13 11 08

Alzheimer et nous

BAUWENSChantal Bauwens a vécu le cancer de son père ... et l'Alzheimer de sa mère.
Alzheimer, ma mère et moi parle de ce ménage à trois dans lequel on vit quand un proche est atteint par cette terrible maladie.
Elle en parle avec Philippe Cantamessa.

  CHANTAL BAUWENS - Philippe Cantamessa 1
  CHANTAL BAUWENS - Philippe Cantamessa 2
  CHANTAL BAUWENS - Philippe Cantamessa 3

Alzheimer, ma mère et moi, Chantal Bauwens, Editions de l'Arbre, 208p., 18€50.

04 11 08

Quelle(s) Histoire(s) !

FERRAND« Ce n’est pas ce qu’on fait qui compte, c’est l’Histoire », assurait jadis le chanteur Yves Duteil, et l’essayiste français Franck Ferrand, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales,en apporte une démonstration éclatante dans un brillant petit ouvrage intitulé L’Histoire interdite, paru aux Éditions Tallandier à Paris. En 206 pages bien senties,
il fait un sort à cinq vérités historiques officielles et met en lumière les cinq vérités dissidentes qui leur correspondent et qui constituent très probablement la vérité tout court. À l’en croire, le siège d’Alésia (52 avant J.-C.) ne s’est pas tenu en Bourgogne mais dans le Jura (ce qui modifie radicalement le sens et la portée du duel entre César et Vercingétorix), l’épopée de Jeanne d’Arc (1429-1431) résulte non pas de l’action de la Providence mais bien des effets d’un vaste plan concerté dans l’ombre, notamment par Yolande d’Aragon, la belle-mère de Charles VII, les œuvres de Molière écrites après 1658 sont en réalité tombées de la plume de Pierre Corneille, le tombeau de Napoléon Ier au Panthéon (1840) ne contient pas le corps de l’empereur et l’affaire Dreyfus (1894) en cache une autre, infiniment plus gênante pour les autorités. Chaque thèse se fonde sur des travaux très sérieux, généralement occultés par la « bien-pensance » universitaire hexagonale. En ce qui concerne la dernière, relative à l’affaire Dreyfus, elle remet en lumière les travaux remarquables de l’historien fameux qu’était Henri Guillemin, condisciple de Jean-Paul Sartre à l’École Normale Supérieure et star de la RTB de papa, homme de convictions et secoueur de cocotiers, dont les partis pris démocrates chrétiens n’ont jamais obéré la lucidité ni le courage intellectuel. Rien que pour cela, le livre de Franck Ferrand vaut le détour !
Bernard Delcord

L’Histoire interdite
par Franck Ferrand, Paris, Éditions Tallandier, 2008, 206 pp., 17,90 €

01 11 08

Arriba Espana !

EMPALMADONous avons déjà écrit dans ces colonnes combien il nous semble important que toute pédagogie colle véritablement non seulement avec le terrain de l’apprenant, mais aussi avec son vécu, ce qui implique le recours à l’expérimentation. Nous ne pourrons donc que nous féliciter de la parution récente, à Paris aux Éditions Blanche, d’un cours de langue étrangère d’une efficacité totale, qui favorisera l’immersion linguistique et la pénétration culturelle. Intitulée Je parle espagnol comme un(e) cochon(ne), cette méthode fondamentale a été rédigée par une professeure réputée qui a choisi l’anonymat en se réfugiant derrière le pseudonyme masculin de Candido Empalmado (tout un programme, pour un tel manuel orienté vers la pratique…). On y trouve donc, basé sur les fonctions vitales et communicatives, tout l’attirail lexical et grammatical utile à une progression rapide dans l’expression, la compréhension et l’accomplissement de la vie sexuelle telle qu’elle s’envisage dans le pays de don Quichote, c’est-à-dire chaud bouillante. Les pratiques de la vie sociale sont mises en situation et le vocabulaire anatomique exploré en profondeur, ainsi que tout ce qui tourne autour, comme l’indiquent les titres de certains chapitres : Picoler, Bouffer, Pognon, Bagnole, Came et même (on n’est jamais trop prudent !) Bestioles. Notre pudeur légendaire nous ayant retenu de citer dans ces colonnes l’un ou l’autre exemple extrait de ce « Routard du Bandard en Ibérie », nous renvoyons nos lecteurs intéressés vers leur fournisseur habituel ou, à défaut, vers l’Institut Cervantès qui leur donnera bien volontiers tous les éclaircissements qu’il leur plairait d’obtenir.
Bernard DELCORD

Je parle espagnol comme un(e) cochon(ne)
par Candido Empalmado, Paris, Éditions Blanche, 2008, 125 pp., 12,00 €

01 11 08

La femme est l'avenir de l'homme (Aragon)

AFGHANISTAN_DVDLa journaliste Hadja Lahbib, ci-devant présentatrice du JT de la RTBF dont elle fut et demeure l’un des fleurons, a réalisé sous le titre Afghanistan, le choix des femmes un reportage hors norme consacré à deux grandes dames hors du commun, qui impriment leur marque dans un pays à la géographie magnifique mais aux mœurs archaïques et machistes. L’une, Habiba Sorabi, gouverne à Bamiyan (où ces crétins de talibans ont naguère fait sauter à la dynamite de magnifiques et imposantes statues millénaires du Bouddha) la plus grande province de son pays et l’autre, Aïcha Habibi, dont beaucoup d’Afghans pensent qu’elle n’est qu’une légende et n’existe pas, est un chef de guerre qui se fait appeler commandante Kaftar et règne en autocrate dans la vallée reculée de Sajjân. Leur point commun ? L’héroïsme, dans la paix pour la première, dans la guerre pour l’autre, et pour les deux la droiture, le sens de l’équité et celui de l’abnégation. Les images, disponibles sur un DVD en vente à la RTBF, sont absolument superbes, à couper le souffle, et les Éditions Racine à Bruxelles ont eu l’excellente idée d’en faire commenter un certain nombre par l’auteure, dans un fort beau livre portant le même titre que le reportage. Son récit, passionnant d’un bout à l’autre, met en exergue une qualité suprême : l’humanité. Pas de doute : s’il y a bien un ouvrage qu’il faut absolument acquérir en ces temps de pertes de valeurs pas seulement boursières, c’est celui-là !
Bernard DELCORD

decorationAfghanistan, le choix des femmes (livre) par Hadja LAHBIB, Bruxelles, Éditions Racine, 2008, 160 pp. en quadrichromie au format 22 x 24,8 cm, 39,95 €
Afghanistan, le choix des femmes (DVD de 52’) par Hadja LAHBIB assistée de Louis-Philippe CAPELLE, Bruxelles, RTBF Éditions, 2008, 14,90 €

25 10 08

La Russie vue d'en haut

JEANDESCARSA l'heure où nombreux sont ceux mettent en perspective Staline et Poutine, la nouvelle Russie avec celles qui furent blanches puis rouges, Jean des Cars publie l'histoire des Romanov, la dernière (et longue) dynastie qui régna sur la Russie avant de disparaître dans la bourrasque soviétique. Trois siècles d'Histoire, de grandes et petites figures régnantes et surtout le portrait d'un pays si proche de nous.

  JEAN DES CARS - Brice Depasse 1
  JEAN DES CARS - Brice Depasse 2
  JEAN DES CARS - Brice Depasse 3

La saga des Romanov : De Pierre le Grand à Nicolas II, Jean des Cars, Plon, 2008, 358p., 22€ env.

23 10 08

Expressions en péril

PIVOTAu fil de ses lectures, Bernard Pivot a collecté une centaine d'expressions populaires dont l'existence est menacée d'oubli par la jeune génération. Définitions, genèses, explications, citations et références pour des locutions qui n'ont pas eu droit de cité dans le Littré mais qui ont coloré durant des décennies nos conversations.

  BERNARD PIVOT - Brice Depasse 1

A propos de Philippe Sollers et du Goncourt 2008 :

  BERNARD PIVOT - Brice Depasse 2


100 expressions à sauver, Bernard Pivot, Albin Michel, octobre 2008, 145p., 12€00 env.

Photo : Alain Trellu

Ecoutez notre entretien à propos du Dictionnaire amoureux du vin en cliquant sur la photo.

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11 10 08

Les dessous affriolants des petites phrases

DELERMAprès avoir observé les petits faits du quotidien avec ses célèbres Première gorgée de bière et Sieste assassinée, Philippe Delerm s'en prend à ces "petites phrases", ces expressions toutes faites qui jalonnent nos conversations: "Y a pas de souci, Ca a été? , On était écroulées, ...".
Décortiquées, les expressions révèlent "ce décalage apparemment maladroit qui fait souvent le succès du langage courant'. Et l'on se prend à se demander si l'on préfère Trouville à Deauville. Le choix n'est pas anodin qui préfigure une qualité d'âme, une sensibilité qu'il s'agit de faire valoir:
"On n'évoque pas deux villes en affimant je préfère Trouville à Deauville. On parle de soi. De ce petit raffinement d'autosatisfaction qui donne la préférence aux choses simples. L'opposition Trouville- Deauville, c'est l'opportunité pas si fréquente de se determiner par l'alternative" p 36
Quand nous vous disions que tout cela était finement observé...
Apolline Elter

Ma grand-mère avait les mêmes. Les dessous affriolants des petites phrases, Philippe Delerm, Points, septembre 2008, 93p., 11€.

26 09 08

A nous deux !

NYS_MAZUREC’est une invitation que Colette Nys-Mazure nous lance, avec la publication, aux Editions Bayard, de son dernier ouvrage.
Illustré d’une petite trentaine d’œuvres picturales dédiées à l’enfance, belles, touchantes, parfois sublimes, telle cette toile d’Ipolit Strâmbu, Les enfants au jardin, le recueil invite les adultes à (re) nouer le dialogue indispensable avec l’enfant, à remonter en leur propre enfance.Nous voudrions remonter en enfance et non y retomber. A notre insu, l’enfance se fait lointaine (…) elle nous hèle cependant. Serons-nous à la hauteur de l’enfant que nous avons été ?.
La contemplation commentée de chaque œuvre est « pré-texte » à poser les véritables questions. Elles sont parfois d’une simplicité déroutante. Sais-tu qui tu es ?. Fondamentale : Prêtes-tu attention à la musique du vent, de la pluie, des vagues, des feuilles ? ».
Et voici qu’au départ de thèmes quotidiens, le jeu, le rêve, le goûter, la lecture, l’ennui, …nous sommes tout naturellement amenés à évoquer des thèmes forts, comme l’identité, ou même tabous, telle la maladie, la mort et la Résurrection. Ceci avec cette force d’écoute et de respect qui est la signature de Colette Nys-Mazure et qui permet de franchir la barrière des générations.
Le mot de la fin ? : Le temps ? Personne n’en a, mais chacun en prend pour ce qui lui importe »
Apolline Elter

A nous deux, Colette Nys-Mazure, Bayard, septembre 2008, 141p., 21€00 env.

25 09 08

Ennemis publics (et demi ?)

BHL_HOUELLEBECQAlors que la grande chasse aux prix (dont nous ne serons plus) alimente tous les quotidiens et magazines, un autre buzz littéraire vient de partir en flèche avec la fin d'un des feuilletons burlesques de l'été publicitaire du monde de l'édition. Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy publient un ouvrage à quatre mains : Ennemis publics.
Le seul souci avec ce type de publicité du style on a tenté de garder le secret mais, diable, la presse a eu vent de l'affaire, c'est que le livre aura grandement besoin d'être à la hauteur des hectolitres d'encre qu'il va faire couler avant sa parution.
En clair, sachez qu'il s'agit d'une correspondance entretenue entre les deux écrivains (talentueux) et cinéastes (catastrophes). Le projet de publication serait venue au cours de ces échanges. (?)
On espère que le public et les idées seront aussi gagnants que les auteurs et éditeurs.
Brice Depasse

Ennemis publics, Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, Grasset & Flammarion, octobre 2008, 386p., 20€00.

11 09 08

Pour appeler un chat un chat

VITOUX_CHATSL’académicien français Frédéric Vitoux vient de faire paraître, dans la célèbre collection des « Dictionnaires amoureux » coéditée par Plon et Fayard, un Dictionnaire amoureux des Chats qui ravira tous les amis de ces félidés aussi intelligents qu’indépendants. Si l’on sait combien les chats ont compté dans la vie d’écrivains comme Marcel Aymé, Charles Baudelaire, Louis-Ferdinand Céline, Colette, Rudyard Kipling, Paul Léautaud, André Malraux ou Alexandre Vialatte et dans l’existence de personnages illustres comme les pharaons d’Égypte, Hérodote ou le cardinal de Richelieu, et si l’on n’ignore pas qu’ils peuplent l’univers des enfants, du Chat botté à Tom et Jerry ou Félix le Chat, on est peut-être moins au fait de l’influence des chats sur la musique (les duos des chats de Rossini et de Ravel ou Kittens on the Keys de Zeg Onfrey), sur la gastronomie (jadis en Espagne ou à Venise et chez nous pendant les périodes de disette) ou sur le cinéma (quoique le fameux savon que reçoit la Pomponnette de la part du mari trompé dans La femme du boulanger de Marcel Pagnol demeure un modèle confondant de discours indirect). En revanche, certains de leurs attributs (les yeux, les oreilles et les moustaches notamment) font l’unanimité, qu’ils soient le fait de chats de race ou de gouttière, et ne laissent pas de fasciner l’homo sapiens d’hier et d’aujourd’hui. Tant il est vrai que, comme l’assurait Marcel Mauss, le père de la sociologie : « Le chat est le seul animal qui soit arrivé à domestiquer l’homme ».
Bernard Delcord

Dictionnaire amoureux des Chats par Frédéric Vitoux, Paris, Éditions Plon & Fayard, 2008, 721 pp., 24 €.