16 12 11

Noms d’oiseaux (de proie)

Sans titre5.jpgL'article ci-dessous a été mis en ligne le 16/12/2011 sur le site du magazine belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Pour avoir rassemblé, dans le délicieux Petit dictionnaire des injures politiques paru sous sa direction chez L’Éditeur à Paris, la fine fleur des vacheries proférées depuis la naissance de la République jusqu’à nos jours par un grand nombre de membres – plus ou moins – éminents de la gent politique française à l’encontre de leurs adversaires, Bruno Fuligni et son équipe[1] ont bien mérité de la patrie des droits de l’homme, dans laquelle celui de l’ouvrir n’a jamais été le moindre.

 On rencontre donc, dans cette joyeuse compilation de traits sauvages et de flèches du Parthe, des insulteurs pas toujours célèbres et des insultés bien connus de tous qui en font voir de toutes les couleurs : tribuns de la Révolution française, anarchistes, francs-maçons, radicaux, gaullistes, centristes, communistes, socialistes, nationalistes, cagoulards, collaborateurs, résistants ou humoristes engagés... tout un peuple innombrable de crocodiles s’affrontant dans le marigot parlementaire et ses relais de la presse d’opinion à coups de phrases assassines et de bons mots ravageurs, pour le plus grand plaisir du lecteur ébaubi.

 Florilège :

 « Monsieur de Mirabeau est l’homme du monde qui ressemble le plus à sa réputation : il est affreux » (Rivarol) ; « Quand on cesse de parler de lui, monsieur de Chateaubriand croit qu’il devient sourd » (Talleyrand) ; « Pour cet ancien évêque (Talleyrand), les vases les plus sacrés étaient les pots-de-vin » (Dalberg) ; « Jack Lang, la Cicciolina de la culture et de la communication… » (Le Figaro) ; « La présidentielle, Hollande y pense en nous rasant » (Guillaume Bachelay) ; « Bernard Kouchner, un tiers-mondiste deux tiers mondain » (Xavier Emmanuelli) ; « Cela pourrait faire un film dont le titre serait Mamère Noël est une ordure » (Michel Charasse) ; « François Fillon, c’est un pitbull avec une tête de Snoopy » (Yves Jégo) ; « Rachida Dati va participer à l’émission de Michel Drucker “Vivement dimanche”… Vivement lundi ! » (Bruno Roger-Petit) ; « Je préfère dire : “Voici mon projet” que “mon projet, c’est Voici” (Laurent Fabius, à propos de Ségolène Royal) ; « Borloo, ça s’écrit B-O-R-L et double zéro » (François Bayrou) ; « Que Dominique Strauss-Kahn demeure au FMI pour nuire à tout le monde, et pas seulement à nous ! » (Jean-Luc Mélenchon) ; « Si Bush et Thatcher avaient eu un enfant, ils l’auraient appelé Sarkozy… » (Robert Hue)…

 Un vrai casse-pipe à la Louis-Ferdinand Céline !

 PÉTRONE

 Petit dictionnaire des injures politiques sous la direction de Bruno Fuligni, Paris, L’Éditeur, novembre 2011, 511 pp. en noir et blanc au format 11 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 € (prix France)


[1] Elle se compose d’Éric Anceau,  Christophe Bellon, Gilles Candar, Jean Garrigues, Gilles Heuré, Sabine Jansen, Jacqueline Lalouette, Bernard Le Drezen, Yves Marek, Jean-Jacques Marie, Frédéric Pagès, Jean Ruhlmann, Mohamed Sadoun, Éric Schell, Nathalie Segaunes, Rémi Soulié, Marieke Stein et Samuël Tomei.

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06 10 11

Toute une bibliothèque dans un seul livre…

 

Le Petit Larousse illustré 2012.gif Le Petit Larousse illustré 2012 constitue un millésime dans la plus pure tradition de la maison, puisqu’il recèle dans sa nouvelle maquette (très réussie d’ailleurs) la définition de 62 000 mots des langues courantes et spécialisées ; tous les modèles de conjugaison et un mémento de grammaire ; les fameuses citations latines, grecques et étrangères ; la mention de la nouvelle orthographe ; l’explicitation de 28 000 noms propres (de personnalités, de pays, de régions, de villes) ; une chronologie universelle illustrée de 1 250 événements ; 400 encadrés et 4 000 éclaircissements encyclopédiques sur les sujets-clés du savoir ainsi que5 000 images (des dessins, schémas, photographies, 350 cartes et plus de 120 planches)…

 

Cette édition inclut 3 000 nouveaux mots, sens ou expressions et intègre quelque 150 nouveaux noms propres dont plus de 60 artistes, écrivains, scientifiques ou sportifs, parmi lesquels nos compatriotes le compositeur Philippe Boesmans et le plasticien Wim Delvoye.

 

Épinglons la présence de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, de l'écrivain haïtien Dany Laferrière ou du dissident chinois Liu Xiaobo mais aussi des acteurs Leonardo DiCaprio, Charlotte Gainsbourg et Lambert Wilson, de l’ancien résistant Stéphane Hessel, du généticien Albert Jacquard, de Steve Jobs, patron et co-fondateur d'Apple, des tenniswomen Venus et Serena Williams, du cinéaste anglais Ridley Scott, (Blade Runner)…

 

Parmi les nouveaux mots gourmands, saluons la caïpirinha, un cocktail brésilien, la chorba, une soupe servie le soir pendant le ramadan, le malossol, un gros cornichon au vinaigre doux venu de Russie, ou encore le gravlax scandinave, fait de saumon cru mariné avec de l'aneth.

 

Une référence incontournable !

 

Bernard DELCORD

 

Le Petit Larousse illustré 2012, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, juin 2011, 1910 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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03 09 11

D’ici depuis toujours…

 

Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles.jpgFruit d'un travail long d’une vingtaine d’années, Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles du professeur Jean-Jacques Jespers [1] qui vient de paraître aux Éditions Racine à Bruxelles constitue la version revue et augmentée (avec 130 pages supplémentaires) du Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles paru en 2005 chez le même éditeur.

 

S’appuyant sur les travaux de grands chercheurs (Carnoy, Germain, Gysseling, Herbillon, Vincent, etc.), cette bible toponymique recense quelque 10 000 lieux habités, sites naturels ou touristiques et institutions de la Belgique francophone. Pour chaque nom, l'ouvrage fournit de nombreuses données étymologiques, mais aussi géographiques, historiques, culturelles et patrimoniales (comme le droit féodal, les coutumes ou les traditions), ainsi qu’un répertoire des saint(e)s honoré(e)s dans nos régions, le tout couvrant la période s’étendant depuis l’époque proromaine jusqu’à nos jours.

 

Concrètement, ce dictionnaire propose d'abord la liste des noms de lieux wallons et bruxellois, classés par commune. On y trouve ensuite trois sections : région de langue française, région bilingue de Bruxelles, région germanophone. Dans chaque section, pour chaque toponyme, l'auteur présente les hypothèses sur son origine, le nom donné aux habitants du lieu (le gentilé) et leur sobriquet, puis quelques données historiques et patrimoniales.

 

Un trajet bien agréable et fort surprenant à travers notre belle langue et notre riche passé !

 

Bernard DELCORD

 

Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles par Jean-Jacques Jespers, nouvelle édition revue et augmentée, Bruxelles, Éditions Racine, avril 2011, 752 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 34,95 €

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage très informé la notice suivante :

 

Chevetogne

 

Chevetogne (Chevetogne, Ciney, N) : 804 uilla Namonium ad Cauentonia, 943 Cauentonia, loc. Tchèvètogne : [domaine rural de Namon ou Naime, anthr. germ.] au gîte du (suff. –entonia) choucas (bas lat. caua) ( ?) ou au gîte du (suff. –onia) chat-huant (anc. franç. chouan, celt. *cauanto, cf. gaul. cauannos « chouette ») (H.).

§ Site néolithique, celtique, gallo-romain et franc ; fit partie du domaine royal mérovingien ; un des principaux centres du Comitatus Condrustum (cf. Condroz) à partir de 801, passé à l’abbaye de Stavelot au début du IXe siècle ; transmis ensuite à des seigneurs laïques liégeois ; vendu en 1405 par Renaud de Fexhe au comte de Namur Jean III de Dampierre ; rattaché à la seigneurie de Han-sur-Lesse, dont il partagea le sort jusqu’à sa vente en 1738, par les d’Oultremont, en partie aux Delvaux de Fenffe et en partie aux de Wyckersloot de Roestyn ; un château fut construit dans le domaine des Delvaux en 1852, cédé en 1903 aux bénédictins français de Ligugé, qui y bâtirent une chapelle ; en 1939 des bénédictins d’Amay en firent un monastère œcuménique (aujourd’hui abbaye) avec une église byzantine et une église latine ; le domaine des Wyckersloot fut cédé aux Van der Steen de Jehay puis à l’industriel Valéry Cousin, qui y bâtit un château, inclus en 1969 dans un vaste centre provincial de délassement ; église Saint-Maurice.



[1] Né en 1946, docteur en droit et licencié en journalisme, Jean-Jacques Jespers a été journaliste à la RTBF pendant 33 ans. Il y a entre autres présenté le journal télévisé dans les années 1980. Depuis 1980, il enseigne au département des Sciences de l'information et de la communication de l'Université libre de Bruxelles. En plus de ses enquêtes et de ses reportages radiophoniques et télévisés (dont la célèbre chronique historique Jours de guerre, diffusée entre 1989 et 1995), il participe à l'émission culte Le jeu des dictionnaires sur les ondes radio de la RTBF tout en consacrant ses loisirs à récolter les données qui ont permis l'écriture de cet ouvrage.

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05 05 11

Parler pour ne rien dire !

merle.jpgPierre Merle a été beaucoup édité et il s'est beaucoup exprimé autour de la langue française ! Quelques livres pour mémoire : "Le blues de l'argot", "Le Yaourt mode d'emploi", "Lexique du français tabou", "Le dico de l'argot fin de siècle", "Le dico du français qui se cause", "Petit traité de l'injure", "Mots de passe", "Les mots à la con", "Nouveau dictionnaire de la langue verte"... des livres qui parlent des manières de parler parallèles, marginales, hors-normes mais vraies. Il est journaliste, écrivain, linguiste. Dans "Politiquement correct" sous-titré "Dico du Parler pour ne rien dire", il s'attaque à ce qui est une des défenses les plus évidentes de tous ceux qui usent d'un pouvoir : la poudre aux yeux par le langage ! Mais pas seulement, puisque c'est aussi une manière d'édulcorer le langage populaire. En un mot, on tente de remplacer les langages vrais par une seule langue lisse, consensuelle, monotone aussi. Evidemment, elle perd alors tout son relief, cette langue française pourtant précise et pleine de nuances. Ce livre n'est pas qu'un dictionnaire, c'est aussi un pamphlet. Pierre Merle dénonce le conformisme branché. Il rappelle que la langue est le pouls de la société et que l'affadissement, la castration de l'une renvoient toujours à celles de l'autre. Avant de passer en revue les mots et les expressions concernés, l'auteur explique de manière magistrale dans son introduction l'étendue du phénomène et son succès croissant. C'est aux Etats-Unis qu'est né le "politically correct" que nous avons servilement adopté et adapté. J'aime en passant sa remarque à propos des importations américaines, qui ont toutes réussies leur entrée sauf le plus grand apport culturel du XXe siècle : le jazz ! Qu'est-ce que le "politiquement correct" ? Une auto-censure permanente. Dans les années 90, on vit donc apparaître "SDF" pour clochard, "Pays en voie de développement" pour pays sous-développé, "technicien de surface" pour balayeur... Tout s'est accéléré dès ce siècle-ci et l'auteur n'hésite pas à qualifier le phénomène "d'hypocrysie et de grotesque enflure". C'est une sorte de neutralité voulue. Le propre d'une mode qui réussit (c'est le cas), qui s'installe, c'est de finir par avoir l'air d'être une évolution naturelle. Et Pierre Merle de se poser la question : Pourquoi ça marche si bien et comment se transmet cette maladie ? Il répond : "Ca marche et se propage à tous les niveaux d'abord par psittacisme (on répète ce que les médias disent), puis par paresse (c'est livré clé en main) et enfin par pétoche et indifférence (On n'ose plus dire ce qu'on pense et on est indifférent à l'évolution de notre langue)". L'auteur est pessimiste et cite enfin "1984" et Orwell, la police de la pensée et la police du langage... Pour se faire une idée du phénomène et de son ampleur, plongez vite dans le dictionnaire de A comme Agent de propreté à Z comme Zone de non droit ! C'est très éloquent !

 

Jacques MERCIER

 

Politiquement correct, Dico du Parler pour ne rien dire, Pierre Merle, Les éditions de Paris/Max Chaleil. Format : 15x23 cm. Broché sous couverture quadri. 192 pages. 16 euros.

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22 04 11

La belle histoire des mots

 

Dictionnaire étymologique et historique du français.gifRédigé par la grammairien et linguiste Jean DUBOIS, auteur de nombreux dictionnaires de langue et de grammaires, par Henri MITTERAND, professeur émérite de littérature à la Sorbonne nouvelle et à l'Université de Columbia à New York ainsi que par le linguiste Albert DAUZAT qui fut directeur à l'École pratique des hautes études à Paris, le Dictionnaire étymologique et historique du français dont une nouvelle mouture vient de paraître aux Éditions Larousse est l’outil indispensable à la connaissance du passé de notre langue.

 

Il retrace en effet l’origine et l’évolution du sens de plus de 52 000 mots de la langue française dont 2 600 mots du vocabulaire d'aujourd'hui. Pour chacun d’entre eux, il fournit sa première attestation dans la langue, c'est-à-dire sa date d'apparition, puis son origine et enfin les mots (dérivés et composés) qui en sont issus ou qui appartiennent à la même famille.

 

Enrichi de 250 notices historiques, l’ouvrage se complète d’un index alphabétique de 33 000 mots permettant de retrouver immédiatement l'article dans lequel se trouve le mot recherché.

 

Vendu en outre à un prix de combat, ce dictionnaire met la vraie culture à la portée de tous !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire étymologique et historique du français par Jean Dubois, Henri Mitterand & Albert Dauzat, Paris, Éditions Larousse, collection « Les grands dictionnaires Larousse, mars 2011, 1254 pp. en noir et blanc au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 € (prix France)

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18 04 11

« La Musique creuse le ciel. » (Charles Baudelaire)

 

Dictionnaire de la musique.gifLa nouvelle édition du monumental Dictionnaire de la musique paru sous la direction de Marc Vignal aux Éditions Larousse à Paris est un ouvrage qui se doit de figurer dans la bibliothèque de tous les mélomanes, avertis ou non.

 

Privilégiant la musique occidentale dite « classique » (y compris le jazz), il prend en compte son histoire des origines à nos jours et présente, en plus de 5 000 entrées, les compositeurs, les interprètes, les facteurs d’instruments mais aussi les musicologues et les éditeurs, les grands genres musicaux, les formes, les instruments, les orchestres, les ensembles, les termes de technique musicale, les institutions prestigieuses (opéras, salles de spectacles…), les festivals et les grandes manifestations musicales.

 

Grâce à lui, vous en saurez beaucoup sur Albinoni, Bach, Beethoven, Couperin, de Falla, Dvorak, Liszt, Lully, Mozart, Prokofiev, Roland de Lassus, Stravinsky ou Wagner, bien entendu, mais aussi sur l’aérophone, la famille Ballard, Montserrat Caballé, la cachucha, le duplum, l’épinette des Vosges, Orlando Gibbons, le théâtre Kirov, la mazurka, Françoise Pollet, le quart de soupir, Albert Roussel, la soubasse ou le claveciniste belge Jos van Immerseel, tandis que le figuralisme, les origines du violon, la passacaille et même nombre de musiques de films n’auront plus de secret pour vous.

 

Un livre qui rend les oreilles intelligentes !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire de la musique, ouvrage collectif sous la direction de Marc Vignal, Paris, Éditions Larousse, collection « in extenso », février 2011, 1516 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 26 € (prix France)


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13 04 11

Le nom des choses…

 

2500 noms propres devenus communs.jpgOn connaissait la passion – et l'érudition – de Georges Lebouc pour toutes les manifestations du langage : avec une quarantaine de livres à son actif, le linguiste a exploré le français, l'italien, l'espagnol... et le bruxellois, traquant l'origine des expressions, dans leurs manifestations les plus savoureuses.

 

Il frappe fort, cette fois encore, avec un dictionnaire sympathique, ludique, sérieusement documenté, qui ravive la mémoire de personnages dont les noms sont enfouis en notre langage quotidien : Aloïs Alzheimer, André-Marie Ampère, Nicolas Appert, Louis de Béchamel, Sébastien Bottin, Lord Sandwich, le baron Raglan, le comte de Cardigan, Nicolas Chauvin, le Père Clément, Tijl Uylenspiegel, Candido Jacuzzi, la délicieuse granny Smith, Giuseppe Borsalino, le Seigneur de La Palice, Rudolf Diesel, Eugène Poubelle, le bonnetier Maillot, le général Tom Pouce... et tant d'autres seront ravis de vous livrer en langage clair et avenant, les secrets de ces découvertes qui assureront leur postérité.

 

Vous cèderez au charme de délicieux vocables et expressions, curieux de percer les mystères de leurs origines : le vase de nuit bourdalou, les baldaquin, faubert, galopin, greluchon, galimatias, ripailles, jean-foutre, jean-fesse, marie-jeanne, gugusse, marie-louise, fouquet, échalotes et petit-suisse... fonderont sous votre langue, alimentant de science fraîche les quizz et autres jeux de famille. Quand vous ne vous adonnerez à une philippine, joyeuse joute verbale dont la conduite vous est dûment précisée.

 

Un ouvrage de référence qui allie la légèreté de la plume à la rigueur de la science.

 

Et un « Lebouc », me direz-vous ? Du bruxellois, « Le Boek », il désigne l'ouvrage, publié bien à propos, en la nouvelle maison d'édition Avant-Propos, que vous brûlez de savourer en ce week-end pascal...

 

Je vous le recommande vivement.

 

Apolline ELTER

 

2500 noms propres devenus communs par Georges Lebouc, Waterloo, Éditions Avant-propos, avril 2011, 655 pp. en noir et blanc au format 17,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,95 €

 

 

Billet de faveur

 

AE : George Lebouc, en regard des séquences alphabétiques, vous ponctuez les chapitres de grisés thématiques : les étymologies trompeuses, les vêtements, les comédiens, anagrammes, botanistes, etc. densifiant de la sorte la visée didactique de l'ouvrage. Vous êtes un pédagogue-né... n'est-ce pas ?

 

Georges Lebouc :Pédagogue né ? Sans doute, si la pédagogie consiste à faire comprendre des notions parfois difficiles et de le faire sans pesanteur car ma devise, qui vient de Montesquieu, est « La gravité est le bonheur des imbéciles ». Pédagogue heureux aussi puisque je continue à rencontrer très souvent d'anciens étudiants et que j'ai le bonheur de publier, autre façon, pour moi, d'enseigner par l'écrit après l'avoir fait par la parole.

 

AE : Vous avez, vous aussi, dû faire d'heureuses et surprenantes découvertes en travaillant à cette colossale somme. Pouvez-vous nous en citer une qui vous revient, à brûle-pourpoint ?

 

Georges Lebouc :Plus l'origine était difficile à percevoir, plus le mot m'intéressait. C'est ainsi que lorsqu'on mit au point le gardénal, aux laboratoires Rhône-Poulenc, on chercha désespérément un nom pour ce nouveau produit. Or, le véronal, qui avait précédé, avait connu un réel succès. Quelqu'un dit « appelez ça comme vous voulez, mais, surtout, gardez "nal". » On se précipita sur cette idée et, surtout, sur ce nouveau mot qui est passé de marque déposée à une sorte de synonyme de barbiturique.

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10 04 11

Mon premier livre de lecture… historique

 

Dictionnaire de paléographie française.gifRédigé par Nicolas Buat et Évelyne van den Neste, deux archivistes-paléographes et conservateurs à la direction générale des Patrimoines au ministère de la Culture à Paris, le Dictionnaire de paléographie française qui vient de paraître aux Éditions Les Belles Lettres est un ouvrage fort savant et néanmoins tout à fait passionnant.

 

Il se penche attentivement sur la façon d'écrire le français entre la fin du Moyen Âge et la Révolution, sur le tracé des lettres qui a évolué encore plus rapidement que l’orthographe ou la grammaire.

 

Car pour lire les sources originales de l’histoire de France, de la charte royale au plus humble registre paroissial, il est indispensable de maîtriser certains codes et certaines règles : c’est le domaine de la paléographie, et l’ouvrage de nos deux historiens recense les termes les plus courants (qui sont aussi les plus difficiles à lire ou à interpréter, parce qu’ils sont écrits en abrégé ou perdus dans des formules au sens obscur) et il offre un trésor d’associations de mots et d’images, avec plus de 2 000 définitions, 10 000 exemples ainsi que 12 000 illustrations. Certains mots y font l’objet de planches particulières : « autre », « faire », « icelui », « Jehan », « maître », « pou »r, « présent », « que »… Des exemples sont fournis pour montrer les associations de mots et d’idées les plus fréquentes dans les actes de procédure ou de la pratique notariale.

 

Ce précieux dictionnaire s’adresse aussi bien à l’érudit qu’au simple curieux. Plus commode qu’un manuel, il est le compagnon idéal du chercheur en salle de lecture et il s’adresse à un public nombreux et varié : étudiants, généalogistes, universitaires, historiens confirmés ou débutants, amateurs d’histoire locale ou nationale.

 

Ils y trouveront leur décodeuse Enigma !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire de paléographie française. Découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIsiècles) par Nicolas Buat & Évelyne van den Neste, Paris, Éditions Les Belles Lettres, février 2011, 654 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 45 € (prix France)

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06 04 11

Des gens qui se sont fait un nom…

 

2500 noms propres devenus communs.jpg

 

L'article ci-dessous a été mis en ligne le 06/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Savamment sous-titré « Dictionnaire étymologique d’éponymes, antonomases et hypallages, l’excellent ouvrage de Georges Lebouc intitulé 2500 noms propres devenus communs qui vient de paraître aux Éditions Avant-propos à Waterloo fait un large point sur les apports de patronymes à la langue française, qu’ils soient issus de gens célèbres ou pas.

On connaît l’architecte Mansart et sa mansarde, le préfet Poubelle et sa boîte à ordures, l’ingénieur écossais Macadam et son revêtement routier, le bon docteur Guillotin et son coupe-sifflet, mais on sait moins que catin provient du prénom Catherine, que le teddy bear résulte de celui du président yankee Theodore Roosevelt, que le mot nickel est dérivé du génie des mines du même nom dans la croyance populaire allemande, que la rustine a été inventée par l’industriel français Louis Rustin, que le bloody-mary fait allusion à la cruelle souveraine anglaise Marie Tudor, de même que la marie-salope (un cocktail de jus de tomate et de vodka), que le Pactole était une petite rivière de Lydie qui roulait des pépites d’or et avait contribué à la richesse de Crésus..

Sur le plan politique, on relèvera qu’un léotard est un maillot de corps dont le nom rappelle celui de l’acrobate français Jules Léotard qui créa la voltige aux trapèzes volants en 1859 (un modèle, donc, pour la gens politica), qu’un flandrin, personne élancée mais gauche, doit son nom aux Flamands à qui l’on prête ces belles caractéristiques, que Zigomar était un criminel masqué créé par Léon Sazie dans une série de feuilletons, qu’un Boche (qu’il soit ou non encarté à la NV-A) est linguistiquement le fruit du croisement des mots argotiques Allemoche et caboche dure, qu’un Pithiviers, à l’instar d’André Flahaut, notre ex-ministre de la Guerre épais, est un petit pâté d’alouette et que l’île égyptienne de Pharos a donné les mots phare (il n’y en a aucun dans nos instances dirigeantes) et falot (là, il y en a plein).

Comme on dit aujourd’hui : une lecture citoyenne…

Incontestablement !

 

PÉTRONE

 

2500 noms propres devenus communs par Georges Lebouc, Waterloo, Éditions Avant-propos, avril 2011, 655 pp. en noir et blanc au format 17,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,95 €

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27 02 11

Sentences capitales

Dictionnaire des sentences grecques et latines.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 27/02/2011 sur le site du magazine satirique belge en ligne SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Précédé d’un amusant Petit essai impertinent sur les proverbes par Umberto Eco, l’imposant Dictionnaire des sentences latines et grecques de Renzo Tosi paru récemment aux Éditions Jérôme Millon à Grenoble est une sorte d’extension colossale des fameuses « pages roses » du dictionnaire Larousse.

 

C’est qu’il rassemble et explique en détail 2286 proverbes, locutions et citations littéraires en langue latine et grecque, issus aussi bien de la littérature antique et chrétienne que des auteurs du Moyen Âge et de la Renaissance ainsi que de textes juridiques, politiques ou médicaux., et le lecteur pourra, pour chacun d’entre eux, en découvrir l’origine, la signification et l’histoire, de même que les différentes utilisations par les écrivains et leurs transformations successives au cours des siècles jusqu'aux proverbes de nos langues européennes actuelles.

 

Classés par thèmes (la femme, l’amour, le mariage, la religion, la politique, la justice, la souffrance, l’argent, la nourriture, la vieillesse, le vice et la vertu, l’héroïsme, la mort…), ces éclats de savoir immémorial brillent de mille feux, notamment pour éclairer notre lanterne sur les cuistres pseudo-latiniste qui ont la prétention de nous diriger : Aut Caesar aut nihil (« Ou César ou rien », César Borgia) ; Qualis dominus talis et servus (« Tel maître, tel valet », Pétrone) ; Aut regem aut fatuum nasci oportet (« Il faut naître ou roi ou imbécile », Sénèque) ; Noli me tangere ! (« Ne me touche pas ! », Jésus-Christ) ; Pareto legi, quisque legem sanxeris (« Obéis donc à la loi, toi qui l’as promulguée », Pittacos) ; Cenabat (…) tribus ursis quod satis esset (« Il mangeait au repas la nourriture qu’auraient mangée trois ours », Horace) ; Bellum omnium contra omnes « La guerre de tous contre tous », Hobbes) ; Usque ad nauseam (« Jusqu’à la nausée », Saint Jérôme) ; Quamvis sublimes debent humiles metuere (« Si haut placé qu’on soit, on doit craindre les petits », Phèdre) car Quanto altius ascendit homo, lapsus tanto altius cadet (« Plus un homme monte haut et plus dure sera sa chute », Pierre Chrysologue)…

 

On dirait le programme politique de Babart De Wever, non ?

 

PÉTRONE

 

Dictionnaire des sentences latines et grecques par Renzo Tosi, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, octobre 2010, 1789 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 29 € (prix France)

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