25 10 13

Les mots d'aujourd'hui...

Le Robert illustré 2014.jpgSe basant sur un ordre alphabétique unique regroupant les noms propres et les mots du français usuel (en fournissant leur orthographe, leur conjugaison, leur étymologie, leurs synonymes, les expressions et les locutions...), Le Robert illustré 2014 & son dictionnaire internet constitue un outil fort complet avec ses 160 000 définitions aux multiples exemples, ses 35 000 noms propres de personnalités, événements, pays, régions, villes..., ses 2 000 dossiers et planches thématiques sur les grands domaines de la culture générale et les sujets forts du monde contemporain ainsi que ses 6 000 illustrations et cartes.

Il se complète d'une clé d'accès USB donnant accès jusqu'au 30 juin 2017 à un dictionnaire sur Internet avec de nombreux compléments exclusifs :

– 100 vidéos clés de l’Histoire de 1895 à nos jours sélectionnées et légendées par la rédaction du Robert en partenariat avec Gaumont Archives ;

– une banque d’images de 6 000 photos, 7 000 noms propres et 600 dossiers encyclopédiques supplémentaires, un conjugateur de 6 400 verbes, un atlas et une chronologie interactive, 1 000 notices d’œuvres, 3 200 citations… ;

– des mises à jour chaque mois.

Parmi les nouveautés de l'année, relevons l'intégration des belgicismes « brol » et « fricadelle » ainsi que de la kriek, celle des footballeurs Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, du pape François ainsi que des mots et expressions « exil fiscal », « triple A », « low-cost », « boson de Higgs », « bombasse » et « plan cul »...

Un dictionnaire up-to-date, on en conviendra !

Bernard DELCORD

Le Robert illustré 2014 & son dictionnaire internet, ouvrage collectif, Paris, Éditions Le Robert, mai 2013, 2 112 pp. en quadrichromie au format 16,5 x 24 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,99 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 08 13

Mots utiles... on ne sait jamais !

L'argot des prisons.jpgSous-titré Dictionnaire du jargon taulard & maton du bagne à nos jours, L'argot des prisons paru chez Horay à Paris sous la plume de Jean-Michel Armand devrait figurer dans toutes les bibliothèques privées, parce qu'on ne sait jamais, et en particulier dans celles du personnel politique de langue française qui, par les temps qui courent, constitue à l'évidence un public de choix pour cet ouvrage pittoresque et très documenté.

Avoir à déplier son accordéon (son casier judiciaire), subir une descente à la cave (synonyme : fouille à cul...), avoir la chiasse (des ennuis), partager sa cellule avec un capuccino (détenu noir, mais très clair de peau), un blanc (innocent), un blédard (fauché, sans ressources), une bite-de-riz (asiatique), un boucan (détenu agité) ou un fatigué (fou), rêver à du caviar (une prostituée particulièrement belle, à déguster lentement) plutôt que de se faire mêler (dérouiller par d'autres détenus) ou subir une hagra (injustice), éviter de se banner (fumer du haschich ou du crack), craindre la dasse (le sida) et user de la technique du yoyo pour communiquer par la fenêtre avec un fil entre les cellules...

Des éventualités auxquelles le lecteur concerné pourra se préparer linguistiquement en toute innocence !

Bernard DELCORD

L'argot des prisons par Jean-Michel Armand, Paris, Éditions Horay, novembre 2012, 238 pp. en noir et blanc au format 16 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 07 13

Le monde comme il va...

Le Petit Robert 2014.jpgIntégrant plusieurs centaines de mots nouveaux [1], Le Petit Robert 2014 constitue une mine d'informations sur l'évolution de notre culture, dont le langage est tout à la fois le moteur et le reflet. Si on y ajoute les personnalités qui rejoignent Le Petit Robert des noms propres 2014 [2], on dresse un panorama extraordinaire.

Le premier volume on retrouve le français vivant, les mots et expressions d'aujourd'hui, on peut vérifie l'usage de chaque mot (l'orthographe, la prononciation, les nuances de sens, les homonymes), découvrir l'histoire des mots et leur étymologie, passer d'une idée à l'autre, aller du connu vers l'inconnu, en suivant les liens entre les mots (synonymes, analogies, contraires...), rencontrez les auteurs classiques et contemporains, par leurs citations: Olivier Adam, Emmanuel Carrère, Jean Echenoz, Annie Ernaux, Alice Ferney, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Carole Martinez, Patrick Modiano, Marie NDiaye, Amélie Nothomb, Daniel Pennac, Pascal Quignard, Michel Tournier, Michel Tremnlay, Delphine de Vigan... et voyager au cœur de la francophonie en partant à la découverte de ses richesses.

Le second ouvrage aborde tous les domaines du savoir et de la culture : histoire et politique, géographie, économie, arts et spectacles, littérature et philosophie, mythologie, religion, sciences et techniques, sport... à travers 40 000 noms propres (lieux, personnes, événements, institutions, œuvres...), 2 000 photographies et reproductions, 10 000 étymologies de noms de personnes et de lieux, 350 articles de synthèse sur les mouvements artistiques, religieux ou politiques, 240 cartes historiques, politiques et géographiques, 140 tableaux (les dernières données économiques des principaux pays, les organisations Le Petit Robert des noms propres 2014.jpginternationales, les dynasties), 200 pages de chronologie (les grandes dates et événements du monde entier dans tous les domaines.

Toute une bibliothèque à eux seuls !

Bernard DELCORD

Le Petit Robert 2014 et Le Petit Robert des noms propres 2014, ouvrages collectifs sous la direction d'Alain Rey, Paris, Éditions Le Robert, mai 2013 et juin 2013, 2 837 pp. en noir et blanc et 2 670 pp. en quadrichromie au format 17,7 x 24,9 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 60 € chacun (prix France) incluant 1 an d'accès à l'édition numérique



[1] Parmi lesquels on trouve kéké (pour désigner un frimeur), bombasse (une femme sexy), chelou (verlan de louche, étrange), choupinet (mignon), galoche (bisou avec la langue), plan cul (on vous passe la traduction), hénaurme, mais aussi le fameux boson de Higgs, microblog, triple A, fadette, retoquage, les verbes dédiaboliser, nobéliser et clasher (attaquer) ainsi que les adjectifs traçable, goncourable  ou low cost. Du côté de la Francophonie, on découvre, venus de Québec, le bas-culotte qui désigne les collants, le chialage qui consiste à se plaindre sans cesse, le patenteux (bricoleur) et le verbe bourrassier (grogner, ronchonner) tandis que la Suisse fournit agender et que la Belgique s'illustre par son brol, la kriek et la fricadelle.

[2] Philippe Djian, Jim Harrison, Jacques Tardi, Yasmina Khadra, Michel Hazanavicius (le réalisateur de The Artist) ou Jacques Audiard, mais aussi le pape François, Jean-Louis Borloo et Harlem Désir, les créateurs de mode Jean-Louis Gaultier et Louis Vuitton, les navigateurs Florence Arthaud, Isabelle Autissier et Loïc Peyron,  le parachutiste Félix Baumgartner, Xi Jinping, qui succède à Hu Jintao en Chine, le Nobel de physique Serge Haroche ou encore des équipes de rugby mythiques, All Blacks de Nouvelle-Zélande, Wallabies australiens et Springboks d'Afrique du Sud.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 06 13

Un vrai dictionnaire qui fait rire !

crétin.jpgSous le titre "Le crétin tel qu'on le parle" et "ou le jargon des élites", Pierre Chalmin nous donne à lire, à observer, à commenter tout le charabia que l'on suit dans les médias. Non seulement c'est un arrêt sur image, sur mot, devrait-on dire, car tout change vite, surtout la mode, mais c'est en même temps une vue plus profonde qu'il n'y paraît sur notre société ! Cet auteur nous avait déjà donné un succulent "Dictionnaire des injures littéraires" et nous savons qu'il est "correcteur", soit qu'il corrige précisément toutes ces dérives artificielles de l'utilisation du langage. Au hasard du livre, je vous cite : "Accidentogène" pour dangereux, "Durable" pour écologique, "Leadership" pour direction, "Lisibilité" pour clarté, "Optimiser" pour améliorer, etc. Un régal pour tous ceux qui ont envie d'une langue juste, claire et simple; à l'opposé des langues de bois, des discours brumeux et pédants des gens de pouvoir, quel qu'il soit ! Une belle entreprise de dénonciation, c'est certain ! En 1925, on trouvait déjà un tel ouvrage "Le Musée des erreurs" de Curnonsky et Bienstock et dans leur préface cette phrase : "Les gens à court d'idées sont toujours à court de mots, et ils tournent la difficulté en remplaçant le terme propre par un doublet de leur invention". La meilleure illustration est sans doute "solutionner" pour éviter la conjugaison ignorée de résoudre ou "promotionner" pour promouvoir !

 

Jacques MERCIER

"Le crétin tel qu'on le parle" de Pierre Chalmin, les Editions de Paris Max Chaleil, 2013, 80 pp. 9 euros.

 

 

08 06 13

Les mots de Kin-la-Belle...

Le parler kinois.jpgLe texte ci-dessous a paru dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne datée du 8 juin 2013 :

Mélange de lingala, de kikongo, d'argot et de français, Le parler kinois (recensé par Roger Mazanza aux Éditions Le Cri) constitue un beau modèle de joliesse et de créativité, comme le montrent les quelques exemples suivants, dans la langue de Voltaire :

Ambianceur : fêtard. Bottine : préservatif, capote. Casser le Bic : abandonner l'école. Chine : commune de Masina (en raison de sa forte densité de population...). Cinq heures : personne atteinte de strabisme. Criseur : individu qui connaît des manques d'argent récurrents. Date critique : période située entre deux paiements de salaire. Dessert : cure-dents (à défaut de mieux...). Fusible : morceau de fil de fer servant à rafistoler une chaussure. Gica : Congolais vivant en Belgique ou Belge d'origine congolaise (vient de « Belgicain »). Jeton : injure que l'on jette à la figure de quelqu'un. Kadhafi : revendeur illégal de carburant. Mobiles : les fesses (d'une femme) qui bougent. Pédiatre : homme qui ne drague que des filles mineures. Quatre lettres (avoir les) : avoir le sida. Sans-payer : panier à salade de la police. Série 8 : désigne une femme née dans les années 80. Temps flamand : époque coloniale. Tonne : 1000 francs. VW : homosexuel (parce que la Coccinelle a son moteur à l'arrière...).

Funny, isn't it?

Bernard DELCORD

Le parler kinois par Roger Mazanza, Bruxelles, Éditions Le Cri, décembre 2012, 193 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 03 13

Beaux et/ou noirs dess(e)ins...

Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 23/03/2013 de l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

Les Éditions André Versaille à Bruxelles viennent de faire paraître sous la plume de Frans Lambeau, grand spécialiste de la question, un magnifique et passionnant Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation traitant pour la première fois le sujet de façon exhaustive.

On y découvre non sans stupeur que les heures noires de notre pays furent aussi un âge d'or de son 9e art, voyant notamment l'éclosion ou l'affirmation du talent d'E. P. Jacobs (qui lance Le Rayon U en 1943), d'Hergé (qui illustra à l'époque cinq albums de Tintin et, en 1941, Les deux Juifs et leur pari, une fable « d'un antisémitisme primaire »), d'André-Paul Duchâteau, de Jam (le dessinateur rexiste, futur Alidor de feu l'hebdomadaire satirique Pan dont ce qu'il reste roule désormais pour le PP de Modrikamen, hélas...), de Jijé (qui crée en 1941 le personnage de Jean Valhardi), de Mitacq, de Sirius (qui donne L'Épervier bleu en 1942), de Jean-Michel Charlier, de Maurice Tillieux, de Jan Waterschoot ou de Willy Vandersteen, de grosses pointures, on en conviendra, qu'ils fussent des traîtres ou des résistants des deux côtés de ce qui n'était pas encore la frontière linguistique...

Les supports ne sont pas oubliés (le Journal de Spirou, Voilà, le Soir volé et le « faux Soir », Bravo !, Franc Jeu, Het Mannekensblad...) ni les auteurs mineurs, ni le rôle des hommes politiques de tout poil ou de la Propaganda Abteilung.

Un essai joyeusement transformé qui restera dans les annales... et sur l'estomac de certains !

Bernard DELCORD

Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge sous l'Occupation par Frans Lambeau, préface de Philippe Goddin, Bruxelles, André Versaille éditeur, mars 2013, 334 pp. en quadrichromie au format à l'italienne 30 x 21 cm sous couverture brochée en couleur et à rabats, 34,50 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 02 13

Le tour du monde en un seul livre…

Le Petit Larousse illustré 2013.gifComplété d'un « anti-fautes de conjugaison » et plus riche que jamais, Le Petit Larousse illustré 2013 rassemble 150 000 définitions (de 62 000 mots et de 28 000 noms propres complétées des fameuses citations latines, grecques et étrangères, d'une chronologie universelle illustrée de 1 250 événements, de 400 encadrés et de 4 000 éclaircissements encyclopédiques sur les sujets-clés du savoir) ainsi que 5 000 images (des dessins, des schémas, des photographies, 350 cartes et plus de 120 planches)…

On y trouve bien entendu des mots nouveaux, relevant par exemple du domaine des sciences et de la médecine (biofilm, comorbidité, cryptozoologie, polymérase...) ou de la technologie (informatique en nuage, fadette, morphose, streaming, twitter...), de la vie quotidienne (bientraitance, bobologie, chibani, taper l'incruste...), des arts et spectacles (caméo, contre-ténor, feuilletonnesque, gnawa, goncourable...), de l'environnement (décarboner, éolien, gaz de schiste...), de la vie sociale, économique et politique (brigadiste, dette souveraine, gouvernance...), des régions (cagole, carasson, chabin, kéké...) et de la francophonie (bissab, Bob, bas-culotte, botsard, bracaillon...)

Ainsi que des personnalités nouvelles, à l'instar de Julian Barnes, écrivain britannique, Pierre Bergounioux, écrivain français, Andrea Bocelli, ténor italien, Rachid Boudjedra, écrivain algérien, Michel Bras, cuisinier français, Madame Carven, couturière française, Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre et psychanalyste français, Elio Di Rupo, homme politique belge, Jean Dujardin, acteur français , Pierre Gagnaire, cuisinier français, Michel Galabru, acteur français, Justine Hénin, joueuse de tennis belge, Jules Hoffmann, biologiste français d’origine luxembourgeoise, René Jacobs, haute-contre et chef d’orchestre belge, Agota Kristof, écrivaine suisse d’origine hongroise, Jacques Lacoursière, historien canadien, Michael Lonsdale, acteur français, Sidney Lumet, cinéaste américain, Lionel Messi, footballeur argentin et espagnol, Jean Piat, acteur français, Jean-Claude Pirotte, écrivain belge, Teddy Riner, judoka français, Sonia Rykiel, couturière française, les Simpson, série d’animation télévisée américaine, Jean Van Hamme, scénariste belge de bandes dessinées, Fred Vargas, écrivaine française...

Il y en a vraiment pour tous les goûts !

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse illustré 2013, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, juin 2012, 1934 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 30,50 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 01 13

Histoires des origines...

Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine.gifQui n'a jamais entendu parler des dieux de l'Olympe, des exploits d'Hercule, des voyages de Jason et d'Ulysse, de Thésée affrontant le Minotaure dans le Labyrinthe, d'Achille traînant le corps d'Hector sous les remparts de Troie, d'Enée traversant les Enfers ?

Des noms qui font rêver, des aventures prodigieuses, pleines de merveilles, de bruit et de fureur mais dont on ne connait pas toujours les détails.

Comblant ce vide, le très complet (1024 pp., 330 entrées, 1000 textes de 70 auteurs [1], 9 cartes et 8 généalogies) Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine illustré par les récits de l'Antiquité, un fort intéressant ouvrage collectif rédigé sous la direction d'Annie Collognat et publié par les Éditions Omnibus à Paris, rappelle combien la mythologie gréco-romaine est constituée d'un ensemble foisonnant de belles histoires imbriquées les unes dans les autres, remarquables de cohérence dans leur apparente diversité, car elles cherchent à donner un sens et un ordre aux mystères du monde.

Constamment repris et réutilisés depuis l'Antiquité dans la littérature comme dans les arts, ces récits fabuleux n'ont jamais cessé d'irriguer notre culture occidentale.

Un passionnant retour aux sources !

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine illustré par les récits de l'Antiquité, ouvrage collectif sous la direction d'Annie Collognat, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2012, 1024 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs et à rabats, 30 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort savant la notice suivante :

BACCHUS

Bacchus est honoré à Rome et dans les campagnes d'Italie comme dieu agraire : il protège la vigne. Les Romains ont repris aux Grecs non seulement l'histoire de Dionysos, mais encore une de ses épithètes, Bacchos, pour désigner ce dieu. Ils l'assimilent à une divinité italique, Liber pater. Représenté sous les traits d'un homme barbu d'âge mûr, Liber favorise la fertilité des champs : une année de famine, au début de la République, les livres sibyllins ordonnent aux Romains d'adopter le culte d'une triade divine, Cérès, Liber, Libera, dont les attributions reprennent celle de la triade grecque Déméter-Dionysos-Coré, qui protège les moissons et les autres récoltes. Comme chez les Grecs, la fertilité des champs est liée à la fécondité des hommes, donc à la sexualité.

Les auteurs chrétiens sont scandalisés par les indécences du culte de Liber en Italie : on y exhibe un phallus.

Les fêtes nocturnes en l'honneur de Bacchus connaissent beaucoup de succès mais suscitent rumeurs et scandales. Plus sans doute pour leur caractère exotique et anarchique que pour des raisons morales. Le Sénat romain interdit donc les Bacchanales en 186 avant J.-C. Les mystères célébrés autour de Bacchus-Dionysos, initiation qui assure le salut de l'âme après la mort, gardent pourtant de nombreux adeptes, en particulier dans les cercles orphiques.

Ovide développe une version originale de la relation entre Bacchus et Ariane, et raconte dans les Métamorphoses deux épisodes moins courants de la légende. Attaqué par des pirates tyrrhéniens lors d'un voyage à Naxos, Bacchus les change en dauphins. À la recherche de son ami Silène, il obtient l'aide de Midas pour le retrouver, et le récompense en lui accordant la réalisation de son vœu le plus cher.


[1] D'Homère, d'Ésope, de Sophocle, d'Aristophane, d'Eschyle, d'Euripide, d'Hérodote, d'Hippocrate, d'Aristote, de Platon, de Xénophon, de Sappho, de Virgile, d'Ovide, d'Horace, de Pline l'Ancien, de Tite-Live, d'Apulée, de Cicéron, de Plutarque, de Sénèque, de Pétrone, de saint-Augustin, entre autres.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 12 12

Quand l'argot s'en mêle

 DicoErotiqueArgot-C1[1].png

Passionné de la langue sous tous ses aspects - nous lui devons  une quarantaine d'ouvrages consacrés au français, à la sémantique, au parler bruxellois, espagnol, italien,  au cinéma, à Bruxelles, ... - notre ami Georges Lebouc s'est penché sur l'argot parisien , qu'il décline via les feux de l'amour.

Tempérant d'humour et d'exercices linguistiques pratiques  un tour d'horizon assez exhaustif du sujet-quand on aime, on ne compte pas -  l'auteur prend l'Histoire à témoin, Villon, Rabelais et belle  compagnie,  de métaphores  qui ne sont pas piquées des vers.

Certaines sont même  truculentes qui  permirent à plus d'un scribouillard fripon d'échapper à la répression de la censure.

L'atout majeur de la publication est de situer dans leur contexte, l'origine des expressions. Georges Lebouc le fait avec la bonne humeur, la verve qu'on lui connaît.

Et puis, ceux qui voudront pratiquer ce verlan spécifque, trouveront matière à échanger en un lexique franco-argot érotique, didactique et précieux.

AE

Dictionnaire érotique de l'argot, Georges Lebouc, Ed. Avant-propos, septembre 2012, 225 pp, 16,98 €

 

 De l'amour à la prison, il n'y a (pas) qu'un pas....

 armand-dictionnaire-argot-des-prisons-2012-000b.jpg

"Issu du verlan, mâtiné de largonji et de javanais, le langage pénitentiaire reste avant tout un comportement linguistique qui affirme son appartenance aux milieux. Chacun, selon son âge, ses origines géographiques, sa culture, son dialecte, apporte son capital lexical et l'ensemble se tricote au fil des échanges."

Abondamment illustré, commenté, le dictionnaire de Jean-Michel Armand, directeur de formation formation à l'Ecole Nationale d'Administration Pénitentiaire, rejoint la sympathique collection "Cabinet de curiosité" des éditions Horay.

Imagés, parlants, éminemment créatifs  les termes révèlent des conditions de détention,  de cohabitation, de vie... pour le moins éloquents : aboyeurs, archers, argousins, castors, mengaves, saurets, taupes  et autres hôtes se côtoient ainsi en toute promiscuité, darasse, parfois, dans ces schilibems, jetards, lazaros, payots...... qui ont rarement le faciès d'un hôtel quatre étoiles

L'argot des prisons,  Dictionnaire du jargon taulard & maton du bagne à nos jours, Jean-Michel Armand, Ed. Horay, Cabinets de curiosités,  nov. 2012, 240 pp, 18 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Dictionnaires, Langues | Commentaires (1) |  Facebook | |

21 10 12

Quel boulot !

Dictionnaire du travail.gifRédigées par 138 spécialistes reconnus, français et étrangers (parmi lesquels Mateo Alaluf et Pierre Desmarez de l'ULB ainsi que Matthieu de Nanteuil de l'UCL), placés sous la direction de quatre universitaires éminents, Antoine Bevort, Annette Jobert, Michel Lallement & Arnaud Mias, les 860 pages compactes du Dictionnaire du Travail paru aux Presses Universitaires de France à Paris dans la fameuse collection « Quadrige » présente l'objet « travail » dans toute sa diversité, depuis le registre du subjectif et de l'intime jusqu'à l'activité au sein de l'atelier, du bureau ou de la firme multinationale en passant par les transformations imposées par la mondialisation, et les disciplines qui y sont convoquées couvrent un large champ d'investigation et de réflexion : sociologie, droit, histoire, économie, psychologie ou encore médecine et ergonomie.

Grâce à cet outil sans équivalent, le lecteur, qu'il soit simple citoyen, étudiant ou spécialiste de la question au sens large du terme (professionnel des ressources humaines, patron ou cadre d'entreprise, militant syndical...) peut découvrir les facettes du travail d'hier et d'aujourd'hui à travers le dernier état de la recherche sur des thèmes ou des débats liés à l'activité, à l'emploi et aux relations professionnelles.

Plusieurs types d’entrées sont proposés : la manière dont le travail est pratiqué et vécu (risques, performance, rémunération, pénibilité, relations de services, discrimination, conflits…), les identités et catégories professionnelles (patronat, ouvriers…), les mondes sociaux du travail (éducation, entreprise, professions, retraites...) ou encore les multiples statuts et institutions liés au travail (chômage, syndicats, droit du travail…). D’autres entrées mettent en scène des auteurs, des paradigmes et des approches disciplinaires (Marx, capitalisme, socialisme, théorie de la régulation sociale, économie du travail, coût du travail, reconnaissance, suicide…) ou aident à voir le travail à travers le prisme d’événements marquants (Premier Mai, Front Populaire).

Le livre se complète de deux index permettant de voyager aisément parmi toutes ces notions.

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Dictionnaire du travail sous la direction d'Antoine Bevort, Annette Jobert, Michel Lallement & Arnaud Mias, Paris, Éditions des Presses Universitaires de France, collection « Quadrige », janvier 2012, 860 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 32,00 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |