13 06 11

Un roi à éclipses…

 

Amours de Louis XIV.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

L’élégante collection « À s’offrir en partage » publiée par l’éditeur bruxellois André Versaille s’est enrichie récemment d’un nouveau petit bijou proposé cette fois par Jean Lacouture. Il s’intitule Amours de Louis XIV et rassemble quelques extraits savoureusement vachards des Mémoires (en 43 volumes !) que Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon (1675-1755) rédigea quant à la vie à la Cour du Roi-Soleil (1638-1715) puis à celle du Régent Philippe d’Orléans (1674-1723), neveu de l’astre.

 

Dans cette petite compilation, le duc de Saint-Simon, styliste remarquable qui marqua la postérité littéraire, en particulier chez Stendhal et Proust, éreinte joyeusement et en termes choisis le château de Versailles et ses jardins auxquels il préfère Paris, le caractère du roi qu’il estime faible et quelque peu vulgaire (outre son despotisme, son orgueil, sa munificence, ses liaisons scandaleuses, sa magnificence, son – mauvais – goût des fêtes et sa façon grotesque de distribuer les honneurs ridicules, il reproche surtout au monarque de s’appuyer sur des bourgeois pour gouverner la France et de s’adresser plus souvent à la valetaille qu’aux gens bien nés…) et il moque d’une phrase bien affutée son choix de la marquise de Montespan (1640-1707) en guise de maîtresse, « cette femme adroite et experte au métier… »

 

À quel métier, au fait ?

 

PÉTRONE

 

Amours de Louis XIV par le duc de Saint-Simon, proposé par Jean Lacouture, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « À s’offrir en partage », avril 2011, 87 pp. en couleurs au format 10,5 x 15 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 5 €

07 06 11

Sous la botte boche…

Apocalypse en Belgique 1940-1945 destins singuliers.jpg

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 06/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

En 2009, France Télévisions diffusait la remarquable série documentaire Apocalypse, réalisée par Isabelle Clarke et Daniel Costelle, consacrée aux combats qui ont émaillé la Seconde Guerre mondiale. Il y était présenté par le biais de documents souvent peu connus, voire inédits, un panorama intelligemment construit de l’évolution du conflit et de ses diverses retombées sur les populations des deux camps.

 

Dans la foulée de la sortie du DVD de la série et de sa diffusion sur les antennes rtbéennes, les Éditions Racine avaient déjà fait paraître un premier opus passionnant écrit par les journalistes maison Bruno Deblander (un ancien du Soir, qui enseigne aussi à l’ULB) et Louise Monaux (par ailleurs historienne de formation), replaçant le focus du documentaire sur le sort de nos compatriotes durant cette guerre [1].

 

La parution du deuxième volet, dû aux mêmes auteurs et paru récemment chez le même éditeur, est ainsi à saluer, car il n’a rien à envier au précédent. Il s’agit à nouveau de voir quelle fut la vie de ceux qui vécurent dans une Belgique sous la botte (entendez, celle des nazis). L’ouvrage présente ainsi au lecteur une galerie de portraits hétéroclites d’une certaine « Belgique d’en bas », grâce aux témoignages, souvent touchants, que les auteurs ont pu recueillir de ces anonymes ou auprès de leurs descendants et de ceux qui les ont connus sous l’Occupation.

 

Nous retrouvons dès lors la Campagne des Dix Huit Jours relatée par le soldat Vantrogh dans son journal et la route de l’exil du mois de mai 1940 qu’emprunte la jeune Georgette Stulens pour la Grande-Bretagne avant de s’engager dans les forces britanniques. Nous prenons le chemin du travail obligatoire en Allemagne où nous croisons la future gloire du cyclisme belge Pino Cerami, envoyé à dix-huit ans du pays de Charleroi vers la région d’Erfurt pour y travailler dans une usine d’armements, ou celui de Dachau où fut envoyé l’abbé Jean Cassart, principal du Collège de Chimay. Nous apprenons aussi le destin tragique de la famille Callant, des Montois expatriés en Chine et prisonniers des Japs au camp de Lunghwa, d’où leurs fils cadet, âgé de onze ans à l’époque, mourut à son retour en Belgique.

 

À côté des soldats engagés sous les drapeaux alliés et des résistants de tous bords qui connurent le feu des armes, nous lisons aussi le témoignage ému que Georgette V. (souhaitant garder l’anonymat) a livré l’hiver dernier sur son père. Celui-ci, séduit autant par un certain appât du gain (mêlé aussi d’une trouille certaine) que par le chant lointain de sirènes de l’Ordre Nouveau, fournit ses vils services aux Allemands dans leurs traques contre la Résistance.

 

Ce livre invite donc le lecteur à entrer dans l’intimité d’un foyer, où sont racontés au coin du feu les exploits ou les histoires honteuses de « bon-papa et bonne-maman », dans un travail de mémoire très intéressant qui ne manque pas d’interpeller.

 

Car, héros ou gredins, les Belges qui composent cette galerie ne furent-ils pas, somme toute, des victimes du drame de la guerre ?

 

EUTROPE

 

Apocalypse en Belgique 1940-1945 : destins singuliers par Bruno Deblander & Louise Monaux, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, avril 2011, 208 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €



[1] Apocalypse en Belgique, 1940-1945. Témoignages inédits par Bruno Deblander & Louise Monaux, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, avril 2010, 192 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

06 06 11

Le credo d’un militant…

 

Essais sceptiques.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 06/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Le comte Bertrand Russell (1872-1870) est le plus éminent philosophe britannique du XXsiècle, doublé d’un mathématicien et d’un moraliste, qui apporta des contributions décisives dans les domaines de la logique et de l'épistémologie. Son ouvrage majeur, écrit avec Alfred North Whitehead, a pour titre Principia Mathematica. Par ailleurs, ses principes éthiques, qu’il incarna à travers ses engagements politiques et ses prises de position tranchées, lui valurent deux fois la prison.

 

On peut se forger une opinion claire de la morale russellienne dans ses Essais sceptiques que Jean-Claude Zylberstein a eu l’heur d’intégrer à la collection « Le goût des idées » qu’il dirige aux Éditions Les Belles Lettres à Paris.

 

Écoutons-le :

 

« “Ces propositions pourront paraître légères, mais, si elles étaient suivies, elles révolutionneraient totalement l'existence humaine.” C’est avec ces mots que Bertrand Russell ouvre ce qui est en effet un livre révolutionnaire. Prenant pour point de départ l’irrationalité du monde, il offre par contraste un point de vue “violemment paradoxal et subversif” : la croyance en la capacité de la raison à déterminer les actions humaines. Parce qu’ils pressentirent les horreurs qui résultèrent, dans les années suivant leur première publication en 1928, des passions irrationnelles issues des convictions religieuses et politiques, ces Essais sceptiques furent constamment réimprimés. Aujourd’hui, harcelés que nous sommes par les assauts violents du capitalisme, la défense russellienne du scepticisme et de l’indépendance d’esprit est plus que jamais d’actualité. Par sa prose engagée, Russel nous guide à travers les problèmes philosophiques fondamentaux qui concernent notre vie quotidienne – la liberté, le bonheur, les émotions, l’éthique et les croyances – et nous offre des conseils avisés. “Quels pourraient être les effets, demande-t-il ironiquement à ses lecteurs, d’une extension du rationalisme sceptique ?” »

 

On n’ose l’imaginer, en ces temps de « politiquement correct » !

 

PÉTRONE

 

Essais sceptiques par Bertrand Russel, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût des idées » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, 2011, 280 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 € (prix France)

01 06 11

Onafhankelijkheid cha-cha-cha

 

Grandeur et misère de l’idée nationale.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 01/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Paul Magnette incarne la volonté de changement au Parti Socialiste, décidée par Elio Di Rupo : opérations mani pulite à Charleroi et à Huy, mise au placard de Papa. En effet, le docteur (House pour les intimes) en politologie peut non seulement s’acquitter d’un débat en néerlandais sans rougir [1], mais en outre il n’est pas associé aux nombreuses affaires du PS et il jouit d’une popularité sans pareille en Wallonie où il a obtenu plus de 264 000 voix de préférence en 2010.

 

C’est fort de cette aura qu’il publie en français [2] aux éditions Luc Pire, sous le titre Grandeur et misère de l’idée nationale, ses entretiens sur le sujet avec l’ancien chroniqueur du Vif/l'Express Jean Sloover.

 

En quatre chapitres, le ministre de l’Énergie et du Climat y expose les théories de ses maîtres à penser (Hobsbawm, Gramsci, Bibó…[3]) quant à la question nationale. Par un jeu de questions et de réponses, l’histoire de l’idée nationale est retracée d’abord de manière globale, puis en Belgique, en Flandre et en Wallonie. Le dernier chapitre, intitulé « Le nouveau nationalisme est-il soluble dans la démocratie ? », expose la vision de Paul Magnette quant au blocage actuel des négociations gouvernementales et ses pistes intellectuelles, jamais concrètes, pour parvenir à un accord. L’une d’elles serait la mise en marche d’une « wallonisation » dont il semblait déjà vouloir se faire le porte-drapeau lors d’un débat à la maison flamando-néerlandaise deBuren (« les Voisins ») [4].

 

Bien que très intéressants, les quatre chapitres de ce livre ne constituent pas le cœur de l’ouvrage. En effet, malgré de nombreuses réflexions attrayantes sur le mouvement wallon, les erreurs passées des dirigeants francophones, les approximations historiques débitées en Flandre et entendues comme des vérités… les principaux attraits de cet essai résident dans la préface de Johan Vande Lanotte et dans l’introduction de l’auteur.

 

Dans sa préface, Vande Lanotte exprime le malaise des socialistes flamands, mais aussi des Flamands tout court face aux facilités linguistiques et au chômage structurel, voire culturel, de la Wallonie alors que la Flandre manque de bras[5]. Malgré lui, Johan Vande Lanotte y manifeste aussi l’aveuglement dont fait preuve la Flandre face à son amour propre : « […] nous aimons Clouseau, rions avec Eddy Wally, regardons l’émission Man bijt hond, nous avons le sens de l’autodérision, nous ne sommes guère chauvins ». S’ils ne sont guère chauvins, les Flamands adorent toutefois se regarder l’ombilic.

 

Dans son introduction, Paul Magnette dénonce la N-VA et les mythes qu’elle véhicule sur les Wallons et sur la Flandre. Il exprime aussi ce qu’il estime être le nœud du problème communautaire : « Il n’y aura pas d’apaisement tant que les uns craindront la "tache d’huile" francophone menaçant l’intégrité territoriale de la Flandre, et les autres la flamandisation rampante de Bruxelles. […] Tant que l’État fédéral sera perçu au sud et au centre du pays comme le dernier rempart contre l’égoïsme flamand, et au nord comme l’instrument des francophones entravant l’autonomie flamande, on ne pourra construire un cadre fédéral impartial ».

 

Mais, comme le disait Albert Einstein, « il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome ».

 

ÉLIOGABALE

 

Grandeur et misère de l’idée nationale par Paul Magnette & Jean Sloover, Liège, Éditions Luc Pire, avril 2011, 116 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 €



[1] Il signe d’ailleurs une carte blanche tous les quinze jours dans De Standaard.

[2] Luc Pire n'a trouvé aucun éditeur flamand pour publier la version néerlandaise qui existe pourtant (Heil en Onheil van het nationalistische GedachteGoed). Elle ne sera disponible que sur Internet, téléchargeable moyennant payement de 13,79 $ sur le site d’Amazon.com à l’adresse suivante :

http://www.amazon.com/Onheil-nationalistische-GedachteGoe...

Une version électronique en français est par ailleurs disponible au même prix sur le site d’Amazon.com (http://www.amazon.com/Grandeur-Nationale-Entretiens-Sloov... ).

[3] Bruno De Wever et Marc Reynebeau, historiens et « slechte Vlamingen », en sont absents. Leurs analyses sont pourtant les seules à recueillir l’attention de Bart De Wever et de l’opinion publique flamande.

[4] Lors du débat du 19 avril 2011 qui a suivi la projection du documentaire Terre Promise/Arm Wallonië.

[5] L’exemple du Borinage, terre d’Elio Di Rupo, qui compte plus de 30% de chômeurs, et de Roulers, à 20 km de là et qui peine à trouver des travailleurs, est particulièrement emblématique.

 

 

Carte Belgique.jpg


21 05 11

Sagas des racin(é)es…

 

L’immigration maghrébine dans la littérature française.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/05/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Luc Collès est professeur ordinaire à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve où il enseigne la didactique du français langue seconde et de l’interculturel et il a fait paraître tout récemment aux Éditions Modulaires Européennes à Fernelmont (Belgique) une passionnante compilation intitulée L’immigration maghrébine dans la littérature française, anthologie France-Belgique (1953-2010) dans laquelle il a rassemblé des textes exemplaires d’auteurs d’origine algérienne, marocaine, tunisienne, turque, française et belge présentant, sur le thème du déracinement, tout un éventail de récits (ainsi que deux études et un essai), depuis la fiction la plus pure et la mise en scène littéraire d’un fait divers authentique, jusqu’aux récits les plus explicitement autobiographiques.

 

Il les présente dans l’ordre chronologique, à partir de 1953, le temps de Feraoun où les expatriés partaient seuls et pour une période limitée, jusqu’à 2010 où leurs fils et leurs filles sont définitivement installés en Europe.

 

Si les premiers textes traitent souvent de la solitude affective de l’immigré séparé des siens, les derniers évoquent quant à eux les relations amoureuses entre jeunes maghrébines et jeunes français, tandis qu’un des sujets les plus fréquemment évoqués tient à l’expérience souvent désenchantée du retour ou d’une visite au Maghreb. Plus rare est la description du départ du pays et de l’arrivée (ou du retour) en France. On y trouve aussi d’autres préoccupations telles que l’alphabétisation, les conflits mari-femme et parents-enfants, les éducateurs, les fugues, la libération de la femme, les mariages mixtes, les nouveaux arrivés, les Pieds-noirs, les pratiques religieuses, le racisme, la vie associative traditionnelle, la violence.

 

Insistons au passage sur la grande qualité littéraire de bon nombre de ces témoignages, en plus de ceux des écrivains français et belges « de souche », preuve s’il en était besoin – mais par les temps qui courent, de résurrection de la bête immonde, c’est encore mieux en le disant – des indéniables qualités intellectuelles, morales et humaines de celles et ceux qui les ont produits…

 

PÉTRONE

 

L’immigration maghrébine dans la littérature française, anthologie France-Belgique (1953-2010) par Luc Collès, Fernelmont, Éditions Modulaires Européennes, collection « Proximités », avril 2011, 168 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 €

 

Liste des auteurs et des œuvres dont proviennent les extraits :

Mouloud Feraoun, La Terre et le sang (1953, 2010)

Driss Chraïbi, Les Boucs (1955, 1976, 1989)

Mouloud Feraoun, Les Chemins qui montent (1957, 1976)

Michel Grimaud, Le Paradis des autres (1973, 1983)

Bernard Barokas, La révolte d'Ayachi (1975)

Rachid Boudjedra, Topographie idéale (1975)

Tahar Ben Jelloun, La réclusion solitaire (1976)

Émile Ajar, La vie devant soi (1975, 1977)

Tahar Ben Jelloun, La Plus Haute des solitudes (1977, 1997)

Marie Féraud, Anne ici, Sélima là-bas (1978, 1993)

Ali Ghalem, Une femme pour mon fils (1979)

Mohand Khellil, L'exil kabyle (1980)

J.M.G. Le Clézio, Désert (1980)

Slaheddine Bhiri, L'espoir était pour demain (1982)

Leïla Sebbar, Shérazade (1982, 2010)

Mehdi Charef, Le thé au harem d'Archi Ahmed (1983)

Leïla Sebbar, Parle mon fils, parle à ta mère (1984, 2005)

Akli Tadjer, Les ANI du Tassili (1984)

Hélé Béji, L'œil du jour (1985)

Leïla Houari, Zeida de nulle part (1985)

Marie Féraud, Histoires maghrébines (1985)

Nacer Kettane, Le sourire de Brahim (1985)

Michel Tournier, La Goutte d'or (1985)

Ahmed Kalouaz, Point kilométrique 190 (1986)

Azouz Begag, Le Gone du Chaâba (1986, 2005)

Mehdi Lallaoui, Les Beurs de Seine (1986)

Mustapha Raïth, Palpitations intra muros (1986)

Frank Andriat, Journal de Jamila (1986, 1992, 2008)

Sakinna Boukhedenna, Journal « Nationalité: immigré(e) » (1987)

Antoinette Ben Kerroum-Covlet, Gardien du seuil (1988)

Azouz Begag, Béni ou le paradis privé (1989, 2005)

Tassadit Imache, Une fille sans histoire (1989)

Aicha Benaïssa, Née en France, histoire d’une jeune beur (1990)

Djura, Le voile du silence (1990)

Ferrudja Kessas, Beur's Story (1990)

Slaheddine Bhiri, De nulle part (1993)

Soraya Nini, Ils disent que je suis une Beurette (1993)

Malika Mokeddem, L'interdite (1993)

Muharrem Türkôz, Moutons sans bergers (1993)

Mounsi, Territoire d'outre-ville (1995)

Malika Madi, Nuit d'encre pour Farah (2000)

Saber Assal, À l'Ombre des Gouttes (2000)

Mina Oualdlhadj, Ti t'appelles Aïcha, pas Jouzifine (2008)

21 05 11

Paradoxalement positif

 

Éloge du contraire.gifUn éloge du contraire ? Pourquoi pas ?

 

Philosophe – le contraire eût été étonnant – ami du paradoxe, de la marquise (de Sévigné – voilà qui ne peut que nous plaire) et de sa concierge – elle ne se prénomme point Renée – François Bott a, à son actif, une trentaine de publications, romans, récits, essais, carnets et portraits (Autobiographie d'un autre, Éloge de l'égotisme, Le cousin de la Marquise…)

 

Pour la collection des Éloges, dirigée par François Cérésa, l'écrivain se fait ici l'apôtre d'une certaine modestie. Une modestie qui fustige les donneurs de leçons, « l'arrogance des opinions et des certitudes. » : (...) toute vérité porte en elle son contraire, comme nous l'enseignent la marquise et Paul Valéry ; c'est pourquoi la vérité (sans majuscule) est forcément paradoxale ».

 

Sublime marquise qui déclara : « Je ne suis pas toujours de mon avis », dénonçant avec la verve délicieuse que nous lui connaissons, l'insoutenable grossièreté des avis tranchés.

 

Un Éloge du contraire, brillant et... paradoxalement positif.

 

Apolline ELTER

 

Éloge du contraire par François Bott, Paris, Éditions du Rocher, mai 2011, 106 pp. en noir et blanc au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France). Signalons la parution conjointe, chez le même éditeur, d'un Éloge de la vulgarité, signé Claude Cabanes.

18 05 11

Un plaidoyer pour l’histoire

 

Paroles de torturés.gifLe 19 mars 2012, il y aura 50 ans que prenait fin officiellement la guerre d'Algérie, dont le traumatisme hante aujourd'hui encore la mémoire de la France.

Spécialiste de l'épistolaire, des témoignages de guerre et de tous genres, Jean-Pierre Guéno, dans Paroles de torturés Guerre d'Algérie 1954-1962, donne la parole à de nombreux acteurs et témoins, victimes et bourreaux, écrivains, politiciens... en publiant une bonne centaine de lettres, billets et articles, de l'époque et d'une guerre civile qui durera plus de 5 ans et mènera en juillet 1962 à la déclaration d'indépendance de l'Algérie.

« La majorité de ces lettres n'est pas animée par un esprit de haine ou de vengeance ; beaucoup incarnent un ultime élan d'humanité. Chacune de ces âmes meurtries, qu'elle ait été victime de sévices moraux ou corporels, qu'elle en ait été complice ou témoin, chacun des auteurs de chacun de ces textes porte un témoignage justifiant que la torture soit bannie à tout jamais de l'attirail des postures humaines, à l'exemple de l'esclavage et de la peine de mort. »

Certaines lettres, certaines relations de sévices sont proprement insoutenables –à leur lecture, la Gestapo semble presque revêtir des allures de mouvement de jeunesse –, les exactions viennent des deux camps, les actions justes, héroïques, aussi.

Dédié à tous les enfants du XXIsiècle, l’ouvrage a pour objectif avéré d'éradiquer la torture de notre Humanité.

Une éradication qui passe par l'injection courageuse de quelques témoignages utiles à la mémoire collective.

 

Apolline ELTER

 

Paroles de torturés. Guerre d'Algérie 1954-1962 par Jean-Pierre Guéno, Éditions Jacob-Duvernet, mai 2011, 288 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

19 04 11

Au commencement était le verbe…

 

Ces grands discours qui ont changé le monde.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 19/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be):


Rassemblant plus de 50 allocutions marquantes prononcées par des orateurs allant de Jésus à Obama en passant par Mahomet, Elisabeth Ire d’Angleterre, Mirabeau, Robespierre, Washington, Jefferson, Napoléon, Hugo, Lincoln, Woodrow Wilson, Lénine, Marie Curie, Mohandas Gandhi, Franklin Roosevelt, Hitler, Chamberlain, Staline, Churchill, de Gaulle, Molotov, Patton, Hirohito, Robert Oppenheimer, Jawaharlal Nehru, Krouchtchev, John Kennedy, Martin Luther King, Nelson Mandela, Malcolm X, Nixon, Indira Gandhi, Simone Veil, Chaïm Herzog, Anouar El-Sadate, Robert Badinter, Jean-Paul II, Reagan, Gorbatchev, Vaclav Havel, Élie Wiesel, George W. Bush et Gerry Adams, le recueil intitulé Ces grands discours qui ont changé le monde, paru aux Éditions Dunod à Paris, est un outil précieux pour qui veut comprendre notre époque comme elle va.

 

On y trouve des déclarations de guerre, des appels à la résistance, des cris de colère et des souffles d'espoir en faveur des droits civiques, de la liberté de la presse, des réflexions sur la responsabilité des scientifiques, des plaidoyers en faveur de l'éducation, de la solidarité,de l’indépendance des peuples, du droit à l'avortement, de l'abolition de la peine de mort, de la paix, de la chute du rideau de fer, de la mémoire de la Shoah, de la fin de la guerre civile en Irlande, de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme...

 

Chaque discours est introduit par un portrait de l'orateur, une courte biographie et un rappel du contexte.

 

Un livre de référence pour tous les démocrates !

 

PÉTRONE

 

Ces grands discours qui ont changé le monde, présentation de Simon Sebag Montefiore, Paris, Éditions Dunod, octobre 2010, 231 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 25 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 € (prix France)

04 04 11

Une nouvelle civilisation !

universalisme.jpgC'est la première fois que je trouve un ouvrage où toutes mes questions ont une réponse ! André Heymans, licencié en philosophie, travaille depuis vingt ans sur la condition humaine. Il part du constat que l'humanité est arrivée à une croisée de chemins pour nous offrir ce remarquable ouvrage : "La révolution pour une nouvelle civilisation : l'Universalisme", un monument, un livre que je relis déjà, un livre dont j'ai noté des dizaines d'extraits significatifs. Dans l'introduction, l'auteur explique : "L'homme est capable de certitude et de bonheur. D'où le présent écrit qui se veut un discours d'homme à homme, d'intelligence et de coeur. En chacun de nous gît une pierre précieuse qui peut briller d'un vif éclat." L'auteur détaille et structure son propos en divers chapitres : Les principes de l'existence, l'application des principes (cosmologie,vie,évolution des espèces), l'être humain et les civilisations, les religions, les valeurs morales et leur fondement et enfin l'accomplissement esthétique. Avant de vous proposer quelques extraits, voici ce que dit encore André Heymans : "L'humanité se trouve actuellement dans un état de crise. Ou bien elle persévèrera avec les mêmes erreurs et signera sa déchéance et sa disparition. Ou bien, l'humanité s'ouvrira à une toute autre perception de ses valeurs, tournant résolument le dos aux égarements gravissimes qu'elle commet actuellement sans arrêt. L'humanité est appelée à une révolution sur elle-même." Je ne peux que vous dévoiler quelques phrases, et je m'en excuse, tant la matière du livre elle-même est complète, forte, riche. Cependant j'ai envie de vous faire partager cette découverte, cette lumière tout-à-coup au milieu de tant de recherches personnelles. Ceci qui donne un sens à la vie : "Concrètement, chaque existence particulière exprime une fraction momentanée et limitée de l'éternel infini." Ailleurs, je lis : "L'univers s'est réalisé lui-même, avec ordre et méthode, sans faille depuis le moment zéro. Il est son propre horloger." Cette pensée révolutionnaire aussi sur ce qui nous entoure, mais qui correspond de plus en plus à ce qui s'affirme : "Influencés par d'anciennes conceptions, nous éprouvons des difficultés à admettre que depuis les particules élémentaires jusqu'aux superamas de galaxies, depuis les bactéries jusqu'aux espèces animales et végétales, le monde qui nous entoure est muni de sensibilité, de conscience, de connaissance, d'inventivité et de mémoire." C'est finalement un grand bonheur de pouvoir mettre en place les dernières pièces du puzzle de notre interrogation : "L'existence n'est pas pour se sentir écrasée sous son poids. Elle se manifeste dans l'ivresse d'être, dans l'exaltation du bonheur. Le corps ressent de la joie à s'exprimer librement et à se faire valoir." et "L'homme appartient à un univers extraordinaire qui lui a donné la possibilité d'acquérir la pensée apte à mieux comprendre l'existence et à progresser dans des voies lumineuses." ou encore ceci : "Considéré plus largement, l'être humain fait partie d'un vaste ensemble cosmique dont la raison d'être tend à créer des valeurs. Leur signification est saisie par l'intelligence; leur but invite au bonheur et à la beauté." Quelques mots encore pour vous donner le désir d'en savoir plus, d'approfondir avec l'auteur tous les aspects de cette grande affaire existentielle : "Le bonheur est l'acceptation de soi-même et de l'existence pour en ressentir de l'enchantement. L'homme heureux accomplit son être, ses désirs, ses projets." Que dire encore ? Que je suis mieux dans ma peau, dans ma tête, dans ma vie depuis que j'ai découvert cette nouvelle civilisation possible ?

Jacques MERCIER

 

La Révolution pour une nouvelle Civilisation : L'Universalisme, essai par André Heymans. Les éditions de la Mémoire. Collection Helios. 2011. 190 pp. 22 euros. Autres ouvrages de l'auteur : andreheymans@skynet.be

28 03 11

Itinéraire d'une enfant de banlieue


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«Papa was not a rolling stone» est le titre du premier ouvrage écrit de la main de Sylvie Ohayon, la célèbre publicitaire. Sortie en janvier 2011 chez les éditions Robert Lafont, cette autobiographie est très bien accueillie.


Rencontre avec Raphaël Pirlet, un jeune stagiaire (très prometteur) de notre équipe.

 

Sylvie Ohayon sort son premier ouvrage, une autobiographie. Mais d'où est venue cette idée ?
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Une biographie qui peu à peu s'illumine, comme un enfant grandit, Sylvie Ohayon nous raconte.
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Qui dit biographie dit confession, Sylvie Ohayon se livre, mais jusqu'où ?


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Au travers du récit de sa vie, Sylvie Ohayon montre qu’elle a grandi avec plusieurs personnalités dont Kamel Ouali ou J.J.Goldman.


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Une biographie rendue public, c’est un fardeau qui s'allège mais à qui est personnellement adressé cet ouvrage ?


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