27 01 11

Un témoignage terrible !

opus dei.jpgLe terrifiant témoignage de Véronique Duborgel vient de paraître dans la collection "J'ai Lu" : "Dans l'enfer de l'Opus Dei". L'auteure a passé treize ans dans l'"Oeuvre" et on a l'impression de vivre un très mauvais film, de tout ce qu'on pouvait craindre à propos des sectes, avec le goût du secret, l'obéissance à tout prix, l'humiliation, la dissimulation. Le plus triste est sans doute que tout est organisé pour le "paraître", alors que la religion même souhaite "l'être". Est-ce ce que voulait réellement le fondateur idôlatré, Mgr Escriva de Balaguer (Mort en 75, canonisé en 2002) ? Ses écrits (dont on retrouve des extraits significatifs ici) semblent y répondre par l'affirmative. Le plus étonnant est sans doute la présence qu'on y donne à Satan et à ses oeuvres. Et puis, les codes, les termes, les secrets, j'y reviens, comme une franc-maçonnerie dévoyée et devenue religieuse. "Siffler" est faire acte de candidature, par exemple. Le plus rétrograde est sans doute la séparation totale des sexes tout au long de la vie quotidienne ou en communauté, avec délation et "corrections fraternelles" ! Au fond, on décrit une organisation totalitaire, dont on sort très difficilement et dont on ne se remet jamais. Parfois, il faut écrire, témoigner, crier pour s'en sortir. Il faut le courage de Véronique ! "J'ai confié au lecteur des bribes de ma vie, un peu en désordre" conclut-elle "j'ai écrit comme l'on renverse une boîte de puzzle. Des pièces éparses, des morceaux de vie éparpillés. Un travail de souvenir auquel ma mémoire se refusait parfois. Chercher au fond de moi, tout au fond, ce qui avaité été enfoui dans le but d'être oublié, toutes ces choses que j'ai occultées, effacées dans le vouloir."

Jacques MERCIER

 

Dans l'enfer de l'Opus Dei, par Véronique Duborgel. Edition J'ai lu, 2010. 155 pages. 4,80 euros.

27 01 11

Vivre est un art !

petit traité.jpgLes livres (des manuels de vie) de Frédéric Lenoir sont tous et longtemps classés dans les listes des meilleures ventes. C'est normal dans cette existence qui est au XXIe siècle plus incohérente que jamais et à la recherche permanente de sens. Que faisons-nous ici ? Qui sommes-nous ? L'auteur nous explique le propos en deux phrases : "Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour." Le livre s'intitule Petit traité de vie intérieure et il s'agit bien de ça : de la philosophie, de la spiritualité (doit-on encore dissocier nécessairement les deux ?) pour tout le monde. La recette comporte six points. 1 : S'aimer, accepter ce qui est inéluctable, n'agir que sur ce qui est transformable. 2 : Avoir foi en la vie, et donc pouvoir aussi lâcher-prise. 3 : Etre responsable de sa vie. 4 : Avoir du temps libre, ne pas tout le temps s'occuper, être léger, futile parfois. 5 : Etre parfois dans le silence, la méditation. Et 6 : Faire confiance en son intuition, connaissance et discernement... Pour mieux nous expliquer, l'auteur s'appuie sur la pensée des êtres exceptionnels : de Jésus à Spinoza, de Conficius à Lévinas. Ne manquez surtout pas l'addendum, un dialogue entre Socrate et Jacques Séguéla autour de la "vie réussie" et de sa définition, qui vaut son pesant de sourires. Où l'on parle évidemment de la montre du publicitaire ! Ne manquez pas non plus l'apologie de l'Abbé Pierre, superbe ! Et pour les pessimistes voici une phrase parmi des dizaines d'autres aussi encourageantes : "Toute action en faveur de la vie, aussi minime soit-elle, est une manière de nous relier au monde et de signifier notre refus de la violence et de la desctruction. Plus nous serons nombreux à agir ainsi, plus le monde aura des chances de changer."

Jacques MERCIER

 

Petit traité de vie intérieure, par Frédéric Lenoir. Edition Plon, 2010. 200 pages. 18 euros.

06 01 11

Les conseillers ne sont pas les payeurs…

L'entrevue de Saint-Cloud.gif« Deux mondes se font face: le passé et l'avenir, l'histoire ancienne et l'histoire en marche, la monarchie et la Révolution. »

 

Spécialiste d'Honoré Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau –il lui a consacré une thèse et un essai– Harold Cobert imagine, dans L'Entrevue de Saint-Cloud, sur le ton d'un dialogue contemporain, la rencontre historique du tribun avec la reine Marie-Antoinette. Il la situe le 3 juillet 1790, dans le jardin du Château de Saint-Cloud et... la plus grande discrétion.

 

- (...) La couronne est encore sur nos têtes.

- Mais le trône se dérobe sous vos pieds.

 

Défenseur secret de la monarchie, l'« Orateur du peuple », aussi laid et repoussant que subtil et brillant, parviendra-t-il à convaincre sa royale interlocutrice du bien-fondé d'un plan machiavélique ?

 

« J'ai aidé à allumer un feu que j'espérais purificateur, un feu qui aurait fait renaître la monarchie de ses cendres...Mais le vent de la liberté attise toujours les braises de l'ambition et du fanatisme... »

 

Si le dénouement tragique de l'histoire est de notoriété publique, le roman en distille certains faits méconnus. Et l'image de la reine, étonnamment courageuse et lucide, en est quelque peu réhabilitée.

 

Apolline ELTER

 

L'Entrevue de Saint-Cloud par Harold Cobert, Paris, Éditions Héloïse d'Ormesson, août 2010, 142 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15 € (prix France)

 

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Billet de faveur

 

 

AE : Dans le roman, Harold Cobert, Mirabeau fait figure de « coach » : il explique à Marie-Antoinette, et par son truchement à l'indolent Louis XVI, la façon de reconsidérer leur fonction. Cela s'est-il vraiment produit ainsi ?

 

Harold Cobert : Oui, car Mirabeau était vraiment conseiller secret du roi. Il lui adressait des notes secrètes pour le conseiller dans sa manière d’agir, quel projet de loi soutenir, etc. À travers ses notes, il parlait également, et même surtout, à la reine : il savait qu’elle seule avait pouvoir sur le bonhomme, qu’elle seule pouvait agir sur la versatilité du roi. Il savait qu’elle lisait ses lettres par-dessus l’épaule de Louis XVI. La phrase « Le roi n’a qu’un homme, c’est sa femme » est authentique et extraite de cette correspondance. Et tous les conseils qu’il lui donne oralement lors de cette entrevue sont exactement ceux qu’il lui écrivait.

 

AE : L'arrivée de Marie-Antoinette en France –elle vient d'Autriche et s'apprête à épouser Louis XVI– et son départ, par le biais de l'échafaud, donnent lieu à deux scènes humiliantes où elle doit se dévêtir en public. Ces scènes ne symbolisent-elles pas l'incompréhension mutuelle qui semble avoir toujours existé entre la jeune femme et la France ?

 

Harold Cobert : C’est très juste, et, d’ailleurs, j’avoue que je n’avais pas fait le rapprochement entre ces deux épisodes ! L’incompréhension a en effet été le terreau tragique des rapports de Marie-Antoinette et du peuple français. Tous deux ont eu une fausse image l’un de l’autre : la reine voyait le peuple comme son pire ennemi et réciproquement. Pourtant, il aurait suffi d’un rien pour que Marie-Antoinette revienne dans les bonnes grâces de l’opinion. Il aurait suffi qu’elle écoute et mette en pratique les conseils de Mirabeau et vraiment, vraiment, sa destinée et notre histoire en auraient été profondément bouleversées. Par exemple, Mirabeau avait prévu un plan de fuite dans l’Ouest du pays, déconseillant de toutes ses forces une fuite à l’Est. Mirabeau meurt le 2 avril 1791. À peine trois mois et demi plus tard, le 20 juin 1791, c’est la fuite de Varennes, à l’Est, c’est-à-dire tout le contraire de ce que lui avait conseillé Mirabeau…

25 12 10

Philo pour jeunes !

Ferry philosophie.jpgTu es jeune ? Tu veux aimer la philo ? Lis-moi ! C'est à peu près le message de Luc Ferry dans cet ouvrage "Apprendre à vivre" et sous-titré "Traité de philosophie à l'usage des jeunes générations", qui vient d'être réédité en collection de poche. Ancien ministre de l'Education nationale française, le philosophe a un sens admirable de la pédagogie. Il nous conduit ici, en nous tutoyant, à travers toutes les grandes écoles philosophiques. C'est une introduction remarquable à une étude plus poussée, une synthèse magnifique ! Pourquoi ce livre ? Luc Ferry s'en explique dans l'avant-propos : "D'abord, égoïstement, parce que le spectacle le plus sublime peut devenir une souffrance si l'on n'a pas la chance d'avoir à ses côtés quelqu'un pour le partager". C'est donc au partage de ses connaissances que nous invite l'auteur. Il nous explique en termes simples le parcours en trois étapes de la philosophie : la théorie, la morale et l'éthique et finalement la conquête de la sagesse. Au passage, on glane des phrases de philosophes évidemment. De Sénèque, au hasard : "Il faut retrancher ces deux choses : la crainte de l'avenir, le souvenir de maux anciens. Ceux-ci ne me concernent plus et l'avenir ne me concerne pas encore". Et ceci "Tandis qu'on attend de vivre, la vie passe." Au moment de parler de Jean-Jacques Rousseau, on lit le statut de l'homme par rapport à l'animal : "Au contraire, l'homme va se définir à la fois par sa liberté, par sa capacité de s'arracher au programme de l'instinct naturel et, du coup aussi, par sa faculté d'avoir une histoire dont l'évolution est a priori indéfinie." Kant, Descartes, ils défilent tous avec leurs idées transcrites simplement. Il s'attarde avec raison sur "le cas Nietzsche", dont il dit : "On peut ne pas partager ses idées, on peut même les détester, mais on ne peut plus penser après lui comme avant. Là est le signe incontestable du génie." Une idée parmi d'autres dans sa philosophie : "Dans le conflit entre la raison et les passions, ne pas choisir les secondes au détriment de la première, sous peine de sombrer dans la pure et simple "bêtise"." L'idée actuelle de Luc Ferry est optimiste, remplie d'espoir (voir son livre "la révolution de l'amour") et elle s'annonçait déjà dans ce livre-ci : "L'urgence n'est certes plus de s'en prendre à des "pouvoirs" désormais introuvables tant le cours de l'histoire est devenu mécanique et anonyme, mais au contraire, de faire surgir de nouvelles idées, voire de nouveaux idéaux, afin de retrouver un minimum de pouvoir sur le cours du monde." Et de terminer par l'idée maîtresse du respect d'autrui !

Jacques MERCIER

 

Apprendre à vivre, par Luc Ferry. Edition J'ai lu, 2010 (édition orig. Plon 2006). Format de poche. 314 pages. 7 euros.

20 12 10

Mécanique d’un génie

Saint Genêt comédien et martyr.gif

Paru en 1952, le Saint Genet comédien et martyr de Jean-Paul Sartre a été réédité par les Éditions Gallimard à Paris à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur du Condamné à mort (1942), de Notre-Dames-des-Fleurs (1944), Les Bonnes (1947), Querelle de Brest (1947), Pompes funèbres (1947), Journal du voleur (1949), Le Balcon (1956), Les Nègres (1958) et Les Paravents (1961) ainsi que de nombreux articles de presse, des écrits qui tous ébranlèrent l’ordre établi par leur mise en exergue d’une recherche de la pureté et même de la sainteté au travers de personnages odieux évoluant dans un monde pervers où le mal et le sexe sont omniprésents.

Jean Genet (1910-1986), né de père inconnu et abandonné par sa mère à la naissance, enfant de l’Assistance publique placé dans une famille aimable du Morvan, commettra son premier vol à 10 ans (pour exister, explique Sartre), fuguera, aboutira dans une colonie pénitentiaire où il découvrira son homosexualité aux accents masochistes, s’engagera dans la Légion étrangère, croupira à Fresnes pour divers larcins, publiera des livres, subira les foudres de la censure, se fera traiter d’écrivain excrémentiel par François Mauriac, recevra les éloges de Cocteau, de Beauvoir, de Giacometti, de Brassaï, de Matisse, triomphera au théâtre, s’engagera dans divers combats politiques, verra son compagnon se suicider, se droguera aux barbituriques et mourra accidentellement après une vie d’errance dans des hôtels borgnes.

Sartre lui trouvait du génie et son Saint Genet comédien et martyr aurait dû être la préface des Œuvres complètes de l’écrivain tôlard. Mais la perspicacité du philosophe existentialiste fut extraordinaire et l’ouvrage prit une ampleur considérable (près de 700 pages en petits caractères) avec une ambition bien précise : « Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seulement la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité, faire voir cette liberté aux prises avec le destin d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elle : pour les digérer peu à peu, prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés, retrouver le choix qu'un écrivain fait de lui-même, de sa vie et du sens de l'univers jusque dans les caractères formels de son style et de sa composition jusque dans la structure de ses images, et dans la particularité de se goûts, retracer en détail l'histoire d'une libération. »

La mise à nu des ressorts de son œuvre fut telle que Genet ne s’en remit pas et qu’il lui fut impossible d’écrire durant de nombreuses années. Cependant que le texte de Sartre, incontestablement éblouissant et novateur, la pérennisait…

 

Bernard DELCORD

 

Saint Genêt comédien et martyr par Jean-Paul Sartre, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », octobre 2010, 692 pp. en noir et blanc au format 13 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 11,50 € (prix France)

01 12 10

Avant le déluge…

Après Cousteau.gifDécédé en 1997, Jacques-Yves Cousteau aurait eu 100 ans en 2010. C'était un écologiste visionnaire, conscient du rôle névralgique de l'océan, inséparable épouse, dans l'équilibre de la planète. Une vision qui transcende son décès et à laquelle Marc Muguet veut rendre hommage aujourd'hui, dédiant son ouvrage intitulé Après Cousteau – Le futur de l'océan au Captain Planet et confrontant les idées novatrices de celui-ci à la situation présente :

 

« Avec nos connaissances actuelles, revenir à certaines de ses intuitions, de ses pressentiments, de ses avertissements permet de mieux éclairer l'avenir. »

 

L'essai est structuré en sept chapitres, qui sont tant de « missions » à accomplir : une exploration des grands fonds, la protection des espèces menacées par la surpêche (thon rouge, anchois, saumon sauvage...), la lutte contre les pollutions, le maintien de la biodiversité, la nécessaire adaptation de l'homme aux exigences du milieu marin, la montée des eaux et le souci des générations futures.

 

Un carnet d'adresses de sites Internet est fourni pour qui veut poursuivre la réflexion engagée.

Un hommage digne du testament du grand océanographe.

 

Apolline ELTER

 

Après Cousteau – Le futur de l'océan par Marc Muguet, Paris, Éditions Yago, collection « Perspectives », octobre 2010, 320 pp. en noir et blanc au format sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)

30 11 10

Merci, Charlemagne !

Chère école de notre enfance.gifCet article  a aussi été mis en ligne sur le site des guides gastronomiques DELTA (www.deltaweb.be) :


Les Éditions des Presses de la Cité à Paris ont fait paraître durant l’été 2010 un recueil tout à la fois charmant et passionnant intitulé Chère école de notre enfance. Préfacé par Claude Duneton (le célèbre auteur de La puce à l'oreille et de l’Anti-manuel de français à l’usage des classes du second degré), il rassemble des documents photographiques et textuels qui (re)plongent le lecteur dans l’institution scolaire française (et belge : les différences n’étaient pas si grandes) telle qu’elle a fonctionné entre 1875 et 1960.

On y retrouve les grands thèmes de l'école : la rentrée scolaire et ses préparatifs, la salle de classe, la cantine, le pensionnat, la cour de récré, le maître et la maîtresse, les copains, les jeux d’enfants, l’école buissonnière, les punitions, les mots d’excuse, la photo de classe, la fête de fin d’année, la remise des prix, mais aussi les leçons de choses, les cours de lecture et d’écriture (les pleins et les déliés…), de français (les exercices de conjugaison, les poèmes à savoir par cœur, les rédactions, la dictée de Mérimée…), de calcul (les tables de multiplication, la preuve par neuf…), d’histoire (« Nos ancêtres les Gaulois »…), de géographie, de dessin, de morale ou de gymnastique ainsi qu’une typologie des professeurs (le « bon maître », Monsieur le Directeur…) et des écoliers (le nouveau, le bon et le mauvais élève, l’élève douée, le retardataire, le souffre-douleur...), racontés par des écrivains français contemporains comme Jean Anglade, Marie-Paul Armand, Henriette Bernier, Georges Coulonges, Yves Jacob, Jean Siccardi, mais aussi à travers des plumes célèbres, parmi lesquelles celles de Colette, de Gustave Flaubert, de Louis Pergaud, de Jules Renard, de Jules Vallès ou d’Émile Zola...

Des photos, des gravures et des dessins jalonnent cet album à la fois nostalgique et joyeux qui rappellera à nombre de ses lecteurs les moments forts et inoubliables des années passées sur les bancs de l'école, et qui surprendra sans doute les autres...

 

Bernard DELCORD

 

Chère école de notre enfance, ouvrage collectif, préface de Claude Duneton, Paris, Presses de la Cité, août 2010, 180 pp. en quadrichromie au format 19 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France) 

08 11 10

Vertigineux !

Univers.jpg Voici donc les dernières perspectives vertigineuses que nous offre la cosmologie contemporaine ! Embarquement immédiat, attachons nos ceintures ! C'est passionnant ! Notre guide, Etienne Klein, dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au Commissariat à l'énergie atomique. Bien des réflexions et des recherches commencent avec Galilée... "C'est parce qu'il est l'un des rares à intriquer ces deux questions - Comment l'univers est-il apparu et pourquoi est-il apparu ? - que le problème de l'origine nous oblige à sonder les capacités ultimes de la science." Avant d'entrer dans cette exposition des thèses en présence et donc de nous faire une idée, si possible, l'auteur nous demande d'avoir à l'esprit trois choses essentielles : Un : L'univers, dans son idée moderne, est lié à une unité et à des lois (les mathématiques). Deux : L'univers peut être objet de science (la science ne s'occupe que des choses dont l'existence physique ou matérielle est avérée). Une idée jeune de moins d'un siècle, grâce à Einstein, à Hubble, etc. Trois : L'univers a une histoire, qui ne se réduit pas qu'à ses constituants (depuis Lemaître). On parle donc du Big Bang, qui ne serait donc plus une explosion initiale, mais un épisode traversé par l'univers... etc. J'aime ces repères tel celui-ci : "Un constat s'impose. Les lois physiques sont "hors du temps", au sens où elles ne changent pas au cours du temps : elles étaient les mêmes dans l'univers primordial qu'aujourd'hui. L'univers, lui, a changé. Plus précisément, les conditions physiques au sein de l'univers n'ont cessé d'évoluer." Cette évolution, on a peu l'habitude d'en tenir compte dans le monde occidental, alors qu'en Chine, par exemple : "La vie et le monde sont en transition continue et ne peuvent être dits que sous l'angle d'un perpétuel devenir." A vous de découvrir ce livre passionnant. Sachez encore que l'horizon que visent les scientifiques aujourd'hui est la découverte d'une "théorie du tout" (le mariage de la physique quantique et de la relativité générale)... Vertigineux, je vous le disais !

Jacques MERCIER

 

Discours sur l'origine de l'univers, par Etienne Klein, Edition Flammarion/NBS, 182 pages. 17 euros (prix France)

01 11 10

Le grand n'importe quoi

06 10 10

Les gueules de l’emploi

Visages d'avocats.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 6 octobre 2010 sur le site du magazine satirique Satiricon.be (www.satiricon.be) :

 

Photographe et avocat, Benoît Feron a fait paraître aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles un ouvrage imposant intitulé Visages d’avocats dans lequel il s’est proposé, à l'initiative de l'Ordre des Avocats de Bruxelles, de réaliser une série de 250 portraits des hommes et des femmes qui officient dans les prétoires, à travers leur visage mais aussi dans leur travail et dans leur vie de tous les jours.

Du vétéran Jean Stévenart (67 ans de carrière !) au théâtral Hippolyte Wouters en passant la pugnace Fernande Motte-de Raedt, le footeux Dany Spreutels (administrateur du Royal Sporting Club Anderlecht), la pin-up Céline Mandelblat, le bâtonnier Yves Oschinsky, le ténor Roger Lallemand (président du CA du Théâtre de la Monnaie), la cordiale Delphine Paci, la sémillante Samira Bouyid, le Robin des Bois Georges de Kerchove (président d’ATD Quart-Monde), la médiatique Nabela Benaissa, le cinéphile Bruno Dayez, la sérieuse Anne Mariaule, le « saxy » Xavier Magnée, le toujours entre deux eaux Pierre Chomé, le Noiraud Jean-Pierre Buyle, le très littéraire Alain Berenboom, le très gauchiste Georges-Henri Beauthier, le très catholique Emmanuel Cornu, le très libéral Alain Zenner, le très belgicain Armand De Decker, le très discutable Michel Graindorge, le très branquignol Mischaël Modrikamen et le très fumeux autant que très désintéressé Marc Uyttendaele, c’est tout un microcosme qui se dévoile, celui, plaidant en français dans la capitale de l’Europe, de tous les « bêcheurs, babillards, basochards, bavards, baveux, blanchisseurs, cravateurs, marchands de paroles, menteurs, pingouins, plaidaillons, rats de prison » (comme les appelait Louis-Ferdinand Céline, un bon client des prétoires, un peu visionnaire puisqu’il affirma aussi, cinquante ans avant les plaidoyers en faveur de Marc Dutroux, que « la merde a de l'avenir, vous verrez qu'un jour on en fera des discours »)…

PÉTRONE

 

Visages d’avocats par Benoît Feron, préface d’Éric-Emmanuel Schmitt, Bruxelles, La Renaissance du Livre, septembre 2010, 264 pp. en quadrichromie au format 24 x 27 cm sous couverture brochée en couleur, 39 €