21 12 08

L'impératrice belge

PAOLIDestin tragique et romantique d'une vie qui s'annonçait somptueuse. Charlotte de Belgique, fille de Léopold Ier, ce grand personnage de l'échiquier européen post-napoléonien, et petite-fille du roi des Français, ceignit successivement la couronne du dûché de Vénétie-Lombardie et de l'empire du Mexique. Dominique Paoli a choisi, dans cette biographie publiée chez l'excellent éditeur Perrin, de faire la lumière sur la folie précoce de l'impératrice belge.

  DOMINIQUE PAOLI - Brice Depasse 1
  DOMINIQUE PAOLI - Brice Depasse 2

CHARLOTTE

L'impératrice Charlotte : « Le soleil noir de la mélancolie », Dominique Paoli, Perrin, novembre 2008, 328p., 21€00.

18 12 08

Pour avoir la bosse... des maths !

MATHSLe succès appelant le succès, les Éditions Blanche à Paris font paraître ces jours-ci, après le fameux tiercé Je parle anglais comme un(e) cochon(ne), Je parle allemand comme un(e) cochon(ne) et Je parle espagnol comme un(e) cochon(ne),
un amusant petit Je fais des maths comme un(e) cochon(ne) propre à rendre cartésien le plus évanescent des poètes parnassiens ou einsteinien le plus rébarbatif des hip-hoppeurs de banlieue.
Rédigé par un prof revêtu d’un pseudonyme transparent (Gérard-Olivier Maitry), cet ouvrage « parascolaire » revisite les fondements de l’arithmétique, de la géométrie, de l’algèbre ou des calculs de probabilités en joignant l’utile (des cours sérieux, clairs et précis) à l’agréable (des exemples pour le moins délurés) et le concret le plus vibrant (« On ne dit pas ‘un carré un peu plus long d’un côté que de l’autre’, on dit ‘un rectangle’ ») à l’abstrait le plus éthéré (« Moi, j’ai sauté un gogol de nanas ! » est, par exemple, présenté comme une affirmation peu vraisemblable, un gogol étant le nombre composé du chiffre 1 suivi de cent zéros, par ailleurs à l’origine du mot « Google »).
Le tout est exposé dans le respect le plus strict des consignes ministérielles, qui en appellent à l’ancrage dans le vécu des apprenants. Qu’on en juge par la sagacité de l’énoncé de ce problème : « La mère de Toto donne à celui-ci 50 € pour aller acheter un pain à 1,50 €. En chemin, il rencontre la grosse Lulu qui lui fait une petite gâterie pour 30 €. Toto est donc obligé de piquer le pain et de revendre 2 barrettes de shit à 14 € pièce. Pourra-t-il rendre la monnaie ? » Ou par l’actualité de celui-ci : « Tony fabrique sa coke lui-même en mélangeant 1/5 de farine, 3/8 de sucre en poudre et le reste de maïzena. Calculer la quantité de chaque ingrédient que Tony devra acheter pour préparer 100 g de dope. ». Les autres ne sont pas racontables ici. Ce qui n’empêche tout de même pas la morale de rester sauve : « José boit 6 pastis avant de reprendre la route. Chaque verre augmente son taux d’alcoolémie de 0,25 g/L. Quel taux le médecin légiste va-t-il mesurer lors de l’autopsie ? »…
Bernard DELCORD

Je fais des maths comme un(e) cochon(ne) par Gérard-Olivier Maitry, Paris, Éditions Blanche, 123 pp., 12 €.

16 12 08

Nom(s) de Dieu !

SOUFFREPréfacé par Pierre Kroll et illustré de 55 dessins originaux issus de sa plume, c’est un bien intéressant petit ouvrage qui vient de paraître aux Éditions Modulaires Européennes à Fernelmont. Intitulé Une cuillère d’eau bénite et un zeste de soufre, il croise les regards d’Éric de Beukelaer, prêtre, théologien et porte-parole des évêques de Belgique, et de Baudouin Decharneux, philosophe libre-penseur et historien des religions
à l’Université libre de Bruxelles, ce temple du libre-examen, en une joute oratoire amicale autour de 55 mots-clefs tels qu’Âme, Doute, Franc-maçonnerie, Liberté, Mort… mais aussi Bigoterie, Diable, Femme, Humour, Hypocrisie, Langue de bois, Sexualité ou Uniforme.
Sans jargon, sans forfanterie et sans a priori, leurs réflexions ouvrent sur un monde de doutes et de certitudes qui déconcertent, passionnent et secouent. Bakounine l’assurait :
« Si vraiment Dieu existait, il faudrait s’en débarrasser ! » À lire nos trois compères (le texte de Kroll est plus que surprenant),
le vieil anarchiste russe aurait peut-être quelques doutes…
Bernard DELCORD

Une cuillère d’eau bénite et un zeste de soufre, par Éric de Beukelaer et Baudouin Decharneux, préface et illustrations de Pierre Kroll, Fernelmont, Éditions Modulaires Européennes, collection « Société », 2008, 165 pp., 21 €

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11 12 08

Une boîte à lettres bien de chez nous

CHATELAINLes Éditions Le Cri à Ixelles ont eu le nez creux en faisant paraître, sous la plume de Paul Aron et de Françoise Chatelain, tous deux issus de l’Université Libre de Bruxelles, un excellent ouvrage scolaire qui, sous le titre fleuve de Manuel et anthologie de littérature belge à l’usage des classes terminales de l’enseignement secondaire, permet aux enseignants d’aborder à partir d’extraits d’œuvres d’auteurs belges les grands courants littéraires (réalisme, naturalisme, symbolisme, littérature du peuple, surréalisme…) ou divers genres de textes (théâtre, fantastique, science-fiction, roman policier, poésie expérimentale) ainsi que différents thèmes (les communautés linguistiques, les arts plastiques, l’immigration, le colonialisme, le travail, la vie et les conflits politiques, les rapports sociaux de sexe, les passions humaines, l’esthétique). Au programme, des séquences et des
« situations-problèmes » à partir d’André Baillon, Madeleine Bourdouxhe, Achille Chavée, Paul Colinet, Charles De Coster, Christian Dotremont, Georges Eekhoud, James Ensor, Michel de Ghelderode, Hubert Juin, Camille Lemonnier, Maurice Maeterlinck, Louis Scutenaire, Georges Simenon, Émile Verhaeren, mais aussi Paul Willems, Guy Vaes, Jean Tousseul, Paul Nougé, Marcel Mariën, André Franquin, sans oublier les prolétariens (Constant Malva, Pierre Hubermont) et tout un tas d’écrivains encore en vie, parmi lesquels un véritable ténor de la création verbale contemporaine : Jean-Pierre Verheggen, l’inclassable auteur d’Artaud Rimbur, de Ninietzsche, peau d’chien, des Folies belgères et du Degré Zorro de l’écriture, véritables « problèmes de situation » pour tous ses exégètes ébaubis !
Bernard DELCORD

Manuel et anthologie de littérature belge à l’usage des classes terminales de l’enseignement secondaire par Paul Aron et Françoise Chatelain, Bruxelles, Éditions Le Cri, 274 pp. noir et blanc au format quarto, 10 €

29 11 08

Un livre peu banal...

congoVivant et travaillant actuellement en République Démocratique du Congo, Georges Antippas est un Grec né au Congo Belge, à Kolwezi en 1956, dont les ascendants grecs sont établis dans ce pays depuis 1895.
La consultation des archives familiales lui a donné l’idée d’écrire un ouvrage étonnant, Pionniers méconnus du Congo Belge, paru en 2007 à Bruxelles aux Éditions Masoin et remarquablement illustré d’innombrables documents iconographiques inédits, dans lequel il retrace, nom par nom et famille par famille, l’histoire et l’action de ses compatriotes dans l’ancienne colonie de la Belgique. Il en résulte une image tout à fait originale du Congo de Léopold II, des communautés étrangères dans son État, de la vie des Noirs, des métis et des Indiens dans la colonie, de la Seconde Guerre mondiale vue d’Afrique, de l’urbanisme et de l’économie africaines de l’Après-guerre, de la vie culturelle et associative de l’époque et même de la discographie coloniale… Concentrés essentiellement à l’Est (parce qu’ils provenaient de Grèce continentale et des îles, mais aussi de Turquie, d’Égypte, d’Éthiopie et d’Afrique du Sud), les Grecs du Congo Belge laissèrent néanmoins des traces dans la capitale, comme par exemple l’immeuble Diaco sur le boulevard du 30 juin, ainsi appelé en raison du nom de son constructeur Georges Diacomichalis, ou l’immeuble « ex-Bata » édifié par son frère André. Actifs dans le commerce, les travaux publics et les transports, ils marquèrent aussi divers secteurs industriels (les mines, la production de tissus, la mode, l’agro-alimentaire, l’hôtellerie ainsi que la pêche dans les régions de Kasenga et du lac Tanganyika).
Nul doute que les historiens européens et africains de l’Afrique coloniale autant que les anciens du Congo et leurs descendants voire même les Congolais (y compris de Belgique) trouveront dans ce bel ouvrage dépourvu d’accents polémiques et quelque peu hagiographique l’occasion de jeter un regard neuf sur un passé ancien…
Bernard DELCORD

Pionniers méconnus du Congo Belge par Georges Antippas, Bruxelles, Éditions Masoin, 2007, 346 pp. illustrées en quadrichromie, 60 €

25 11 08

Un livre à dévorer !

MILLAUCofondateur des guides Gault-Millau, l’auteur du Dictionnaire amoureux de la gastronomie paru tout récemment chez Plon à Paris, Christian Millau, est un merveilleux conteur qui y narre avec une belle faconde et dans un style gouleyant à souhait ses souvenirs gourmands
les plus marquants et qui y fait part de son expérience d’amateur éclairé de chère fine et de boissons de qualité.
Découvreur de talents autant que baroudeur de la table et même parfois kamikaze de la diététique (par exemple quand il tâta, dans une sorte de bordel à Shanghai, d’une bouillabaisse prétendument « comme à Marseille »), il a roulé sa bosse et sa serviette a travers le vaste monde et il en a ramené des considérations passionnantes, parfois très drôles, sur le canard laqué, Marrakech, la cuisine anglaise, irlandaise ou indienne, la sushimania, la Belgique, les trattorias romaines, l’Espagne, les bouchons lyonnais, la malbouffe yankee, les Winstuben, voire sur l’anthropophagie…
D’une entrée à l’autre, il ressuscite Apicius, Grimod de La Reynière, Brillat-Savarin, Curnonsky ou Talleyrand, a une de ces frites, fait un sort à la cuisine moléculaire, dénonce le faux luxe, prononce l’éloge du métier de maître d’hôtel, se penche sur les mots de la faim, s’intéresse aux chefs francs-maçons, croise Alain Ducasse, Paul Bocuse, Joël Robuchon, Marc Veyrat, explique comment lire une carte de restaurant ou consommer un bon foie gras, murmure son amour de l’oreille de cochon à la dijonnaise, raconte l’histoire du caviar, établit la typologie du cassoulet, rend hommage aux femmes en cuisine, conseille le champagne rosé, s’extasie au souvenir d’un merveilleux jambon-beurre, sert un coup de rhum et chante les louanges du chou farci. Entre autres…
Quel bon bouquin !
Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de la gastronomie par Christian Millau, Paris, Éditions Plon, 2008, 771 pp., 25 €

23 11 08

La touche Groult

GROULTAprès l'énorme succès de La touche étoile, Benoîte Groult, du haut de ses quatre-vingts ans, nous brosse avec lucidité et humour le tableau de presque un siècle de rapports entre hommes et femmes. Sa propre histoire. Celle d'une femme qui n'avait pas le droit de vote et à peine celui de disposer d'elle-même avant la guerre.
J'ai adoré ce livre. J'adore cette femme.

  BENOITE GROULT - Nicky Depasse 1
  BENOITE GROULT - Nicky Depasse 2
  BENOITE GROULT - Nicky Depasse 3

ATT45780
Mon évasion, Benoîte Groult, Grasset, 2008, 333p., 18€50.

Photo : Alain Trellu

22 11 08

"America ! America !"

MELANDRIBrillant universitaire français, Pierre Melandri est un spécialiste des relations internationales contemporaines en général et de la politique étrangère yankee en particulier.
Il vient de faire paraître à Bruxelles chez André Versaille une volumineuse Histoire des États-Unis contemporains qui fera date, dans les divers sens du terme. D’abord parce qu’il situe en 1865 la naissance des États-Unis actuels, à l’issue de la Guerre de Sécession et après la défaite du Sud agricole, individualiste et esclavagiste face au Nord industrialisé, abolitionniste et affairiste. S’ensuivra jusqu’en 1897 une croissance économique foudroyante qui marquera l’avènement de l’Amérique contemporaine. Cet « Âge doré » sera balayé par la rébellion, à partir de 1898, des couches patriciennes et des classes moyennes de la société contre le big business d’une ploutocratie sans cesse plus âpre au gain, et par leur volonté de créer un nouvel ordre mondial rompant avec l’isolationnisme traditionnel des USA. Novembre 1918 et mai 1945 combleront leurs vœux en consacrant la chute à plus ou moins court terme des empires centraux en Europe et des empires coloniaux de par le vaste monde
(à l’exception de ceux d’Amérique latine, chasse gardée de l’Oncle Sam). Entre-temps, la crise de 1929 avait rebattu les cartes et l’attaque japonaise de Pearl Harbor donné à l’Amérique l’occasion d’assurer un leadership international compatible avec sa suprématie économique et militaire. On connaît la suite : guerre froide, course aux armements, torpillage politique de l’Union européenne,
« American way of life », guerres innombrables et bien souvent calamiteuses (Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan…), chute du mur de Berlin en 1989, retour de l’affairisme et accession du pays de George W. « Caligula » Bush au statut de superpuissance unique, avec son lot d’heurs et de malheurs.
Publié en septembre 2008, c’est-à-dire peu de temps avant la déconfiture financière du pays de Tonton Picsou, cet ouvrage remarquablement sérieux et formidablement documenté débouche sur une vision prémonitoire, exprimée en termes diplomatiques : « Cependant, alors que l’Amérique peut croire accompli son “destin exemplaire”, les événements internationaux de ces dernières années montrent qu’elle n’est vraisemblablement qu’en train de vivre “un éphémère moment unipolaire” ».
Sic transit gloria mundi…
Bernard DELCORD

Histoire des États-Unis contemporains par Pierre Melandri, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Références », 2008, 990 pp., 34,90 €

22 11 08

Un phare de la culture

LANTERNEDans son essai intitulé La Lanterne sourde (1921-1931) paru chez Racine, la jeune romaniste de Liège Mélanie Alfano retrace une passionnante aventure culturelle internationale partie du cercle des étudiants de l’Université de Bruxelles dirigé au lendemain de la Grande Guerre par Paul Vanderborght. D’abord modeste revue ainsi baptisée par Charles Plisnier, La Lanterne sourde animée par Pierre Bourgeois et par Paul Vanderborght ne tardera pas à recevoir les éloges d’André Gide et la collaboration de plumes talentueuses ou de conférenciers illustres : Erik Satie, Georges Duhamel, Le Corbusier, Stefan Zweig, Louis Jouvet,
les Pitoëff, Jules Romains, Charles Vildrac, Rabindranath Tagore, Blaise Cendrars, Maurice Martin du Gard, Georges Bernanos, Jules Supervielle, Paul Valéry et James Ensor, entre autres et excusez du peu ! Tout en s’ouvrant sur Paris, Le Caire, Athènes, Barcelone, Jérusalem ou Londres et en ouvrant des tribunes, parfois de manière surprenante comme, le 16 février 1924, au grand sachem « White Elk » (Élan blanc), par ailleurs universitaire remarquable, qui s’exprima en français (!) sur la vie artistique, religieuse et sociale des Indiens d’Amérique du Nord. On retrouve, bien évidemment, mis en lumière par cette machine éclatante (une lanterne sourde était un instrument de projection lumineuse), quelques Belges d’envergure, comme le poète E.L.T. Mesens, l’architecte Henry Van de Velde, l’écrivain Georges Eekhoud, le peintre bruxello-parisien Pierre-Louis Flouquet, les pianistes de jazz John Ouwerx et Stan Brenders, le poète flamand Paul van Ostaijen… tous unis dans l’espoir d’une paix définitive en Europe, favorisée par l’expression des idées et l’éclosion de l’art propres à la jeunesse d’alors, ouvertement internationaliste. Quelques années à peine avant la Seconde Guerre mondiale, hélas !
Bernard DELCORD

La Lanterne sourde (1921-1931) par Mélanie Alfano avec la collaboration d’André Doms, Bruxelles, Éditions Racine, 184 pp., 19,95 €

20 11 08

Tôlards & Cie

HONDELATTEAu moment où d’aucuns, prenant des vessies pour des lanternes, s’ébaubissent devant les prétendus exploits
d’un Jacques Mesrine dont « l’instinct de mort » n’était, somme toute, animé que par des mobiles crapuleux, ou bien s’extasient devant les crimes infects d’un Bertrand Cantat dont les noirs désirs n’étaient finalement
que la part d’ombre imbibée d’une célèbre petite frappe camée et sans grand talent, le journaliste français Christophe Hondelatte parraine, aux Éditions Hors Collection à Paris, un passionnant compendium (en grand format et fort intelligemment illustré) des affaires traitées dans la célèbre émission "Faites entrer l’accusé" qu’il présente sur France 2 depuis 2002.
Intitulé Les grandes histoires criminelles, cet ouvrage traite aussi bien de la mort de Pierrot le fou, le chef du gang des tractions avant, que de l’affaire d’Outreau
et des exploits de son juge d’instruction minable, en passant par le célèbre « Omar m’a tuer » qui valut tant
de désagréments au dénommé Omar Raddad ou par les retentissantes affaires Besnard, Dominici et Grégory qui ont laissé sur leur faim les amateurs de vérité autre que judiciaire, sans oublier l’acquittement de Patrick Dils le 24 avril 2002 après 15 ans d’emprisonnement ni le « casse
du siècle », aux relents romantico-voyous, opéré à Nice en 1976 par Albert Spaggiari et ses complices, et il fait revivre une quarantaine de grands dossiers qui, depuis 1945, ont défrayé la presse ou agité les prétoires hexagonaux. Sans évoquer pourtant l’affaire Cantat et le meurtre de Marie Trintignant, ce qui est bien dommage… Un oubli (in)volontaire qui, espérons-le, sera réparé dans la prochaine édition de ce livre appelé à un grand succès !
Bernard DELCORD

Les grandes histoires criminelles présentées par Christophe Hondelatte et rédigées par Bruno Heckmann, Danièle Dulhoste et Emmanuel Caenn, Paris, Éditions Hors Collection, 192 pp. au format 23 x 30 cm, 29,90 €