Au bout de 6 à 8 minutes, retirez une dizaine d'oreillons (c'est le nom qu'on donne aux demi-abricots).

Faites cuire le reste jusqu'à obtenir une compote.

Hors du feu, incorporez 2 cuillerées de kirsch.

Pour servir, démoulez le riz au lait sur un plat.

Décorez-le avec les oreillons d'abricots, et quelques fruits confits (cerises et losanges d'angélique).

Servez avec la compote d'abricots au kirsch tiède.

Astuce :

Si vous manquez de temps (ou en hiver), vous pouvez utiliser des oreillons d'abricots au sirop en conserve pour préparer la garniture.

Écrit par Brice dans Bernard Werber, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 07 15

Le politicard sans peine…

La parlotte de Marianne.jpgDans La parlotte de Marianne – L'argot des politiques paru aux Éditions Horay à Paris en 2009 et toujours en vente (chez Albin Michel, qui a racheté la maison), Bruno Fuligni a laissé libre cours à sa grande érudition pour épingler le jargon des politiciens de l’Hexagone.

Voici comment il nous présente son ouvrage :

« Les hommes politiques aussi ont leur argot, pittoresque et méconnu. Notre époque n'est pas avare de néologismes, comme l'attestent des inventions aussi parlantes que le bling-bling, la Firme, le Sarkoland et la datillotine.

Mais le millier de mots recensés dans ce livre nous fait revivre aussi des épisodes lointains, des tendances oubliées de la vie politique française.

Qui ouvrira encore l'armoire de fer ou le cagibi des belles madames ? Que sont devenus les bousingots et les burgraves, les mascurauds et les blocards ? Où siégeaient les puritains, les matois, les arcadiens, les aragouins, les picrocholins ? Les Jeunes Turcs, qui n'étaient pas des mamelucks, réprouvaient-ils la danse du ventre ? Les guesdos ont-ils voté le dromadaire ? L'inventeur du tamisier est-il dans le Barodet ou dans le Pierre ? Trouve-t-on toujours des deputados chez ma tante ? Quand la simyanette a-t-elle remplacé la mougeotte ? Qu'est-ce qu'une ragusade, une couesnonnade, une transnoninade ? Est-il bien ou mal de ronsiner, camboniser, bentaboliser ? Vaut-il mieux sortir par la porte de Tellier ou par la grille du coq ? Pourquoi le lavelua dispose-t-il d'un kivalu, alors que le tuisigave et le tuiagaifo n'en ont pas ?

Autant de questions essentielles auxquelles les initiés ne seront plus seuls à répondre...

S'il est naturel que les hommes politiques aient leur jargon, il faut aussi que tout citoyen puisse le comprendre. Ce lexique ne revendique que le charme du pittoresque ; mais il est peut-être indispensable. »

Allez savoir…

Bernard DELCORD

La parlotte de Marianne – L'argot des politiques par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Horay, collection « Cabinet de curiosité(s) », mars 2009, 269 pp. en noir et blanc au format 16 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 18,50 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 07 15

« La séduction, la répulsion, la dérision »

Les noms propres chez Céline.jpgAncien directeur du Robert et de Larousse, Michel Legrain est lexicographe, philosophe et spécialiste des religions et de la mythologie. Il est l’auteur de Dédale, héros de la démesure (Larousse) ainsi que d’un Dictionnaire indiscret de l’Olympe (Perrin), d’un Petit guide du paradis et d’un Petit guide de l'enfer (Armand Colin), d’un La Comtesse de Ségur. Mots, silences et stéréotypes et d’Un doudou pour bébé (Honoré Champion), d’un Dictionnaire de la Bible et du christianisme (Larousse, collection In extenso) et d’un Dictionnaire des femmes dans la Bible (Éditions du Cerf).

Il a aussi fait paraître chez Slatkine à Genève un étonnant petit dictionnaire tout en érudition intitulé Les noms propres chez Céline – Parcours alphabétique et lectures thématiques dans lequel il fait montre d’une remarquable connaissance de l’œuvre de l’auteur du Voyage au bout de la nuit, de Mort à crédit, de Guignol’s Band et de Casse-pipe.

Écoutons-le :

« Céline assemble les mots de façon improbable pour écrire la musique de ses récits. Quand il a épuisé les ressources de la langue ordinaire, il forge des mots nouveaux et tord le cou à la syntaxe traditionnelle.

Cet exercice porte aussi sur les noms propres qui désignent les personnages réels ou imaginaires qu'il a croisés, les pays, les villes, les bateaux, les animaux de sa vie et de ses rêves. Il a un art consommé de la manipulation pour appeler de façon inattendue celui-ci par son nom, celui-là d'un pseudonyme évocateur pour mieux le mettre en scène.

[J’ai] cherché à deviner quels personnages se cachaient sous les masques et en quels lieux nous étions invités.

Les dénominations de ceux-ci et de ceux-là disent l'espoir, la fascination, l'illusion, le désarroi, le mépris, le courage et la lâcheté, la mort. Avec des mots-valises, des amalgames incongrus, des suffixes dépréciatifs, des rimes évocatrices, Céline nous dit les vertiges de son voyage au bout de la vie.

Il n'est pas innocent que la Grande Guerre commence pour Bardamu à Noirceur-sur-la-Lys ni que le pays d'Afrique qui fit rêver le héros avant qu'il y fût s'appelât Bragamance plutôt que trivialement Cameroun. Laval, en revanche, ne pouvait s'appeler Dupont et Berlin ne pouvait cesser d'être la capitale, même rasée, d'une Allemagne en déroute. »

Au fait, savez-vous qui étaient l'Agité du bocal [1], Ciboire [2], Dur de mèche [3], Buste-à-pattes [4], L’Harangon [5], Marc Empième [6], Achille Brottin [7], Norbert Loukoum [8], Lili [9] et Poupine [10] ?

Michel Legrain propose, pour les croiser, un répertoire alphabétique et des lectures thématiques dans lesquelles il navigue sur les thèmes obsessionnels qui ont hanté Céline.

Bernard DELCORD

Les noms propres chez Céline – Parcours alphabétique et lectures thématiques par Michel Legrain, Genève, Éditions Slatkine, collection « Érudition », mai 2015, 241 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture brochée en bichromie, 45 €



[1] Jean-Paul Sartre.

[2] Paul Claudel.

[3] André Malraux.

[4] Henry de Montherlant.

[5] Louis Aragon.

[6] Marcel Aymé.

[7] Gaston Gallimard.

[8] Jean Paulhan.

[9] L’épouse de Céline, Lucette Almansor.

[10] L’un des quatre chats de Céline au Danemark.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 06 15

Demandez l’édition des 160 ans !

Petit Larousse illustré 2016 avec carte.jpgIl y a 160 ans, en 1856, le pédagogue, encyclopédiste, lexicographe et éditeur française Pierre Larousse (1817-1875), un libertaire de la plus belle eau – c’était un ami très proche de Pierre-Joseph Proudhon –, faisait paraître son Nouveau Dictionnaire de la langue française, l’ancêtre du Petit Larousse.

L’ouvrage est aussitôt condamné par l’Église et mis à l’Index des Livres Interdits par le Saint-Office de l’Inquisition romaine.

L’œuvre majeure de Pierre Larousse fut le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, fort de 22 700 pages, qui fut d’abord publié en fascicules entre 1864 et 1866, avant que notre homme les regroupe en 17 volumes qui parurent de 1866 à 1876.

Dans le droit fil de ses versions antérieures, Le Petit Larousse illustré 2016– et son jumeau de luxe Le Grand Larousse illustré 2016 – constituent le plus complet des dictionnaires de la langue française, avec des définitions claires et précises, accompagnées d'exemples, compilant plus de 62 800 mots, 125 000 sens et pas moins de 20 000 locutions et expressions, tout en fournissant les étymologies, des synonymes et des analogies. Les niveaux de langue sont par ailleurs précisés pour un emploi correct des mots. En outre, et dans l’esprit du fondateur, toutes les difficultés et les particularités grammaticales sont expliquées pour aider à maîtriser l'orthographe et la syntaxe.

Mais il s’agit avant tout d’un dictionnaire encyclopédique réunissant des milliers de notices encyclopédiques sur tous les domaines de la connaissance (sciences, économie, philosophie…), parmi lesquelles 28 000 noms propres (personnalités, œuvres, lieux, pays, événements historiques…), doublé d’une formidable banque d'images avec 5 500 photos, cartes, dessins, schémas, et plus de 150 planches illustrées.

Grand Larousse illustré 2016 .jpgL’ouvrage se complète d’un répertoire de citations et de proverbes, d’un atlas, de la reproduction des drapeaux du monde et d’une chronologie universelle.

Mais aussi d’une carte d’activation donnant un accès gratuit à la version en ligne jusqu'au 1er janvier 2018 avec des mises à jour régulières.

On y trouve un dictionnaire de français de 80 000 mots et 9 600 tableaux de conjugaison, plus de 200 vidéos de L'INA sur les évènements qui ont marqué le XXe siècle, des dossiers encyclopédiques sur les grandes notions de la culture et du savoir, de nombreuses photographies et des animations ludiques.

Formidable, non ?

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse illustré, Paris, Éditions Larousse, mai 2015, 2 044 pp. en quadrichromie au format 16 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 33,55 €

Le Grand Larousse illustré, Paris, Éditions Larousse, mai 2015, 2 110 pp. en quadrichromie au format 19 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49,95 €

Nouvelles entrées

Pour les amateurs de nouveautés, voici une liste de quelques-uns des 150 noms communs et des 56 noms propres qui font leur entrée dans l’édition 2016 :

Noms communs :

Nouveaux mots :

anthropocène, big data, bistronomie, bitcoin, bolos, capitaliser, chneuquer, chouiner, circulation alternée, community manager, crudivore, dédiabolisation, durabilité, écopastoralisme, électrosensibilité, écopastoralisme, égoportrait, faucheur volontaire, glamouriser, goji, guar, gyropode, lose, mémériser, open data, particule fine, rétropédaler, selfie, siester, surréagir, tomate cœur-de-bœuf, tuto, végan, VTC, zadiste, zénifiant…

Nouvelles définitions :

Amarrer (séduire quelqu’un).

Ferme (regroupement de dispositifs identiques dans un même lieu et à même échelle. Exemples : ferme de serveurs, ferme photovoltaïque).

Melon (grosse tête).

Moléculaire (cuisine).

Oubli (numérique)

Responsable (qui respecte les valeurs de développement durable).

Noms propres :

Nouveaux entrants :

BANSKY (street artiste britannique).

Michael CAINE (acteur britannique).

Novak DJOKOVIC (tennisman serbe).

Pierre HERMÉ (pâtissier français).

KIRAZ (dessinateur de presse français).

Renaud LAVILLENIE (athlète français)

Lynda LEMAY (chanteuse québécoise)

Bernard Henri-LÉVY (philosophe français).

Alain PASSARD (cuisinier français).

PIXAR (studios de cinéma).

Pierre RABHI (pionnier de l'agroécologie).

Pierre RICHARD (acteur français)

ROSETTA (sonde spatiale).

Malala YOUSAFSAI (Prix Nobel de la Paix pakistanaise).

Nouveaux entrants belges :

Ingrid DAUBECHIES, mathématicienne et physicienne belge, naturalisée américaine.

Olivier GOURMET, acteur.

Pierre MARCOLINI, pâtissier et chocolatier.

Charles MICHEL, homme politique (Premier ministre depuis octobre 2014).

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 02 15

Horreurs inouïes...

Dictionnaire de la Shoah.jpgSous la direction de Georges Bensoussan, historien et responsable éditorial du Mémorial de la Shoah (Paris), de Jean-Marc Dreyfus, spécialiste de l'aryanisation des biens juifs et maître de conférences à l'Université de Manchester, d’Édouard Husson, spécialiste de l'Allemagne nazie, maître de conférences et directeur de recherches à l'Université Paris-Sorbonne, ainsi que de Joël Kotek, spécialiste d'histoire contemporaine, maître de conférences à l'Université libre de Bruxelles et chargé de cours à l'Institut d'Études politiques de Paris, le Dictionnaire de la Shoah reparu chez Larousse dans une nouvelle version à l’occasion du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz a rassemblé une équipe de plus de 70 auteurs, dont des spécialistes allemands, américains, anglais et israéliens.

Une publication salutaire dans le contexte actuel où, sous couvert de critiquer la politique  – pour le moins discutable, il est vrai – de l’État d’Israël et de défendre la création – légitime aux yeux de la communauté internationale en général, et aux nôtres en particulier – d’un État palestinien souverain dans les frontières décidées par l’ONU, d’aucuns n’hésitent pas à afficher des prises de position révisionnistes et négationnistes fondées sur des « études » dénuées de crédibilité mettant en doute la réalité de la tentative d’extermination des Juifs et des Tsiganes d’Europe par les nazis.

Car refuser de reconnaître que trois millions de Juifs ont été assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions en tout, et que des communautés entières ont été rayées de la carte, et ce, dans le seul but de légitimer un combat politique actuel est tout à la fois immoral, indigne et criminel.

Immoral, parce que cela reviendrait à faire croire que les souffrances endurées aujourd’hui par un peuple précis pourraient annihiler celles subies par un autre dans le passé. On ne sache d’ailleurs pas que les victimes des tentatives génocidaires de la seconde moitié du XXe siècle – au Cambodge, au Rwanda, au Soudan… – se soient fourvoyées dans de semblables errements.

Indigne, parce que le mensonge déconsidère non seulement ceux qui le profèrent en raison d’intérêts partisans (la réhabilitation du nazisme par les révisionnistes d’extrême droite, le travail de sape des fondements moraux de l’État d’Israël par les négationnistes d’extrême gauche soutenus par l’Iran), mais aussi ceux qui le partagent sans même s’apercevoir qu’ils dynamitent ainsi les bases de leur propre cause en la justifiant par un travestissement monstrueux de l’histoire humaine.

Criminel, parce que les crachats ignominieux jetés sur la mémoire de morts prolongent leurs souffrances jusque dans le cœur de leurs descendants qui se retrouvent en situation de victimes expiatoires d’un imbroglio politique à mille lieues de l’antisémitisme européen d’avant 1945 et de la volonté nazie d’extermination des Juifs mise en œuvre entre 1933 et 1945.

En dressant un bilan précis des événements, en analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi en ressuscitant les victimes à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive d’avant-guerre, le Dictionnaire de la Shoah permet de mieux cerner l'ampleur gigantesque de la tragédie ainsi que ses prolongements.

Et, on peut l’espérer, de remettre en place les idées de certains agités du bocal…

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la Shoah, ouvrage collectif sous la direction de Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus, Édouard Husson et Joël Kotek, Paris, Éditions Larousse, collection « À présent », janvier 2015, 638 pp. en noir et blanc + un cahier de 16 pp. de cartes en quadrichromie au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,90 € (prix France)

Voici une notice éclairant en partie le conflit actuel entre la Fédération de Russie et l’Ukraine :

Auxiliaires supplétifs

Dans les pays occupés par l'Allemagne, des forces locales se mettent au service de la politique de répression et d'extermination. Ainsi en Belgique, en France ou bien encore aux Pays-Bas, des policiers participent aux rafles. Peu à peu, des unités de volontaires se constituent et mènent la lutte contre les résistants ou pratiquent les arrestations massives de Juifs ; en France, la « police aux questions juives » outrepasse ses attributions et procède également à des arrestations et la milice, créée en janvier 1943, est la force principale derrière les arrestations de Juifs dans les derniers mois de l'Occupation. Dans bien des cas, la déportation ou le massacre de masse perpétrés par les SS, les Einsatzgruppen, les bataillons de la police d'ordre (l'Orpo), la Gestapo ou la Wehrmacht n'auraient pas été possibles sans cette aide. Ces auxiliaires se recrutent souvent dans les partis locaux d'extrême droite et fascisants. Un certain nombre de ces volontaires sont intégrés dans la Waffen-SS.

Dans les pays d'Europe de l'Est, des dizaines de milliers d'hommes furent les auxiliaires zélés des massacres en Ukraine et dans les États baltes en particulier. Aux motivations antisémites s'ajoutèrent souvent un violent anticommunisme ainsi qu'un nationalisme exacerbé. Ainsi dans les pays baltes, le Lietuvu Aktvystu Frontas (LAF, Front des activistes lituaniens) prit part aux pogroms de même que des commandos lettons et estoniens. Organisées en sections et commandos, ces forces supplétives servirent également aux escortes des convois de déportations et participèrent aux massacres. Des unités de Lettons participèrent à l'écrasement de l'insurrection du ghetto de Varsovie en avril 1943.

Dans les centres d'extermination, des auxiliaires furent en charge notamment de la surveillance, comme à Treblinka où les supplétifs ukrainiens, particulièrement violents, étaient plus nombreux que les SS. Eu Pologne, ces auxiliaires connus sous le nom de Trawnikis – du nom du camp de concentration où ils étaient « formés » –jouèrent un rôle de soutien au cours de l'Opération Reinhard.

L'extension de la guerre en Union soviétique nécessita aussi un besoin grandissant de supplétifs pour lutter contre les partisans  ou pour participer à la « Solution finale ». En Ukraine, en Biélorussie et dans les pays baltes, ces bataillons de milices prirent part aux côtés des Einsatzgruppen à la « Shoah par balles ».

28 12 14

« Les gloires du passé ne sont vivantes que pour les pays vivants. » (Jean Jaurès)

Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains.jpgPour rédiger son Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains paru aux Éditions Favre à Lausanne qui retrace et l'étymologie et l'évolution des noms des pays africains au cours de l'histoire, le jeune chercheur Camerounais Arol Ketchiemen – il est né en 1990 – s’est livré à un travail des plus complexes, en raison de la rareté des sources fiables, de l'absence de documents anciens ou encore de la nécessité de maîtriser les différentes langues locales.

Et parce que les noms ont souvent été corrompus lors du passage de l'oral à l'écrit, il lui a fallu effectuer un retour aux sources. Pour ce faire, il a notamment consulté les carnets de bord et les récits de voyage des premiers explorateurs ayant visité l'Afrique, afin de retrouver les formes originelles sous lesquelles sont apparus certains toponymes et les premières significations qui leur ont été attribuées.

« Le nom d'un pays est comme son ADN historique, il renferme un ensemble d'informations relatif à son évolution dans l'espace et dans le temps », assure l’auteur.

De fait, on découvre avec lui qu'il y a de tout dans les étymologies des noms et surnoms de pays : mythes et mythologies, petites histoires et anecdotes, récits des unions avortées entre pays et velléités séparatistes, idéologies nationalistes, typologie des habitants qui y vivent ou y ont vécu, topographie, etc.

On y trouve donc des toponymes issus de langues locales, mais d'autres ont une origine latine, grecque, romaine, berbère ou punique.

 

Un passionnant voyage de l’Afrique du Sud au Zimbabwe en passant par l’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, la Centrafrique, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, le Maroc, l’Île Maurice, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda, São Tomé et Príncipe, le Sénégal, les Seychelles, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Swaziland, la Tanzanie, le Tchad, le Togo, la Tunisie et la Zambie !

Bernard DELCORD

Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains par Arol Ketchiemen, Lausanne, Éditions Favre, septembre 2014, 315 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage remarquablement savant ces quelques lignes relatives à un pays cher à notre cœur :

Congo

L’ancien royaume du Kongo a donné son nom à deux pays d’Afrique : la République du Congo et la République démocratique du Congo. Pour distinguer ces deux pays, le nom de leur capitale est souvent mis en exergue dans leur appellation. C’est ainsi que, dans l’usage courant, on évite la confusion en les appelant « Congo-Brazzaville » et « Congo-Kinshasa ».

Le Congo a été nommé d’après le royaume du Kongo, qui a par ailleurs donné son nom au peuple bakongo.

L'étymologie de « Kongo » demeure incertaine et donne lieu à plusieurs interprétations.

Une première hypothèse rattache le mot « Kongo » à l'expression ko-ngo qui signifie « allié de la panthère ». Chez les Bantous d'Afrique centrale, un rapport associait cet animal à toute chefferie. Un mythe raconte que le roi du Kongo s'identifiait au léopard ou à la panthère [1]. Lorsque les populations étaient confrontées aux dangers à l'intérieur du royaume, elles venaient trouver refuge auprès du roi en disant : « Nous allons chez le léopard », en langue koongo « Tuele ku Ngo ». C'est la forme brève de cette phrase raccourcie en « Ku Ngo » qui aurait donné Kungo ou Kongo.

Une autre hypothèse voudrait que ce nom eût été celui d'un chasseur émérite du royaume, Nkongo. Par extension, une interprétation voisine rattache ce nom au terme réservé à une arme de jet, le kongo ou kong.

Selon une autre hypothèse, Kongo dériverait du verbe kónga - kúnga, « réunir, joindre », employé dans l'expression Kongo dia Ntotila signifiant « union indivisible des États régis par un souverain élu démocratiquement » [2].

Une autre hypothèse qui nous semble fantaisiste et infondée suggère que le Congo a emprunté son nom au mot bantou kongo signifiant « la montagne » [3]. En effet, on a beau chercher, on ne trouve pas une langue bantoue de l'Afrique centrale en laquelle kongo signifie « montagne », de plus il n'y a que quelques petits monts dans cette zone et aucune montagne d'après laquelle ce pays pourrait avoir été nommé.

Les différentes hypothèses formulées ont pour point commun la référence au pouvoir, soit par l'allusion faite aux organes de celui-ci (chefferie, royaume...) soit par les symboles du pouvoir (panthère, souverain...) soit par des termes figurant dans les traditions ou les mythes évoquant le héros fondateur du royaume.

L'existence du royaume du Kongo situé en aval d'un immense fleuve poussa les Portugais à donner au fleuve le nom du royaume. Dans les documents les plus anciens, le cours d'eau était appelé Rio de padrao, ce qui signifie « fleuve du pilier ». Il avait reçu ce nom car le navigateur portugais Diogo Cao, qui aborda l'embouchure du fleuve en 1482, dressa sur la rive un pilier de pierres pour marquer sa découverte (en effet, le roi du Portugal prescrivait à ses officiers d'ériger une colonne en pierre gravée d'inscriptions convenables et surmontée d'un crucifix en plomb pour marquer leur souveraineté entière sur les terres qu'ils découvriraient). Puis le nom « Congo » s'étendit progressivement au fleuve entier. Henry Morton Stanley, qui en explora le cours en 1874-1877, l'appelait toujours Livingstone River.

Les populations habitant ce royaume désignaient le fleuve sous le nom Nzadi ou Nzai. C'est cette appellation qui, par emprunt, est devenue en portugais Zaïre.


[1] Ce mythe et cette hypothèse m'ont été rapportés par l'abbé Paul Nzinga (www. nenzinga.info).

[2] Ibid.

[3] ASKHARI Hodari. The African Book of Names: 5,000+ Common and Uncommon Names from the African Continent. HCI, 2009.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 03 14

Un travail de titan !

Le dictionnaire de l'ancien français.jpgAlgirdas Julien Greimas est né en 1917 à Toula, en Russie et il est mort en 1992 à Paris. C' est un linguiste et un sémioticien d'origine lituanienne et d'expression française, fondateur de la sémiotique structurale d'inspiration saussuro-hjelmslévienne et animateur du « Groupe de recherche sémio-linguistique » (EHESS/CNRS) et de l'École sémiotique de Paris. Ses principaux ouvrages sont Sémantique structurale (1966), Du sens (1970) et Du sens II (1983) [1].

On lui doit aussi Le dictionnaire de l'ancien français (1979), un monument d'érudition que les Éditions Larousse à Paris ont eu l'excellente idée de faire reparaître en 2012 dans leur collection de prestige et qui est toujours disponible en librairie.

Il s'agit d'un ouvrage complet et documenté pour le plus grand bonheur médiévistes, certes, mais aussi des amoureux de l’histoire de la langue française, avec ses 14 000 notices documentées enrichies de 4 000 citations et exemples donnant 35 000 définitions, excusez du peu !

Et ce n'est pas tout : chaque article regroupe les dérivés sous les entrées principales et donne les différents sens des mots et des locutions ainsi que leur étymologie, la date de leur première apparition dans un texte écrit et les références de celui-ci.

Le domaine lexical recouvert, celui de l'ancien français proprement dit, va de la Chanson de Roland (fin du IXe siècle) jusqu'à 1350, à l'exclusion, par conséquent, des écrits de Jehan Froissart (ca 1337-après 1404), de Pierre Bersuire (ca 1300-1362) et de Nicole Oresme (ca 1320-1382), mais il inclut 80% des mots décrits précédemment par Frédéric Godefroy dans son Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle (10 volumes, 8 000 pages, 160 000 entrées) rédigé entre 1880 et 1895.

Deux œuvres colossales !

Bernard DELCORD

Le dictionnaire de l'ancien français par Algirdas Julien Greimas, Paris, Éditions Larousse, janvier 2012, collection « Les grands dictionnaires Larousse », 630 pp en noir et blanc au format 17 x 23,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 20,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la définition suivante, d'un verbe souvent utilisé en cuisine :

Frire

Frire v. (1190, J. Bod.[2].  ; lat. frigere). -1. Frire. -2. Frissonner, trembler, tressaillir. -3. Pétiller (en parlant du vin). -4. Brûler de désir, frémir : S'amie qui tout le fet frire Quant il se tient de li plus pres. (Rose [3]). <> friture n.f. (déb. XIs., Ps. Cambr.[4] ; lat. pop. *frictura). -1. Friture. -2. Terme d'injure : Tais mais, gars et friture. (Rom. d'Alex.[5]). <> fritel n.m. (1204, R. de Moil.[6]) . Pâte frite contenant du hachis.


[1] Source : Wikipédia.

[2] = Jean Bodel, Le Jeu de saint Nicolas, 1190.

[3] = Le Roman de la Rose, version de Jean de Meung, 1277.

[4] = Psautier de Cambridge, début du XIIe siècle.

[5] = Roman d'Alexandre, 1180.

[6] = Renclus de Moiliens, Roman de Carité, 1204.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |