06 02 10

D'une seule main et avec le sourire

AMOUR NUITJe vous avais promis la chronique de ce petit livre plein de  promesses - et qui les tient - je ne faillirai  à la mienne. Sitôt votre flamme déclarée à l'élu(e) de votre coeur (cfr chronique du Petit livre à offrir en guise de déclaration d'amour) vous en consacrez l'ardeur à vos ébats vespéraux.
Soulignons le professionnalisme des auteurs de ces pages - Raphaële Vidaling est assistée de Laurence Schaack, Thomas Deligny et Nicole Seeman - l'inventivité et le souci...d'exhaustivité. L’aiguillon de l’humour frappe à nouveau, qui évite à l'érotisme de verser dans la pornographie basique.
Des postures du Kama Sutra - encore lui - contrepèteries, épigrammes, haïkus et fables revisités aux accords parfaits des fruits et légumes, bontés d'Agnès et usage insolite d'objets ménagers, vous considérerez, c'est sûr, votre quotidien d'un regard neuf et parfaitement ...troublé.
Le mot de la fin, nous le laisserons aux auteurs: En pariant sur le fait que l'amour et l'humour peuvent faire bon ménage, même  au lit, vous y trouverez donc de quoi nourrir vos cellules grises afin de mettre celles de la chair en condition.
Apolline Elter

 Le petit livre à offrir à l'amour de ses nuits et à lire ensemble d'une seule main pour les rendre encore plus torrides, Raphaële Vidaling , avec la participation  de Laurence Schaack, Thomas Deligny et Nicole Seeman, Tana éditions, janvier 2009, 126 pp, 14,9 €

06 02 10

La déclaration d'amour pour Les Nuls

AMOUR 1Parce que tout le monde ne peut pas être poète même si le coeur y est.
Assistée de Michel Clavel, Nicole Seeman, Christelle Simonutti et Etienne Lécroart, Raphaële Vidaling dote les déclarations d'amour d'une arme redoutable et fatale: l'humour.
Des marguerite génétiquement modifiée, lettres d'amour à customiser, citations et blasons revisités, rébus, patchworks et métagrammes ...à l'interprétation d'un test psychologique, de sagesse séculaire du Kama Sutra ou d'un simple électrocardiogramme, l'ouvrage constitue une mine de déclarations à exp(l)oser à l'être aimé.
Si lui offrir ce prodige d'inventivité constitue une déclaration en bonnes et dues formes - de ce côté, il y a le choix - vous éviterez de clamer qu'il a boosté votre imagination : vous aviez, il est vrai, une hésitation pour l'orthographe exacte d'un Je t'aime* en zoulou...
Un petit livre à offrir et à... s'offrir.
Apolline Elter

Le petit livre à offrir en guise de déclaration d'amour, parce que tout le monde ne peut pas être poète même si le coeur y est, Tana éditions, 2008, 126 pp, 14,9€

* NGIYAKUTHANDA

05 02 10

Bonsoir !

NARCYJ'ai toujours pensé que les téléspectateurs ne se trompaient pas sur les véritables qualités de coeur de leurs animateurs et que les plus humains d'entre eux faisaient les plus longues carrières.
Ce doit être vrai pour les journalistes aussi...
Avec, à son actif, quelque six mille présentations de journaux télévisés, Jean-Claude Narcy trace le tableau de 50 ans passés au service de la TV, de la RTF à TF1. Amnésique sélectif, le chevaleresque journaliste privilégie la relation de souvenirs forts et d'amitiés nouées: Philippe Labro, l'ami des années d'Algérie,  Roger Gicquel, celui des présentations en tandem, Line Renaud, les innombrables personnalités pour lesquelles Jean-Claude Narcy clame son admiration, Simone Veil, Jean Piat, Pierre Arditi, Bernadette Chirac...
Au-delà des portraits bienveillants de la plupart de ses interlocuteurs, le journaliste s'interroge sur la mission de la télévision, celle de l'information  et ses dérives potentielles. C'est un message éthique qu'il livre aux générations actuelles et à venir, une passion qu'il entend partager dans ses plus nobles motivations.
Apolline Elter

 Une vie en direct, Jean-Claude Narcy, Ed. JC Lattès, janvier 2010, 298 pp, 18 €

05 02 10

Madame Malraux

BONALa vie est une maison qui ne fait pas crédit et où la seule dignité consiste à payer comptant sans essayer de tricher (Clara Malraux)
Voici que nous revient Dominique Bona (Le Manuscrit de Port-Ebène, Stefan Zweig, Romain Gary,  Berthe Morisot, Camille et Paul Claudel, ...) avec une nouvelle biographie, consacrée à Clara Malraux, épouse d'une figure mythique  de notre XXe siècle. Le fil d'une vie qui se lit tel un roman, en toute page, captivant.
Née Goldschmidt, au sein d'une famille parisienne, bourgeoise et aisée, Clara ne renouera avec ses racines juives qu'à l'automne de sa vie. Pour l'heure, on est en 1921, elle a 24 ans et rencontre André Malraux dont le côté révolutionnaire - romantique et grisant -  lui permet de fuir le conformisme d'une jeunesse dorée.
Bohême, généreuse, passionnée, bavarde, ...Clara s'engage,  à la suite de Malraux, sur tous les fronts,  voyages orientaux, succès  et ...fiascos  que le jeune dandy échafaude.  La légende de ce dernier s'effiloche de quelques sombres trafics dont le vol de vestiges antiques à Angkor...
Mais surtout, c'est  l'inéluctable érosion du couple que l'ouvrage s'emploie à démontrer. Maintenue dans l'ombre d'un Malraux qui conquiert, dans les années 30, son chemin de gloire, Clara ne pourra s'exprimer qu'une fois la séparation consommée. Elle publiera alors une série de livres à composantes autobiographiques qui résonneront comme des règlements de comptes.
Paradoxe d'une personnalité attachante, qui se veut libre et anti-conformiste, mais  restera, sa vie durant, inféodée à un André Malraux énigmatique et fier, dont elle conservera le patronyme, au-delà du divorce.
Riche d'une bibliographie fouillée et d'une rencontre, en 1978 avec l'intéressée, l'ouvrage de Dominique Bona est tout simplement magistral. Si le portrait de Clara Malraux est empreint de bienveillance et même d'une certaine tendresse, l'auteur ne se départit pas de la rigueur objective et de la subtile analyse psychologique qui font le cachet de ses écrits.
Une lecture hautement recommandée.
Apolline ELTER

Clara Malraux, de Dominique Bona, Grasset, janvier 2010, 470 pp, 20€90

30 01 10

Les tréfonds de Paris

DEUTSCHLe concept est génial - décliner l'histoire de Paris au gré de ses stations de métro -  son rendu ne l'est pas moins.
Un Paris que Lorànt Deutsch connaît comme sa poche et dont il livre les coutures, en une ballade de 21 chapitres (stations), affectant à chacun un siècle de l'ère chrétienne.
Ce Paris qui au fil des siècles impose à la France son rôle ...capital, l'auteur nous le fait vivre d'une plume alerte, riche de 17 années de gestation, farcie de remarques perso et d'une prodigieuse érudition. Des encadrés jalonnent le  texte, qui remettent à l'heure les pendules de l'Histoire et de ses anecdotes: des sort des dépouilles royales, invasions des Vikings, tribulations de la Joconde..aux destins d'un Nicolas Flamel, Roi Dagobert et des 1119 têtes guillotinées sur la Place de la Concorde, l'auteur crée le théâtre d'une visite guidée aussi captivante qu'inédite.
Une Histoire jaillie des profondeurs dont la lecture s'impose, au coin du feu et en guise de guide..  d'un chemin de croix cochées au gré des rames.
Apolline ELTER

Métronome. L'histoire de France au rythme du métro parisien, Lorànt Deutsch, Michel Lafon, sept.2009, 380 pp, 17,9 €



Riche d'une impressionnante filmographie, l'acteur impose à son érudition, le souffle vrai de la passion.

24 01 10

Vie privée, vie publique (Bonaparte)

NAPOLEONPlus de 150 ans après sa disparition, Napoléon Bonaparte reste le sujet le plus couru de l'édition dans le monde. Les livres publiés sur sa vie, son "oeuvre", son époque sont légion (le cas de le dire). Pourtant, l'angle choisi par le dernier des Bonaparte, Charles Napoléon (qui se trouve être aussi l'arrière petit-fils de Léopold II de Belgique), ne manque pas d'intérêt et se révèle passionnant. On a beau avoir lu Castelot ou Tulard, on est touché par les descriptions de la jeunesse du petit Napoleon Buonaparte, étonné par l'inventaire et la nature des objets toujours en possession par ses descendants, intrigué par les anecdotes d'enfance de Charles Napoleon décrivant le fanatisme de certains de nos contemporains.
Sans aller jusqu'à dire que ce bon livre vous offrira un autre visage de Bonaparte, je vous conseille ce livre pour la face privée du personnage historique.

  CHARLES NAPOLEON - Brice Depasse 1
  CHARLES NAPOLEON - Brice Depasse 2

CHARLES NAPOLEONNapoléon, mon aïeul, cet inconnu, Charles Napoléon, XO éditions, novembre 2009, 416 pages, 21,90 €.

22 01 10

« La Boum », scénario et casting

Manuel pratique du terroristeLe texte ci-dessous a paru dans l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN du 20 janvier 2010 :

Avant d’éditer la version française du Manuel pratique du terroriste rédigé par la direction des opérations d’Al-Qaida, un texte connu dans le monde anglo-saxon sous le titre de Manuel de Manchester, l’éditeur bruxellois André Versaille, qui en avait obtenu une version en provenance directe de Guantánamo, a soigneusement pesé le pour et le contre : fallait-il courir le risque de faire circuler une traduction française du texte arabe saisi par les autorités britanniques en 2000 dans l’ordinateur du terroriste Nazih (sic !) Al-Raghie, texte détaillant sans ambages en 18 leçons les diverses manières de se fondre dans le paysage d’un pays occidental, d’échapper aux poursuites, de recruter des comparses, de s’entraîner à la violence, de recueillir des informations par l’espionnage, de fabriquer des faux papiers, des poisons et des bombes, de commettre des attentats à l’explosif ou des assassinats à l’arme blanche (pompeusement qualifiés d’« opérations spéciales tactiques »), d’utiliser des armes à feu, de communiquer secrètement, de résister aux interrogatoires, de s’évader, de libérer des complices… ? La réponse fut positive : « On ne se défend efficacement contre un péril que si l’on en comprend la nature », écrit André Versaille dans une note liminaire. Mais la décision de publier ce vade-mecum ne fut pas exempte de précautions, bien entendu : le texte a donc été amputé des passages « qui expliquent dans le détail comment frapper mortellement un individu, produire des poisons ou fabriquer des explosifs ». Ce qui ne l’empêche nullement de mettre en lumière les ressorts des crapules qui masquent derrière un prêchi-prêcha grotesque (et insultant pour l’Islam) leurs velléités immondes d’instaurer une pseudo théocratie mondiale en tous points comparables aux infâmes dictatures hitlérienne, stalinienne et franquiste. Le Mein Kampf d’Al-Caca, en quelque sorte…
PANTHOTAL

Manuel pratique du terroriste par Al-Qaida, édition établie et préfacée par Arnaud Blin, avant-propos de Simon Petermann, Bruxelles, André Versaille éditeur, novembre 2009,
192 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 21,5 cm sous couverture brochée en deux couleurs, 19,90 €

21 01 10

Un grand « dealer »

John Maynard KeynesBernard Gazier, professeur d’économie à l’Université Paris I, vient de faire paraître, aux Presses universitaires de France dans la fameuse collection « Que sais-je ? », une biographie de l’Anglais John Maynard Keynes (1883-1946), l’un des plus grands économistes du siècle dernier. Ce passionnant petit ouvrage, qui éclaire sur la pensée du fondateur de la macroéconomie moderne et de l’artisan du « New Deal » qui permit en 1933 à Franklin Delano Roosevelt de redresser spectaculairement son pays (jusqu’en 1937) après le krach de Wall Street d’octobre 1929, fut admiré dans les années 1960-70 pour son pragmatisme, avant de faire l’objet d’un rejet total des économistes ultralibéraux des quarante dernières années. Une bonne raison pour le ramener aujourd’hui sur le devant de la scène et rappeler quelques vérités historiques dérangeantes : le krach de 1929 était consécutif à une bulle spéculative, dont la genèse remonte à 1927 et qui avait été amplifiée par un nouveau système d'achat à crédit d'actions, instauré en 1926. Les investisseurs purent ainsi acheter des titres avec une couverture de seulement 10 %, à des taux d'emprunt dépendant du taux d'intérêt à court terme la pérennité du système dépendait donc de la différence entre le taux d'appréciation des actions et ce taux d'emprunt. Entre mars 1926 et octobre 1929, le cours des actions augmenta de 120%. Le 3 septembre, l'indice Dow Jones atteignit 381,17, son plus haut niveau avant 1954. Le 16 octobre, l'économiste Irving Fisher déclara : « Les cours ont atteint ce qui semble être un plateau perpétuellement élevé ». Les prises de bénéfices, massives, entraînèrent des ventes tout aussi massives, qui provoquèrent la panique. On connaît la suite : parmi les effondrements spectaculaires, Goldman Sachs passa de 104 dollars en 1929 à 1,75 en 1932 et J. P. Morgan perdit entre 20 et 60 millions de dollars, la déconfiture de ces banques entraînant tout le système dans leur chute. Il fallut attendre l’entrée en guerre des USA en 1941 pour voir la sortie du tunnel. Le système de sauvetage imaginé par Keynes impliquait des interventions massives de l’État, tant sur le plan financier que social, et l’on vit naître sous son impulsion d’innombrables formes d’emplois subsidiés qui évitèrent bien des drames. Un honnête homme, donc. Et un visionnaire, puisque sa recette a parfaitement fonctionné en 2009 !
Bernard DELCORD

John Maynard Keynes par Bernard Gazier, Paris, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », 2009, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9 €

28 12 09

Le nouveau piéton de Paris



DEUTSCHIntégralité de l'entretien réalisé pour le Livre de Bord N°50, à propos de Métronome, l'heureux grand succès librairie dans lequel Lorànt Deutsch raconte l'histoire de Paris à travers Métro et quartiers.

Metronome, Lorànt Deutsch, Michel Lafon, 2009, 380p., 17€90.

11 12 09

Il y a quelqu'un qui m'a dit

ORBANAprès Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête... et par beau temps aussi (Albin Michel, 2007), Christine Orban revient avec un recueil d'aphorismes, sentences, réflexions, ..inspirés d'une expérience de vie qu'elle entend partager.
Sentiments importants, opportuns, importuns, sagesse des lectures, contradictions, paradoxes, ....s'offrent à la méditation du lecteur, telles de délicieuses infusions qu'il fera peut-être siennes.
Ne boudons pas notre plaisir et laissons infuser quelques sentences avant de vous inviter à parcourir ce bel ouvrage de vie.
Je connais quelqu'un qui aime moins ses tableaux, quand ils perdent de la valeur.
Etre aimé n'est rien, il faut être préféré.
La fin d'un amour sonne quand même la gentillesse devient insupportable.
Le silence n'est jamais une mauvaise réponse.
La force est une sensation intérieure qui n'a rien à voir avec la réalité mais qui finit par l'influencer.
Le mondain doit être très invité pour ne pas avoir envie de sortir.
Une mine de sujets pour le bac..., Christine Orban a la pensée riche et généreuse. Une envie nous saisit de poursuivre avec elle la conversation amorcée.
Apolline Elter

La vie m'a dit ..., Christine Orban, Albin Michel, novembre 2009, 180 pp, 12,5€