10 04 11

Mon premier livre de lecture… historique

 

Dictionnaire de paléographie française.gifRédigé par Nicolas Buat et Évelyne van den Neste, deux archivistes-paléographes et conservateurs à la direction générale des Patrimoines au ministère de la Culture à Paris, le Dictionnaire de paléographie française qui vient de paraître aux Éditions Les Belles Lettres est un ouvrage fort savant et néanmoins tout à fait passionnant.

 

Il se penche attentivement sur la façon d'écrire le français entre la fin du Moyen Âge et la Révolution, sur le tracé des lettres qui a évolué encore plus rapidement que l’orthographe ou la grammaire.

 

Car pour lire les sources originales de l’histoire de France, de la charte royale au plus humble registre paroissial, il est indispensable de maîtriser certains codes et certaines règles : c’est le domaine de la paléographie, et l’ouvrage de nos deux historiens recense les termes les plus courants (qui sont aussi les plus difficiles à lire ou à interpréter, parce qu’ils sont écrits en abrégé ou perdus dans des formules au sens obscur) et il offre un trésor d’associations de mots et d’images, avec plus de 2 000 définitions, 10 000 exemples ainsi que 12 000 illustrations. Certains mots y font l’objet de planches particulières : « autre », « faire », « icelui », « Jehan », « maître », « pou »r, « présent », « que »… Des exemples sont fournis pour montrer les associations de mots et d’idées les plus fréquentes dans les actes de procédure ou de la pratique notariale.

 

Ce précieux dictionnaire s’adresse aussi bien à l’érudit qu’au simple curieux. Plus commode qu’un manuel, il est le compagnon idéal du chercheur en salle de lecture et il s’adresse à un public nombreux et varié : étudiants, généalogistes, universitaires, historiens confirmés ou débutants, amateurs d’histoire locale ou nationale.

 

Ils y trouveront leur décodeuse Enigma !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire de paléographie française. Découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIsiècles) par Nicolas Buat & Évelyne van den Neste, Paris, Éditions Les Belles Lettres, février 2011, 654 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 45 € (prix France)

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06 04 11

Des gens qui se sont fait un nom…

 

2500 noms propres devenus communs.jpg

 

L'article ci-dessous a été mis en ligne le 06/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Savamment sous-titré « Dictionnaire étymologique d’éponymes, antonomases et hypallages, l’excellent ouvrage de Georges Lebouc intitulé 2500 noms propres devenus communs qui vient de paraître aux Éditions Avant-propos à Waterloo fait un large point sur les apports de patronymes à la langue française, qu’ils soient issus de gens célèbres ou pas.

On connaît l’architecte Mansart et sa mansarde, le préfet Poubelle et sa boîte à ordures, l’ingénieur écossais Macadam et son revêtement routier, le bon docteur Guillotin et son coupe-sifflet, mais on sait moins que catin provient du prénom Catherine, que le teddy bear résulte de celui du président yankee Theodore Roosevelt, que le mot nickel est dérivé du génie des mines du même nom dans la croyance populaire allemande, que la rustine a été inventée par l’industriel français Louis Rustin, que le bloody-mary fait allusion à la cruelle souveraine anglaise Marie Tudor, de même que la marie-salope (un cocktail de jus de tomate et de vodka), que le Pactole était une petite rivière de Lydie qui roulait des pépites d’or et avait contribué à la richesse de Crésus..

Sur le plan politique, on relèvera qu’un léotard est un maillot de corps dont le nom rappelle celui de l’acrobate français Jules Léotard qui créa la voltige aux trapèzes volants en 1859 (un modèle, donc, pour la gens politica), qu’un flandrin, personne élancée mais gauche, doit son nom aux Flamands à qui l’on prête ces belles caractéristiques, que Zigomar était un criminel masqué créé par Léon Sazie dans une série de feuilletons, qu’un Boche (qu’il soit ou non encarté à la NV-A) est linguistiquement le fruit du croisement des mots argotiques Allemoche et caboche dure, qu’un Pithiviers, à l’instar d’André Flahaut, notre ex-ministre de la Guerre épais, est un petit pâté d’alouette et que l’île égyptienne de Pharos a donné les mots phare (il n’y en a aucun dans nos instances dirigeantes) et falot (là, il y en a plein).

Comme on dit aujourd’hui : une lecture citoyenne…

Incontestablement !

 

PÉTRONE

 

2500 noms propres devenus communs par Georges Lebouc, Waterloo, Éditions Avant-propos, avril 2011, 655 pp. en noir et blanc au format 17,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,95 €

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27 02 11

Sentences capitales

Dictionnaire des sentences grecques et latines.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 27/02/2011 sur le site du magazine satirique belge en ligne SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Précédé d’un amusant Petit essai impertinent sur les proverbes par Umberto Eco, l’imposant Dictionnaire des sentences latines et grecques de Renzo Tosi paru récemment aux Éditions Jérôme Millon à Grenoble est une sorte d’extension colossale des fameuses « pages roses » du dictionnaire Larousse.

 

C’est qu’il rassemble et explique en détail 2286 proverbes, locutions et citations littéraires en langue latine et grecque, issus aussi bien de la littérature antique et chrétienne que des auteurs du Moyen Âge et de la Renaissance ainsi que de textes juridiques, politiques ou médicaux., et le lecteur pourra, pour chacun d’entre eux, en découvrir l’origine, la signification et l’histoire, de même que les différentes utilisations par les écrivains et leurs transformations successives au cours des siècles jusqu'aux proverbes de nos langues européennes actuelles.

 

Classés par thèmes (la femme, l’amour, le mariage, la religion, la politique, la justice, la souffrance, l’argent, la nourriture, la vieillesse, le vice et la vertu, l’héroïsme, la mort…), ces éclats de savoir immémorial brillent de mille feux, notamment pour éclairer notre lanterne sur les cuistres pseudo-latiniste qui ont la prétention de nous diriger : Aut Caesar aut nihil (« Ou César ou rien », César Borgia) ; Qualis dominus talis et servus (« Tel maître, tel valet », Pétrone) ; Aut regem aut fatuum nasci oportet (« Il faut naître ou roi ou imbécile », Sénèque) ; Noli me tangere ! (« Ne me touche pas ! », Jésus-Christ) ; Pareto legi, quisque legem sanxeris (« Obéis donc à la loi, toi qui l’as promulguée », Pittacos) ; Cenabat (…) tribus ursis quod satis esset (« Il mangeait au repas la nourriture qu’auraient mangée trois ours », Horace) ; Bellum omnium contra omnes « La guerre de tous contre tous », Hobbes) ; Usque ad nauseam (« Jusqu’à la nausée », Saint Jérôme) ; Quamvis sublimes debent humiles metuere (« Si haut placé qu’on soit, on doit craindre les petits », Phèdre) car Quanto altius ascendit homo, lapsus tanto altius cadet (« Plus un homme monte haut et plus dure sera sa chute », Pierre Chrysologue)…

 

On dirait le programme politique de Babart De Wever, non ?

 

PÉTRONE

 

Dictionnaire des sentences latines et grecques par Renzo Tosi, Grenoble, Éditions Jérôme Millon, octobre 2010, 1789 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 29 € (prix France)

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27 02 11

The Babel’s bible

Dictionnaire des langues.gifRédigé par 151 spécialistes venus de tous les horizons et placés sous la houlette de trois chercheurs du CNRS français, le Dictionnaire des langues qui vient de paraître aux Presses universitaires de France à Paris constitue une somme extraordinaire traitant peu ou prou des 6000 idiomes utilisés aujourd’hui à travers le monde tout en décrivant par le menu 200 langues diverses (et, le cas échéant, leurs familles ou sous-familles), regroupées géographiquement par continent.

La plupart de ces descriptions, rédigées selon un plan-type homogène, sont issues d’une recherche de première main, réalisée par des auteurs pionniers ou premiers descripteurs de la langue qu’ils traitent.

Bien entendu, l’ouvrage s’intéresse aux langues de grand rayonnement (comme le chinois classique, le mandarin, l’anglais, le français, l’arabe…), à celles qui constituent les assises de la culture mondiale (le sanskrit, l’araméen, l’hébreu, l’indo-aryen ancien, le grec ancien, le latin, le tibétain, le japonais, le gotique, le swahili…), à celles qui se singularisent (le breton, le gallois, le finnois, le magyar, le basque…), à celles qui influencent leur zone économique ou de chalandise (le hindi, le cantonais, le vietnamien, le turc, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le wolof…), à celles qui participent de métissages historiques plus ou moins récents (les créoles de toutes sortes, le yiddish…) ou encore à celles qui font rêver l’amateur de voyages lointains (le tahitien, le wallisien, le caribe…).

Et si d’aventure vous brûliez d’en savoir plus sur l’afar, le bambara, le bantoïde, le bedja, le bété, l’évenk, l’igbo, le khasi, le nivkh, le môn, le mwotlap, le peau-de-lièvre, le same du Nord ou le tagalle tupi, ce dictionnaire est fait pour vous !

 

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des langues sous la direction d’Emilio Bonvini, Joëlle Busutill et Alain Peyraube, Paris, Presses universitaires de France, collection « Quadrige », janvier 2011, 1705 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 49 € (prix France)

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21 02 11

Les mots pour le faire…

Les 100 mots de la sexualité.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/02/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

La lecture des 100 mots de la sexualité, un petit ouvrage collectif paru sous la direction de Jacques André aux Presses universitaires de France à Paris dans la célèbre collection « Que sais-je ? », s’avère édifiante à plus d’un titre. C’est que le vocabulaire traitant de l’une des principales préoccupations sinon activités humaines, ne cesse de s’enrichir tout en continuant à tourner –comment dire ?–, autour du pot…

 

Car les thèmes classiques du baiser, des préliminaires, des caresses, de la virginité, du devoir conjugal, de la migraine, de la contraception, des zones érogènes, de la libido, de l’érotisme, de la frigidité, de l’orgasme, de la masturbation, de l’éjaculation précoce, du fiasco, du démon de midi, du don-juanisme, de la transgression, des maladies sexuellement transmissibles, de l’adultère et de l’éducation sexuelle des enfants se voient aujourd’hui concurrencés par des approches plus concrètes, voire scabreuses : l’amour virtuel, le coming-out, l’homosexualité, le travestissement, la bisexualité, la transsexualité, la pornographie, le viol, l’addiction au sexe, les godemichés, l’échangisme, le libertinage, les partouzes, l’exhibitionnisme, le sadomasochisme, la pédophilie, la zoophilie…

 

De quoi donner le tournis aux esprits coincés, des désirs de tournantes aux abrutis et plus d’un tour dans leur sac aux plus entreprenants…

 

PÉTRONE

 

Les 100 mots de la sexualité, ouvrage collectif sous la direction de Jacques André, Paris, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », février 2011, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,00 € (prix France)

 

 (Liste des 100 mots : Abstinence, chasteté – Adultère – Allumeuse – Amant/Maîtresse – Backroom – Bain de minuit – Baiser [Le] – Bander, mouiller – Bonobo – Bordel – Cambrure – Caresse [tendresse] – Chair – Chevelure – Clitoridienne/Vaginale – Cochonnerie – Coming out – Coup de foudre – Crime passionnel – Cruauté – Cul – Cunnilingus – Démon de midi – Désirer – Devoir conjugal – Don Juan – Draguer [Séduire] – Échangisme – Éducation sexuelle – Éjaculation précoce – Érotisme – Excision – Exhibitionnisme/Voyeurisme – Extase mystique – Faire l’amour, coucher, baiser – Fantasme – Fellation – Femme fatale – Fessée – Fiasco [impuissance] – Fist fucking – Fleur bleue – Fornication [péché] – Frigidité – Frustré [mal-baisé] – Godemiché – Harcèlement sexuel – Harem – Hétéro/Homo/Bi – Impur, souillure – Inceste – Insulte, injure – Intimité – Jalousie – Jouissance [orgasme] – Libération sexuelle – Libertin – Libido – Lolita – Lubrique – Masturbation – Migraine – Missionnaire, levrette, 69… – Nu – Nymphomane – Odeurs – Orgie, partouze – Parents [vie sexuelle des] – Passivité [activité] – Pédophilie – Pénétration [vaginisme] – Pénis, phallus, bite, zizi… – Perversion – Poils [épilation] – Porno – Post coïtum animal triste – Préliminaires – Procréation (contraception) – Puberté – Pudeur – Putain, chienne, salope [rabaissement de la femme] – S/M [sado-masochisme] – Sécrétions – Seins – Sex addict – Sexe, genre [Transsexuel] – Sexualité infantile, sexualité de l’enfant – Sexuellement transmissible [Sida, etc.] – Sodomie – Songes impurs [pollution nocturne] – Sortir avec – String [lingerie féminine] – Talons aiguilles – Transgression [interdit] – Travesti, Drag-Queen – Vagin, chatte, trou… – Viol – Virginité [dépucelage] – Virtuel [sexualité Internet] – Zone érogène [point G])

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14 02 11

Un portable au disque dur très complet…

Dixel 2011.gifPoursuivant sur la lancée de l’édition 2010, le Dixel 2011 demeure une belle réussite !

 

Il est vrai que pour réaliser la deuxième mouture du dictionnaire encyclopédique Le Robert en un seul volume, cet éditeur de référence y a une nouvelle fois mis le paquet : 2097 pages en couleurs, au contenu d’une richesse plantureuse, alimentées par 150 collaborateurs, 58 000 mots (avec leur orthographe et, le cas échéant, leur conjugaison, leur étymologie, leurs synonymes et leurs contraires, les expressions et les locutions ainsi que des renvois analogiques), 150 000 définitions, 28 000 noms propres, 5 000 illustrations, 1 500 dossiers encyclopédiques (incluant des citations, des analyses d’œuvres d’art, des planches thématiques originales ainsi que des cartes géographiques et historiques) et l’accès gratuit pour l’acheteur pendant quatre ans au site Internet de l’ouvrage, qui reprend son texte intégral ainsi que de fort nombreux enrichissements (mis à jour mensuellement) comme une banque de 6 500 images et un conjugateur, tout en renvoyant aussi à plus de 500 autres sites de qualité…

 

Bien entendu, on y trouve également ce qui fait la pérennité des dictionnaires Le Robert, comme l’ouverture aux évolutions langagières les plus récentes et aux mots nouveaux (il y en a 90 parmi lesquels biogaz, buzz, composteur, énergivore, hoax, nanosciences, nerd, plug-in, streaming, widget ou wiki). Les noms communs et les noms propres sont repris dans un seul corpus alphabétique, ces derniers étant toutefois présentés en rouge pour éviter toute confusion, et l’on y trouve aussi bien Aung San Suu Kyi, Nathalie Baye, David Bowie, Merce Cunningham, Bertrand Delanoë, Umberto Eco, Marc Fumaroli, Magic Johnson, Karl Lagerfeld, Sébastien Loes, Bob Marley, Yannick Noah, Ali Akbar Rafsandjani, Éric-Emmanuel Schmitt, Philippe Sollers, Quentin Tarantino ou Herman Van Rompuy, sans oublier les classiques de tout poil, façon Racine, Corneille, Molière et La Fontaine…

 

Un ouvrage remarquable !

 

Bernard DELCORD

 

Dixel 2011, Paris, Éditions Le Robert, juin 2010, 2097 pp. en quadrichromie au format 16,6 x 24,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € incluant 4 ans d’abonnement au site Internet (prix France)

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05 01 11

Les raisons de la colère

Dictionnaire du pamphlet.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 05/01/2011 de l'hebdomadaire satirique belge en ligne SATIRICON.BE (www.satiricon.be:

 

Avec son Dictionnaire du pamphlet paru en Suisse chez Infolio, le Liégeois Frédéric Saenen a fait œuvre utile, celle de remettre en avant un genre littéraire plus que jamais indispensable par les temps qui courent de funeste politiquement correct et de chasses aux sorcières anti ceci et anti cela qui en sont le corollaire. On lui saura donc grand gré d’avoir rappelé que si Victor Hugo, Émile Zola, Georges Bernanos, les surréalistes ou Louis-Ferdinand Céline en sont les parangons, d’autres fulminateurs ont égayé (ou exaspéré, ce qui est également parfois très bien) leurs contemporains en trempant la plume dans le vitriol ou la dynamite : Charles Baudelaire, Léon Bloy, François-René de Chateaubriand, Paul-Louis Courier, Arthur de Gobineau, Jean Giono, Julien Gracq, Lamennais, Jean Paulhan, Charles Péguy, Romain Rolland, Jules Roy, le marquis de Sade, Louis Veuillot…

L’auteur recense aussi la contribution à cette littérature polémique des très droitiers Maurice Bardèche, René Benjamin, Henri Béraud, Léon Daudet, Pierre Dominique, Édouard Drumont, Jacques Laurent, Albert Paraz, Robert Poulet, Lucien Rebatet ou Pol Vandromme, ainsi que celle des plus ou moins à gauche Julien Benda, Gilles Châtelet, Régis Debray, Georges Darien, Roger Garaudy, Remy de Gourmont, Guy Hocquenghem, Pierre Jourde, Hanns-Erich Kaminski, Paul Lafargue (gendre de Karl Marx), Annie Le Brun, François Mitterrand, Éric Naulleau ou Paul Nizan, comme d’ailleurs celle des inclassables Salvador Dali, René Étiemble, Jean-Edern Hallier, Philippe Muray et Marc-Édouard Nabe, tout en abordant l’un ou l’autre thème particulier (les pamphlets durant la Révolution française, dans Le Crapouillot ou Le Père Duchesne, contre le cancer américain, sur Internet, contre Charles de Gaulle, à propos de la pornographie, autour du rap ou contre Michel Sardou)…

« Article de journal, brochure de quelques feuillets ou pavé de deux mille pages, le pamphlet vaut autant par sa force de dénonciation que par ses qualités rhétoriques et stylistiques. Il peut atteindre au sublime comme au sordide », écrit Frédéric Saenen. Nous ajouterons que la profondeur de son irrévérence et de son irrespect dans tous les azimuts constituent un excellent baromètre de la démocratie. N’en déplaise aux ligues de vertu qui s’effarouchent pour un rien, et aux magistrats qui en sont devenus le bras armé…

 

PÉTRONE

 

Dictionnaire du pamphlet par Frédéric Saenen, Gollion, Éditions Infolio, collection « illico », juin 2010, 190 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 10 €

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20 11 10

Pour guérir… sans risquer d’en mourir !

Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France.gifœuvre irremplaçable, tant pour le grand public que pour les spécialistes, le Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France reparaît ces jours-ci aux Éditions Omnibus à Paris, préfacé par Clotilde Boisvert, la fondatrice de l’École des Plantes de la capitale française.

Publié pour la première fois en 1947, il avait été rédigé « d’après l’ensemble de nos connaissance actuelles » par le chanoine Paul-Victor Fournier (1877-1964), docteur ès-lettres et docteur ès-sciences, un professeur et homme d'Église qui nourrissait pour la botanique une passion hors du commun. On lui doit notamment Les Quatre Flores de France, un livre tenu encore de nos jours pour une référence majeure pour l’identification des plantes sur le terrain.

Son Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France répertorie 1500 plantes dont il fournit la description botanique illustrée, les dénominations savantes et communes, étrangères et vernaculaires, la composition chimique, les manières de les employer, une posologie et une mise en garde contre les dangers éventuels selon les indications et les prescriptions des Anciens mais aussi celles de l'École de Phytothérapie moderne.

Grâce à lui, on saura donc tout (ou en tout cas beaucoup) de l’abricotier, des capucines, des ciguës, du chanvre, du gui, de l’héliotrope, du houblon, de l’ivraie, du micocoulier, des nénufars, des pimprenelles, des résédas, des tabacs, des ronces, des rosiers et des églantiers, de la vigne, mais aussi de l’aigremoine, de la barbe de bouc, de la belle-de-nuit, des benoîtes, de la bourse-à-pasteur, du charme, des dentaires, des globulaires, du jujubier, des larmes de Job, des pulmonaires, du sceau-de-Salomon, des vesces ou encore des vipérines…

L’ouvrage se conclut par une bibliographie de l’auteur, une liste des vertus et propriétés des simples, un répertoire thérapeutique, une table de correspondance avec Les Quatre Flores de France, un index des noms français savants et populaires et un index des noms botaniques latins.

Bernard DELCORD

 

Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France par Paul-Victor Fournier, préface de Clotilde Boisvert, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2010, 1047 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 35 € (prix France)

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18 11 10

Le Who’s who des salauds

Dictionnaire des fascismes et du nazisme.jpgPlaie du XXsiècle avec les communismes russe et chinois et né comme eux sur les ruines de la Première Guerre mondiale, le fascisme est une entreprise complexe, totalitaire et protéiforme de destruction de l’homme, de la culture et de la civilisation qui a pris des visages divers : mussolinisme, hitlérisme, vichysme, rexisme, flamingantisme, salazarisme, franquisme, phalangisme, péronisme, oustachisme, codréanisme et on en passe, toujours accompagnées d’horreurs, de racisme, d’antisémitisme, de nationalisme, de trahisons, de violence, de torture, d’injustices, de massacres, de répressions, de déportations, d’exécutions, d’anti-intellectualisme, de sadisme et de bêtise.

Pour aider à s’y retrouver, les historiens français Pierre Berstein et Serge Milza ont fait paraître tout récemment à Bruxelles chez André Versaille, un remarquable Dictionnaire des fascismes et du nazisme qui passe en revue non seulement les hommes qui en firent l’histoire, les théories qu’ils s’efforcèrent de mettre en œuvre, leurs pratiques politiques, économiques et sociales, mais aussi les origines de leurs idées et de leur action ainsi que les événements marquants et les persécutions qui jalonnèrent les régimes qu’ils mirent en place.

Dans cet ouvrage remarquablement documenté et qui ne se limite ni à l'Europe, ni aux années 1919-1945, les sujets traités sont présentés sous forme d'articles suivis d'une bibliographie spécialisée, tandis qu’un système de renvois entre articles facilite la circulation entre les notions tout en permettant au lecteur d'élargir son information autour du thème questionné. De plus, une chronologie comparée, une bibliographie par thème et un index complètent ce dictionnaire conçu comme un tout encyclopédique.

Un ouvrage qui se doit de figurer dans la bibliothèque de l’honnête homme du XXIe siècle…

 

Bernard DELCORD 

 

Dictionnaire des fascismes et du nazisme par Serge Berstein & Pierre Milza, Bruxelles, André Versaille éditeur, collections « références », novembre 2010, 782 pp. en noir et blanc au format 24 x 16 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 49,90 €

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27 10 10

Pour les amoureux des mots

Dictionnaire historique de la langue française.gifVéritable bible de l’histoire des mots de notre langue, la nouvelle édition (la précédente date de 1998) du Dictionnaire historique de la langue française paru aux Éditions Le Robert à Paris sous la direction d’Alain Rey ravira tous les amateurs de belles aventures de l’esprit, celles qu’a vécues le lexique français à travers les âges et sur les cinq continents.

Car on y apprend des milliers de choses, des plus sérieuses (par exemple, s’agissant du mot « guerre », que l’étymologie est francique, le mot « werra », mais que le latin « duellum », qui donne « bellum », a engendré « duel », « belliqueux », « belligérant », « parabellum » mais aussi « rebelle » et ses dérivés, tandis que l’indoeuropéen « pel » qui signifiait « agiter » a fait naître « polemos » en grec ancien puis « polémique » et « polémarque » en français) aux plus insolites (comme le fait que la graphie du mot « atchoum » a été fixée en 1875, ou que le verbe « flipper » est apparu dans les années 1970).

À travers les notices de l’ouvrage qui traite de thèmes nombreux (la politique, la société, la santé, les arts, la culture, la vie quotidienne, la gastronomie, la sexualité et on en passe…), c’est toute l’histoire de la Francophonie qui transparaît en filigrane de cet ouvrage majeur, avec le génie créateur des peuples qui la composent et la font vivre, leur inventivité, leur adaptabilité et leur humour.

Un livre de référence qui se savoure comme un bon vin…

Bernard DELCORD


Dictionnaire historique de la langue française sous la direction d’Alain Rey, nouvelle édition, Paris, Le Robert, octobre 2010, 2618 pp. en noir et blanc au format 22,4 x 29 cm  sous couverture cartonnée en couleurs, 99 € (prix France)

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