18 05 11

Un plaidoyer pour l’histoire

 

Paroles de torturés.gifLe 19 mars 2012, il y aura 50 ans que prenait fin officiellement la guerre d'Algérie, dont le traumatisme hante aujourd'hui encore la mémoire de la France.

Spécialiste de l'épistolaire, des témoignages de guerre et de tous genres, Jean-Pierre Guéno, dans Paroles de torturés Guerre d'Algérie 1954-1962, donne la parole à de nombreux acteurs et témoins, victimes et bourreaux, écrivains, politiciens... en publiant une bonne centaine de lettres, billets et articles, de l'époque et d'une guerre civile qui durera plus de 5 ans et mènera en juillet 1962 à la déclaration d'indépendance de l'Algérie.

« La majorité de ces lettres n'est pas animée par un esprit de haine ou de vengeance ; beaucoup incarnent un ultime élan d'humanité. Chacune de ces âmes meurtries, qu'elle ait été victime de sévices moraux ou corporels, qu'elle en ait été complice ou témoin, chacun des auteurs de chacun de ces textes porte un témoignage justifiant que la torture soit bannie à tout jamais de l'attirail des postures humaines, à l'exemple de l'esclavage et de la peine de mort. »

Certaines lettres, certaines relations de sévices sont proprement insoutenables –à leur lecture, la Gestapo semble presque revêtir des allures de mouvement de jeunesse –, les exactions viennent des deux camps, les actions justes, héroïques, aussi.

Dédié à tous les enfants du XXIsiècle, l’ouvrage a pour objectif avéré d'éradiquer la torture de notre Humanité.

Une éradication qui passe par l'injection courageuse de quelques témoignages utiles à la mémoire collective.

 

Apolline ELTER

 

Paroles de torturés. Guerre d'Algérie 1954-1962 par Jean-Pierre Guéno, Éditions Jacob-Duvernet, mai 2011, 288 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

19 04 11

Au commencement était le verbe…

 

Ces grands discours qui ont changé le monde.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 19/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be):


Rassemblant plus de 50 allocutions marquantes prononcées par des orateurs allant de Jésus à Obama en passant par Mahomet, Elisabeth Ire d’Angleterre, Mirabeau, Robespierre, Washington, Jefferson, Napoléon, Hugo, Lincoln, Woodrow Wilson, Lénine, Marie Curie, Mohandas Gandhi, Franklin Roosevelt, Hitler, Chamberlain, Staline, Churchill, de Gaulle, Molotov, Patton, Hirohito, Robert Oppenheimer, Jawaharlal Nehru, Krouchtchev, John Kennedy, Martin Luther King, Nelson Mandela, Malcolm X, Nixon, Indira Gandhi, Simone Veil, Chaïm Herzog, Anouar El-Sadate, Robert Badinter, Jean-Paul II, Reagan, Gorbatchev, Vaclav Havel, Élie Wiesel, George W. Bush et Gerry Adams, le recueil intitulé Ces grands discours qui ont changé le monde, paru aux Éditions Dunod à Paris, est un outil précieux pour qui veut comprendre notre époque comme elle va.

 

On y trouve des déclarations de guerre, des appels à la résistance, des cris de colère et des souffles d'espoir en faveur des droits civiques, de la liberté de la presse, des réflexions sur la responsabilité des scientifiques, des plaidoyers en faveur de l'éducation, de la solidarité,de l’indépendance des peuples, du droit à l'avortement, de l'abolition de la peine de mort, de la paix, de la chute du rideau de fer, de la mémoire de la Shoah, de la fin de la guerre civile en Irlande, de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le terrorisme...

 

Chaque discours est introduit par un portrait de l'orateur, une courte biographie et un rappel du contexte.

 

Un livre de référence pour tous les démocrates !

 

PÉTRONE

 

Ces grands discours qui ont changé le monde, présentation de Simon Sebag Montefiore, Paris, Éditions Dunod, octobre 2010, 231 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 25 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 € (prix France)

04 04 11

Une nouvelle civilisation !

universalisme.jpgC'est la première fois que je trouve un ouvrage où toutes mes questions ont une réponse ! André Heymans, licencié en philosophie, travaille depuis vingt ans sur la condition humaine. Il part du constat que l'humanité est arrivée à une croisée de chemins pour nous offrir ce remarquable ouvrage : "La révolution pour une nouvelle civilisation : l'Universalisme", un monument, un livre que je relis déjà, un livre dont j'ai noté des dizaines d'extraits significatifs. Dans l'introduction, l'auteur explique : "L'homme est capable de certitude et de bonheur. D'où le présent écrit qui se veut un discours d'homme à homme, d'intelligence et de coeur. En chacun de nous gît une pierre précieuse qui peut briller d'un vif éclat." L'auteur détaille et structure son propos en divers chapitres : Les principes de l'existence, l'application des principes (cosmologie,vie,évolution des espèces), l'être humain et les civilisations, les religions, les valeurs morales et leur fondement et enfin l'accomplissement esthétique. Avant de vous proposer quelques extraits, voici ce que dit encore André Heymans : "L'humanité se trouve actuellement dans un état de crise. Ou bien elle persévèrera avec les mêmes erreurs et signera sa déchéance et sa disparition. Ou bien, l'humanité s'ouvrira à une toute autre perception de ses valeurs, tournant résolument le dos aux égarements gravissimes qu'elle commet actuellement sans arrêt. L'humanité est appelée à une révolution sur elle-même." Je ne peux que vous dévoiler quelques phrases, et je m'en excuse, tant la matière du livre elle-même est complète, forte, riche. Cependant j'ai envie de vous faire partager cette découverte, cette lumière tout-à-coup au milieu de tant de recherches personnelles. Ceci qui donne un sens à la vie : "Concrètement, chaque existence particulière exprime une fraction momentanée et limitée de l'éternel infini." Ailleurs, je lis : "L'univers s'est réalisé lui-même, avec ordre et méthode, sans faille depuis le moment zéro. Il est son propre horloger." Cette pensée révolutionnaire aussi sur ce qui nous entoure, mais qui correspond de plus en plus à ce qui s'affirme : "Influencés par d'anciennes conceptions, nous éprouvons des difficultés à admettre que depuis les particules élémentaires jusqu'aux superamas de galaxies, depuis les bactéries jusqu'aux espèces animales et végétales, le monde qui nous entoure est muni de sensibilité, de conscience, de connaissance, d'inventivité et de mémoire." C'est finalement un grand bonheur de pouvoir mettre en place les dernières pièces du puzzle de notre interrogation : "L'existence n'est pas pour se sentir écrasée sous son poids. Elle se manifeste dans l'ivresse d'être, dans l'exaltation du bonheur. Le corps ressent de la joie à s'exprimer librement et à se faire valoir." et "L'homme appartient à un univers extraordinaire qui lui a donné la possibilité d'acquérir la pensée apte à mieux comprendre l'existence et à progresser dans des voies lumineuses." ou encore ceci : "Considéré plus largement, l'être humain fait partie d'un vaste ensemble cosmique dont la raison d'être tend à créer des valeurs. Leur signification est saisie par l'intelligence; leur but invite au bonheur et à la beauté." Quelques mots encore pour vous donner le désir d'en savoir plus, d'approfondir avec l'auteur tous les aspects de cette grande affaire existentielle : "Le bonheur est l'acceptation de soi-même et de l'existence pour en ressentir de l'enchantement. L'homme heureux accomplit son être, ses désirs, ses projets." Que dire encore ? Que je suis mieux dans ma peau, dans ma tête, dans ma vie depuis que j'ai découvert cette nouvelle civilisation possible ?

Jacques MERCIER

 

La Révolution pour une nouvelle Civilisation : L'Universalisme, essai par André Heymans. Les éditions de la Mémoire. Collection Helios. 2011. 190 pp. 22 euros. Autres ouvrages de l'auteur : andreheymans@skynet.be

28 03 11

Itinéraire d'une enfant de banlieue


papawnot.jpg

«Papa was not a rolling stone» est le titre du premier ouvrage écrit de la main de Sylvie Ohayon, la célèbre publicitaire. Sortie en janvier 2011 chez les éditions Robert Lafont, cette autobiographie est très bien accueillie.


Rencontre avec Raphaël Pirlet, un jeune stagiaire (très prometteur) de notre équipe.

 

Sylvie Ohayon sort son premier ouvrage, une autobiographie. Mais d'où est venue cette idée ?
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Une biographie qui peu à peu s'illumine, comme un enfant grandit, Sylvie Ohayon nous raconte.
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Qui dit biographie dit confession, Sylvie Ohayon se livre, mais jusqu'où ?


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Au travers du récit de sa vie, Sylvie Ohayon montre qu’elle a grandi avec plusieurs personnalités dont Kamel Ouali ou J.J.Goldman.


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Une biographie rendue public, c’est un fardeau qui s'allège mais à qui est personnellement adressé cet ouvrage ?


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15 03 11

L’affaire est dans le sac !

Le sac.gif« Le sac est à la femme ce que la coquille est à l’escargot. »

 

Considérant le sac « comme un formidable laboratoire ambulant, dont l’étude approfondie, aussi étonnant que cela puisse paraître, pourrait faire progresser la recherche fondamentale sur des questions extrêmement complexes, comme le rapport entre corps et pensées », Jean-Claude Kaufmann livre dans Le sac paru chez JC Lattès à Paris, les résultats d’une enquête, menée auprès d’un corpus féminin.

 

Après La Trame conjugale, analyse du couple par son linge (Nathan, 1992) Casseroles, amour et crises. Ce que cuisiner veut dire (Armand Colin, 2005) et Familles à table, (Armand Colin, 2007), le sociologue scrute, une nouvelle fois, les significations de gestes enfouis dans notre quotidien le plus élémentaire.

 

Tour à tour considéré sous son angle fonctionnel – celui du contenu – et son aspect extérieur – le look qu’il confère – le sac est passé également à la loupe de son port – épaule, mains, coude et même poignet – de son volume – les gros sacs auraient une fonction protectrice – de son histoire et des usages détournés qui en sont faits.

 

Parfois objet d’un coup de foudre et d’un véritable discours amoureux, le sac distingue le groupe des monogames  – femmes fidèles à un sac unique – de celui des polygames – femmes qui distillent dans l’exhibition de sacs différents des facettes d’identité plurielle. Revêtant, pour les deux groupes, une fonction identitaire essentielle, prolongement fonctionnel et/ou extérieur de sa détentrice.

 

Si l’ordre qui y règne semble révélateur de la personnalité – méticuleuse, organisée à l’extrême – de sa propriétaire, on ne peut conclure la même chose du désordre, inhérent à sa structure. En point de mire, les téléphones portables et les clefs qui répondent rarement présents à l’urgence de leur utilisation, échappant par leurs poids et structure lisse à une hiérarchie d’ordonnance haut/bas strictement rationnelle.

 

Bonne nouvelle, Mesdames : vous n’êtes donc vraiment pas la seule à vous agacer de la sonnerie de votre portable, rouge et confuse de ne le produire illico….

 

Atout de taille : le format de l’ouvrage de Jean-Claude Kaufmann a été spécialement conçu pour tenir dans votre… sac.

 

Apolline ELTER

 

Le sac. Un petit monde d’amour par Jean-Claude Kaufmann, Paris, Éditions JCLattès, mars 2011, 252 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,50 € (prix France)

28 02 11

Cours de surf

WEB enjeux de confiance.gifOmniprésente, l’information sur Internet pose le problème de sa fiabilité : ce que l’on y trouve est-il exact, vérifié et recoupé ? Dans bien des cas, la réponse est négative. Mais des processus de validation ont été mis en place progressivement et s’avèrent de plus en plus pertinents.

C’est ce que montre avec beaucoup de clarté un passionnant petit ouvrage intitulé WEB : enjeux de confiance paru tout récemment aux Éditions De Boeck à Louvain-la-Neuve sous la plume de trois spécialistes éminents, Pierre-Jean Benghozi (CNRS et École Polytechnique à Paris), Michelle Bergadaà (Université de Genève) et Erwan Burkhart École romande d’arts et communication, Lausanne).

Dans cet essai enlevé, on trouve un aperçu des dispositifs de création de confiance qui se développent dans la société virtuelle et fournissent différents types de repères : blogs, réseaux sociaux, journalisme citoyen, notations par les utilisateurs, modèles de prescription, de recommandation et de construction de la confiance…

Ces dispositifs sont aussi le support d´enjeux économiques et financiers de plus en plus considérables et se transforment en repères de réflexion et d´action pour les internautes. C´est par exemple le cas des business model des sites d´information, du rôle central des intermédiaires-prescripteurs (comme Google), du poids grandissant des sites d´agrégation de contenus, des nouvelles modalités de protection et de rémunération de la propriété intellectuelle.

Dans ce vade-mecum de l’internaute d’aujourd’hui, les auteurs se penchent aussi avec sagacité sur les problématiques de la réputation (essentielle en matière d’e-business notamment, mais également pour les particuliers quand ils fréquentent des sites comme Facebook), de la cybercriminalité, du phishing, du e-commerce, des comparateurs de prix, des banques en ligne ou du e-voting…

 

Bernard DELCORD

 

WEB : enjeux de confiance par Pierre-Jean Benghozi, Michelle Bergadaà & Erwan Burkhart, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, collection « Le point sur… », février 2011, 180 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

15 02 11

Un beau combat en faveur du beau

Les musées aiment-ils le public.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 12/02/2011 sur le site du magazine satirique belge en ligne SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Dans son quatrième livre sous-titré Carnets de route d’un visiteur, Bernard Hennebert, fort d’une expérience de 25 années de déambulations muséales en Belgique et à l’étranger et de visites d’expositions prestigieuses (Van Gogh à Amsterdam, Toulouse-Lautrec à Paris, Magritte à Bruxelles, Giacometti à Seneffe, Bosch à Rotterdam, L’Art Déco à Londres, Chagall à Martigny ou Kahlo à Bruxelles), pose une question existentielle pour le monde culturel de Ce Pays et de Ce Continent : Les musées aiment-ils le public ?

 

Et sa réponse est bien évidemment globalement négative, tant la course au profit, ce nouveau concept culturel inspiré du libéralisme bling-bling en vogue de nos jours, est devenue un frein à la diffusion du beau autant qu’un prétexte aux arnaques en tout genre : hausse importante des prix d’entrée, présentation incomplète de la tarification, gratuités supprimées, interdiction de photographier, œuvres annoncées mais retirées, préventes obligatoires et de plus en plus hâtives.

 

Face à cette mainmise du fric sur l’intelligence, Bernard Hennebert propose de rassembler les usagers intéressés pour organiser un contre-pouvoir capable de neutraliser les évolutions mercantiles qui appauvrissent l’esprit des gens tout en enrichissant les institutions ou les créateurs d’événements (ce qui n’est pas illégitime en soi) au détriment des plus pauvres ou des plus faibles acteurs de la société (ce qui est un scandale). L’auteur montre que des avancées concrètes existent, mais qui ne sont guère médiatisées. Il s’emploie donc à les faire connaître dans la dernière partie de son livre, celui d’un authentique militant des droits de l’homme cultivé.

 

La préface est signée Bernard Hasquenoph, du nom d’un visiteur parisien qui mène de son côté des actions revendicatives vis-à-vis du musée du Louvre, du château de Versailles ou du musée d’Orsay (voir son site : http://www.louvrepourtous.fr).

 

PÉTRONE

 

Les musées aiment-ils le public ? par Bernard Hennebert, préface de Bernard Hasquenoph, Charleroi, Éditions Couleur Livres, janvier 2011, 176 pp. en noir et blanc au format 15 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € 

13 02 11

Où il y a de la gêne, y a-t-il du plaisir ?

Pudeurs féminines.gifHistorien et professeur d'iconologie médiévale (ICART – Paris), Jean-Claude Bologne analyse dans Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées, paru aux Éditions du Seuil à Paris, les manifestations de la pudeur –disposition plus ou moins marquée à dissimuler ce que nous ressentons comme une fragilité ou un caractère essentiel de notre personnalité– via la femme et l'Histoire occidentale, de l'Antiquité à nos jours. Une analyse qui se base sur quatre critères : la relativité, la sexuation de la pudeur, son lien avec le regard de l'autre et la honte.

 

L'essai conforte et confronte les réflexions inscrites dans L'Histoire de la pudeur que l'écrivain avait publiée en 1986.

 

« La pudeur d'une femme est en effet fonction de sa place dans la société. L'impudeur ne se limite pas à l'exposition de sa nudité mais s'étend à son comportement, aux lieux qu'elle fréquente, aux actes qu'elle s'autorise. »

 

Soulignant le danger d'analyser des comportements passés à la lueur de la mentalité actuelle, Jean-Claude Bologne propose une mise en perspective historique de la nudité, du regard porté sur elle et de la pudeur corollaire, sorte de voile immatériel. La dichotomie entre les parties inférieures et supérieures du corps, l'investissement sexuel du pied, la fonction des vêtements, les fantasmes associés... s'inscrivent dans un contexte historique brillamment exposé.

 

Bain, toilette, lit … et même rire, ivresse, fonctions éliminatoires et flatulences défient la pudeur, définie comme un sentiment préalable à la honte.

 

S'il reconnaît que d'un point de vue historique, la pudeur « a surtout été une affaire de femmes », l'écrivain se prend à souhaiter « une nouvelle conception de la pudeur [qui] puisse mettre fin à cette sexuation qui a le plus souvent contribué à une mutilation de la personnalité des femmes ».

 

Un opus véritablement magistral.

 

Apolline ELTER

 

Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées par Jean-Claude Bologne, Paris, Seuil, collection « L’Univers historique », septembre 2010, 402 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 22 € (prix France)

 

Foire du Livre 2011 (logo).png

 

Jean-Claude Bologne sera, avec Élisa Brune (Le secret des femmes, Voyage au pays du plaisir et de la jouissance (Odile Jacob) et Rony Demaeseneer, l'invité du débat qui se déroulera au Cafffé, vendredi 18 février 2011 à 12 heures.

07 02 11

Un survol du show-biz

pascal negre.jpgPour tous ceux qui veulent comprendre, de l'intérieur, le phénomène du disque, de la production, du show et du business à la fois, du spectacle, du prix, du téléchargement, etc. Pascal Nègre propose un très bel exposé dans "Sans contrefaçon". Comme il l'explique, il est pour certains celui qui remet le prix au vainqueur de la Star Academy, pour d'autres celui qui lutte contre les téléchargements pirates ou le PDG d'Universal Music, l'ami des stars. Cependant, Pascal Nègre est avant tout un producteur. Le producteur dans une maison de disques est la personne qui verse des avances aux artistes afin qu'ils puissent écrire leurs chansons, qui choisit les musiciens et les studios, qui propose enfin les oeuvres au grand public. Le producteur doit créer un climat de confiance pour que l'artiste puisse s'exprimer au mieux. Pascal Nègre nous livre ici sa profession de foi dans son métier, son amour véritable de la musique, de cette forme de culture. C'est convaincant ! J'ai trouvé dans le livre bien des réponses aux questions que tout le monde se pose un jour. Qu'elles concernent le show et les caprices des artistes, les pourcentages sur les disques, la téléréalité et qui se cache derrière tout ça, les buzz sur Internet et les indépendants, etc. On s'attache à Pascal Nègre dès qu'il raconte son enfance, ses débuts, ses passions. On le comprend, on le suit, du bas jusqu'en haut de l'échelle, avec l'enthousiasme et l'intelligence comme compagnons. Il parle sans détours, par exemple, de l'affaire Hallyday, de la crise, de la star'Ac ! Oui, il cite des noms, oui, il donne des chiffres, oui, il juge et donne son avis personnel. Si Pascal Nègre est relativement optimiste tout au long de l'ouvrage, il termine par un coup de gueule ! "Toute une génération semble avoir perdu l'oreille. Elle passe son temps à écouter sur ordinateur des chansons compressées, décompressées et recompressées, sans paraître le moins du monde s'en trouver scandalisée. Or, c'est un désastre artistique. Que l'on puisse se satisfaire de deux minuscules haut-parleurs d'ordinateur pour écouter une oeuvre qu'un artiste a passé des semaines à travailler, à peaufiner, à perfectionner avec des musiciens, des réalisateurs et des ingénieurs du son, pour qu'elle soit offerte au public avec toute la palette de couleurs qu'il a imanginées, oui, cela me révolte ! C'est du saccage pur et simple !"

Jacques MERCIER

Sans contrefaçon, par Pascal Nègre. Edition Fayard, collection Document, 2010. 290 pages. 19 euros.

27 01 11

Un témoignage terrible !

opus dei.jpgLe terrifiant témoignage de Véronique Duborgel vient de paraître dans la collection "J'ai Lu" : "Dans l'enfer de l'Opus Dei". L'auteure a passé treize ans dans l'"Oeuvre" et on a l'impression de vivre un très mauvais film, de tout ce qu'on pouvait craindre à propos des sectes, avec le goût du secret, l'obéissance à tout prix, l'humiliation, la dissimulation. Le plus triste est sans doute que tout est organisé pour le "paraître", alors que la religion même souhaite "l'être". Est-ce ce que voulait réellement le fondateur idôlatré, Mgr Escriva de Balaguer (Mort en 75, canonisé en 2002) ? Ses écrits (dont on retrouve des extraits significatifs ici) semblent y répondre par l'affirmative. Le plus étonnant est sans doute la présence qu'on y donne à Satan et à ses oeuvres. Et puis, les codes, les termes, les secrets, j'y reviens, comme une franc-maçonnerie dévoyée et devenue religieuse. "Siffler" est faire acte de candidature, par exemple. Le plus rétrograde est sans doute la séparation totale des sexes tout au long de la vie quotidienne ou en communauté, avec délation et "corrections fraternelles" ! Au fond, on décrit une organisation totalitaire, dont on sort très difficilement et dont on ne se remet jamais. Parfois, il faut écrire, témoigner, crier pour s'en sortir. Il faut le courage de Véronique ! "J'ai confié au lecteur des bribes de ma vie, un peu en désordre" conclut-elle "j'ai écrit comme l'on renverse une boîte de puzzle. Des pièces éparses, des morceaux de vie éparpillés. Un travail de souvenir auquel ma mémoire se refusait parfois. Chercher au fond de moi, tout au fond, ce qui avaité été enfoui dans le but d'être oublié, toutes ces choses que j'ai occultées, effacées dans le vouloir."

Jacques MERCIER

 

Dans l'enfer de l'Opus Dei, par Véronique Duborgel. Edition J'ai lu, 2010. 155 pages. 4,80 euros.