24 03 10

Voyage en Sarkozie profonde

Le quai de OuistrehamDans Le quai de Ouistreham qui vient de paraître aux Éditions de l’Olivier à Paris, la grande reporter française d’origine belge Florence Aubenas (dont on se souvient qu’elle fut otage à Bagdad durant 157 jours en 2005) livre le compte rendu de sa plongée incognito dans l’underground quotidien de l’Hexagone, le monde des chômeurs de longue durée, des demandeurs d’emploi sans qualification et des prestataires de petits boulots, façon personnel d’entretien dans un fast-food, nettoyeuse de toilettes dans un ferry-boat ou vacataire dans un camping, dont elle a partagé la vie de février à juillet 2009, moment où on lui proposa un CDI mettant fin à l’expérience (elle s’était fixé pour règle de ne pas bloquer un emploi réel). Se prétendant séparée d’un homme avec qui elle aurait vécu pendant 20 ans, et ne pouvant de ce fait exciper au Pôle Emploi d’aucun revenu durant cette période, elle s’était teinte en blonde et porta des lunettes, conserva son nom et ses papiers, se trouva une voiture d’occasion (qu’elle surnomme « Le Tracteur » et à qui elle dédie son ouvrage) et loua une chambre meublée à Caen avant de se dégotter un petit job à 15 km de cette ville, à Ouistreham, et que vogue la galère.
Son témoignage – remarquablement rédigé, soit dit en passant, chose de plus en plus rare chez la gent journalistique – est saisissant, sur le travail d’abattage des conseillères d’insertion (qui attendent avec angoisse les futures restructurations de leur administration, prévues pour 2013, qui les jetteront elles aussi à la rue), des recruteuses d’agences d’intérim, d’un patron d’entreprise de nettoyage, ainsi que sur la vie quotidienne, désespérante et bien souvent désespérée des petites gens que la crise économique et sociale frappe de plein fouet, sur leur vie d’esclaves, leurs idées, leurs rêves, leur solidarité, leurs souvenirs des luttes syndicales, leurs maladies, leur combat pour manger…
Misère, quel bon bouquin !
Bernard DELCORD

Le quai de Ouistreham par Florence Aubenas, Paris, Éditions de l’Olivier, février 2009,
274 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en bichromie, 19 €

20 03 10

Vrai ou faux ?

DALIRien d'étonnant au fait qu'Hollywood ait acheté les droits de ce livre autobiographique dans lequel notre compatriote, l'anversois Stan Lauryssens, raconte une vie de faussaire, plutôt de vendeur de faux.
Son "coup d'éclat" (qui lui vaudra de se faire arrêter à deux reprises) sera le trafic de faux Dali dont une partie venait des ateliers du maître lui-même !
Le livre s'articule en trois parties, la centrale axée sur la vie de Dali : les révélations étonnantes et les anecdotes truculentes sont légion.

  STAN LAURYSSENS - Nicky Depasse 1
  STAN LAURYSSENS - Nicky Depasse 2

Ma vie criminelle avec Salvador Dali, Stan Lauryssens, L'Archipel, février 2010, 227p., 19€95.

20 03 10

Ni vue, ni entendue

AUBENASIls ne m'entendaient pas, ne me voyaient pas. Je n'étais pour eux qu'un simple prolongement de l'aspirateur, la même mécanique, tout juste agrémentée d'une blouse et de gants en plastique.
C'est à une vraie démarche journalistique que Florence Aubenas - grand reporter au Nouvel Observateur - se livre: explorer, sur le terrain, la précarité des emplois peu qualifiés.
Teinte en blonde, le regard dissimulé par le port permanent de lunettes, l'ex-otage ravie, en 2005, lors d'un reportage en Irak, s'installe à Caen, en février 2009 et parvient, curieusement, à garder l'anonymat : elle plaidera, aux rares personnes qui penseront la reconnaître, la coïncidence de l'homonymie.
Son âge avancé - 48 ans, en 2009  - et un CV rendu vierge de toute expérience professionnelle la classeront, auprès des agences "Pôle emploi" dans la catégorie des "Hauts risques statistiques". Le seul débouché envisageable impose une formation d'agent d'entretien et la disposition inéluctable d'une voiture.
Un récit de galère, celle des emplois précaires, des horaires, du rythme de travail et de quelques scandaleux faits d'exploitation s'entame, qui décrit finement les relations humaines qui se tissent à tous les niveaux. L'écriture de Florence Aubenas allie la précision journalistique et le rythme alerte à quelques traits d'humour véritablement bienvenus.
L'expérience se conclura, en juillet 2009, lorsque Florence Aubenas décrochera le CDI qu'elle s'était fixé comme enjeu:Parmi les règles que je m'étais fixées, il y avait celle d'arrêter cette expérience dès qu'on me proposerait un contrat de travail définitif. Je ne voulais pas bloquer un emploi réel.
Apolline Elter

Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, éd. de l'Olivier, fév. 2010, 276 pp, 19 €

20 03 10

Ingrate Betancourt ?

juan-carlosTu me croiras si tu veux, mais ce livre, je l'ai d'abord écrit pour moi. Pour me rappeler ce que j'ai vécu avec toi pendant treize ans. Que nous nous sommes aimés, vraiment. Que nous nous sommes mariés. Que nous avons formé une famille. Que j'ai aimé tes enfants. Que nous avions des rêves. Que nous nous sommes battus pour une même cause politique. Que tu as risqué ta vie et perdu six ans pour cette cause. Et que je ne suis pas resté six ans à t'attendre sans rien faire.
La parution du livre de Juan Carlos Lecompte met à mal le mythe de l'ex-otage des FARC. Il pose surtout la question de l'étrange et ingrate attitude d'Ingrid Betancourt à l'égard de celui qui fut son deuxième mari et qui se dépensa sans compter - abandonnant toute occupation professionnelle - pendant les six années de sa captivité.
Traçant les circonstances de l'enlèvement de la célèbre otage colombienne, des actions entreprises durant les années de captivité jusqu'à celle, controversée, de sa libération, Juan Carlos Lecompte décrit aussi  les relations au sein de la famille:  s'il a grande estime pour Fabrice Delloye, premier mari d'Ingrid et leurs enfants, Mélanie et Lorenzo, il n'en va pas de même pour Yolanda, sa belle-mère, à qui il impute, la distance prise par sa fille.
Un livre écrit à la fois pour consigner le deuil d'un amour, mais aussi ses plus belles pages et inviter Ingrid à ce dialogue attendu depuis le jour de sa libération. 
Un dialogue libératoire lui aussi?
Pris entre le feu de l'émotion inspirée par Juan Carlos Lecompte et de la sympathie vouée à Ingrid Betancourt, le lecteur se prend à souhaiter ce droit de réponse sollicité. Il réalise, en tout cas, qu'une captivité de si longue haleine laisse des traces bien amères.
Je n'écris pas ce livre pour te faire du mal, mais pour me faire du bien. Pour clôturer un chapitre de ma vie. Même si je sais que je ne t'aime plus, je veux me souvenir pourquoi je t'ai aimée. Sans cela, mon long et douloureux combat n'aurait eu aucun sens. Et si de ton côté, tu as cessé de m'aimer aussi, ce n'est pas grave. Cela arrive. Seulement, j'aimerais que tu te rappelles que ton ex-mari s'est mobilisé pour toi de tout son corps et de tout son coeur.
Tu vois, Ingrid, ce n'est qu'un livre d'amour, finalement. D'amour-propre et d'amour tout court" Paris et Bogotá, novembre 2009.

Puisse ce paragraphe n'être que fin provisoire.
Apolline Elter

Ingrid et moi. Une liberté douce-amère. Juan Carlos Lecompte, éditions Alphée - Jean Paul Bertrand, janvier 2010, 210 pp, 21,90 €

08 03 10

Pouvoir et manipulation télévisuelle

L'expérience extrêmeSupport au documentaire  Le jeu de la mort qui sera  diffusé  sur France 2, mercredi 17 mars à 20h35, l'ouvrage de Christophe Nick et Michel Eltchaninnoff présente les protocole, tenants et conséquences d'une expérience d'une extrême...cruauté.
Adaptée de la célèbre expérience de Stanley Milgram (1960) - rappelez-vous le film I comme Icare - qui testait l'obéissance des sujets à des injonctions déraisonnables, le jeu "Xtrême" a pour objectif de mesurer le degré de soumission de notre société à la télévision. Les scientifiques ont cédé place et injonctions à une présentatrice-vedette, cristallisant le pouvoir du petit écran.
Cadre de l'expérience menée du 14 au 24 avril 2009: un plateau-TV, assorti d'un public, de deux candidats et d'une animatrice, censés réaliser les tests-pilotes d'un nouveau jeu télévisuel "Fortune et châtiment": interrogé sur 27 associations de concepts le candidat "questionné" (un comédien) reçoit, à chaque réponse fausse, une décharge électrique à voltage croissant, administrée par le questionneur. Les gradations extrêmes dépassent la limite du supportable...
Quatre-vingts candidats "questionneurs", âgés de 25 à 55 ans, furent sélectionnés sur base d'un mailing de 13.000 personnes. Les critères de recrutement devaient garantir une représentation équitable de la population, pondérant les tranches d'âges, les sexes et les degrés de consommation d'émissions de télé-réalité. La participation était dénuée d'enjeu financier.
Entourés de conseillers scientifiques, les protagonistes de l'enquête développent toutes les facettes de celle-ci, analysant, avec minutie, les facteurs d'obéissance, de tricherie et d'abandon (désobéissance).
La télévision a réussi le tour de force de conjuguer les mauvaises manières de l'homme dérobé au regard d'autrui et celles de la foule que rien n'arrête.
Parmi les paradoxes soulevés par l'enquête, le moindre n'est pas de découvrir une plus grande soumission, en 2009,  (81 %) à l'autorité incarnée par l'animatrice-TV que celle (62,5 %) manifestée, en 1960, à l'égard des scientifiques de l'expérience de Milgram, lors même que notre société revendique une liberté accrue...
Apolline Elter

L'expérience extrême, Christophe Nick, Michel Eltchaninoff (avec les contributions scientifiques de Jean-Léon Beauvois, Didier Courbet, et Dominique Oberlé), Ed. Don Quichotte, mars 2010, 300pp, 18€50.

03 03 10

Le bouquet final

Dernières salvesLa chronique ci-dessous a paru dans la livraison du
3 mars 2010 de l’hebdomadaire satirique bruxellois
PAN :

Avec ses Dernières salves parues il y a trois mois chez Plon à Paris, le célèbre journaliste français Jean-François Kahn complète son Dictionnaire incorrect et son Abécédaire mal-pensant au moyen de formules qui font mouche (et bien souvent mal, car il est difficile pour les politiques et autres paltoquets de faire rire à leurs dépens – pas vrai, BHL ?), comme : « Besancenot, Olivier : facteur… de division » ;
« Chauffeur : seul représentant du peuple auquel sont confrontés certains élus du peuple » ; « Guerre d’Irak : guerre dirigée contre le régime baassiste criminel de Saddam Hussein et qui a fait, en sept ans, beaucoup plus de victimes civiles que le régime baassiste criminel de Saddam Hussein » ; « Jackson, Michael : icône de la pop music. Star noire qui crut que, pour rester éternellement en enfance, il suffisait de se transformer en spectre blanc. Ce qui n’était pas tout à fait faux puisqu’il mourut jeune, adulé, dans le noir, mais blanchi de ses turpitudes » ; « Lang, Jack : prêt à ramper sous le feu ami plutôt que de s’éloigner des feux de la rampe » ; « Plus-value : ce que rapporte aux uns le travail des autres » ; « Rafistoler : ce que Sarkozy appelle ‘refonder’ » ; « Séguin, Philippe : Homme politique original et talentueux. C’était un ours. Le problème, c’est que c’était un ours en peluche. Aurait pu… mais n’a pas osé : comme ne dit pas la proverbe : ‘Qui reste à sa place perd la chasse’ » ; « Tombe : trou de mémoire »…
Un feu nourri d’intelligence et d’esprit !
PANTHOTAL

Dernières salves
par Jean-François Kahn, Paris, Éditions Plon, novembre 2009, 560 pp. au format 14,2 x 22,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 23,90 €

02 03 10

La grande affaire criminelle à la cour de Louis XIV

PETITFILSS'il est un scandale  qui a envenimé le règne de Louis XIV, c'est bien l'affaire des poisons. Visé en son cercle intime  - Madame de Montespan fut suspectée d'avoir voulu l'empoisonner - le monarque institua, dès 1679, une commission d'enquête, la Chambre ardente, avec mission de livrer  chasse aux sorcières:  mis sur la sellette, soumis à la petite, grande questions et autres tortures, une série de personnages obscurs et malfaisants furent exécutés sur la voie publique, par décapitation, pendaison ou passage sur le bûcher. 
Des noms comme La Voisin, La Filastre, la Grange et quelque 160 autres comparses étaient impliqués dans des pratiques sordides : commerce de poisons, sortilèges, messes noires, pactes sataniques, sacrifices rituels...qui drainaient des adeptes jusque dans les cercles haut-placés du pouvoir.
Figure centrale de l'enquête, Gabriel Nicolas de la Reynie, lieutenant général de Police dut tempérer zèle et intégrité des éléments de l'enquête visant La Montespan. Le résumé de ses notes constitue une source précieuse pour  l'ouvrage.
Résultat de recherches approfondies,  basées sur une bibliographie et source d’archives impressionnantes, l'ouvrage de l'historien Jean-Christian Petitfils propulse le lecteur au coeur des intrigues de Cour, dénonciations gratuites, mentalités stupéfiantes et d'une psychose bien compréhensible.
Un ouvrage majeur.
Apolline Elter

L'affaire des poisons, Jean-Christian Petitfils, Editions Perrin, janvier 2010, 382 pp, 21,5 €

28 02 10

"C'était le bon temps"

Les produits de notre enfance en 60 recettesCeux qui ont connu jadis l’arrivée sur nos tables du Banania, du Coca-Cola, de la grenadine, du Nutella, du Toblerone, de la Vache qui rit, du Boursin, du camembert Lanquetot, du carré frais Gervais, du Saint-Moret, du ketchup Heinz, du bouillon Kub, de la gelée Maggi, de la Maïzena, de la purée Mousline, des coquillettes Lustucru, du thon Petit Navire, de la crème de marrons Clément Faugier, du condiment Savora, du Tabasco, des petits beurres Lu, du Carambar, des fraises Tagada et du lait concentré Nestlé auront plus d’une pensée émue à la lecture de Les produits de notre enfance en 60 recettes, une compilation de réminiscences souriantes et gustatives des regrettées « Golden Fifties & Sixties »…
Chaque produit y est présenté sur une double page reproduisant aussi les affiches publicitaires d’antan, elle-même suivie de recettes qui, si elles n’excellent pas toujours par leurs qualités gastronomiques, brillent au firmament du souvenir d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître !
Bernard DELCORD

Les produits de notre enfance en 60 recettes, Paris, France Loisirs, (© Éditions Marie-Claire), août 2008, 184 pp. en quadrichromie au format 19, x 26 cm sous couverture cartonnée en couleur, 20 €

18 02 10

Chroniques d'une vestale zen

BRUNISpécialiste des têtes couronnées, Patrick Weber n'hésite pas à introniser la France républicaine dans les rangs des monarchies les plus établies. Sans doute faut-il être Belge pour s'attaquer ainsi à un portrait de la première Dame des Français sans être taxé d'implication partisane.
Relatant  les apparitions publiques de l'ex-mannequin, mangeuse d'hommes et encore actuelle chanteuse, depuis son mariage avec "Nicolas Ier", le journaliste tente de percer l'énigme d'une femme experte consommée dans l'art de l'esquive.
Une richissime vestale zen qui donne l'impression de jouer un rôle, avec fonction d'apaiser le président et de le défaire de son image de Zébulon hyperkinétique doublé de celle d'un homme d'Etat autoritaire.
Elégante, élancée, naturellement indolente, polyglotte avertie, politiquement éprise des intellectuels de gauche, la reine Carla tiendrait tant  d'une Catherine ou d'une Marie de Médicis, Joséphine de Beauharnais, Marie-Antoinette que d'une Astrid de Belgique, Diana Spencer, Grâce de Monaco ou même et surtout d'une Jackie Kennedy. Chacune de ces ressemblance étant évaluée selon un coefficient de Carla-compatibilité.
Carla souffre d'un syndrome bien connu par les reines de France. Elle paraît lointaine, coupée des réalités du peuple. A ceux qui réclament du pain, elle propose de lire de la poésie. Et quand on s'attendrait à la voir marcher, tête baissée, deux pas derrière son auguste époux, elle donne plus souvent l'impression de n'en faire qu'à sa tête.
Mystère d'un couple, mystère d'une fonction bien délicate à négocier.
Apolline ELTER

La reine Carla, Patrick Weber, Editions du Rocher, février 2010, 190pp, 18€00.

09 02 10

Vie privée, vie publique

si_tu_ne_m_aimes_pas_je_t_aime_01Peut-être ,poursuit-elle, les textes qui vont suivre, nous aideront-ils à comprendre, à déchiffrer le mystère amoureux, et pas seulement le nôtre Peut-être, en mettant par écrit notre histoire, de notre rencontre jusqu'à aujourd'hui, aurons-nous trouvé, tels des alchimistes modernes, ce passage toujours recherché, jamais découvert, qui transforme le plomb en or: l'or de l'amour contre le plomb du quotidien.
Voilà le défi philosophal que s'assignent Catherine Laborde et Thomas Stern, couple célibataire -partageant des tranches de vie plutôt qu'un toit - tandis qu'ils rédigent, à deux voix, le récit d'une relation aux allures aussi libres qu'irrémédiablement aimantes. Dans le chef d'un philosophe et d'une présentatrice habituée aux turbulences de la météo, on ne peut qu'attendre une mise en scène secouée: de ce côté, le lecteur ne sera pas déçu, découvrant comme l'amour peut être complexe dans son expression: L'amour est fractal. Pour durer dans les corps et dans les âmes, il a besoin de ruptures. Un couple sans scène, ça n'est pas vraiment un couple, juste un pâle arrangement entre les fantômes. (Thomas Stern)
Cynique à ses pages (Lui), tendre à d'autres (Elle), pudique sur certains points, crue sur bien d'autres, sincère sans doute, irrésistible quand le chapitre 57 se fait le théâtre d'une scène conjugale hilarante, indiscrète et complice, cette relation d'amour est pour le moins...déconcertante.
J'hésite à l'écrire, mais nous sommes sans doute un couple heureux...Nous vivons un bonheur comme tous les bonheurs, nourri de rêves et de projets avortés qui semblent prouver que la réalité est insatisfaisante. Pas du tout. Les couples heureux ont des histoires et nous ne sommes jamais à court d'invention.
De ce côté, on peut compter sur eux.
Apolline Elter

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime, Catherine Laborde & Thomas Stern, Flammarion, février 2010, 344 pp, 19 €